Bretagne, Bonnets rouges

Re: Bretagne: contre-manifestation ouvrière syndicale

Messagede digger » 27 Nov 2013, 09:26

Il n’y a bien sûr rien à redire à ce texte, tout le monde est d’accord.
Mais 1) ca fait un bail qu’on n’entend plus parler de "solidarité de classe" de la part des syndicats qui appellent au contre-manifs et 2) la dénonciation du "poujadisme" et du "populisme" n’est pas forcément bien perçu ici. Pour Mélenchon, il y avait 30 000 "nigauds" le 2 novembre. De toute part, politiciens et syndicats, le message reçu c’est "s’en prendre au gouvernement, c’est réactionnaire." Et bien évidemment, si une manifestation est organisée "contre", elle va attirer immanquablement toutes les formes d’opposition. A moins bien sûr de donner un mot d’ordre et un sens passe-partout et inoffensif pour avoir une (maigre) participation mais homogène, comme l’on fait les syndicats.
Le tract d’AL est conscient d’un certain nombre de choses (Je ne les confonds pas avec les syndicats) mais y répond par la généralité "anticapitalisme". Mais Mélenchon pourrait très bien se reconnaître dans ce terme. Il n’est pas suffisant. Cest un des critères des luttes, pas le seul. Et ce n’est certainement pas la réponse qu’attendent les ouvrier-es dont les emplois sont menacés.
Il existe des propositions, et pas seulement pour le "cas breton" qui n’est qu’un exemple d’une situation générale, qui ne sont pas de simples slogans et bataille politiciennes ou syndicales avec des enjeux de pouvoir et d’inimitiés personnelles, mais des modèles d’organisations politiques, économiques et sociales.
Il existe des gens de terrain qui y ont réfléchi, qui ne se gargarisent pas de grands mots, mais qui ont des propositions concrètes à petite et grande échelle, avec d’autres modes de productions, énergétiques, agricoles, etc... qui remettent fondamentalement en cause le modèle capitaliste mais qui sont aussi méprisés par les révolutionnaires AOC que par les dirigeants politiques. Parce qu’il n’y a pas écrit toutes les deux lignes "révolution" "grève générale" et je ne sais quelle autre carotte après laquelle courir.
Bon, je m’échauffe... Mais entre des syndicats qui s’entichent d’un "Pacte d’avenir" vide de sens et de moyens et des manifestants aussi hétéroclites soient-ils, je ne sais pas où sont les vrais cons.
(Et question hétéroclite, samedi prochain, ça va pas être triste....)
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Re: Bretagne: contre-manifestation ouvrière syndicale

Messagede digger » 28 Nov 2013, 11:30

Il y a bien désormais un changement d’orientation de la manifestation de Carhaix samedi. Tous les partis et associations culturelles appellent à la manifestation, de gauche comme de droite. (Union Démocratique Bretonne, Parti Breton, Kevre Breizh et une myriade de groupuscules.)
Exit "l’écotaxe" sans doute et l’utilisation de cette question par la FNSEA et le MEDEF. Mais il est difficile de savoir ce qui en sortira. Agitation passagère (il y a les élections municipales et européennes et beaucoup de petits partis veulent se montrer), mouvement défoulatoire ou plus profond....
Les hasards du calendrier font que une manifestation est organisée à Mauléon pour la création d’une collectivité territoriale basque ce samedi.
http://forum.anarchiste-revolutionnaire.org/viewtopic.php?f=66&t=7607&start=30#p128601
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samedi 30 : POUR UN PÔLE OUVRIER À CARHAIX

Messagede JPD » 28 Nov 2013, 19:19

BONNETS ROUGES : POUR UN PÔLE OUVRIER À CARHAIX
Appel


Suite à la manifestation de Quimper du 2 novembre qui se mobilisait sur le mot d’ordre « Vivre, décider et travailler en Bretagne », le Comité pour le maintien de l’emploi en Bretagne appelle à un rassemblement revendicatif et festif à Carhaix, samedi 30 novembre, sur le site de Kerampuil.

Des ouvrières et ouvriers des usines Marine Harvest, GAD, Tily Sabco, et des militants du collectif carhaisien appellent à former un pôle ouvrier sur la base du texte ci-dessous, pôle qui rejoindra le rassemblement des Bonnets Rouges pour défiler ensuite à travers Carhaix.

