"317", "Le fond de l’air est bleu" et "Nothing to hide"

"317", "Le fond de l’air est bleu" et "Nothing to hide"

Messagede bipbip » 02 Avr 2017, 16:30

317

un film documentaire auto-produit et réalisépar le collectif « les 317 »

Image

Au début de l’après-midi du 29 novembre 2015 avant l’ouverture de la COP21, quelques 5000 personnes, refusant de laisser le sort de l’environnement aux seules mains des dragons industriels et de leur alliés gouvernementaux, se rendent place de la République à Paris, malgré un encadrement militarisé de la place et une interdiction de manifester. Le départ en manifestation est tout de suite avorté et les personnes présentes sont agressées verbalement et physiquement, à des degrés divers par les forces de l’ordre. Tout le monde y voit plutôt flou dans les nuages lacrymogènes quant aux intentions de la police. Finalement, environ cinq cent personnes sont nassées à divers endroits de la place pendant plusieurs heures.

317 d’entre elles (et il n’y avait manifestement pas assez de place pour tout le monde) se font arrêter et repartir dans différents commissariats.

Numériquement, c’est une première dans l’histoire de la répression d’une manifestation française de ce 21 siècle

La garde-à-vue durera 24 heures pour la plupart des interpellé-es, 48 heures pour 9 d’entre ell-eux, certain-es passeront en comparution immédiate, condamné-es à payer des amendes ou simplement rappelé-es à l’Ordre.

Cette rafle renoue avec des pratiques policières digne des périodes les plus noirs de l’histoire de la police.

Un espace pour parler de nous.

On sort d’une GAV traumatisé.e.s, en colère ou parfois tout simplement épuisé.e.s par les péripéties administratives et les manipulations policières.

Nous nous sommes retrouvé.e.s à Paris dans les jours qui ont suivi, malgré la pression policière, pour faire éclore les paroles en lutte contre l’oubli. Nous avons échangé et imaginé. Le collectif des 317 a recueilli les témoignages des réprimé.e.s, et a traduit les expériences des gardé.e.s à vue en images et en son. Dans le secret et la confiance naissent des paroles uniques qui racontent la violence telle qu’elle s’est ancrée dans l’histoire et dans les corps de chacun.e.

Notre documentaire est avant tout un acte politique qui veut rendre visible l’inacceptable, afin d’ alimenter le débat sur l’évolution contemporaine des violences policières, ainsi que sur la répression effrontément politique.

Les prétextes des lois antiterroristes servent à écraser chacune de nos contestations, avec ses notes blanches, ses assignations à résidences, ses garde a vue, qui sont des actes de tortures psychologique et physique. C’est bel et bien l’annonce d’une méthode volontairement terrorisante par le pouvoir politique et ses agents éduqué idéologiquement à maintenir l’ordre social pour réduire et isoler les mouvements les plus déterminés au changement.

Les voix des intervenant.e.s (qu’ils.elles soient, chercheuses.eurs, militant.e.s ou les 2) se mêlent aux témoignages pour porter un regard critique sur cette COP 21 aux allures de spectacle absurde oú se révèle, l’hypocrisie et les limites de ce genre de rencontre, la violence institutionnelle et systémique sur tous ceux qui contestent leur hégémonie.

Sans négociation possible, nous continuerons de refuser l’impunité d’une autorité arbitraire, policière et judicaire, à l’heure où ses agents réclament toujours plus d’opacité sur leur agissements.

« 317 » bande annonce : https://vimeo.com/189528816

https://les317.wordpress.com/
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Re: "317", répression politique sous état d’urgence

Messagede bipbip » 03 Avr 2017, 13:49

Paris jeudi 6 avril 2017

Projection-débat à 20h30 au Cinema Utopia de St Ouen L’Aumone (RER C),
un débat animé par Serge Quadruppani.
tarif normal 7€, tarif réduit 4€

https://paris-luttes.info/projection-du ... e-317-7805
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Re: "317", répression politique sous état d’urgence

Messagede bipbip » 04 Mai 2017, 15:01

Ce jeudi 4 mai 2017 à Paris

Projection du documentaire "317" sur la répression de l’ANTI-COP21

"317" : Projection gratuite du film (60min), revenant sur la répression du mouvement ANTI-COP21 en 2015 et proposant une réflexion plus générale sur l’état d’urgence. RDV à 19h au "DOC", 26 rue du Docteur Potain, 75019 Paris

https://paris-luttes.info/documentaire- ... jeudi-7978
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Re: "317", répression politique sous état d’urgence

Messagede bipbip » 13 Oct 2017, 10:44

Paris vendredi 13 octobre 2017

Projection débat « 317 »

Documentaire du Collectif 317.

