Histoire

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Messagede bipbip » 29 Juil 2017, 18:32

Voline

LA RÉVOLUTION RUSSE

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Acteur et témoin des révolutions russes, théoricien, Vsevolod M. Eichenbaum, dit Voline (1882-1945) revient sur le processus complexe qui a conduit la Russie aux bouleversements de 1905 et 1917, tout en insistant sur leur spontanéité.

Au XIXe siècle, la Russie est une monarchie absolue, s’appuyant sur une aristocratie militaire et foncière, sur un clergé nombreux et dévoué et sur une masse paysanne de plus de cent millions d’âmes, illettrées et fidèles au Tsar. 90% de la population vit de l’agriculture. Les terres appartiennent à l’État ou aux « pomestchiks ». Les paysans sont leurs serfs. Ils attendent tout du Tsar, de leur « petit père », c’est pourquoi les quelques révoltes sous le règne de Nicolas 1er (1825-1860) sont essentiellement locales, même si elles sont de plus en plus nombreuses. Si le régime, fondé sur un féodalisme agraire, se renforce en État bureaucratique et policier, l’essor de l’industrie et de l’enseignement permet le développement d’une importante classe intellectuelle particulièrement critique vis-à-vis de l’absolutisme et du servage.
Alexandre II, face à la montée des mécontentements, abolit le servage en 1961 et délègue certains pouvoirs aux municipalités. Pourtant, la jeunesse intellectuelle ne peut s’en contenter. De nombreux attentats sont commis contre des hauts fonctionnaires entre 1870 et 1880. Le mouvement Narodnaïa Volia (Volonté du peuple) assassine le tsar le 1er mars 1881.
Alexandre III tente d’étouffer toute contestation en restaurant l’État policier et bureaucratique mais l’apparition du marxisme et d’un prolétariat industriel aboutit à la formation du Parti ouvrier social-démocrate russe en 1898 puis, en 1901, à la naissance du Parti socialiste révolutionnaire qui réclamait la socialisation immédiate et complète des terres.
Le pouvoir fonde un mouvement autour du Pope Gapone pour tenter de canaliser et contrôler la colère des ouvriers à Saint-Pétersbourg mais il fut rapidement débordé : première grève ouvrière dans les usines Poutilov en décembre 1904 qui devient rapidement grève quasi générale. Une pétition est rédigée pour être remise au Tsar le 9 janvier 1905. La foule ne pourra atteindre le palais d’hiver : des milliers de personnes furent tuées. Ce jour-là, le tsar tua lui-même sa « légende », ce que n’avait réussi l’attentat de 1881.
Voline raconte la création du premier soviet ouvrier qu’on lui proposa de diriger en lui fournissant de faux papiers pour le déclarer ouvrier. Ce qu’il refusa. Ce conseil siégea régulièrement, publia une feuille d’information régulière et dirigea le mouvement ouvrier à Saint-Pétersbourg. Trotski y entra rapidement et en devint secrétaire.

La colère grandit, les troubles se multiplièrent pendant le reste de l’année 1905. Début octobre la grève paralysa le pays au point de faire céder le gouvernement. Le 17 octobre, le Tsar publia une liste de promesses : libertés politiques, constitution, création d’un parlement, la Douma, ce qui brisa l’élan révolutionnaire. Puis, trouvant de l’argent notamment grâce à l’emprunt français (emprunt russe), il put réprimer, interdire la presse, arrêter les responsables. Suivirent douze années caractérisées par la dégénérescence du système absolutiste et la rapide et profonde prise de conscience des masses.
Le 25 février, criant « Du pain ! », le peuple descend spontanément et massivement dans la rue à Pétrograd. Le 27, soutenu par l’armée, il déborda la police, pris d’assaut la Douma où se constitua un gouvernement provisoire qui fit signer son abdication au Tsar. De février à octobre, les gouvernements qui se succédèrent, selon un modèle de monarchie constitutionnelle, furent impuissants face aux problèmes économiques et internationaux (la guerre). Des soviets se mirent en place partout.
Voline explique que les bolcheviks l’on emporté sur les anarchistes parce que l’État et le gouvernement paraissaient indispensables aux masses, que la littérature anarchiste était nettement moins diffusée en Russie, que les cadres bolcheviks réfugiés et formés à l’étranger étaient beaucoup plus nombreux, rentrés dès février. Il défend les anarchistes contre le reproche de n’avoir pas, renonçant momentanément à leur négation des partis, de la démagogie, du pouvoir, agit « à la bolchevik », c’est-à-dire de former une sorte de parti politique et de tâcher de prendre provisoirement le pouvoir, pour organiser ensuite l’anarchie. « On est anarchiste parce qu’on tient pour impossible de supprimer le pouvoir, l’autorité et l’État à l’aide du pouvoir, de l’autorité et de l’État et des « masses entraînées ». Dès qu’on à recours à ces moyens - ne fut-ce que « momentanément » et avec de très bonnes intentions -, on cesse d’être anarchiste, on renonce à l’anarchisme, on se rallie au bolchevisme. » Enfin, il accuse les bolcheviks d’avoir emprunté leurs mots d’ordre aux anarchistes : la révolution sociale, l’appel à la paix, la terre aux paysans, les usines aux ouvriers, en les dénaturant, ce qui entretint la confusion.

Les anarchistes envisageaient une transformation en dehors de toute organisation étatiste. Les bolcheviks voulaient au contraire un état omnipotent, un gouvernement tout-puissant, un pouvoir dictatorial.
Les anarchistes pensaient que les masses devaient quitter le front, proclamant leur refus de se battre stupidement pour les intérêts capitalistes, leur dégoût pour cette boucherie, ce qui entraîneraient les soldats des autres pays et la révolution mondiale. Les bolcheviks étatistes voulaient une paix négociée diplomatiquement.
Les anarchistes comptaient mettre à disposition de ceux qui voulaient les cultiver, les terres, et les usines, aux coopératives ouvrières, tandis que les bolcheviks voulaient qu’elles deviennent propriétés de l’État.
Les anarchistes voulaient vraiment donner tout le pouvoir aux soviets.

Assuré du soutien des marins de Cronstadt, des troupes de Petrograd et des masses travailleuses, le Comité central du parti bolchevik fixe la date de l’insurrection au 25 octobre. Sans action ni combat, le gouvernement "provisoire" de Kerenski est cerné puis arrêté. Voline raconte qu’à 11 heures du soir, il se trouvait dans les rues de Petrograd lorsqu’un véhicule jeta devant lui un paquet de tracts annonçant la formation du nouveau gouvernement, Lénine en tête.
Moscou, par contre, connu dix jours de combats acharnés. La guerre civile qui devait durer jusqu’à 1921, venait de commencer, avec les mouvements menés par le général Denikine parti d’Ukraine, du général Wrangel dans le Sud, de l’amiral Koltchak dans l’Est.
Son récit est parsemé d’anecdotes de première main, source historique importante et souvent inédite, comme lorsqu’il révèle que c’est un simple marin de Cronstadt, de garde à l’Assemblée constituante qui provoqua sa destitution, une nuit, en évacuant la salle car le corps de garde était fatigué.
Dès lors, les thèses bolcheviks vont être mises en pratique. L’élite, le gouvernement dit « ouvrier » va exercer la dictature du prolétariat. Lénine, en véritable dictateur, bravant l’opinion des masses et de ses propres camarades partisans d’abandonner le front, accepta la paix offerte. La « dictature du prolétariat » l’emporta sur le prolétariat. Le gouvernement étatisa tout, jusqu’à la parole et la pensée. Le capitalisme d’État devint le système politique, économique, financier et social en URSS. La prétendue industrialisation du pays aboutit à quelques érections et constructions impraticables et inutiles. Le fameux « plan quinquennal » s’effondra en une faillite ahurissante. La prétendue « collectivisation » étatiste de l’agriculture n’était qu’une immense entreprise de servage militarisé.
La condamnation de Voline est sans appel. Il répète qu’il ne faut pas confondre révolution sociale et bolchévisme. Pour lui, plus les difficultés étaient grandes plus il fallait, justement recourir à la libre initiative. « Non, Lénine et des camarades ne furent jamais des révolutionnaires. Ils ne furent que des réformistes quelques peu brutaux qui, en vrais réformistes recoururent toujours à de vieilles méthodes bourgeoises. »
Il s’en prend également à quelques « légendes », affirmant que dans toutes les offensives contre-révolutionnaires importantes, l’Armée rouge était en déroute. C’est le peuple en révolte et partiellement en arme qui battait les Blancs. Il raconte le soulèvement de Cronstadt en 1921 et l’atrocité de la répression, le mouvement makhnoviste en Ukraine, lutte désintéressée, héroïque et inégale pour la vraie révolution sociale intégrale, antiétatiste et antiautoritaire auquel il participa également.

En conclusion, Voline affirme sa conviction que la révolution russe de 1917 n’est pas un événement isolé historiquement ou nationalement mais un processus social d’envergure mondial qui vient seulement de commencer. Le monde actuel est entré dans l’époque de la grande révolution sociale mais se trouve seulement au début de sa période destructrice. Le bolchevisme représente une expérience négative. Le pouvoir ne se maintient qu’à l’aide d’une terreur policière, d’une tromperie, d’une démagogie inouïe et d’une violence armée sans précédent. Il appelle en premier lieu à détruire le préjugé autoritaire et étatiste.

