Editions Spartacus

Editions Spartacus

Messagede bipbip » 29 Oct 2016, 18:36

Marcel Body

Un ouvrier limousin au coeur de la révolution russe

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Né à Limoges dans une famille ouvrière en 1894 et mort en 1984, Marcel Body devient apprenti typographe. En 1910, la mort de Tolstoï lui fait découvrir l’œuvre et les conceptions sociales de celui-ci qui, à leur tour, l’incitent à apprendre le russe. Pendant la guerre, l’Armée cherche des volontaires pour une mission d’instruction en Russie, et Marcel Body s’y joindra ; il arrive en Russie juste après la révolution de Février, assiste à celle d’Octobre. À la fin de l’été de 1918, avec quelques autres membres de la Mission militaire, en désaccord comme lui avec la politique d’intervention armée de la France contre le régime soviétique, il se met au service des bolcheviks, notamment pour la propagande du nouveau régime en direction des Français. Il mènera alors différentes missions pendant la guerre civile, préparera les premiers congrès de l’Internationale communiste, puis travaillera pour le ministère des Affaires étrangères. En 1921, prenant déjà quelques distances vis-à-vis du régime, il sera nommé à la représentation soviétique à Oslo. Il y travaillera plusieurs années aux côtés d’Alexandra Kollontaï, militante de premier plan dans les années précédentes de l’Opposition interne du Parti communiste. Mêlant scènes de la vie quotidienne et réalités de la mise en place du pouvoir soviétique, sans négliger les personnalités, les affrontements et les débats, Marcel Body nous a livré un témoignage de premier ordre sur cette période cruciale.

Parution : 10/12/2015
ISBN : 9791094106143
Format papier : 304 pages (15 x 24 cm)
18.00 €

http://spartacus.atheles.org/livres/uno ... utionrusse




Michel Cordillot

Eugène Varlin, internationaliste et communard

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D’Eugène Varlin, exécuté sommairement comme tant d’autres à la fin de la semaine pendant laquelle le gouvernement de Thiers noya la Commune dans le sang, on retient d’abord la figure lumineuse de rigueur et de probité qui fut la sienne pendant les quelques semaines qu’elle dura, notamment lorsqu’il fut en charge de ses finances. Maxime Du Camp, l’un des pourfendeurs les plus méprisants de la Commune, alla jusqu’à déplorer la manière dont il fut tué, à 32 ans.
Mais auparavant, pendant les dernières années du Second empire, Eugène Varlin avait déployé une énergie extraordinaire et fait preuve de talents de rassembleur et d’organisateur rarement égalés pour amener le monde ouvrier, et d’abord celui de Paris, fait d’ouvriers des fabriques et d’artisans, à s’associer et à se fédérer. C’était pour lui une étape indispensable non seulement pour que ceux-ci puissent défendre leurs conditions de travail et d’existence, mais aussi pour qu’ils se préparent à mettre en œuvre eux-mêmes un jour « l’outillage social et l’organisation de la production ».
Lorsqu’enfin, en 1864, le délit de «coalition» est abrogé, Eugène Varlin va initier et faire vivre divers organismes d’assistance mutuelle propres aux ouvriers mais aussi un magasin d’alimentation et une série de restaurants ouvriers coopératifs. En 1864 encore, un petit groupe d’ouvriers crée la section française de l’Association internationale des travailleurs et Eugène Varlin les rejoint. Partisan inlassable de l’organisation des ouvriers en syndicats, ses efforts seront couronnés en 1869 par la formation de la première fédération parisienne des sociétés ouvrières. Il poussera également à la présentation de candidatures ouvrières aux élections, indépendantes des partis bourgeois, même radicaux, profondément convaincu que « l’émancipation sociale des travailleurs est inséparable de leur émancipation politique » et que pour cette dernière aussi ils ne peuvent compter que sur eux-mêmes.

Parution : 24/08/2016
ISBN : 9791094106167
Format papier : 236 pages (15x21)
13.00 €

http://spartacus.atheles.org/livres/eug ... tcommunard
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Re: Editions Spartacus

Messagede Pïérô » 11 Fév 2017, 20:16

Alexandre Skirda
Kronstadt 1921
Soviets libres contre dictature de parti

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La révolte en 1921 de la garnison et des ouvriers de l’île de Kronstadt, près de Petrograd, a immédiatement été présentée par le régime soviétique comme l’action de contre-révolutionnaires téléguidés, selon les cas, par les Russes blancs ou les mencheviks. L’origine, les motivations, les revendications, les formes prises par ce mouvement, ainsi que la répression féroce qu’il a subie furent inévitablement ensevelies sous les torrents de la propagande. Quand Trotski devint un dénonciateur de premier plan du régime soviétique, lui-même et ses partisans n’en continuèrent pas moins à relayer cette même propagande.
En France, même si des militants anarchistes avaient signalé les événements de Cronstadt, il faudra attendre 1949 et la publication chez Spartacus de La commune de Cronstadt d’Ida Mett pour mieux connaître le contenu et le déroulement du soulèvement.
Si c’est en 1972, déjà, qu’Alexandre Skirda a publié son premier ouvrage sur Kronstadt, les contacts qu’il a pu nouer dans les années suivantes et les documents jusqu’alors tenus secrets rendus publiques en Russie auxquels il a pu accéder lui ont permis d’enrichir considérablement le récit et l’analyse des événements. Il s’appuie notamment sur des témoignages de première main, en particulier celui du commandant provisoire de Kronstadt ; on trouvera aussi dans ce livre des photos inédites des insurgés.

