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Publications de Ni patrie ni frontières

MessagePosté: 24 Déc 2008, 14:06
de Nico37
Publications de Ni patrie ni frontières en 2007-2008

Ni patrie ni frontières publie à la fois une revue et des livres. Voici la présentation de nos dernières publications.

Ni patrie ni frontières n° 21-22, octobre 2007, 400 pages, 10 €

Tout d’abord nous abordons le cas de Sarkozy Ier. Ce politicien réactionnaire a été confortablement élu, contrairement aux pronostics de tous ceux qui fanfaronnaient sur la prétendue « victoire du non » depuis 2005. Cette pitoyable « gauche de la gauche » – qui a bien sûr fini par voter pour la « néo-socialiste » Royal – a donc vu, « logiquement », dans le résultat des dernières élections présidentielles et législatives une grave « défaite de la classe ouvrière ».

Pour échapper aux miasmes « démocratiques », vous pourrez ensuite respirer les flammes et les vapeurs d’essence euphorisantes des « émeutes » de novembre 2005 en compagnie d’un anthropologue italien. Emilio Quadrelli a interviewé ce qu’il appelle des « guérilleras noires » dans les banlieues françaises : nous tentons d’instiller un peu de réalisme face aux envolées lyriques de cet intellectuel « radical », dont les raisonnements se rapprochent de ceux développés en France par les Indigènes de la République ou le MIB (Mouvement de l’immigration et des banlieues).

Nous vous invitons ensuite à vous pencher sur les campagnes électorales de l’extrême gauche entre 1968 et 1988 à travers une série d’articles écrits à l’époque par le mensuel Combat communiste. Ces textes constituent une petite piqûre de rappel afin de ne pas oublier que l’opportunisme électoral des trotskystes a une longue histoire et des racines profondes.

Karim Landais nous propose ensuite une analyse du Parti des travailleurs, parti pour lequel les élections constituent aussi une activité importante, même s’il n’a pas autant la cote auprès des médias qu’Arlette et Olivier.

Evoquant des sujets nettement plus graves et importants que les péripéties politiciennes, Marie-Cécile Plà, militante de RESF, aborde les souffrances des enfants de sans-papiers, et la question du rapport à la loi.

La revue explore ensuite les sombres réalités de cinq pays : les Pays-Bas et leur politique d’intégration forcée, ainsi que la situation des immigrés des Pays de l’Est ; la Grande-Bretagne et le bilan du blairisme ; Cuba et la façon dont le régime traite les questions du racisme et de la « marginalité » ; les Etats-Unis et les mécanismes de ce qu’il est convenu d’appeler le « racisme institutionnel » (ou « racisme systémique »), grâce aux contributions de deux camarades américains ; et l’Argentine avec un article historique sur l’un des premiers sociaux-démocrates de ce pays.

Ce numéro dénonce ensuite le pillage des pays de l’Est par les entreprises françaises (on est loin des dommages imaginaires causés par la présence en France de quelques dizaines de « plombiers polonais » ; il s’agit ici de dizaines de milliers de travailleurs est-européens licenciés grâce aux manœuvres des multinationales françaises ou réduits à des salaires de misère par celles-ci).

Nous lançons également quelques pistes à propos de l’apparition récente des « questions noires » en France, tout en proposant une première chronologie qui sera enrichie et développée par la suite.

Patsy décortique méthodiquement le discours de Dakar prononcé par Nicolas Sarkozy et rédigé par Henri Guaino. Et enfin nous abordons quelques-uns des problèmes posés par la création d’un (très hypothétique) « nouveau parti anticapitaliste ».

Ni patrie ni frontières n° 23-24 – mars 2008, 302 pages, 10 €

Il est d’usage, dans les milieux marxistes ou anarchistes, de critiquer globalement « la » démocratie (« bourgeoise » ou « parlementaire ») et de l’opposer en bloc à « la » justice (« sociale » ou « prolétarienne »). La critique de « la » démocratie n’est d’ailleurs pas l’apanage des « révolutionnaires », puisque le président de la République d’Iran, Mahmoud Ahmadinejad, a déclaré au quotidien Le Monde en février 2008 que les Iraniens étaient mus par la soif de « justice », le respect de la « dignité humaine » et le « refus de la domination », valeurs que cet islamiste place « plus haut » que la démocratie… Tout un programme ! Le débat est donc vaste et multiforme et nous ne l’épuiserons pas dans le cadre de cette revue.

Ce numéro explore quelques facettes de « la » démocratie et des idéaux de « justice sociale » qu’on lui oppose. Il tente de débroussailler ces questions en s’appuyant sur des analyses écrites par des militants de différentes tendances et qui portent sur des pays spécifiques : Argentine, Corée du Sud, Népal, Birmanie, Venezuela, Etats-Unis, Cuba, Iran et Irak. Bien sûr, ces textes ne se contentent pas de décrire ou d’évoquer des réalités contrastées, ils défendent aussi des positions politiques précises et nous livrent des réflexions plus générales et théoriques, parfois divergentes.

Nous commençons par un texte de Mansoor Hekmat, théoricicien du « communisme-ouvrier » iranien (cf. le texte de Nicolas Dessaux et nos articles dans Ni patrie ni frontières n° 13-14 et 18-19-20). Pour Mansoor Hekmat, on ne peut discuter de « la démocratie » en général sans tomber dans des platitudes ridicules et des contresens grossiers. Il faut s’interroger sur les différentes formes prises par « la » démocratie : libérale, parlementaire, sociale, occidentale, populaire, socialiste, bourgeoise, ouvrière, représentative, etc. Nous devons dévoiler à chaque fois ce qui se cache derrière l’adjectif qui complète et détermine cette tarte à la crème qu’est « la » démocratie. Selon Mansoor Hekmat, dans la lutte pour l’émancipation et la libération de l’humanité, c’est la liberté et l’égalité qui jouent un rôle essentiel, la « démocratie » n’occupant qu’une place de second plan, conditionnée par la première.

Les articles suivants traitent de cas particuliers, de façon à approfondir la piste dessinée par Mansoor Hekmat et en explorer d’autres, bien sûr. Loren Goldner décrit le combat des prolétaires de Corée du Sud dont le mouvement a été canalisé dans une lutte pour la démocratie parlementaire. Selon Humberto Decarli et le groupe libertaire Insurgentes, les sans-réserves vénézuéliens sont manipulés par un colonel de parachutistes appartenant à des Forces armées qui ont une longue tradition d’intervention politique dans la vie du pays. Jorge Altamira, trotskyste argentin, défend la dictature de Cuba au nom de l’ « anti-impérialisme », mais aussi les droits démocratiques y compris la liberté d’expression pour ses adversaires. Samuel Farber, révolutionnaire cubain, n’a aucune illusion sur le Che Guevara et son rôle dans la création de camps de travail et l’établissement d’une dictature sur le prolétariat dans cette île des Caraïbes. Houzan Mahmood, communiste-ouvrière irakienne, s’élève contre la reconnaissance légale de la charia dans son pays. John Doe, militant d’Amérique du Nord, décortique le fonctionnement du système démocratique dans la plus grande puissance impérialiste actuelle et considère que la défense des droits démocratiques est aujourd’hui dépassée. Enfin, les camarades de Mouvement communiste nous expliquent comment la question démocratique se pose pour les prolétaires et les sans-réserves de deux pays asiatiques (Népal, Birmanie) qui ont connu des affrontements importants autour de ces problèmes en 2007.

La critique du capitalisme ne se réduit pas simplement à de brillantes analyses politiques. Elle passe également par une attention vigilante à la souffrance, la colère et la révolte suscitées par le travail dans cette société, mais aussi par la galère et la recherche d’un emploi. C’est ce que soulignent chacun à sa manière Laura Fonteyn du Groupe CRI (trotskyste) et deux jeunes chômeurs qui nous racontent leurs tribulations à l’ANPE et lors de tests de préselection à la Poste.

Nous revenons sur les rapports entre religion et politique à travers deux critiques de Sarkozy (La Lettre du Militant et Patsy) et une analyse de deux théoriciens du fondamentalisme musulman (Qutb et Fawdawdi) par Mehmet Kirmaci, du groupe De Fabel van de illegaal. Nous nous attaquons aux « Dix commandements de la Gauche Théocompatible » ainsi qu’aux ambiguités et aux limites du concept de l’« islamogauchisme ».

Et pour finir nous publions une contribution de Claudio Ielmini : « Les Damnés de la civilisation ». Partant d’une nouvelle lecture critique des Damnés de la Terre, l’auteur évoque certaines transformations fondamentales intervenues dans le « Sud », en prenant pour exemple l’évolution du capitalisme chinois. Mais il ne s’arrête pas là puisqu’il s’interroge à la fois sur le rôle des soutiens gauchistes aux « sans pap’ », sur la fonction des intellectuels dans ses mouvements, et sur le potentiel révolutionnaire des luttes des migrants dans les pays du « Nord ». Ce qui repose, sous un autre angle, la question posée par le titre de ce numéro.

Ni patrie ni frontières n° 25-26, octobre 2008, 232 pages, 10 €

Ce numéro aborde la question des sans-papiers en France (et aux Pays-Bas avec un texte de De Fabel van de illegaal sur les sinistres centres de rétention hollandais) à partir de deux points de vue : celui des « soutiens » (appartenant ici au Réseau Education sans frontières) et celui de représentants de la Coordination 75 et de travailleuses sans-papiers à travers le Journal de la Bourse occupée.

Le marxiste libertaire João Bernardo nous décrit les grandes tendances des modifications que nous sommes en train de vivre, dans l’organisation du travail et de la vie sociale, au Nord comme au Sud. Il identifie aussi certaines des raisons de la crise idéologique de la gauche et de l’extrême gauche actuelles.

Dans la continuité de cette analyse générale, nous reproduisons plusieurs textes, écrits par des collectifs de précaires sur l’insertion, le RSA et le contrôle des allocataires du RMI, qui montrent comment ces grandes évolutions mondiales se manifestent en France et comment elles font de la vie de millions de personnes un enfer.

Les anarchistes vénézuéliens d’El Libertario décortiquent la nature du chavisme et le groupe Mouvement communiste nous décrit la situation coloniale du Tibet.

