Publications de Ni patrie ni frontières
Publications de Ni patrie ni frontières en 2007-2008
Ni patrie ni frontières publie à la fois une revue et des livres. Voici la présentation de nos dernières publications.
Ni patrie ni frontières n° 21-22, octobre 2007, 400 pages, 10 €
Tout d’abord nous abordons le cas de Sarkozy Ier. Ce politicien réactionnaire a été confortablement élu, contrairement aux pronostics de tous ceux qui fanfaronnaient sur la prétendue « victoire du non » depuis 2005. Cette pitoyable « gauche de la gauche » – qui a bien sûr fini par voter pour la « néo-socialiste » Royal – a donc vu, « logiquement », dans le résultat des dernières élections présidentielles et législatives une grave « défaite de la classe ouvrière ».
Pour échapper aux miasmes « démocratiques », vous pourrez ensuite respirer les flammes et les vapeurs d’essence euphorisantes des « émeutes » de novembre 2005 en compagnie d’un anthropologue italien. Emilio Quadrelli a interviewé ce qu’il appelle des « guérilleras noires » dans les banlieues françaises : nous tentons d’instiller un peu de réalisme face aux envolées lyriques de cet intellectuel « radical », dont les raisonnements se rapprochent de ceux développés en France par les Indigènes de la République ou le MIB (Mouvement de l’immigration et des banlieues).
Nous vous invitons ensuite à vous pencher sur les campagnes électorales de l’extrême gauche entre 1968 et 1988 à travers une série d’articles écrits à l’époque par le mensuel Combat communiste. Ces textes constituent une petite piqûre de rappel afin de ne pas oublier que l’opportunisme électoral des trotskystes a une longue histoire et des racines profondes.
Karim Landais nous propose ensuite une analyse du Parti des travailleurs, parti pour lequel les élections constituent aussi une activité importante, même s’il n’a pas autant la cote auprès des médias qu’Arlette et Olivier.
Evoquant des sujets nettement plus graves et importants que les péripéties politiciennes, Marie-Cécile Plà, militante de RESF, aborde les souffrances des enfants de sans-papiers, et la question du rapport à la loi.
La revue explore ensuite les sombres réalités de cinq pays : les Pays-Bas et leur politique d’intégration forcée, ainsi que la situation des immigrés des Pays de l’Est ; la Grande-Bretagne et le bilan du blairisme ; Cuba et la façon dont le régime traite les questions du racisme et de la « marginalité » ; les Etats-Unis et les mécanismes de ce qu’il est convenu d’appeler le « racisme institutionnel » (ou « racisme systémique »), grâce aux contributions de deux camarades américains ; et l’Argentine avec un article historique sur l’un des premiers sociaux-démocrates de ce pays.
Ce numéro dénonce ensuite le pillage des pays de l’Est par les entreprises françaises (on est loin des dommages imaginaires causés par la présence en France de quelques dizaines de « plombiers polonais » ; il s’agit ici de dizaines de milliers de travailleurs est-européens licenciés grâce aux manœuvres des multinationales françaises ou réduits à des salaires de misère par celles-ci).
Nous lançons également quelques pistes à propos de l’apparition récente des « questions noires » en France, tout en proposant une première chronologie qui sera enrichie et développée par la suite.
Patsy décortique méthodiquement le discours de Dakar prononcé par Nicolas Sarkozy et rédigé par Henri Guaino. Et enfin nous abordons quelques-uns des problèmes posés par la création d’un (très hypothétique) « nouveau parti anticapitaliste ».
Ni patrie ni frontières n° 23-24 – mars 2008, 302 pages, 10 €
Il est d’usage, dans les milieux marxistes ou anarchistes, de critiquer globalement « la » démocratie (« bourgeoise » ou « parlementaire ») et de l’opposer en bloc à « la » justice (« sociale » ou « prolétarienne »). La critique de « la » démocratie n’est d’ailleurs pas l’apanage des « révolutionnaires », puisque le président de la République d’Iran, Mahmoud Ahmadinejad, a déclaré au quotidien Le Monde en février 2008 que les Iraniens étaient mus par la soif de « justice », le respect de la « dignité humaine » et le « refus de la domination », valeurs que cet islamiste place « plus haut » que la démocratie… Tout un programme ! Le débat est donc vaste et multiforme et nous ne l’épuiserons pas dans le cadre de cette revue.