Février 1921 : alors que le régime bolchevik sort vainqueur de la guerre civile qui s’achève et à laquelle va succéder une effroyable famine, il doit faire face au mécontentement de la population ouvrière et paysanne, plongée dans le plus grand dénuement et privée de toute liberté d’expression et d’association.
C’est pour soutenir les ouvriers de Petrograd, qui se sont mis en grève tout au long de ce mois de février pour protester contre la pénurie extrême à laquelle ils doivent faire face, que les marins, les soldats et les ouvriers de l’île de Kronstadt se sont réunis et ont dressé une liste de revendications. Au premier rang de celles-ci, ils placent le rétablissement des libertés fondamentales pourtant inscrites dans la constitution de 1918 : les droits d’expression, d’association, de réunion ; le vote à bulletin secret ; l’élection dans ces conditions de nouveaux soviets ; les libertés de changer d’emploi et de se déplacer ; la fin des privilèges du parti bolchevik et la suppression de la police politique. Dans un article de leur journal, les insurgés donne le sens véritable qu’ils veulent donner à leur mouvement : « C’est ici, à Kronstadt, qu’est posée la première pierre de la IIIe révolution, celle qui brisera les dernières chaînes des masses laborieuses et ouvre une nouvelle et large voie pour l’édification socialiste…Les ouvriers et les paysans doivent aller en avant, de manière irréversible, laissant derrière eux l’Assemblée constituante et son régime bourgeois, la dictature du parti communiste, des tchékas et du capitalisme d’État , qui étouffent le prolétariat et menacent de l’étrangler définitivement. »
Alexandre Skirda ne fait pas que décrire cette éphémère tentative de rétablir la démocratie soviétique et la répression féroce qui s’abattra sur elle – « une nécessité tragique » écrira plus tard Trotski, cherchant à minimiser son rôle mais le justifiant toujours. Faisant appel à des documents jusqu’ici inédits, il la replace dans la lignée des affrontements qui ont opposé depuis 1918 ouvriers et paysans au pouvoir léniniste et il retrace la façon dont les historiens, aussi bien soviétiques qu’occidentaux, ont rendu compte de cet épisode au plus haut point représentatif de la nature de ce pouvoir.

Parution : 06/02/2017
ISBN : 9791094106204
Format papier : 376 pages (15x23 cm)
23.00 €

http://spartacus.atheles.org/livres/kronstadt1921
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Re: Editions Spartacus

Messagede bipbip » 15 Jan 2018, 23:31

Algérie 1954-1965, un combat anticolonialiste

l’opportune réédition d’un livre de Daniel Guérin

Les Éditions Spartacus ont eu la bonne idée de rééditer, dans une version augmentée, le recueil de textes sur ses engagements aux côtés des nationalistes algériens que le grand militant anticolonialiste et historien Daniel Guérin (1904-1988) avait écrits à l’époque et qu’il avait réunis en 1979 sous le titre "Quand l’Algérie s’insurgeait, 1954-1962". Il s’agit là du témoignage majeur d’un « anticolonialiste indocile », exclusivement animé par les exigences de solidarité et de vérité.

Présentation de l’éditeur.

Aujourd’hui, seules une minorité de la population française et une minorité bien plus faible encore de la population algérienne ont vécu les années de guerre qui ont abouti en 1962 à l’indépendance de l’Algérie. Pourtant, cette période et les souffrances qu’elle a causées suscitent encore de fortes émotions des deux côtés de la Méditerranée. L’Algérie en France, la France en Algérie restent des plaies ouvertes.
Il n’est donc pas inutile de revenir sur les conséquences qu’a eues la lutte des Algériens pour leur indépendance sur l’évolution politique des deux pays. Les conflits internes du côté algérien, la paralysie politique du côté français ont influencé de façon durable l’exercice du pouvoir dans les deux pays.
Militant anticolonialiste dès les années 1930, Daniel Guérin a soutenu avec lucidité pendant plus de trente ans le combat pour l’indépendance de l’Algérie. Il en a rendu compte sur le moment, ainsi que des positions de ses partisans ou adversaires français, dans des articles de journaux. Ceux qui sont rassemblés dans ce livre donnent sous une forme ramassée et extrêmement vivante une large vue des événements qui ont abouti d’abord au retour de Charles de Gaulle au pouvoir en 1958, puis à l’indépendance de l’Algérie en 1962 et enfin au coup d’État de Houari Boumediene en 1965.

Daniel Guérin (1904-1988), militant révolutionnaire et anticolonialiste, fut aussi un militant de la cause homosexuelle. Son parcours politique l’amena sans sectarisme dans les rangs du syndicalisme révolutionnaire, de la gauche socialiste, des groupes trotskystes puis des organisations libertaires. Homme de lettres, historien, son œuvre continue à susciter un intérêt dont témoignent les rééditions récentes de ses livres.

Daniel Guérin, "Algérie 1954-1965, un combat anticolonialiste", avant-propos de Mohammed Harbi, préface de Daniel Guerrier, Spartacus, novembre 2017, 250 p., 14 €.

http://histoirecoloniale.net/Algerie-19 ... liste.html
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