Anarchisme

Black Flags and Windmills

Messagede digger » 14 Déc 2011, 10:28

Image

"Black Flags and Windmills: Hope, Anarchy, and the Common Ground Collective" Scott Crow
L’histoire du Collectif Common Ground, créée en septembre 2005 à New Orleans.après le passage du cyclone Katrina . Scott est un anarchiste de Austin co-fondateur du Collectif avec notamment Malik Rahim, un ancien militant des Black Panthers
Il a aussi co-produit le film "Angola 3: Black Panthers and the Last Slave Plantation."

Article du NewYork Times sur Scott "For Anarchist, Details of Life as F.B.I. Target"
http://www.nytimes.com/2011/05/29/us/29surveillance.html?_r=1

Lire aussi l’article de Mariann G. Wizard / The Rag Blog / 13 décembre 2011
http://theragblog.blogspot.com/2011/12/books-mariann-g-wizard-scott-crows.html
Mariann est une amie d’Austin également. Nous avons échangé plus spécifiquement lors de l’action pour la libération de Marylin Buck
digger
 
Messages: 2068
Enregistré le: 03 Juil 2011, 07:02

LUIGI FABBRI, livre de G. Manfredonia parut en 1994

Messagede mimosa rouge » 25 Juil 2012, 22:41

J'ai trouvé ce livre il y 10 jours : "LUIGI FABBRI, le mouvement anarchiste italien et la lutte contre le fascisme" a la librairie de ML (Paris). c'est paru aux éditions du ML justement . beaucoup de sources à l'appui, des notes pertinentes pour completer le texte et quelques 400 pages constituent cette biographie thématique.
Bon déjà j'ai pris des risques car c'est un intellectuel, qui le dit lui même, reste loin du terrain des luttes et utilise ses capacités pour la propagande écrite . Mais faut que j'avoue que je recommande ce bouquin en fait.
Il montre un mouvement libertaire italien qui de 1919 à 1925 est influent (aprés, avec l'exil il va se couper du terrain et donc de l'expérimentation et s'enfermer dans les querelles idéologique, philosophiques).
Le Mvt est pret à debattre et a tirer des bilans des echecs et surtout il experimente le front unique sous differente forme (quitte à se planter par une approche très intellectuelle, comme si c'était un concept philosophique qu'on triture dans tous les sens avant de savoir s'en servir ). La période étudié va de 1919/1920 (Bienno Rosso) a l'année 35 (mort de Fabbri en exil en Argentine ).
Ainsi il est expérimenté un FU revolutionnaire pendant la situation révolutionnaire de 19/20 (mais qui en fait n'est pas révolutionnaire mais ouvrier tout court, de classe quoi !) ou il est assez vite démontré que si le front unique se limite à un accord entre organisations socialistes , les anarchistes restent les dindons de la farce et que de toute façon ces partis (Union Anarchistes compris) ne sont pas des organes de l'autonomie ouvrière mais roulent pour leur statégie propres et leurs conceptions du socialisme et surtout il est démontré que chacun attend le grand soir miraculeux (communistes compris) sans stratégie révolutionnaire. Les Anarchiste de L'UAI en tire comme conclusion qu'un minimum de "programme " révolutionnaire doit etre offert au débat et des outils anticapitalistes doivent etres expérimenté pour faire bouger le prolétariat qui sinon reste comme consommateur de beau discours enflammé, acclamme (élit, donc !) mais ne va pas jusqu'a prendre le pouvoir à son compte et par sa propre force. Les théorie spontanéïstes en sont chamboulés et le SR que je suis se sent un peu plus proche de ces malatestien de 1920 . Fabbri aborde la necessaire expérimentation ouvrière et la préparation dans des organisations de classe avant les situations d'urgences révolutionnaires en s'appuyant sur le fait que des milliers d'ouvriers sont passé en quelques mois des organisations les plus rouges au fascisme. C'est le consummérisme des exploités qui adhèrents aux orga syndicale ou politiques rouge pour seulement gagner des améliorations matériels immédiates sans reflexion et formation anticapitaliste et révolutionnaire . il attaque ainsi les faiblesses des organisations ouvrière : l'illusion du nombre et le verbalisme révolutionnaire . G. manfredonnia dit que Fabbri est le premier à en parler, je pense qu'à la même époque en france Marie Guillot et dans une moindre mesure P. Monatte on les même analyses même si elle ne se base pas dans une optique de compréhension du fascisme mais seulement de l'echec de la révolution.
Mais il est vrai aussi que les débats internes du mouvement (entre partisans de l'unité syndicale et partisans de l'autonomie de l'USI) son mis en veilleuses pour ne pas dechirer le mouvement anarchiste car il est vrai que la susceptibilité des dirigeant syndicaux (d'étiquette libertaire) est capable de casser l'unité même dans les pires moments .... :siffle: (c'est un point de vue perso, je vous rassure c'est pas dans le bouquin !)

