Lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (2013-2014)

Nucléaire, OGM, projets inutiles, ZADs ...

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Messagede Nico37 » 29 Juin 2013, 02:02

La révolte écologique, de Taksim à Notre-Dame-des-Landes Noël Mamère Député de Gironde 17/06

Le mai 68 du peuple turc a ceci de particulier qu’il émane d’une révolte écologique. Au départ, il s’agit de la simple défense du dernier parc d’Istanbul, le Parc Gezi. On menace de remplacer ce havre de verdure et de paix par un centre commercial et une mosquée – tout un symbole – la sainte alliance du commerce et de la religion.

Si ce projet se réalise, il ne restera plus un seul espace vert dans le centre commercial et dans le centre de la capitale économique de la Turquie. Les écologistes en colère contestent à la fois ce mode de vie, et la manière autoritaire de décider du cadre de vie des Stambouliotes.

Très vite, cet « éléphant blanc » voulu par le Premier ministre turc (qui a par ailleurs contribué à l’émergence de la démocratie face au pouvoir militaire) mobilise des pans entiers de la société turque et notamment les jeunes. Le mouvement se politise et met en cause le pouvoir de l’AKP devenu pesant.

Quand l’écologie fait tomber des murs

Le fait que cette contestation, aux conséquences imprévisibles pour Erdogan, a été initiée par des écologistes appelle ici quelques observations. L’écologie est devenue une question conflictuelle, politique, au sens propre du terme et ce n’est pas la première fois qu’on peut le constater :

c’est le mouvement Ecoglasnost, né en 1987 dans l’ex-URSS et en Bulgarie, qui a ébranlé le système soviétique, débouchant sur la chute du Mur en 1989 ;
sur un autre continent, l’Amérique du Sud, les guerres de l’eau menées en Bolivie contre les multinationales américaines et françaises (Bechtel et Suez), ont conduit à l’élection d’Evo Morales, le premier chef d’Etat indigène de l’histoire ;
au Brésil, le mouvement des Sans-Terres n’a pas été pour rien dans l’accession à la présidence de Lula et du Parti des travailleurs ;
plus près de nous, en Allemagne, le Bürgenitiative, mouvement de citoyens né dans les années 80, a été à l’origine des Grünen tandis que, trente ans plus tard, la résistance contre l’aéroport de Stuttgart permettait à un Vert de devenir le premier président d’un Länder.
On pourrait ainsi multiplier les exemples. Sans oublier l’importance du mouvement antinucléaire : au Japon, après Fukushima, on voit se développer les premières manifestations de masse de la société civile depuis les années post 68. En France, on connaît l’importance de Plogoff et du Larzac dans la montée de la gauche au pouvoir en 1981.

Aujourd’hui, Notre-Dame-des-Landes est l’épicentre d’une résistance qui gagne toute la France, contre les grands projets inutiles, à la manière du mouvement « No Tav », en Italie du Nord. En Chine, ce sont 40 000 émeutes par an contre les accaparements de terres et les désastres liés à la pollution industrielle qui mettent en cause le pouvoir corrompu et despotique de Pékin.

De gentils défenseurs d’animaux ?

Les écologistes ne sont donc plus une gentille troupe de défenseurs des animaux et des plantes, mais des acteurs majeurs du changement social. Ce phénomène s’est déroulé dans un laps de temps très court à l’échelle de l’histoire.

Il exprime aussi bien l’inquiétude des populations face à la destruction de l’environnement comme bien commun de l’humanité, que la volonté de protester contre les formes autoritaires qu’a pris le capitalisme à l’heure de la mondialisation. Un phénomène qui « bunkerise » les Etats un peu partout dans le monde, de plus en plus technocratique et oligarchique.

Plus l’Etat est faible et à la merci des multinationales, plus il est dur envers les catégories de la population qui n’acceptent pas de se laisser imposer un mode de développement injuste et insoutenable. Ce nouveau type de conflit est interclassiste.

Si les classes moyennes y jouent un rôle décisif, particulièrement la jeunesse scolarisée, l’engagement des classes populaires, notamment dans les pays émergents, commence à se vérifier. Pour le mouvement écologiste, dont les « lanceurs d’alerte » sont le fer de lance d’une nouvelle citoyenneté, cela a une signification particulière : l’écologie et la démocratie sont intrinsèquement liées.

La qualité de l’eau et de la démocratie

Ainsi, quand l’écologie politique est atteinte du syndrome de la technocratie verte, de l’arrivisme en politique, des miasmes de la politique politicienne, la roche tarpéienne de l’échec est proche.

Une enquête récente du Cevipof le démontre : les militants et les sympathisants écologistes sont peut-être en train de décrocher, de quitter le navire sans boussole de la majorité présidentielle, qui les a laissés sur le bord du chemin. Quand, au contraire, l’écologie puise aux meilleurs sources des combats citoyens, elle se renouvelle et reprend force et vigueur.

Ce qui se passe en Turquie le manifeste avec éclat. Le fait que le Premier ministre recule sur la question de l’aménagement du parc n’est pas une fleur qu’il offre aux manifestants, mais une défaite en rase campagne, symbole d’une conception surannée et autoritaire de la démocratie.

Ce qui est en gestation, de Taksim à Notre-Dame-des-Landes, c’est la naissance d’une démocratie écologiste, d’une république des citoyens majeurs et responsables, pour la défense de leurs acquis, certes, mais d’abord pour toutes les victimes d’un système finissant : les générations futures, la nature et, en général, tous les êtres vivants.

Il a fallu 150 ans aux femmes pour accéder à la citoyenneté, mais combien de temps faudra-t-il pour que soit reconnu le droit des non-humains, de la nature et de nos enfants ?

L’enjeu pour les manifestants de Taksim est le monde qui vient, la qualité de son eau, de sa terre, de son air… et de sa démocratie. En exigeant une autre ville, libérée de l’emprise des marchands du temple, ils rêvent d’une nouvelle démocratie.
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Messagede Nico37 » 30 Juin 2013, 01:53

Notre-Dame-des-Landes: et s’il fallait tout recommencer ? 27/06 JADE LINDGAARD

Chargé de l’évaluation environnementale du site menacé par le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, le bureau d’études Biotope est soupçonné de détournement d’emplois jeunes. Le rapport initial sur les oiseaux et les reptiles, qui fait tant débat aujourd’hui, a été réalisé par un jeune sous-traitant employé par une agence de voyage de façade. Ces révélations mettent en doute la rigueur des études préalables au projet.

Mardi 18 juin, la société a été entendue par le tribunal des prud’hommes de Nantes, à la demande d’un ancien collaborateur, Bertrand Delprat, qui réclame la requalification de son licenciement et la reconnaissance du lien de travail entre lui et le bureau d’études pour la période de 2000 à 2007. Le jugement est attendu le 10 septembre.

Derrière ce conflit du travail, se cache une histoire peu banale. Pendant sept années, le jeune ornithologue affirme avoir travaillé pour l’agence Loire-Bretagne de Biotope, à Bouguenais, près de Nantes, où il disposait d’un bureau et d’un numéro de téléphone, ainsi que d'une adresse email professionnelle, tout en étant salarié de l’association Voyage inter associations (VIAS). Grâce à ce statut d’employé associatif, il bénéficiait d’un emploi jeune, pris en charge par l’État à hauteur de 80 % du Smic. Soit, concernant Bertrand Delprat, sur un peu plus de sept années, une aide totale d’environ 91 000 euros. Or il était strictement interdit aux entreprises de recourir à des emplois jeunes.