Ce numéro explore quelques facettes de « la » démocratie et des idéaux de « justice sociale » qu’on lui oppose. Il tente de débroussailler ces questions en s’appuyant sur des analyses écrites par des militants de différentes tendances et qui portent sur des pays spécifiques : Argentine, Corée du Sud, Népal, Birmanie, Venezuela, Etats-Unis, Cuba, Iran et Irak. Bien sûr, ces textes ne se contentent pas de décrire ou d’évoquer des réalités contrastées, ils défendent aussi des positions politiques précises et nous livrent des réflexions plus générales et théoriques, parfois divergentes.
Nous commençons par un texte de Mansoor Hekmat, théoricicien du « communisme-ouvrier » iranien (cf. le texte de Nicolas Dessaux et nos articles dans Ni patrie ni frontières n° 13-14 et 18-19-20). Pour Mansoor Hekmat, on ne peut discuter de « la démocratie » en général sans tomber dans des platitudes ridicules et des contresens grossiers. Il faut s’interroger sur les différentes formes prises par « la » démocratie : libérale, parlementaire, sociale, occidentale, populaire, socialiste, bourgeoise, ouvrière, représentative, etc. Nous devons dévoiler à chaque fois ce qui se cache derrière l’adjectif qui complète et détermine cette tarte à la crème qu’est « la » démocratie. Selon Mansoor Hekmat, dans la lutte pour l’émancipation et la libération de l’humanité, c’est la liberté et l’égalité qui jouent un rôle essentiel, la « démocratie » n’occupant qu’une place de second plan, conditionnée par la première.
Les articles suivants traitent de cas particuliers, de façon à approfondir la piste dessinée par Mansoor Hekmat et en explorer d’autres, bien sûr. Loren Goldner décrit le combat des prolétaires de Corée du Sud dont le mouvement a été canalisé dans une lutte pour la démocratie parlementaire. Selon Humberto Decarli et le groupe libertaire Insurgentes, les sans-réserves vénézuéliens sont manipulés par un colonel de parachutistes appartenant à des Forces armées qui ont une longue tradition d’intervention politique dans la vie du pays. Jorge Altamira, trotskyste argentin, défend la dictature de Cuba au nom de l’ « anti-impérialisme », mais aussi les droits démocratiques y compris la liberté d’expression pour ses adversaires. Samuel Farber, révolutionnaire cubain, n’a aucune illusion sur le Che Guevara et son rôle dans la création de camps de travail et l’établissement d’une dictature sur le prolétariat dans cette île des Caraïbes. Houzan Mahmood, communiste-ouvrière irakienne, s’élève contre la reconnaissance légale de la charia dans son pays. John Doe, militant d’Amérique du Nord, décortique le fonctionnement du système démocratique dans la plus grande puissance impérialiste actuelle et considère que la défense des droits démocratiques est aujourd’hui dépassée. Enfin, les camarades de Mouvement communiste nous expliquent comment la question démocratique se pose pour les prolétaires et les sans-réserves de deux pays asiatiques (Népal, Birmanie) qui ont connu des affrontements importants autour de ces problèmes en 2007.
La critique du capitalisme ne se réduit pas simplement à de brillantes analyses politiques. Elle passe également par une attention vigilante à la souffrance, la colère et la révolte suscitées par le travail dans cette société, mais aussi par la galère et la recherche d’un emploi. C’est ce que soulignent chacun à sa manière Laura Fonteyn du Groupe CRI (trotskyste) et deux jeunes chômeurs qui nous racontent leurs tribulations à l’ANPE et lors de tests de préselection à la Poste.
Nous revenons sur les rapports entre religion et politique à travers deux critiques de Sarkozy (La Lettre du Militant et Patsy) et une analyse de deux théoriciens du fondamentalisme musulman (Qutb et Fawdawdi) par Mehmet Kirmaci, du groupe De Fabel van de illegaal. Nous nous attaquons aux « Dix commandements de la Gauche Théocompatible » ainsi qu’aux ambiguités et aux limites du concept de l’« islamogauchisme ».
Et pour finir nous publions une contribution de Claudio Ielmini : « Les Damnés de la civilisation ». Partant d’une nouvelle lecture critique des Damnés de la Terre, l’auteur évoque certaines transformations fondamentales intervenues dans le « Sud », en prenant pour exemple l’évolution du capitalisme chinois. Mais il ne s’arrête pas là puisqu’il s’interroge à la fois sur le rôle des soutiens gauchistes aux « sans pap’ », sur la fonction des intellectuels dans ses mouvements, et sur le potentiel révolutionnaire des luttes des migrants dans les pays du « Nord ». Ce qui repose, sous un autre angle, la question posée par le titre de ce numéro.
