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« Alors, z’en avez vendus combien ? » La question est récurrente, presque rituelle. Dès que nous croisons quelqu’un qui a eu vent de notre embarquement vers la haute-mer et les îles papier, elle revient illico sur le tapis. Logique : ceux qui aiment notre canard savent bien que nous ne pourrons survivre très longtemps si personne ne l’achète. Ceux qui ne l’aiment pas se disent la même chose, sourire en coin - En combien de temps y vont couler leur bouzin, ces abrutis ?
L’avantage, c’est qu’on ne peut pas répondre. Because : on n’en sait rien. Pas la moindre indication sur les chiffres de ventes, en tout cas en kiosques. Sur les 15 000 exemplaires du numéro 1, on en avait certes séquestré 1 200 pour nos beaux yeux (librairies, abonnements, vente directe, cadeaux, allume-feu), et ceux-là sont (presque) partis comme des petits pains - plutôt une bonne nouvelle. Tout comme les abonnements, qui continuent à affluer, lentement mais sûrement1. Pour le reste, c’est l’inconnu : sur les 13 800 petits Article11 placés en kiosques, on ne saura que fin janvier combien ont trouvé preneurs. Parce que notre diffuseur (les MLP) exige un surplus tarifaire pour nous donner des indications plus précoces, et qu’on a dit : pas moyen. On attend, donc.
Ceci dit : ça ne nous empêche pas de dormir. On n’ira pas jusqu’à dire qu’on s’en fiche, juste que c’est plutôt secondaire. Évidemment, si nous apprenons que 52 exemplaires ont été vendus en deux mois, ce sera un coup dur2. Mais ça ne changera rien à notre approche éditoriale et graphique. Parce que nous sommes têtus. Et que notre « stratégie » est fort simple : mordre et tenir3. En clair, nous allons limer jusqu’à fissurer, comme le prisonnier forant le mur de sa cellule armé d’une cuillère. Méthodiquement - mois après mois, numéro après numéro.
Justement... ce long préambule pour annoncer le nouveau venu, ce numéro 2 qui arrive dans les kiosques demain (le 14 janvier) et dont vous pouvez admirer la couverture en haut de billet. Lui débarque avec fracas (BOUM), plutôt confiant - conscient de nous donner pleine satisfaction4. C’est bien simple, plus on le parcoure, plus on l’aime, de la tête verte aux pieds bleus, de la première page à la dernière. Par exemple, on est plutôt fiers de l’entretien avec Jane Sautière qui scintille en page 24-25 ; ou des chroniques des nouveaux venus (Guy M.5, Pièce Détachée...) qui renforcent joliment l’armada A11 ; ou de la mise en page splendide concoctée par ceux de Formes Vives & Thibaud Metz ; ou ou ou...
On espère surtout que ce deuxième tome vous plaira autant qu’à nous, sur la forme comme sur le fond. Et on vous enjoint à empoigner le bâton de pèlerin A11 pour faire connaître le bébé si jamais il vous botte. C’est comme ça qu’on voit les choses : un réseau qui se tisse, progressivement, sans paillettes ni cotillons, à échelle humaine. Brique by brique. D’ici deux ou trois ans, normalement, on devrait jouer dans la cour des gros - tremble Murdoch... Comme le disait ce bon général Joffre au moment d’envoyer ses hommes frire une bonne fois pour toutes sous le feu fridolin : « Je les grignote. » Tout pareil.












