Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Re: DCRI versus "MAAF" :arrestations TGV.

Messagede Nico37 » 02 Déc 2008, 19:06

France infos
Sabotage de la SNCF : trois personnes libérées, deux restent en prison
France Info - 15:50
La cour d’appel de Paris a ordonné mardi la remise en liberté de trois personnes soupçonnées d’avoir participé en novembre à des dégradations contre des lignes TGV et le maintien en détention des deux autres, dont Julien Coupat, chef présumé du groupe.


Ils avaient été interpelés au petit matin du 11 novembre, à l’issue d’un enquête éclair sur le sabotage de caténaires de plusieurs lignes TGV avec des fers à béton, entre fin octobre et début novembre.
Sur le coup de filet originel de 20 personnes, neuf ont été mises en examen, cinq étaient incarcérées.

Après la décision de la cour d’appel de Paris, trois des saboteurs présumés ont été libérés en début d’après-midi. Seules deux restent derrière les barreaux : Julien Coupat, le chef présumé du “groupe de Tarnac” - nom du village corrézien où la plupart des interpellations ont eu lieu - et sa compagne.
Des libérations qui ont eu lieu malgré l’opposition du Parquet général.

Les familles dénoncent le traitement médiatique et judiciaire de cette affaire, comme le père d’un des mises en examen, qui s’exprimait avant la décision de la cour d’appel. (0'44")


--------------------------------------------------------------------------------

“C’est une victoire relative. Deux personnes restent en détention. On se réjouit pour celles qui sortent. On est tristes et inquiets pour celles qui restent”, a réagi l’avocate des mis en examen, Irène Terrel. Elle se réjouit toutefois d’un “ désaveu assez radical de cette procédure”.
Mais les neuf personnes visées par la procédure restent mises en examen pour “association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste” et “dégradations en réunion en relation avec une entreprise terroriste”.

Les enquêteurs les accusent d’avoir formé une cellule d’ultra-gauche qui a voulu semer le désordre en France en paralysant le trafic SNCF. Plusieurs sabotages ont eu lieu entre le 26 octobre et le 8 novembre. Des fers à béton ont été déposés sur des caténaires en Moselle, dans l’Oise, l’Yonne, la Seine-et-Marne, entraînant des retards dans la circulation de plusieurs dizaines de trains.

L’accusation met en avant plusieurs indices qui tendraient à démontrer la présence sur les lieux des sabotages des cinq personnes incarcérées jusqu’à cet après-midi, notamment des écrits. Mais elle reconnaît ne disposer d’aucune preuve formelle.

Grégoire Lecalot, avec agences
Nico37
 
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Re: DCRI versus "MAAF" :arrestations TGV.

Messagede Renaissance » 02 Déc 2008, 20:17

Désinformation ???

http://www.lemonde.fr/poubelle/article/ ... 09984.html

Selon le Monde, Julien Coupat aurait été aussi libéré mardi, ce-jour !
Donc 4 libérations ? seul resterait une suspecte en détention selon ce même journal !
Renaissance
 

Re: LIBERATION IMMEDIATE DES INCULPES DE TARNAC

Messagede jean » 02 Déc 2008, 20:25

Un camarade en garde à vue suite au rassemblement au
palais de justice


>
> Suite au rassemblement au palais de justice pour demander la liberation
> des inculpés de Tarnac, un camarade, vincent, a été interpellé et mis en
> garde à vue, il est au commissariat des Halles, en face de la sortie rue
> Pierre Lescot.
> Vous pouvez appeler le commissariat pour demander sa liberation.
> 01,44,82,74,00
> 01,47,03,60,00
> 01,40,13,88,40
>
> S'il n'est pas sorti, plus d'info plus tard pour un rassemblement au
> commissariat demain.
jean
 

Re: DCRI versus "MAAF" :arrestations TGV.

Messagede Roro » 02 Déc 2008, 21:01

Renaissance a écrit:Désinformation ???

http://www.lemonde.fr/poubelle/article/ ... 09984.html

Selon le Monde, Julien Coupat aurait été aussi libéré mardi, ce-jour !
Donc 4 libérations ? seul resterait une suspecte en détention selon ce même journal !


Faux. Julien Coupat et sa compagne restent en taulle.
La Nature n'a fait ni serviteurs ni maitres, c'est pourquoi je ne veux ni commander ni recevoir d'ordres.
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Re: DCRI versus "MAAF" :arrestations TGV.