Ni patrie ni frontières n° 25-26, octobre 2008, 232 pages, 10 €
Ce numéro aborde la question des sans-papiers en France (et aux Pays-Bas avec un texte de De Fabel van de illegaal sur les sinistres centres de rétention hollandais) à partir de deux points de vue : celui des « soutiens » (appartenant ici au Réseau Education sans frontières) et celui de représentants de la Coordination 75 et de travailleuses sans-papiers à travers le Journal de la Bourse occupée.
Le marxiste libertaire João Bernardo nous décrit les grandes tendances des modifications que nous sommes en train de vivre, dans l’organisation du travail et de la vie sociale, au Nord comme au Sud. Il identifie aussi certaines des raisons de la crise idéologique de la gauche et de l’extrême gauche actuelles.
Dans la continuité de cette analyse générale, nous reproduisons plusieurs textes, écrits par des collectifs de précaires sur l’insertion, le RSA et le contrôle des allocataires du RMI, qui montrent comment ces grandes évolutions mondiales se manifestent en France et comment elles font de la vie de millions de personnes un enfer.
Les anarchistes vénézuéliens d’El Libertario décortiquent la nature du chavisme et le groupe Mouvement communiste nous décrit la situation coloniale du Tibet.
Enfin plusieurs articles abordent des questions qui suscitent des polémiques dans la « gauche radicale » et le mouvement libertaire : le licenciement du dessinateur Siné ; les comparaisons entre le régime de Vichy et le gouvernement Sarkozy ; les positions de Chomsky ; les nationalismes et les régionalismes ; la mystification du christianisme dit de gauche ou social.
« Question juive » et antisémitisme- Sionisme et antisionisme
Compil n°1 de Ni patrie ni frontières , mars 2008, 344 pages, 10 €
Cet ouvrage évoque surtout l’attitude des marxistes et des anarchistes face à la prétendue « question juive », au sionisme et à l’antisémitisme.
Les auteurs sont de tendances très diverses. Les textes ont été choisis, selon l’orientation de la revue, non pas parce qu’ils apporteraient la Vérité, mais parce qu’ils contiennent un certain nombre d’informations historiques et théoriques indispensables pour entamer un débat sérieux.
La prétendue « question juive » dévoile en fait les limites de toutes les idéologies révolutionnaires depuis cent cinquante ans, idéologies généralement fondées sur une vision assimilationniste de toutes les ethnies et de tous les peuples ; sur l’illusion que les religions et les nationalismes n’auraient aucun avenir dans un monde capitaliste moderne et développé ; sur une croyance aveugle dans les vertus du progrès technique et scientifique ; sur une foi démesurée dans les effets magiques de la Révolution sociale (qu’elle soit d’inspiration marxiste ou anarchiste) et d’une nouvelle organisation de l’économie par les producteurs eux-mêmes. Et, disons-le clairement, sur une sous-estimation radicale de l’antisémitisme et de ses effets meurtriers au profit d’une surestimation et d’une dénonciation démagogiques de la présence des Juifs au sein des structures du capital financier ou commercial.
L’intérêt d’évoquer la « question juive » est de pouvoir revisiter pratiquement toutes les questions importantes des théories révolutionnaire : les classes sociales, la nation, le rôle de la classe ouvrière, la religion, l’État, l’histoire du capitalisme, etc., comme en témoignent les différents articles rassemblés dans ce livre.
Islam, islamisme, « islamophobie »
Compil n°2 de Ni patrie ni frontières, mars 2008, 336 pages, 10 €
L’ouvrage est divisé en cinq parties correspondant à cinq thèmes principaux.
La première partie restitue quelques brèves données de base sur Mahomet, la naissance de l’islam et le statut des dhimmis, puis présente le point de vue de militants et militantes algériens, pakistanais, palestiniens et irakiens sur la façon dont ils perçoivent la réalité religieuse et politique de l’islam dans leurs pays respectifs aujourd’hui.
La seconde partie traite de la « question musulmane » en France, des raisons pour lesquelles l’islam est devenu un enjeu social et politique et des conséquences négatives que l’essor de cette religion a eues sur le mouvement ouvrier et féministe en France. Elle évoque les débats sur le hijab et la laïcité dans l’Hexagone, la confusion politique qui règne à gauche et à l’extrême gauche sur les questions religieuses en général et l’islam en particulier, et pointe aussi l’apparition d’un citoyennisme musulman dont Tariq Ramadan est le représentant intellectuel le plus emblématique et le plus sophistiqué.