Il explique beaucoup plus en détail que nous ne l’avons rapporté, l’évolution des différents rapports de force, notamment des mouvements anarchistes.
Son exposé, très personnel, doit être lu car il dénote de la plupart des récits habituels.
En cette année anniversaire, cette nouvelle publication d’une analyse lucide de l’échec du socialiste autoritaire, s’imposait.

LA RÉVOLUTION RUSSE
Suivi de LE FASCISME ROUGE
Voline
230 pages – 10 euros
Éditions Libertalia – Paris – Avril 2017
Première publication comme article de L'Encyclopédie anarchiste de Sébastien Faure (1925 à 1934)

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Re: Histoire

Messagede bipbip » 04 Aoû 2017, 10:09

LECLERCQ, Jacques (Trainer). Extrême gauche et anarchisme en mai 68 : avant, pendant, après : 50 ans d’histoire

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Sommaire
Définitions, repères, index des groupes cités — Index des principaux groupes cités — Les groupes trotskistes — La tendance Pierre Franck, Ernest Mandel, Alain Krivine : du Parti communiste internationaliste à la Jeunesse communiste révolutionnaire — Les lambertistes, de l’Organisation communiste internationaliste et la Fédération des étudiants révolutionnaires, jusqu’à aujourd’hui — L’Union communiste et Voix ouvrière — Autres formations — La mouvance marxiste-léniniste-maoïste — Vers le Parti Communiste Marxiste-Léniniste de France (PCMLF) — Le cas de l’Union de la Jeunesse Communiste Marxiste-Léniniste (UJCML) — Divers groupes — Libertaires et anarchistes — La Fédération Anarchiste (FA) — Le reste de la galaxie — L’ultra-gauche — Les bordiguistes — Les conseillistes — Les situationnistes — Les Autonomes — Le Parti Socialiste Unifié (PSU).

4e de couverture
"Voici un document original sur un sujet où beaucoup d’écrits ont déjà été réalisés. Il s’agit cette fois de présenter l’activité des organisations d’extrême-gauche et anarchistes durant trois périodes : la genèse de ces mouvements, en remontant à leurs racines, puis leurs activités durant les événements de Mai-Juin 1968, pour terminer par l’après-68 jusqu’à nos jours. Les organisations et publications sont classées par courant : anarchiste, maoïste, trotskiste, ultra-gauche. Une présentation des luttes contre la loi travail de 2016 et de Nuit-Debout complète cet ouvrage qui est richement illustré par des documents des époques concernées. Ce sont des parcours atypiques, ponctués de scissions, exclusions et dissolutions, concernant des mouvances trop méconnues."

L’Harmattan, [2017]. 564 p.ill.

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Messagede bipbip » 14 Sep 2017, 18:15

LES CHEMINS DU COMMUNISME LIBERTAIRE EN ESPAGNE – 1868-1937

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À partir de juillet 1936, une partie de l’Espagne mit en pratique le principal objectif révolutionnaire des courants marxistes et libertaires du XIXe et XXe siècle : l’abolition du travail salarié. Myrtille, membre des Giménologues, groupe de chercheurs non académiques sur la révolution espagnole, entreprend la présentation du processus qui a mené à l’expérimentation du projet communiste libertaire.

Les Espagnols du début du XIXe siècle étaient encore imprégnés de « mentalités pré-capitalistes ». Ils détenaient toujours leur savoir-faire et disposaient d’une certaine autonomie dans leur labeur. Ils ne connaissaient que le premier stade du processus de subordination de la force du travail à la logique d’accumulation du capital.
Selon Élisée Réclus, le géographe anarchiste, le principe du fédéralisme semble « écrit sur le sol même de l’Espagne, où chaque division naturelle du canton a conservé sa parfaite individualité géographique. »
En 1835, apparurent les sociétés ouvrières de résistance qui devinrent le creuset de grèves et de révoltes contre les conditions de travail dans les premières industries et contre l’introduction de machines.
En 1840, furent fondées à Barcelone la première coopérative de consommation et les sociétés de protection mutuelle qui se regrouperont dans l’Association des Travailleurs dès janvier 1841.
La première grève générale en Espagne démarra dans la région de Barcelone le 2 juillet 1855 au cri de « L’association ou la mort ! ».
En 1857 en Andalousie, puis en 1959 en Estramadure, les paysans affrontèrent la Guardia Civil et occupèrent des terres lors de véritables insurrections.
Le refus de négocier entraîna la radicalisation sous forme de boycotts des entreprises, sabotages industriels, attentats. La répression multiplia la création de sociétés secrètes.
Réunis en congrès à Barcelone en juin 1870, 90 délégués représentant 40 000 travailleurs et 150 sociétés ouvrières, fondèrent la Fédération Régionale Espagnole (FRE), section espagnole de l’AIT. Ils exprimèrent leur accord avec le collectivisme d’inspiration bakouninienne qui prônait l’appropriation des moyens de production et leur gestion directe par les travailleurs eux-mêmes, le maintient de la propriété individuelle du produit intégral du travail de chacun, après l’écroulement du capitalisme et de l’État, en opposition au collectivisme autoritaire qui préconisait l’administration des richesses par un État planificateur au service du prolétariat.
En 1871, la Commune de Paris aboutit à une rupture historique, l’impossibilité d’une réconciliation sociale et le basculement vers l’action révolutionnaire violente : la guerre entre celui qui sans rien produire, consomme tout et celui qui, produisant tout, n’a pas de pain à donner à ses enfants.
En septembre 1872, la FRE adhère complètement aux principes fédéralistes avec autonomie des sections, adoptés au Congrès de l’Internationale Antiautoritaire de Saint-Imier.
Lors de la grève insurrectionnelle des ouvriers du papier à Alcoy, en juillet 1873, le maire fit tirer sur la foule. En représailles, l’hôtel de ville et des usines furent brûlées, le maire lynché. L’État républicain lança une vaste répression.

L’AIT, puis l’Internationale antiautoritaire, se revendiquaient du collectivisme, doctrine développée par James Guillaume dans Idées sur l’organisation sociale (1876) : « Il ne s’agit pas d’améliorer certaines institutions du passé pour les adapter à une société nouvelle, mais de les supprimer. Ainsi suppression radicale du gouvernement, de l’armée, des tribunaux, de l’Église, de l’École, de la banque et de tout ce qui s’y rattache. » Au niveau de la terre, il s’agira d’exproprier les bourgeois, les nobles et les prêtres pour donner la terre aux paysans qui n’en ont pas. Au niveau de l’industrie, chaque corporation de métier s’appropriera les instruments de travail. La question de la propriété résolue, la répartition s’établira « de chacun selon ses forces, à chacun selon ses œuvres ». Les communistes anarchistes contestèrent à partir de 1876 ce dernier principe, lui préférant une abolition complète du salariat et de la monnaie d’échange par une distribution « à chacun selon ses besoins ».
En octobre 1880, la Fédération jurassienne adoptait le « communisme anarchiste », ancêtre du communisme libertaire, au congrès de La Chaux-de-Fonds, considérant que l’Égalité de la production et aussi de la consommation, est le seul moyen de posséder la liberté. Élisée Reclus expliquait à cette occasion que « c’est le système industriel marchand qui institue la rareté ou la « famine artificielle » en organisant la production et la distribution en fonction du comportement des prix ».
Ils revendiquaient l’instauration de Communes libres avec dissolution simultanée du Capital, de l’État et de la Nation, librement fédérées en un réseau étroit.
Chez Reclus, la solidarité n’est ni un concept éthique, ni un sentiment mais un stratégie révolutionnaire étayée par son interprétation de la science.
L’autosuffisance au niveau régional, par la dissémination de petites industries, associées à l’agriculture, devait limiter, sinon annuler, la nécessité du marché international.
Ce second chapitre est particulièrement intéressant puisqu’il retrace l’évolution des principes collectivistes vers le communisme anarchiste et précise les apports de différents penseurs : Élisée Reclus, Pierre Kropotkine, William Morris, James Guillaume, Malatesta, Bakounine… Il constitue une excellente histoire de la pensée anarchiste pendant cette période bouillonnante.

L’auteur s’attache à rapporter avec une rigueur et une précision qui forcent le respect, l’évolution des rapports de force entre les deux tendances en Espagne, l’influence de ces différents penseurs, les différents modes d’action « par la parole, par l’écrit, par le poignard, le fusil ou la dynamite » selon la formule de Kropotkine.
Une opposition s’affirma entre les héritiers de Bakounine qui croyaient en la nécessité de créer des organisations regroupant des travailleurs sur le terrain de la lutte des classes, précurseurs du syndicalisme révolutionnaire ou anarcho-syndicalisme, et ceux de Kropotkine qui voulaient former des groupes extérieurs à la classe ouvrière, centrés sur l’insurrectionalisme, considérant la lutte pour l’amélioration des conditions d’existence des travailleurs comme une intolérable concession au capitalisme.
Les collectivistes se retranchèrent en Catalogne au milieu des années 1880, tandis que le communisme anarchiste s’enracinait en Andalousie.