Après les amalgames douteux et les propos injurieux que certains médias ou leaders parisiens ont prononcés, suite à la manifestation de Quimper du 2 novembre, cette initiative veut pointer le caractère de classe de la mobilisation actuelle contre la crise de l’emploi qui frappe durement l’agro-alimentaire, entre autres secteurs d’activité en Bretagne.

OCL Nantes


Comme le 2 novembre à Quimper, et pour certains à Carhaix, nous appelons la population de la région à soutenir nos revendications légitimes et notre droit à vivre, à décider et de travailler au pays.

Malgré la déclaration de certains employeurs et du MEDEF finistérien, nous n’oublions pas que la situation actuelle a été produite par certains patrons de Bretagne, de France et d’ailleurs. Ces "grands" patrons, pendant des années, qui ont imposé dans les usines agroalimentaires des salaires de misère et des conditions de travail déplorables pendant qu’ils s’enrichissaient grâce à des subventions nationales et européennes.

Aujourd’hui les usines ferment, ce n’est pas aux salariés de payer !

Tout cela a été rendu possible grâce aux décisions des États et de l’Union Européenne, grâce à la complicité de gouvernements successifs, de droite comme de gauche, qui ont détruit les acquis sociaux, les services publics, les garanties collectives des salariés au nom du libéralisme économique.

Nous affirmons qu’il faut l’unité de tous les syndicats de salariés, petits artisans et commerçants, l’unité ouvrière la plus large contre les plans de licenciements dans le privé et contre les suppressions de postes dans le public.

Nous avons ras-le-bol de cette austérité et de l’injustice fiscale. La dernière en date : les hausses prévues de la TVA. Elles frapperont surtout les plus modestes et les plus démunis au même titre que l’écotaxe dont la mise en application impacterait le prix de vente des denrées transportées.

Les solutions existent pour combattre le libéralisme économique. Elles passent par l’interdiction des licenciements, la réquisition ouvrière des moyens de production et la nationalisation des entreprises bénéficiaires qui licencient. La Bretagne devra voir la création d’un outil institutionnel pourvu de pouvoirs législatifs et réglementaires, doté d’un budget et d’une fiscalité adaptée afin de faire face à ce défi économique et social.

Le comité pour le maintien de l’emploi en Bretagne. Vu par les ouvrières et ouvriers de Marine Harvest, Tily Sabco et Gad.

_ _ _ _ _ _

Evel m’hor boa graet d’an 2 a viz Du e Kemper , hag evit lod all e Karaez, e c’halvomp pobl ar vro da souten hon azgoulennoù reizh evit gellet bevañ, dibab ha labourat er vro.

Daoust d’ar pezh zo bet lâret gant darn eus implijerien ha MEDEF Penn-ar-Bed ne ankoueomp ket ec’h en em gavomp e lec’h m’emaomp abalamour da batroned zo eus Breizh, eus ar Frañs hag eus lec’h all. Ar batroned « vras » se o deus plantet en uzinoù gounezvouedel goproù izel spontus ha doareoù labourat start abominapl keit ma oant o lakaat leun o sakod a drugarez da yalc’hadoù ar stad ha re an Europa.

Hiziv an deiz e vez serret an uzinoù ha n’o deus ket ar vicherourien da baeiañ evit se !

Kement-mañ o deus gellet ober a drugarez da dibaboù ar stadoù hag Unvaniezh Europa ha gras d’ar gouarnamantoù ma vijent bet eus an tu-kleiz pe deus an tu-dehoù, o deus distrujet ar gounidoù sokial, ha gwarantoù stroll al labourerien e añv ar frankizouriezh ekonomikel.

Lavarout a reomp eo dleet lakaat da labourat asambles holl sindikadoù al labourerien gant an artizaned vihan ha ar gonversañted evit an unvaniezh ar brasañ ma c’hellomp evit lavarout nann d’an dilabour en embregerezhioù prevez ha nann d’ar postoù labour serret er servij publik.

Arruomp poazh gant ar ruster hag an tailhoù direizh. An hini diwezhañ : Kreskoù raktreset an taos war ar gwerzh ouzhpennet (TGO) da lâret eo an TVA. Anduret e vint gant ar vunutañ evel an ekotaos kar e vo kresket prizioù gwerzh ar boued hag ar madoù treuzdouget. Bez e c’hellomp stourm ouzh ar frankizouriezh ekonomikel. Ma vez difennet e vije skarzhet al labourerien, ma vez lakaet an doareoù produiñ etre daouarn ar vicherourien ha ma vez broadelet an embregerezhioù a ra gounidoù hag a skarzh tud daoust d’o gounidoù. Bez e ranko Breizh kaout ur statud gant galloudoù lezenniñ ha reolenniñ, gant ur budjet hag un telladurezh a zere evit dont a benn war an dachenn sokial hag ekonomikel a-vremañ.

