Histoire du mouvement libertaire français 1944-2004

Re: Le Complot et ses Manipulateurs

Messagede Alayn » 19 Oct 2008, 20:25

Bonsoir ! Bourseiller raconte pas mal de conneries (merci "l'Autre Facteur" pour les liens sans équivoque) et Pia Pia les reprend comme une perroquet, pensant ayant découvert la lune... (arf !)

Le témoignage de Kuhing est également de la plus haute importance ! Merci.

Pia aurait dit encore que Maurice Joyeux était le chauffeur de Bergeron (c'était son boulot pour croûter) çà aurait été difficile de démentir...
Mais non, elle nous sort la connerie que Joyeux était copain avec Lambert ! (arf ! arf !): n'importe quoi ! C'est un complot ? (arf !)

Pia Pia a des accointances avec Horteflamme: si, si, j'vous jure ! (arf !). Ils dînent ensemble du côté de Vincennes de temps en temps. J'l'ai lu dans Paris-Match ! (arf !)
Salutations Anarchistes !
Alayn
 

Re: Le Complot et ses Manipulateurs

Messagede Pia » 19 Oct 2008, 20:47

six fois "arf".
C'est bien, tu progresse dans ton intersidérale connerie et ton style de gros beauf consanguin.
Pia
 
Messages: 91
Enregistré le: 27 Juin 2008, 22:26

Re: Le Complot et ses Manipulateurs

Messagede Alayn » 19 Oct 2008, 20:56

10 000 fois "arf !" !

Dédicacée à la POUCAVE Pia Pia !
(une petite bêcheuse renfrognée)
Alayn
 

Re: Le Complot et ses Manipulateurs

Messagede kuhing » 19 Oct 2008, 21:22

:aime: :pote: :bisou2: :love: L'amour toujours l'amour :love: :aime: :couple: :bisou: :console:
kuhing
 

Re: La Fédération Communiste Libertaire et les élections de 1956

Messagede Phébus » 04 Nov 2008, 07:10

Très bon texte, merci de l'avoir partagé. J'ai bien lu l'anthologie de Noir & Rouge mais je ne me souvenais pas de celui-là.

Pour Fontenis, il y a juste un truc qui me chicote. Si c'est purement et simplement un salaud dont la mission historique était de saboter la FA et de discréditer l'anarchisme en participant aux élections, pourquoi diable ne s'est-il pas retiré une fois son forfait accompli? Pourquoi a-t-il continué toute sa vie de trainer dans les marges du mouvement libertaire malgré tout? Franchement, ça me dépasse.

Oh, et puis, tant qu'à citer Joyeux, tu devrais le citer jusqu'au bout. En effet, dans ces écrits plus tardif, il est pas mal moins dur avec Fontenis. En fait, ce n'est pas Fontenis le problème mais les individualistes et les nuls de province qui l'ont placé là en croyant faire contre-poids à Joyeux et ses amis... M'enfin.

Pour ce qui est du bouquin de Fontenis, l'édition d'Acratie est épuisée (d'ailleurs, parlant d'Acratie, en voilà un communiste libertaire qui n'a pas trahi et qui est toujours aussi pur que du temps de Noir & Rouge et le Mouvement du 22 mars (je parle de Jean-Pierre Duteil)). Faudra te rabattre sur la nouvelle édition d'AL. Désolé.
Avatar de l’utilisateur-trice
Phébus
 
Messages: 325
Enregistré le: 03 Nov 2008, 21:59
Localisation: Québec

Re: La Fédération Communiste Libertaire et les élections de 1956

Messagede kuhing » 04 Nov 2008, 09:56

Phébus a écrit:Très bon texte, merci de l'avoir partagé. J'ai bien lu l'anthologie de Noir & Rouge mais je ne me souvenais pas de celui-là.