Si ce litige sort aujourd’hui de l’anonymat, c’est parce que Biotope est l’un des principaux bureaux d’études impliqués dans le développement du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Depuis 2003, ses collaborateurs ont rédigé une grande partie des évaluations environnementales du site menacé par le projet. En ce début d’été 2013, il vient de proposer à AGO, la filiale du groupe Vinci concessionnaire de l’aérogare, une nouvelle façon de compenser les dommages environnementaux du chantier à venir – la précédente méthodologie a été invalidée par les experts scientifiques sollicités par l’État, (voir nos articles ici et là à ce sujet).

Or c’est Bertrand Delprat qui était responsable pour Biotope du rapport sur l’état initial du site, en 2006, pour sa partie consacrée aux oiseaux et aux reptiles. Son nom figure dans la liste des spécialistes qui signent le rapport commandé par la direction départementale de l’équipement (DDE) de Loire Atlantique, en vue de la déclaration d’utilité publique du projet. Loin d’être une simple petite main sur le terrain, Bertrand Delprat est désigné comme « expert faune » habilité à encadrer les personnes établissant l’inventaire de la faune et de la flore, dans une lettre de mission de la DDE du 6 juin 2005. Il effectue alors deux semaines de prospection sur le terrain et réalise près de 80 heures d’écoutes d’oiseaux.

« Vous imaginez dire à l'acheteur public… »

Ce document est très important car il sert de base au dossier de dérogation sur les espèces protégées, aujourd’hui au cœur du conflit entre la préfecture de Loire-Atlantique et les opposants à l’aéroport. L’état initial permet en effet de définir l’impact d’un projet sur les animaux et la végétation, et quelle protection leur apporter. « Cette étude a pour vocation la constitution de l’expertise de référence, dans le domaine du patrimoine naturel (faune, flore et milieux naturels) pour le projet d’aéroport du grand ouest Notre-Dame-des-Landes, écrivent alors les services de l’État. Son importance est toute particulière dans le cadre du présent projet, compte tenu des caractéristiques de ce dernier et de son ampleur dans l’espace et dans le temps. »

Pour Bertrand Delprat, qui est aujourd’hui à la tête d’un bureau d’études : « On a confié un dossier aussi complexe et aussi sensible à un emploi jeune dans une agence de voyages ! » Ses bulletins de paie de l’époque attestent de son rattachement à la convention collective des agences de voyage. L’objet officiel de l’association VIAS était en effet l’organisation de voyages d’études de la nature et la réalisation d’études. Sa présidente, Anne-Lise Ughetto, est par ailleurs directrice adjointe de la société Biotope et l’épouse du directeur général du bureau d’études, Frédéric Melki. Le siège des deux structures se trouvait dans le même bâtiment (mais avec deux adresses différentes), à Mèze dans l’Hérault.

Dans son rapport d’avril dernier sur l’incidence du projet d’aéroport sur la zone humide (voir ici), le collège d’experts scientifiques mandatés par l’État pointe l’insuffisance du rapport de 2006 sur l’état initial et sa « caractérisation initiale insuffisante de la biodiversité ». En particulier, il regrette que l’importance des oiseaux, des chauve-souris et des reptiles présents sur la zone ait été sous estimée.
Cette analyse est partagée par le conseil national de la protection de la nature (CNPN) qui s’inquiète du sort du pluvier doré, un oiseau migrateur, et demande de nouveaux inventaires (voir ici). La préfecture doit publier des arrêtés de dérogation à la protection d’espèces protégées pour que puissent démarrer les travaux de l’aérogare et de sa desserte routière.

Pour Bertrand Delprat, le montage des emplois jeunes « ne signifie pas que le travail a été mal fait, mais crée une suspicion certaine sur la rigueur et l’honnêteté du travail mené dans le cadre de la réalisation des dossiers réglementaires liés au projet d’aéroport ». Pour autant, il ne pense pas avoir bâclé sa tâche, ne se souvient pas avoir manqué de temps. Pour l’état initial, quatre autres personnes de Biotope ont collaboré au rapport sur d’autres sujets (habitat, flore, amphibiens…).

L’association VIAS a été dissoute fin 2007, après le licenciement de Bertrand Delprat, et alors que s’éteignait le dispositif des emplois jeunes. Son ancienne présidente, Anne-Lise Ughetto, répond par écrit : « aucun des éléments produits par Delprat ne vient apporter la preuve irréfutable de la véracité de ses affirmations » et que « le litige pendant devant le conseil des prud’hommes de Nantes ressort comme un moyen de justifier un comportement déloyal en matière de concurrence » entre leurs deux entreprises.

Son époux, dirigeant de Biotope, Frédéric Melki, ajoute : « Biotope a fait appel occasionnellement à VIAS comme sous-traitant et Bertrand a peut-être réalisé une petite mission ornithologique pour Notre-Dame-des-Landes dans le cadre d’une sous-traitance (quelques journées de sous-traitance en 7 ans !). »

Sauf que le recours à la sous-traitance est très encadré dans le cadre de contrats publics. Il doit être déclaré et accepté par l’organisme public à l’origine de l’offre, en l’occurrence la DDE. Or selon les documents présentés par la défense de Bertrand Delprat devant les prud’hommes, Biotope n’a jamais sollicité l’accord de l’État à ce sujet. « Mais c’est logique, l’objet de VIAS est de faire des voyages : vous imaginez dire à l’acheteur public que tout ce qui été fait dans le cadre de ce marché public l’est par une association qui fait des voyages ? » a affirmé Franck-Olivier Ardouin, l’avocat de Bertrand Delprat devant les juges. Pour lui : « Notre-Dame-des-Landes a été étudié avec un sous-traitant non homologué par la commande publique. » De son côté, Frédéric Melki assure que « tout est extrêmement carré du point de vue contractuel sur ces sujets », et que cette affaire est « très simple juridiquement mais très chargée d’affect ».

« Un peu sur la brèche »

VIAS n’est pas la seule association liée à Biotope à être intervenue sur le dossier de Notre-Dame-des-Landes. Il y avait aussi l’Association pour la connaissance et l’étude du monde animal et végétal (Acemav). En 2002, elle a réalisé une mission d’expertise écologique sur le site du projet d’aéroport (à lire ici).

Cette association, dissoute aujourd’hui, employait elle aussi des emplois jeunes. L’un d’entre eux, qui a également planché sur la zone du projet d’aéroport, joint par Mediapart, raconte qu’il apparaissait « comme Biotope dans les rapports », et que pour justifier ce montage, la direction expliquait « qu’on était en concurrence avec des organismes non assujettis à la TVA, comme les associations, et que c’était une forme de rééquilibrage ». Il se souvient d’une société « un peu sur la brèche pour la trésorerie ».

Sollicité par Mediapart, Thomas Menut, ancien dirigeant de l’Acemav, également fondateur et associé de Biotope s’emporte au téléphone : « Si vous croyez que je vais tout étaler et tout vider mon sac… Je n’ai pas d’explications à vous donner et je ne suis pas certain que ce soit votre rôle d’étaler tout ça. Si vous voulez jouer les détectives, j’ai le droit ne pas vous répondre. »

Selon l’avocat de Bertrand Delprat, une dizaine de personnes ont « travaillé ouvertement comme Biotope pour Biotope » tout en étant officiellement employées par l'une ou l’autre de ces associations.