Savet gant ar c’homite evit derc’hel al labour e Breizh . Bet gwelet gant micherourien ha micherourezed Marine Harvest, Tily Sabco ha Gad.
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Manif OCL/FDSEA

Messagede altersocial » 28 Nov 2013, 21:17

Des ouvrières et ouvriers des usines Marine Harvest, GAD, Tily Sabco, et des militants du collectif carhaisien appellent à former un pôle ouvrier sur la base du texte ci-dessous, pôle qui rejoindra le rassemblement des Bonnets Rouges pour défiler ensuite à travers Carhaix.


L'OCL appelle à rejoindre les Bonnets rouges ? Un pôle ouvrier dans un ...

mouvement lancé le 18 juin 2013 à Pontivy, par trente chefs de sociétés, à des fins régionalistes. Parmis ces entrepreneurs se trouvent Jakez Bernard, patron du label « Produit en Bretagne » et Alain Glon, président de l'Institut de Locarn, un think tank régionaliste, et ancien industriel de l'agroalimentaire
:?:

Après les amalgames douteux et les propos injurieux que certains médias ou leaders parisiens


C'est quoi un parisien ? :mrgreen:

Pour en savoir plus sur le rassemblement OCL Nantes - FDSEA 29 :

http://www.ouest-france.fr/bonnets-roug ... re-1732076

http://www.entreprises.ouest-france.fr/ ... 013-119020
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Re: Bretagne: contre-manifestation ouvrière syndicale

Messagede digger » 29 Nov 2013, 09:13

Je ne vais pas parler au nom de l’OCL mais de ce que je comprends de ce communiqué publié. Ce que disent les ouvrières et ouvriers de Marine Harvest, Tily Sabco et Gad c’est qu’ils/elles ne sont pas dupes des responsabilités de leurs situations.
Ce que dit, et dénonce l’OCL, c’est qu’il y a eu une représentation caricaturale de la manifestation du 2 novembre à Quimper. Une collaboration de classe ou des nigauds, au choix. Tout comme il y aura caricature de celle de samedi.
Il y aurait d’un côté les bons syndicats et de l’autre les couillons. Ca me paraît un peu simpliste comme analyse.
C'est quoi un parisien ?

Une définition possible, parmi d’autres, est un individu au centre du pays,(décisionnel, économique, culturel) voire du monde, voyant les choses de loin de son bureau de "faiseur d’opinion", jetant un regard condescendant sur la "périphérie" (quoique regarder au-delà du périphérique lui est déjà difficile). C’est la plus politiquement correcte que j’ai trouvé. Nous (je dis "nous" car je suis un plouc provincial avec des idées rétrogrades) avons un certains nombres de synonymes mais ce serait entrer dans un autre niveau de conversation qui rejoindrait la profondeur d’analyses des sus-cités.
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Re: Bretagne: contre-manifestation ouvrière syndicale

Messagede leo » 29 Nov 2013, 14:29

C'est quoi un parisien ?


Leaders parisiens : Mélenchon, Le Paon, Berger… et j'en passe.

Même Lebranchu, pourtant originaire du coin, mais maintenant ministre qui a vu, elle, surtout l’extrême droite dans la « révolte fiscale ». On voit ce qu'on veut bien voir.


Je crois qu’il y a là un manque d’information (ou une lecture des faits qui tiennent de la désinformation).

La dynamique de lutte a commencé par la création d’un Comité pour le maintien de l’emploi en Centre-Bretagne.
La première réunion a eu lieu le 18 octobre dans une salle municipale de Carhaix : 600 personnes sont présentes. La composition sociale : une écrasante majorité d’ouvrières et d’ouvriers des boîtes du coin menacés de licenciements : Marine Harvest, Tilly-Sabco, Gad, Doux… avec les syndicats (FO, CGT…) présents dans les boîtes, plus des gens solidaires, des habitants de Carhaix et des environs, salariés, chômeurs…. et sans doute quelques petits bourgeois.