Pour Fontenis, il y a juste un truc qui me chicote. Si c'est purement et simplement un salaud dont la mission historique était de saboter la FA et de discréditer l'anarchisme en participant aux élections, pourquoi diable ne s'est-il pas retiré une fois son forfait accompli? Pourquoi a-t-il continué toute sa vie de trainer dans les marges du mouvement libertaire malgré tout? Franchement, ça me dépasse.


et bé, je vois que t'es bien renseigné pour un gars de la campagne :mrgreen:
blague à part, je suis en accord avec tes interrogations. Si je trouve que l"OPB et Fontenis ont employé des méthodes contestables dans leur façon de procéder ( fraction clandestine...) je crois qu'il fallait donner un bon coup de pied pour dépoussiérer la FA de l'époque qui s'enlisait dans des marais vaseux.
Mais bon il faut voir le présent et surtout l'avenir maintenant.
kuhing
 

Le Complot et ses Manipulateurs

Messagede alcibiade » 07 Nov 2008, 15:13

Bonjour ,
Complot ou pas il est clair que la FA et son journal sont confidentiels et relève plus d'une secte que d'une organisation révolutionnaire digne de ce nom . Leur allergie au réel , leur intellectualisme stéril leur allergie à l'organisation en font une abération . Ils n'ont même pas été capables de garder l'Ecole émancipée et la Libre pensée structure anar que nous ont piqué les trotsks !!
Quand j'étais jeune nous avons ouvert des squatts comme nous ne savions pas faire nous avons demandé à la FA rue Amelot elle ne savait pas faire non plus . Ce sont les autonomes qui nous ont appris pour mettre l'eau et l'électricité, les lois etc ... Les autonomes parisens sont maoîstes et trés volontaristes . L'UA c'est pareil que la FA en pire .L' UTCL, actuellement Alternative libertaire ce sont les Fontenis et Guérin marxistes libertaires ils sont plus volontaristes que la FA (ce n'est pas dur)
Comme nous avons eu de nombreuses divergences tactiques quand j'étais dans une orga étudiante anar je ne les appércie guère . Alors que nous avions mis presque tout le monded'accord (Fa, pas fa,antifa , non anar,écolo etc )pour prendre la majorité du bureau d'un syndicat étudiant ces UTCL pourtant habituer aux magouilles et aux putsch :gun: donc ces UTCL étaient contre et foutaient le bordel en réunion ce qui faisait dire au non anars qui était parfois nombreux que nous n'arrètions pas de nous disputer entre anars . Bref nous avons perdu à une voix (celle d'une fac francaise) à cause d'eux . Aprés cet échec à une voix qui nous a pris beaucoup de temps et d'nrj de nombreux camarades anar ou pas, ont arrèté de militer ou ont rejoint les orgas trotsks ou socialistes au nom de l'éfficacité . Cet exemple fait parti du vécu de milliers de militants anars en France et ailleurs l'absence de réussite décourage .
J'ai toujours été pour un mouvement anar uni ou chacun ou chaque groupe est libre de ces actions . Afin d'influer l'ensemble de la socièté ce que les anars expèrimentés de mon époque appelait la propagande par capilarité . Il existe aussi la propagande par le fait, le syndicalisme, la culture, l'éducation, l'écologie ... Bref on peut anarchiser tout activité même la cuisine et les jeux de rôle .

Salutations
alcibiade
 

Re: Le Complot et ses Manipulateurs

Messagede joe dalton » 07 Nov 2008, 17:39

On peut critiqué les orgas, et je ne suis pas le dernier à le faire ! mais le faire de cette façon, en les prenant a parti de cette façon, c’est bien cela qui est stérile !
Un des gros reproche que je peut faire au orgas, c’est de sanctifié la division, ton intervention te place sur ce terrain également ! Tu peux dire que fa est sectaire, mais il serait bien pour cela étayé un peu plus ton affirmation, et sans passion excessive !
Ceux qui refusent de s’organiser, a moins d’être autonome (ce qui est une forme d’organisation) sont quand même bien content d’aller se greffer dans les actions et les lieus que les orgas ont développé ! quitte a critiquer, une fois present ! tout comme les orgas sont bien contente de voir les inorgas gonfler leurs rang dans les instant les plus decisif !
De même, si j’éprouve une méfiance naturelle envers les admins, je suis bien content que ce forum puisse tourner ! Le coté donneurs de leçon dans m’insupporte trop, pour aller soi même donner des leçons au orgas !
Etre inorganisé, n’autorise pas a se voir meilleurs, et l’avenir de l’inorga est invariablement le même(quelque soit la pugnacité qu’il croit avoir) ; il finit soit par rejoindre une orgas, soit il finit par rester anarchiste chez lui, a moin qu’il ne tente de créer son orga !
dans un autre topic tu parle de virer les incapables, je dois me tailler, mais sache qu'il y a des gens très fier d'être incapable, comme moi par exemple !
joe dalton
 

