Espagne

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Messagede bipbip » 24 Déc 2014, 15:00

La boîte de Pandore de l’antiterrorisme espagnol

Mardi 16 décembre, 14 maisons, appartements et locaux ont été perquisitionnés à Barcelone, Sabadell, Manresa et Madrid. 11 personnes ont été arrêtées et accusées d’appartenir à “une organisation terroriste de caractère anarchiste”. Le jeudi 18 décembre, les accusés sont transférés à Madrid où le juge Javier Gómez Bermúdez envoie en prison préventive à sept d’entre eux. Les quatre autres devront aller signer au palais de justice le plus proche de leur domicile, une fois par semaine. Ce texte a été diffuse depuis Barcelone le 18 décembre 2014.


Le matin du mardi 16 décembre nous a surpris avec une vague de perquisitions et détentions… Surpris ? On ne va pas mentir.

Recommençons, le matin du 16 décembre ne nous a pas surpris.

La police autonome catalane, les Mossos d’Esquadra, la guardia civil et les agents judiciaire de la cours nationale ont pris d’assaut 10 domiciles et quelques locaux anarchistes à Barcelone, Sabadell, Manresa et Madrid, effectuant perquisitions et arrestations, confisquant du matériel de propagande et informatique. Ils en ont également profiter pour mettre à sac, utilisant tout le corps anti-émeute des mossos d’escuadra, la Kasa de la Muntanya, un espace occupé qui vient de fêter ses 25 ans.

La presse, démontrant une fois de plus son rôle de porte parole de la police, affirme que l’objectif de ces détentions est de désarticuler "une organisation terroriste et de caractère anarchiste violente". Même si cela paraît facile de répéter une fois de plus la même phrase, nous le faisons : l’unique organisation criminelle à caractère violent qui cherche à terroriser les gens est l’état et ses tentacules : la presse, l’appareil judiciaire, son corps répressifs et ses hommes politiques de n’importe quel bord.

Pourquoi n’avons nous pas été surpris par la répression ? Parce que nous l’attendions.

Il ne s’agit pas de jouer aux oracles, mais de savoir lire entre les lignes ou de manière littérale les évènements.

Comme cela est déjà arrivé avec la détentions d’autres camarades l’année dernière, cela fait déjà longtemps que des vagues comme celle de mardi dernier sont orchestrées contre les milieux libertaires et antiautoritaires. Même si les descentes précédentes n’étaient pas si importantes, elles laissaient présager des situations de ce type.

Opération "à l’italienne"

Depuis environ 20 ans, le milieu anarchiste de la région voisine italienne subit régulièrement, et de plus en plus ces dernières années, des macro-opérations similaires à celles de mardi dernier. La similitude n’est pas seulement dans le format des descentes simultanées et perquisitions de différentes maisons, mais aussi dans l’utilisation de noms faciles à retenir et tintés d’humour noir. Cette opération, par exemple porte pour nom "pandora". Selon la presse, répétant ses sources judiciaires "il s’agit d’une boîte, malgré nos nombreuses frayeurs, impossible à ouvrir". Avec "nombreuses frayeurs" ils font référence à différentes actions réalisées ces dernières années sur tout le territoire de l’Etat espagnol. Pour revenir aux opérations en Italie, on se souvient malheureusement de l’opération Thor, faisant référence à des accusations d’une série d’attaques au marteau contre des distributeurs automatiques et autres bureaux. L’opération Ixodidae, nom scientifique du tique, mot utilisé par les fascistes pour appeler les communistes et les anarchistes. Et d’autres comme Osadia, Cervantes, Nottetempo…etc.

En plus du procédé et de l’utilisation de ces noms, un autre facteur nous rappelle beaucoup ce pays voisin : le rôle de la presse. Celle-ci nous a également aidé à voir ce qui se dessinait à l’horizon. Depuis environ trois ans ou un peu plus, la presse espagnole a commencé une campagne pour préparer le terrain de façon à ce qu’une opération comme celle-ci soit non seulement possible mais même prédictible. Ils ont désigné des milieux, dans certains cas des lieux précis, des personnes avec noms et prénoms, des collectifs…etc. La presse a contribué à construire une image caricaturale et quelque peu étrange d’un ennemi intérieur, habituel depuis des décennies, mais qui ces dernières années est caractérisé de façon très spécifique : "l’anarchiste violent," l’insurrectionaliste", "l’anti-système s’infiltre dans les mouvements sociaux"…etc.

Le fiasco Chilien

2010 fut une année glorieuse pour l’état chilien. En plus d’être élu président, l’entrepreneur et quatrième fortune du pays, le droitiste Sebastian Piñera orchestre une opération policière, médiatique et judiciaire contre le milieu antiautoritaire qui va se solder par une dizaine de réquisitions et arrestations. Connue comme l’opération Salamandre, populairement nommée "caso bombas", elle est basée sur l’enquête qui a suivit une série d’attentats à l’explosif qui avaient eu lieu les années précédentes. Grâce à l’imaginaire policier, une macro-structure en réseau hiérarchisée et responsable de toutes ces détonations est inventée pour les besoins de l’opération. Un cirque qui a non seulement fragilisé l’image de l’Etat, le tournant en ridicule mais qui a surtout mis en évidence le côté abject des méthodes des enquêteurs : falsifications de preuves, chantage ou pression pour obtenir des informateurs ou des "repentis", le hasard…etc.

Lors du procès tout les inculpés ont finalement été absous. Mais l’Etat Chilien a gardé une soif de vengeance contre ces accusés et leur entourage. Un an après la fin de la farce "caso bombas", les ministères, juges, policiers espagnols et chiliens travaillent ensemble sur un nouveau cas, cette fois-ci de ce côté-ci de l’Atlantique. Mónica Caballero et Francisco Solar, tout deux anciens inculpés du "caso bombas" sont arrêtés (avec trois autres personnes qui seront ensuite "innocentés") à Barcelone où ils vivaient à ce moment-là. Monica et Francisco sont accusés d’avoir posé un artéfact explosif dans la basilique de Pilar à Zaragoza, d’avoir conspiré pour un fait similaire et de faire partie d’une supposée organisation terroriste. Ces camarades sont actuellement en prison préventive en attente d’un procès dont nous ignorons la date. Nous ignorons également dans quelle mesure cette dernière vague répressive va modifier leur procédure.