Ces révélations mettent en doute la rigueur des études préalables au transfert de l’aéroport. L’état initial du site a-t-il été réalisé en infraction avec la loi ? Si oui, peut-il encore être considéré comme valide, et comment vont réagir les pouvoirs publics ? La question est de nature juridique mais pas seulement : c’est aussi un enjeu de confiance entre les parties dans un dossier aussi conflictuel et aussi contesté. Difficile d’accepter qu’un contrat de concession d’environ 500 millions d’euros, signé pour 55 ans, se fonde sur une expertise élaborée dans des conditions douteuses.

Malgré la volonté des autorités locales de faire avancer le projet, et alors que le préfet de Loire-Atlantique souhaite débuter les travaux cet automne (voir ci-dessus son interview à Presse Océan), le dossier technique de Notre-Dame-des-Landes se fragilise depuis 18 mois : refus de la méthode de compensation environnementale par les experts, erreur de calcul dans la déclaration d’utilité publique découverte par le cabinet CE Delft (voir ici), surestimation des créations d’emplois attendues (voir ici), et mise en cause aujourd’hui de la validité de l’état initial du site.

Les petits arrangements de Biotope avec les emplois jeunes sont d’autant plus piquants que son patron, Frédéric Melki, a participé l'automne dernier au mouvement des « pigeons », ces chefs d’entreprises ulcérés par le projet de taxer plus les plus-values de cession. « Je n’ai pas participé aux pigeons, je suis totalement indépendant, je ne participe à aucun mouvement », affirme-t-il aujourd’hui, reconnaissant tout de même « j’ai pensé qu’ils avaient raison. »

Il l’a pensé si fort qu’il s’est retrouvé interviewé par le 20 heures de France 2 le 4 octobre, dans un reportage consacré à « ces créateurs d’entreprises qui ont réussi à se faire entendre », comme les présente David Pujadas. « Des patrons en colère qui se sentent mal traités, mal aimés aujourd’hui en France, c’est le cas de Frédéric Melki », explique le reporter de France Télévision. On découvre alors à l’image le directeur général de Biotope, debout à côté d’une plante verte.

Dans le magazine Challenge, quelques mois plus tard, il récidive pour dénoncer les pesanteurs administratives sur les entreprises. Un ancien dirigeant de la société se souvient que l’expression maison pour parler de gestion du personnel était « GML », pour « grand méchant loup ». Et qu’un leitmotiv récurrent de fin de réunions était « TBE », pour « ton blé enculé ! ».

C’est à partir de la fin des années 1980 que les premiers bureaux d’études en évaluation environnementale se sont créés en France -Biotope apparaît en 1993. La filière de l’expertise écologique est encore relativement jeune, peu régulée et pas contrôlée. Au-delà du cas de ce bureau d’études, l’un des acteurs importants avec près de 250 salariés, c’est tout un secteur qui évolue aujourd’hui dans une zone d’ombre. Car comme pour l’audit des comptes des entreprises, les bureaux d’études environnementaux sont payés par les sociétés ou les collectivités publiques dont elles évaluent les projets. Personne ne peut exclure qu’éclate un jour un scandale Enron de l’environnement.

Les personnes citées dans cet article ont été interrogées par téléphone, par email ou lors de rencontres entre le 28 mai et le 21 juin. J'ai respecté l'anonymat des témoins qui l'ont demandé.
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Re: Lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (44)

Messagede Nico37 » 30 Juin 2013, 20:33

Notre-Dame-des-Landes passera au test du révélateur européen à la rentrée 26/06

L'Europe continue d'éplucher le dossier de Notre-Dame-des-Landes. Le dossier fait l'objet de navettes entre Paris et Bruxelles dans le cadre d'échanges d'informations. Sur le terrain, les opposants redoutent un forcing des porteurs du projet aéroportuaire.
La commission des pétitions du Parlement européen qui s’est réunie le 19 juin 2013, a reporté son examen à mi-septembre pour attendre les conclusions de la Commission européenne : dans le cadre d’une procédure précontentieuse accélérée dite EU Pilot, celle-ci exige en effet un complément d’information de la part de l’Etat français après ses réponses envoyées en avril et jugées partielles. Leur contenu ignore par exemple les rapports établis au printemps par les trois commissions créées fin 2012 par le gouvernement. Ce dernier doit transmettre d’ici à début juillet les éléments réclamés.

De son côté, la direction générale de la concurrence de la Commission européenne s’est également saisie de la question : elle s’intéresse en particulier à la question du montage financier de l’aéroport et veut s’assurer de l’absence d’utilisation de fonds communautaires. Le principe d’une mission d’enquête parlementaire sur le terrain en octobre 2013 est suspendu à l’avis de la Commission européenne. Si elle se concrétise, l’association Acipa et le collectif Cédpa qui réunit plusieurs centaines d’élus opposés au projet, l’invitera à se rendre aussi à l’aéroport de Nantes Atlantique pour constater de visu, disent-ils, les aménagements qui y seraient possibles.

Méthodologie opaque

Reste à savoir comment se passera l’été alors que les relations entre les différentes parties se tendent à nouveau sur le terrain après l’apaisement du printemps. Le Cédpa a décidé de suspendre sa participation aux groupes de travail placés sous l’égide du préfet et chargés de mener les études complémentaires préconisées par les rapports. Dans une lettre ouverte également adressée au président de la République et au ministre des transports, le collectif reproche au représentant de l’Etat une méthodologie opaque et son annonce, dans un quotidien nantais, d’un éventuel démarrage des travaux dès l’automne 2013 alors que le Conseil national de la protection de la nature évoque lui la nécessité de nouvelles analyses « sur une période d’au moins deux années ».
L’une des porte-parole du Cédpa, Françoise Verchère, dénonce une volonté de mettre sous le boisseau les recommandations des experts de la commission scientifique qui ont « force de loi » puisque découlant des enquêtes publiques conduites en 2012 au titre de la loi sur l’eau. Et le dépôt par le concessionnaire Vinci d’une demande de permis de construire pour l’aérogare lui fait redouter un saucissonnage des procédures et des évaluations.

Démarches au niveau européen pas suspensives

Pour sa part, Jacques Auxiette, président du conseil régional des Pays de la Loire et du syndicat mixte aéroportuaire du grand Ouest, indique s’étonner « de l’attitude des opposants politiques au projet qui d’un côté exigent un maximum de compensations environnementales, et de l’autre s’opposent à ce que l’Etat ou les collectivités mettent justement en œuvre les améliorations du projet préconisées par la commission du dialogue ». Et de rappeler au passage que les démarches au niveau européen « ne sont pas suspensives et n’empêchent donc pas d’avancer dans la conduite du projet ». Cette « stratégie de passage en force » est justement redoutée par l’Acipa et le Cédpa, citant à l’appui de leurs propos les énièmes rappels à l’ordre de Bruxelles quant au non respect par l’Hexagone de la directive nitrates qui date de…1991. Et d’ajouter : « En tout état de cause, l’analyse du droit français applicable montre que la création d’irréversibilités est tout à fait possible ce qui rendrait inefficace l’envoi trop tardif d’une délégation. »
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Messagede Nico37 » 01 Juil 2013, 22:04

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Messagede Nico37 » 02 Juil 2013, 20:57

L'association des pro-aéroport change de nom 27/06

A l’occasion de son assemblée générale qui s’est tenue mercredi à Nantes, l’ACRIPAN (Association Citoyenne Pour la Réalisation d’un Aéroport international sur le site de Notre-Dame-des-Landes) a changé de nom.