Travail impressionnant, à la fois très détaillé et ramassé en une grosse centaine de pages. Myrtille permet de comprendre l’itinéraire suivi pour arriver à un engagement total capable d’aboutir à une révolution sociale. En attendant le second tome qui couvrira la période 1910-1937.

LES CHEMINS DU COMMUNISME LIBERTAIRE EN ESPAGNE – 1868-1937
Premier volume : Et l’anarchisme devint espagnol – 1868-1910
Myrtille, giménologue
202 pages – 10 euros.
Éditions Divergences – Collection Imaginaires subversifs – Paris – Mai 2017

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Re: Histoire

Messagede bipbip » 27 Sep 2017, 21:08

James Guillaume : KARL MARX PANGERMANISTE ET L’ASSOCIATION INTERNATIONALE DES TRAVAILLEURS

James Guillaume a écrit en 1914 un petit livre, publié en 1915, intitulé « Karl Marx pangermaniste et l’Association internationale des travailleurs de 1864 à 1870 ».

Ce livre est souvent considéré par les anarchistes anglophones comme étant « germanophobe » parce que Marx y est qualifié de « pangermaniste ». En fait, le livre n’étant pas traduit en anglais, les opinions émises sur lui se fondent souvent sur des sources de seconde main, hostiles à l’anarchisme, comme par exemple Hal Draper dont la mauvaise foi et la manipulation des textes battent des records. Parmi ceux qui n’ont pas lu le livre, il y a également ceux qui se fondent tout simplement sur le titre du livre et qui estiment qu’accuser Marx de « pangermanisme » est une attitude "germanophobe".

Le pangermanisme est un mouvement qui aspire à l’unification des tous les peuples germaniques dans le même Etat.
Qualifier une personne de « pangermaniste » n’est pas en soi une attitude germanophobe. Que James Guillaume ait tort ou raison de qualifier Marx de « pangermaniste » est une autre affaire : il faut simplement examiner si les arguments qu’il avance sont pertinents ou non. Mais cela n’en fait pas pour autant un « germanophobe » ou un « raciste anti-allemand ». Comme Bakounine, il sait faire la distinction entre le peuple allemand, le prolétariat allemand, et la société officielle, nobiliaire, bourgeoise et étatique de l’Allemagne.

La question est de savoir sur quoi il se fonde pour accuser Marx d’être « pangermaniste » et s’il a quelque raison de proférer cette accusation.
Or si on considère le contexte de l’époque de la guerre franco-prussienne et les documents alors accessibles, on ne peut pas reprocher à quelqu’un de se poser des questions lorsqu’il lit un texte datant du début de la guerre de 1870 disant que « Bismarck travaille pour nous », ou lorsque Marx reproche aux social-démocrates de Brunswick d’avoir signé un appel internationaliste, ou lorsqu’il reproche à Wilhelm Liebknecht d’avoir voté les crédits de Guerre au Reichstag, ou lorsque Marx se réjouit de la défaite française parce qu’elle va favoriser la constitution de l’unité allemande et transférer le centre de gravité du mouvement ouvrier européen de France en Allemagne, permettant la victoire de « notre » théorie (le marxisme) sur celle de Proudhon.
Tout cela suscite nécessairement des questions chez le lecteur. Et même si le lecteur d’aujourd’hui doit prendre du recul, Marx et Engels eux-mêmes ont fourni des arguments à ceux qui les considèrent comme « pangermanistes ». On comprend également que les problèmes soulevés lors de la défaite française de 1871 et de l’écrasement de la Commune de Paris, fasse resurgir des inquiétudes au début de la guerre commencée en août 1914.

On a accusé Bakounine, y compris dans le mouvement anarchiste, de dire qu’il y avait connivence entre Marx et Bismarck. C’est totalement faux. Il dit au contraire : « Loin de moi la pensée d’établir une ombre de solidarité consciente entre M. de Bismarck et les chefs du Parti de la Démocratie socialiste ouvrière d’Allemagne ! Je ne pense pas seulement, je sais pertinemment, qu’il n’y a absolument rien de commun entre eux, et qu’ils sont au contraire des ennemis acharnés. » (« Aux compagnons de la Fédération jurassienne », Oeuvres, Champ libre, III, 30.) Mais malgré les oppositions flagrantes entre le programme bismarckien et le programme socialiste, il y a entre eux un trait commun, dit Bakounine : « tous les deux tendent à la formation d’un grand Etat centralisé, unitaire et pangermanique ». Bismarck veut ériger cet empire au moyen de la noblesse bureaucratique et militaire et du monopole des grandes compagnies financières, tandis que les chefs de la démocratie socialiste « veulent le fonder sur l’émancipation économique du prolétariat ». « Mais l’un aussi bien que les autres sont éminemment patriotes, et dans ce patriotisme politique, sans le vouloir et sans le chercher ils se rencontrent – la logique des tendances et des situations étant toujours plus forte que la volonté des individus 18 » (Oeuvres, Champ libre, III, 30).

doc PDF : http://monde-nouveau.net/IMG/pdf/j._gui ... aniste.pdf
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Re: Histoire

Messagede bipbip » 20 Oct 2017, 18:02

LA BATAILLE DE PARIS - 17 octobre 1961

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Le mardi 17 octobre 1961, la manifestation des algériens de la région parisienne contre le couvre-feu qui leur est imposé, est violemment réprimée par la police. Jean-Luc Einaudi a enquêté sur cette journée et les suivantes qui firent certainement plus de 200 morts.

Il commence par revenir sur la guerre en Algérie qui dure depuis novembre 1954 sans dire son nom, l’offensive militaire du FLN sur le territoire métropolitain à partir d’août 1958, l’échec du coup d’État des généraux, l’OAS qui s’oppose à l’autodétermination à laquelle De Gaulle s’est convertie, au point d’organiser un attentat contre lui le 8 septembre 1961.
En 1961, Michel Debré est Premier Ministre. Il a déclaré en décembre 1957 que « l’abandon de la souveraineté française en Algérie est un acte illégitime ». Roger Frey qui avait parrainé la création du Service d’Action Civique (SAC) est ministre de l’Intérieur, Edmond Michelet, de la Justice.
Le préfet de police de Paris est Maurice Papon. Il fut secrétaire général de la préfecture de Bordeaux de 1942 à 1944, responsable de la déportation de centaines de juifs puis, Inspecteur général de l’administration en mission extraordinaire (IGAME) de l’est algérien à partir de mai 1956. En septembre 1957, il présente le bilan de ses opérations de maintien de l’ordre : 10 284 « rebelles » ont été tués en 1956 et 8 032 au cours de 8 derniers mois. Il est un adversaire résolu de toute négociation. Il s’en prend aux « supplications larmoyantes et aux examens de mauvaise conscience que pratiquent les charlatans de la négociation à tout prix, de la paix bêlante et des accusations morbides proférées à la charge de la France ». Il installe la torture à Paris avec la création de la Force de police auxiliaire.
Arrêtés au faciès, des algériens subissent des violences arbitraires pouvant entrainer la mort. Certains sont retrouvés noyés dans la Seine ou pendus. En représailles, le FLN exécute des policiers reconnus coupables d’exactions.
Le 5 octobre, le couvre-feu est décrété pour les Français musulmans d’Algérie, instituant le racisme. Le FLN appelle à une manifestation pacifique et obligatoire, au cœur de Paris, le 17 octobre.

Heure par heure, Jean-Luc Einaudi va retracer le déroulement de cette journée. Sur la base de centaines de témoignages et de documents d’archive, il rapporte toutes les brutalités, disparitions et morts dont il a pu retrouver trace. L’inventaire est éprouvant. En effet, les policiers vont multiplier les contrôles et les arrestations, déterminés à empêcher les rassemblements. Les autobus de la RATP sont réquisitionnés avec leurs machinistes pour transporter les Algériens vers les centres de détention. La dernière fois c’était les 16 et 17 juillet 1942 lors de la rafle du Vel’d’Hiv’.
En début de soirée, une fausse nouvelle circule sur les ondes radio de la police, sans jamais être démentie par l’état-major : des policiers auraient été tués. Dès lors, les violences se déchaînent.

11 500 personnes auraient été arrêtées, conduites au centre d’identification de Vincennes, à Coubertin ou au Palais des Sports. À leur descente des bus, toutes ont été systématiquement battues par des cordons de policiers. Elles resteront plusieurs jours sans eau, ni nourriture, ni soins pour la plupart, souffrant pourtant souvent de graves blessures.