Réunion à laquelle participait Troadec, maire de Carhaix et leader d’un petit mouvement régionaliste local (le Mouvement Bretagne et Progrès). C’est un politicien local qui cherche à être bien avec tout le monde, joue sur tous les tableaux et essaie d’être incontournable…

S’il y a une genèse un peu lointaine à ce comité, il faut remonter au mouvement de lutte de 2008 pour la défense l’hôpital de Carhaix menacé de fermeture. Il y avait déjà Troadec dans cette lutte.

Parmi plusieurs idées ou propositions, cette réunion lance l’appel à manifester le 2 novembre. Les « Bonnets Rouges » n’existent pas à ce moment-là. L’initiative revient à ce comité de lutte. D’autres comités, syndicats, associations s’agrègent à cette idée de manif : pêcheurs, marins CGT, salariés, artisans, commerçants, associations culturelles…

C’est ensuite qu’une autre dynamique se met en place, avec Troadec, la FNSEA locale et tout le patronat productiviste du coin et qu’apparaît le thème de l’écotaxe.
Mais la composition sociale de la manif de Quimper en dit long sur la nature de la mobilisation. Dans le « peuple » rassemblé là, ce qui dominait les 20-25000 présents, c’était le « petit peuple », salariés, ouvriers, précaires, chômeurs… tous les témoignages concordent.

Il y a deux dynamiques, qui se sont mêlées sans fusionner. Mais les politiciens, le patronat local et la presse (locale et nationale) ont réussi à faire en sorte que les « Bonnets Rouges » et l’écotaxe recouvre l’autre dynamique et tente de l’utiliser à son profit sur une thématique libérale/productiviste qui dit en gros : les impôts tuent l’emploi. Qu’elle y soit parvenu est une autre histoire. D’autant que l’écotaxe est suspendue (pour un an) et que les questions de l’emploi demeurent ainsi que le « modèle » productiviste et sa crise relative.

Pour autant, il est clair que les travailleurs menacés de licenciements ont aussi utilisé cette dynamique « interclassiste » pour faire entendre leurs revendications qui sont avant tout la défense de leur emploi. C’est en tous cas ce que les AG des travailleurs des boîtes concernées ont décidé dans les jours qui ont précédé.

Dans cette perspective, l’idée de créer un « pôle ouvrier » est loin d’être stupide, surtout si on prétend défendre « une ligne de classe » dans un mouvement qui contient plein d’autres choses, des plus sympathiques aux très nuisibles.

De toute façon, les mouvements chimiquement purs n’existent pas.

Quant aux syndicats, après le bide de la contre-manif de Carhaix du 2 novembre, puis le deuxième bide des 4 manifs départementales (4 et pas 1 pour qu’il y ait plus de monde) du 23 novembre, et avec le renfort de la CFDT, de l’UNSA et de la CFE-CGC, ils sont non seulement en dehors de la dynamique, mais ils agissent contre, pour pleins de raisons parmi lesquelles essayer de conserver leur monopole (institutionnel) de la représentation des salariés (leur légitimité comme structures), tout en permettant au gouvernement de faire diversion, de « trouver » des interlocuteurs responsables pour maintenir le « dialogue social » et réaliser un « pacte social » pour la Bretagne. D'ailleurs, quelques uns se désolidarisent de ça : la CGT de Damen, une boîte de construction navale de Brest, la CGT-Marins du Grand Ouest, Sud-PTT du 35, et peut-être d'autres.

Aux dernières nouvelles (28/11), le Medef-Finistère n’appelle pas (ou plus) à manifester à Carhaix ce 30 novembre, contrairement à la manif de Quimper, mais rappelle son soutien aux grands projets (centrale au gaz de Landivisiau et NDDL).

Les choses semblent s’éclaircir un peu plus.


PS : Pour info, depuis hier soir, la dernière version de l'appel à manifester pour le "Pôle ouvrier" à Carhaix ne comporte plus la dernière phrase.
La bonne version est sur le site de l'OCL.
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Re: Bretagne: contre-manifestation ouvrière syndicale

Messagede Pïérô » 29 Nov 2013, 17:53

Je suis enclin à partager ce point de vue. Mais s'il ne faut peut être pas rater le coche, il ne faut certainement pas rater le coup, car il faut arriver à se faire voir et se faire entendre.
(des bonnets rouges et noirs ? :wink: )
à suivre donc ...
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Re: Bretagne: contre-manifestation ouvrière syndicale

Messagede JPD » 29 Nov 2013, 18:48

je voudrai rajouter quelque chose tout en rappelant à Altersocial que le texte que j ai posté n'est pas signé de l'OCL et que simplement il me paraît aller dans le sens de ce qui devrait émerger à cette occasion.