Il y a aussi en toile de fond la période trouble ou le mouvement révolutionnaire italien hésite sur la caractérisation du fascisme et suit les étapes de la montée en puissance de ce mouvement ( Il n'est pas crée par le seul Mussolini mais touve sa gênese dans l'extrême gauche nationaliste pendant la guerre) . Même l'extreme gauche nationaliste ne suivra pas en bloc Mussolini . Le mouvement libertaire doit donc analyser un phénomene qui n'a pas encore pris toute sa mesure, qui avance de façon opportuniste, sans programme (Mussolini va jusqu'à soutenir Malatesta en prison, car le vieil anarchiste à une influence symbolique énorme dans les masses populaires ). les fascistes eux-même en 19/20 ne savait pas leur rôle que leur ferait jouer la repression à la sortie de la situation révolutionnaire .C'est la contre révolution préventive (car n'empechant pas la révolution mais venant après son echec comme une revanche sur les acquis obtenus après l'effort ouvrier ) dont a besoin la bourgeoisie qui va leur permetre d'obtenir un rôle centrale dans la politique italienne (le coup d'Etat, la marche sur Rome n'est utile que pour la mise en scène du coté prétendumment "subversif" du fascisme.) C'est donc à mettre au crédit des anarchistes d'avoir garder plus qu'un oeil ouvert et participer tôt à la lutte antifasciste. Le probleme étant le cadre anticapitaliste et de classe de cette lutte et les alliances elles aussi un opportunistes que vont tisser les anars ... Mais les echecs successifs, le sectarisme ultra gauche des communistes (qui les aveugles sur la nature du fascisme ) et la division syndicale n'ont pas aidé non plus !

Car lors de la lutte antifasciste on expérimente le front unique antifasciste mais alors là on sort du cadre de classe (surtout les militants exilés ) pour s'allier aux forces républicaines dans une alliance à minima (combatre le fascisme et abattre la monarchie, c'est à dire installer une république bourgeoise).
Bon on connait la fin .... évidemment ! et la période est trop courte pour que les Malatestien (et Malatesta lui-même ) applique leurs révision tactiques et stratégique (quoiqu'apparement Malatesta insiste pour ne pas qu'on parle de "révision" ) avant l'exil et la repression fasciste.

Je ne savais pas que les débats avait été si riche et expérimenté en Italie ...et surtout qu'il aurait pu servir d'exemple ou de point de départ à une réactualisation dans un sens plus ouvrier du front unique pour les années 30 . Et on voit aussi des tensions entre anarchistes et anarcho-syndicalistes sur le front unique justement, car il est inévitable que la question de l'unité entre l'USI (Union Syndicale Italienne, Syndicaliste Révolutionnaire exclu ou parti de la CGT avant guerre qui s'oriente vers l'anarcho syndicalisme après guerre ) et la CGT se pose même en voulant concilier toute les tendances du mouvement.
La suite de l'exil jusqu'en 35 est malheuresemnt plus poussive, les débats virent à la haine et au philosophisme . Les courants individualistes et spontanéïstes reprennent de l'influence sur cette base philosophico-idéologique et les italiens deviennent inaudible a travers leurs querelles de moins en moins politiques. Peut etre est ce la clé du faible bilan que va en tirer le mouvement anarchiste internationale ?

Le livre contient en seconde partie des écrit de Fabbri sur la lutte antifasciste mais je commence tout juste cette partie !
par contre , si vous aviez d'autres pistes plus larges (car étudier cette période sous l'angle de la vie de Fabbri c'est limité ! et on n'aborde que des débats de revue en fait ! et assez anarcho centré, ou tout doit etre vu sous l'angle anar, même la participation de libertaire aux arditi del popolo est un peu tu car les arditi sont loin d'etre anarchistes ) des livres à lire pour compléter (des points de vue d'autres tendances du socialisme, ou mêmes d'autres tendances libertaires ) merci d'avance et si parmis vous certains on lu ce livre qu'en on t-il retiré de different, de complémentaire ? peut etre avait vous des connaissances sur cette période et ce mouvement libertaire italien ?!
mimosa rouge
 
Messages: 472
Enregistré le: 10 Sep 2011, 18:13

Re: LUIGI FABBRI, livre de G. Manfredonia parut en 1994

Messagede SchwàrzLucks » 25 Juil 2012, 23:03

Sur la question de "Pourquoi le fascisme l'a emporté et pas le socialisme ?", Daniel Guérin tente d'analyser ça dans "Fascisme et Grand Capital". Il y est question de l'Italie et de l'Allemagne.
SchwàrzLucks
 
Messages: 406
Enregistré le: 18 Oct 2010, 21:39

Re: LUIGI FABBRI, livre de G. Manfredonia parut en 1994

Messagede digger » 26 Juil 2012, 08:46

Bruno Paleni
Italie 1919-1920 Les deux années rouge Fascisme ou révolution ?
Ed Les Bons Caractères 2011
Pas lu. Sais pas si c’est anarcho centré ou Mimo compatible :)
digger
 
Messages: 2068
Enregistré le: 03 Juil 2011, 07:02

Re: LUIGI FABBRI, livre de G. Manfredonia parut en 1994

Messagede mimosa rouge » 26 Juil 2012, 17:07

ha j'avais oublié : dans le bouquin on voit aussi une des faiblesses de presque tous les courants révolutionnaires de l'époque : l'inscription dans le plan strictement nationale de l'action et de la reflexion de ces anarchistes Italien . Il y a aussi les autres courants (libertaires compris) qui à l'étrangers on tendance à considerer le fascisme comme un produit italien, convenant aux mentalité latine .... (un peu raciste ça !) et avec peu de probalité de s'installer ailleurs en Europe (quelle reflexion matérialiste et clairvoyante !) Cela participera à marginaliser les expériences Italienne .