Quelques protestations s’élèvent dans les milieux universitaires et intellectuels : « En restant passifs, les Français se feraient complices des fureur racistes dont Paris est désormais le théâtre et qui nous ramènent aux jours les plus noirs de l’occupation nazie ». Mais les journaux qui se risquent à publier des témoignages sont aussitôt saisis. Ainsi Les Temps modernes écrivait sous le titre « La Bataille de Paris » : « Le préfet de police, dans le but insensé de démanteler l’organisation du front pour la région parisienne, a importé les méthodes de Massu lors de la « bataille d’Alger ». Mais Massu, quand il installait la terreur, prétextait encore la recherche « à tout prix » du renseignement dans une ville en guerre. Avec Papon, nous n’avons plus que le visage nu de la haine raciste. Du ghetto au couvre-feu, des raids de harkis au lynchage organisé, une logique infernale l’a conduit à ce soir du 17 octobre. Alors, froidement, délibérément, il a donné le signal du pogrom, il a couvert la ratonnade : il a lâché ses chiens sur les algériens comme on lâche les chiens pour la curée. »
Daniel Mayer, président de la Ligue des droits de l’homme parle de « soirée rappelant la « nuit de cristal » berlinoise » : « Dès le lendemain, toute la classe ouvrière aurait du être dans la rue, clamant son horreur d’actes perpétrés en son nom, puisqu’au nom du « peuple français ». Il a bien fallu constater que, là où il y aurait dû y avoir une colère collective, il n’y a eu que témoignages individuels. […] À partir du moment où on accepte que, devant soi, sans que l’on proteste, il soit dit « raton » ou « bicot » pour Arabe, on accepte Auschwitz et les fours crématoires. Car on ne fait pas sa part au racisme. Il a sa logique et son engrenage. »

Jean-Luc Einaudi raconte comment le silence a été organisé : commissions parlementaires empêchées, esprit de corps de la police sollicité, désinformations et démentis, films et ouvrages sur le sujet saisis. Et l’oubli recouvrira pour longtemps octobre 1961. Tandis que la répression au métro Charonne qui fera neuf morts, tous français, quelques mois plus tard, le 8 février 1962, entrera aussitôt dans la mémoire collective. 500 000 personnes se presseront aux obsèques des victimes.

Cette enquête, par sa rigueur et l’ampleur de sa reconstitution, libère les paroles et les souvenirs, reconstitue la vérité enfouie et participe à l’entreprise de mémoire collective.

LA BATAILLE DE PARIS
17 octobre 1961
Jean-Luc Einaudi
336 pages – 153 francs
Éditions du Seuil – Collection « Libre examen » – Paris – Octobre 1991
432 pages – 7,60 euros
Éditions du Seuil – Collection « Points Histoire » – Paris – Septembre 2007

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Re: Histoire

Messagede bipbip » 01 Nov 2017, 19:13

EMILIANO ZAPATA

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Zapata, chef de la rébellion des paysans du Sud du Mexique, ne s’est jamais battu pour le pouvoir mais pour l’application sans concession d’une réforme agraire.

L’État de Morelos, comme les autres régions du Mexique, est dominé depuis le XVIème siècle par les grands propriétaires qui harcèlent les villages, leurs avocats qui enlèvent sournoisement les terres, les bois et l’eau à leurs légitimes usagers villageois plus faibles, leurs régisseurs qui battent et escroquent les travailleurs agricoles. Les gouvernements locaux et fédéraux étaient ouvertement au service des intérêts économiques et politiques des planteurs.
En 1906, les dix-sept propriétaires des trente-six principales haciendas de l’État de Morelos possédaient plus de 25% de sa surface totale, la plus grande partie de ses terres cultivables, la presque totalité des bonnes terres.

Longtemps, Zapata resta allié et fidèle à Madero jusqu’à ce que celui-ci accède à la présidence du pays, confiant en sa parole de rendre les terres accaparées par les haciendas aux paysans. Ceux-ci devinrent réellement « zapatistes » avec la répression du gouverneur de l’État. Et Zapata comprit rapidement que la révolution serait politique mais pas sociale. Le 15 décembre 1911, il publie son plan de Ayala qui sera son unique objectif dans toutes les négociations pendant les années suivantes.
Robles, le nouveau commandant militaire de l’État de Morelos, entreprit une « recolonisation » brutale, incendiant les villages rebelles.
Le coup d’état de Huerta et l’assassinat de Madero accélérèrent la diffusion du plan de Ayala au niveau national et l’adhésion des groupes locaux à ses exigences agraires. La coalition révolutionnaire autour de Zapata devint bientôt si impressionnante que même les garnisons fédérales désertaient pour s’y incorporer. Il avait compris que la sécurité des paysans et l’application de ses réformes dépendraient plus de son influence nationale que de la bonne volonté de l’exécutif fédéral. Nous n’entrerons cependant pas ici dans les détails de la longue révolution mexicaine, comme le fait avec infiniment de précision, l’auteur.

L’armée révolutionnaire qui prit naissance dans l’État de Morelos en 1913 et 1914 était simplement la ligue armée des municipalités de l’état. Elle imposa la réforme agraire qui renforça l’autorité des villages et leur contrôle de la propriété agricole. Cette libre association de clans ruraux était un idéal ancien, modèle de la vie des villageois bien avant l’arrivée des Espagnols. Chaque village était libre de garder sa terre sous le régime de la propriété communale et de distribuer les droits de culture aux villageois, ou de partager la propriété entre petits particuliers.
Tandis qu’à Mexico on était au bord de la famine, dans l’État de Morelos le peuple était bien nourri et les prix réel des denrées plus bas qu’en 1910.
Zapata abolit le contrôle fédéral et celui de l’État de Morelos sur les conseils municipaux, et imposa les élections directes y compris pour les décisions les plus importantes de la vie communale, pour empêcher l’établissement de nouveaux despotisme.

L’origine et l’enfance de Zapata sont complètement éludée, l’auteur se concentrant uniquement sur sa « carrière » de leader rebelle. Il décrit avec une extrême précision les jeux d’alliance, les mouvements de troupes pendant ces années de conflits, qu’il serait fastidieux de rapporter. Il en ressort que Zapata fut animé par une motivation principale : la nécessité de la réforme agraire, de rendre aux paysans leurs terres volées par les grands propriétaires. La violence n’était pour lui pas un moyen. Le pouvoir pour lui même ne l’a jamais intéressé, à tel point qu’il l’a refusé en 1914 après être entré victorieux à Mexico. Obsédé par la volonté de rester fidèle à ses principes, il ne trahit aucune promesse, dût cette droiture lui coûter la vie.
Cette intransigeance contribua pour beaucoup à sa légende. Le poids du mythe ne cessa de grandir jusqu’à aujourd’hui où, au Chiapas, on se réclame encore du zapatisme.

EMILIANO ZAPATA
John Womack
Traduit de l’américain par Frédéric Illouz
548 pages – 165 francs
Éditions La Découverte – Paris – Mars 1997
560 pages – 14,90 euros
Éditions La Découverte – Collection poche – Paris – Juin 2008
Publié en 1976 aux Éditions Maspero

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Re: Histoire

Messagede Pïérô » 15 Déc 2017, 12:40

Introduction à l’histoire du Mouvement Libertaire au Portugal

Sortie d’une brochure (téléchargeable dans l’article) qui propose deux textes parus au début des années 70 :
Introduction à l’histoire du Mouvement Libertaire au Portugal de Carlos Da Fonseca,
suivi de Caractéristiques de l’activité fouriériste dans la Péninsule ibérique.

La première édition de cette brochure est parue au CIRA
[Centre International de Recherches sur l’Anarchisme] en 1973.

Le deuxième texte est extrait de la revue
Autogestion et Socialisme, Charles FOURIER, Paris : Anthropos, n°20/21 - 1972.

TABLE

1. Sources d’inspiration
(Proudhon, Reclus et Kropotkine, Le syndicalisme révolutionnaire).
2. La Première Internationale ; La traversée du désert.
3. L’expansion de l’idéal libertaire.
4. Le terrorisme révolutionnaire.
5. L’orientation syndicaliste.
6. Congrès et conférences anarchistes.

Petit répertoire de la presse anarchiste portugaise [1886-1932]

Caractéristiques de l’activité fouriériste dans la Péninsule ibérique.

Éditions ArqOperaria / Vosstanie, 2017 - 60p.

ÉDITIONS PDF LECTURE ECRAN
http://www.mediafire.com/file/3197cye5p ... _ECRAN.pdf
OU
FORMAT BROCHURE A IMPRIMER
http://www.mediafire.com/file/fgmafw9sc ... PRIMER.pdf

https://mars-infos.org/introduction-a-l ... re-du-2757
Image------------ Demain Le Grand Soir --------- --------- C’est dans la rue qu'çà s'passe --------
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Re: Histoire

Messagede bipbip » 01 Jan 2018, 18:31

Brochure en ligne | Histoire de l’anarcho-syndicalisme italien

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Histoire de l’anarcho-syndicalisme italien
par I Nuclei Libertari di Fabrica di Milano
Édition du groupe Fresnes-Antony de la Fédération Anarchiste
Dépôt légal: 1978

Extraits :

« Ce numéro 5 de Volonté Anarchiste sur l’anarcho-syndicalisme italien est une traduction de notre groupe d’un texte des noyaux libertaires d’usines et d’entreprises de Milan, paru en avril 1978. Ces noyaux libertaires qui développent une présence anarchiste non négligeable dans les entreprises se sont penchés sur le passé de l’anarcho-syndicalisme italien, partiellement méconnu dans les milieux libertaires italiens, mais nous n’en doutons pas, totalement méconnu en France. Cette publication n’est pas uniquement livré pour l’intérêt de sa connaissance historique mais pour son évocation de l’expérience de la voie anarcho-syndicaliste. »

« Le moment du choix pour les travailleurs libertaires est arrivé: continuer d’être à la remorque des différents partis, mouvements, centrales syndicales ou être à nouveau un élément mobilisateur projeté vers la construction autonome libertaire de classe. Il n’y a pas de doute sur le choix de ce dernier point, il s’exprime depuis longtemps une discussion rigoureuse à propos du moment et des méthodes pour y arriver. Et cette fois on ne commence pas avec le vide mais avec un bagage d’expériences réelles. »

Table des matières
Préface…………………………………………………………………. pages 11
Naissance de l’U.S.I.: 1912-1922……………………………pages 15
Considérations sur l’expérience de l’U.S.I. ………..pages 37
L’U.S.I. au cours de l’après-guerre 1949-1970 …….pages 41

doc PDF : https://cedasasced.files.wordpress.com/ ... talien.pdf

https://cedasasced.wordpress.com/2017/1 ... e-italien/
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Re: Histoire

Messagede bipbip » 04 Jan 2018, 20:13

Chuzeville, « Un court moment révolutionnaire »

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Lire : Chuzeville, « Un court moment révolutionnaire »

En 1920, au congrès de Tours, le Parti socialiste se brise en deux. La majorité, inspirée par la Révolution russe, devient la section française de l’Internationale communiste. La minorité, derrière Léon Blum, conserve le nom de Parti socialiste. La scission est consommée.