La situation est connue plus ou moins de tout le monde et s’il y a une chose dont nous sommes sûrs c’est que les dernières arrestations servent à donner corps à une théorie qui ne se suffit pas à elle seule.

Hasard ?

Quelques heures avant les arrestation de mardi dernier, le gouvernement espagnol annonçait à travers ses médias que les "ministères de l’intérieur espagnols et chiliens ouvraient une nouvelle phase de collaboration renforcée dans la lutte contre le terrorisme anarchiste". Lundi 15 décembre, le ministre de l’intérieur espagnol, Jorge Fernandez Diaz s’est réuni au Chili avec le vice-président et ministre de l’intérieur chilien Rodrigo Peñailillo au palais de la Moneda, siège du gouvernement, à Santiago.

"Dans la lutte contre le terrorisme, le Chili pourra compter sur l’Espagne comme sur un allié solide", se vantait l’espagnol pendant qu’il était décoré de la grande croix de l’ordre du mérite chilien, "la plus grande distinction du pays au mérite civil" selon la presse, un trophée que l’Etat chilien offre dans ce cas en remerciement au travail policier et comme prix pour la détention des camarades Monica et Francisco, l’année dernière.

En plus d’éloges et de prix, l’agent commercial Fernandez est allé vendre ce qu’il sait faire : conseils policiers, judiciaires, matériel répressif…etc.

Et ce qui viendra…

Quel est le pas suivant de la répression ? Nous ne le savons pas. On sait peu de choses pour le moment sur la situation de nos camarades, sur ce dont on les accuse exactement, à quels moyens répressifs ils seront soumis, s’ils vont être mis en préventive ou non, etc.

Ce qui est certain c’est que cette opération n’est pas un fait isolé, elle se rajoute à une chaîne telle un nouvel anneau. Une chaîne répressive, par moment brutale, d’autres fois plus subtile, dans la quelle sont inclues les nouvelles lois (il suffit de penser à la récente loi Mordaza), la pression à laquelle sont soumis les sans-papiers au travers de coups de filet racistes chaque fois plus important, la brutalité policière, jusqu’à l’ambition de gérer la misère et d’administrer la répression, c’est après tout, ce que fait l’État avec une pseudo-gauche (et Podemos à sa tête) qui rend à chaque fois plus évident qu’elle n’est qu’une parodie d’elle-même. Expulsions, bâtons, fascismes, durcissements légaux et punitifs de tout type, mirages nationalistes et socio-démocrates, c’est ce que nous procurera le présent. Il n’y a rien de pire à espérer, le pire a toujours été là. L’éventail des possibilités de l’antiterrorisme espagnol est un fouillis dans lequel tout rentre. On le trouve ici, à la vue de tous, pour nous rappeler que pour l’État, lutter, c’est du terrorisme. Cela fonctionne comme un épouvantail. Cela va-t-il nous faire peur ?

L’État et ses agents disent avoir ouvert la boîte de Pandore. Dans la mythologie grecque, Pandore est l’équivalente de l’Ève biblique. Avec cette misogynie caractéristique des deux mythologies, Pandore ouvre sa boîte, tout comme Ève mange sa pomme, et libère tous les maux qui s’y rencontrent.

Nous sommes capables de créer notre propre récit et nous nous mettrons leur merde mythologique où bon nous semble.

Notre histoire est différente.

La “boîte” ouverte par cette opération répressive nous pousse à agir, à ne pas baisser la garde, à être attentives à ce qui va suivre.

Cela nous fait penser et repenser le monde que nous voulons et la distance qui nous en sépare. Cela nous amène à penser qu’il est urgent d’agir, d’aller de l’avant.

Les compagnons en détention font partie de différents projets, espaces, collectifs, etc... Il est fondamental que tout cela ne s’effondre pas, que la ruine (dans tous les sens du terme) à laquelle ce type de situations ont l’habitude de mener, ne génère ni impuissance ni sentiment de paralysie.

On dit toujours que “la meilleure solidarité est de continuer à lutter”. Bien, mais qu’est-ce que cela peut signifier dans la pratique ?

On dit aussi toutes en choeur que si l’on s’attaque à l’une d’entre nous, on s’attaque à nous toutes... C’est ce que révèlent les ripostes et les manifestations qui ont eu lieu à différents endroits, tout comme l’ardeur inconditionnelle des compagnons à l’extérieur.

On peut être sûres d’une chose, c’est que les compagnons incarcéréEs peuvent sentir cette ardeur dépasser les barreaux et l’isolement, car c’est cette même ardeur qu’elles ont su nous transmettre en différentes occasions.

Barcelone, 18 décembre 2014

http://lenumerozero.lautre.net/article2801.html
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Re: Espagne

Messagede Pïérô » 28 Déc 2014, 03:23

Vendredi 26 décembre 2014, la Fédération du Rail de la CGT espagnole (CGT SFF) appelait à une journée de grève au niveau national avec pour mot d'ordre "Non à la destruction des chemins de fer publics".

Une grève à l'appel de la seule centrale anarco-syndicaliste, les CCOO et UGT s'étant désolidarisés du mouvement.

Le communiqué de la CGT SFF précise :
"La CGT est clair dans son positionnememt : une défense inconditionnelle de l'emploi, pour la réunification des entreprises ferroviaires et pour un chemin de fer "public et social" qui garantisse la sécurité des usager-e-s et des travailleurs et travailleuses".

Quelques liens :
. http://www.rojoynegro.info/video/acci%C ... C3%BAblico
. http://www.rojoynegro.info/articulo/acc ... 1ndose-cgt

(infos Jérémie)
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Messagede Pïérô » 18 Jan 2015, 04:42

Une chaîne de télé anarcho-syndicaliste ?