Re: Le Complot et ses Manipulateurs

Messagede sebiseb » 09 Nov 2008, 13:34

De toutes façons, rien que le titre de ce fil m'insupporte - entre la théorie du complot et les coupables idéaux pour éviter l'auto-critique mon coeur ne balance pas :twisted:
$apt-get install anarchy-in-the-world
$world restart
Avatar de l’utilisateur-trice
sebiseb
 
Messages: 1093
Enregistré le: 14 Aoû 2008, 14:51
Localisation: Île de France - Centre

Georges Fontenis sur l'OPB

Messagede alcibiade » 14 Nov 2008, 12:20

Salut, quel est ta ligne Alayn tu es pour Fontenis ou Joyeux ? :bisou2:
alcibiade
 

Re: Georges Fontenis sur l'OPB

Messagede willio » 15 Nov 2008, 00:51

alcibiade a écrit:Salut, quel est ta ligne Alayn tu es pour Fontenis ou Joyeux ? :bisou2:


Lol !! :lol: C'est une blague ta question ? :lol: :lol:

Ah quoique tu n'es pas la depuis très longtemps, c'est ptet pas une blague du coup. La réponse est Joyeux.
willio
 

Re: Georges Fontenis sur l'OPB

Messagede alcibiade » 15 Nov 2008, 14:49

Salut, oui c'est une blague. Cependant j'aimerais qu'Alayn m'explique la parano de la FA (Joyeux) pour les jeunes et les situationnistes . Il me semble que Maurice J et ces amis sont paranoïaques dans leur doctrine et leur comprtement cela ne crée t'il pas de l'immobilisme ???? Me trompé je ?
alcibiade
 

Histoire de la F.C.L.

Messagede vroum » 19 Fév 2009, 09:29

La Fédération Communiste Libertaire (F.C.L.)

Histoire du mouvement anarchiste 1945-1975 de Roland Biard
Editions Galilée pages 117-124


Dès le congrès de la F.A. de 1951, l'Organisation Pensée Bataille s'était emparé de la majorité du Conseil national. La mainmise fut définitive au Congrès de 1953 qui vit l'exclusion des derniers opposants : les groupes d'Asnières et du dix-huitième (Louise Michel) ainsi que celui de Bordeaux.

Un « référendum » organisé après le Congrès entérine le changement de nom. Par 71 mandats contre 61, la F.A. devient Fédération Communiste Libertaire. Le terme de « mandats » ne doit pas tromper, il s'agit en fait de vote exprimés par militant. La nouvelle F.C.L. compte donc dans les 130/160 militants, compte-tenu de ceux qui n'ont pas participé à la consultation. Le Mémorandum du groupe Kronstadt déjà cité permet de localiser ces militants pour l'année considérée. La F.C.L. compte seize groupes répartis de la façon suivante :

Région parisienne, neuf groupes : Paris -centre, Paris-18ième, Paris-14ième, Paris-Nord, Paris-19/20ièmes, groupe d'entreprise Thomson, Choisy, Boulogne, Aulnay-sous-Bois.

Province, sept groupes : Toulouse, Mâcon, Clermond-Ferrand, Thiers, Lyon, Narbonne, Villeneuve-sur-Yonne.

L'O.P.B. « contrôle » un certain nombre de groupes (le nombre de ceux-ci varie suivant les sources !), particulièrement dans la Région parisienne. Cette majorité lui permet de faire adopter un certain nombre de documents dont le principe est le Manifeste communiste libertaire de Georges Fontenis.

L'élément le plus controversé de ce texte est celui concernant la définition du rôle de l'organisation. Il apparaît à la lecture que le rôle essentiel, dans la Révolution, est dévolu à l'organisation spécifique :

« ... également éloignés du spontanéisme, de l'empirisme et du volontarisme, nous fondons la nécessité de l'organisation anarchiste révolutionnaire conçue comme l'avant-garde consciente et active des masses populaires... »

L'avant-garde a deux tâches principales : celle de développer la capacité d'auto-organisation des masses, et une fonction de direction :

« Ainsi, la minorité en participant à toutes les formes de résistance et d'action (qui peuvent aller, suivant les conditions, de la revendication au sabotage, de la résistance sourde à la révolte) garde la possibilité d'orienter et de développer les moindres mouvements... »

« Son rôle de guide doit se concevoir comme consistant à formuler, à exprimer une orientation idéologique, organisatrice et tactique, orientation précisée, élaborée, adaptée sur la base des aspirations et des expériences de masse... »

L'ensemble de ces thèses font de l'organisation libertaire à la fois l'expression idéologique et la direction politique des masses en lutte.