Il y a pourtant bien des incertitudes sur l’identité de ce tout jeune PC, formation pluraliste qui ne ressemble alors en rien au parti stalinien monolithique qu’il sera dix ans plus tard. Sa direction est entre les mains de parlementaires ex-socialistes, sociaux-chauvins de l’avant-veille aspirant à se refaire une virginité sous le drapeau de Lénine. Mais on y trouve également de vrais internationalistes qui ont résisté à la guerre, comme Fernand Loriot et Boris Souvarine. Bientôt, ils recevront l’appui de syndicalistes révolutionnaires et d’anciens anarchistes, comme Pierre Monatte. Pendant quatre ans, ces tendances très différentes se déchirent sur la ligne politique et le mode de fonctionnement du parti… mais aucune ne se montre très pressée de se convertir au bolchevisme que Moscou essaie de leur inculquer à coups de missives comminatoires.

Julien Chuzeville raconte cette enfance malheureuse du Parti communiste, qui n’eut rien d’héroïque, bien au contraire  : en proie à des forces centrifuges, dans un contexte de fort reflux des luttes ouvrières, sous les coups de badine incessants de Moscou. Le parti ne survivra qu’au prix d’un raidissement autoritaire, en systématisant les exclusions collectives et la langue de bois pseudo-léniniste. Résultat  : une fuite massive des adhérentes et adhérents, et leur remplacement par des recrues nettement moins nombreuses mais beaucoup plus disciplinées.

De ce livre fouillé, on regrettera deux lacunes. Primo, des protagonistes à peine esquissés  : Marthe Bigot, Amédée Dunois, Pierre Monatte, Boris Souvarine, Fernand Loriot ou le «  capitaine Treint  » étaient de vraies personnalités, qui auraient mérité d’être davantage incarnées. Secundo, une focalisation sur les débats internes du PCF sans illustration de contexte. Ainsi, le livre ne dit quasiment rien des luttes syndicales et politiques des années 1920-1922, du rôle qu’y jouent les communistes, et de la détérioration de leurs rapports avec les socialistes et les anarchistes. Pourtant, tout cela joue nécessairement un rôle dans la mutation du PCF. À titre d’exemple, la lutte acharnée – et parfois sanglante – contre les «  anarcho-syndicalistes  » dans la CGTU encouragera, au sein du PCF, un sectarisme et un usage de la calomnie à des niveaux jusqu’alors inconnus dans le mouvement ouvrier français... mais caractéristiques du stalinisme en gestation.

Guillaume Davranche (AL Montreuil)

• Julien Chuzeville, Un court moment révolutionnaire. La création du Parti communiste en France (1915-1924), Libertalia, 2017, 536 pages, 20 euros.


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Re: Histoire

Messagede bipbip » 11 Jan 2018, 21:11

MÉMOIRES DE GÉRONIMO

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Au début du XX ème siècle, un vieil indien, prisonnier de guerre, raconte sa vie à S.M. Barret. Le célèbre chef apache Géronimo revient pour lui sur sa naissance en 1829 et son enfance dans l’Arizona.
Il lui explique les rites et coutumes des apaches chiricahua, lui narre ses premiers exploits : ses nombreuses razzias contre les villages mexicains.
Pendant l’été 1858, les troupes mexicaines s’en prennent au campement de sa tribu installé à Kas-ki-yeh, massacrant sa femme et ses trois enfants. C’est à cette époque qu’il vit pour la première fois des hommes blancs, mesurant la terre. Dix ans plus tard, ceux qui invitèrent les chefs apaches à une conférence à Apache Pass (Fort Bowie) se montrèrent moins amicaux. Une fois réunis dans une tente, les soldats les assaillirent et seuls quelques guerriers purent s’échapper en découpant la toile. De même, en 1863, le chef Mangus-Colorado parti signer un traité de paix avec les blancs à Apache Tejo dans le Nouveau Mexique fut traitreusement assassiné.
Alors que les indiens acceptent souvent lorsqu’on a su gagner leur confiance, de déménager, même loin de leurs territoires, d’adopter la vie des blancs en se consacrant à l’élevage et à la culture, ils sont constamment trahis. Ainsi les promesses que fit à Géronimo au cañon Skeleton pour qu’ils rendent les armes, ne furent jamais tenues. Il fut séparé de sa famille, envoyé en Floride et du travailler dur pour le gouvernement. C’est ce que confirment les nombreux documents officiels reproduits en appendice.

L’intérêt principal de cet ouvrage demeure sans doute l’introduction de Frederick W. Turner III dans laquelle il donne une brève chronologie de l’extermination des indiens par l’extension de la loi blanche sur l’étendue du continent :
1840 : Les frontières permanentes du territoire indien sont délimitées et les grandes plaines doivent leur appartenir pour toujours.
1877 : Toutes les promesses ont été reniées et il n’y a plus une seule tribu « libre » dans toutes les grandes plaines au sud du Canada.
1883 : La destruction des bisons est pratiquement achevée.
Avec ces trois dates, on comprend la violence et la rapidité de cette « conquête de l’Ouest ». Ainsi, lors de l’annexion de la Californie en 1848 quand on y trouva de l’or, 100 000 indiens y vivaient. En 1859, ils n’étaient plus que 30 000 et seulement 15 000 à la fin du siècle.

Ce document constitue une pièce à charge dans le procès du génocide des indiens.

MÉMOIRES DE GÉRONIMO
Introduction de Frederick W. Turner III
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Martine Wiznitzer
170 pages – 8 euros
Éditions La Découverte – Collection Poche – Paris – Novembre 2001
Première édition française en 1972
Propos recueillis en 1904

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Re: Histoire

Messagede bipbip » 15 Jan 2018, 23:45

LA NUIT DE TLATELOLCO - Histoire orale d’un massacre d’État

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Été 1968, la jeunesse étudiante mexicaine, inspirée par la révolution cubaine, les révoltes aux États-Unis et en Europe, se lève contre le parti unique, au pouvoir depuis 1929, s’y maintenant à coups de fraude, de corruption et d’intimidation, le « gang des momies » comme elle les appelle. Le 2 octobre, après des mois de manifestations et à dix jours de l’ouverture des premiers Jeux Olympiques organisés par un pays en voie de développement, 5 000 soldats et 300 chars d’assaut encerclent la place de Tlatelolco, à Mexico, où se tient un meeting. Pendant des heures, l’armée va massacrer plusieurs centaines de manifestants pacifiques, marquant le début du terrorisme d’État en Amérique latine.
Elena Poniatowska a collecté des centaines de témoignages, d’articles de presse, de slogans, pour alimenter la mémoire collective et rétablir la vérité.

Révoltés par les inégalités sociales avec une misère et une richesse extrêmes et offensantes, les étudiants expriment essentiellement des revendications politiques et quasiment pas de revendications scolaires ou universitaires :
- Libération de tous les prisonniers politiques.
- Abrogation de article 145 du Code pénal fédéral relatif au délit de « subversion sociale ».
- Dissolution du corps des granaderos.
- Destitution des chefs de la police.
- Indemnisation des familles des morts et des blessés depuis le début du conflit.
- Mise en accusation des fonctionnaires coupables des actes de violence

Elena Poliatowska relate les principaux évènements qui ont conduit à cette nuit tragique, avec une polyphonie qui permet l’expression de différents points de vue sans jamais être redondant, apportant une précision extrêmement sensible et évitant d’enfermer le récit dans un résumé unique et définitif. « Voici l’écho du cri de ceux qui sont morts et le cri de ceux qui sont restés. Voici leur indignation et leur protestation. C’est le cri muet qui est resté coincé dans des milliers de gorges, dans des milliers d’yeux exorbités d’effroi le 2 octobre 1968, la nuit de Tlatelolco » explique-t’elle.