Enfin plusieurs articles abordent des questions qui suscitent des polémiques dans la « gauche radicale » et le mouvement libertaire : le licenciement du dessinateur Siné ; les comparaisons entre le régime de Vichy et le gouvernement Sarkozy ; les positions de Chomsky ; les nationalismes et les régionalismes ; la mystification du christianisme dit de gauche ou social.

« Question juive » et antisémitisme- Sionisme et antisionisme

Compil n°1 de Ni patrie ni frontières , mars 2008, 344 pages, 10 €

Cet ouvrage évoque surtout l’attitude des marxistes et des anarchistes face à la prétendue « question juive », au sionisme et à l’antisémitisme.

Les auteurs sont de tendances très diverses. Les textes ont été choisis, selon l’orientation de la revue, non pas parce qu’ils apporteraient la Vérité, mais parce qu’ils contiennent un certain nombre d’informations historiques et théoriques indispensables pour entamer un débat sérieux.

La prétendue « question juive » dévoile en fait les limites de toutes les idéologies révolutionnaires depuis cent cinquante ans, idéologies généralement fondées sur une vision assimilationniste de toutes les ethnies et de tous les peuples ; sur l’illusion que les religions et les nationalismes n’auraient aucun avenir dans un monde capitaliste moderne et développé ; sur une croyance aveugle dans les vertus du progrès technique et scientifique ; sur une foi démesurée dans les effets magiques de la Révolution sociale (qu’elle soit d’inspiration marxiste ou anarchiste) et d’une nouvelle organisation de l’économie par les producteurs eux-mêmes. Et, disons-le clairement, sur une sous-estimation radicale de l’antisémitisme et de ses effets meurtriers au profit d’une surestimation et d’une dénonciation démagogiques de la présence des Juifs au sein des structures du capital financier ou commercial.

L’intérêt d’évoquer la « question juive » est de pouvoir revisiter pratiquement toutes les questions importantes des théories révolutionnaire : les classes sociales, la nation, le rôle de la classe ouvrière, la religion, l’État, l’histoire du capitalisme, etc., comme en témoignent les différents articles rassemblés dans ce livre.

Islam, islamisme, « islamophobie »

Compil n°2 de Ni patrie ni frontières, mars 2008, 336 pages, 10 €

L’ouvrage est divisé en cinq parties correspondant à cinq thèmes principaux.

La première partie restitue quelques brèves données de base sur Mahomet, la naissance de l’islam et le statut des dhimmis, puis présente le point de vue de militants et militantes algériens, pakistanais, palestiniens et irakiens sur la façon dont ils perçoivent la réalité religieuse et politique de l’islam dans leurs pays respectifs aujourd’hui.

La seconde partie traite de la « question musulmane » en France, des raisons pour lesquelles l’islam est devenu un enjeu social et politique et des conséquences négatives que l’essor de cette religion a eues sur le mouvement ouvrier et féministe en France. Elle évoque les débats sur le hijab et la laïcité dans l’Hexagone, la confusion politique qui règne à gauche et à l’extrême gauche sur les questions religieuses en général et l’islam en particulier, et pointe aussi l’apparition d’un citoyennisme musulman dont Tariq Ramadan est le représentant intellectuel le plus emblématique et le plus sophistiqué.

La troisième partie tente d’établir quelques distinctions élémentaires entre racisme anti-Arabes, xénophobie et « islamophobie ». Elle souligne aussi les dangers de certaines alliances ou convergences politiques au nom de la défense de la laïcité ou des droits des femmes, en France et en Grande-Bretagne.

La quatrième partie rassemble une douzaine de traductions de textes ou de débats impliquant des militantes des Partis communistes-ouvriers d’Irak et d’Iran qui s’expriment à la fois sur l’islam politique, mais aussi sur des questions comme l’« islamophobie », la laïcité, le relativisme culturel et le multiculturalisme.

Quant à la cinquième et dernière partie, elle critique de façon virulente l’opportunisme de la gauche et de l’extrême gauche théocompatibles, voire de certains libertaires, en France comme en Grande-Bretagne.

L a Fable de l’illégalité : sans-papiers, Immigration et intégration forcée aux Pays-Bas - Compil n°3 de Ni patrie ni frontières, mai 2008, 360 pages, 10 €

Les Pays-Bas sont un petit pays rarement mentionné dans les médias. La « paix sociale » y est rarement troublée par des grèves, ou des luttes, « exemplaires » susceptibles d’enflammer l’imagination des militants. Pourtant, beaucoup de questions politiques débattues en France – de la « flexsécurité » à « l’identité nationale » en passant par le « multiculturalisme », les séquelles du colonialisme, l’immigration ou la place de la religion dans la société – y sont l’objet de vifs débats… et aussi de mesures réactionnaires que la droite française rêve d’imposer dans l’Hexagone.

De Fabel van de illegaal (La Fable de l’illégalité) est un groupe atypique, par ses origines, comme par ses activités et son journal qui s’intéresse à trois questions principales : le racisme et l’antisémitisme aux Pays-Bas, l’extrême droite, et les luttes des sans-papiers. Presque tous les articles tournent autour de ces trois axes d’intervention, ou de thèmes très proches, dans une perspective militante bien sûr, mais aussi dans le cadre d’une réflexion théorique sur toutes les questions posées par les politiques migratoires et démographiques : nationalisme, place des « cultures » et des traditions, multiculturalisme, liberté de conscience, fonction des religions, répression étatique, oppression des femmes, rôle de la famille, etc.

Il faut souligner aussi une autre originalité de De Fabel van de illegaal : sa façon de préparer ses campagnes politiques, seul ou avec d’autres. Les groupes d’extrême gauche ou libertaires ont généralement une attitude purement réactive : ils réagissent à une mesure gouvernementale, à l’invasion d’un pays étranger, à une décision d’un organisme international ou d’une multinationale. Pour sa part, De Fabel fonctionne de façon différente : quand le groupe décide de mener une campagne politique sur un thème (et, comme on l’a vu, ces thèmes sont volontairement limités, De Fabel ne veut pas disperser son énergie entre vingt causes différentes et sans lien entre elles), ses membres commencent par bien étudier les arguments de l’adversaire (Etat, partis politiques, patrons, institutions internationales) pour à la fois pouvoir répondre aux réactionnaires ou aux réformistes, mais aussi pour trouver des arguments simples et faciles à comprendre.

. Loren Goldner : Nous vivrons la Révolution Revolution in our lifetime (tome 1), 392 pages, 12 €

Loren Goldner n’est pas un marxiste « académique » – et ce dans les deux sens du terme : il ne détient pas une chaire dans une université, et il ne perd pas non plus son temps à participer à d’interminables querelles marxologiques.

L’auteur essaie d’appliquer sa vision très personnelle du marxisme aux réalités des luttes de classes contemporaines. En lisant les deux volumes de ses écrits, le lecteur saisira tout de suite que l’horizon de Loren Goldner ne se borne pas aux frontières intellectuelles ou matérielles de son pays d’origine, les Etats-Unis. Il tente de nous présenter une vision du monde, en partant d’emblée d’un point de vue international et même anational.

On peut – je dirais même on doit – ne pas être toujours d’accord avec l’auteur, mais il faut lui reconnaître trois qualités essentielles :

– il cherche toujours à débusquer les marxistes étatistes, à démonter leurs raisonnements et leur démagogie pseudo-radicale. Sa critique de l’étatisme de la gauche et de l’extrême gauche est une constante, qui le différencie de bien des « « penseurs » dits « révolutionnaires » ou altermondialistes ;

– il prend fait et cause pour les luttes des travailleurs, ici et maintenant, tout en gardant une conscience antibureaucratique sans concessions ;

– il s’intéresse aux transformations économiques du monde capitaliste, dont il essaie de nous présenter les grandes lignes de façon simple (enfin, quand c’est possible…) et compréhensible.

Dans ce premier recueil d’articles, à part un texte central sur le capitalisme américain, qui compte plus de cent pages et pourrait donc constituer un livre à lui seul, Loren Goldner aborde des sujets très divers : en dehors de trois critiques de livres, huit articles concernent des questions dites « économiques » et présentent sa vision particulière concernant l’évolution du capitalisme du XIXe au XXIe siècle et le soubassement de la crise mondiale actuelle ; ce premier tome contient aussi des textes sur les luttes ouvrières aux Etats-Unis, en Corée, et en Espagne ; Loren Goldner évoque également les origines lointaines du racisme aux Etats-Unis et de l’antisémitisme en Europe ; il se livre à une critique radicale du multiculturalisme et présente l’apport d’un marxiste peu connu : Amadeo Bordiga à propos de la révolution russe et de la question paysanne.

Le second recueil d’articles, tous inédits en français, paraîtra en décembre 2008. Il abordera des questions aussi variées que la situation sociale en Argentine, en Inde, en Chine, au Mexique et en Pologne ; l’héritage des Lumières ; l’articulation des questions de race et de classe aux Etats-Unis ; l’altermondialisme ; la désindustrialisation et l’absence d’un Parti ouvrier en Amérique, etc.

Karim Landais : Anarchisme, nation, identité, culture Régionalisme, nationalisme et anarcho-indépendantisme est paru chez Orphéo Editions, 184 pages, au prix de 8 €

Ce texte a déjà été publié en 2006, un an après la disparition de Karim Landais en juin 2005. Il était alors inclus dans deux gros volumes rassemblant presque tous les écrits de Karim. Cette anthologie (Passions militantes et rigueur historienne) étant désormais presque épuisée, nous avons choisi de republier, dans un ouvrage au format plus maniable, ce texte qui n’a pas pris une ride.

En effet, les questions liées à la « culture », à « l’identité », à la « nation », au multiculturalisme, à l’ « Europe des régions » (ou des « nations ») sont plus que jamais au cœur des débats politiques en France, comme en témoignent, à des niveaux différents, la création du mouvement des Indigènes de la République et du CRAN en 2005 ; les « émeutes » de Novembre 2005 ; les discours patriotards de Royale et Sarkozy lors de la campagne présidentielle de 2007 ; les multiples façons dont la droite et la gauche françaises instrumentalisent l’histoire de la France ; la désignation d’un ministre de « l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire » (ou « de la Rafle, de la Honte et du Drapeau », comme le dit justement le Réseau Education sans frontières) ; les contraintes de plus en plus fortes qui pèsent sur les travailleurs migrants, qu’ils soient ou non en « situation régulière » ; les débats sur le hijab et la place de l’islam dans un pays aux « racines chrétiennes » ; la nomination de personnalités « issues de la diversité » (en clair de personnes d’origine africaine et nord-africaine ») à des responsabilités gouvernementales, sans compter l’incapacité de la gauche et de l’extrême gauche à mobiliser, ne serait-ce que leurs électeurs, sur une base internationaliste, ou mieux anationale, lors des élections et référendums européens, et à mobiliser dans la rue contre la présence et les interventions des troupes françaises en dehors de l’Hexagone.