L'En-dehors nous informe sur son site de la naissance, en Espagne, du programme télé Rojo y Negro TV ("rouge et noir TV"), créé à l'initiative du syndicat libertaire espagnol CGT. Nous sommes donc allés voir à quoi cela ressemble...

Espace critique, anarcho-syndicaliste et libertaire, Rojo y Negro TV émettra en direct depuis Madrid sur le canal UHF 33 chaque deuxième mardi du mois, à 21 heures.
On pourra retrouver également ses émissions sur son site web. Son but : communiquer, informer et diffuser des idées pour construire une société libre plus juste et plus égalitaire. Décor de JT, générique professionnel, journaliste souriante mais sérieuse, invités, experts, radio-trottoir, tout y est, comme dans une vraie télé de type capitaliste. Sa première émission, le 13 janvier 2015, était consacrée à la corruption en Espagne. Souhaitons-lui longue vie et, peut-être, un peu plus d'originalité et d'inventivité.
A quand une telle initiative en France (ok, nous avons déjà la télé libre Télé Bocal, mais quoi d'autre ?) ?






Le site de Rojo y Negro TV : http://rojoynegrotv.org/
Son compte Twitter : https://twitter.com/rojoynegrotv

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http://utoplib.blogspot.fr/2015/01/une- ... liste.html
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Re: Espagne

Messagede bipbip » 21 Jan 2015, 02:01

Podemos et ses contradictions

Espagne : Podemos et ses contradictions

Dans un pays où la population n’en finit pas de payer la crise chaque jour un peu plus, la vie politique est troublée par un double phénomène : une corruption qui atteint des sommets et l’émergence d’une nouvelle force qui séduit et interroge, Podemos.

Mi-octobre, une opération « mains propres » est lancée contre la corruption en Espagne : des dizaines de maires sont arrêtés – avant tout du Partido Popular, au pouvoir mais aussi du Parti socialiste (PSOE). Ils sont poursuivis pour blanchiment d’argent, falsification de documents, délits d’initiés sur des marchés du BTP et de l’énergie, trafics d’influence et réseaux d’organisations criminelles. En tout, pas moins de 250 millions d’euros auraient été détournés. Un scandale qui éclabousse une classe politique espagnole déjà profondément discréditée au sein de la population. Un discrédit, qui pourrait profiter à une nouvelle force : le parti de Pablo Iglesias, Podemos, qui avait fait une entrée fracassante sur la scène politique espagnole le 25 mai 2014 aux élections européennes. Avec 8 % des voix, Podemos avait alors envoyé cinq député-e-s au Parlement européen.

Parti créé il y a à peine un an, en janvier 2014, Podemos caracole en tête des sondages d’intention de votes (27 %) dans la perspective des élections générales de 2015, ce qui inquiète les partis institutionnels habitués à se partager le pouvoir depuis 1975.

Né des mouvements sociaux

Si l’on considère que, en dépit de ses contradictions et ses faiblesses programmatiques, par certains de ses mots d’ordre et revendications, ce parti se place sur le terrain de la gauche radicale, Podemos constitue en l’état un cas à part en Europe. Loin devant en termes de poids politique que d’autres formations s’en approchant, par certains aspects, tels le Front de gauche en France ou Siriza en Grèce. Une autre différence, et elle n’est pas des moindres, Podemos est né des mouvements sociaux de la base des comités des Indigné-e-s. Il n’est pas le fruit de discussions entre appareils comme ce fut le cas entre le PCF et le PG.

Notre intérêt sera donc d’observer de près son évolution, car à n’en point douter une victoire électorale de ce parti pourrait avoir des conséquences considérables à l’échelle de l’Union européenne.

Podemos séduit. Des personnes n’ayant jamais milité s’y engagent. Des déçus du PP et du PSOE le rejoignent. Nombre de militantes et militants du mouvement social et syndical, mais aussi de la gauche extraparlementaire, y compris dans les rangs des libertaires, se laissent convaincre par son projet.

La caste au pouvoir a peur

Podemos interpelle par son poids et son assise militante. Il propose, ce qui ne peut qu’intéresser les communistes libertaires, un fonctionnement participatif et horizontal original. Au point que pour son congrès (appelé assemblée citoyenne), cet automne, ses propositions ont été débattues et validées par pas moins de 112 070 votants, inscrits au préalable par Internet. Une pratique de vote qui peut néanmoins questionner. Podemos compte sur une base militante solide, répartie dans plus de 1 000 cercles locaux, que l’on retrouve dans toutes les provinces du pays, plus quelques cercles à l’étranger.

Un autre élément à noter : Podemos fait peur à la « caste » comme les appelle Pablo Iglesias. Aucun programme politique à la télévision ne tourne pas autour de son existence. Pas un jour, dans la presse, un article ne lui est consacré. Preuve de cette crainte nourrie par les partis de gouvernements (PP et PSOE), la campagne de calomnie à son encontre. Le Partido Popular n’hésite à pas à lui inventer des connections avec ETA ou encore à agiter le spectre d’une république soviétique, le modèle nord-coréen ou encore l’ouverture de goulags en cas de victoire électorale de Podemos. Les socialistes, par l’entremise de leur nouveau chef de ligne, Pedro Sanchez, brandissent l’accusation de « populisme », mettant sur un pied d’égalité le FN en France et Podemos.

Si Podemos comporte des aspects positifs et novateurs, nous nous devons de suivre avec attention son évolution à moyen et long terme. Déjà à l’issue du Congrès, Pablo Iglesias, qui a vu ses positions validées très largement (80 % des votes) au détriment d’un secteur critique (12 % des voix) partisan d’un programme plus clairement lutte des classes et anticapitaliste, annonçait qu’il s’agissait de tendre la main à l’électorat de centre-gauche en adoptant des propositions keynésiennes rassurantes. Condition de la victoire, avance-t-il.