Mais ceci n'empêche l'auteur du Manifeste d'inscrire son texte dans la tradition libertaire :

« (on trouvera) l'essentiel de la pensée des premiers fondateurs et des meilleurs théoriciens du communisme anarchiste : Bakounine, Kropotkine, Malatesta... on y retrouvera, parfois presque mot pour mot, des passages des « Statuts de l'Alliance » de Bakounine, on y retrouvera ce qui peut être retenu de fondamental dans les idées de la « Plate-Forme » de Makhno et de ses compagnons... on y retrouvera les points principaux et l'esprit du Pacte d'Alliance et du Programme qui présidèrent à la naissance en 1920 de l'Union Anarchiste Italienne, on y retrouvera les thèses défendues aujourd'hui en Italie par les Groupes Anarchistes d'Action Prolétarienne, l'esprit et les conceptions du mouvement espagnol et de ses expériences de 1936... On y retrouvera enfin le développement des principes qui animent le mouvement communiste anarchiste révolutionnaire en France, tel qu'il s'est dégagé des luttes de tendances, sutout depuis 1913... »

La multiplicité des références traduit surtout la volonté de l'auteur de se concilier certaines tendances du mouvement anarchiste international. Il n'ya en effet que fort peu de points communs entre les textes et les hommes cités dans ce texte. En tout état de cause, aucun d'entre eux n'avoue une orientation aussi avant-gardiste que celle du Manifeste. La définition de l'organisation est plus léniniste qu'anarchiste. Jean Maîtron parlera à propos du Manifeste communiste libertaire d'un « effort de synthèse entre l'anarchisme et le léninisme », ce qui semble, en effet, en caractériser parfaitement l'esprit !

L'orientation de plus en plus léniniste de la F.C.L. s'accentue à partir de 1953.

En 1954, sera publié le « Programme ouvrier » de la F.CL. dénoncé par le groupe Kronstadt comme une pâle copie du programme revendicatif de la C.G.T. Cette tendance à prendre le P.C.F. et la C.G.T. comme modèles sera un leitmotiv constant. Dès 1953, la F.C.L. reprend à son compte le mot d'ordre de « convocation extraordinaire du Parlement »... à propos des grèves de l'été. À plusieurs reprises, les groupes F.C.L. proposent « l'unité d'action » aux cellules du P.C.F. Ou de l'U.J.R.F. (cas du groupe du 19ième, de celui d'Elbeuf...).

La rupture avec le mouvement anarchiste international allait intervenir dès 1954. Devant l'inefficacité – voire la quasi-disparition de l'Internationale anarchiste - , la F.C.L. crée sa propre Internationale : L'Internationale communiste libertaire.

Du 5 au 7 juin, un Congrès est réuni à Paris. Trois « pays » sont représentés : la France, l'Italie et l'Espagne, mais une seule organisation participe à l'I.C.L. : la F.C.L., les autres participants ne représentent qu'eux-mêmes. Par la suite, une « section espagnole » sera mise sur pied et les G.A.A.P. Italiens rejoindront l'Internationale. Il ne semble pas qu'il y ait eu un deuxième Congrès. Le « Conseil » de l'I.C.L. a tenu, quant à lui, deux réunions (septembre 1955 et avril 1956) et publié dans Le Libertaire deux longues déclarations.

En 1955, un texte intitulé « Zimmerwald 1915-1955 » met l'accent sur les « mots d'ordre » de l'« I.C.L. » :

l'« Unité » ;
l'« Opposition ouvrière » (opposée à l'opposition légalitaire constitutionnaliste « constructive » à l'Etat capitaliste) ;
« Direction révolutionnaire » : « Pour que se lève une direction révolutionnaire, il faut un long et patient travail, et l'I.C.L. appelle tous les travailleurs à contribuer à cette oeuvre. »

En 1956, le Conseil publie un document intitulé « L'I.CL. et le Xxième Congrès du P.C. Russe » qui contient des appréciations étonnantes du genre :

« La bureaucratie russe liquide le stalinisme pour s'éloigner plus encore des positions d'octobre 1917... »...