Messagede Renaissance » 02 Déc 2008, 21:04

Roro a écrit:
Renaissance a écrit:Désinformation ???

http://www.lemonde.fr/poubelle/article/ ... 09984.html

Selon le Monde, Julien Coupat aurait été aussi libéré mardi, ce-jour !
Donc 4 libérations ? seul resterait une suspecte en détention selon ce même journal !


Faux. Julien Coupat et sa compagne restent en taulle.


En cherchant plus profondément, j'ai constaté que deux articles mentionnaient l'affaire sur Le Monde
L'un dit que 3 personnes ont été liberées et un autre dit 4
IntoX donc !

(journalistes tu parles !!)
Renaissance
 

Re: DCRI versus "MAAF" :arrestations TGV.

Messagede arvn d » 03 Déc 2008, 09:52

c'est un problème de dépèches, reuters s'est contredit à une heure d'intervalle.
arvn d
 
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Re: DCRI versus "MAAF" :arrestations TGV.

Messagede Nico37 » 03 Déc 2008, 12:08

Le fil sur un gros forum cheminots
Un intéressant reportage sur l'arrachement de caténaire... en gare de Montparnasse
Le rapport bidonné sur la fantasmatique MAAF

Le croc du diable, ou le terrorisme illustré

J'appelle "journalisme visuel", non la traduction en images d'une information (qu'exprime plus justement le terme "illustration"), mais au contraire une construction ou une organisation du récit sur la base d'une iconographie. Le récent épisode des "saboteurs de la SNCF" nous en offre un cas exemplaire. Après un emballement médiatique digne des pires tragédies, chaque jour qui passe rapproche d'un nouvel Outreau l'incarcération sans la moindre preuve matérielle d'un groupe d'alters.

Entre le 10 et le 11 novembre 2008, un ensemble d'incidents initialement caractérisés par le directeur de la SNCF comme des «actes de malveillance», ayant eu pour conséquence essentielle de provoquer le retard de trains, vont être requalifiés par le ministère de l'Intérieur comme des actes de terrorisme.

Dans ce processus, une image a joué un rôle décisif. Le 10 novembre, la veille de l'arrestation, le Figaro.fr publie un groupe de quatre photographies intitulé "Le caténaire de la peur" (sic, ce titre sera rapidement corrigé pour devenir "Les images exclusives de la caténaire de la peur"). Au lieu de comporter le nom du photographe, ce reportage est curieusement légendé: "Photos Le Figaro Magazine". Le texte explique qu'il s'agit des «images du dispositif utilisé par les saboteurs en quatre points différents du réseau à grande vitesse dans la nuit de vendredi à samedi. Ces photos ont été prises sur la ligne du TGV Est après le passage du train ouvreur, alors que les services d’entretien de la SNCF arrivaient sur les lieux.» Cette description suggère qu'il s'agit de photographies réalisées par les services de la SNCF, communiquées à la rédaction du Figaro Magazine.

Dans ce corpus inédit, l'une des images est particulièrement spectaculaire. Elle sera reprise le soir même dans les journaux télévisés – et remarquée par Daniel Schneidermann, qui affiche une méfiance ironique face au traitement de l'événement. Mise en exergue par la présentation du site, la photo en gros plan d'un crochet réalisé à partir d'un morceau de fer à béton semble résumer à elle seule la menace qui pèse sur la France. Elle montre un instrument mystérieux, dont la dimension la plus effrayante est l'utilisation d'un matériau de récupération rudimentaire au service d'une complexité fonctionnelle particulièrement bien adaptée (avec un mécanisme de verrouillage et une tige de positionnement). Dans l'imaginaire contemporain, on retrouve la même association de matériaux de récupération et d'une maîtrise technique élaborée, caractéristique des bombes artisanales ou des armes par destination utilisées par les terroristes.

Il n'y a, dans l'iconographie sollicitée pour illustrer les incidents de la SNCF, aucune image de dégradation ou de violence – et pour cause. Seule la photographie du crochet évoque l'agression, sur un mode métonymique. Un dispositif à la fois si spécialisé et d'allure si brutale suggère simultanément la sauvagerie, la volonté de nuire, la détermination, le calcul, la dissimulation – bref, un dessein diabolique. S'inscrivant dans la plus pure tradition du journalisme à sensation, le titre "Le caténaire de la peur" se charge de guider cette interprétation et, à un moment où le terrorisme n'est pas encore évoqué, a déjà fait un premier pas vers un registre qui est celui de la terreur.