Sur le modèle même du fonctionnement interne, une évolution est aussi à noter. Fondé sur la démocratie directe, le pouvoir des cercles, un des enjeux du congrès a tourné autour du fonctionnement interne et de la question de ses porte-parole. Voulant préserver sa voix et son poids au sein du parti, le secteur critique – où sont engagé-e-s les militants de Izquierda Anticapitalista (IA) équivalent espagnol du NPA – était partisan d’une direction plus collégiale, avec trois porte-parole. Mais c’est la proposition d’Iglésias d’un porte-parole unique (en l’occurrence lui) qui a été validée, mettant dans la balance un chantage sur son possible retrait du parti au cas où sa proposition était repoussée. Il s’agit là, probablement, d’une erreur politique : Podemos par son caractère éminemment démocratique rompait jusqu’alors avec les pratiques traditionnelles des autres partis. Sur cette question, Podemos semble déjà être tombé dans le panneau de la personnalisation à outrance.

Conséquence directe de ce phénomène, on constate une baisse évidente depuis quelques mois de la combativité et de la créativité des mouvements sociaux. C’est en tout cas l’analyse qu’en fait nombre d’acteurs et actrices du syndicalisme d’action directe (en premier lieu des militantes et militants de la CGT ou de Solidaridad Obrera). Agustin Cucalon, secrétaire à l’action sociale de la CGT-Aragón, regrette ce recul : « Le mouvement social et syndical sont pris en otage par les impératifs politiques de Podemos. » Vieux débat de l’autonomie du mouvement social, l’argument du « débouché électoral » à la colère sociale bat son plein. Dans les faits, il détourne du combat social et syndical, au prix d’une implication effrénée au sein de Podemos, nombre de militants actifs voire d’équipes syndicales. Résultat des courses : la dernière grève générale interprofessionnelle commence à dater (29 novembre 2012), le mouvement des Mareas (« marées » – mobilisations anti-austérité) est lui aussi en net recul.

Mobilisations en difficulté

Seule mobilisation de masse de ces derniers mois, du 24 au 29 novembre, les « Marches de la dignité ». Les mots d’ordre : « Pour le droit à un emploi et un logement dignes, contre la précarité, le chômage, la corruption, la répression et les violences à l’encontre des femmes ». Ces marches ont connu un succès certain : 1 million de personnes dans les rues de plus de 40 villes, et 200 000 à Madrid.

Au niveau des luttes ouvrières, c’est celle des salarié-e-s de Coca-Cola qui a été la plus médiatisée ces derniers mois. Initiée, le 1er avril, sur le site de production de Fuenlabrada en proie à une vague de licenciements, avec arrêt de la production et campement devant l’usine, le mouvement s’est depuis étendu à tout le groupe Coca-Cola España. En tout, 1250 postes de travail vont être supprimés sur 5000 avec la fermeture de 4 usines sur 11. Les ouvriers, en référence aux Mareas et à la couleur de la marque, promettent une « marée rouge » ces prochains mois.

Jérémie Berthuin (AL Gard)

http://www.alternativelibertaire.org/?E ... mos-et-ses
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Re: Espagne

Messagede Pïérô » 22 Jan 2015, 03:34

Solidarité internationale - Contre la loi du bâillon dans l’Etat espagnol

Tract Réseau syndical international de solidarité et de luttes + lettre unitaire

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Re: Espagne

Messagede bipbip » 28 Jan 2015, 01:51

Etat espagnol : Condamnation à deux ans et demi de prison ferme pour cinq mineurs des Asturies

L’Union syndicale Solidaires (France) vient d’être alertée de la condamnation à de la prison ferme pour cinq militants qui avaient pris une part active à la grève des mineurs aux Asturies en juillet 2012. Une condamnation, certes, non effective pour l’heure car en attente du pourvoi en cassation, mais qui pourrait néanmoins s’avérer réelle à terme.

Cette condamnation à de la prison ferme de militants syndicaux, en lutte pour leur droit à la dignité et au maintien de leur emploi, est en tout cas un exemple de plus du caractère particulièrement répressif de l’Etat espagnol et de sa Justice ces derniers temps. La « loi Mordaza », loi du bâillon, préparée par le gouvernement illustre cette dérive liberticide.

Une justice de classe qui frappe fort et entend intimider ceux et celles qui restent debout ! Nous reproduisons ci-dessous le communiqué, à ce sujet, du syndicat asturien Courant Syndical de Gauche (CSI) :

« Tandis qu’aux Asturies, nous assistons au démantèlement des mines et des autres secteurs industriels, que l’on condamne à une vie de misère et au chômage la classe laborieuse, que l’on protège les Hommes politiques qui volent à pleines mains dans les caisses publiques, les prisons se vident des corrompus mais se remplissent de ceux et celles qui défendent et luttent pour nos droits les plus basiques.

Le Courant syndical de Gauche (CSI) manifeste son intention de réponse vigoureuse face à cette nouvelle injustice tant au plan juridique qu’en termes de mobilisations. Nous sommes convaincu-e-s que la société asturienne nous appuiera dans notre lutte et se montrera solidaire de ces cinq mineurs. Par notre mobilisation et notre soutien, nous empêcherons qu’ils terminent derrière les barreaux. Liberté pour les cinq mineurs ! Vive la lutte ouvrière !".

Nos camarades de l’Intersindical Alternativa de Catalunya (IAC) y voient de leur côté : "Une nouvelle tentative de nous décourager afin que nous restions tranquillement chez nous." Et de prévenir, tout comme le CSI, de leur fermeté face au rouleau compresseur du tout répressif : "Ils ne réussiront pas ! Nous continuerons ! Assez de répression antisyndicale et antisociale. La lutte pour nos droits n’est pas un délit. La répression ne nous fera pas taire !".

La condamnation des cinq mineurs asturiens s’ajoute, en tout cas, à la trop longue liste des militant-e-s syndicaux victimes de la répression.

Une réalité préoccupante qui justifie d’autant plus la campagne initiée par Solidaires, dans le cadre du Réseau syndical international de solidarité et de lutte, contre la criminalisation du mouvement social ibérique et la Loi Bâillon (Ley Mordaza). Cette loi, qui représente une véritable régression sociale, entend limiter le droit de manifester et la liberté d’expression.

Viva la solidaridad internacional !