Communiqué de presse

"Baptisée désormais « Des ailes pour l’Ouest », l’association qui regroupe plus de 2 000 adhérents et 4 000 sympathisants va distribuer 40 000 tracts, 40 000 autocollants sur la nécessité du projet et mettra en place des actions terrain. Alors que l’Etat rendra sa décision d’ici mi-juillet sur la mise en place des préconisations proposées par les 3 commissions mises en place par le Gouvernement, les pro-aéroport se remobilisent. « Nos adhérents souhaitaient se démarquer davantage du nom des opposants et s’impliquer dans la promotion de ce transfert par la distribution de tracts, d’autocollants… Notre rôle est de leur donner ces outils », souligne Alain Mustière, président de l’association !
Autre fait nouveau, l’association qui s’était refusée jusqu’à présent à toute opération terrain va désormais organiser régulièrement des actions. « Nous ne laisserons plus le terrain médiatique aux opposants qui s’opposent à tout. La majorité silencieuse est largement favorable à ce transfert et il est temps de le réaliser », précise Alain Mustière. Première action hier soir : l’installation de panneaux de signalisation "OUI à l’aéroport" sur les ponts et les échangeurs du périphérique nantais. « Ce n’est que le début d’une mobilisation tous azimuts des habitants qui s’affirmera encore davantage si l’on sent que le projet prend du retard », conclut Alain Mustière."
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Messagede Nico37 » 03 Juil 2013, 20:46

Bretagne Grande Vitesse, Notre Dame des Landes : il est temps de concentrer les financements vers l’Ouest breton Gaëlle Rougier, conseillère régionale EELV Bretagne, membre du Syndicat Mixte « Aéroport du Grand Ouest » 24/06

Plutôt qu’un aéroport et une LGV Rennes-Nantes inutiles, il est temps de concentrer les financements publics sur les liaisons Rennes-Brest, Rennes-Quimper et St-Brieuc-Auray, puisqu’elles sont les plus utiles aux bretons.

Les premières conclusions du rapport Duron, Président de la commission Mobilité 21, chargée de hiérarchiser 80 grands projets d’infrastructures en France confirme l’abandon de bon nombre de lignes à grandes vitesse en France, jugées trop couteuses.

Nous nous félicitons de ces annonces qui confirment ce que nous disions depuis longtemps : le modèle du tout TGV n’est pas viable économiquement. Les financements doivent aller à la réhabilitation des voies ferrées existantes et aux déplacements du quotidien.

Si un certain nombre de Lignes à Grande Vitesse apparaît trop coûteuses, le projet de nouvelle ligne entre Rennes et Nantes via Notre Dame des Landes semble lui aussi abandonné. L’aéroport de Notre Dame des Landes apparaît encore moins justifié. Nous réaffirmons notre volonté de voir l’actuel aéroport de Nantes optimisé, tout comme la liaison entre Rennes et Nantes via Redon ou Châteaubriant à partir des voies existantes.

Le syndicat mixte aéroportuaire réuni ce matin ne semble pas avoir pris la mesure des premières annonces de la commission Duron et s’entête dans l’illusion, prévoyant même « une gare ferroviaire à Notre Dame des Landes offrant quatre voies à quais, capable d’accueillir des doubles rames de TGV ».

L’aéroport de Notre Dame des Landes ne décollera pas. Il est temps que les efforts financiers se concentrent désormais sur les lignes ferroviaires Rennes-Brest et Rennes-Quimper, que l’Etat semble vouloir délaisser, ainsi que la liaison St-Brieuc-Auray pour un aménagement équilibré de la Bretagne.
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Re: Lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (44)

Messagede Nico37 » 04 Juil 2013, 23:51

Des enquêtes menées par des ONG russes et européennes conduisent au dépôt d’une plainte contre Vinci Concessions Russie SA et contre X devant le parquet de Nanterre le 24 juin 2013

Paris, le 24 juin 2013 – Sherpa, Russie-Libertés, CEE Bankwatch Network et MOBO Princip ainsi que des membres de la société civile russe, dont Evgenia TCHIRIKOVA, militante écologiste russe, informent que, ce jour, a été déposée entre les mains du Parquet de Nanterre (France), une plainte simple relative aux conditions dans lesquelles a été attribué, en 2009, à la société NORTH WEST CONCESSION COMPANY (NWCC), détenue à 100% par la société française VINCI CONCESSIONS RUSSIE, un marché public relatif à la construction de l’autoroute entre Moscou et Saint-Pétersbourg.

De nombreuses enquêtes ont été effectuées ces dernières années par un certain nombre d’ONG européennes et internationales.

Ce travail d’investigation nous a convaincu de l’existence de présomptions sérieuses de la commission par la société VINCI CONCESSIONS RUSSIE, et de personnes morales et physiques restant à identifier, d’infractions pénales financières incluant notamment des faits de corruption d’agents publics étrangers ainsi que du recel de trafic d’influence.

Outre le climat corruptif qui a semblé caractériser dès le début l’attribution de ce marché, ont été dénoncées de graves atteintes à l’environnement, particulièrement à la forêt de Khimki, proche de Moscou.

Les ONG soussignées attendent du Parquet de Nanterre, une réponse judiciaire rapide en adéquation avec la gravité et l’importance des faits dénoncés mais également avec les engagements pris par la France en matière de la lutte contre la corruption.

Elles rappellent sur ce point les recommandations faites à la France en 2012 par le groupe de travail de l’OCDE.

Les ONG soussignées considèrent que la nature des faits, leur caractère international voire leur complexité, justifieraient l’ouverture d’une information judiciaire immédiatement de sorte qu’un ou plusieurs juges d’instruction puissent amorcer sans délai les investigations qui s’imposent
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Re: Lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (44)

Messagede Nico37 » 05 Juil 2013, 20:59

Des discours et des actes Bertrand Vrain élu municipal Nantes

Au moment même où se déroule à Nantes un colloque sur la biodiversité, le Préfet et les « grands élus », qui ont ouvert ce colloque, rajoutent déclarations sur déclarations pour imposer le projet de Notre Dame des Landes, pourtant destructeur du bocage et de la biodiversité au Nord de Nantes.

Apparemment, rien n’y fait : le rapport DURON renvoie aux calendes grecques nombre de projets d’infrastructures, LGV ou autoroutes. La liaison LGV Nantes-Rennes passant par Notre Dame des Landes, jugée importante par les promoteurs du projet, a disparu des écrans radars ; elle n’est même pas inscrite au Schéma National des Infrastructures des Transports.

Les publicités « pleine page » des bétonneurs, les omissions et les communications mensongères des « grands élus », de Nantes Métropole, du Conseil Général et de la Région des Pays de la Loire à coup de millions d’Euros ne changent pas la réalité des verdicts : le rapport du collège d’experts scientifiques suite à l’enquête « loi sur l’eau » condamne de fait le projet, avec ses douze remarques, toutes négatives, et ses conclusions (pages 55 et 56) : « Le complexe des zones humides de Note Dame des Landes est-il compensable dans l’absolu ? … la tâche est probablement irréalisable » … « Néanmoins, si l’intérêt général majeur … imposait l’utilisation de ce site pour y construire un aéroport, … il faudrait alors compenser au mieux les impacts sur les zones humides. Toutefois, le collège ne peut pas valider telle quelle la méthode de compensation proposée, …, pas plus que son application sur le site ».