C'était dans la nuit du vendredi 7 au samedi 8 novembre qu'avaient été découverts à Fresnoy-la-Riviere et Montagny-Sainte-Félicité (Oise), Coulombs-en-Valois (Seine et Marne) et Pasilly (Yonne) quatre crochets, dont un seulement avait entraîné une coupure de courant et d'importants retards pour les TGV du réseau Nord. Mais le lundi matin, la presse retenait l'accident plus spectaculaire de Coursan (Aude), près de Narbonne, où deux plaques de béton avaient été posées sur la voie, occasionnant des dégâts mineurs. Alors que le secrétaire d'Etat chargé des transports, Dominique Bussereau, dénoncait sur Europe 1 «un nouvel acte de malveillance» contre la SNCF, c'est ce même lundi 10 que les parquets de Senlis (Oise) et Auxerre (Yonne) choisissaient de se dessaisir des instructions en cours au profit du parquet antiterroriste de Paris. L'arrestation du mardi 11 novembre, immédiatement répercutée en conférence de presse par la ministre de l'intérieur Michèle Alliot-Marie, avait été décidée la veille, à partir d'éléments de surveillance policière réunis depuis des mois, indépendamment des incidents ferroviaires.

A partir de leur qualification terroriste, les instances politiques et judiciaires, suivies par la grande presse unanime, vont verser dans un délire d'interprétation sans précédent, créant de toutes pièces une menace étiquetée "ultra-gauche, mouvance anarcho-autonome" (sic), où l'on nous renvoie sans rire à la bande à Baader. La veille du glorieux coup de filet du 11 novembre, le secrétaire fédéral CFTC cheminots Bernard Aubin indiquait pourtant ne pas croire «à la théorie d'une bande très organisée, avec des revendications très formalisées.» «On n'en est pas au terrorisme sur les voies: il y a peut-être de la part des auteurs de ce genre d'actes plus de frustration, de vengeance ou simplement de volonté de faire parler d'eux», estimait-il alors.

S'il est encore trop tôt pour évoquer la naissance d'une police politique ou d'une persécution d'opinion en France, les suites données à cette affaire permettront d'en juger bientôt. Si, comme il est à craindre, cette manipulation d'Etat se termine en catastrophe médiatico-politique, on se souviendra alors de la publication opportune du croc du diable – image destinée à orienter la peur dans la direction souhaitée.
Modifié en dernier par Nico37 le 03 Déc 2008, 12:42, modifié 1 fois.
Nico37
 
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Re: LIBERATION IMMEDIATE DES INCULPES DE TARNAC

Messagede jean » 03 Déc 2008, 12:33

Lettre au comité de soutien du 11 novembre (site Rebellyon.info)


Lettre au comité de soutien du 11 novembre



Adresse aux vivants

Ces sortes d’événements fâcheux qui ressemblent à de sournoises répressions, ne nous arrivent jamais que lorsque porteurs d’une logique du vivant
nous atteignons le cœur de la stratégie marchande.
Dans l’affaire de Tarnac tout a consisté à ce que la répression de sournoise devienne officielle.
Aussi, quelques camarades et moi-même, avons décidé de monter un comité de soutien local parce que de toute évidence la véritable charge qui pèse
sur les neufs inculpés est d’atteindre à un idéal qui serait que la poétique de l’engagement rejoigne la vie sans médiation culturelle et spectaculaire.
Pour ma part seulement parce que je ne veux pas préjuger que mes camarades ont été sujets à la discrète immixtion des agents répressifs sur leur
territoire intime, il me semble que depuis le moment où le passage d’homme consistait pour moi à ouvrir les yeux sans déciller, à favoriser l’éclosion
du sentiment sensible et à en partager les saveurs singulièrement isolées à l’écart du spectacle et de son corollaire marchand, je fus contraint pour
me défendre des entraves et des violations discrètes de mes dispositions, pour naturelles qu’elles fussent, de donner, à tort ou à raison, de la voix.
Ces évidences sensibles portent comme le dit joliment Vaneigem « la conscience épidermique du vivant » et qu’on cherche, et d’autant qu’on trouve,
comme c’est le cas des neufs personnes dont il est question, les moyens de les réaliser, si pour toutes approbations, l’approbation des Hommes a
plus de faveur que celle du spectacle, radicalement rejetée, la suspicion a beau jeu de se nommer comme telle, car elle n’est jamais rien d’autre,
discrète ou médiatisée, officieuse ou officielle, qu’une répression du caractère le plus sensible du vivant.
Aussi je crois que c’est pour ces raisons qu’ils menaient des existences à l’évidence sensibles et qu’ils avaient ainsi radicalement rompus avec des
dispositions psychologiques dûment instillées qui donnent, sans cesse - partisans ou critiques- prééminence aux stratégies des gouvernements,
qu’ils ont été la cible de la répression.
Je peux vous affirmer que dans la plus grande discrétion, sous le gouvernement Jospin, l’un de mes camarades se trouvait au cœur d’un tel dispositif
répressif, sous un semblable prétexte terroriste. La répression visait précisément dans cette affaire le démantèlement d’un réseau corse opposé à des
accords de paix entre le FLNC et l’Etat français, bien officiels, dont le réseau était parvenu à débusquer les enjeux véritables, à savoir des tractations
immobilières, d’une grande ampleur, qui se négociaient dans le plus secret entre la France, le FLNC et la Fininvest de Silvio Berlusconi.
Les temps ont changé.