Merci pour les conseils ! j'avais lu (survolé en fait :oops: ) D. Guérin et je ne connais pas le bookin de Diggers ... a lire donc !
Sais pas si c’est anarcho centré ou Mimo compatible

ça fait toujours son p'tit effet cette expression ..... j'me distingue comme je peut !
mimosa rouge
 
Messages: 472
Enregistré le: 10 Sep 2011, 18:13

Re: LUIGI FABBRI, livre de G. Manfredonia parut en 1994

Messagede mimosa rouge » 27 Juil 2012, 09:54

Je remarque aussi en suivant la chronologie (mais je doit vérifier quand même !) que fabbri devellope sa thése avant Andreu NIN le catalan de l'ISR qui va pour le compte de l'ISR fournir une analyse du fascisme plus complete que celle que l'IC a pu produire (se basant sur les rapport des communistes ultra gauche d'Italie peut etre ?).
Nin se serait donc aligné sur l'analyse de Fabbri (sur le point de la "contre révolution préventive" et la refutation du caractere "Italien" du fascisme) si les dates sont bonnes ! voir http://bataillesocialiste.wordpress.com ... -lisr-nin/
mimosa rouge
 
Messages: 472
Enregistré le: 10 Sep 2011, 18:13

Re: LUIGI FABBRI, livre de G. Manfredonia parut en 1994

Messagede SchwàrzLucks » 27 Juil 2012, 16:08

mimosa rouge a écrit:Je remarque aussi en suivant la chronologie (mais je doit vérifier quand même !) que fabbri devellope sa thése avant Andreu NIN le catalan de l'ISR qui va pour le compte de l'ISR fournir une analyse du fascisme plus complete que celle que l'IC a pu produire (se basant sur les rapport des communistes ultra gauche d'Italie peut etre ?).
Nin se serait donc aligné sur l'analyse de Fabbri (sur le point de la "contre révolution préventive" et la refutation du caractere "Italien" du fascisme) si les dates sont bonnes ! voir http://bataillesocialiste.wordpress.com ... -lisr-nin/


Guérin s'appuie sur les thèses de Nin soit dit en passant. (dichotomie industrie lourde/industrie légère concernant le soutien aux fascistes)
SchwàrzLucks
 
Messages: 406
Enregistré le: 18 Oct 2010, 21:39

Re: LUIGI FABBRI, livre de G. Manfredonia parut en 1994

Messagede mimosa rouge » 31 Juil 2012, 12:43

Donc Guérin s'appuie les thèses de Fabbri :D. !
mimosa rouge
 
Messages: 472
Enregistré le: 10 Sep 2011, 18:13

Chronique livres

Messagede digger » 28 Jan 2013, 18:32

Image


Anarchy Alive! Les politiques antiautoritaires de la pratique à la théorie.Uri Gordon. Traduction et préface de Vivien Garcia. Lyon: Atelier de Creation Libertaire (2011)


L’anarchie est vivante, mais sait-elle à quel point elle l’est ? C’est peut-être le résumé le plus bref possible du livre de Uri Gordon. Et décrire à quel point elle l’est, rend difficile la tâche de résumer ce livre .

Vivien Garcia, traducteur de l'ouvrage et auteur de la préface, le situe à juste titre dans la tradition d'ouvrages universitaires anglophone "qui s'intéressent aux gestes et pensées anarchistes" :
"En Europe francophone, la traduction de cet ouvrage offre peut-être la première introduction générale à des préoccupations et courants qui structurent une bonne part des réflexions libertaires en Amérique du Nord et, par communauté linguistique, dans le monde anglophone"

Si ce livre est né d'une thèse universitaire - Anarchism and Political Theory:Contemporary Problems – et si Gordon est un universitaire, ce livre est avant tout celui d'un militant engagé et se lit comme tel.

La thèse du livre, au premier sens du terme comme il été dit plus haut, est la ré-émergence de l’anarchisme comme mouvement social, sous une forme contemporaine, en discontinuité marquée avec le mouvement ouvrier et paysan historique. L’anarchisme contemporain serait le point d’intersection des mouvement radicaux d’actions directs des années 60 – le féminisme, l’écologie, la résistance à l’énergie et aux armes nucléaires , à la guerre et à la mondialisation néo-libérale.

L’apparition d’une "nouvelle école" à côté d’une "ancienne école" en quelque sorte. Cette thèse est soutenue par Graeber (1) également, mais l’approche et les conclusions diffèrent quelque peu. Là où Graeber fait une distinction au sein du mouvement anarchiste, entre "groupes Anarchistes avec un A majuscule" qualifiés de "dogmatiques" (implicitement, avance Gordon, des organisations comme l'Internationale des Fédérations Anarchistes (IFA) ou la International Workers Association) et une tendance majoritaire d’anarchistes avec un a-miniscule ; Gordon réfute cette ligne de partage, mettant en doute que beaucoup de militantEs des A-majuscules conçoivent leur anarchisme de manière dogmatique, comme une ligne dictée "par le parti"

La différence repose selon lui non pas sur l’aspect dogmatique ou non, mais sur la culture politique, celle de la "vieille école" restant en grande partie étroitement liée avec l’histoire du mouvement anarchiste du XIXème siècle et du début du XXème.