Bien sûr, ces conclusions n’ont pas eu les honneurs des journaux institutionnels de Nantes ou Nantes Métropole, du Conseil Général ou de la Région, pas plus que les quelques recommandations de la Commission du Dialogue comme l’évaluation du réaménagement de Nantes-Atlantique ou l’actualisation du Plan d’Exposition au Bruit.

Avec les dernières manœuvres des promoteurs de Notre Dame des Landes, qui parlent de « quelques améliorations du projet », les services de l’Etat entendent persévérer dans le passage en force qui caractérise le déroulement de ce projet, réactivé depuis plus de 10 ans.

Pourtant, les dernières déclarations du ministre des transports laissent entendre que les recommandations des commissions pourraient être respectées, mais avec quelle instance, et surtout avec quelle indépendance : les commissions « aux ordres » sont monnaie courante et la vigilance reste de mise.

Pour les Alternatifs 44, ce projet doit être arrêté, à l’image des nombreux autres stoppés en rase campagne comme l’extension du port de Donge-Est, les centrales de Pellerin et du Carnet, tous projets jugés pourtant « absolument indispensables » par les « grands responsables politiques ». Les 3 et 4 Août sur le site de Notre Dame des Landes nous affirmerons les actes doivent correspondre aux beaux discours sur l’environnement.

Le coup de semonce des réductions drastiques pour le Ministère de l’Environnement en 2014, moins 7 % en dotations budgétaires et moins 1 100 emplois, puis le limogeage de la ministre montre la duplicité de ces discours, ici sur la préservation de la biodiversité, là sur l’excellence environnementale proclamée par François Hollande.

Plus que jamais, Notre Dame des Landes, culture de résistance.
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Re: Lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (44)

Messagede Nico37 » 06 Juil 2013, 12:18

" Notre-Dame-des-Landes, comme le Larzac hier, est le totem de nos inquiétudes " Propos recueillis par Rémi Barroux 01.07

Les grands projets d'infrastructure n'ont pas toujours déclenché de contestations locales. Sociologue, directeur de recherche au CNRS, Jean Viard est spécialiste des politiques d'aménagement du territoire et des rapports entre la ville et la campagne. Il voit dans le mouvement actuel l'aspiration d'une frange de la population à tourner la page d'"une économie fossile" et à vivre autrement.

La résistance contre la construction de nouvelles infrastructures a-t-elle toujours existé en France ?

Tant que l'Etat a été perçu comme porteur de grands projets motivés par l'intérêt collectif, l'aménagement du territoire a peu souffert de contestation. A la fin des années 1960, lorsqu'il s'agit de créer le complexe portuaire de Fos-sur-Mer, l'Etat est puissant et le gaullisme au pouvoir tient un vrai discours de projet. C'est l'époque du Concorde et du paquebot France. De l'autre côté, le Parti communiste et la CGT tiennent un discours fort sur l'emploi. Les grands projets incarnent cette complémentarité. Dans le Languedoc, on a pu en silence supprimer deux millions de fermes, aménager les côtes et créer des villes nouvelles...

Pourtant, avec Mai 68, l'esprit de contestation a ébranlé le pouvoir gaulliste. Des revendications écologiques, sur le mode de vie, sont apparues. La lutte du Larzac prend forme en 1973... Oui, mais le rapport de force reste encore largement en faveur de l'Etat. En 1973, EDF peut construire le barrage de Sainte-Croix sur le Verdon en inondant une vallée agricole et un village. La protestation existe mais le gouvernement parvient à la gérer. Autre exemple, quand on fait Sénart, en Seine-et-Marne, dans la vague de la création des villes nouvelles au début des années 1970, l'Etat bouscule sur 13 communes des dizaines de milliers de personnes en consommant énormément de terres agricoles. Pourtant, il n'y a pas eu beaucoup de protestations. Cela serait difficile aujourd'hui. La société n'est plus portée par de grands projets collectifs ni par une vision claire du bien public.

Les partis politiques ont-ils pris la mesure des résistances locales ?

La classe politique reste très conservatrice. Elle est orientée vers l'économie financière et industrielle, et ne s'interroge pas sur l'évolution des rapports avec la nature portée par ces mouvements. Dans les années 1970-1980, dans le sillage de Mai 68 et du Larzac, un horizon existait pour "changer la vie". Cette échappée politique n'existe plus. Le Parti socialiste est en réalité passé largement à côté de 1968, il a peu intégré la culture du débat et la question environnementale. Cela explique en partie la façon dont le gouvernement réagit aujourd'hui, en dépit des inquiétudes légitimes qu'expriment certaines contestations, comme par exemple sur Notre-Dame-des-Landes.

Vous dites qu'il n'y a plus d'horizon politique, cela signifie-t-il que ces mouvements de lutte contre les projets ne sont pas politisés ?

Non, mais il n'y a plus de pensée collective, il existe des luttes partagées, des moments aléatoires de rencontre. De petites tribus. Les classes sociales se sont défaites et la tribu/famille joue un nouveau rôle important. C'est une société du bonheur privé et du malheur public. Les jeunes qui occupent les terrains n'ont pas nécessairement d'horizon politique général. Pour eux, l'idéologie de l'économie fossile "solution à tout" doit être remplacée par une économie circulaire structurée autour du local et des circuits courts.

Comme le Larzac, le mouvement contre le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes dépasse le strict enjeu local...

La lutte n'est pas à la même échelle mais Notre-Dame-des-Landes, comme le Larzac hier, est le totem de notre époque et de nos inquiétudes. Ces militants portent la question de l'empreinte écologique, de la consommation des terres agricoles et des liens de proximité. Alors que les responsables politiques restent axés sur la production industrielle, et ont du mal à penser que c'est là où on vit bien que les entreprises se développent. Le nouveau musée de Lens va attirer plus d'entreprises que les discours du ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg. Le local fait sens dans l'imaginaire collectif, et c'est aux politiques de lier ces attentes à des enjeux européens et globaux.

Ces mouvements ont progressé en capacité d'expertise, en quoi cela change-t-il le dialogue avec les pouvoirs publics ?

L'accès à l'information grâce à la révolution numérique et à l'élévation du niveau de formation modifie le débat démocratique. Le savoir n'est plus obligatoirement du côté du pouvoir. Toutes les thèses scientifiques, et même les plus erronées, sont accessibles. L'idée qu'il existe une vérité s'est affaiblie. Avant, il y avait le primat de l'ingénieur. Les polytechniciens avaient le pouvoir. Aujourd'hui, il y a un net recul de l'autorité et de la chose jugée, un rejet des grands corps, des hiérarchies. La société est beaucoup plus horizontale. Le vertical, c'était le pouvoir du patron, du prêtre, du père... du président et aussi des énarques qui encombrent les cabinets ministériels ! Nous vivons dans une société de liberté, de réseaux, et le monde politique – en particulier le PS et l'UMP, deux partis très verticaux – s'est très mal adapté à cette nouvelle réalité.
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Re: Lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (44)

Messagede Nico37 » 07 Juil 2013, 11:18

"Parler de démarrage des travaux en 2013 nous paraît donc relever de la provocation ou de l’inconscience" - Notre Dame des Landes : les élues du CéDpa suspendent leur participation aux concertations mises en place par la Préfecture - Lettres ouvertes au Président de la République et au Préfet de Région


Monsieur le Préfet,

Nous avons le regret de vous informer que le C.A du CéDpa s’est réuni cette semaine et a décidé de suspendre sa participation au travail auquel vous nous aviez conviés à la suite du rendu des rapports des trois commissions sur le projet d’aéroport à Notre Dame des Landes.