Les stratégies demeurent toujours confinées au plus grand secret mais les pions et les victimes qui en font le plus directement les frais ne sont plus
détenus et jugés dans la confidence policière et judiciaire, ils sont exposés dans les médias et utilisés à une propagande idéologique qui dispense les
gouvernements de leur culpabilité dans les plus grands crimes et peut-être les seuls véritables s’il s’avère que de « moindres » crimes ne sont commis
que parce qu’il y en a de plus grands.
Si je devais réprouver une religion ce pourrait être bien symboliquement celle qui s’attache à l’adoration de l’agneau d’or par confort et pour la paix «
totalitaire » du tout : la télévision.
De la plus effroyable des manières la télévision est impliquée dans cette affaire et c’est parce que nous prenions garde de nous en tenir à l’écart que
nous fûmes, épargnés des images, particulièrement sensibles à la lettre ouverte des parents des neufs personnes mises en examen le 11 novembre.
Avec quelques camarades nous nous sommes engagés sur la voie que vous avez suscitée. Nous monterons dans les jours prochains un comité de
soutien local. Je voudrais, pour ma part, nous éviter la pesanteur de calculs politiciens et que nous soyons parasités, notre résolution radicale
j’entends, par des propos qui l’atténueraient.
Je préférerais qu’il s’agisse d’une coalition de subjectivités, au plus authentique, au plus près de l’hypothèse soulevée ainsi par l’un de mes amis "Le
gouvernement : après les sans-papiers, s’attaque à ceux qui sont partis dans le sabotage le plus discret mais, à mon avis, le plus radical : fuir le
spectacle et retisser les liens.". J’aime particulièrement la charge subversive et le détournement qu’il fait du mot « sabotage ».
Parce que depuis quelques jours nous formulons des choses, comme nous en avons rarement formulées d’aussi radicales, et nous ne devons pas cette
formulation à la position des organisations mais à un événement. Cet événement tire chacun d’entre nous hors de ses certitudes habituelles ou il
confirme quelque chose que nous pressentions, que peut-être parfois nous concrétisions.
Il y a une manière de freiner ce mouvement qui s’opère malgré nous et je ne voudrais pas que nous perdions notre temps à n’être pas réceptif à ce
mouvement pour s’en tenir à une hypothétique donnée d’un "mouvement social" qui, dans la forme où l’attendent les organisations et nous-mêmes
(la grève générale), se fait attendre. Au point où elle n’arrivera jamais peut-être...
C’est en somme une occasion à saisir. Et je ne me prévaux pas d’un droit en disant cela mais je tiens compte d’une situation, d’un frémissement
auquel on répond radicalement, à l’unisson de la nature de ce frémissement, où pour ma part je n’y répondrai pas. Car tout est radical dans ce
mouvement, le processus qu’évoquait un autre de mes amis, cette tonalité propre au comité invisible qui entraîne la répression, ce « sabotage »
discret et radical qu’évoque l’autre de mes amis, et la répression l’est aussi et l’est d’autant plus que je ne suis personnellement pas convaincu des
faits dont les accuse le gouvernement et dans tous les cas il ne s’agit ni d’un crime, ni de terrorisme.
Aucun droit donc mais un mouvement à saisir, dans sa nature et son entièreté, parce que je ne voudrais pas qu’encore on fragmente ce qui par sa
nature était suffisamment entier pour déranger à ce point, pour ébranler peut-être et mettre en tous les cas en place une mécanique du mensonge et
de l’injustice avec des conséquences qui se feront sentir probablement au delà ce qu’on peut supposer, du moment qu’encore nous ne les avons pas
vécues.
Nous nous alignerons sur l’orientation que donnera le comité de soutien de Tarnac dont l’objectif principal sera la libération des neufs personnes
inculpées. A-t-on remarqué, s’agissant d’eux, que le mot de souffrances n’a été prononcé nulle part hormis par les amis et les familles qui parlent
d’angoisses.
A titre très personnel et parce que la situation générale m’est intolérable depuis longtemps, qu’elle s’aggrave, je voudrais rappeler que les
insurrections peuvent prendre à partir d’une étincelle.
C’est une femme noire dans un bus où elle refuse de céder sa place à une blanche qui est à l’origine de la lutte active des noirs, c’est ce micro
événement, pourtant quotidien, qui met le feu aux poudres.
C’est un petit groupe d’hommes de San Francisco qui crée la beat generation. Elle envahira la planète sous la forme beatnik, c’est Nanterre qui met le
feu aux poudres...
Debord disait "c’est parce que nos ennemis ont poussé si loin leurs erreurs que nous avons commencé de gagner".
Je considère que Tarnac est l’une de ces erreurs, poussée si loin, compte tenu des enjeux qui ont été partout évoqués et dont les moindres ne sont
pas l’instauration d’un délit de lire, d’un délit de manifester et l’hypertrophie des qualificatifs répressifs et ses conséquences qui les accompagnent.
Cet événement pourrait être l’étincelle dont nous avons besoin et il nous appartient, et du moins je m’y engage avec quelques copains, pour qu’il en
soit ainsi. Nous serons suivis ou nous ne le serons que dans une moindre mesure. Toujours est-il que le comité de soutien comprend des élus, des
habitants de localité et des jeunes venus des régions voisines.
Il y a un frémissement, il y a un mouvement et je n’attends pas personnellement le "mouvement social" que les organisations appellent de leurs vœux
et qui est d’ailleurs leur raison d’atténuer leur soutien aux inculpés. Ces grèves générales que j’appelle aussi de mes vœux se font attendre. Trop
attendre. Il se peut tout simplement qu’une étincelle les suscite. Laquelle ?
J’ai parié sur celle-ci.