« (les décisions du Xxième Congrès)... entraînet le passage OFFICIEL des partis communistes dans le camp du réformisme... »

« ... (Le Xxième Congrès)... ouvre une crise de transition à l'intérieur de la société soviétique et des partis communistes... »

Le texte conclut en indiquant que le rôle de l'I.C.L. est le « travail normal d'éclaircissement », et la « récupération des militants communistes-révolutionnaires ».

La F.C.L. passera de la théorie à la pratique. En 1956, elle contacte André Marty qui vient d'être exclu du P.C.F. Celui-ci collaborera à quelques uméros du libertaire... mais sans rien renier de son action passée ! Tout au plus apporterat-il quelques éléments critiques sur le P.C.F. en dénonçant les pratiques bureaucratiques de l'appareil dirigeant de celui-ci. André Marty, après quelques trente-cinq années de participation à ces hautes sphères, n'accouche que d'une souris !

Ce ne seront pas ces prises de position qui provoqueront la crise finale de la F.C.L. l'élément fondamental de désagrégation de cette organisation fut, sans aucun doute, la participation de cette organisation aux élections législatives de 1956. Cette participation ne peut être évidemment dégagée de son contexte politique. L'orientation de la F.C.L., ses prises de position tout au long des années 1955 et 1956, pouvaient permettre de déceler les justifications théorico-politiques de la présentation de candidats. De 1953 à 1956, l'évolution est cependant brutale. En effet, à l'occasion des élections municipales de 1953, la Fédération anarchiste avait publié un manifeste condamnat celles-ci sans appel :

« ... Ces élections sont une imposture... »

« Aux travailleurs qui ... voudront voter en pensant choisir un moindre mal, nous rappelons que la droite c'est la réaction et la gauche, la trahison. Nous disons : votez donc, mais ce ne sera qu'une expérience de plus. Abstention massive ! Non parce que nous nous désintéressons des questions communales, mais au contraire parce que tout le régime est en cause et que ces élections ne sont qu'une imposture... »

L'appel à l'abstention n'eut jamais beaucoup d'écho en France lorsqu'il n'émane que des minorités révolutionnaires. En 1953, le taux d'abstention ne fut ni plus faible ni plus fort que d'habitude. Certains interprétèrent ce résultat comme un échec et commençèrent à préconiser une « tactique plus souple ». A partir de 1955, et en fonction de l'échéance de janvier 1956, la question des élections commence à être débattue dans les bulletins intérieurs. En mars 1955, le groupe de Maisons-Alfort-Alfortville publie une motion destinée à « ouvrir la discussion ». Le Congrès de 1955 entérine une prise de position dans le même sens.

Un des opposants à la majorité de la F.C.L., qui s'en retirera en 1955 pour rejoindre ce qui formeront les G.A.A.R., raconte dans Noir et Rouge le cheminement politico-idéologique qui devait conduire à la présentation d'une liste de candidats dans la première circonscription de la Seine.

« C'este le 27 octobre 1955 que la position F.C.L. sur le problème électoral passa du stade intérieur au plan public, par l'intermise du Libertaire. Ce fut d'abord quelque chose d'anodin, bien-sûr, un article qui se terminait ainsi : « Un député ouvrier ne doit pas entrer dans le jeu parlementariste de la classe bourgeoise. Il sait que ses interlocuteurs sont de mauvaise foi, qu'il n'y a pas de compromis parlementaire, qu'il doit appuyer l'action directe des travailleurs. » (Le Libertaire numéro 450, Explication du vote et pantomime parlementaire M.H.)