On peut ne pas être d’accord avec telle ou telle formulation, hypothèse ou idée de l’auteur (je ne crois pas, par exemple, que l’Union européenne puisse être assimilée à une structure « d’inspiration néo-totalitaire » ou « corporatiste » comme l’affirmait Karim), mais on doit lui reconnaître un souci de rigueur, une clarté d’exposition, un sens de la nuance, qualités rares chez un auteur « révolutionnaire » et surtout une incitation à réfléchir par soi-même. Que demander d’autre à un bon livre ?

ABONNEMENT ET CONTACT

Un numéro simple : 7,5 €. Un numéro double : 10 €. Trois numéros (simples ou doubles) : 23 €. Six numéros : 45 €. Chèque (ou timbres) à l’ordre de Yves Coleman. Contact : yvescoleman@wanadoo.fr

ou : Yves Coleman (sans autre mention) 10, rue Jean-Dolent 75014 Paris

Site internet (partagé avec d’autres publications). : http: //www.mondialisme.org

Re: Publications de Ni patrie ni frontières

MessagePosté: 26 Oct 2009, 20:55
de Nico37
Présentation du n° 27-28-29

Ni patrie ni frontières reparaît après un an de silence. Nous espérons que nos lecteurs ne nous en tiendront pas rigueur et que le volume et l’intérêt de ce numéro compenseront notre retard... Nous publions en même temps que ce numéro triple, une compil’ de textes (inédits ou parus dans d’autres publications) présentés dans la revue entre 2002 et 2008 : De la violence politique.

D’octobre 2008 à septembre 2009 un certain nombre de débats ont traversé les milieux militants et notre revue tente de s’en faire ici l’écho.

Tout d’abord, la crise économique mondiale, abordée par des camarades espagnols et néerlandais. Les auteurs utilisent des mots simples et le lecteur n’aura nul besoin de se plonger dans un dictionnaire pour en comprendre la teneur.

Ensuite, la revue s’interroge de nouveau sur les rapports entre les « soutiens » [voire, pour certains, les « aidants » ! (1)] et le mouvement des « sans papiers ». Ni patrie ni frontières publie des extraits d’une brochure qui, loin de tout misérabilisme ou paternalisme, relate la lutte des travailleurs « clandestins » du Comité de grève de Viry-Chatillon. Nous reproduisons aussi la réponse de la Coordination des sans-papiers 75 au tract de la CGT qui a préparé le terrain à l’intervention du commando syndical du 21 juin 2009 contre les oc-cupants des bâtiments de la rue Charlot, à Paris, et deux autres textes qui traitent des problèmes posés par cette intervention. Une ex-adhérente nous donne son avis très critique (et souvent injuste) vis-à-vis du Réseau Education sans frontières. Et nous nous interrogeons sur les limites de la forme Réseau à travers le compte rendu d’un livre intitulé La Chasse aux enfants. Un article analyse « La grande loterie des camps », c’est-à-dire des centres de rétention administrative, les CRA. Son auteur pose de bonnes questions mais offre une vision caricaturale de l’intervention des militants de base de la CIMADE sur le terrain, militants qui combattent les expulsions gouvernementales, même si les textes de cette organisation sont – jusqu’ici – très en retrait.

La revue s’intéresse ensuite aux courants spontanéistes du « gauchisme post-moderne » (2). Pour ce faire, après le « Manifeste pour la désobéissance générale », nous reproduisons les éléments d’une discussion réalisée, entre décembre 2007 et février 2008, avec trois militants de sensibilité libertaire autour de deux livres : Les mouvements sont faits pour mourir et L’insurrection qui vient. Bien avant donc que le second ouvrage ne devienne un « best-seller » et qu’un présentateur de la chaîne réactionnaire Fox News ne conseille aux téléspectateurs américains d’en acheter la traduction anglaise pour démasquer le « véritable ennemi intérieur » aux… Etats-Unis !

Au-delà des différences importantes entre ces deux ouvrages (le premier étant nettement plus intéressant que le second, exactement à l’inverse de sa promotion médiatique), l’objectif était pour nous de comprendre ce qui pouvait, après le mouvement anti-CPE de 2006, expliquer le succès de tels bouquins parmi les étudiants les plus révoltés ; il s’agissait aussi de dévoiler la confusion de l’idéologie radicale-spontanéiste, qu’elle se réclame de l’ « autonomie », du situationnisme, des « mouvements sociaux » ou d’un patchwork de références allant de Nietzsche et Foucault aux diverses versions des théories de la décroissance, en passant par un « conseillisme » privé de toute substance, car il fait totalement abstraction de l’existence et du rôle de la classe ouvrière.

Pour illustrer la répression actuelle qui frappe certains militants étiquetés « anarcho-autonomes » par les RG et les médias, il valait mieux donner la parole à certains de ceux qui ont été emprisonnés, raison pour laquelle nous reproduisons trois de leurs lettres. Claude Guillon expose ce qu’est, selon lui, la « Généalogie d’une invention » à propos de cette « mouvance » introuvable. « Des précaires » expliquent pourquoi la gauche et l’extrême gauche ont eu peur, dans un premier temps, de s’engager autour des inculpés de Tarnac. Un article de la brochure « Mauvaises intentions » n° 2 expose ce que pourrait être cette solidarité à propos de trois jeunes (Isa, Juan et Damien) dont les « affaires » n’ont jamais bénéficié de la moindre médiatisation. Et des camarades italiens donnent leur point de vue sur la stratégie de défense des inculpés de Tarnac et surtout de leurs « soutiens ». Cette partie se conclut par une « Mise au point du Comité invisible » datée du 5 février 2009, suivie d’un texte sur les mirages de l’illégalisme, auparavant publié par la revue anarchiste À corps perdu, qui nous offre une réflexion très riche à partir de l’expérience italienne et des rapports, dans l’imaginaire populaire, entre mafieux, braqueurs de banques et militants illégalistes.

Puis Temps critiques pose son regard acéré sur « Les luttes dans l’Education nationale » et leurs limites.

Nous reproduisons ensuite plusieurs textes sur les limites et l’utilité des « contre-sommets » dont l’idéologie est souvent douteuse et confuse, quoi qu’en disent les participants qui s’expriment ici. Sacha Ismail et Colin Barker dévoilent les aspects réactionnaires d’un certain anti-impérialisme de gauche, idéologie très présente dans ces « contre-sommets ». Ces deux articles constituent une bonne introduction générale aux articles et interviews sur le Venezuela. L’expérience de ce pays est souvent présentée, par ses partisans comme par ses adversaires, à travers une propagande aussi grossière que fallacieuse. D’où l’intérêt des articles à propos de la grève du métro de Caracas, de la répression antisyndicale et de la visite du « libertaire » Chomsky au Caudillo de Caracas ainsi que l’interview des camarades d’El Libertario.

La dernière intervention israélienne a Gaza a suscité, comme d’habitude, beaucoup de polémiques. Plusieurs articles expriment des points de vue différents sur Israël et le sionisme. Les « Luftmenschen » tentent de cerner les particularités de l’« antisionisme à la française », « Sinistre Spectacle » démonte le pantin qu’est Alain Soral et le Réseau Solidaire d’Allocataires relate la visite du Dieudobus à Argenteuil.

Revenant à une question qui rôdait dans le débat autour des inculpés de Tarnac, nous offrons quelques éléments de réflexion sur les rapports conflictuels entre anarchisme et insurrectionnisme (ce dernier courant étant influencé par les écrits d’Alfredo Maria Bonanno).

Dans deux articles, le groupe Mouvement communiste revient sur la grève des ouvriers de la raffinerie de Lindsay et l’échec de Total, mais aussi quelques particularités du mouvement ouvrier et syndical britannique.

Antoine Hasard présente « La Garde rouge raconte », livre d’Emilio Mentasti sur le comité d’usine de Magneti Marelli en 1975-1979.

Le Colectivo Passa Palavra (Portugal/Brésil) nous expose quels sont ses « Points de départ » et les camarades de De Fabel van de illegaal nous décrivent la situation des Antillais néerlandais dans ce paradis de la « tolérance » qu’est la Hollande…

Bonne lecture et… à bientôt (3) !

5/10/2009

Ni patrie ni frontières

1. J’ignore si ce terme est courant dans les milieux militants, mais je l’ai entendu dans la bouche d’une membre de RESF, ce qui m’a particulièrement choqué, étant donné que ce vocable fait partie du langage paramédical. Un aidant est en effet une « personne qui prête son concours à quelqu’un ayant une déficience, une incapacité ou se trouvant en situation de handicap ». On parle des « aidants » d’une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer. Comparer les « sans-papiers » à des personnes atteintes d’un handicap est pour le moins inquiétant, du moins sur le plan politique !

2. Ce qualificatif déplaira certainement aux plus radicaux d’entre eux. Bien qu’ils se retrouvent ponctuellement sur des actions ou dans des manifestations communes, il faut distinguer les courants spontanéistes radicaux (les électrons libres de l’anarchisme et de l’« autonomie ») des courants légalistes qui, parmi les altermondialistes, les « désobéissants », les écologistes, les mouvements gays, lesbiens, antiracistes, etc., ont une orientation réformiste, se sentent partie prenante de la « gauche de la gauche », voire de la gauche officielle.

Les partisans de cette gauche post-moderne légaliste désirent ardemment que leur association ou leur ONG reçoive une plus grosse part de la manne de l’Etat-providence. Ils n’imaginent même pas pouvoir « militer » sans subventions publiques et ne peuvent donc pas mordre la main qui les nourrit. Par conséquent, ils se refusent à tout affrontement avec la police (contrairement aux radicaux spontanéistes et aux gauchistes ou libertaires post-modernes). Ces lobbies citoyens (et citoyennistes) peuvent parfois gauchir un peu leur langage mais ils respectent l’ordre capitaliste, et se sont résignés à ne pas tenter de le renverser.