Présenté par l'historien Claude Guillon et l'équipe du film.
Contribution au débat sur la répression politique sous l'état d'urgence.
Ouverture des portes à 19h30, projection à 20h
Entrée libre

La Générale, 14, avenue Parmentier, Paris 11e

https://paris.demosphere.eu/rv/57376
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Re: "317", répression politique sous état d’urgence

Messagede Pïérô » 14 Oct 2017, 02:10

Bordeaux, lundi 16 octobre 2017

Projection-débat pour dire non à l'état d'urgence

à 20h30, Utopia Bordeaux, Place Camille Julian

Le Lundi 25 Septembre, les députés ont entamé l'examen du projet de loi renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme. Le Collectif contre l'état d'urgence a lancé une pétition et une campagne d'information pour sensibiliser les Girondins sur la dangerosité de ce texte.

Ce soir, le collectif vous présentera le contenu de cette loi, sa nature, sa portée, son impact sur nos libertés, sur l'état de droit, et expliquera pourquoi elle n'est pas adaptée à la situation.

Projection suivie d'un débat avec le Collectif girondin contre l'état d'urgence (AC !, ACAT, Amnesty International, ASTI, ATTAC, CGT, FSU, Greenpeace, LDH, SAF, Solidaires, UNEF).
Tarif unique : 4 euros

317

Collectif 317 - documentaire France 2016 1h - Contribution au débat sur la répression politique sous état d'urgence.

Image

Le 29 Novembre 2015, en réaction aux attentats qui ont frappé à plusieurs reprises le pays, le gouvernement décrète l'Etat d'urgence, dispositif qui donne à la police et à la justice des outils de répression et de surveillance inégalés et contraires pour beaucoup aux principes de liberté individuelle fondateurs de la République. Toute la classe politique acquiesce, députés communistes compris. Seuls 6 députés, socialistes et écologistes, voteront contre.

Qui vont être les premiers sévèrement réprimés par le nouveau dispositif ? Les terroristes islamistes pour lequel il a été décrété ? Eh bien non. Ce seront les manifestants rassemblés le même jour contre l'hypocrisie et l'inutilité de la COP 21 qui va s'ouvrir à Paris le 30 Novembre. La manifestation, Etat d'urgence oblige, est soudainement interdite, et de nombreux opposants identifiés sont carrément assignés à résidence, des activistes écologistes se retrouvent fichés S au même titre que les abrutis islamistes. 5000 personnes environ décident de braver l'interdit et de se rassembler place de la République. Le dispositif policier est gigantesque… 317 personnes seront embarquées et placées arbitrairement en garde à vue.

317, film collectif et anonyme – car l'anonymat sinon la clandestinité est un outil de résistance sous État d'urgence – a recueilli les témoignages des gardés à vue, nous montrant en quoi ce 29 Novembre 2015 est une date sinistre pour les libertés.

Pour contacter le collectif :
collectifetatdurgence33@laposte.net

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http://www.cinemas-utopia.org/bordeaux/ ... &mode=film
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Re: "317", répression politique sous état d’urgence

Messagede Pïérô » 07 Nov 2017, 15:37

Marseille, jeudi 9 novembre 2017

Etat d’urgence et répression : projection du documentaire "317"

Voici une contribution au débat sur la répression politique sous état d’urgence. C’est le 9 novembre à Dar Lamifa, projection à 19h30 en présence du collectif du même nom.