On trouve dans les mouvements anarchistes une position "antifa" un peu classique qui mesure la montée d'un fascisme supposé aux éclats de quelques nazillons, de guetteurs et d'agressions racistes et de tous genres. Ça ressemble un peu à l'histoire de l'idiot qui regarde le doigt quand c'est la lune qui est désignée. En effet sans négliger les signes ci-dessus, il me semble que ce qui se joue en Bretagne est d'une tout autre dimension. Et ça pourrait bien être un laboratoire expérimental de situations destinées à se reproduire ailleurs : un mouvement de révolte, de ras-le-bol, coiffé par une fraction du patronat ou la FNSEA dans un contexte ou des années de renoncement syndical et d'idéologie de la fin de la lutte des classes ont fait le lit de ce qui d'un "fascisme" moderne qui pourrait se construire. Et à ce niveau, toute tentative d'intervenir sur des positions de classe, de construire un pôle ouvrier (ou de classe comme on veut) est bienvenu et mérite de s'y associer de toutes nos-faibles - forces - surtout si c'est une tentative sur le terrain et non sur le papier de l'extérieurs. Je signale que la dernière phrase de l'appel :" La Bretagne devra voir la création d’un outil institutionnel pourvu de pouvoirs législatifs et réglementaires, doté d’un budget et d’une fiscalité adaptée afin de faire face à ce défi économique et social." a été supprimée car posant trop de questions. Tant mieux.
Récemment des orgas anars ont rédigé un appel contre le fascisme soulignant à juste titre la nécessité de lier cette engagement à la question sociale. C'est là me semble-t-il l'occasion de n'en pas rester à des positions théoriques ou idéologique et de ne pas se contenter d'amener des drapeaux mais de mettre au premier plan les coupures de classe. Cet appel prône aussi la constitution de fronts antifasciste entre orga (à tort à mon avis).Or le vrai front il est à construire comme front de classe dès samedi. Ça ne marchera peut-être pas mais ça vaut le coup d'essayer, d'autant que si il prend un peu forme cette fois ce ne sera pas par le simple amalgame de groupuscules fussent-ils purs et révolutionnaire.
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Re: Bretagne: contre-manifestation ouvrière syndicale

Messagede SchwàrzLucks » 30 Nov 2013, 18:24

Quand je vois de quels syndicats CGT il s'agit, je ne peux que me méfier... Les Ports et Docks ont la réputation d'être une fédé bien jaune.

Et le coup du "ils veulent construire un pôle ouvrier sans lien avec les patrons" ne tient pas. Désolé, mais qui s'intéresse un minimum au sujet aura vu que le délégué FO de Gad n'a pas hésité à prendre la parole sur la même estrade et juste après la FNSEA lors de la manifestation de Quimper. Alors "pôle ouvrier", mon oeil.
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Re: Bretagne: contre-manifestation ouvrière syndicale

Messagede JPD » 30 Nov 2013, 18:57

si comme tu le dit tu t'intéresses un minimum, essaie de ne pas confondre la CGT ports et Docks et la CGT marins !

D'autre part ça serait pas mal de ne pas s'en tenir à des "a la réputation" sans donner d'exemple ou au moins de référence et de lien. Sinon ça s'appelle faire de la politique avec des rumeurs.

Le délégué FO de gad a pris la parole sur la même estrade que la FNSEA. Et alors ? Ce que j aimerais savoir c'est ce qu'il a dit et pas avec qui il a bu un coup ou deux. Par ailleurs es-tu bien certain que ce délégué FO fait partie du pôle ouvrier ?
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Re: Bretagne: contre-manifestation ouvrière syndicale

Messagede SchwàrzLucks » 30 Nov 2013, 19:34

Je visais la construction navale, mais elle est visiblement encore dans une autre fédé, donc je me suis planté, mea culpa.

Le délégué en question, c'est Olivier Le Bras, donc le délégué central FO Gad. Au vu de ton texte de description, je suppose qu'il y participe. Ce qu'il a dit sur l'estrade ? "Continuer à travailler au pays, c’est tout ce qu’on demande". Bref, ça ne signifie pas grand chose, ou plutôt ça peut signifier tout et son contraire. Et franchement, si partager une estrade au cours d'un meeting ou boire un coup avec le patronat local n'est pas problématique, je ne sais pas ce qu'il te faut !