En ce sens, ils sont très différents des premiers mouvements féministes ou homosexuels des années 60 qui considéraient que seule une révolution sociale et socialiste pourrait libérer les femmes, briser les chaînes du patriarcat, en finir avec l’homophobie, etc. C’est ainsi qu’on est passé du FHAR à la Gay Pride (pardon, la « Marche des Fiertés ») subventionnée par les grandes entreprises et la Mairie de Paris, du MLF à la lutte pour la parité et le « respect des différences et de l’Autre » au sein des institutions bourgeoises.

3. Le prochain numéro sera composé d’un recueil de textes de Loren Goldner. Un premier volume a déjà été publié sous le nom de « Demain la révolution ». Le second contiendra uniquement des textes inédits en français.

Sommaire

Quatre crises

Quatre crises et aucune solution en vue (Eric Krebbers, De Fabel van de illegaal), 10

Cinq thèses fondamentales sur le capitalisme d’aujourd’hui (Balance, Cuadernos de historia), 19

Mouvements autonomes de « sans papiers » et « soutiens »

Réponse au quatre pages de la CGT (CSP 75), 24

Pourquoi nous refusons de quitter le boulevard du Temple, 27

Ceux qui ont approuvé l’évacuation (blog ouvalacgt), 29

RESF : point de vue d’une ex-militante, 33

La chasse aux enfants, un livre du Groupe Miroir de RESF, Michel Bennassayag et Angélique del Rey (Y.C.), 45

La grande loterie des camps, 53

Comité de grève de Viry-Châtillon (Waara), 61

Le gauchisme post-moderne en débat 89

Manifeste pour la désobéissance générale (Sous-Comité décentralisé des gardes-barrières en alternance), 93

Introduction au débat sur L’insurrection qui vient et Les mouvements sont faits pour mourir, 105

À propos de L’insurrection qui vient (débat), 113

À propos de Les mouvements sont faits pour mourir (débat), 124

Tarnac et après ? 135

Lettres de prison, 136 ; « Nous n’avons que trop de raisons de nous révolter » (Juan), 136 ; « Aller en taule tout en continuant à lutter pour la liberté » (Damien), 139 ; « Nous ne serons ni des boucs émissaires, ni des martyrs » (Isa), 141

« Dissociés » italiens … et radicaux chics hexagonaux (Y.C.), 146

Mouvance anarcho-autonome : généalogie d’une invention (Claude Guillon), 149

La Catenaire qui cachait la Forêt, (Des précaires) 154

Qu’est-ce que la solidarité ? 166

Editeur « révolutionnaire » cherche auteurs travaillant gratos, 168 ; Les rapports de classe, ça existe aussi dans l’édition dite « de gauche », 170 ; Qui tient la plume et qui remplit l’encrier ? 174 ; « Gauche radicale » : Discussions et régressions (Y.C.), 177

Mise au point du Comité invisible, 179

Violence et sabotage : pendant les « affaires », le débat continue (Claude Guillon), 188

Lettre ouverte aux camarades français (Quelques anarchistes italiens), 191

Les cendres des légendes. Pour en finir avec l’apologie illégaliste, 195

Luttes dans l’Education nationale (Temps critiques), 207

Contre-sommets, 219

Casser du flic ou devenir indicateur ? (Y.C.) 220

Contestation du G20. Une manifestation ou une diversion ? (Communist Workers Organization), 223

Manifester contre le G20 ? (Socialisme mondial) 226

De la nécessité de déserter les contre-sommets illustrée par le siège de Strasbourg (Fred, CNT-AIT) 228

Sur les contre-sommets (compte rendu d’une discussion) 233

Sur l’anti-impérialisme réactionnaire, 245

La gauche et l’anti-impérialisme réactionnaire : la théorie de l’adaptation (Colin Barker), 246

L’islamisme et la nouvelle gauche arabe (Sacha Ismail) 254

Venezuela Grève des travailleurs du Métro de Caracas, 258 ; Le gouvernement bolivarien contre l’autonomie des syndicats, Rafael Uzcategui 261 ; Interviews d’El Libertario, 266 ; Chomsky, le bouffon de Chavez, Octavio Alberola, 280

Irak : Les superstitions, les lois et les coutumes religieuses sont la honte du XXIe siècle (Houzan Mahmoud) 286

Massacres à Gaza. Sionisme et antisionisme, 291

Pour l’arrêt immédiat de l’offensive israélienne contre Gaza ! (texte collectif), 292

Le drame palestinien (Michel), 296

À propos de « Pour l’arrêt immédiat de l’offensive israélienne contre Gaza » (Patsy), 297

Questions-réponses sur le sionisme, Israël et le soutien au « peuple palestinien » (Y.C.), 299

Sur Israel/Palestine : Guerre et génocide (Y.C.) 321

Israel/Palestine : Guerre et génocide (Will Barnes), 322

Qui a eu raison, les sionistes ou les socialistes ? (Socialisme mondial) 331

Un problème bien mal posé (Y.C.), 335

Une politique internationaliste est-elle encore possible en Israël-Palestine ? (Débat révolutionnaire), 338

Limites de l’antisionisme (11) (Y.C.), 347

Sur l’antisionisme à la française (Luftmenschen), 355

Antisionistes encore un effort ! (Luftmenschen), 365

Guesdisme et antisémitisme 372

À propos d’Alain Soral (Sinistre spectacle), 377

La machine à précariser s’accélère, l’extrême droite de Dieudonné tente de faire diverSion (Réseau Solidaires d’Allocataires) 391

Anarchisme et insurrectionnisme 397

Notes sur l’anarchisme insurrectionnel (Venomous Butterfly, Willful Desobedience), 399

À propos des noyaux autonomes de base, 407

Critique de l’insurrectionnisme (Joe Black), 410

Quelques précisions, José Antonio Gutiérrez D., 431

International : Grande-Bretagne, Italie, Brésil, Pays-Bas

Lindsey : une lutte empêtrée dans le nationalisme (Mouvement communiste), 440 ; suivi de L’échec de Total 458

Préface à La Garde rouge raconte d’Emilio Mentasti (Antoine Hasard), 467

Points de départ, Colectivo Pasa Palavra, 471

Trafic de drogue aux Pays-Bas, un prétexte pour diffamer les Antillais 478

Re: Publications de Ni patrie ni frontières

MessagePosté: 11 Avr 2010, 10:14
de Nico37
Trois nouvelles publications de Ni patrie ni frontières en MAI 2010
La revue sort au mois de mai 2010 trois nouvelles publications dont voici la présentation et le sommaire.

Restructuration et lutte de classes dans l’industrie automobile mondiale

Ce recueil de textes publiés entre 1979 et 2009 par le réseau Echanges et Mouvement dans son bulletin Echanges concerne l’industrie automobile mondiale, à travers les résistances ouvrières aux évolutions de cette période. Il permet d’avoir une vision rétrospective de l’évolution de cette industrie – techniques de production, restructurations, fusions et acquisitions – et des incidences que ces différents facteurs ont pu avoir sur les conditions d’exploitation, sur le monde du travail – sous-traitance, délocalisations, intérim, temps partiel, licenciements et chômage, précarité.

Le lieu de travail en général, ici l’usine, est le lieu de la production et de l’exploitation, de l’extraction de la plus-value qui fait vivre le système, et c’est là que se joue le combat toujours recommencé des classes.

Les prolétaires ont l’air de courir après les mesures prises par le capital lors de sa restructuration, mais la restructuration du capital n’est jamais que la restructuration des luttes. Elle ne peut jamais faire disparaître la recherche des gains de productivité, de baisse du coût du travail, de remise en cause des « acquis sociaux », pas plus que la résistance des travailleurs à ces attaques.

Dans ce conflit, Echanges a pris le parti de l’ancienne devise « L’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes ». Le réseau souhaite apporter, non seulement une chronique – partielle – de l’exploitation et des défaites de la révolte, mais aussi une contribution à l’histoire et à la définition de la lutte contre l’exploitation.

Editions Ni patrie ni frontières, 230 pages, 6 euros

Table des matières – Toyota, toyotisme – British Leyland et la « maladie anglaise » – BL, Fo r d : l’introduction des nouvelles technologies – Fiat : de nouveaux systèmes de production – La grève aux usines – Mexique, 1990 : la grève aux usines Ford – Restructuration à la Seat : une réflexion sur la condition ouvrière – Volkswagen - Forest : cadences de travail et salaires – Smart : une grève pas comme les autres – Volkswagen baisse les salaires à São Paulo – Après la grève de la métallurgie dans l’ex-Allemagne de l’Est – La lutte des ouvriers de Fiat à Melfi – Investissements en République tchèque : progrès ou déclin ? – Grève sauvage chez Opel – Sur les licenciements chez Seat à Barcelone – République tchèque : l’industrie automobile moteur de– l’accumulation du capital et des luttes de classes ? – Exacerbation de la concurrence dans le secteur automobile – La faillite de Delphi, une attaque en règle – Huit constructeurs chinois prêts à exporter – Chez PSA à Aulnay : des questions pour une grève – Corée : Sur la grève de Hyundai à Ulsan – Roumanie. Plus audible, plus co n s c i e n te, plus audacieuse,– la grève chez Dacia-Renault marque un tournant – Quatre-vingt-sept jours de grève chez AAAM – Corée du Sud. La défaite de la grève de Ssangyong – Les mouvements ouvriers et la mobilité du capital– Extrait de Forces of Labor, de Beverly J. Silver – . Chez Peugeot, en juin 1968, une insurrection– ouvrière peu connue

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Encyclopédie anarchiste : La Raison contre Dieu

« L’Encyclopédie anarchiste a énormément vieilli », peut-on lire sur un site libertaire.

N’ayant jamais été anarchiste, ce n’est pas moi qui vais contredire l’auteur de cette remarque lapidaire. Mais alors pourquoi diable rééditer de vieux textes, s’ils sont devenus ringards ?