... http://mars-infos.org/cine-club-317-2679
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Re: "317", répression politique sous état d’urgence

Messagede Pïérô » 09 Nov 2017, 23:08

Toulouse samedi 11 novembre 2017

Projection "317" et rencontres avec des collectifs de lutte de territoire

La projection du film est à 17h30 et sera suivie d'une discussion avec des membres de l'équipe de réalisation du Documentaire « 317 » :

De quoi l'état d'urgence est-il le nom ? Sous couvert de lutte antiterroriste, l'État français déploie un arsenal répressif qui ressemble à un "chèque en gris" donné aux forces de l'ordre. Son pouvoir discrétionnaire renforcé, la police voit certaines de ses pratiques les plus dures et marginales se légaliser plutôt que d'être rappelée à l'ordre par le droit. De leur côté, les activistes écologistes, altermondialistes et anticapitalistes subissent dans leur chair ce mouvement de dépolitisation de leur contestation.

https://vimeo.com/189528816

Et pendant tout l'après-midi, un autre sujet, mais qui n'est pas sans rapport avec la répression d'État : nous vous invitons pour un après-midi autour des luttes de territoire. Seront présent.e.s pour vous présenter leurs luttes locales :

- Bure Partout, Nucléaire Nulle Part : Récemment créé en réaction aux perquisitions du 20 septembre à Bure (Meuse), le collectif toulousain vise à donner de la visibilité aux opposant.e.s du projet d'enfouissement de déchets nucléaires et à la répression policière à laquelle ils font face actuellement.

- NON à Val Tolosa : Collectif citoyen contre le projet de méga centre commercial de Plaisance-du-Touch !

- Survie31 : L'association Survie milite en faveur de la fin des rapports néo-coloniaux entre la France et l'Afrique.

- L'amassada : collectif de l'opposstion au projet des super-transformateurs et des 1000 éoliennes à Saint Victor-et-Melvieux (Aveyron).

- Stop Mine Salau : association d'opposition au projet de réouverture de la mine de tungstène de Salau (Ariège)

- Collectif d'habitant.e.s du quartier de Papus : A Papus, le bailleur social Habitat Toulouse Métropole veut imposer aux habitant.e.s un projet de parking résidentialisé là où ces derniers projetaient de créer des jardins partagés. Tandis que le collectif d'habitant.e.s se mobilise depuis un an et demi (événements, manifs...) en demandant d'être consulté, la mairie et le bailleur social restent sourds à leurs revendications en se contentant de simulacres de réunions publiques.

Stands, lectures, buvette (avec du vin chaud !), tartines et soupes !!

https://www.facebook.com/events/8152482 ... tory%22%3A[%7B%22surface%22%3A%22page%22%2C%22mechanism%22%3A%22main_list%22%2C%22extra_data%22%3A%22%7B%5C%22page_id%5C%22%3A1202693749864170%2C%5C%22tour_id%5C%22%3Anull%7D%22%7D]%2C%22has_source%22%3Atrue%7D
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Le fond de l’air est bleu

Messagede bipbip » 16 Nov 2017, 18:10

Le fond de l’air est bleu

Premier long métrage des collectifs Activideo et Medialien, « Le fond de l’air est bleu » témoigne de la situation actuelle face à la police, en particulier depuis l’institution d’un état d’urgence qui se prolonge. Depuis la colère des policiers jusqu’à celle des victimes de leur violence, en passant par la parole des militant-e-s et des habitant-e-s des quartiers populaires, chacun-e exprime ici un moment du malaise face à l’ordre et son maintien.

Image

Le fond de l'air est bleu - Bande Annonce





Paris

Projection du documentaire « Le fond de l’air est bleu » vendredi 17 novembre 2017, à 19h30 au Collectif 23 ( 23 rue du château landon, Paris Xe).

Entrées à prix libre en solidarité avec les inculpé-e-s du quai de Valmy et Vérité pour Curtis https://www.facebook.com/Vérité-pour-Curtis-164535074077064/

http://paris-luttes.info/projection-le- ... r-est-9002
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Re: "317", répression politique sous état d’urgence

Messagede bipbip » 27 Nov 2017, 22:29

317 [Documentaire]

Le 29 novembre 2015, une manifestation brave l’état d’urgence à Paris. 317 personnes sont placées en garde à vue.

Le 29 novembre 2015 fut une journée spectaculaire.

Des caméras de télévision du monde entier sont braquées sur Paris : aux images-fétiches du « deuil national » et de la mascarade diplomatique de la COP 21, viennent s’ajouter celles de la répression d’une manifestation interdite.