Je lis qu'il faut "essayer de tirer ça vers un mouvement populaire", mais là c'est marcher sur la tête ! On ne construit pas l'autonomie ouvrière en participant à des collectifs rassemblant organisations patronales et ouvrières ! (un exemple - Olivier Le Bras est au milieu - : http://www.cotequimper.fr/2013/11/08/co ... -novembre/). Des types ne sont même pas capables (voire se battent contre) l'unité syndicale à la base et vont parler de déborder le patronat au sein de regroupements interclassistes ? Je conseille d'écouter la rhétorique des représentants CGT-FO en Bretagne, ça pue le sectarisme ! (un exemple est donné plus tôt dans le fil).

Il ne s'agit pas pour autant de défendre la prolophobie et le parisianisme de Mélenchon et la manifestation sans fond de Carhaix (avec l'alliance de circonstance avec le PS et le FdG...). Mais si certain-e-s croient que dans l'état de désorganisation du mouvement ouvrier aujourd'hui, il est possible de déborder le patronat, qui lui est bien organisé, aussi simplement, je pense qu'ils sont naïfs.
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Re: Bretagne: contre-manifestation ouvrière syndicale

Messagede digger » 02 Déc 2013, 12:33

Je pense qu’à ce stade de la conversation, il y a désaccord sur l’aspect "interclassiste" du mouvement en Bretagne, désaccord amplifié par l’appropriation médiatique des représentants du MEDEF et de la FNSEA. Je pense que cela mérite une petite parenthèse sur le lien entre ces deux organismes et leur poids sur l’emploi en Bretagne.
Outre les emplois directs en agriculture, l’industrie agro-alimentaire en Bzh c’était 39 % de l'emploi salarié industriel breton en 2010. On peut comprendre que le sujet est sensible pour pas mal de monde. On pourrait aussi développer le pourquoi et comment de cette situation, en particulier ce système centraliste qui définit des "vocations" aux régions périphériques, les phénomènes de productions intensives que cela entraine, la désertification de certaines zones, la spéculation immobilière sur d’autres, etc...
C’est un sentiment, plus diffus que politique souvent, d’"abandon" par "Paris" qui peut entrainer
"un mouvement qui contient plein d’autres choses, des plus sympathiques aux très nuisibles" comme le disait leo, et les discours côte à côte avec des dirigeants du MEDEF et de la FNSEA ne sont certainement pas les pires.
Où cela peut-il mener ? Les propositions syndicales, si on peut les appeler comme çà, ne mènent à rien, sauf quelques rustines en accord avec le gouvernement, dans le cache-misère "pacte d’avenir".
JPD l’a bien décrit.
C’est le projet qui définit la forme de lutte et les alliés et adversaires. Je pense que la plupart ici pourrait le définir comme socialiste libertaire. Si nous mettons de côté un certain purisme qui condamne bien souvent à l’immobilisme, il existe des alliés naturels comme la Confédération Paysanne qui a pas mal progressé ici (La FNSEA n’est majoritaire en Ille et Villaine et dans le Morbihan que par le système de répartition des sièges alors qu’elle est minoritaire en voix - 49,56% et 48,64% face à la Conf et à la Coordination Rurale. Elle n’est que légèrement majoritaire dans les deux autres départements).
Il faut aussi poser clairement la question du centralisme, non pas comme un repli identitaire ou indépendantiste, mais en lien avec ce qui se fait ailleurs, dans un projet politique global. Il y a aussi pas mal d’alliés potentiels et de perspectives communes à développer.
C’est ce type de projet cohérent qui peut permettre, seul, l’organisation de classe. Si comme il est vrai, la classe ouvrière est désorganisée, c’est qu’il n’y a guère de propositions pour l’organiser autour de perspectives viables et réalistes. Comment ne pas être désabusé face au jeu politique et syndicale ?
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Autonomie ouvrière ou confusion régionaliste ?