Nous étions déjà assez inquiets après nos premières réunions car nous avions senti que nous n’avions pas la même lecture des rapports et notamment du rapport scientifique, mais nous étions encore prêts à « jouer le jeu ».

Cependant, depuis, plusieurs faits ont malheureusement renforcé notre méfiance :

1) La commission du dialogue n’a visiblement pas l’intention de répondre au courrier que nous lui avons envoyé le 1er mai dernier. Or, n’ayant pas été invités lorsque vous avez présenté ce rapport en présence de Monsieur Chéreau, nous n’avons pas pu lui poser nos dernières questions. Ce silence est assez désagréable alors que nous avons répondu de notre côté à toutes les sollicitations qui nous ont été faites. Une première erreur du rapport (sur la création d’emplois) vient d’être pointée publiquement par une journaliste ( cf article de Rue 89) ; sans réponse à nos questions, nous allons donc soulever les autres.


2) La réunion technique du 4 juin avec la DGAC et la DDTM, sous la direction de Monsieur Doré, nous a montré que les services de l’État avaient l’intention d’aller vite ; le mois de septembre a été cité à plusieurs reprises comme terme des études, ce qui ne nous laisse pas espérer un vrai travail contradictoire et transparent. Lorsque nous avons demandé que le PEB prévoie trois horizons de temps, comme cela se fait habituellement, nous avons senti l’embarras (« prendre plus de temps », « coûter plus cher », « pas le feu vert pour cela »…). Lorsque nous avons redemandé un véritable travail avec la DGAC sur les questions restées pendantes de l’étude coût/bénéfices de la DUP, M. Doré a commencé par affirmer qu’il ne pouvait y avoir discussion puisque nous étions en contentieux sur le sujet. J’ai alors rappelé que vous-même aviez trouvé normal d’éclaircir ce point. La réunion s’est achevée sans engagement clair sur le sujet.

3) AGO vient de déposer une demande de permis de construire pour l’aérogare, qui est donc en cours d’instruction, selon la technique bien française du « saucissonnage » des dossiers.

4) Enfin, l’interview que vous avez accordée à Presse-Océan a conforté notre sentiment. Vous évoquez à nouveau la rentrée de septembre, parlez des arrêtés loi sur l’eau et du possible démarrage des travaux à la suite. Même si M. Lapouze a ensuite téléphoné à l’une de nous pour dire que vos propos n’avaient pas été retranscrits fidèlement par le journaliste, vous ne les avez pas démentis depuis et le journaliste les confirme. Or l’émoi qui a suivi la parution de ce papier samedi est grand, et nous élus du CéDpa ne voulons pas être caution d’études complémentaires dont nous avons le sentiment qu’elles sont destinées à nous faire admettre une conclusion déjà faite. Et que nous pourrions déjà écrire !

C’est pourquoi, à ce jour nous préférons nous retirer d’un cadre visiblement biaisé. Pour votre complète information, sachez que nous écrivons à Monsieur le Président de la République pour lui expliquer les raisons de ce choix et en appeler à son arbitrage clair.

La commission scientifique a parlé de la nécessité d’un délai d’un an voire plus pour avoir une analyse correcte de l’état initial ; la Commission européenne qui a engagé une procédure « EU-pilot », a trouvé les réponses de l’État français si insuffisantes qu’elle lui a renvoyé de nouvelles demandes ; la commission des pétitions a clairement affirmé qu’elle ne voulait pas « arriver trop tard » dans ce dossier.

La rapidité affichée par les porteurs politiques du projet, rapidité que vos propos valident, n’est absolument pas compatible avec tous ces éléments importants. Vous nous aviez dit que vous donneriez un nouveau calendrier fin juin, nous l’attendons donc pour infirmer ou confirmer nos craintes présentes et voir la suite à donner.

Une reprise de notre participation aux travaux d’études ne pourrait se faire qu’à la condition d’établir un vrai climat de transparence et de prendre les moyens d’une réelle démarche contradictoire.

Avec nos regrets, nous vous prions de croire, Monsieur le Préfet, à nos salutations les plus distinguées.

Les coprésidents du CéDpa Françoise Verchère – Jean Paul Naud – Isabelle Loirat


Monsieur Le Président de la République

C’est avec beaucoup d’inquiétude et une déception certaine que nous nous adressons à vous, quelques semaines après le rendu des trois rapports concernant le projet de nouvel aéroport à Notre Dame des Landes.

La commission du dialogue a rempli la mission qui lui avait été confiée par le Premier Ministre, entendre les différents avis sans remettre en cause ce projet vieux de cinquante ans ; elle en a réaffirmé la pertinence, cependant, face à la solidité des arguments que les opposants ont développés devant elle, elle a reconnu certaines insuffisances et incohérences du dossier. La mission agricole a, quant à elle, souligné le gaspillage de terres agricoles induit par ce projet et demandé une économie d’hectares impactés.

Enfin, et c’est le plus important, la commission scientifique qui, suite aux réserves de la commission d’enquête publique relative à la loi sur l’Eau, avait à valider la méthode de compensation de la destruction d’un écosystème remarquable (bocage de grande qualité, en tête de deux bassins versants et constitué quasi totalement de zones humides), a purement et simplement invalidé la méthode proposée ainsi que son application au site de Notre Dame des Landes.

Le rapport de la commission scientifique est très clair : la destruction de cette zone est, disent les experts, probablement non-compensable et seul un intérêt général majeur pourrait faire admettre la poursuite du projet (pages 55 et 56 du rapport).

Dans cette hypothèse (loin d’être prouvée aujourd’hui), il faut en tout état de cause reprendre le dossier loi sur l’Eau dans sa quasi-totalité ; les scientifiques pointent en effet l’analyse de l’état initial comme très incomplète et affirment qu’il faudrait une étude d’un à deux ans pour des résultats honnêtes et fiables.

Le Conseil National de Protection de la Nature s’est déclaré en phase avec les conclusions de cette commission et parle d’un délai de deux ans minimum. Même si les collectivités locales qui souhaitent la réalisation de l’aéroport prétendent dans toutes leurs communications que les trois rapports valident purement et simplement le projet, nous étions cependant encore confiants, surtout après avoir lu le courrier que vous avez envoyé au Président du Conseil Général de Loire- Atlantique. Vous y demandiez en effet que toutes les études complémentaires soient menées et que le temps nécessaire soit pris pour cela.

Nous avons répondu favorablement à l’invitation de Monsieur le Préfet de Région concernant ces études. Deux réunions ont eu lieu, la seconde, technique avec la DGAC, sur le Plan d’Exposition au Bruit, les espaces libérés par un éventuel transfert et le coût du réaménagement de l’aéroport actuel. Nous espérions un travail sérieux et transparent sur ces sujets. Or, le discours qui nous est tenu est peu ou prou le suivant : il n’est pas question de rouvrir un débat mais seulement de lever des zones d’ombre restantes, l’État retient dans les différents rapports un certain nombre de points précis mais pas forcément tout (en désaccord avec votre courrier).

Les compléments d’analyse seront faits par les services de l’État : le BRGM pour l’environnement (avec quelle méthodologie et quels objectifs ?), la DGAC et la DDTM pour tout le reste. La commission scientifique ne sera pas à nouveau questionnée…

Nous sommes sortis de la dernière réunion très inquiets, sur la méthode retenue qui ne nous satisfait pas, en termes de transparence et d’objectivité, et surtout sur les délais, l’automne 2013 étant cité à plusieurs reprises comme terme des différentes études.