D’abord et avant tout, parce que la revue Ni patrie ni frontières est, depuis sa création en 2002, attachée à marteler une opinion simple : les luttes sociales ont une histoire, les idées politiques actuelles ont un passé, quoi qu’en disent les charlatans – sociaux-démocrates, néostaliniens, gauchistes ou radicaux chics. Et rien n’est plus désespérant – pour qui a une petite culture – que de voir resurgir – sous de nouveaux oripeaux « flashy » ou alambiqués – de vieilles idéologies qui ont lamentablement fait faillite.

Qu’il s’agisse du mythe du communisme chrétien primitif (une des sources de la fumeuse théologie de la libération), de la laïcité (que certains voudraient « ouvrir » jusqu’à la vider de son contenu), du matérialisme et de l’athéisme (honteux pour nombre de marxistes actuels), de la lutte contre les religions (que la plupart des gauchistes et certains libertaires ont lâchement abandonnée), du rôle de la raison et la réflexion critique, les auteurs ringards au style vieillot de L’Encyclopédie anarchiste ont encore pas mal de choses à nous apprendre. Et d’abord et avant tout, à ne pas gober les yeux fermés toutes les idées à la mode.

Loin de moi l’idée de défendre que les auteurs de L’Encyclopédie anarchiste aient eu raison sur tout : il suffit de lire ce qu’écrit l’un des auteurs à propos des « israélites » : tout en dénonçant avec virulence l’antisémitisme, il ne peut s’empêcher de souligner le caractère « malin » des juifs et leur talent à faire du commerce ; de même, on considérera avec le plus grand scepticisme, pour ne pas dire une franche hilarité, le lien qu’établit Barbedette entre le climat et le contenu des trois monothéismes.

Depuis quatre-vingts ans, les connaissances sur l’histoire des religions se sont considérablement approfondies et nous devons en tenir compte dans nos critiques des religions. Les athées et les rationalistes auraient dû normalement sortir renforcés de ce progrès des connaissances, mais, sur le terrain politique, cela n’est guère le cas, que ce soit parmi les militants de la gauche réformiste, ceux des mouvements altermondialistes ou d’extrême gauche. Curieusement, alors que le développement des connaissances archéologiques, historiques, sociologiques et psychologiques devrait consolider la critique des religions, les tenants d’un « autre monde possible » font de plus en plus de concessions à l’obscurantisme religieux, que ce soit celui des mouvements indigénistes d’Amérique latine, de la théologie de la libération, des différentes tendances de l’islam politique dit anti-impérialiste, du prétendu féminisme islamique, ou simplement des revendications religieuses au sein des sociétés (plus ou moins) laïques occidentales.

Lire L’Encyclopédie anarchiste demande donc un minimum d’esprit critique, mais pas davantage que la lecture d’auteurs branchés et « modernes « comme Onfray, Chomsky, ou Foucault, qui, pour être plus contemporains, n’en ont pas moins proféré pas mal d’âneries sur le plan politique.

Lire l’Encyclopédie anarchiste, c’est d’abord découvrir une pensée étonnamment diverse, les auteurs venant de plusieurs courants (anarchisme individualiste, communisme libertaire, syndicalisme révolutionnaire), même si les anarchistes individualistes dominent plutôt ici. Tous les auteurs ne sont pas d’accord entre eux, loin de là, y compris sur des questions philosophiques aussi épineuses que celles de la définition du Bien ou du Mal, de la morale, ou l’appréciation de certaines dimensions de la religion.

Celui qui ne connaît pas l’anarchisme découvrira un vaste continent aux reliefs et aux climats contrastés et sera obligé de réfléchir, de faire des choix, bref de ne pas agir en consommateur ou en fidèle borné. Cette encyclopédie n’est pas un catéchisme… Les sectaires seront déçus.

Elle a été écrite par des militants qui s’efforçaient d’établir un lien entre leurs idées, leur éthique, leur pratique politique et une critique radicale de la société, de l’Etat, de l’exploitation et de l’oppression. Ce n’est pas un hasard si, sur les 17 rédacteurs des articles présentés dans cet ouvrage, au moins 7 d’entre eux ont été condamnés à des peines de prison pour leurs écrits, leurs discours ou leurs actes, qu’il s’agisse de propagande antimilitariste ou anticolonialiste, ou d’avortements clandestins.

Quelques lecteurs jugeront indigestes, trop longs ou trop courts certains articles. D’autres trouveront lassantes les citations d’auteurs classiques, au style suranné, ou bien d’universitaires tombés dans l’oubli. D’autres estimeront que les auteurs ont un point de vue naïf sur la bonté naturelle des animaux ou des êtres humains. Ou qu’ils pêchent parfois par arrogance dans leur combat contre l’obscurantisme. Voire qu’ils tombent dans les théories du complot (comme l’auteur du très long article sur les Jésuites, que nous n’avons pas reproduit ici, faute de place).

Mais le lecteur aurait tort de se limiter à ces quelques réserves ou critiques, aussi fondées soient-elles. De nombreux articles touchent juste, car leurs auteurs tentent de faire appel à la raison, au savoir historique, aux connaissances scientifiques, contre les approximations, le dogmatisme, ou les bons sentiments.

En cette époque où les émotions nourrissent le marketing politique de ceux qui se présentent aux élections. Où l’image choc est manipulée par tous les partis et les groupuscules (il suffit de jeter un œil sur Daily Motion ou You Tube), il peut être utile de réhabiliter la Raison, la discussion argumentée, la lecture et l’analyse des points de vue de nos adversaires politiques ou idéologiques.

L’Encyclopédie anarchiste contient, bien sûr, des inexactitudes, des proclamations triomphalistes, des envolées lyriques un peu creuses. Mais sa démarche est pour l’essentiel radicale, au sens qu’elle prend les choses – ici les religions, les questions philosophiques et éthiques – à la racine et que ses auteurs discutent pied à pied de la validité de toutes les thèses religieuses ou idéalistes de leur époque, et même des époques précédentes.

Des marxistes dogmatiques (mais si, cela existe !) nous objecteront que les anarchistes se focalisent trop sur les idées religieuses, et pas assez sur leur soubassement matériel. D’une part, ce reproche n’est pas fondé puisque de nombreux articles soulignent l’entrelacement entre politique et religion, oppression étatique et oppression religieuse, intérêts économiques des Eglises et soumission des fidèles ; et d’autre part, c’est tout à l’honneur des auteurs de s’être penché minutieusement sur les écrits des penseurs qu’ils critiquent avant d’émettre une opinion. Les trotskystes et les altermondialistes qui ont soutenu Tariq Ramadan n’ont certainement jamais pris la peine de lire l’un des livres de ce bigot réactionnaire, avant de s’exprimer à son sujet.

Ce goût du combat pour des idées est effectivement ringard à une époque qui promeut l’idéologie du « vivre ensemble », des « droits de l’homme » désincarnés (accompagnés d’interventions militaires « humanitaires »). Où l’on place toutes les idées sur le même plan, chacun ayant le droit de « penser ce qu’il veut », au Grand Supermarché des Idées Jetables et Interchangeables. Ou l’on considère que seuls les « extrémistes religieux » seraient dangereux, oubliant que toute religion est un système de contrainte, de pression et de répression sur l’individu, et que tout groupe religieux sera tenté de faire de la politique et d’imposer ses conceptions dans le champ social et dans l’espace public, et pas seulement dans ses lieux de culte ou entre les murs du foyer familial.

Les auteurs de l’Encyclopédie anarchiste n’avaient pas pour ambition de devenir les chouchous des médias, de dîner avec des hommes politiques, des chanteurs ou des actrices célèbres, ou de faire commerce de leurs livres ou de leurs conférences sous forme de DVD : ils voulaient changer le monde, libérer l’Humanité et démolir, pulvériser, toutes les idées réactionnaires qui contribuent à maintenir le Capital et l’Etat en place.

À vous, lectrices et lecteurs, de décider si leur démarche radicale a encore un sens aujourd’hui….

484 pages, 12 euros

Ame – Athéisme – Bible – Bien – Bonté – Cléricalisme – Confession – Coran – Création/Créationnisme – Création – Cultes – Déchristianisation – Dieu – Eglise – Esprit – Eternité – Evangile – Finalité – Foi – Genèse – Gnosticisme – Iconoclaste – Idéalisme et matérialisme – Idolâtrie – Immortalité – Incrédulité – Inquisition – Israélite – Jésus – Judaïsme – Judéo-chrétiens (communisme des) – Laïcisation – Laïque – Libre-pensée – Mahométisme ou islamisme – Mal – Manichéisme – Martyr – Matérialisme individualiste Miracle – Miracle – Mission – Morale (recherche d’une règle de vie) – Morale (éthique individuelle et sociale) – Morale : ses bases illusoires sa duperie actuelle – Morale : Origines et évolution ; Les religions et la morale ; La morale et les mœurs ; Morale individuelle et morale collective – La morale et l’individualisme anarchiste – Noël – Paganisme – Paradis – Prêtre – Prière – Providence – Purgatoire– Religion – Religion – Sacerdoce – Saint Siège – Scolastique -– Trinité – Trinité – Vertu et Vice

* Auteurs : E. Armand, L. Barbedette, C. Berneri, G. Brocher, R. Collino (Ixigrec), E. Cotte, S. Faure, A. Lapeyre, A. Lorulot, S. Mac Say, E. Malatesta, J. Marestan, Han Ryner, R. Odin, M. Pelletier, M. Pierrot, E. Rothen, Ryskine, F. Stackelberg, P. Vigné d’Octon .

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Religion et politique (compil’ n° 5)

Cette cinquième compilation thématique reproduit, pour l’essentiel, des textes déjà publiés dans la revue Ni patrie ni frontières en 2004, 2007, 2008, 2009 et 2010 (1). Le livre se divise en trois parties. La première rappelle « pourquoi l’athéisme est important » ou en tout cas pourquoi il le fut aux débuts du mouvement ouvrier pour les marxistes et les anarchistes. Elle permet de souligner quelques principes importants pour la lutte de classes, principes, souvent oubliés par nombre de militants d’extrême gauche ou libertaires actuels. Écrits par des non-spécialistes de l’histoire des religions, ces textes ne sont pas démentis par les récentes découvertes archéologiques qui confirment la fausseté historique de l’Ancien Testament, texte à la base des trois grands monothéismes – islam compris !

