Création du site de veille anti-masculiniste « mascuwatch.org » DOMINIQUE FERRIÈRES 04/10Le site mascuwatch.org a démarré le 2 octobre au matin, créant une forte émotion parmi les défenseurs du masculinisme et ceux qui luttent contre ce mouvement.
Ce fut un tollé pour certains et un ravissement pour d’autres.
Le site a immédiatement été attaqué de toutes parts : plaintes pénales, constats d’huissiers, mails avec textes de loi, etc. Le lendemain, au matin, le site n’était plus accessible (page blanche). Les administrateurs annonçaient sur twitter que leur site avait subi une attaque. Quelques heures après, il réapparaissait.
Alors pourquoi ce site crée-t-il tant d’émotion ? Probablement, est-ce la base de données des masculinistes qui engendre le plus de réactions. En effet, mascuwatch.org liste tous les membres actifs de ce mouvement, avec photos et informations précises sur quelques-uns d’entre eux. Ils sont classés par « cadres », « fantassins », « gurus » et « compagnies ».
La page sur l’Astroturfing du site révèle que les masculinistes inondent les boîtes mails des élus pour faire croire à une problématique importante dont les pères perchés seraient les représentants. Or, les pères perchés ne représentent que 0,86 % de différentiel de décisions en faveur des mères après divorce. Par ailleurs, parmi ces 0.86 % figurent des pères qui ne voient plus leurs enfants en raison de faits considérés comme graves par la justice. Voir l’article de Patric Jean : Communiqué: « Pères perchés » ou masculinistes : les vrais chiffres
Les masculinistes comptent utiliser la même méthode d’Astroturfing pour dénoncer le site mascuwatch.org : « Non contents d’avoir saturé les boites mails de nos élus avec leur problème « étendu » des « droits des pères » bafoués, les fantassins comptent saturer le service internet-signalement.gouv.fr pour dénoncer mascuwatch.org ». Mascuwatch: "Astroturfing – Absit reverentia vero"
Le site est aussi riche en captures écran montrant un grand nombre d’images et de propos particulièrement violents. On y trouve aussi des textes intéressants qui démontent l’idéologie de ce mouvement.
Il intègre également un manifeste et une pétition à signer :
- le manifeste contre le masculinisme et pour l’égalité entre femmes et hommes du Réseau international contre le masculinisme ;
- la pétition contre l'amendement masculiniste dans la loi d’un collectif anti-masculiniste (pétition de Patric Jean).
Extrait de la page d’accueil :
« POURQUOI MASCUWATCH.ORG?
mascuwatch.org est un projet de veille collaborative ayant pour objet la création d'une base de données sur le masculinisme en France.
Le masculinisme rassemble des associations et collectifs d’hommes refusant l’égalité femmes-hommes.
Leur vitrine : la cause « des pères » qui instrumentalise le thème de la parentalité pour véhiculer leurs valeurs rétrogrades. Les masculinistes défendent ou minimisent les sujets comme le viol, la violence conjugale, l’inceste et prônent la très controversée théorie de l’aliénation parentale.
Les manifestations « spontanées » vues en 2013 en faveur des droits des pères cachent bien souvent une organisation précise, une communication léchée et un but ultime bien plus sombre - la domination masculine. Les cadres des associations de défense des « droits des pères » profitent de la détresse de certains, du sentiment d'impuissance des autres et de la culpabilité de la plupart pour les coopter et les radicaliser afin de former des compagnies de fantassins.
- Nous ne pouvons rester les bras croisés pendant que ces mouvements suscitent de l’empathie chez l'ensemble de l'opinion publique.
- Nous demandons aux journalistes de faire leur travail et de révéler les réelles motivations de ces associations de « défense des droits des pères » ainsi que celles de leurs fantassins qui se signent des deux mains à l’image d’un cœur... pas si tendre.
mascuwatch.org a pour vocation de surveiller ces radicaux et de porter au grand jour leur discours sexiste et haineux. L'équipe mascuwatch.org compte sur vos contributions pour faire évoluer cette plateforme de veille.