L’interview donnée par le Préfet de Région à un quotidien local, quelques jours après, a achevé de nous convaincre qu’il n’y aurait en fait que simulacre d’études complémentaires. En effet, Monsieur le Préfet évoque lui aussi la rentrée de septembre et annonce même le démarrage possible des travaux à l’automne, après signature des arrêtés au titre de la loi sur l’Eau !

Quant au concessionnaire, AGO, il vient de déposer sa demande de permis de construire pour l’aérogare… Nous sommes d’autant plus surpris que la Commission européenne a, comme vous le savez vraisemblablement, lancé une procédure précontentieuse « EU Pilot » il y a plusieurs mois.

Aujourd’hui, les réponses de l’État français aux questions posées par la direction de l’environnement et par celle de la concurrence ont été si insuffisantes que de nouvelles demandes lui sont faites. La commission des pétitions du Parlement européen envisage d’ailleurs un déplacement sur site, à la suite de l’audition que nous avons eue en mars dernier.

Parler de démarrage des travaux en 2013 nous paraît donc relever de la provocation ou de l’inconscience, en tout cas d’une stratégie de passage en force totalement contraire à ce que nous avions compris de votre position.

Nous aurions beaucoup à ajouter à ce courrier mais nous préférerions le faire de vive voix. Avec un grand nombre de citoyens, nous vous avons demandé à maintes reprises un rendez-vous, que vous n’avez jusqu’à présent pas accordé, nous renvoyant vers vos ministres qui n’ont jamais donné suite.

Nous réitérons aujourd’hui notre demande et vous informons que nous suspendons notre participation aux réunions organisées par le Préfet sur ces travaux, car nous ne voulons pas être caution de ce que nous voyons se mettre en place.

Nous avons accepté de jouer le jeu de la commission du dialogue et nous sommes partants pour travailler de façon constructive et transparente sur tous les travaux à mener. Mais nous n’acceptons pas que l’État choisisse dans les conclusions des trois commissions ce qui l’arrange pour « verdir » un peu le projet, qu’il nous implique sans nous donner toutes les garanties de transparence et de sincérité dans les études et qu’il soit visiblement prêt à relancer une nouvelle opération César dès l’automne 2013.

Nous informons bien évidemment Monsieur le Préfet de notre décision et des conditions précises que nous mettons désormais à une reprise du dialogue.

Dans l’espoir d’une réponse positive à notre demande, nous vous prions de croire Monsieur le Président à nos respectueuses salutations.

Les présidents du CéDpa Françoise Verchère – Jean Paul Naud – Isabelle Loirat
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Re: Lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (44)

Messagede Nico37 » 08 Juil 2013, 11:36

Hier à Nantes, les opposant-e-s à l'aéroport et son monde ont organisé une opération escargot sur le périphérique. 07/07

Une opération réussie puisque aux allentours de 11h Bison Futé faisait déjà état de 4 km de bouchons entre la porte de Gesvres et la porte, d'Orvault, 4 km aussi entre la porte de Retz et porte des Sorinières et 2km entre la porte de Saint Sébastien et la porte des Sorinieres.

La mobilisation a eu de l'echo dans toute la France (où plus de 430 km de bouchons étaient dénombrés au pic de la mi-journée) et notamment en Île de
France où l'on comptabilisait 35 km de bouchons au même moment.

Les oposant-e-s se sont à nouveau donné rendez-vous le week-end du 13-14 juillet pour une nouvelle opération escargot, qui devrait être de plus grande ampleur, et ce 3 semaines avant le grand rassemblement des 3 et 4 août où des milliers d'opposant-e-s sont attendu-e-s à Notre Dame des Landes.
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Re: Lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (44)

Messagede Nico37 » 09 Juil 2013, 21:01

BD : 24h sur la ZAD

La ZAD, c’est la Zone à Défendre, le terrain occupé par des militants qui s’opposent au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes, en France. La mobilisation d’organisations et de citoyens pour protester contre un projet considéré comme inutile et anti-écologique dure depuis de nombreux mois. Le bras de fer entre les autorités et les manifestants est constant, et le mouvement a connu plusieurs affrontements avec les forces de l’ordre. Les 23 et 24 novembre 2012, la police a tenté de déloger les occupants. Maël Rannou y était et il raconte cet épisode de lutte, avec l’aide du crayon de Ludovic Rio. Un récit personnel, qui permet néanmoins d’aborder une thématique qui a beaucoup fait parler d’elle en France, mais reste peu médiatisée ici.

Maël Rannou et Ludovic Rio, 24h sur la ZAD, 2013, Vide Cocagne, 3 €. En commande sur www.videcocagne.fr

http://maelrannou.canalblog.com
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Re: Lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (44)

Messagede Nico37 » 10 Juil 2013, 15:49

Europe Ecologie accueille « positivement » les propositions du ministre des Transports 03/07

Le sénateur Ronan Dantec est un des signataires du communiqué où Europe Ecologie les Verts évoque le retour des opposants autour d'une table.

Le communiqué est signé Jean-Philippe Magnen, porte-parole national ; François de Rugy ; député ; Ronan Dantec, sénateur ; Pascale Chiron, chef de file nantaise ; Jean-François Tallio et Anne Eon, coanimateurs départementaux d’Europe Ecologie les Verts. Ils affirment qu’EELV accueille « positivement » la position du ministre des Transports sur le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Dans un courrier du 28 juin au préfet,le ministre a recadré la façon dont le préfet de région doit mener les études complémentaires relatives au projet de transfert de l'aéroport nantais au nord ouest de l'agglomération, dans le bocage de Notre-Dame-des-Landes.

« Le ministre précise que les études seront contradictoires et qu’elles associeront les acteurs locaux dans un souci de pluralisme et de sérieux. Pour l’avoir souvent demandé, nous ne pouvons qu’approuver cette volonté de crédibiliser un véritable espace de dialogue adossé à une méthodologie précise. Le fait que l’Etat s’engage à ce que les travaux ne démarrent pas tant que la faisabilité des mesures compensatoires ne sera pas démontrée, était le gage nécessaire pour amener les opposants et partisans du projet à se retrouver autour d’une table pour construire et échanger […] »

À propos des scénarios de réaménagement de Nantes-Atlantique, « un travail sérieux à 5,7 et 9 millions de passagers/année n’a jamais été mené, et l’engagement du ministre est ici précis. De même, il ne pourra être possible de faire valider les nouveaux scénarios par une nouvelle commission scientifique qui ne réunirait pas toutes les garanties de compétence et d’indépendance ».

Les signataires affirment qu’ils seront très vigilants sur la question de l’indépendance et insistent pour que les études soient « vraiment partagées avec un accès permanent aux données utilisées ».

Pour les responsables d’Europe Ecologie les Verts, « par cette étape nous avons la possibilité de rompre avec les pratiques anciennes où l’Etat impose les grands projets qu’il juge à lui seul pertinents. La mobilisation à Notre-Dame-des-Landes a montré que cette méthode n’était plus acceptable et applicable sur le terrain et nous notons aujourd’hui avec intérêt, mais aussi vigilance, la volonté d’un gouvernement de gauche d’agir différemment, en cohérence avec les dernières déclarations de François Hollande ».
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Re: Lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (44)

Messagede Nico37 » 11 Juil 2013, 23:39

ZADNARD DECHAINE FESTIVAL 3/4/5 AOUT SUR LA ZAD

VENDREDI 2.