L’état d’urgence avait bel et bien été bravé, ce jour-là. En guise de représailles, la Préfecture de Paris place 317 personnes en garde à vue. C’est ce que raconte ce documentaire du collectif 317 que nous diffusons aujourd’hui. S’ensuit un texte de présentation de l’historienne et politologue Vanessa Codaccioni.

https://lundi.am/-317-

317 (le documentaire)

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Re: "317", répression politique sous état d’urgence

Messagede bipbip » 05 Déc 2017, 21:33

Saint-Denis (93) mercredi 6 décembre 2017

Projection débat « 317 »

Dans le cadre des séances proposées par le Collectif de Réflexion et d'Action contre l'Etat d'Urgence, le 6 décembre à 18h est proposée la projection du film "317" en présence de
• membres du collectif 317, Vanessa Codaccioni, Samir Baaloudj et
• un membre d'Urgence Notre Police Assassine.

à 18h, Université Paris 8 - Saint Denis, 2 rue de la Liberté

https://www.facebook.com/events/141292613190487/
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Re: "317" et "Le fond de l’air est bleu"

Messagede bipbip » 11 Jan 2018, 21:47

Police partout, justice nulle part ? Deux documentaires qui jettent une lumière crue sur l’appareil judiciaro-policier

En cette période décisive pour l’avenir des réformes voulues par Macron, deux films reviennent sur la répression policière et judiciaire qui a culminé l’année dernière avec les manifestations contre la loi El Khomri. Deux documentaires qui jettent une lumière crue sur l’appareil judiciaro-policier.

Les manifestations de cette rentrée sociale seront-elles aussi violemment réprimées que celles de l’an dernier contre la loi El Khomri ? Verra-t-on défiler en comparution immédiate devant les juges des dizaines de manifestants comme en 2016 ? Deux films reviennent sur la répression, judiciaire, pour l’un, policière pour l’autre et leur usage par les gouvernements successifs.

Acharnement, poursuivis pour l’exemple, long métrage de 90 minutes de Mourad Laffitte, se concentre sur la répression judiciaire, à travers les condamnations sévères qui pleuvent à l’encontre de militants et syndicalistes. Le film s’inscrit dans une histoire, celle du monde ouvrier et du syndicalisme. Le fond de l’air est bleu, réalisé par le collectif militant Actividéo, est lui proche de ce qu’on appelle pour faire vite la mouvance autonome. Il pose plus largement la question des violences policières, non seulement dans les manifestations, mais aussi dans les quartiers populaires et même, brièvement, à l’encontre des migrants. Deux points de vue radicalement différents, donc, qui tentent d’analyser un moment d’une histoire contemporaine dans laquelle les forces policières et judiciaires se voient assignées le rôle de mater toute contestation politique ou sociale.

Un précédent, la lutte des Goodyear

Mourad Laffitte, réalisateur de Acharnement, poursuivis pour l’exemple, n’en est pas à son coup d’essai. Il avait déjà réalisé un documentaire sur les FTP-MOI, mouvement constitué d’étrangers immigrés en France, qui furent l’un des fers de lance de la résistance à Vichy — puis Liquidation, un film qui retrace la lutte des ouvriers de Goodyear contre la fermeture de leur usine. Il semblait logique que l’on retrouve dans son nouveau documentaire Mickaël Wamen, leader CGT de l’usine d’Amiens-Nord, condamné à 24 mois de prison avec sursis et cinq ans de contrôle judiciaire pour la séquestration de cadres du fabricant de pneumatiques, dans des conditions dramatiques pour les salariés de Goodyear, qui cherchaient à s’assurer des conditions de départ financièrement décentes.

Un premier ministre se réclamant de Clémenceau

Le film s’ouvre sur la grève des mineurs de Courrières dans le Pas-de-Calais, durement réprimée par Clémenceau, ministre de l’Intérieur de l’époque -principale source d’inspiration de Manuel Valls un siècle plus tard- qui envoie la troupe, ce qui lui vaut d’être pris à partie par Jaurès à l’assemblée nationale. Les images de la grève des mineurs de 1948 et de leur combat judiciaire pour obtenir réparation, qui ne connaîtra son épilogue qu’en 2014, celles du conflit entre Emilien Amaury du Parisien et le syndicat du Livre CGT en 1975, ou encore celles des manifestations des ouvriers sidérurgistes à la fin des années 1970, rappellent que pendant longtemps la répression policière fut féroce. On repense alors à la première phrase du film : « Le XXIe siècle naissant, on aurait pu espérer en avoir fini avec la violence et la répression policière du siècle précédent, reléguant au passé l’acharnement contre le mouvement ouvrier, ses revendications et ses combats ». Mais le témoignage de Maurice Boivin, ouvrier du Livre CGT, qui fut rendu aveugle par une grenade au chlore, renvoie aux personnes mutilées, éborgnées et blessées pendant les manifestations de 2016 contre la loi travail et à la violence inouïe déployée par les forces de l’ordre à cette occasion.