La troisième partie tente d’établir quelques distinctions élémentaires entre racisme anti-Arabes, xénophobie et « islamophobie ». Elle souligne aussi les dangers de certaines alliances ou convergences politiques au nom de la défense de la laïcité ou des droits des femmes, en France et en Grande-Bretagne.
La quatrième partie rassemble une douzaine de traductions de textes ou de débats impliquant des militantes des Partis communistes-ouvriers d’Irak et d’Iran qui s’expriment à la fois sur l’islam politique, mais aussi sur des questions comme l’« islamophobie », la laïcité, le relativisme culturel et le multiculturalisme.
Quant à la cinquième et dernière partie, elle critique de façon virulente l’opportunisme de la gauche et de l’extrême gauche théocompatibles, voire de certains libertaires, en France comme en Grande-Bretagne.
L a Fable de l’illégalité : sans-papiers, Immigration et intégration forcée aux Pays-Bas - Compil n°3 de Ni patrie ni frontières, mai 2008, 360 pages, 10 €
Les Pays-Bas sont un petit pays rarement mentionné dans les médias. La « paix sociale » y est rarement troublée par des grèves, ou des luttes, « exemplaires » susceptibles d’enflammer l’imagination des militants. Pourtant, beaucoup de questions politiques débattues en France – de la « flexsécurité » à « l’identité nationale » en passant par le « multiculturalisme », les séquelles du colonialisme, l’immigration ou la place de la religion dans la société – y sont l’objet de vifs débats… et aussi de mesures réactionnaires que la droite française rêve d’imposer dans l’Hexagone.
De Fabel van de illegaal (La Fable de l’illégalité) est un groupe atypique, par ses origines, comme par ses activités et son journal qui s’intéresse à trois questions principales : le racisme et l’antisémitisme aux Pays-Bas, l’extrême droite, et les luttes des sans-papiers. Presque tous les articles tournent autour de ces trois axes d’intervention, ou de thèmes très proches, dans une perspective militante bien sûr, mais aussi dans le cadre d’une réflexion théorique sur toutes les questions posées par les politiques migratoires et démographiques : nationalisme, place des « cultures » et des traditions, multiculturalisme, liberté de conscience, fonction des religions, répression étatique, oppression des femmes, rôle de la famille, etc.
Il faut souligner aussi une autre originalité de De Fabel van de illegaal : sa façon de préparer ses campagnes politiques, seul ou avec d’autres. Les groupes d’extrême gauche ou libertaires ont généralement une attitude purement réactive : ils réagissent à une mesure gouvernementale, à l’invasion d’un pays étranger, à une décision d’un organisme international ou d’une multinationale. Pour sa part, De Fabel fonctionne de façon différente : quand le groupe décide de mener une campagne politique sur un thème (et, comme on l’a vu, ces thèmes sont volontairement limités, De Fabel ne veut pas disperser son énergie entre vingt causes différentes et sans lien entre elles), ses membres commencent par bien étudier les arguments de l’adversaire (Etat, partis politiques, patrons, institutions internationales) pour à la fois pouvoir répondre aux réactionnaires ou aux réformistes, mais aussi pour trouver des arguments simples et faciles à comprendre.
. Loren Goldner : Nous vivrons la Révolution Revolution in our lifetime (tome 1), 392 pages, 12 €
Loren Goldner n’est pas un marxiste « académique » – et ce dans les deux sens du terme : il ne détient pas une chaire dans une université, et il ne perd pas non plus son temps à participer à d’interminables querelles marxologiques.
L’auteur essaie d’appliquer sa vision très personnelle du marxisme aux réalités des luttes de classes contemporaines. En lisant les deux volumes de ses écrits, le lecteur saisira tout de suite que l’horizon de Loren Goldner ne se borne pas aux frontières intellectuelles ou matérielles de son pays d’origine, les Etats-Unis. Il tente de nous présenter une vision du monde, en partant d’emblée d’un point de vue international et même anational.
On peut – je dirais même on doit – ne pas être toujours d’accord avec l’auteur, mais il faut lui reconnaître trois qualités essentielles :
– il cherche toujours à débusquer les marxistes étatistes, à démonter leurs raisonnements et leur démagogie pseudo-radicale. Sa critique de l’étatisme de la gauche et de l’extrême gauche est une constante, qui le différencie de bien des « « penseurs » dits « révolutionnaires » ou altermondialistes ;
– il prend fait et cause pour les luttes des travailleurs, ici et maintenant, tout en gardant une conscience antibureaucratique sans concessions ;
– il s’intéresse aux transformations économiques du monde capitaliste, dont il essaie de nous présenter les grandes lignes de façon simple (enfin, quand c’est possible…) et compréhensible.