Apres midi spectacle :

- Yves Malou spectacle magie - compagnie les yeux fermes "una lucita"

17H concerts :

- Abemus Papam (punk) - Stouffi the Stouves (electro) - Music Machine (electro) - mastico (electro punk) - Morgho et Abraxxas (tek/rap) - Hybrid (hardcore)

SAMEDI 3.

Apres midi spectacle :

-Cie les yeux fermé joue "se cayo"

16H concerts :

- Vida Orda - Boulevard des Airs (fanfare) - Plum mc (rap) - Unite Mau Mau (rap) - Duval Mc (rap) - Copine Connie (electro punk) - Pad ha core
(punk celte) - vasectomie ( punk)

2h

Dj’s SET et lives :

collectif du Circanus The magic benez circus, avec leur ménagerie de dj et liver : tek core acid expérimental core et speed core encore.

Dimanche 4.

debut 17H

- Les Kangourous (fanfare) - la Cafeteja Roja (fanfare) - La Fanfare en petard - Psykokondriac (hip rock) - HDI (punk)

N’oubliez pas que vous êtes dans une lutte anticapitaliste, sociale et écologique : soyez autonomes, ne tolérez aucun comportement raciste, homophobe,
machiste ou tout simplement dominant et irrespectueux, ne laissez aucun déchet ou mégot au sol, partagez et échangez ce que vous ramenez et
surtout, agissez de partout contre Vinci et le Parti Socialiste !

Si vous n’êtes pas habitués aux évènements politico-festifs autogérés, merci de lire ce texte avant de venir :

Cette Zone d’Autonomie Festive est née d’individu-es librement associées, se reconnaissant dans les principes suivants :

• Une opposition radicale au capitalisme et aux schémas de culture de masse imposés par les média majoritaires, modes entrainants une attitude
de consommation contraire aux principes de partage et de participation active. Les cultures présentées, et par extension leurs espaces et modes
d’expression, ne doivent souffrir d’aucune restriction. Elles sont la démonstration de la possibilité d’agir et de créer librement et de manière autonome au sein de nos sociétés conformées.

• Un rejet très clair du féodalisme, de l’impérialisme, du racisme, du sexisme et de toutes formes et systèmes de domination et de discrimination. Nous reconnaissons la dignité entière de tous les êtres humains et prônons le respect de la diversité des modes de vie.

• Une attitude de Confrontation Festive Directe, puisque nous ne pensons pas que le " lobbying " ou la " collaboration de classe " puissent avoir un impact majeur sur des gouvernements et organisations à tel point démagogues et antidémocratiques, pour lesquels le capital et leur maintien au pouvoir sont les seuls facteurs réels déterminants leur politique.

• Un appel à l’Action Directe Créative et à la Révolte Festive mettant en avant des formes de Résistance Solidaire qui maximisent le respect pour la vie et pour les droits des peuples ou individu-es opprimés, ainsi que la construction d’alternatives locales au capitalisme mondial.

• Une philosophie organisationnelle fondée sur la Décentralisation et l’Autogestion. Notre but est la participation immédiate à une abondance passionnelle de la vie, à travers le changement de moments périssables délibérément aménagés. La réussite de ces moments ne peut être que leur
effet passager. Nous envisageons l’activité culturelle, du point de vue de la totalité, comme construction expérimentale de la vie quotidienne.
Il s’agit de produire nous-mêmes, et non des choses qui nous asservissent.

Notre identité est l’Autogestion, la mobilisation infinie notre force, la danse et la musique l’expression de notre indéfectible Liberté.

Manifestation Festive en soutien à la la ZAD les 3/4/5 Aout 2013

Stands d’information sur les luttes, ateliers sur l’Autonomie, espace de Réduction Des Risques...

Scène sous chapiteaux : Concerts , scène Tekno, spectacles, ateliers, courts métrages, documentaires Jeux, Expositions, Théâtre, Art de rue,
Jonglage, Graffiti, Pyrotechnie, Performances...

Entrée et bouffe à Prix Libre...

Parce que la Lutte n’a pas de prix !!

Les fonds récoltés serviront à financer la lutte contre l’Ayrault-port de Vinci et son monde.

Vous pouvez aussi apporter des dons en nature.

Une liste est disponible sur zad.nadir.org

Nous répétons notre invitations pour toutes les luttes à venir poser un stand d’information ou à ramener des tracts/affiches/infos.

Il est possible de faire des interventions sur scène entre les concerts. Nous aimerions permettre à des collectifs en lutte de s’emparer de cet espace !
Contactez nous.

Toutes les initiatives individuelles sont les bienvenues (spectacles, art2rue, perfs, décos, expos, stands non commerciaux,...) et en cas d’installation d’une scène en off, merci de nous prévenir pour que nous vous indiquions les lieux les plus appropriés !
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Re: Lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (44)

Messagede Nico37 » 15 Juil 2013, 22:22

Suspicion de censure : la Région dément et s'explique 15/07

Notre information sur le documentaire "Le dernier continent" de Vincent Lapize, projet concernant la lutte des opposants au nouvel aéroport de Notre-Dame-des-Landes, suscite de nombreuses réactions. Elles se concentrent évidemment sur cette suspicion de "censure" que pointe du doigt Olivier Deschanel, conseiller régional centriste (UDI). C'est peu dire que le conseil régional présidé par Jacques Auxiette (PS) n'a pas apprécié ce qui est qualifiée de "mauvaise polémique". La collectivité territoriale qui défend depuis le début le projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes "souhaite apporter plusieurs précisions utiles". Et d'indiquer dans un communiqué diffusé ce lundi 15 juillet : "Avant l’attribution d’aides à la réalisation de documentaires, un comité technique émet un avis consultatif, qui n’est en aucun cas une décision. En effet, seule la Commission permanente du Conseil régional est autorisée, par la loi, à engager des financements publics. Le comité consultatif, présidé par un élu régional EELV, a effectivement émis un avis favorable il y a plusieurs semaines. L’aide demandée au Conseil régional des Pays de la Loire s’élevait à 4 000 €. Le projet a bénéficié par ailleurs d’autres aides publiques et de très nombreux documentaires sont tournés chaque année sans aide régionale. Ce documentaire militera ouvertement contre le projet d’aéroport qui est financé et soutenu par la collectivité régionale. La note d’intention déposée par le réalisateur est sans équivoque : « je filme dans l’urgence et, à ma façon, je prends part aux combats». Sur le fond, chacun comprendra que le Conseil régional ne peut pas donner suite à cette demande de financement, quelle que soit la possible qualité artistique du film. Prétendre le contraire en se drapant derrière les principes de « liberté de création et d’expression » relève de la plus totale démagogie". Toujours du côté de la Région, on ajoute : "Il serait totalement incompris, et probablement critiqué et moqué à juste titre, de voir figurer au générique d’un tel film la traditionnelle mention « avec le soutien du Conseil régional des Pays de la Loire ». Enfin, il n’échappera pas aux observateurs avisés du dossier que les élus qui dénoncent l’absence de validation de l’avis du comité technique, sont notoirement défavorables au projet d’aéroport. La création audiovisuelle en Pays de la Loire et le devenir des filières professionnelles qui y sont rattachées valent plus et mieux que cette mauvaise polémique. Pour la seule année 2012, 61 productions ont été aidées par le Conseil régional, y compris parfois malgré un avis défavorable du comité consultatif sans que ceci ne suscite de protestations".
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