Après la violence policière, la répression judiciaire

Rien n’aurait donc changé ? Si, à la brutalité de la répression policière s’est ajoutée celle de la répression judiciaire. Avec des poursuites au pénal systématiques et des condamnations de plus en plus lourdes à l’encontre des militants et syndicalistes. Chez Air France, Goodyear, La Poste ou Continental. Le retour en arrière sur cette période permet de comprendre à quel point le conflit d’Air France a été un tournant. Qualifiés de voyous par Manuel Valls, les syndicalistes de la compagnie aérienne ont été attaqués en justice après une intense campagne de dénigrement dans la presse. Le film revient sur l’affaire de la chemise arrachée d’Air France et en retrace la genèse, pour restituer l’arrière-plan social évacué par les médias : la brutalité d’un conflit dans une entreprise en partie gérée par l’État, qui pour la première fois envisage des licenciements secs, après de nombreux plans de départ volontaires.

Un état d’urgence dévoyé

Le film insiste sur la volonté politique de faire condamner lourdement les leaders syndicaux mais aussi les simples manifestants. Il raconte la fureur des procureurs -bras armés de l’État en matière de justice — dont les réquisitoires se font implacables pour les syndicalistes et militants, qui exigent des peines « exemplaires » et font appel de décisions qu’ils estiment trop clémentes. L’arrière-plan des manifestations contre la loi travail est aussi souligné : celui de l’état d’urgence et de son cortège de violations des droits : interdictions de manifester, assignations à résidence, perquisitions brutales, bien loin de la lutte contre le terrorisme qui en était la justification. Laurence Blisson, du syndicat de la magistrature rappelle cette circulaire de novembre 2016 du ministère de la Justice, appelant à « anticiper un surcroît de travail du fait d’un mouvement collectif ». Ce qui a entraîné la multiplication des comparutions immédiates, au point qu’il a fallu doubler les audiences, à l’hiver 2016, pour juger les dizaines de personnes placées en garde à vue à l’issue des manifestations.

L’union, rempart contre la répression ?

Une répression judiciaire de masse, donc, dans le contexte de l’État d’urgence, dont les dispositions les plus choquantes sont aujourd’hui en voie d’être inscrites dans la loi commune. On repense alors à ce que dit dans le film un Joaõ Gama, ancien métallo de la CGT, lorsqu’il évoque les grèves des sidérurgistes lorrains : « chaque fois qu’il y avait quelqu’un qui était gardé à vue au commissariat, il y avait des centaines, des milliers de personnes, des salariés de la sidérurgie mais aussi la population, qui venaient soutenir jusqu’à la libération des camarades ». Ce qui, rappelle-t-il, permettait d’obtenir leur libération. C’est à cette mobilisation qu’invite la conclusion du film. « Le jour où on sera vraiment main dans la main, je pense que ceux en face vont vite comprendre que ce n’est plus possible de s’attaquer à des individus ou des groupes d’individus ». Une conclusion à mettre en perspective avec la désunion syndicale de cet automne face à l’offensive néolibérale actuelle…