Si notre existence se fondait désormais, en l’absence de vie, à observer de grandes plages de silences couvertes du désastre qui préludent à nos
seules certitudes dans une vie où tout ce qui est vivant devient de plus en plus hypothétique et si les recours ne tiennent qu’à l’allégeance au prince et
à des rapports possédés par le spectacle et le marchand - seuls susceptibles d’offrir un répit- il ne nous restera plus qu’une assurance et une attente
angoissante : la mort pour toute issue, celle de nos proches, celle des êtres que nous aimons, la nôtre propre.
C’est le sens profond que j’attribue à cette affaire et à la répression parce qu’elle est une répression du vivant telle qu’en a connue l’Amérique entre la
fin du XIXème siècle et le début du XXème siècle quand ses gouvernements très officiellement en chasse contre les anarchistes les prirent pour cible :
le massacre et l’exécution de nuit anarchistes dans l’affaire de Haymarket (1886), le typographe Andrea Salsedo défenestré du 14e étage du
"Département de la Justice" (1920), Sacco et Vanzetti (1927).
Après l’insurrection et la prise de la Bastille, le 17 juillet 1789 le peuple acclamait encore le roi, avant de le destituer et de l’exécuter. En 1871 c’est la
Garde Nationale et le peuple parisien qui fraternisent à la veille de la Commune de Paris et se rapproprient les canons du 18 mars dont ils étaient par
le biais de la souscription les légitimes propriétaires.
Dans ces sociétés où le suicide progresse, Guy Debord rappelle dans « La planète malade » -que les spécialistes ont dû convenir, avec un certain
dépit- qu’il était retombé à presque rien en mai 1968.
Si dans cette affaire de Tarnac on entend des voix discordantes, et la plupart des organisations et des syndicats condamnent le sabotage, et Michel
Onfray donne des leçons d’anarchisme dans la rhétorique mécanique qu’on lui connaît et démocrate averti qu’il est, c’est-à-dire poreux à l’air du
temps et suiveur, il en oublie simplement
le principe de présomption d’innocence.