Pour l’Union syndicale Solidaires ;
Stéphane Enjalran, secrétariat national
Jérémie Berthuin, commission internationale
Christian Mahieux, commission internationale

http://www.cnt-so.org/Etat-espagnol-Condamnation-a-deux
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Re: Espagne

Messagede bipbip » 05 Fév 2015, 18:34

Libération surveillée des compagnon-ne-s détenu-e-s lors de l’Opération Pandora
Le 30 janvier dans la nuit, les 7 compagnons et compagnonnes qui étaient encore en prison suite à leur arrestation le 16 décembre dans le cadre de l’Opération Pandora ont été remis-es en liberté.

Un jour avant, le Jury d’Instruction 3 de l’Audience Nationale a fait tomber le secret d’instruction, et pour ce qu’on en sait jusqu’à présent, à travers ce qu’ont diffusé les Mossos d’Esquadra sur leur page web au sein d’un communiqué de presse, on y trouve des accusations telles qu’appartenance aux GAC, des attaques de banques, des envois de colis piégés (un à l’archevêque de Pampelune, un à un membre de la congrégation fasciste Légionnaires du Christ, à Madrid, et d’autres à des entreprises italiennes), tandis « qu’on les relie » par ailleurs, toujours selon la police, aux attaques explosives contre la cathédrale de la Almudena à Madrid (7 février 2013) et contre la basilique du Pilar à Saragosse (2 octobre 2013), ce dernier fait ayant mené à l’accusation et la mise en prison préventive de nos compagnon-ne-s Mónica et Francisco.

Le communiqué policier s’achève sur un victorieux « selon les enquêteurs, la structure des GAC/FAI-FRI est désarticulée en Catalogne, principal bastion de cette organisation criminelle à finalités terroristes contre l’État espagnol ». Ce que ne reconnaissent pas (et ne reconnaîtront jamais) ces serviteurs du pouvoir, c’est qu’ils cherchaient, à travers cette opération, à générer de la peur chez tou-te-s les autres compagnons et compagnonnes, ce qui n’a pas seulement échoué, mais qui, nous pourrions l’affirmer sans aucun doute, a généré l’effet inverse.

Sans nul doute, leur remise en liberté et le fait de les réaccueillir parmi nous est une occasion à célébrer, autant parce qu’ils et elles ne sont plus enfermé-e-s que parce qu’ils et elles sont de nouveau parmi nous pour lutter coude à coude contre ce monde de merde. Mais c’est une « célébration » qui ne peut rester que partielle, parce que les accusations restent en place, tout comme les mesures de contrôle judiciaire (obligation de signer trois fois par semaine, retrait de passeport, etc.), et que Mónica et Francisco sont toujours dedans… pour ne pas parler de tou-te-s les compas qui risquent différentes peines de prisons dans différentes affaires et celles et ceux qui ont déjà été condamné-e-s.

Jusqu’à ce que tou-te-s soient libres !

https://fr.squat.net/2015/02/03/espagne ... more-31256
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Re: Espagne

Messagede Pïérô » 09 Fév 2015, 11:34

Un petit aperçu des opérations de répression et des nouvelles lois mise en place par l’État espagnol ces derniers mois...
Operación Pandora et Ley Mordaza : la répression frappe en Espagne

L’Operación Pandora

Un très joli nom quand on pense à une boîte de Pandore que l’on ouvre et qui nous livre, sans arrêt, sans limite ce que l’on y cherche... Sauf qu’ici, ce qu’il s’y trouve (et ce que l’Etat cherche) c’est la chasse aux anars, aux anti-systèmes comme l’on dit outre-pyrénnées.

D’autant plus que cela tombe à point nommé, si l’on puit dire. Des arrestations ont eu lieu à la mi-décembre et tout juste passés à 2015, Alfon a été condamné à 4 ans de prison dans ce qui ressemble fortement à un montage policier en bonnes et dues formes. Son sac à dos, lors d’une grève générale du 14 novembre 2012 comportait du matériel explosif. Son avocat assure pourtant que l’accusation n’a pas pu apporter un seul élément objectif que permettrait de corroborer les faits dont on l’accuse (“no presentó ni un dato objetivo que permita corroborar los hechos de los que se acusa”) et seuls les témoignages de policiers attestent du fait qu’Alfon portait effectivement ce sac à dos...

Cela coïncide aussi avec la diffusion d’un documentaire en Catalogne sur le cas dit du 4-F, comprenez du 4 février 2006. Le documentaire s’appelle Ciutat Morta (ville morte) et est en libre accès. Sa diffusion à la télé catalane a été soumise à censure sur ordre d’un juge.

Le cas 4-F relate un autre cas de montage policier à Barcelone dont une des condamnée, Patricia Heras, s’est suicidée en 2011 lors d’une permission de sortie de sa peine de prison préventive...

Ajoutons à cela les condamnations l’année passée à 3 ans de prison à 2 personnes lors des piquets de grève de la grève générale en Espagne du 29 mars 2012, pour "délits contre les droits des travailleurs", vous comprendrez le comble de l’affaire. Considérés comme les 2 premiers condamnés politiques du mouvement 15M (les indignés).

Cette affaire Pandora, donc, intervient le 16 décembre 2014. L’arrestation de 14 personnes se déroulent dans des centres sociaux occupés de Barcelone et chez des particuliers de Madrid. Lire un article complet en français sur cette opération ici.

La manif de soutien à Madrid s’est elle-même soldée par des charges policières et des arrestations. A ce jour, 7 personnes sont toujours en détention pour des motifs d’attentats à l’explosif...