La "nouvelle école", difficile à cerner, car ne se qualifiant pas toujours "anarchistes" , certainEs militantEs en refusant même le nom, repose sur ce que Jeff Juris a appelé la logique culturelle du travail en réseau réseau [ cultural logic of networking] :
"Cette forme d’organisation et de pratique politique est basée sur des structures non-hiérarchiques, une coordination horizontale de groupes autonomes, un accès ouvert, une participation directe, des modalités de prises de décision fondées sur le consensus et l’idée d’une circulation libre et transparente de l’ information"(2)

Là où l’organisation "traditionnelle" cherchera à recruter, la logique de réseau aura pour objectif " une expansion horizontale et "une connectivité" améliorée en articulant divers mouvements dans des structures d’information flexibles et décentralisée, qui permettent une coordination et une communication maximale" (2)

Les relations entre "nouvelle" et "vieille" écoles sont tendues.
"L’essai polémique de Murray Bookchin , [qui a été l'un des premiers à ouvrir le feu], - Social Anarchism or Lifestyle Anarchism: An Unbridgeable Chasm (3) - laisse entrevoir l’acceptation et la défense d’une orthodoxie anarchiste " à partir de laquelle les nouvelles tendances de l’anarchisme se voient niée toute légitimité et refuser la solidarité"

Gouffre insurmontable ? Gordon cite John Moore, qui plaide pour un "maximalisme anarchiste" où tout serait ouvert à la critique et à la réévaluation " en particulier quand on approche ces icônes que sont les vestiges de l’anarchisme classique ou les modes précédentes du radicalisme (par exemple, le travail, l’ouvriérisme, l’histoire) ou ces icônes caractéristiques de l’anarchisme contemporain (par exemple, le primitivisme, la communauté, le désir et – par dessus tout – la nature). Rien n’est sacré, encore moins les tabous fétichisés, réifiés de l’anarchisme" (4)

Gordon s'attache ensuite à approfondir les caractéristiques de "l'anarchisme contemporain" . Lorsqu'elle se fait en comparaison avec l'anarchisme social, on peut regretter, ou reprocher certaines approximations ou raccourcis hâtifs – mais peut-il en être autrement dans un ouvrage qui n'est pas destiné à en être une critique - ce qui ne retire rien de l'intérêt du travail de Gordon, écrit sur un ton non polémique, et qui, loin de vouloir apporter des réponses définitives, ni jeter le bébé de la "vieille école" avec l'eau du bain, ouvre des pistes de réflexions sur de nombreux sujets. La richesse de l'ouvrage et les nombreux thèmes abordés se prêtent, invitent, à la poursuite du débat et de la réflexion.

De ce débat et de ces réflexions, qui ne sont pas l'apanage d'une "nouvelle école", ni des chercheurs universitaires, mais que doivent s'approprier les militantEs,dépend sans doute l'avenir de l'anarchisme dans le XXIème siècle.
Parce que, comme le dit Gordon," L'anarchisme n'a pas encore dit son dernier mot"


1. L’Anarchisme, Ou Le Mouvement Révolutionnaire du Vingt et Unième Siècle . Andrej Grubacic & David Graeber (traduction)
http://forum.anarchiste-revolutionnaire.org/viewtopic.php?f=16&t=6858#p82921
Texte original : http://www.zcommunications.org/anarchism-or-the-revolutionary-movement-of-the-twenty-first-century-by-david-graeber Publié le 6 janvier 2004
2. Jeff Juris "Digital Age Activism: Anti-corporate globalization and the cultural politics of transnational networking" (2004); PhD thesis, University of California at Berkeley .
3. http://libcom.org/library/social-anarch ... y-bookchin
4.Maximalist Anarchism/Anarchist Maximalism, Social Anarchism 25; http://www.spunk.org

La thèse de Uri Gordon est disponible en ligne :Anarchism and Political Theory:Contemporary Problems
http://theanarchistlibrary.org/library/uri-gordon-anarchism-and-political-theory-contemporary-problems

On peut lire aussi la critique du livre par Wayne Price The Two Main Trends in Anarchism
http://theanarchistlibrary.org/library/wayne-price-the-two-main-trends-in-anarchism

La réflexion autour de cette "nouvelle école" de l'anarchisme peut se poursuivre sur le Forum Anarchiste Révolutionnaire et le topic Débat théorique/De nouvelles formes d'anarchismes? http://forum.anarchiste-revolutionnaire.org/viewtopic.php?f=69&t=6271
digger
 
Messages: 2068
Enregistré le: 03 Juil 2011, 07:02

Une (nouvelle) histoire réactualisée de l'anarchisme

Messagede Flo » 08 Fév 2013, 18:49

Edouard Jourdain, L'anarchisme, Paris, La Découverte, coll. « Repères », Janvier 2013, 125 p., ISBN : 978-2-7071-6909-9.

Image

S’inscrivant dans la politique éditoriale de la collection « Repères » de la Découverte, L’anarchisme d’Édouard Jourdain répond à une ambition à la fois de synthèse des savoirs sur ce courant philosophico-politique dont on ne peut que mesurer la méconnaissance, sans pour autant clôturer la présentation du libertarisme au label « anarchiste ». Ce court ouvrage entend ainsi présenter à la fois les théories anarchistes et les penseurs qui les ont portées, dans leurs points de rencontres philosophiques autant que dans les différences qui les séparent, mais aussi l’anarchisme « réalisé », c’est-à-dire la place de l’anarchisme dans les mouvements sociaux historiques et contemporains, et les réalisations politiques d’inspiration anarchiste ou libertaire. L’ouvrage est organisé en trois grandes parties : la première présente l’émergence de la pensée anarchiste et ses grandes doctrines ; la seconde porte sur la place de l’action anarchiste dans l’histoire — l’histoire révolutionnaire plus particulièrement ; la troisième partie s’intéresse à l’actualité de l’anarchisme et de ses pratiques.