« en plus d'une incontestable contradiction dans tous les termes de cet épilogue, l'idée du « député-ouvrier » était donc avancée. Les Lib suivants allaient étoffer tout ça, pour commencer par une suite d'articles : « La F.C.L. et le Front populaire (Lib numéros 451-452-453 G.F.) » et surtout par les éditoriaux beaucoup plus directs. Celui du 17 novembre devenait encore plus précis et la future participation électorale de la F.C.L. s'y devinait avec transparence. Après le numéro du 8 décembre où une convocation extraordinaire du Conseil national de la F.C.L. en « raison de la gravité des circonstances et de la proximité de la campagne électorale » était annoncée, c'était la confirmation officielle du 15 décembre où le Lib déclarait : « la F.C.L. entre en lutte » avec une présentation d'une liste de dix candidats et ouverture d'une souscription spéciale pour la campagne qui s'ouvrait ainsi.

...

« Ajoutons que, par divers camarades, nous apprîmes que la particpationà ces élections n'avait pas été décidée sans tiraillements, certains « pour » au Congrès (Congrès de mai 1955 où la discussion sur ce problème avait été abordée d'une façon théorique) brutalement mis au pied du mur commençaient à réaliser les difficultés de l'entreprise. »

Les résultats électoraux de la F.CL. furent maigres. La liste « présentée par le Libertaire » obtient 2219 voix (moyenne de la liste) sur 457 266 suffrages exprimés, soit 0,5% de ceux-ci. Elle arrive en dixième position sur dix-neuf listes présentées (dont quatre listes « bidons » destinées au « jeu des apparentements »)... juste avant celle des « Amis du Christ » (1132 voix).

La F.C.L. pavoise cependant en déclarant trimphalement que plus de 3000 suffrages ouvriers se sont portés sur ses candidats !

Mais l'échec est patent et provoque la désaffection croissante des militants. De 1956 à 1958, la F.CL. Participera activement aux luttes contre l'envoi du contigent en Afrique du Nord. Le Libertaire sera plusieurs fois saisi et Georges Fontenis condamné à de fortes amendes. La crise de conscience des militants communistes libertaires après les élections, la répression, les difficultés financières ont bientôt raison de la F.C.L. En juillet 1956, la publication du Libertaire est suspendue,la F.CL. abandonne ses locaux. Réduite à l'état d'un groupe, elle fera encore paraître deux numéros d'une revue Le Partisan, pour disparaître définitivement au début de 1958.

Les militants de la F.CL. à cette date ont déjà rejoint d'autres organisations. Les communistes libertaires et les anarchistes ont rejoint soit les groupes d'« exclus » (groupe Kronstadt, groupe de Mâcon) qui fonderont en 1956 les Groupes Anarchistes d'Action Révolutionnaire. D'autres, recrutés au moment de la « campagne électorale » déçus par l'inefficacité chronique de la F.C.L. rejoindront le P.C.F. Enfin, beaucoup d'autres disparaîtront dans la nature. Certains d'entre-eux reparaîtrons en 1968 et seront à l'origine du Mouvement Communiste Libertaire.
Modifié en dernier par vroum le 26 Mai 2009, 16:56, modifié 1 fois.
vroum
 

Biard : Histoire des G.A.A.R.

Messagede vroum » 19 Fév 2009, 09:30

Les Groupes Anarchistes d'Action Révolutionnaire

Histoire du mouvement anarchiste 1945-1975 de Roland Biard
Editions Galilée pages 125-127


L'exclusion du groupe Kronstadt (Paris-Centre) de la F.CL. en novembre 1955 accélère le regroupement de ceux-ci qui ne veulent ni poursuivre l'« avenure fonteniste » ni rejoindre la nouvelle F.A. Nés donc de la « dernière dissidence de l'avant-dernier carré des fidèles de Fontenis » selon une expression de Maurice Fayolle, les G.A.A.R. se créent en novembre 1955 autour d'un certain nombres de groupes : Kronstadt, Maisons-Alfort, Mâcon, Grenoble... Ils se veulent « l'expression de la tendance anarchiste communiste du Mouvement libertaire ». Cette terminologie les amène d'ailleurs à définir ledit mouvement composé de la F.A., du groupe Contre-courant de Louis Louvet, des revues individualistes : Défense de l'Homme, l'Unique... Il s'agit donc du « mouvement » au sens très large du terme puique certains des groupes ou revues indiqués n'ont jamais revendiqué l'étiquette anarchiste (telle par exemple la revue Défense del'Homme, publiée par Louis Lecoin, et qui se situe sur un terrain strictement humaniste).