Au début du siècle dernier, en Uruguay, au pénitencier de Punta Carretas, les anarchistes expropriateurs Jaime Tadeo Peña, Agustin Garcia Capdevilla,
Pedro Boadas Rivas et Vicente Moretti, (arrêtés le 9 novembre 1928 après le braquage du bureau de change Messina) suivis par trois détenus de droit
commun, s’évadent de la prison en empruntant depuis les toilettes un tunnel de 50 mètres de longueur sur 4 de profondeur, une pancarte est laissée
en évidence : "La Solidarité entre les anarchistes n’est pas un simple mot écrit ! . Creusé sous la chaussée et les murs d’enceinte, le tunnel,
parfaitement équipé, aboutit dans un magasin de bois et charbon ouvert en août 1929 par l’anarchiste Gino Gatti qui sera le véritable "ingénieur" du
tunnel aidé de José Manuel Paz (qui en fera l’installation électrique et l’aération) et de Miguel Roscigna, Andrés Vazquez Paredes, et Fernando
Malvicini. (http://ytak.club.fr/mars18.html, Ephéméride anarchiste)
Le sacrifice s’il est moins ancré dans les mentalités libertaires c’est que lucidement on le sait inopérant, mais nul ne songe alors en 1931, entre
libertaires, à s’accuser mutuellement de torts qui ne doivent qu’aux capitalistes.
Si de jeunes gens fomentent des projets de sabotage aucune organisation et aucun groupe autonome puisque ceux-là sont principalement visés par
leurs camarades, aucun ne saurait être tenu pour responsable d’une rage destructrice qui doit à l’oppression. La poésie du sabotage est au delà de la
lucidité. C’est à Debord qu’on doit d’avoir exhumé « la rue des bons enfants » et à Bakounine ce mot « la volonté de détruire est en même temps une
volonté de créer ».
La seule liberté dont on disposerait dans l’époque - si en user n’emportait pas de si dangereuses conséquences- ce serait de mesurer l’ampleur du
désastre. Chacun s’accroche à sa dérive qui s’accorde à la dérive de Tout.
Debord, Kotanyi et Vaneigem signaient « 14 thèses de l’I.S sur la Commune », « Il faut reprendre l’étude du mouvement ouvrier classique d’une
manière désabusée, et d’abord désabusée quant à ses diverses sortes d’héritiers politiques ou pseudo-théoriques, car ils ne possèdent que l’héritage
de son échec. Les succès apparents de ce mouvement sont ses échecs fondamentaux (le réformisme ou l’installation au pouvoir d’une bureaucratie
étatique) et ses échecs (La Commune ou la révolte des Asturies) sont jusqu’ici ses succès ouverts, pour nous et pour l’avenir ».
C’est dans cette ouverture que s’étaient engouffrés - par leurs opinions et par la vie qu’ils menaient- les neuf personnes inculpées.
A ce titre, en dépit de leurs souffrances, cette affaire est déjà leur succès ouvert et c’est pourquoi ils effraient tant Michel Onfray, les partis et les
syndicats.
L’entraide et le partage étaient une fête et, pour plagier Marx au sujet de la Commune, la plus grande mesure sociale du comité invisible était sa
propre existence en actes.
Régis Duffour


jean
 

Re: DCRI versus "MAAF" :arrestations TGV.

Messagede jean » 03 Déc 2008, 12:41

senat - suivi du dossier legislatif : loi no 2008-1245visant a prolonger l'application des articles 3, 6 et 9 de la loin° 2006-64 du 23 janvier 2006 relative a la lutte contrele terrorisme et portant dispositions diverses relatives a la securite etaux controles frontaliers]


-i_abonnements@senat.fr>
Répondre à: admin_abonnements@senat.fr <admin_abonnements@senat.fr>

Sujet: senat - suivi du dossier legislatif : loi no 2008-1245 visant a prolonger l'application des articles 3, 6 et 9 de la loi n° 2006-64 du 23 janvier 2006 relative a la lutte contre le terrorisme et portant dispositions diverses relatives a la securite et aux controles frontaliers
Date: Wed, 3 Dec 2008 08:50:02 +0100 (CET)



- 03/12/2008 -


Votre alerte sur le suivi du dossier législatif : Loi No 2008-1245 visant à prolonger l'application des articles 3, 6 et 9 de la loi n° 2006-64 du 23 janvier 2006 relative à la lutte contre le terrorisme et portant dispositions diverses relatives à la sécurité et aux contrôles frontaliers



Loi No 2008-1245 visant à prolonger l'application des articles 3, 6 et 9 de la loi n° 2006-64 du 23 janvier 2006 relative à la lutte contre le terrorisme et portant dispositions diverses relatives à la sécurité et aux contrôles frontaliers
Loi No 2008-1245 du 1er décembre 2008 parue au JO 2008-1245 du 2 décembre 2008:
Lire la loi promulguée
( http://legifrance.gouv.fr/affichTexte.d ... 0019857148 )



jean
 

Re: DCRI versus "MAAF" :arrestations TGV.