La deuxième partie montre que, chez les marxistes comme les anarchistes, il s’est toujours trouvé des dirigeants politiques et des intellectuels – et non des moindres – qui critiquaient les limites de la laïcité, voire qui avaient une attitude assez ambiguë face à la religion et l’athéisme.

La troisième partie aborde des questions plus actuelles, en tout cas liées à des débats plus récents, qu’il s’agisse de l’attitude des religions face au Sida, de la Droite chrétienne américaine, de l’Eglise anglicane, de « l’islamophobie », de l’attitude de Sarkozy face aux religions ou du rôle belliciste et militariste (peu connu en France) du bouddhisme japonais.

Cet ouvrage ne prétend pas épuiser toutes les facettes d’un sujet très complexe et très riche, d’autant plus que nous avons deux autres ouvrages qui traitent d’autres aspects que ceux abordés ici : ceux qui souhaitent approfondir un peu les problèmes spé-cifiques que posent les rapports entre la religion musulmane et la politique pourront consulter la compilation n°2 : Islam, islamisme, « islamophobie ». Et ceux qui ne connaissent pas encore L’Encyclopédie anarchiste, publiée entre 1925 et 1934 et jamais rééditée depuis, liront certainement avec plaisir l’anthologie de textes intitulée La Raison contre Dieu que nous publions en même temps que ce livre.

* 392 pages, 12 euros

1. Nous y avons ajouté des textes de Jules Guesde, Nelly Roussel et Madeleine Pelletier ; une critique (inédite) de L’impasse islamique de Hamid Zanaz ; un article de Lutte ouvrière sur « Communisme et religion » et un autre de Vincent Présumey sur « La crise pédophile du clergé catholique ».

Sommaire : Contre les idéologies rances (NPNF)

POURQUOI L’ATHEISME EST IMPORTANT – Ce que Marx et Engels ont vraiment écrit – Marx, Engels et la religion (Paul Hampton) – Contributions à l’histoire du christianisme primitif (Friedrich Engels), – La formation des religions (Elie Reclus) – L’anarchie et l’Eglise (Elisée Reclus) – La peste religieuse (Johann Most )– Laïcisation à faire (Jules Guesde) – Le mythe de l’immaculée conception (Paul Lafargue) – Socialisme et religion (Lénine) – De l’attitude du parti ouvrier à l’égard de la religion (Lénine) – Discours (Nelly Roussel) – Discours (Nelly Roussel) – La croyance en Dieu (Paul Lafargue ) – Mon athéisme (E. Armand)– Les femmes voteront-elles pour les prêtres ? (Madeleine Pelletier) – Communisme et religion (Madeleine Pelletier) – Les évangiles, c’est du bidon (Peilharot) – Pour en finir avec le spectre de Dieu (Groupe surréaliste de Paris)

LIMITES DE LA LAÏCITE ET DE L’ANTICLERICALISME ? Anticléricalisme et socialisme (Amadeo Bordiga) – Laïcité et marxisme (Amadeo Bordiga) – Le marxisme face à l’Eglise et à l’Etat (Amadeo Bordiga) – Les prolétariat ne se nourrit pas de curés (Camillo Berneri)1– Devons-nous baisser la garde ? (NPNF) – Sur la religion (Anton Pannekoek) – Quelques commentaires (NPNF)

DU ROLE POLITIQUE REACTIONNAIRE DES RELIGIONS AUJOURD’HUI – « Jésus socialiste » vu par Chavez et par… Engels – L’ère des fondamentalismes – Fondamentalisme religieux et déclin capitaliste (Communist League) – Religion, révolution et fondamentalisme aux Etats Unis (Wil Barnes) – Quelques précisions (Wil Barnes) – Le mythe de la persécution des chrétiens aux Etats-unis (Communist League) – Église anglicane en Grande-Bretagne (Revolutions per Minute) – Le rôle de la religion dans la propagation du Sida (Arash Sorx) – Bouddhisme japonais et « guerres compassionnelles » (NPNF) – Sur le christianisme de gauche (Fabrice) – Communisme, religions et intégrisme (Lutte ouvrière) – « L’impasse islamique » de Hamid Zanaz nous conduit dans une (autre) impasse (NPNF) – Les dix commandements de la gauche théocompatible (NPNF) – Les superstitions, les lois et les coutumes religieuses sont la honte du XXIe siècle (Houzan Mahmoud) – Sarko, le pape et Carla (Le Militant) – Sarkozy, Dieu et nous (Patsy) – La crise pédophile du clergé catholique (Vincent Présumey, Le Militant)

Pour toute commande (les frais de port sont compris dans le prix)

Yves Coleman 10 rue Jean-Dolent 75014 ou yvescoleman@wanadoo.fr

Re: Publications de Ni patrie ni frontières

MessagePosté: 13 Nov 2010, 13:23
de Nico37
Deux nouvelles publications de Ni patrie ni frontières

Travailleurs contre bureaucrates (1876-1968)

Les ouvriers et les employés, quand ils se battent contre leurs chefs, leurs patrons et contre l’Etat, doivent souvent affronter un autre adversaire, plus inattendu celui-là: les bureaucrates syndicaux. Cette question épineuse n’est pas nouvelle, et, depuis plus d’un siècle, personne n’a encore trouvé de remède magique contre le fléau que l’on appelait déjà, au début du XXe siècle, le « fonctionnarisme » syndical. Mais peut-être le mal est-il désormais plus profond et faut-il se demander si les syndicats ne seraient pas définitivement intégrés à l’Etat… Les articles de ce recueil tentent d’apporter quelques réponses à ces questions. Ils s’appuient sur l’histoire du mouvement ouvrier depuis ses origines et tentent de tirer les leçons des principales grèves, de 1936 à 1968 inclus, qui ont marqué la classe ouvrière en France. Conformément à la démarche de Ni patrie ni frontières, cette anthologie rassemble des textes écrits par des militants appartenant à différentes tendances – anarchistes, anarchosyndicalistes, marxistes de diverses obédiences, etc. Le lecteur devra donc confronter les arguments de ces auteurs avec ses propres hypothèses, s’interroger sur leurs présupposés idéologiques, pour se forger sa propre opinion. (480 pages, 12 €)


Le monde comme il va (1999–2010) Analyses, coups de gueule et méchancetés

Ce livre rassemble une centaine de chroniques hebdomadaires de Patsy sur Alternantes FM, dans le cadre de l’émission « Le monde comme il va ».
Légèrement retouchés sur le plan du style, mais pas sur le fond pour refléter honnêtement l’évolution des réflexions de l’auteur, ces textes nous offrent l’occasion de revisiter la décennie qui vient de passer, en France comme dans le monde. L’auteur tient à faire œuvre « d’éducation populaire », comme il l’explique dans sa préface: il nous livre donc des faits, des chiffres, s’appuie sur des sources fiables, sans avoir recours à la langue de bois militante, juste le strict nécessaire pour que son texte n’ait pas un ton académique et garde sa fraîcheur libertaire. L’ouvrage est divisé en plusieurs grandes rubriques aux titres explicites: « Le travail tue, l’exploitation rapporte ! », « L’altermondialisme en question », « Le syndicalisme d’aujourd’hui », « Leurs urnes, nos funérailles ». Sans oublier de nombreuses et riches chroniques internationales: « Afrique et Françafrique », « L’Empire du Bien », « Du côté de l’ex-Empire du Mal », « Le Kosovo en guerre », « Amérique latine: espoir de la gauche ? », « Maghreb: la schlague et le Coran », « Irak, Iran, Pakistan » et « Le conflit israélo-palestinien ». (378 pages, 12€)

Re: Publications de Ni patrie ni frontières

MessagePosté: 15 Nov 2010, 00:48
de SchwàrzLucks
Quelqu'un aurait le texte traitant des nationalismes et régionalismes svp ?

Re: Publications de Ni patrie ni frontières

MessagePosté: 16 Nov 2010, 14:58
de kuhing
Bien reçu le dernier numéro de "Ni patrie ni frontières" qui parait très interessant et, j'espère que j'aurais le temps de faire plus que le survoler.
Cette reception coincide avec l'inscription d'Yves Coleman sur ce forum et j'espère que lui aussi aura le temps de nous envoyer quelques messages.
Je le salue fraternellement.

pièges de l’identité nationale, "Ni patrie ni frontières"

MessagePosté: 03 Juil 2011, 16:10
de bipbip
Les pièges mortels de l’identité nationale (n° 33/34/35 de Ni patrie ni frontières)

Ce numéro qui paraîtra le 6 juillet 2011 s’ouvre sur plu­sieurs arti­cles de l’Encyclopédie anar­chiste (publiée entre 1925 et 1934). Ils per­met­tent de situer la cri­ti­que de concepts comme ceux de nation et de patrie, de natio­na­lisme et de patrio­tisme dans une longue durée his­to­ri­que, et de se dégager de ce que l’on est bien obligé d’appe­ler « l’anti­sar­ko­zysme pri­maire(1) » qui, volon­tai­re­ment ou pas, sert la soupe à la gauche pour­rielle et à ses gran­des manœuvres pré-élec­to­rales cou­sues de fil blanc.

Ces textes mon­trent que les anar­chis­tes, au début du XXe siècle, per­ce­vaient clai­re­ment le rôle de l’embri­ga­de­ment patrio­ti­que dès la Révolution franç­aise et se méfiaient du natio­na­lisme répub­licain de la gauche dite « socia­liste ». Portés par l’opti­misme ini­tial du mou­ve­ment ouvrier qui déf­endait les vertus du ratio­na­lisme et les valeurs des Lumières, ils ont conti­nué à croire pas­sionnément en les vertus de l’édu­cation (indi­vi­duelle ou dans le cadre des Bourses du tra­vail et des orga­ni­sa­tions anar­chis­tes), même après l’avè­nement du sta­li­nisme, du fas­cisme et du nazisme. Mais, en com­pa­rant systé­ma­tiq­uement le natio­na­lisme ou le patrio­tisme à une reli­gion, les anar­chis­tes ont eu ten­dance à tomber dans le même piège que celui de leur anti­clé­ri­cal­isme (par­fois) cari­ca­tu­ral : avoir l’illu­sion qu’il suffit de mener un combat ratio­na­liste dét­erminé contre une idéo­logie pour que celle-ci recule, ou dis­pa­raisse, dans la tête des exploités.