Ces dernières années, les troupes étaient entrées dans les universités des États du Michoacán, de Puebla, du Somora, du Tabasco. Le 13 août, une manifestations de 250 000 personnes a envahi le Zócalo, place parmi les plus imposantes du monde, sous les balcons du Palacio Nacional. Après l’évacuation du Zócalo, le 28 août, le gouvernement organise une cérémonie de « réparation de l’offense au drapeau national ». Pourtant, l’archevêque a démenti qu’allumer des lumières sur la cathédrale et faire sonner ses cloches soient considérés comme un sacrilège par le droit canonique. Les bureaucrates sont sortis des ministères sans la traditionnelle indifférence qu’ils affichaient lors des défilés de soutien à la politique présidentielle. Ce jour-là, ils criaient « Bêêê… bêêê… nous ne sommes pas des moutons, on nous emmène… ».
Le 13 septembre, jour des Niños Héroes est organisée une marche du silence. Le campus universitaire sera occupée par l’armée pendant quinze jours, provoquant la démission du recteur qui expliquera que « les problèmes des jeunes ne peuvent se résoudre que par la voie de l’éducation, jamais par la force, la violence ou la corruption. Ce fut ma seule ligne de conduite et l’objectif auquel j’ai consacré tout mon temps et mon énergie durant mon mandat au rectorat. » Cet acte de civisme est comparable à celui d’Octavio Paz qui renoncera quelques semaines plus tard à son poste d’ambassadeur du Mexique en Inde parce qu’il ne pouvait pas représenter un gouvernement qui assassine son peuple.

Le gouvernement continuait de rechercher des complots. Accoutumé au double jeu des insinuations, mais pas à des exigences claires et nettes, il n’avait pas la souplesse politique ni les outils adéquats pour répondre honnêtement et faire face à la situation.
Les granaderos n’étaient équipés que de matraques. On leur donnait 30 pesos par étudiant qu’ils frappaient et mettaient en prison, avec une prime supplémentaire pour chaque membre du CNH (le Conseil National de Grève). Ce système avait du être mis en place parce qu’ils avaient voulu démissionner en masse. Dans un meeting à Azcapotzalco, un policier a pris la parole à la tribune et déclaré qu’il était un homme qui avait sa dignité. Il a enlevé son uniforme et l’a piétiné. Puis il a demandé de l’argent pour retourner à sa terre natale. Il pleurait de rage.
La police utilisait des bandes de jeunes délinquants qui commettaient des exactions contre la population, attaquant des commerces et brutalisant des passants au cri de « Vive les étudiants ! ». Peu de monde tombait dans le panneau. À partir du 23 septembre l’armée les a rejoint avec des fusils.
Des accusations sont portées à l’encontre d’un leader qui aurait parlé sous la torture. La parole lui est également donné. Qui oserait porter un jugement sur quelqu’un qui a été torturé ?
Les 115 prisonniers politiques en grève de la faim à la prison de Lecumberri seront attaqués par les détenus de droits communs le 1er janvier 1970, avec la complaisance de l’administration pénitentiaire.
« Il n’y avait pas d’armes au CNH, personne n’espérait d’insurrection armée ni de rébellion. »

Des cahiers de photos, des reproduction d'affiches viennent régulièrement ponctuer ces récits.

À cinq heures et demie ce 2 octobre, 10 000 personnes s’étaient rassemblées sur l’esplanade de la place des Trois-Cultures pour écouter les orateurs qui s’adressaient du balcon du troisième étage de l’immeuble Chihuahua à la foule. Une vingtaine de Jeeps d’où pointaient des mitrailleuses, 300 tanks, des véhicules d’assaut transportant des troupes encerclaient la zone. Le piège s’est refermé. L’assassinat collectif allait commencer.
À dix-huit heures dix, un hélicoptère lance des feux de Bengale puis commence à mitrailler. C’est le signal. Des francs tireurs tirent sans distinction sur la foule depuis les immeubles, touchant les manifestants, les familles résidantes, les commerçants, les curieux, les soldats. Ils font partie du dispositif gouvernemental. De très nombreux témoins rapporteront les avoir entendus se présenter comme membres du bataillon Olimpia, en civil mais identifiés au moyen d’un gant blanc. La fusillade durera plusieurs heures. Si le nombre de morts n’est toujours pas connu, il s’élève certainement à plusieurs centaines. Les arrestations et les blessés se compteront par milliers. Pourtant, ce qui choquera plus encore que les mensonges de la presse et de l’État qui affirmèrent que les troupes n’ont fait que répondre aux tirs des étudiants, c’est le manque de réactions qui suivit et que les Jeux aient pu se dérouler comme si rien ne s’était passé.
« Nous sommes toujours armés de nos idéaux. Le 2 octobre, nous n’avions pas d’autres armes. »

Nombre de paroles et d’images continuent à hanter bien après ce livre refermé.


LA NUIT DE TLATELOLCO
Histoire orale d’un massacre d’État
Elena Poniatowska
Traduit de l’espagnol (Mexique) par Marion Gary et Joani Hosquenghem
330 pages – 25 euros
Éditions CMDE – Collection « À l’ombre du Maguey » – Toulouse – Août 2014
Première parution en 1971, éditions Era

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Re: Histoire

Messagede bipbip » 18 Jan 2018, 21:17

Skirda

Lire : Skirda, « Les Anarchistes russes, les soviets et la révolution de 1917 »

« Un peuple sans mémoire n’a pas d’avenir, a pu dire Georges Orwell avec tant d’autres, et encore moins de présent valable pourrait-on ajouter », annonce l’historien Alexandre Skirda en introduction de son ouvrage consacré aux anarchistes russes pendant la révolution de 1917.

Le mouvement anarchiste russe connaît son apogée en 1917 avec l’existence de 255 formations dans 180 localités différentes. Les anarcho-syndicalistes, dont le nombre est évalué à 5 000 adhérentes et adhérents en Ukraine s’inspirent des méthodes de la CGT française : action directe, sabotage, grève générale, etc.

La révolution de 1917 va voir le nombre d’anarchistes s’accroître encore : la fédération anarchiste de Moscou compte 60 groupes affiliés tandis que la fédération anarchiste-communiste de Petrograd atteindra le nombre de 18 000 membres en octobre. A cette époque le mouvement s’organise en partie autour de la figure de Kropotkine, qui revient d’exil en juin 1917. Ce militant mythique se voit alors proposer le poste de ministre de l’Education par le gouvernement Kerensky. Il refuse. Après Octobre, sa critique du régime bolchevik est sans appel. En 1920, quelques mois avant de mourir, il écrit dans sa Lettre au travailleurs d’Europe occidentale : « Je dois vous avouer franchement que, à mon avis, cette tentative d’édifier une république communiste sur la base d’un communisme d’Etat fortement centralisé, sous la loi de la dictature d’un parti, est en train d’aboutir à un fiasco. Nous apprenons à connaître en Russie, comment le communisme ne doit pas être introduit. »

Pour concurrencer la Garde rouge bolchevik, les anarchistes mettent en place une Garde noire qui compte rapidement 2 000 membres, répartis en une cinquantaine de détachements, avec un état-major commun. Lorsque celle-ci demande des armes au « gouvernement », Lénine et son entourage vont décider qu’il est temps de les réprimer. En effet, leur influence augmentant au fur à mesure que la « dictature du prolétariat » montre son vrai visage – celui de la dictature d’une avant-garde mettant en place un capitalisme d’Etat. Le pouvoir se décide alors à les liquider.

Prenant prétexte d’une occupation d’immeubles organisée par la Garde noire pour s’opposer aux nationalisations et à la fin de l’autogestion ouvrière, la Tcheka attaque et déloge les « anarcho-bandits » dans la nuit du 12 au 13 avril 1918 : de source officielle, l’attaque fait 30 morts et dans la foulée, 600 anarchistes sont arrêtés. La période qui suit verra la plupart des anarchistes « liquidés » ou réintégrés s’ils acceptent de se taire – c’est le cas de Kropotkine refusant de critiquer ouvertement les bolcheviks par peur d’alimenter la réaction – ou de participer au pouvoir. Ces derniers, que l’auteur appelle les « anarcho-bolcheviks » seront nombreux et contribueront à mettre fin au mouvement anarchiste en Russie.

Anciens chefs de la Makhnovchtchina qui mena la guerre contre les armées rouge et blanche en Ukrainees, les anarchistes Piotr Archinov et Nestor Makhno, une fois en exil en France, tenteront de tirer le bilan de l’échec du mouvement anarchiste russe dans la revue Diélo Trouda.

Pour eux, cet échec fut causé moins par la répression léniniste que par un manque de cohérence dans les idées et une absence de cohésion dans la pratique. Ce bilan prendra par la suite la forme d’un « projet » pour l’anarchisme connu sous le nom de Plate-forme des communistes libertaires qui fera date dans le mouvement anarchiste puisque ses répercussions se ressentent encore aujourd’hui.

Un ouvrage intéressant donc, composé pour moitié de documents d’époque.

Mathieu (AL Paris-Sud)

- Alexandre Skirda, Les Anarchistes russes, les soviets et la révolution de 1917, éd. de Paris-Max Chaleil, 2000, 350 pages, 13,50 euros


http://www.alternativelibertaire.org/?L ... tes-russes
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Re: Histoire

Messagede bipbip » 13 Mar 2018, 01:33

« Le Socialisme sauvage » de Charles Reeve - Les Bonnes Feuilles

LA GUERRE CIVILE DE LA RÉPUBLIQUE DE WEIMAR

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On reviendra plus longuement sur l’intérêt (et les désaccords) très grand que suscite la somme de Charles Reeve, « Le socialisme sauvage, essai sur l’auto-organisation et la démocratie directe dans les luttes de 1789 à nos jours », paru à l’Echappée le 23 janvier dernier. Quand on voit que sur 317 pages denses, il traite aussi bien de « la souveraineté contre la délégation » durant la révolution française que des « impasses des communs » de nos jours, on pressent l’arc historique et l’importance des questions qu’il pose. L’extrait peut donner une idée des qualités de ce travail : s’appuyant sur une documentation solide qui ne laisse pas échapper les nuances, et une distance critique vis-à-vis des récits officiels, il cherche, sans proclamation fumeuse, avec l’obstination ardente et modeste des courants perdants mais jamais perdus de l’histoire, la trace des chemins de l’émancipation.