La première partie de l’ouvrage s’ouvre sur une présentation des pères de l’anarchisme et de leurs variances théoriques, Proudhon (1809-1865) en tête de cortège. L’auteur de la célèbre phrase « la propriété privée c’est le vol », développe une théorie générale de la critique de l’autorité et de l’aliénation qui en découle : aliénation de la raison par la religion, aliénation de la volonté par l’État, aliénation des corps par la propriété. La réponse proudhonienne repose sur un « socialisme du crédit », visant à transformer la propriété capitaliste en possession anarchiste : une modalité de propriété dans laquelle seul le travailleur peut posséder son outil de production, le social s’organisant sur le mode de l’autogestion associative. Pour Bakounine (1814-1876) en revanche, la libération de l’homme passe par une profession de foi athéiste, la religion lui apparaissant comme l’archétype sur lequel se fonde la domination. À la différence de Marx, cependant, le religieux chez Bakounine n’est pas uniquement le produit de rapports de domination économique, mais au contraire, c’est l’idéologie qui est le support de l’aliénation, trouvant dans le processus de reproduction sociale et économique une certaine autonomie. Le modèle de la dictature du prolétariat est ainsi contesté comme moyen pour atteindre la liberté par Bakounine : une dictature ne peut avoir d’autre fin que de durer et se reproduire. L’anarcho-communisme de Kropotkine (1842-1921) propose une voie médiane, prônant la communauté des biens de production mais aussi des biens de consommation, là où la théorie de Proudhon met la possession au centre du projet libertaire. Enfin, Jourdain présente Stirner (1806-1856), quatrième nom « classique » de l’anarchisme, se rapprochant d’un nihilisme vivement critiqué par Bakounine. Pour Stirner, il n’existe pas de « grandes causes » : famille, patrie, société etc. sont des fétiches empêchant l’expression individuelle, la liberté se différenciant de l’individualité et s’apparentant à une utopie quasi-romantique, puisque limitée en soi par celle des autres. Seule l’individualité serait l’idéal à atteindre.

En marge des « pères fondateurs » se dessinent des théories politiques que l’on peut rattacher à l’anarchisme, parmi lesquelles l’anarchisme romantique (sensibilité vitaliste et millénarisme, organisation autogérée sur l’unité de l’ « humanisphère », cellule de base de l’organisation sociale) ; l’anarchisme religieux, représenté par Tolstoï ; l’anarcho-capitalisme (abolition de l’État, les lois du marché pouvant s’y substituer) etc. Le socialisme libertaire, enfin, incarné par Fournière et Malon, refuse à la fois l’économie marxiste et l’économisme libéral, la propriété coopérative permettant le développement des individualités.

La deuxième partie de l’ouvrage présente les implications historiques de l’anarchisme, qui trouve un terreau fécond dans l’agitation révolutionnaire européenne à la fin du XIXe siècle, en tête de laquelle l’expérience de la Commune de Paris dès le mois de mars 1871. De nombreux proudhoniens, tels que Courbet et Vallès, mais aussi de « nouveaux » anarchistes comme Louise Michel ou Élysée Reclus, s’investissent dans le mouvement révolutionnaire et contribuent à faire de la Commune une référence historique pour les libertaires. Outre les mouvements portés par Malatesta en Italie ou Makhno en Russie au moment de la prise de pouvoir par les soviets, on retiendra comme grand moment de l’expérience anarchiste les trois années de guerre civile en Espagne (1936-1939) qui voient la réalisation d’un période de « règne » libertaire. Menée par Buenaventura Durruti, l’autogestion de certaines zones sous formes de collectivités (notamment en Catalogne, au Levant et en Aragon) s’organise autour de trois grandes directions : les statistiques pour organiser l’économie, l’innovation technique pour rendre l’économie plus efficace et le développement de l’accès à la culture par la création d’écoles. Parmi les expériences vraiment marquantes de l’anarchisme espagnol, on notera plus particulièrement la séparation de la monnaie en deux catégories : la monnaie de consommation et la monnaie de production, basée sur l’échange et qui ne peut faire l’objet d’aucune spéculation. Le mouvement anarchiste espagnol s’inscrit dans « une guerre civile dans la guerre civile », puisqu’il est combattu à la fois par les franquistes mais aussi les communistes et les socialistes français, aboutissant in fine à la fuite de ses dirigeants lors de la victoire franquiste.

Le courant libertaire mobilise plusieurs voies d’expression : syndicalisme révolutionnaire et anarcho-syndicalisme, utilisant tantôt la grève comme moyen d’instaurer l’autogestion, tantôt le sabotage, allant parfois jusqu’au terrorisme : le point d’acmé est atteint le 24 juin 1894 quand le président Sadi Carnot est assassiné par l’anarchiste italien Caserio. Les attentats anarchistes servent alors d’argument à l’État français qui fait voter dès 1893 les « lois scélérates » prodiguant aux forces de l’ordre de nouveaux outils pour la répression des organisations libertaires1. La contestation anarchiste a également dans sa ligne de mire la lutte contre les empires en général (soutien aux soulèvements contre l’empire austro-hongrois en Bosnie-Herzégovine, contre l’empire Ottoman en Macédoine etc.) et contre les empires coloniaux en particulier. Le projet libertaire pose enfin sa marque dans une lutte culturelle contre l’idéologie dominante, imprégnant le mouvement de mai 68 où l’on réclame davantage d’autonomie pour le salarié comme pour l’étudiant. Ainsi, si ces mouvements ne sont pas à proprement parler anarchistes, ils sont, pour l’auteur, portés « en filigrane (…) par un certain souffle libertaire » (p. 78).