Si vous estimez avoir été victime de ces personnes, trouvez le courage pour nous contacter et faire éclater la vérité - de raconter votre l'histoire. »
Extrait de la page Astroturfing:
La revendication des mouvements de « pères » ne peut porter que sur 0,86% de décisions en faveur des mères après divorce – un nombre trop insignifiant pour avoir un réel impact auprès des élus. Alors comment font ils pour générer une impression de véritable mouvement populaire, une presque révolte, en ne représentant finalement que très peu de monde ?
L’une des techniques employées par les associations de « défense des droits des pères » est le l’astroturfing (marque de gazon artificiel) – la version fabriquée, maitrisée et instrumentalisée d’un mouvement populaire spontané ou aussi appelé «grassroots ».
1. Les mailings individuels et mails de masse.
Depuis 20 ans maintenant les associations de « défense des droits des pères » ont mis à la disposition de leurs membres des boites à outils qui comprennent aussi des modèles-type de lettres à envoyer aux élus. Chaque membre est invité à envoyer le maximum de lettres, créant ainsi une impression de problématique étendue. »
Extrait de la page Laurent Guerton:
Depuis le lancement du projet hier matin, l’équipe mascuwatch.org a reçu quelques mises en garde de poursuites soit via la CNIL, soit par d’autres moyens ( allant d’un constat d’huissier à une plainte pénale) pour diffamation. Cela va sans dire que les premiers qui nous ont écrits ces jolis petits emails, bourrés de textes de loi, sont en faite les mêmes qui, depuis plus d’un an, publient régulièrement les détails de la vie de leurs ex, voire même les photos de leurs enfants sur le Net.
« Les procédés pervers sont utilisés très habituellement lors des divorces et des séparations. Il s’agit alors d’un procédé défensif que l’on ne peut pas d’emblée considérer comme pathologique. C’est l’aspect répétitif et unilatéral du processus qui amène l’effet destructeur.
Lors des séparations, le mouvement pervers, jusqu’alors sous-jacent, s’accentue, la violence sournoise se déchaîne, car le pervers narcissique sent que sa proie lui échappe. La séparation ne vient pas interrompre la violence, elle se poursuit à travers les quelques liens relationnels qui peuvent exister, et quand il y a des enfants elle passe à travers eux. Cela constitue ce que les Américains nomment le stalking, c’est-à-dire le harcèlement. Le harcèlement est le fait d’anciens amants ou conjoints qui ne veulent pas lâcher leur proie, envahissent leur « » de leur présence, l’attendent à la sortie de son travail, lui téléphonent le jour et la nuit, avec des paroles de menaces directes ou indirectes.
Les divorces avec un pervers narcissique, quel que soit celui qui est à l’initiative de la séparation, sont presque toujours violents et procéduriers. Les pervers maintiennent le lien, par le biais des lettres recommandées, des avocats, de la justice. On continue à parler de ce couple, qui n’existe plus, à travers les procédures. Plus la pulsion d’emprise est grande, plus grands sont le ressentiment et la colère. Les victimes se défendent mal, surtout si elles se croient à l’initiative de la séparation, ce qui est souvent le cas, leur culpabilité les porte à se montrer généreuses espérant ainsi échapper à leur persécuteur.
Les victimes savent rarement utiliser la loi, alors que l’agresseur, étant très proche d’une structure paranoïaque, saura faire les démarches nécessaires.
Dans une manœuvre perverse, le but est de déstabiliser l’autre et de le faire douter de lui-même et des autres. Pour cela, tout est bon, les sous-entendus, le mensonge, les invraisemblances. Pour ne pas se laisser impressionner, il faut que le partenaire n’ait aucun doute sur lui-même et sur les décisions à prendre, et ne tienne pas compte des agressions. Cela oblige à être sans arrêt sur le qui-vive dans les contacts avec l’ex-conjoint.
Le refus de communication directe est l’arme absolue des pervers. Le partenaire se trouve obligé de faire les demandes et les réponses et, s’avançant à découvert, évidemment commet des erreurs qui sont relevées par l’agresseur pour pointer la nullité de la victime. »
Le harcèlement moral – La violence perverse au quotidien – M.F. Hirigoyen
Serait-ce alors la raison pour laquelle certains fantassins exposent sans gène le visage de leurs ex et surtout de leurs enfants sur la toile? »