Une proximité avec le cortège de tête

Si Acharnement, poursuivis pour l’exemple de Mourad Laffitte ne cache pas sa proximité avec le Front social qui fédère syndicats, associations, collectifs et médias alternatifs contre les ordonnances gouvernementales, Le fond de l’air est bleu revendiquerait plutôt une proximité idéologique avec le cortège de tête. Le collectif Actividéo qui l’a réalisé, s’est fait connaître avec un premier documentaire intitulé C’est qui les casseurs ?, qui rendait compte de l’émergence, lors des manifestations contre la loi El Khomri, d’un mouvement autonome revendiquant une forme de violence populaire. Certes, ce mouvement a toujours existé depuis les années 1970. Mais la nouveauté, que donnait à voir également le reportage de Thierry Vincent « Nous sommes tous des casseurs » — même s’il a été fortement critiqué par les principaux concernés-, c’est l’élargissement de ce mouvement à des gens qui n’auraient sans doute pas imaginé auparavant se rendre à une manifestations avec un casque et des lunettes de natation et sa relative acceptation par l’ensemble des manifestants, même les plus pacifiques. On n’a sans doute pas relevé à quel point cette revendication d’une violence politique légitime face au pouvoir s’était considérablement élargie, bien au-delà du cercle traditionnel des militants autonomes. Le niveau de violence policière, atteint pendant le mouvement contestant la loi travail, a beaucoup aidé à légitimer ces pratiques.

Le bleu de l’uniforme

Le titre du film d’Actividéo renvoie au film de Chris Marker Le fond de l’air est rouge, sorti en 1977. Si la couleur écarlate renvoyait à l’effervescence révolutionnaire des années 1960 et 1970, ponctuée par la lucidité douloureuse du réalisateur, le Fond de l’air est bleu renvoie à la couleur de l’uniforme. Le film est en tout cas une passionnante enquête sur les violences policières, avec, en plus, une touche d’humour franchement corrosif. Il élargit le spectre de l’analyse à l’ensemble des violences policières, celles commises sur les manifestants, mais aussi sur les habitants des quartiers populaires et, brièvement, sur les migrants. Trois cibles principales qui résument l’usage politique de la police, telle que la pratique le pouvoir aujourd’hui. Mort d’Adama Traoré puis de Curtis, viol de Théo, manifestants éborgnés, le film rend compte d’une actualité riche et dramatique, mais sans jamais verser dans le larmoyant. Moment d’émotion quand même, quand Assa Traoré fait répéter à la foule la liste interminable des victimes tuées par la police.

Apprendre à aimer la police comme on aime le Nutella

Le mérite de ce film de 70 minutes est de mettre en relation des informations diverses, comme on assemblerait les pièces d’un puzzle, pour questionner globalement le rôle de la police dans notre société. Avec une qualité d’image excellente et sans jamais être ennuyeux. Le film débute sur un ton léger, interrogeant le rôle des séries policières. C’est à travers elle, qu’on nous apprend à aimer la police, « comme la publicité nous conditionne à aimer le Nutella, l’alcool ou les cigarettes », résume Franco de la Brigade anti-négrophobie (BAN). Ce sont aussi ces séries policières qui ont orienté la vocation de plus d’un policier, même si la réalité est loin de celle de Deux flics à Miami ou des Experts.

Une réalité du métier pas franchement glamour

La réalité policière dont témoignent les policiers interviewés est loin d’être aussi glamour. « C’est pas ce que tu crois », dit un policier en poste à l’aspirant flic, qui pense signer pour défendre la veuve et l’orphelin. « Finalement, il avait raison », conclut ce dernier. Un aveu qui ne manque pas de sel, sachant que le policier en question est Alexandre Langlois, responsable de la CGT Police, rebaptisée VIGI (lapsus ?) et qui se propose de prendre la tête des manifs pour en découdre avec ceux qui souhaiteraient s’en prendre à ses collègues…

Les flics marchent sur l’Élysée

Le fond de l’air est bleu revient sur les manifestations de l’hiver 2016 des « Policiers en colère », dont on a peut-être un peu vite oublié qu’ils marchèrent de nuit sur l’Élysée, avec uniformes, brassards et véhicules de fonction. Et qui obtinrent, en récompense, le vote d’une loi sur mesure en réponse à une vieille revendication, celle de la présomption de légitime défense. Le film donne longuement la parole aux jeunes victimes de contrôles au faciès, mettant en évidence le fonctionnement intrinsèquement raciste du corps policier. Que Franco, de la BAN, résume lorsqu’il explique, mégaphone en main, qu’il ne suffit pas, pour venir à bout de ce racisme systémique, d’embaucher des policiers noirs, arabes ou chinois. Les réalisateurs mettent d’ailleurs en évidence le début d’alliance entre ceux qui sont maltraités pour ce qu’ils font — les militants anti-loi travail — et ceux qui le sont pour ce qu’ils sont — les jeunes des quartiers.