La dernière partie de l’ouvrage se penche sur l’actualité des mouvements anarchistes et sur leurs « dialogues », notamment avec le libéralisme. Si libéralisme et anarchisme partagent une même défiance à l’égard de l’État et une défense irréductible des libertés individuelles, le débat Chomsky/Foucault révèle une dissension anthropologique profonde entre les deux théories. Pour le libéralisme hobbesien, c’est la nature de l’homme d’être un loup pour l’homme et cela justifie la nécessité d’un contrat social ; à l’inverse, l’anarchisme considère que la liberté individuelle n’est pas innée et atomique, mais le produit de la liberté de tous permettant l’égalité. L’ouvrage ouvre ensuite la présentation de l’anarchisme aux « sensibilités libertaires », c’est-à-dire des personnalités ou des mouvements emprunts des idéaux libertaires sans véritablement s’en revendiquer. Citons « les non-conformistes des années 30 », mouvement né en réaction au crash boursier de 1929 et réclamant l’abolition de l’État et des classes sociales, ou encore les figures de George Orwell, Albert Camus, Jacques Ellul ou encore Cornélius Castoriadis2 appelant de ses vœux l’abolition du capitalisme d’État dans le cas de Castoriadis, ou encore de la technique en tant qu’outil d’aliénation dans les sociétés de consommation pour Ellul. Parmi les propositions de réalisation locales d’inspiration anarchiste, on trouve le municipalisme libertaire (recentrement de la vie sociale et politique à l’échelle locale de la commune pour aboutir à la propriété municipalisée) ou encore les zones autonomes temporaires (TAZ), où la cartographie du Web permet d’imaginer la création d’ « espaces libres autonomes », temporaires, locaux mais ouvrant à l’expérience de l’autonomie.

À l’issue de la lecture de cet ouvrage, le lecteur a le sentiment d’avoir ouvert un pan d’histoire politique relativement méconnu, ou, en tout cas, souvent rangé du côté du minoritaire. Au contraire, la variété des propositions des courants anarchistes et sa pérennité dans des champs divers révèlent la vitalité d’une pensée à la fois originale, mais corrélée aux mêmes questionnements que son contemporain marxiste : comment lutter contre l’aliénation ? Devant tant de variances, la question se pose finalement de savoir ce qui définit l’anarchisme et si la catégorie est réellement homogène ; mais au-delà de l’abolition de l’État ou des classes sociales, qui sont finalement historiquement et géographiquement définis, le socle de la pensée libertaire semble reposer sur deux postulats complémentaires. Le premier, l’idée que la société, avant l’économie, avant la politique, doit être autonome ; le second, que la liberté de l’homme ne découle pas de sa nature, mais s’acquiert, précisément, par l’autonomie.
Haut de page

Notes

1 Les « lois scélérates », adoptées en décembre 1893, permettent à la police de perquisitionner les locaux de la presse sur simple « délit d’apologie de faits qualifiés de crime » (p. 72), définissent le délit d’association de malfaiteurs, interdisent la propagande anarchiste et antimilitariste.

2 Castoriadis a récemment fait l’objet d’un numéro de la collection « Repères » par Jean-Louis Prat ; voir le compte rendu de François Thoreau : http://lectures.revues.org/10082.

- Synthèse faite par Célia Poulet

http://lectures.revues.org/10613

"La société à venir n'a pas d'autre choix que de reprendre et de développer les projets d'autogestion qui ont fondé sur l'autonomie des individus une quête d'harmonie où le bonheur de tous serait solidaire du bonheur de chacun". R. Vaneigem
Avatar de l’utilisateur-trice
Flo
 
Messages: 347
Enregistré le: 27 Mai 2012, 23:43

Parution du livre Anarchisme social et organisation

Messagede brasero social » 22 Oct 2013, 11:04

Comment s’organiser de la manière la plus efficace pour transformer la société de manière égalitaire et libertaire ? Comment s’organiser sans hiérarchie, tout en se donnant les moyens d’agir sur la réalité ? Comment développer des organisations populaires en mesure de transformer la société ? Comment éviter que ces organisations deviennent la proie des politiciens, des vendeurs d’illusion ou de structures mafieuses ?

Pour qui ne se satisfait pas de l’ordre social inégalitaire et liberticide actuel, ces questions sont incontournables. Le mouvement anarchiste, loin des idées reçues, a toujours accordé une place importante à la question de l’organisation.

L’Anarchisme et l’Organisation apporte un regard actuel sur le sujet, tout en mettant en valeur les acquis historiques du mouvement libertaire sur ce point. Ecrit dans un contexte de développement des luttes populaires et de renouveau de l’anarchisme sur le continent sud-américain et sur le plan international depuis les années 1990, ce texte apporte une réflexion utile au mouvement social comme au mouvement libertaire international, fondée sur l’expérience acquise au sein des mouvements populaires par les militantes et militants de la Fédération Anarchiste de Rio Janeiro.

306 pages, 12 euros 50 cts.

Disponible en commande directe auprès de l’éditeur (4 euros de participation aux frais de port de 1 à 5 exemplaires, offert au delà). Envoyer un mail pour plus d’info à braserosocial [AT] gmail.com

Ce livre est le premier né des éditions « Brasero Social », projet anarchiste-communiste franco suisse dédié à la traduction et l’édition de textes contemporains anarchistes sociaux.