La Ley Mordaza

Pendant ce temps, la réforme de la Loi de Sécurité Citoyenne, dite Ley Mordaza (dites "Loi Bâillon" en référence aux nombreuses limitations des libertés individuelles et collectives) a été mise en place.
Cet arsenal législatif décrit précisément dans cet article est impressionnant et ressemble au retour à l’"ordre" de la dictature franquiste :
- renvoi immédiat sans passer par la justice pour les illégaux à la frontière avec le Maroc (cas spécial pour l’enclave de Melilla)
- de 30 000 à 600 000 € d’amendes pour des concentrations ou manifestations aux abords d’infrastructures de services basiques (genre centrales nucléaires pour Greenpeace and co)
- de 600 à 30 000 € pour des manifestations convoquées près de bâtiments sensibles de l’Etat (genre le Congrès après les Manifs Rodea el Congreso)
- lourdes condamnations pour participation à une action contre les expulsion de logements devenu le sport national espagnol ces 4 dernières années (plus de 170 000 expulsions pour des impayés de crédit aux banques)
- de 100 à 600 € pour prendre en photo un policier, pour occupation d’agences bancaires (action souvent utilisée par la PAH, plate-forme contre les expulsions), ou la vente-ambulante (top-manta, ciblage très clair des immigrés) ou encore le manque de respect envers un policier (qui cible n’importe quelle personne digne de ce nom).

http://paris-luttes.info/l-operation-pa ... utres-2596
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Re: Espagne

Messagede bipbip » 16 Fév 2015, 15:05

Espagne : Une loi pour mettre la résistance à genoux

Le mouvement social et syndical ibérique est victime d’une vague répressive qui fait planer le spectre des heures sombres du franquisme. En Espagne, mais aussi en France via Solidaires, la résistance s’organise.

Face à la vague répressive portée par l’État espagnol, un Réseau solidaire anti-répression a été mis sur pied à ­l’initiative de plusieurs syndicats de lutte de classe de la péninsule - CGT, LAB [1], CUT [2], Solidaridad Obrera [3], Confédéracion Intersindical [4], ASSI [5]. Une tournée de meetings et réunions publiques dans plusieurs villes a eu lieu avec pour point d’orgue une journée d’action nationale le samedi 24 novembre 2014.

Le guide antirépression présentant cette tournée précise l’ampleur de la frénésie répressive : « Il y a des dizaines de milliers de personnes avec des amendes à payer, plus de mille personnes encore poursuivies et des centaines avec des menaces de prison ferme. »

Contre la « Loi du bâillon »

La majeure partie des personnes inquiété-e-s par la justice le sont pour participation active à des faits de grève datant de l’année 2012 : grève des mineurs asturiens lors de l’été ou différentes journées de grève générale en 2012, mais aussi actions anti-expulsions de logements dans le cadre du mouvement Stop desahucios (Stop aux expulsions). Le simple fait de participer en tant que soutien à un piquet de grève devient aussi un délit et des personnes sont poursuivies pour ce motif.

Mi-décembre : une loi de sécurité citoyenne a été proposée par un député du Partido Popular au pouvoir. Cette loi dite Ley Mordaza (« Loi du bâillon ») par ses détracteurs et détractrices, sera débattue, cet hiver, au Parlement espagnol, les Cortès. Si elle est votée, l’arsenal répressif passera encore un cran au dessus. Elle prévoit des amendes de 30 000 euros pour refus de présenter les documents d’identité à la police, ou encore à ceux et celles manifestant en soutien pour s’opposer aux expulsions de domicile ou alors à toute personne qui prendrait et montrerait sur le web des vidéos de violences policières...

D’ores et déjà, l’Union syndicale Solidaires envisage une campagne nationale en France contre la répression et pour le rejet de la Ley Mordaza. À ce titre, elle envisage, dans le courant de l’hiver 2015, des rassemblements coordonnés devant les consulats d’Espagne de différentes villes de France. En effet, nombre de militants poursuivis par la justice sont membres d’organisations qui participent avec l’union Solidaires au Réseau européen des syndicats alternatifs et de base.

Jérémie Berthuin (AL Gard)


[1] Syndicat lié à la gauche nationaliste basque.

[2] La Centrale Unitaire des Travailleurs est basée essentiellement en Galice.

[3] Solidarité Ouvrière (SO) est le troisième tronçon de l’anarcho-syndicalisme ibérique avec la CGT et la CNT-AIT.

[4] Confédération Intersyndicale, née de différents syndicats de base dans la dernière période du Franquisme.

[5] Association Syndicale et Sociale Internationaliste, groupe militant libertaire de Saragosse issu de rangs CGT.

http://alternativelibertaire.org/?Espag ... -mettre-la
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Re: Espagne

Messagede bipbip » 19 Fév 2015, 02:41

Quand les Indignés bouleversent le mouvement syndical espagnol

Le discours parfois antisyndical des assemblées ou des textes du mouvement du 15M[1] a sans conteste bousculé les instances incriminées et leur militants : « Pour certains, les syndicats font partie du problème et non de la solution » déplore ainsi l’un des responsables du STEM (Sindicato de trabajadores de la enseñanza de Madrid), petit syndicat minoritaire dans l’Enseignement, porteur d’une culture autogestionnaire[2]. Pour les syndicats, le fait d’être assimilés aux « institutions dominantes » par un mouvement social – qui plus est fortement médiatisé – a constitué une situation inédite, suscitant des controverses internes et obligeant les organisations à produire différents types de réponses. […]

... http://terrainsdeluttes.ouvaton.org/?p=4536
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Re: Espagne

Messagede Pïérô » 03 Mar 2015, 12:33

Affrontements violents entre fascistes et antifascistes à Saragosse
http://www.publico.es/sociedad/trece-de ... tas-y.html
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Re: Espagne

Messagede Pïérô » 05 Mar 2015, 12:50

Etat espagnol. Les Marches de la dignité

Par Álvaro Sánchez Castrillo

Les Marches de la dignité retourneront dans les rues de Madrid le 21 mars prochain avec comme objectif l’exigence d’une «vie digne» et sous le slogan classique de «Pain, travail, toit et dignité». La mobilisation, selon ceux qui les convoquent, sera organisée de la même manière que les deux éditions antérieures: des colonnes de manifestant·e·s en provenance de toute l’Espagne conflueront à 18 heures sur la Place Colomb, point de départ de la marche, tandis que d’autres les rejoindront tout au long du parcours.