Messagede altersocial » 02 Déc 2013, 18:18

Ce qui est intéressant avec le Comité pour le maintien de l’emploi en Centre-Bretagne c’est que cela aurait pu être une tentative de dépassement du carcan syndical par la base, une auto-organisation ouvrière qui aurait pu aboutir à une autonomie de classe loin des débilités nationalistes séparatistes des uns ou du jacobinisme outrancier des autres. Mais en ne démarquant pas une ligne de séparation nette entre les intérêts ouvriers et les intérêts des capitalistes, les ouvriers bretons ont marqué par la même les limites d’un contenu social et donc géographique. La faute à qui ? A ces ouvriers mêmes ? On oublie de signaler que parmi ceux-ci il y a tout un panel de positions : des positions classistes oui, jusqu’à ceux qui jouent clairement les larbins de leur patron. La faute à qui alors ? Le mouvement breton trouve ses limites … dans son isolement géographique même : c’est l’ensemble du prolétariat hexagonal et plus qui aurait du faire irruption dans la lutte pour lui donner une dimension classiste réelle. Tandis qu’ailleurs les ouvriers attaquent les bureaux du Medef, assiègent les réunions d’actionnaires, la manifestation de Quimper établissait l’alliance entre les exploiteurs et les exploités.

Ce qui importe ce n’est pas qu’il y avait 20 000 prolétaires à Quimper et seulement 500 à Carhaix, ce qui importe alors c’est la consolidation de l’autonomie ouvrière et ses possibilités de perspectives. Je ne suis certainement pas le seul à avoir participé à des coordinations/liaisons ouvrières : chacun sait comment ça se passe, mécaniquement, en tant qu’affirmation de soi pour notre classe, et qu’on y a jamais accepté la moindre ambigüité. Et il n’y a pas d’autonomie ouvrière lorsque tu laisses le patronat vampiriser les choses à son intérêt.

Au lieu de cela c’est la confusion générale qui est organisée. « Vivre et travailler au pays » sonne comme un mauvais slogan publicitaire pour s’opposer à la fuite des capitaux … étrangers. Qu’en tant que travailleur on verbalise spontanément la critique de ce capitalisme qui nous empêche de vivre où l’on veut et nous considère comme de la main d’œuvre jetable est une chose. Repris en cœur par l'agitation groupusculaire cela devient une orchestration générale de la confusion tendant à faire croire que la solution à l’exploitation capitaliste est le repli régional au pays ou il fait si bon travailler (oui, mais travailler comment ?). Soigneusement les parasites groupusculaires entretiennent la confusion, politisant une critique de l’aliénation capitaliste qui nous empêche de « vivre où l’on veut », la transformant en une apologie du « travail breton » (survivre et être exploité au pays ?) mauvais parallèle du « produisons français » des jacobins gâteux.

A Quimper le ver était dans le fruit. Et l’a bouffé tout cru. Plus besoin d’envoyer les matraqueurs policiers, le mouvement s’est fait matraqué de l’intérieur, insidieusement, car deux messages ne peuvent cohabiter car l’un des deux parle toujours mieux le langage de la bourgeoisie médiatique et se présente comme moins subversif en cherchant un bouc émissaire étranger commode (le politicien parisien, le bureaucrate européen face au bon patron breton) mais qui ne change rien au système plutôt que de relayer un discours qui dénonçait à la racine l’exploitation par l’actionnariat, local ou international. Dans sa caricature récupérable ce régionalisme social n’a fait qu’alimenter son pire produit : le jacobinisme sénile d’une partie de la gauche étatiste.

Dans cette optique, créer un pôle ouvrier est une bonne chose, mais pourquoi le dissoudre aussitôt dans un mouvement d’exploiteurs (l’appel à rejoindre la manifestation des Bonnets rouges) ? Encore une fois l’autonomie ouvrière se dissout dès qu’elle s’en remet à un tiers (des bureaucrates, un patronat) pour régler ses problèmes de classe. Il ne s’agit donc plus de critiquer une mauvaise direction d’une partie du mouvement ouvrier breton mais juste de signaler qu’il n’existe pas en tant que tel et qu’il sera toujours perdant d’une cohabitation avec d’autres forces sociales forcément antagonistes. On peut alors claironner ce que l’on veut sur un prétendu « pôle ouvrier », il ne sera rien sans autonomie, juste une mauvaise caution pour tous ceux qui, des groupuscules opportunistes au patronat local veulent s’en servir à ses propres fins. Les premiers pour « exploiter la colère » en termes de retombées d’adhésion ou autre, les seconds pour mieux façonner leur chantage à l’emploi.