Brasero Social
Chez la plume Noire
8 rue Diderot
69001 Lyon

Un espace de solidarité parmi d’autres ou on se réunit, on se serre les coudes, et on se réchauffe les mains sur les braises en ces temps d’hiver social. Des braises pour alimenter nos luttes populaires, pour combattre les inégalités économiques et sociales.

Une manière de diffuser des critiques contemporaines de la hiérarchie, du capitalisme, un projet de société communiste libertaire.

Bref, Brasero social, une association d’éditions autogérée, à base militante, qui veut contribuer à la diffusion d’une pensée anarchiste-communiste contemporaine, en provenance des 4 coins du monde !
brasero social
 
Messages: 1
Enregistré le: 22 Oct 2013, 10:16

Re: Parution du livre Anarchisme social et organisation

Messagede bipbip » 17 Nov 2013, 18:10

Dimanche 24 novembre 2013 à 19h à Paris
au Centre international de culture populaire (CICP), 21 ter, rue Voltaire (et non pas Boulevard Voltaire)

Rencontre débat avec un militant Anarchiste Brésilien

Rencontre débat avec un camarade anarchiste du Brésil, rendez-vous 19h au CICP (modification par rapport à l'affiche), 21 ter rue Voltaire, métro rue des boulets (ligne 9), organisé par la CGA région parisienne, Coordination des Groupes Anarchistes.

Rencontre-débat autour de l'anarchisme et l'organisation avec un militant brésilien de la CAB, coordination des anarchistes du bresil en tournée politique en Europe. Il présentera les luttes populaires auxquelles ils et elles participent, comme le mouvement Passe livre pour les transports publics et gratuits, ou encore le mouvement des occupations.A l'occasion, une présentation du livre Anarchisme social et organisation, de la fédération anarchiste de Rio de Janeiro, sortie aux éditions Brasero Social, sera faite.

http://www.demosphere.eu/rv/29461
Avatar de l’utilisateur-trice
bipbip
 
Messages: 34477
Enregistré le: 10 Fév 2011, 09:05

Les Anarchistes, Dictionnaire biographique du mvt libertaire

Messagede Pïérô » 21 Déc 2013, 12:39

"Les anarchistes.
Dictionnaire biographique du mouvement libertaire francophone"


En souscription
A paraître le 1er mai 2014

"Maitron des anarchistes" : la souscription

La collection du "Maitron", célèbre dictionnaire biographique du mouvement ouvrier, bientôt quinquagénaire, propose un nouveau volume consacré aux anarchistes. Son fondateur, Jean Maitron fut le premier historien en France du mouvement libertaire, et il fit entrer l’histoire de l’anarchisme à l’Université.

Fruit d’un travail collectif initié par Claude Pennetier (chercheur au CNRS, directeur du "Maitron") et Hugues Lenoir (FA et CNT), puis orchestré par Marianne Enckell (CIRA de Lausanne), Rolf Dupuy (CIRA de Lausanne), Anthony Lorry (Cedias-Musée social), Anne Steiner (université de Nanterre) et Guillaume Davranche (Alternative libertaire), ce dictionnaire de 528 pages a pour ambition de célébrer un siècle et demi de lutte en redonnant leur place aux principaux acteurs du mouvement libertaire : les militantes et les militants http://chrhc.revues.org/2160.

Cinq cents biographies, dont soixante sont illustrées, ont été retenues pour le dictionnaire papier, avec le souci de respecter la diversité du mouvement libertaire.

Ces vies exigeantes, intenses, "joyeuses" disait Léo Ferré, parfois tragiques, témoignent des différentes périodes, milieux et formes de l’engagement libertaire : les anarchistes les plus célèbres (Proudhon, Louise Michel) y côtoient des parcours plus modestes ; artistes et chanteurs (Pissarro, Ferré, Brassens, Cross) se mêlent aux théoriciens (Jean Grave, Sébastien Faure) ; illégalistes et propagandistes par le fait (Bonnot, Ravachol) cohabitent avec les figures fondatrices du syndicalisme révolutionnaire (Fernand Pelloutier, Pierre Monatte).

L’équipe des rédacteurs a souhaité dépasser les frontières hexagonales en intégrant les biographies de militants suisses, belges, québécois, de ceux partis pour les États-Unis ou de militants dont l’impact ou le rôle en France furent très importants (Bakounine, Max Nettlau).

À ce dictionnaire papier s’ajoutent plus de 2.500 biographies consultables sur le site Maitron-en-ligne http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/, auquel les acheteurs et souscripteurs auront accès.

Les Anarchistes. Dictionnaire biographique du mouvement libertaire francophone de Marianne Enckell, Guillaume Davranche, Rolf Dupuy, Hugues Lenoir, Anthony Lorry, Claude Pennetier et Anne Steiner. Avec une quarantaine d’auteurs. Éditions de l’Atelier, sortie prévue en mai 2014.

http://alternativelibertaire.org/?Maitr ... chistes-la


Bon de souscription à télécharger, valable jusqu’au 4 mars 2014. Tarif préférentiel : 40 € au lieu de 50 € (prix public du livre à partir du 1er mai 2014).
http://alternativelibertaire.org/IMG/pd ... es_BAT.pdf
Image------------ Demain Le Grand Soir --------- --------- C’est dans la rue qu'çà s'passe --------
Avatar de l’utilisateur-trice
Pïérô
 
Messages: 22042
Enregistré le: 12 Juil 2008, 21:43
Localisation: 37, Saint-Pierre-des-Corps

Re: Parution du livre Anarchisme social et organisation

Messagede bipbip » 05 Jan 2014, 11:52

Vendredi 17 janvier 2014

à 20h, à Antigone, café-bibliothèque, 22 rue des violettes, 38100 Grenoble

Présentation d’"Anarchisme social et organisation" de la Fédération Anarchiste de Rio de Janeiro par les traducteurs.