Messagede Pia » 03 Déc 2008, 13:15



Je l'ai enlevé juste en haut pour des raisons éthiques, je t'invite à faire de même car ce truc est une violation grave de la vie privée des copains concernés.
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Re: LIBERATION IMMEDIATE DES INCULPES DE TARNAC

Messagede jean » 03 Déc 2008, 16:13

jean a écrit:
Un camarade en garde à vue suite au rassemblement au
palais de justice


>
> Suite au rassemblement au palais de justice pour demander la liberation
> des inculpés de Tarnac, un camarade, vincent, a été interpellé et mis en
> garde à vue, il est au commissariat des Halles, en face de la sortie rue
> Pierre Lescot.
> Vous pouvez appeler le commissariat pour demander sa liberation.
> 01,44,82,74,00
> 01,47,03,60,00
> 01,40,13,88,40
>
> S'il n'est pas sorti, plus d'info plus tard pour un rassemblement au
> commissariat demain.



Désolée, mais on vient d'apprendre que vincent a
>été retransféré au commissariat des Halles (rue
>pierre lescot, réouvert hier, waou, Vincent a
>fait l'inauguration)et que pour le moment il
>n'est pas prévu de le relâcher.
>Le rassemblement initialement prévu au
>commissariat Erik satie est donc déplacé rue
>Pierre lescot, des gens seront toutefois
>présents dans le 19ème pour avertir d'éventuels
>égarés.
jean
 

Re: LIBERATION IMMEDIATE DES INCULPES DE TARNAC

Messagede jean » 03 Déc 2008, 16:18

YouTube - Tarnac:Un des inculpés libé©rés s'exrprime



http://www.youtube.com/watch?v=AGllxgZT ... -sexprime/
jean
 

Re: DCRI versus "MAAF" :arrestations TGV.

Messagede Nico37 » 03 Déc 2008, 16:19

Pia a écrit:


Je l'ai enlevé juste en haut pour des raisons éthiques, je t'invite à faire de même car ce truc est une violation grave de la vie privée des copains concernés.

C'est avant tout un tissu de mensonges où rien n'est vrai (ou presque), il faut que ce soit au contraire connu :!:
Sans parler que c'est accessible partout :!:

SNCF : Julien Coupat, itinéraire du supposé saboteur Par Ségolène de Larquier

Trois des cinq jeunes, mis en examen dans l'enquête sur la dégradation des caténaires sur les lignes SNCF, seront remis en liberté, a décidé la Cour d'appel de Paris mardi. Leur chef présumé Julien Coupat ainsi qu'une autre personne sont maintenus en détention. Chef d'une cellule à vocation terroriste pour la police, brillant intellectuel et sympathique jeune homme pour ses proches, Julien Coupat a une personnalité à plusieurs facettes. Portrait.

"Charismatique". "Idéologue". Julien Coupat est ainsi présenté par les enquêteurs de la sous-direction antiterroriste (SDAT). Leader présumé de la "Cellule invisible", il est soupçonné d'être le saboteur en chef de caténaires de la SNCF. Pour un de ses proches, l'éditeur parisien Éric Hazan, contacté par le point.fr, Coupat "n'est pas le gourou charismatique d'une secte violente. C'est un garçon charmant, doux, extrêmement vif et intelligent, qui aime bien la vie". Deux visions donc opposées de cet homme de 34 ans, mis en examen le 15 novembre, notamment pour "direction d'une entreprise terroriste et destructions en réunion" .

Mais que sait-on de lui ? Issu d'un milieu aisé, son parcours est des plus flatteur. Père médecin et mère cadre supérieur dans un laboratoire pharmaceutique, le jeune Bordelais a mené sa barque avec brio. En 1996, diplôme de l'Essec en poche, il se lance dans un DEA et enchaîne avec un début de doctorat à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS), en histoire et civilisation. "C'était un garçon éveillé. Il était doué et intelligent", se souvient Nicolas Tertulian, son professeur en histoire de la pensée allemande, joint par lepoint.fr.

C'est au cours de ses études que Julien Coupat aurait forgé ses convictions. Par aversion envers le capitalisme. C'est ce que confie son père, Gérard Coupat, selon le rapport de la SDAT réalisé au terme de la garde à vue du suspect et des huit autres personnes interpellées. Il fuit le travail salarié, bannit le téléphone portable... Par refus de la sujétion, plaident les proches de Julien Coupat. Par souci de la clandestinité, estiment les enquêteurs. "Il s'est mué dans une contestation au départ politique et philosophique et peu à peu s'est ancré dans l'action violente et dans la conception de cette 'cellule invisible'", note le procureur de la République de Paris Jean-Claude Marin.