Stress post-traumatique

Le fond de l’air est bleu souligne à quel point la violence policière est une stratégie voulue par le pouvoir. Quand le film de Mourad Lafitte s’arrête sur les policiers grimés en casseurs pour déconsidérer les manifestations, un CRS explique dans celui d’Actividéo que la violence est le résultat des ordres donnés par la hiérarchie et non une suite de dérapages isolés. Deux membres des Street medics, ces manifestants qui s’organisent pour venir en aide aux personnes blessées dans les cortèges, expliquent le rôle politique de cette violence inouïe qui entraîne un véritable stress post-traumatique : « Quand tu fais des cauchemars, que tu es en burn out au boulot, que tu poses des arrêts maladie, ben tu reviens pas ». Même rôle des contrôles au faciès, palpations et autres violences — jusqu’au meurtre — subies par les jeunes hommes des quartiers populaires, qui vise à humilier et nier les personnes, pour mieux contrôler ces nouvelles « classes dangereuses ». Ce que résume l’un des interviewés : « face à l’uniforme, on n’est rien ».

Questionner l’utilité même de la police

Mais l’aspect le plus novateur du film est de poser la question de l’utilité même d’une police et de son monopole au service d’une supposée « cohésion sociale ». De fait, la dénonciation par les policiers de leur hiérarchie et de la politique du chiffre montre ses limites. L’esprit de corps domine et justifie les actes commis par leurs collègues, y compris les plus abjects, comme le viol de Théo Luhaka. Les paroles du policier qui prétend que les violences policières sont fermement condamnées par la justice française, contre toute évidence, sont mises en rapport avec le témoignage du frère de Wissam El Yamni, jeune homme décédé suite à une interpellation musclée, qui explique comment la collusion entre police et justice et la culture de l’impunité empêchent toute possibilité d’enquête impartiale. Le film raconte la peur, l’humiliation mais aussi le courage de tous ceux et toutes celles qui se mobilisent pour lutter contre cette violence d’état. Les images de l’évacuation d’un campement de migrants rappellent à quel point les forces de l’ordre sont là pour maintenir un certain ordre, aux dépends des plus faibles. Conclusion de Nnoman, photographe militant, fondateur de Fumigène, « Si tu es un bon flic, dénonce ce qui se passe en interne et démissionne ! » Radical, mais clair.

Un choix audacieux mais pas forcément judicieux

Seule réserve sur ce film tonique et incisif, le choix de n’indiquer que les prénoms des personnes interviewées, alors même que certaines sont des personnalités publiques connues. Un choix audacieux pour mettre toutes les personnes interviewées sur un pied d’égalité. Ceux qui connaissent le sujet reconnaîtront en effet sans peine Amal Bentounsi (Collectif Urgence notre police assassine), Ramata Dieng (Vérité et justice pour Lamine Dieng) ou Omar Slaouti (collectif Vérité et justice pour Ali Ziri), ainsi que Stella Magliani-Belkacem, co-auteur des « Féministes blanches et l’empire » ou Pierre Douillard, auteur de « L’arme à l’œil », lui-même blessé au visage par un tir de LBD. Au final, ce choix produit l’effet inverse, puisque ces précisions demeureront inaccessibles pour le spectateur pas familiarisé avec la question des violences policières.

Véronique Valentino


P.S. :
http://www.lautrequotidien.fr/gratuit/2 ... part-cccsn

Acharnement, poursuivis pour l’exemple, un film documentaire de 70 minutes réalisé par Mourad Laffitte, responsable de production Laurence Karzsnia, produit par Images contemporaines, septembre 2017.

Voir la bande annonce :
https://www.youtube.com/watch?time_cont ... CZslrMSrr8

Le fond de l’air est bleu, film de 70 minutes, réalisé et produit par le collectif Actividéo, septembre 2017.

Page Facebook du collectif : https://www.facebook.com/activid/

Voir le film :
http://www.lautrequotidien.fr/gratuit/2 ... part-cccsn


http://divergences2.divergences.be/spip.php?article1531
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Re: "317", "Le fond de l’air est bleu" et "Nothing to hide"

Messagede bipbip » 21 Jan 2018, 15:08

«Nothing to hide», un documentaire sur la surveillance

Le documentaire «Nothing to hide», dédié à la surveillance, est en compétition ce jeudi 3 novembre au Festival International du Film (FIFF) Français de Stuttgart-Tübingen et au Festival des Cultures Numériques KIKK, à Namur. Un film qui parle de vous et de vos données personnelles.