L'activité essentielle des G.A.A.R. sera l'édition de la revue ronéotypée Noir et Rouge. Contrairement aux habitudes prises dans le reste du mouvement, Noir et Rouge est axé sur les problèmes de l'heure qu'ils soient politiques ou économiques. Cela amène très rapidement les G.A.A.R. à prendre position sur le problème algérien. Ils seront les seuls durant cette période à avoir une attitude anticolonialiste. En refusant l'alignement pur et simple sur les positions du F.L.N. Algérien mais en mettant en évidence la jonction des luttes sociales, les G.A.A.R. Développent tout au long des numéros de Noir et Rouge une pensée internationaliste qui avait disparu du mouvement libertaire depuis longtemps. Certains de ses membres s'engageront aussi dans les « réseaux de soutien au F.L.N. » mais en gardant une attitude critique vis à vis des intellectuels du Mouvement Antocolonialiste Français (M.A.F.) ou de Jeune Résistance (J.R.) qui se montraient « plus algériens que les algériens ». les G.A.A.R. menèrent aussi campagne pour le soutien aux déserteurs, mais sans préconiser cette attitude.

L'apparition publique des G.A.A.R. sur la scène politique est à situer en mai 1958. A cette date, ils seront le fer de lance de la tentative de résistance au putsch gaulliste. Le 16 mai, par tracts, ils lancent un appel à la grève générale et convoquent la réunion d'un Comité unitaire : le Comité de coordination libertaire qui regroupe la F.A., la C.N.T., les Jeunes libertaires et les G.A.A.R. La F.A. abandonne peu après ce Comité pour rallier le Comité de Liaison et de Défense des Libertés Démocratiques où siègent entre autres, le Parti radical, la S.F.I.O., l'Union de la Gauche socialiste...

Les G.A.A.R. prennent alors l'initiative d'élargir leur propre comité, qui se transforme en Comité d'Action Révolutionnaire après l'adhésion du Parti Communiste Internationaliste, du Syndicat des Charpentiers en Fer C.G.T., du Pouvoir Ouvrier, Socialisme et Barbarie, la C.N.T. Espagnole, les Jeunesses Socialistes Autonomes (organisation de jeunes du Parti Socialiste Autonome), l'Ecole Emancipée, le Mouvement Indépendant des Auberges de Jeunesses, le C.L.A.D.O. ...

Le C.A.R. participe à la manifestation du 28 mai avec ses propres mots d'ordre : « Fusillez les généraux, A bas l'armée, Paras = S.S. » apparition qui sera remarquée dans un cortège dont l'atonie est caractéristique !

L'investiture de De Gaulle, et la réussite du putsch entreîne la disparition du C.A.R. et le début d'une crise interne des G.A.A.R.

Certains militants, en effet, estiment que la pubication de la revue n'est pas une fin en soi. Les événements de mai 1958 avaient montré que les G.A.A.R. pouvaient avoir une action politique d'envergure. Ils seront un moment majoritaires et, en 1960, l'organisation se transforme en Fédération Anarchiste Communiste. La cassure se produit entre les éléments favorables au repli sur la revue et les partisans de l'action politique lorsqu'est crée un comité de liaison permanent F.A.C.-F.A. La scission interviendra en 1961, lorsqu'à l'issue de négociations serrées et longues, des groupes F.A.C. adhéreront à la F.A. : Kronstadt, Maisons-Alfort, Lille, Strasbourg, Mâcon, Grenoble, qui se regroupent en une tendance : l'Union des Groupes Anarchistes Communistes.
vroum
 

Biard : histoire de l'OCL 1

Messagede vroum » 19 Fév 2009, 09:32

L'Organisation Communiste Libertaire 1971-1975

Histoire du mouvement anarchiste 1945-1975 de Roland Biard
Editions Galilée pages 244-246


L'année 1971 est marquée par l'échec des négociations de fusion entre l'O.R.A. et le M.C.L. Les deux organisations ne s'accordent à peu près sur aucun point. Deux orientations nettement divergentes animent ces organisations et les efforts d'un médiateur tel daniel guérin ne purent amener à un rapprochement des points de vue.