Ciné-club et papier-crépon

Tout s'accélère en 2005. Il veut vivre différemment. Pour fuir la vie citadine, il part avec quelques amis à Tarnac (en Corrèze), une commune de 350 habitants, perdue sur le plateau de Millevaches, et acquiert la ferme du Goutailloux. Les jeunes reprennent l'épicerie du hameau. Ouvert sept jours sur sept, leur commerce fait pompe à essence, vente de gaz, bar, restaurant, boucherie. Un camion fait des tournées pour apporter fruits, légumes ou conserves aux personnes résidant dans les villages isolés. Mais ce n'est pas tout. "Ils ont mis sur pied des animations comme un ciné-club, des tournois d'échecs, des repas à thème. En organisant des fêtes, ils ont même fait des chars avec du papier crépon, alors, pour des terroristes, avouez que cela peut paraître étrange", s'amuse Thierry Letellier, maire d'une commune voisine et cofondateur d'un comité de soutien, joint par lepoint.fr.

Mais il ne s'agit pas de mener une vie en communauté à la ferme du Goutailloux : les jeunes résident dans les environs. Chacun tout à tour s'occupe des poules, des moutons et des canards... et, au passage, se ressource. Plusieurs d'entre eux se déplacent aussi pour participer à des contre-rassemblements du G8, à des sommets européens ou, comme le 3 novembre dernier, à Vichy contre la conférence européenne sur l'intégration, avant de retrouver leur fief corrézien.

Tarnac, "ce n'est pas du tout une retraite mais un choix d'une vie autre. Ce sont des intellectuels qui ont choisi un autre mode de relations avec la société que celui de la métropole", explique au point.fr Éric Hazan, qui a mis en ligne une pétition de soutien aux inculpés .

Cet éditeur parisien a publié en mars 2007 L'Insurrection qui vient ( accessible dans son intégralité ici ), un livre qui suscite la curiosité des enquêteurs et qui aurait été retrouvé dans les affaires de plusieurs personnes interpellées. Coupat est désigné comme l'auteur principal du livre, signé mystérieusement "Comité invisible". L'ouvrage - long de 128 pages et très littéraire - évoque les méthodes de l'insurrection, comme le sabotage de toute instance de représentation, (réseau TGV ou lignes électriques) ou le blocage de l'économie, en passant par l'agonie des rapports sociaux existants ou la façon de survivre à "l'uniformité environnante" de la métropole.

"Construction policière"

Ce texte s'inspire du situationnisme de Guy Debord (1957-1972) dont Julien Coupat est d'ailleurs un fin connaisseur puisqu'il a étudié ses écrits à l'EHESS. "Tout comme l'oeuvre de Debord, l'insurrection qui vient est basée sur le désenchantement. C'est un texte profondément désespéré expliquant qu'il n'y a aucun espoir collectif mais qu'une vague promesse de salut réside dans la multiplication et la coordination d'initiatives individuelles", souligne Christophe Bourseiller, contacté par lepoint.fr. Pour ce spécialiste de l'ultra-gauche et de Guy Debord, "le groupe est composé d'intellectuels, actifs dans l'univers littéraire. Ses membres n'évoluent pas dans l'univers gauchiste habituel."

Julien Coupat fréquentait aussi des milieux intellectuels parisiens. Il a notamment tissé des liens avec le philosophe italien Giorgio Agamben, qui l'a aidé à lancer, en 1998, sa revue littéraire Tiqqun . Dans Libération , le penseur s'est insurgé que l'on puisse classer comme "à visée" ou "à vocation terroriste" des actes politiques qu'on n'avait jamais considérés jusque-là comme destinés à produire la terreur.

Nico37
 
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Re: LIBERATION IMMEDIATE DES INCULPES DE TARNAC

Messagede jean » 03 Déc 2008, 16:38

Vincent vient d'être libéré. Il sera convoqué
ultérieurement au tribunal pour rébellion.
jean
 

Re: LIBERATION IMMEDIATE DES INCULPES DE TARNAC

Messagede Pïérô » 03 Déc 2008, 19:26

ne pas relacher la dynamique :

Communiqué du comité de soutien aux inculpés de Tarnac

Au regard du maintien en détention de deux inculpés du 11 Novembre, des perquisitions effectuées à Tarnac et en Belgique, des pressions exercées sur les manifestants au Palais de justice de Paris vendredi dernier et aujourd'hui mardi, le comité de soutien maintient ses demandes de libération immédiate et de levée des accusations pour TOUS les inculpés.

Des comités de soutien existent déjà ou sont en train de se monter partout en France et même dans le monde. Ils ne se laisseront pas intimider. Nous appelons à la création de nouveaux comités et à l'intensification des manifestations de soutien, qui seule pourra faire plier la machine antiterroriste et contrer l'opération politique déclenchée le 11 Novembre.

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