Dans ce premier recueil d’articles, à part un texte central sur le capitalisme américain, qui compte plus de cent pages et pourrait donc constituer un livre à lui seul, Loren Goldner aborde des sujets très divers : en dehors de trois critiques de livres, huit articles concernent des questions dites « économiques » et présentent sa vision particulière concernant l’évolution du capitalisme du XIXe au XXIe siècle et le soubassement de la crise mondiale actuelle ; ce premier tome contient aussi des textes sur les luttes ouvrières aux Etats-Unis, en Corée, et en Espagne ; Loren Goldner évoque également les origines lointaines du racisme aux Etats-Unis et de l’antisémitisme en Europe ; il se livre à une critique radicale du multiculturalisme et présente l’apport d’un marxiste peu connu : Amadeo Bordiga à propos de la révolution russe et de la question paysanne.
Le second recueil d’articles, tous inédits en français, paraîtra en décembre 2008. Il abordera des questions aussi variées que la situation sociale en Argentine, en Inde, en Chine, au Mexique et en Pologne ; l’héritage des Lumières ; l’articulation des questions de race et de classe aux Etats-Unis ; l’altermondialisme ; la désindustrialisation et l’absence d’un Parti ouvrier en Amérique, etc.
Karim Landais : Anarchisme, nation, identité, culture Régionalisme, nationalisme et anarcho-indépendantisme est paru chez Orphéo Editions, 184 pages, au prix de 8 €
Ce texte a déjà été publié en 2006, un an après la disparition de Karim Landais en juin 2005. Il était alors inclus dans deux gros volumes rassemblant presque tous les écrits de Karim. Cette anthologie (Passions militantes et rigueur historienne) étant désormais presque épuisée, nous avons choisi de republier, dans un ouvrage au format plus maniable, ce texte qui n’a pas pris une ride.
En effet, les questions liées à la « culture », à « l’identité », à la « nation », au multiculturalisme, à l’ « Europe des régions » (ou des « nations ») sont plus que jamais au cœur des débats politiques en France, comme en témoignent, à des niveaux différents, la création du mouvement des Indigènes de la République et du CRAN en 2005 ; les « émeutes » de Novembre 2005 ; les discours patriotards de Royale et Sarkozy lors de la campagne présidentielle de 2007 ; les multiples façons dont la droite et la gauche françaises instrumentalisent l’histoire de la France ; la désignation d’un ministre de « l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire » (ou « de la Rafle, de la Honte et du Drapeau », comme le dit justement le Réseau Education sans frontières) ; les contraintes de plus en plus fortes qui pèsent sur les travailleurs migrants, qu’ils soient ou non en « situation régulière » ; les débats sur le hijab et la place de l’islam dans un pays aux « racines chrétiennes » ; la nomination de personnalités « issues de la diversité » (en clair de personnes d’origine africaine et nord-africaine ») à des responsabilités gouvernementales, sans compter l’incapacité de la gauche et de l’extrême gauche à mobiliser, ne serait-ce que leurs électeurs, sur une base internationaliste, ou mieux anationale, lors des élections et référendums européens, et à mobiliser dans la rue contre la présence et les interventions des troupes françaises en dehors de l’Hexagone.
On peut ne pas être d’accord avec telle ou telle formulation, hypothèse ou idée de l’auteur (je ne crois pas, par exemple, que l’Union européenne puisse être assimilée à une structure « d’inspiration néo-totalitaire » ou « corporatiste » comme l’affirmait Karim), mais on doit lui reconnaître un souci de rigueur, une clarté d’exposition, un sens de la nuance, qualités rares chez un auteur « révolutionnaire » et surtout une incitation à réfléchir par soi-même. Que demander d’autre à un bon livre ?
ABONNEMENT ET CONTACT
Un numéro simple : 7,5 €. Un numéro double : 10 €. Trois numéros (simples ou doubles) : 23 €. Six numéros : 45 €. Chèque (ou timbres) à l’ordre de Yves Coleman. Contact : yvescoleman@wanadoo.fr
ou : Yves Coleman (sans autre mention) 10, rue Jean-Dolent 75014 Paris
Site internet (partagé avec d’autres publications). : http: //www.mondialisme.org