Image


NOTHING TO HIDE (86 min) interroge la vaste acceptation de la surveillance au sein de la population par l’argument « je n’ai rien à cacher ». A travers cinq protagonistes et une vingtaine d’intervenants (lanceurs d’alerte, hackers, juges, sociologues, victimes de la surveillance) le documentaire explore les implications d’une telle rhétorique à l’époque du tout-numérique et interroge ce modèle de société que nous contribuons chaque jour à façonner.

Le principal protagoniste du film est un jeune artiste qui pense, comme la plupart d’entre nous, « ne pas avoir grand-chose à cacher ». Avec son accord, les données de son MacBook, de son IPhone et de l’ensemble de ses applications (Whatsapp, Facebook Messenger, Skype…) sont récoltées durant un mois à l’aide d’un logiciel espion. L’expérience ‘Mister X’ se concentre sur les « métadonnées » (metadata en anglais), les « données sur les données » : les heures de connexion de Mister X sur Facebook, sa géolocalisation sur son IPhone, l’objet de ses mails ou la fréquence de ses communications dans sa liste de contacts. Ces informations collectées par la plupart de nos applications constituent la matière première du profilage numérique dont nous faisons l'objet au quotidien.

Ce que nos métadonnées disent de nous : l’expérience « Mister X »

Les métadonnées sont par ailleurs de plus en plus scrutées par les agences de renseignement. Leur collecte est présentée comme plus protectrice de la vie privée par nos dirigeants politiques, car elle n’implique pas les contenus de nos messages, sms, mails… L’objectif est de comprendre ce qu’une entité privée ou une agence de renseignement peut savoir de nous et ce que l’agrégation de métadonnées peut générer comme contenu.

Nos métadonnées permettent-elles de déterminer notre orientation sexuelles, politiques notre état de santé, les taux d'intérêt que nous payerons pour l'achat d'une maison? Quels dangers y a-t-il à ce que le gouvernement ait accès aux données personnelles de ses juges, médecins, chercheurs, militants, journalistes et citoyens ?

Le documentaire explore également une rhétorique de plus en plus associée en temps de "lutte contre le terrorisme": doit-on sacrifier notre vie privée pour plus de sécurité ainsi que les similitudes entre les régimes de surveillance d’hier (la Stasi allemande) et d’aujourd’hui. Les destins des plusieurs protagonistes du film, tous victimes de la surveillance, tend à montrer que chacun pourra un jour être concerné, même s’il n'a à priori "rien à cacher".

Le documentaire entame sa phase de distribution avec plusieurs festivals et projection-débat. Le film financé de manière 100% indépendante est également
ouvert à d'autres canaux de diffusion avant de rendre le documentaire accessible à tous.

Marc Meillassoux Contact : connectmarc.at.posteo.de key ID: 0x56FD3588

Page Facebook https://www.facebook.com/Nothing-to-Hid ... 3573432713


https://blogs.mediapart.fr/nothing-hide ... rveillance

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Re: "317", "Le fond de l’air est bleu" et "Nothing to hide"

Messagede bipbip » 23 Jan 2018, 08:48

Ciné-débat

« Nothing to Hide »

un film de Marc Meillassoux et Mihaela Gladovic , 2016, 86' .

Paris mercredi 24 janvier 2018
à 19h, Café associatif « La Commune », 3 rue d'Aligre

Le film interroge la vaste acceptation de la surveillance au sein de la population par l'argument « je n'ai rien à cacher ». A travers cinq protagonistes et une vingtaine d'intervenants (lanceurs d'alerte, hackers, juges, sociologues, victimes de la surveillance) le documentaire explore les implications d'une telle rhétorique à l'époque du tout-numérique et interroge ce modèle de société que nous contribuons chaque jour à façonner.

Projection suivie d'un débat qui évoquera la nécessaire prise de conscience des enjeux de la surveillance de masse et des moyens dont chacun dispose pour s'y soustraire.

En fin de soirée ouverture du bar avec restauration légère

https://paris.demosphere.eu/rv/59102
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