De cette façon, le mouvement citoyen reviendra pour protester dans la capitale une année après l’énorme manifestation du 22 mars 2014 – qui avait réuni 2 millions de personnes et… 50’000 selon la Délégation du gouvernement [voir les articles au sujet de cette manifestation et du caractère fantaisiste de ce dernier chiffre sous l’onglet Espagne de ce site] – qui se déroula de manière pacifique jusqu’à ce qu’à la fin commencent les troubles et les charges policières. Une centaine de personnes furent blessées, la majeure partie légèrement, dont 67 policiers. Les incidents aboutirent à l’arrestation de 11 personnes.

Le communiqué des Marches de la dignité, publié le vendredi 27 février, indique que «la situation ne s’est pas améliorée et les conséquences des effets pervers des politiques d’austérité imposées par la Troïka – composée de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international – s’amplifient contre la majorité sociale de l’Etat espagnol.»

Les organisateurs assurent dans le manifeste d’appel que «la dure réalité dément les affirmations du gouvernement du Parti populaire» et sa «campagne de marketing vendant l’idée que nous sommes sortis de la crise», une affirmation qui est vue par les organisateurs comme «se heurtant à la situation dans laquelle se trouve la majorité sociale».

Les Marches de la dignité rappellent également que le taux de chômage continue à se situer à 24% de la population, «avec plus de cinq millions et demi de personnes au chômage» et soulignent que «les emplois créés sont précaires, avec des salaires de misère, ce qui fait que l’on peut actuellement être pauvre tout en ayant un emploi». En outre, les organisateurs affirment aussi que «la différence salariale entre les hommes et les femmes est de 24%», «le chômage des jeunes dépasse 55%» et la perte du pouvoir d’achat des retraites et le taux de sa revalorisation sont considérés comme «une honte».

Le manifeste d’appel fait aussi écho à la préoccupation vis-à-vis «de l’augmentation alarmante de la pauvreté, qui se situe à 30% de la population», «de la précarité sociale», «des expulsions de logement» et «de la pauvreté énergétique» [le fait de ne pouvoir utiliser l’électricité, soit pour économiser ou parce qu’elle a été coupée]. «Cette année, des gens sont morts en raison de la situation précaire des ménages», ajoute le texte.

La corruption et la «loi muselière»

Au sujet de la corruption, le mouvement citoyen dénonce «le vol de 5% du PIB» comme conséquence des irrégularités fiscales et des actes de corruption. «La politique fiscale bénéficie aux personnes les plus aisées, faisant retomber la charge fiscale sur la classe laborieuse et la majorité sociale», signale le manifeste, qui ajoute qu’ «augmente le nombre des millionnaires ainsi que celui des pauvres, élargissant ainsi la brèche sociale».

En dernier lieu, les organisateurs s’élèvent contre «la loi de sécurité citoyenne et la réforme du Code pénal», qui ont pour objet «la réduction des droits et des libertés dans le but de faire taire un peuple qui souffre et que l’on appauvrit comme moyen de domination et d’exploitation».

Pour toutes ces raisons, les Marches de la dignité exigent un «programme minimum» autour de différents piliers: «le non-paiement de la dette; la défense des services publics; un travail digne accompagné de droits et d’un salaire suffisant; la réduction de la journée de travail et la rente de base; le droit à décider des personnes, des peuples et des nations; la défense des droits des femmes et un avenir pour notre jeunesse; en opposition à la précarité du travail et sociale; contre la répression et la “loi muselière”; contre le Traité transatlantique [1]; pour le droit au logement digne; contre l’OTAN.» (Article publié sur le site Infolibre.es le 27 février 2015, traduction A l’Encontre)

_____

[1] Voir sur ce site l’article de Michel Husson du 26 novembre 2014 analysant le contenu du Traité transatlantique et les raisons de s’y opposer http://alencontre.org/ameriques/americn ... tafta.html. (Réd. A l’Encontre)

http://alencontre.org/europe/espagne/et ... gnite.html
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Re: Espagne

Messagede Pïérô » 21 Mar 2015, 23:27

Etat espagnol. «Nous voulons vivre avec dignité»
Manifeste des Marches de la dignité

Les Marches de la dignité sont de retour à Madrid avec pour objectif une grève générale exigeant une vie digne. De tous les coins de l’Etat espagnol des colonnes de la dignité se mobiliseront pour défendre le programme du mouvement du 22 M comme première étape en direction de la convocation de la mobilisation générale du mois d’octobre, qui se concrétisera par une grève du travail, de la consommation et sociale.

Une année après la grande manifestation du 22 mars qui rassembla à Madrid des centaines de milliers de personnes autour des revendications à une vie digne, la situation ne s’est pas améliorée, les conséquences des effets pervers des prétendues politiques d’austérité imposées par la Troïka contre la majorité sociale de l’Etat espagnol se sont amplifiées.

La dure réalité dément nettement le gouvernement du Parti populaire (PP) et les pouvoirs qui l’appuient. La campagne de marketing diffusant l’idée que nous serions sortis de la crise dans laquelle nous a plongés le gouvernement et les puissances économiques et médiatiques accrochées à ce régime bipartite monarchique s’est envolée en fumée face à la situation dans laquelle se trouve la majorité sociale. A ceux qui suivent les diktats d’institutions antidémocratiques, nous répondons:

Il faut qu’ils dégagent !

En effet, le taux de chômage (Enquête sur la population active, EPA) se situe toujours à 24% de la population. Avec cinq millions et demi de personnes sans emploi, la couverture des prestations destinées aux chômeurs n’atteint pas le 58%. Près de trois millions de personnes ne disposent pas de revenus, une situation qui touche plus d’un demi-million de ménages. Les emplois créés sont précaires, avec des salaires de misère, avec pour résultat qu’aujourd’hui l’on peut être pauvre en travaillant. La différence des salaires entre hommes et femmes atteint 24%. Le chômage des jeunes continue à se situer au-dessus de 55%. Pas un jour ne se passe sans qu’un jeune, comme ses grands-parents, ne doive émigrer pour pouvoir espérer un avenir que ce pays lui refuse. Le pouvoir d’achat des allocations de retraite diminue année après année et sa revalorisation est une honte.