Le Manifeste des ana­tio­na­lis­tes est une curio­sité. Publié en 1931 par la frac­tion « prolé­tari­enne » des espér­ant­istes, il n’a guère eu d’influence (du moins à notre connais­sance) mais sa cri­ti­que conju­guée du natio­na­lisme et de l’inter­na­tio­na­lisme est fort intér­ess­ante. Elle a au moins l’avan­tage de ne pas nous servir une idéo­logie « inter­clas­siste », prêchant la réc­on­cil­iation de tous au nom du « res­pect de l’Autre », de l’ « amour divin », de la démoc­ratie citoyenne ou répub­lic­aine ou du « care », der­nier hochet d’une social-démoc­ratie déses­pérément en quête de renou­veau idéo­lo­gique.

Les deux textes sui­vants d’Anton Pannekoek et de Paul Mattick écl­airent la réflexion théo­rique de ces marxis­tes antis­ta­li­niens sur le natio­na­lisme. Ils pren­nent en quel­que sorte le contre-pied des auteurs anar­chis­tes en affir­mant la préé­min­ence du rôle des fac­teurs sociaux et éco­no­miques dans la dis­pa­ri­tion pro­gres­sive d’idéo­logies réacti­onn­aires comme la reli­gion ou le natio­na­lisme.

Malheureusement, l’évo­lution his­to­ri­que leur a donné tort, du moins sur ce point. Le XXe siècle et aussi le XXIe siècle, du moins pour le moment, n’ont pas vu le natio­na­lisme (ce que Pannekoek appelle la « com­mu­nauté de destin et de caractère » entre la bour­geoi­sie et le prolé­tariat) recu­ler devant l’inter­na­tio­na­lisme, ou l’ana­tio­na­lisme, bien au contraire.

Jamais autant de peu­ples et d’orga­ni­sa­tions n’ont lutté pour créer des Etats-nations, à l’image de l’Etat répub­licain français, jamais les luttes poli­ti­ques n’ont été autant pol­luées par l’idéo­logie natio­na­liste. Et ce ne sont pas les der­niers ava­tars du natio­na­lisme, l’islam poli­ti­que, le rég­io­nal­isme iden­ti­taire ou indép­end­ant­iste et l’anti-impér­ial­isme réacti­onn­aire de la majo­rité du mou­ve­ment alter­mon­dia­liste qui nous contre­di­ront.

Si Pannekoek et Mattick prônent de rép­ondre systé­ma­tiq­uement « Prolétariat » et « Lutte de classe » chaque fois que quelqu’un pro­nonce les mots « auto­no­mie » ou « indép­end­ance natio­nale », on ne peut qu’approu­ver leur posi­tion de prin­cipe, tout en cons­ta­tant que cette stratégie n’a eu jusqu’ici aucun succès…

La revue aborde ensuite le débat franco-français sur l’iden­tité natio­nale, en met­tant de nou­veau l’accent sur la néc­essité de ne pas se foca­li­ser sur les échéances élec­to­rales et les peti­tes phra­ses des poli­ti­ciens, comme l’ont fait l’extrême gauche et la gauche, si l’on veut com­pren­dre pour­quoi cette ques­tion est réc­urr­ente dans le débat poli­ti­que franco-gau­lois.

Nous abor­dons une des conséqu­ences de ce débat lancé par Sarkozy, ou plutôt du climat entre­tenu par la droite dure, c’est-à-dire le rap­pro­che­ment entre un cou­rant de gauche laïco-xénop­hobe et l’extrême droite sur les ques­tions de la laïcité, de l’immi­gra­tion et de l’islam, en sou­li­gnant que cette ten­dance se mani­feste à l’éch­elle europé­enne, sous diver­ses formes et ne cons­ti­tue ni une excep­tion franç­aise, ni un phénomène nég­lig­eable.

Nous fai­sons un petit saut en arrière en repro­dui­sant un texte de Trotsky sur le fas­cisme et le nazisme, et en pro­fi­tons pour remet­tre quel­ques pen­du­les à l’heure à propos de l’anti­fas­cisme sta­li­nien. Nous repro­dui­sons aussi des extraits d’un texte de Mouvement com­mu­niste écrit en 1997 sur le Front natio­nal, mais qui com­porte sur­tout une ana­lyse clas­si­que de la démoc­ratie bour­geoise, du fas­cisme et du nazisme – clas­si­que du moins à l’ultra­gau­che.

Nous nous intér­essons à un OVNI poli­ti­que, le prét­endu « racisme anti-Blancs », mythe rép­andu bien sûr par l’extrême droite mais qui com­mence à conta­mi­ner la gauche. Les Luftmenschen, auteurs de ce texte, nous pré­cisent leur point de vue dans une inter­view. Et nous repro­dui­sons un texte de Combat ouvrier sur une autre variante encore plus zarbi du natio­na­lisme, le « noi­risme » (2) d’extrême droite, en Guadeloupe, dirigé contre l’immi­gra­tion haïti­enne.

Nous nous inter­ro­geons sur les limi­tes de la liberté d’expres­sion prônée par Radio liber­taire, à tra­vers l’ana­lyse de plu­sieurs émissions en 2009 et 2010 où ont été abordés le thème de l’iden­tité natio­nale et de l’islam et d’un débat sur la liberté d’expres­sion orga­nisé par cette même radio, et filmé en déc­embre 2010 par le site d’extrême droite « Enquête et débat » de Jean Robin.

Une contri­bu­tion de Syb se penche sur le rôle de l’ésot­érisme dans l’idéo­logie d’extrême droite, phénomène sou­vent méc­onnu ou jugé secondaire.

Enfin nous obser­vons, avec l’aide de cama­ra­des belges et néerl­andais, com­ment les pro­blèmes de l’iden­tité natio­nale, de la laïcité et de l’extrême droite sont abordés en Belgique, et aux Pays-Bas, sans bien sûr épuiser la com­plexité et la diver­sité des situa­tions….natio­na­les sur les­quel­les nous revien­drons dans d’autres numéros.

Ni patrie ni fron­tières !

Notes

1.Le numéro 21-22 (sep­tem­bre 2007) de la revue avait déjà évoqué cet anti-sar­ko­zysme poli­ti­que­ment peu fécond qui n’a fait que se dével­opper avec la rage et la colère des électeurs de gauche contre les mesu­res du gou­ver­ne­ment. Les mêmes anti­sar­ko­zys­tes fer­ment les yeux sur la cons­tance des posi­tions socia­lis­tes-natio­na­les de Ségolène Royal et Jean-Pierre Chevènement qui, jusqu’à nouvel ordre, font partie de la « gauche » et dont la pre­mière fut la can­di­date offi­cielle de cette même gauche il y a cinq ans. C’est ainsi par exem­ple que sur le blog offi­ciel de Ségolène Royal, le lundi 13 juin 2011, il est rendu un vibrant aux sol­dats français morts en Afghanistan. On peut par­fai­te­ment com­pren­dre la com­pas­sion privée de l’entou­rage direct de ces vic­ti­mes de la poli­ti­que de la bour­geoi­sie franç­aise (com­pas­sion qui n’a pas besoin de la récu­pération des poli­ti­ciens qui ne paient jamais de leur vie les décisions d’inter­ven­tion mili­taire qu’ils pren­nent), mais il s’agit ici de toute autre chose puisqu’un cer­tain Arnaud Fage au-dessus des photos et des bio­gra­phies de deux sol­dats déc­lare : « Je tiens à pous­ser un coup de gueule contre les médias qui ne par­lent jamais de l’enga­ge­ment de nos sol­dats pour déf­endre notre pays sur notre sol et à l’étr­anger. » Il s’agit d’un sou­tien franc et ouvert à la poli­ti­que de l’impér­ial­isme français, d’un sou­tien à de nou­vel­les inter­ven­tions extéri­eures meur­trières pour les popu­la­tions civi­les comme pour « nos sol­dats ». Sur ce plan-là, comme sur bien d’autres, l’iden­tité natio­nale est une « valeur » par­tagée par la gauche comme par la droite.

2. Le « noi­risme » est une idéo­logie natio­na­liste qui s’est développée à Haïti et a notam­ment ins­piré le duva­liér­isme. Duvalier père valo­risa la langue créole, promut une renais­sance cultu­relle natio­nale (poésie, litté­ra­ture, musi­que) et s’appuya sur le vaudou présenté comme un élément de rés­ist­ance aux influen­ces étrangères. On en trouve des varian­tes en Afrique et la minus­cule Tribu Ka (Génération Kemi Seba) en France avec ses théories fumeu­ses sur les Kémites, ou la Nation de l’Islam aux Etats-Unis, se situent dans la même lignée natio­na­liste-raciale, qui s’oppose de façon symét­rique aux théories sur la supér­iorité de l’Occident (blanc) judéo-chrétien (ver­sion de la droite europé­enne ou amé­ric­aine « modérée ») ou de la civi­li­sa­tion indo-europé­enne (ver­sion d’extrême droite, fas­ci­sante ou fas­ciste).

P.S. Un petit « Lexique de la confu­sion » com­plè­tera en août 2011 ce numéro pour ana­ly­ser les pas­se­rel­les entre l’extrême droite et l’extrême gauche.