A partir de l’expérience au sein des mouvements populaires des militant-e-s de la FARJ, ce texte apporte un regard actuel sur la question de l’organisation au sens le plus large du terme. Une présentation du courant specifiste, vivace en Amérique latine, inspiré des théories développées par Bakounine et Malatesta.

Image

http://grenoble.indymedia.org/2014-01-0 ... ganisation
Avatar de l’utilisateur-trice
bipbip
 
Messages: 34477
Enregistré le: 10 Fév 2011, 09:05

Chroniques et présentations livres

Messagede bipbip » 27 Sep 2015, 02:09

Lire : Freddy Gomez « Éclats d’anarchie »

Une écriture précise, une narration instructive, des analyses souvent pertinentes : ce sont les Mémoires de Freddy Gomez, discret animateur de la revue A Contretemps.

Depuis 2001, cet exigeant bulletin de « critique bibliographique » – désormais exclusivement sur le web – s’est distingué par son goût pour une histoire démythifiée du mouvement libertaire. Se situant dans la même veine, les quelque 500 pages de ces Éclats d’anarchie, sous-titrés « Passage de mémoire », ne déçoivent pas les attentes.

L’enfance de Freddy Gomez, c’est le milieu de l’Exil espagnol, dans le Paris des années 1950-1960 : une vie chiche, l’entraide, les rendez-vous dominicaux au siège de la CNT, rue Sainte-Marthe, le cérémonial des meetings en rouge et noir, la camaraderie mais aussi les dissensions entre vaincus du franquisme, les yeux rivés sur une Espagne désormais hors d’atteinte.

C’est ensuite le lycée Michelet de Vanves, temple de l’ennui et de l’autorité en blouse grise, dont les instances sont littéralement balayées par la déferlante de Mai 68. S’ensuit, pour une partie de sa génération, le feu d’artifice d’un gauchisme effréné. Gomez, lui n’y trempe qu’un pied vite retiré. La vieille culture anarcho-syndicaliste de ses parents, très prosaïque, semble le préserver des emballements existentiels et spontanéistes qui caractérisent l’époque.

En fait, Freddy Gomez est un militant circonspect, de ceux qui épaulent le mouvement libertaire du dehors, mais évitent de s’y engager pleinement. Cette position aurait pu le faire glisser vers le rôle du commentateur « indépendant », autosatisfait ou donneur de leçons comme on en connaît trop. Il n’en est rien. Dans son livre, il évite les jugements à l’emporte-pièce, il choisit ses mots, il nuance, s’efforçant d’examiner le passé de façon la fois humaine et lucide.

Il livre ainsi des commentaires sévères sur l’action du Mouvement ibérique de libération (MIL) à la fin du franquisme, et une analyse quelque peu mélancolique de la reconstruction éclair de la CNT espagnole, puis de son irrésistible « déconstruction » entre 1975 et 1978. A l’époque, Gomez vit entre la France et l’Espagne, et participe à la revue Frente Libertario, émanation d’une tendance de l’Exil qui cherche à réaliser la jonction entre l’anarcho-syndicalisme historique et les nouvelles formes de contestation ouvrière et sociétale dans la péninsule.

C’est à cette époque qu’il réalise une série d’entretiens avec des témoins capitaux de la Révolution espagnole – Diego Abad de Santillán, Felix Carrasquer, Juan García Oliver, José Peirats, entre autres.

Après sa période espagnole, Freddy Gomez « reprend le collier » et, dans les années 1980, devient un militant en vue de la CGT-Correcteurs, syndicat « pas comme les autres » qui, incrusté dans ce bastion stalinien qu’est la fédération du Livre, maintient son référent syndicaliste révolutionnaire. C’est une époque où la révolution technologique dans la presse bouleverse tous les repères d’un monde ouvrier sommé de s’adapter ou de disparaître. Gomez décrypte les stratégies dissonantes qui cohabitèrent, à ce sujet au sein de la fédération du Livre.

Ces mémoires s’achèvent sur des souvenirs plus récents, liés à l’aventure de la revue A Contretemps à partir de 2001, et sur des considérations plus générales – sur la question de la violence, sur le syndicalisme... Il consacre également quelques pages amères à la vogue postmoderniste des années 1970 qui, lovée dans la contre-révolution libérale, a œuvré à désarmer la pensée révolutionnaire.

Guillaume Davranche (AL Montreuil)

• Freddy Gomez, Éclats d’anarchie – Passage de mémoire, conversations avec Guillaume Goutte, éd. Rue des cascades, 2015, 496 pages, 18 euros.


http://alternativelibertaire.org/?Lire- ... z-Eclats-d
Avatar de l’utilisateur-trice
bipbip
 
Messages: 34477
Enregistré le: 10 Fév 2011, 09:05

PrécédenteSuivante

Retourner vers Editions, livres et textes, salons/fêtes du livre

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun-e utilisateur-trice enregistré-e et 1 invité