Cette situation économique est alarmante. La pauvreté croissante atteint le 30% de la population, une personne sur cinq se trouve en risque de pauvreté sévère et d’exclusion sociale. Cette pauvreté a un visage à majorité d’enfant et de femme. L’augmentation de la précarité sociale, fruit de ces politiques de coupes budgétaires, de la précarité du travail et des salaires, de la destruction des droits et de la protection sociale, touche un nombre qui augmente de personnes expulsées de leur logement car ils ne peuvent rembourser les hypothèques, ce à quoi il faut ajouter le phénomène que l’on a fini d’appeler «pauvreté énergétique»: celui de la coupure des fournitures d’électricité, d’eau et de gaz. Cet hiver, des personnes sont décédées en raison de la situation précaire des ménages.

La corruption et les irrégularités fiscales vident les caisses de l’Etat espagnol de l’équivalent de 5% du PIB. A cela s’ajoute une politique fiscale en faveur des personnes aisées, la charge fiscale retombant alors sur la classe laborieuse et la majorité sociale. Actuellement, au sein de l’Etat espagnol, le nombre de millionnaires comme celui des pauvres croît, élargissant la brèche sociale.

La modification de l’article 135 de la Constitution est l’une des raisons à l’origine de cette situation. En soumettant la souveraineté populaire aux diktats de l’UE, de la BCE, celle-ci a priorisé le paiement de la dette aux spéculateurs sur le bien-être et les droits de la majorité sociale. La décomposition du régime mis en place à la mort du dictateur France, en 1978, est patente avec une Constitution qui ne reconnaît pas les droits des peuples et des nations de l’Etat et qui n’est déjà plus qu’un chiffon de papier pour ce qui est de ses références aux droits et libertés.

Face à la mobilisation sociale contre ces politiques criminelles et comme réponse à cette décomposition du régime, le gouvernement accroît sa répression contre le peuple. La nouvelle «loi de sécurité citoyenne» et la réforme du code pénal, dont l’objectif est de détruire les droits et libertés pour faire taire un peuple qui souffre et que l’on appauvrit pour pouvoir asseoir la domination et l’exploitation, en sont la preuve.

Les Marches de la dignité sont de retour pour encourager la mobilisation de la majorité sociale et de la classe laborieuse, afin de démontrer dans les rues que NOUS VOULONS VIVRE AVEC DIGNITÉ, pour pointer du doigt et identifier les coupables de cette situation grave et injuste ainsi que pour défendre le programme de ces marches de la dignité.

Un programme minimum, réunissant un vaste consensus social et politique, portant sur les points suivants :

- Non au paiement de la dette, illégale, illégitime et odieuse;
- Défense des services publics pour toutes et tous;
- Un travail digne assorti de droits et d’un salaire suffisant, diminution de la journée du travail et introduction de la rente de base;
- En défense du droit à décider des personnes, des peuples et des nations de l’Etat pour tout ce qui concerne leur vie et à leur avenir;
- En défense des droits des femmes et pour un avenir à notre jeunesse;
- Contre la précarité sociale et celle du travail;
- Non aux «réformes du travail»;
- Contre la répression et la loi muselière «de sécurité citoyenne»;
- Non aux traités entre gouvernements et transnationales contre les droits sociaux;
- Non au Traité transatlantique;
- Pour le droit à un logement digne, contre la coupe des fournitures de services essentiels comme l’électricité, l’eau et le gaz;
- Non à l’OTAN, non aux guerres!

En route vers la grève générale ! Qu’ils s’en aillent ! (21 mars 2015)

(Traduction A l’Encontre)

http://alencontre.org/europe/espagne/et ... gnite.html
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Re: Espagne

Messagede L . Chopo » 23 Mar 2015, 14:07

Espagne : marche de la dignité - campagne de solidarité contre la criminalisation du mouvement social

21 mars 2015-Madrid.

Des dizaines de milliers de manifestants des marches de la dignité reviennent à Madrid
De tous les points cardinaux, de tous les territoires et localités du pays des milliers et des milliers de travailleurs ont conflué dans les rues de Madrid pour remplir la Plaza de Colón et les rues adjacentes. “Pain, Travail et Dignité” était le slogan général, mais les consignes ont très variées et diverses et recueillaient toutes les luttes sociales et syndicales qui se sont déroulées ces dernières années : pour la défense des services publics, contre les expulsions, contre les licenciements, la précarité et la réforme du travail, contre la paiement de la dette, la vente de logements aux fonds vautour, etc, etc et pour la GRÈVE GÉNÉRALE pour le 22 octobre..

Le syndicalisme alternatif (SAT, CUT, IAC, ESK, AST, CoBas, Conf Inter...) et en son sein l’anarchosyndicalisme (CGT, CNT et Soli) a occupé une place fondamentale ; il était présent dans toutes colonnes et les routes, en ayant un rôle de rassemblement et de dynamisation durant tous les parcours.
À 18 h 00, toutes les colonnes sont arrivées à la Plaza de Colón où se sont succédées les interventions des territoires, des colonnes et des organisations dans une ambiance unitaire et combattive. Mais le temps ne l’a pas accompagnée car les averses et les coups de vent ont fait que beaucoup de participants ont abandonné la place une fois y être arrivée ,sans que la totalité des manifestants ait pu y arriver.

Image
(Commentaires et photos de Solidaridad Obrera)

- Vidéo de la campagne contre la criminalisation du mouvement social : http://youtu.be/05yggHr-8YI


.
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Pour la Confédération Nationale des Travailleurs - Solidarité Ouvrière (CNT-SO)
http://www.cnt-so.org


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Re: Espagne

Messagede Pïérô » 25 Mar 2015, 18:59

Espagne: des dizaines de milliers de manifestants contre l'austérité

Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté samedi à Madrid lors de "marches pour la dignité" pour dénoncer les effets de l'austérité, à la veille d'élections régionales en Andalousie qui font figure de test face à la vague de mécontentement.

... http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20 ... erite.html


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