Au cours de la première moitié de 1919, se déroula en Allemagne une violente guerre civile qui se termina par l’écrasement des radicaux.

À la suite de l’insurrection de Berlin, début janvier – au cours de laquelle les Spartakistes jouèrent un rôle prépondérant– on dénombra des milliers de morts. Rosa Luxemburg, Karl Liebknecht et de nombreux militants révolutionnaires, anarchistes et communistes, furent arrêtés et ensuite assassinés par les forces paramilitaires, les corps francs, que les socio-démocrates utilisèrent comme des supplétifs de la police. Deux mois plus tard, le gouvernement répondit aux grèves insurrectionnelles déclenchées par les Délégués révolutionnaires en instaurant l’état d’urgence. Puis, en avril, la république des Conseils de Bavière fut proclamée à Munich, avec une forte présence de militants anarchistes. Malgré une résistance armée des révolutionnaires, l’expérience tourna court. Fin avril, début mai, les troupes de la République et les corps francs écrasèrent dans le sang l’insurrection, assassinant plusieurs dirigeants socialistes de gauche, anarchistes et spartakistes.

Finalement, ce qui sembla au départ contre-nature, l’alliance de l’armée avec la social-démocratie, fit ses preuves, et la restauration sanglante de l’ordre fut scellée par la formation de la nouvelle république, dont la Constitution fut promulguée en août 1919, à Weimar, par l’Assemblée constituante.

Si l’on sépare l’aspect formel de la révolution, les conseils, de l’esprit qui anima le large mouvement qui détruisit les vieilles institutions impériales et permit la proclamation de la république, on est alors en mesure de mettre en valeur le lien qui relie la première phase de la révolution à la deuxième, dans laquelle les conseils ne jouèrent plus aucun rôle.

Dans son important travail historique sur la révolution allemande, le communiste de formation stalinienne Gilbert Badia posa comme un « paradoxe » le fait que « les Spartakistes réclament sans cesse tout le pouvoir pour des organismes [les conseils] qui, dans leur majorité, se satisfont d’un programme de réformes démocratiques ». Pour Badia, les conseils n’étaient pas animés d’un esprit « véritablement révolutionnaire », ils n’étaient pas l’expression de « la fraction la plus révolutionnaire », les Spartakistes. Or, le « paradoxe » disparaît dès que l’on considère que l’« esprit révolutionnaire » résida, non pas dans les conseils, mais dans l’esprit, le climat du moment et dont les conseils ne furent qu’une forme d’organisation éphémère, en mutation. Pour la grande majorité des révolutionnaires, les conseils furent au cours de la révolution allemande bien plus qu’une forme d’organisation, ils furent une dynamique révolutionnaire en devenir, un mouvement nouveau, né en Russie en 1905, où s’exprimait l’activité directe et subversive. En somme, un esprit de lutte et non une forme d’organisation, comme le résumera plus tard Anton Pannekoek. Pour Rosa Luxemburg et ses camarades, il n’y avait pas de « paradoxe », ils ne pouvaient que soutenir le mouvement des conseils. Comme plus tard, ils ne purent qu’accepter, à contre-courant de leur propre avis et de leur culture sociale-démocrate, la position antiparlementaire et extra-syndicale de la majorité des spartakistes. Ces positions étaient, à ce moment-là, l’expression la plus avancée et émancipatrice du mouvement social, l’affirmation du désir d’une souveraineté totale des travailleurs, du refus de déléguer leur pouvoir à des institutions bâties sur les principes autoritaires de représentation. L’incapacité à saisir l’esprit nouveau de la révolution allemande mena Gilbert Badia et ses épigones à considérer les Spartakistes comme un courant essentiellement anti-social-démocrate, antiréformiste, une force proto-bolchevik en devenir. Cette vision sera plus tard celle de toute l’historiographie officielle de l’ancienne RDA. Du côté des autres courants bolcheviks, le trotskiste Pierre Broué s’intéressa peu, lui aussi, dans son œuvre exhaustive, aux conseils eux-mêmes. Incapable de les traiter comme un mouvement de nature différente de celui des partis de la gauche traditionnelle, il s’attarda essentiellement sur le processus de formation d’un parti communiste de type bolchevik, le KPD post-spartakiste, sur l’activité des chefs et de l’élite politique, leurs erreurs et leurs luttes de tendances.

LE DEUXIÈME TEMPS DE LA RÉVOLUTION

Après avoir vidé les conseils de leurs potentialités révolutionnaires, la social-démocratie les intégra rapidement dans les nouvelles institutions de l’État de la république de Weimar, où juridiquement on leur attribua un rôle de cogestion de la force de travail. La consolidation du pouvoir socialiste se réalisa donc aussi sur un certain type de conseils, organismes respectueux du parlementarisme, de la bureaucratie syndicale et des rapports sociaux d’exploitation. Dès 1920, un délégué révolutionnaire dénonça ces conseils d’usine, ou d’entreprise, car ils « ne jouent absolument aucun rôle dans le processus de production, encore moins s’engagent-ils dans la direction de l’abolition de la production capitaliste. Leur rôle sera plutôt de “prévenir les troubles” sur les lieux de travail et d’aider les capitalistes à atteindre les “buts de l’entreprise”. Les “buts de l’entreprise” ne sont naturellement rien d’autre que le profit, les dividendes, les actions, etc.

Le deuxième temps de la révolution – qu’on peut schématiquement situer entre la tentative du putsch militaire de Kapp, mi-mars 1920, et l’« Action de mars » de 1921 – eut un impact plus limité sur une société en voie de normalisation par le fonctionnement des institutions de la nouvelle république. Ce fut, en revanche, un temps plus riche du point de vue du contenu émancipateur des actions menées et pour la pensée critique.

L’opposition au putsch de mars 1920 fut une première dans l’histoire moderne : en quelques jours une grève générale vint à bout d’une aventure réactionnaire dans un grand pays à l’économie développée. Le gouvernement de Weimar mit facilement à son compte la victoire sur les putschistes. Sauf là où, comme ce fut le cas dans la Ruhr, la grève se transforma en insurrection avec une armée rouge « improvisée » qui prit le contrôle de la région. Le gouvernement de la social-démocratie devait, dans l’urgence, répondre. Il devait reprendre l’initiative, bloquer la deuxième vague de la révolution et désarmer les révolutionnaires. Tâches que les socialistes réussirent à nouveau à mener à bien en s’appuyant sur l’armée et les corps francs. Il s’ensuivit une année de rébellion, avec des grèves et des luttes violentes qui culminèrent en une insurrection dans les régions industrielles de l’Allemagne centrale. Ce fut l’Action de mars de 1921, dernier épisode du deuxième temps de la révolution.
Au cours de ces quelques mois, ceux qui se battirent pour reprendre en main leurs destins payèrent le prix fort. Des milliers de prolétaires décidés et conscients furent arrêtés et emprisonnés. Une fois de plus un nombre considérable de militants et d’activistes furent arrêtés, exécutés, broyés au cours des affrontements avec les sbires de la république de Weimar. Les conseils étaient institutionnalisés, n’existaient plus en tant qu’organes d’auto- organisation et ce furent les organisations révolutionnaires qui s’étaient formées après la première vague insurrectionnelle qui jouèrent un rôle de premier plan dans ces événements : les deux partis communistes (le KPD et le KAPD, parti communiste ouvrier antiparlementariste), les organisations d’usine liées au KAPD ou « unitaires » et les groupes anarcho-syndicalistes.