D'un côté, le M.CL. Dont l'orientation grandissante vers le luxembourgisme et le conseillisme se refuse de plus en plus à admettre la thèse de « l'organisation spécifique ». pour la majorité des membres de cette organisation, celle-ci doit tendre à faireplace à une coordination d groupes ouvriers de base. L'exemple du Comité des cheminots de tours et les Cahiers de Mai sont l'exemple type de ce que ces militants voudraient généraliser. L'accord ne peut donc se faire avec l'O.R.A. qui préconise la mise en place d'une organisation révolutionnaire. Les buts à atteindre pour les deux mouvements sont les mêmes. La révolution sera exclusivement l'affaire des groupes de base (comités d'action, comités de grèves...), mais pour l'O.R.A. la conjoncture et la lutte politique impliquent l'existence d'une organisation capable de coordonner, d'organiser et surtout de théoriser les enseignements des mouvements spontanés.

En juillet 1971, l'échec sera définitif. Une double scission s'opère ; un groupe M.C.L. Adhère à l'O.R.A., quatre groupes O.R.A. Adhèrent au M.C.L.

L'Organisation Communiste Libertaire est fondée à l'issue de cette double scission, lors d'un Congrès tenu à Marseille en juillet 1971. des tentatives ultérieures pour reprendre les négociations auront lieu, mais les points de vue restent divergents ; elles n'auront pas de suite. L' »artisan de l'unité », Daniel Guérin, adhérera à l'O.R.A. à la suite de ces échecs.

L'O.C.L. Publie d'ailleurs dans les mois qui suivent sa création un Appel qui synthétise ses positions. Le rôle de l'organisation y est particulièrement étudié :

« L'avant-garde réelle, ce n'est pas tel ou tel groupe qui se proclame la conscience du prolétariat, c'est effectivement ceux des travailleurs en lutte qui sont à la pointe de ces combats offensifs ou ceux qui maintiennent un certain degré de conscience, même dans les périodes de recul...

L'organisation des révolutionnaires regroupe les militants qui se reconnaissent sur un même niveau de réflexion, d'activité, de cohésion. Elle ne peut en aucun cas se substituer au mouvement prolétarien lui-même, ni lui imposer une direction, ni prétendre en être la conscience achevée. Son rôle est d'appuyer l'avant-garde prolétarienne, d'aider à l'auto-organisation du prolétariat en jouant soit collectivement, soit par l'intervention des militants, un rôle de diffuseur, de catalyseur, de révélateur, et en permettant aux révolutionnaires qui la composent, des interventions coordonnées et convergentes sur le plan de l'information, de la propagande, de l'appui d'actions exemplaires. Une conséquence de cette conception de l'organisation des révolutionnaires est sa vocation à disparaître non par décision mécanique, mais lorsqu'elle ne correspond plus aux fonctions qui la justifiaient, elle se dissout alors dans la société sans classe. »

L'O.C.L. Connaît alors unesérie de crise. Une partie de ses militants, de plus en plus favorable au conseillisme, impulsent des négociations entre l'O.C.L. et un groupe conseilliste : la Gauche Marxiste. Mais cette dernière organisation éclate à son tour. Des militants O.C.L. adhèrent alors à certaines des fractions des ex-G.M. D'autres continuent l'OC.L. qui à l'heure actuelle, compte une demi-douzaine de groupes ou contacts, le plus important est à Nancy.

En 1974, l'O.C.L. est rejointe par deux groupes scissionnistes de l'O.R.A. il est alors fondé une nouvelle revue Rupture (1975), organe de ces groupes, qui veut contribuer à « l'élaboration du projet communiste, à l'émergence d'unn mouvement communiste radical ».

L'orientation de plus en plus « ultra-gauche-marxiste-luxembourgiste et conseilliste » apparaît comme étant la base des références de cette nouvelle revue. Le groupe de Grenoble déclare dans le numéro 1 : « l'autonomie prolétarienne dépend avant tout du contenu avancé, par sa capacité à permettre au cours desluttes l'instauration des rapports sociaux, opoosés à ceux imposés par le Capital (principe d'autodirection des luttes, pouvoir des A.G., non-dirigisme, attaques contre le travail salarié...).

Ce sont les groupes autonomes eux-mêmes qui assument la pratique et la théorie communiste contre les pseudo-pôles gauchistes et anarchistes...
vroum
 

PrécédenteSuivante

Retourner vers Histoire

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun-e utilisateur-trice enregistré-e et 2 invités