Sommaire

Des outils pour penser

Encyclopédie anar­chiste : Immigration (Louis Loréal), 8 – Nation (Charles Boussinot), 11 – Nation (Elie Soubeiran), 14 – Nationalisme (Aristide Lapeyre), 17 – Patrie (Charles Boussinot), 19 – Patrie (Madeleine Pelletier), 29 – Patriotisme, 31 – Patriote, 40

Manifeste des ana­tio­na­lis­tes, 42

Lutte de classe et nation (Anton Pannekoek), 60

Nationalisme et socia­lisme (Paul Mattick), 86

Un débat piégé

Encore un débat qu’il faut sabo­ter ! (Les Amis de l’égalité), 96

C’est quoi être français ? (B., Anarchosyndicalisme), 97 – Nationales, rég­io­nales ou eth­ni­ques, les « iden­tités » sont une arme du pou­voir, Anarchosyndicalisme, 99 – Les iden­ti­ta­ris­mes, c’est le capi­ta­lisme plus la guerre, Anarchosyndicalisme, 102 – La vérité his­to­ri­que, pre­mière vic­time du natio­na­lisme, Anarchosyndicalisme, 106 – Mélange ou différ­ence, 111

L’iden­tité natio­nale un vieux mythe dan­ge­reux, et une ques­tion jamais réglée à gauche, 115 – Petit Quizz de la Bêtise natio­na­liste, 127 – « Pour nous la France n’existe pas » – Les surréal­istes contre la Patrie, la Nation et l’iden­tité natio­nale, 130 – « Monod, Lacoste, etc., allez vous faire intégrer ! », 132 – « Affaire » Anelka : médias et poli­ti­ques nous refont le coup de la Cinquième Colonne, 135

« Racisme anti-Blancs » en France et « noi­risme » anti-Haïtiens en Guadeloupe

Racisme anti-Blancs ? L’his­toire édifi­ante des mar­tyrs de Perpignan (Luftmenschen), 139 – « Racisme anti-Blancs » qui sont les vraies vic­ti­mes ? (Luftmenschen), 142 – Quelques ques­tions aux Luftmenschen, 146

Guadeloupe. La rés­is­tible ascen­sion d’Ibo Simon et la montée de l’extrême droite xénop­hobe (Combat ouvrier), 154

Sur les conver­gen­ces poli­ti­ques entre la gauche laïco-xénop­hobe et l’extrême droite, 163 : Introduction, 166, Des Ligues à la « Nouvelle Droite », 171 – L’apéro sau­cis­son-pinard du 18 juin 2010 et sa signi­fi­ca­tion, 176 – La gauche laïque réacti­onn­aire : une vieille tra­di­tion franç­aise dont Riposte laïque n’est que l’ultime avatar, 181 – Les reli­gions évoluent, ce qui ne les rend pas moins néf­astes, 184 – La droite et l’extrême droite évoluent – ce qui ne les rend pas moins dan­ge­reu­ses, 186 – Riposte laïque : un groupe char­nière entre la gauche et l’extrême droite, 189

L’anti-uni­ver­sa­lisme et le pseudo front anti-impér­ial­iste (Stephane Julien), 194

Encore et à nou­veau sur la gauche laïco-xénop­hobe, 196 – Riposte laïque = Riposte xénop­hobe, 200 – Abécédaire de la xénop­hobie de gauche, 206 – Les 22 salo­pards de « l’apéro sau­cis­son pinard », 217 – Lettres de lec­teurs méc­ontents 231

Fascisme, démoc­ratie et anti­fas­cisme : Fascisme/anti­fas­cisme (OCL) 237 – Stalinisme et anti­fas­cisme, 239 – Qu’est-ce que le natio­nal-socia­lisme ? (Léon Trotsky), 241 – Fascisme et démoc­ratie (Mouvement com­mu­niste) 248

La fidélité abso­lue à la « liberté d’expres­sion » :

un piège pour les anar­chis­tes ?

Un peu d’his­toire (Floréal Melgar), 259 – Radio Courtoisie, en direct sur 89.4 FM, 266 – Accords et dés­acco­rds avec les Luftmenschen, 272 – Réponse des Luftmenschen, 276 – Radio liber­taire ou « Radio Français d’abord » ? 281 – Ni reli­gion, ni racisme, ni xénop­hobie (Fédération anar­chiste), 283 – Quand l’Union ratio­na­liste dérape sur l’immi­gra­tion, 284 – Radio liber­taire et la liberté d’expres­sion totale, 290 – Contre leur liberté d’expres­sion (Luftmenschen), 296

Extrême droite et ésot­érisme : Politica Hermetica, 303

Identité natio­nale, catho­li­cisme et extrême droite en Belgique

Vlaams Blok : chan­ge­ment dans la conti­nuité d’une for­ma­tion xénop­hobe (Mouvement com­mu­niste), 315 – Sur la Fraternité lefeb­vriste, à l’extrême droite de Dieu (ResistanceS.be), 329 – L’extrême droite catho­li­que pro-Léonard (ResistanceS.be), 342

Pays-Bas : un modèle pour Sarkozy et la droite gau­loise, 347

Assimilation franç­aise contre mul­ti­cultu­ra­lisme néerl­andais ? 351 – Une his­toire natio­nale un peu chao­ti­que jusqu’au XIXe siècle, 352 – Histoire, valeurs et normes « typi­que­ment néerl­and­aises », 354 – Le pays de la « tolér­ance » ? 356 – « Pilarisation » et « dépi­la­ri­sation » de la société, 358 – Les Pays Bas, ex-puis­sance colo­niale, sont deve­nus un pays d’immi­gra­tion, 363 – France et Pays-Bas : « pro­blèmes » com­muns et solu­tions réacti­onn­aires simi­lai­res, 368 – Geert Wilders et le PVV aux Pays-Bas : le Parti pour la liberté vous exclura aussi ! 376


Re: Publications de Ni patrie ni frontières

MessagePosté: 24 Mai 2013, 00:28
de bipbip
Catalogue Ni patrie ni frontières 2002-2012

La revue Ni patrie ni fron­tières aura bientôt 11 ans d’exis­tence. Voici un cata­lo­gue des revues, com­pi­la­tions, antho­lo­gies et livres publiés depuis sep­tem­bre 2002. Plusieurs nou­veaux livres dont trois tra­duc­tions de l’espa­gnol et de l’ita­lien sont en pré­pa­ration et seront publiés cette année. Nous vous don­ne­rons plus de détails dès que nous serons sûrs des dates de paru­tion. En atten­dant voici ce cata­lo­gue bien fourni.
Pour toute ques­tion, vous pouvez écrire à yves­co­le­man@wana­doo.fr A noter que les textes sont tous sur le site mon­dia­lisme.org pour ceux qui sou­hai­te­raient avoir une idée des conte­nus de nos publi­ca­tions.
http://www.mondialisme.org/spip.php?article1923

catalogue PDF : http://www.mondialisme.org/IMG/pdf/cata ... 2-2012.pdf

Re: Publications de Ni patrie ni frontières

MessagePosté: 15 Avr 2017, 16:37
de bipbip
Ni patrie ni frontières n° 58/59 Présentation et sommaire (avril 2017)

Les questions identitaires sont à la mode en France, avec un demi-siècle de retard sur les débats qui ont eu lieu aux Etats-Unis et dans le monde anglo-saxon en général. Plutôt que de se pencher sur les réflexions des groupes militants des années 60 et 70 (par exemple Big Flame en Angleterre et la Ligue des ouvriers noirs révolutionnaires en Amérique), et surtout sur les luttes des prolétaires afro-américains, afro-caribéens et afro-britanniques, l’extrême gauche et une partie du mouvement anarchiste français reprennent docilement à leur compte sur la « question noire » les pires concepts et réflexions de la Gauche identitaire universitaire anglo-saxonne, cette même Gauche qui se demande pourquoi Trump a gagné les élections présidentielles et qui ignore sa part de responsabilité dans la victoire de ce politicien raciste. Ce numéro initie un travail sur les luttes des prolétaires afro-américains, travail qui se poursuivra dans d’autres numéros de la revue tant la matière est riche et l’ignorance est abyssale en France à propos des luttes de classe réelles dans d’autres pays.

Dans une seconde partie, nous abordons un certain nombre de thèmes qui ont fait débat dans les milieux militants en France... ou ailleurs.

Enfin, pour terminer sur une note optimiste, nous publions une traduction d’une contribution importante des camarades d’Angry Workers of the World sur les questions que devrait affronter une insurrection au Royaume Uni et dans le monde....
Souriez, la révolution est possible... à condition de s’organiser, de lutter, de débattre et de réfléchir ensemble !

Sommaire

I) « MOUVEMENT DE LIBERATION NOIRE » ET LUTTES DES PROLETAIRES AFRO-AMERICAINS

Sur le « mouvement de libération noire » aux Etats-Unis 5
Un grand oublié : le prolétariat afro-américain 14
Commentaires de Loren Goldner 31
Chronologie utile mais absolument pas exhaustive 34
Statistiques des grèves aux Etats-Unis depuis 1947, 40
Camille Estienne : J.A. Geschwender, Classe, race et insurrection ouvrière. La Ligue des ouvriers noirs révolutionnaires 42
Camille Estienne et Y.C. : Sam Johnson Toute ma vie j’ai lutté. De l’Alabama à Los Angeles et à Detroit, 54
Camille Estienne : Annelise Orleck, A l’assaut du Caesars Palace, Comment des mères afro-américaines ont mené leur propre guerre contre la pauvreté, 59

II) DEBATS ET POLEMIQUES 69
Burkini et prétendues « crispations réciproques » : Quand Le Monde raconte n’importe quoi, 71
Azar Majedi :La bataille du burqini : « Islamophobie », « impérialisme culturel » ou laïcité ? 73
Réponse à Azar Majedi : La peur et la « phobie » de l’islam ne peuvent, en aucun cas, être « justifiées » ! 79
« Islamo-fascisme » et « islamo-gauchisme » : deux concepts inopérants pour comprendre des phénomènes réactionnaires (plus ou moins) nouveaux, 87
Pourquoi l’esprit critique est-il si peu répandu à gauche et dans les milieux libertaires ? (débat), 98
Commentaire de Pierre Sommermeyer 116
De la dénonciation des petits bourgeois à celle des bobos : comment la gauche reprend le vocabulaire de l’extrême droite, 118
Claude Guillon : « La Discordia », les « dieux », La mort, l’humour, le mauvais goût et les fascismes…, 126
Réponse à Claude Guillon : L’humour juif n’a rien à voir avec les « plaisanteries » antisémites ! Tout comme l’humour africain n’a rien à voir avec les « blagues » racistes du Front national !, 129
Claude Guillon : Réponse à Yves Coleman sur divers sujets d’importance, 136 Deuxième réponse à Claude Guillon : De la cécité face au négationnisme, 139
Deuxième réponse à Claude Guillon : De la cécité face au négationnisme 140
Agressions contre La Discordia et Mille Bâbords : les Identitaires de gauche, héritiers honteux de SOS Racisme, détestent les librairies, les livres et les débats d’idées !, 154

III) PISTES DE REFLEXION : SOURIEZ, LA REVOLUTION EST POSSIBLE !!!
Angry Workers of the World : Insurrection et production, 163

à télécharger : http://www.mondialisme.org/IMG/pdf/couv ... l_2017.pdf

http://www.mondialisme.org/spip.php?article2578