AU-DELÀ DES CONSEILS, LES COURANTS UNIONISTES

Ces années d’intense bouillonnement intellectuel virent se déployer des expériences novatrices et des débats intenses, éclore des initiatives originales et créatives, en rupture avec la pensée politique de la gauche traditionnelle. Le mouvement réel de la révolte avait dissocié l’idée et les principes des conseils de la forme conseil, organisation qui était désormais intégrée au nouvel ordre capitaliste et soumise à la logique d’entreprise. Dans les luttes, les travailleurs radicaux s’opposèrent souvent aux conseils d’usine, qui représentaient la ligne de la social-démocratie. Certains dénoncèrent : « une espèce de bureaucratie des conseils [qui] s’est installée, parfois même un système de “corruption conseilliste” ». La critique de la vie bureaucratique, parlementaire et syndicale était ouvertement exprimée et devint, très vite, un point d’antagonisme entre les deux courants communistes, celui de parti et celui qui se réclamait du mouvement des conseils révolutionnaires. Puis une nouvelle fracture vit le jour sur la question de la double lutte, économique et politique. L’ensemble des courants extrémistes – que Lénine nomma « gauchistes » – s’accordèrent pour s’opposer au communisme bolchevik, lié à Moscou, et pour rejeter l’électoralisme parlementaire, le syndicalisme d’appareil et le suivisme qui en découlait. Mais le parti communiste ouvrier défendait toujours la nécessité de distinguer l’organisation politique, le parti, de l’organisation d’usine, les unions. De ce point de vue, le KAPD resta une organisation de dirigeants « professionnels », non un parti de « masses » au sens léniniste, mais un parti d’élites aspirant à éduquer les travailleurs par des actions radicales, exemplaires, souvent violentes et illégales. C’était, à bien des égards, un parti encore plus avant-gardiste que le Parti bolchevik. Et, en tant que tel, il fut critiqué par les anarcho-syndicalistes, les syndicalistes indépen- dants et certains unionistes. Ainsi se créa une nouvelle dissidence minoritaire, revendiquant le refus de toutes les séparations, et en particulier de celle qui fondait la double appartenance, action politique et action économique. Ces deux actions ne devaient en faire qu’une, d’où leur nom d’« unitaires ». Selon leurs initiateurs, la nature des nouvelles organisations d’usine était celle d’une forme fédérative sans centralisme. « Ni patron, ni bureau, ni comité central, ni intellectuel, ni dirigeant professionnel ne peut intervenir dans leurs affaires. L’organisation d’usine n’est ni un parti ni un syndicat ; elle ne signe pas de contrats de travail. C’est seulement le lieu qui sert à préparer et à favoriser la révolution. » L’appel à la formation d’organisations unitaires rencontra fort peu d’échos dans les entreprises à un moment où le mouvement social était vidé de toute énergie créatrice et où les tendances bureaucratiques dominaient à nouveau la vie économique et sociale. Mais ces nouvelles conceptions ne manqueraient pas de refaire surface et d’être discutées des années plus tard.
Dans son ensemble, le courant unioniste – qui resta peu connu – attira nombre de militants révolutionnaires venus de l’expérience des conseils, de l’anarcho-syndicalisme et des groupes marxistes qui développaient une critique du bolchevisme. Les unionistes s’efforçaient d’éveiller la conscience des travailleurs, « les invitant à sortir des syndicats et à adhérer à l’organisation révolutionnaire d’usine ; les ouvriers, comme un tout, pourraient alors diriger eux-mêmes leurs propres luttes, et conquérir le pouvoir économique et politique sur toute la société ». Les anarcho-syndicalistes, dont Rudolf Rocker était l’un des théoriciens, avaient toujours défendu que la structure syndicale révolutionnaire devait être à l’origine de l’organisation de la société socialiste. Les unions, réseau national par ailleurs peu homogène, organisées sur une base industrielle et non de métier, leur semblaient aller dans ce sens, même si un désaccord de fond demeurait sur l’action syndicale. En effet, certaines unions se proposaient de radicaliser politiquement les actions économiques, d’autres considéraient que les luttes dans les entreprises devaient être menées par des formes d’auto- organisation, des comités de base regroupant tous les travailleurs. Bien évidemment, dans une situation de rébellion sociale permanente et étendue, les frontières entre ces groupes étaient souvent floues et les séparations idéologiques comptaient peu face aux impératifs de l’action et aux liens concrets de solidarité. Certains s’inquiétèrent du fait que l’abandon de la structure syndicale représentait un recul sur le plan de l’organisation des travailleurs. Il y avait le danger de fragmenter le pouvoir collectif et centralisé au profit d’une myriade de groupes locaux. Les partisans de l’idée des conseils répondirent que cela n’était le cas qu’en apparence, puisque cette nouvelle forme « se révélait la seule qui permît de poser les jalons d’un pouvoir ouvrier direct ». Au-delà de ce magma confus de petits groupes, de scissions et d’affrontements sectaires, le plus important était la propagation des conceptions défendant les idées de démocratie directe et d’exercice de la souveraineté de la collectivité des exploités sans médiations politiques ou syndicales.
La forte répression du début des années 1920 laissa exsangues tous ces organismes qui passèrent rapidement à l’état groupusculaire. Ils perdirent leur raison d’être : agir pour briser la passivité générée par les tactiques de compromis de la social-démocratie, agiter pour réveiller les capacités d’autonomie des opprimés. La plupart étaient composés de chômeurs et de militants vivant souvent dans la marginalité. Une des conséquences fut le repli forcé de leurs membres vers des actions minoritaires, le développement d’actions de « groupes expropriateurs », ou de « bandits rouges », qui cherchaient à faire survivre matériellement les militants et les organisations – développement qui annonçait leur isolement et leur déclin. Le mouvement gauchiste au sens où les léninistes le considéraient, c’est-à-dire opposé à la vie politique officielle, « cessa d’être un facteur politique sérieux dans le mouvement ouvrier allemand ». Une autre conséquence fut le renforcement du parti communiste bolchevisé, KPD, qui, avec des moyens matériels et institutionnels importants (députés et fonctionnaires syndicaux), prit une place importante dans la vie parlementaire et syndicale de la république de Weimar. Progression qui lui permit de valoriser, à son tour, l’efficacité et le réalisme du travail politique à l’intérieur des institutions démocratiques, et cela jusqu’à l’effondrement de son appareil bureaucratique devant le nazisme.


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Re: Histoire

Messagede bipbip » 31 Mar 2018, 23:56

L’histoire est un champ de bataille

Le remugle du roman national

« Il ne s’agit pas de remplacer une mythologie détestable par une autre qui semblerait sympathique. » Entretien autour des « historiens de garde ».

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D’une certaine manière, Marcel Gauchet, dans Le Figaro du 21 octobre 2017, résumait la situation : « De l’école des Annales à la repentance, en passant par l’hégémonie marxiste à l’université, le roman national a été passé au rouleau compresseur de la critique. Pourtant, il suscite toujours un vif intérêt populaire, en témoignent les succès du Puy du Fou, des émissions comme celles de Stéphane Bern ou Franck Ferrand, et des livres d’histoire en librairie. » Face au recul d’une histoire critique, réputée aride et élitiste, l’engouement pour le passé se renouvellerait ainsi dans l’histortainment et la réactivation des mythes nationaux. Pourtant et pour peu qu’on gratte le vernis de l’image d’Épinal de ces « succès » commerciaux, se dessine une vision réactionnaire à peine dissimulée.

En plus de ripoliner les grands personnages et les grandes dates de l’histoire de France pour les refourguer au bon peuple, certains distillent d’autres projets. Celui de réconcilier « tous les Français avec leur histoire coloniale » (Dimitri Casali). Ou encore de « réintroduire la religion [catholique] en France » (Lorànt Deutsch), sans laquelle « on se prive de quelque chose dont on va avoir besoin dans les années à venir ». Parmi les premiers à avoir réagi à ce revival ringard, la moderniste Aurore Chéry et les médiévistes William Blanc et Christophe Naudin – auteurs d’une salutaire enquête, Les Historiens de garde – répondent collégialement aux questions de CQFD.

... http://cqfd-journal.org/Le-remugle-du-roman-national
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Re: Histoire

Messagede bipbip » 02 Juin 2018, 18:12

« Quand les lycéens prenaient la parole »

Lire : Leschi et Morder, « Quand les lycéens prenaient la parole »

Robi Morder et Didier Leschi narrent l’histoire des Comités d’action lycéens (CAL). Les années 68 ici évoquées couvrent donc essentiellement la décennie 1967-1976.

Les auteurs prennent soin d’indiquer d’où ils parlent  : l’un et l’autre, à quelques années d’écart, ont activement participé à ces aventures, en tant que militants d’organisations trotskistes, essentiellement de la LCR, au sens de ses diverses tendances, scissions et émanations. Dans l’avant-propos est pointé «  la quasi-absence  » dans le livre d’autres courants dont les libertaires et anarchistes, en précisant que cela «  ne signifie pas qu’ils étaient inexistants, loin de là  ». C’est exact, et on ne peut que rester sur sa faim de ce point de vue là. Mais d’autres pourront faire œuvre utile en racontant aussi leurs CAL… A partir de sources aussi incontestables que pertinentes, ce livre est une somme sur ce morceau d’histoire du mouvement lycéen, dont l’apogée se situe en 1973 lors de la lutte contre la loi Debré. Durant ces dix ans, manifestations, occupations de locaux, coordinations d’établissements en grève, expériences autogestionnaires, rythment les années scolaires, sur fond d’intense activité politique. Le contexte social, politique ou culturel est rappelé. C’est indispensable pour comprendre les dynamiques qui s’enclenchent au fil du temps. Quelques témoignages complètent les propos des auteurs. Au cœur de cette décennie, on retrouve un débat bien actuel  : le rapport entre construction de l’autonomie d’un mouvement de masse et forces politiques qui l’appuient. Autres matière à réflexion pour aujourd’hui  : l’attitude du mouvement syndical (CGT et CFDT de l’époque), les liens avec le mouvement lycéen mais aussi les affrontements souvent très durs, la brève expérience de la Coordination permanente des collèges d’enseignement technique (CP-CET) directement impulsée par la CGT… Un livre utile pour les jeunes d’aujourd’hui, de demain… et d’hier.

Christian (AL Banlieue Sud-Est)

Didier Leschi et Robi Morder, Quand les lycéens prenaient la parole, les années 68, Syllepse, 2018, 300 p, 15 euros.

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