Les bureaucrates syndicaux n’agissent donc pas contre une dynamique ouvrière pour la simple raison qu’elle n’existe pas encore. Croire le contraire c’est affirmer qu’une autonomie de classe s’exprime entièrement, alors qu’elle le fait aux côtés du patronat et parfois aux ordres du patronat. Si la diversion existe, elle existe des deux côtés. D’un côté il y a eu Force ouvrière de l’autre la CGT et d’autres bureaucraties syndicales. Est-ce à dire que les bons syndicats sont ceux qui sont d’un côté plutôt que de l’autre ? Que ceux qui sont avec les 20 000 de Quimper n’ont pas d’idées opportunistes derrière la tête ? Sauf à considérer une union syndicale qui décide à la base on sait bien que l’ensemble des confédérations n’a pas un fonctionnement démocratique permettant de connaître les positions de l’ensemble des travailleurs syndiqués, ou non.

Si la contre-manifestation de Carhaix a rassemblé des écolocrates et autres étatistes démagogiques il y a avait aussi des ouvriers qui avaient leurs propres perspectives. Entre la dynamique de la fausse conscience et l’isolement classiste ils ont choisi un camp plutôt que l’autre. D’une part car la gauche étatiste et les bureaucraties syndicales paniquées à l’idée de perdre leur contrôle sur la classe ouvrière bretonne ont joué la corde « classiste », quitte à se tirer une balle dans le pied, pour maintenir le contrôle sur une fraction du prolétariat (dont ils se foutent royalement le reste du temps) d’autre part parce que l’affrontement direct dans leurs boîtes avec le capital ne leur permettait pas de s’associer avec leurs exploiteurs dans un mouvement confus de diversion.

Pour les « gauchistes » la contorsion dialectique se mettait en place : il ne fallait pas laisser le prolétariat « égaré » de Quimper se laisser embrigader par le patronat et donc participer au mouvement comme un poisson dans l’eau (trouble). Que ce soient les bureaucrates, les patrons ou les « gauchistes », on retrouve toujours le même paternalisme envers les ouvriers. Tandis que les uns –les bureaucrates- qualifient les ouvriers bretons de Quimper de « nigauds » les autres s’engouffrent avec eux dans la grande kermesse médiatique au nom du sempiternel « coller aux masses », pauvres ouvriers « trompés » jusque dans la direction même de leur mouvement ? Du haut de leur avant-gardisme essoufflé certains ne voulaient donc pas laisser le prolétariat aux mains de la confusion sans comprendre en quoi un certains nombres de paramètres objectifs agissent pour configurer un mouvement avec toutes ses limites, et se vautrent alors contradictoirement dans un ouvriérisme démagogique qui n’est que le reflet de la « prolophobie » des bureaucrates d’en face, la même méfiance en une classe ouvrière qu’ils infantilisent en permanence.

On passera sur l’ironie d’organiser le départ d’un « pôle ouvrier » à partir du site du festival des Vieilles Charrues dont le patron est un briseur de grève notoire, mais il faudra bien prendre garde à ne pas confondre « manifestation » et « mouvement social ». Tandis que la première est un concentré de codes militants publicitaires (avec des enjeux qui ne regardent que la stratégie d’organisations concurrentes), le second trouve ses racines dans un mouvement profond fait d’assemblées générales, de comités d’action et de liaison, de grèves actives, etc. L’important n’est donc pas qu’il y ait une, quatre, ou dix manifestations, de « faire du chiffre », vision comptable militante aliénée, mais en quoi ces manifestations sont l’expression d’une cohérence minimale pour la classe ouvrière. La manifestation publicitaire, mécaniquement, parle le langage de la bourgeoisie médiatique là où à l’inverse nous devons reprendre le sens de la manifestation pour notre propre classe : traverser les quartiers ouvriers au lieu des centre villes, rallier des usines entre elles pour mobiliser et entraîner une dynamique. C’est sur cette base que se construira une autonomie ouvrière réelle dont la formulation des objectifs immédiats n’est pas une dualité caricaturale entre la revendication concrète et la transformation sociale mais bien l’affirmation d’intérêts de classe universels, contradictoire avec l’isolement facteur d’échec. En ce sens le caractère concret de cette lutte fera des ouvriers bretons l’amorce d’un mouvement global de contestation du capital.
Ici ou là bas, partout, travail contre capital !
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Re: Bretagne: contre-manifestation ouvrière syndicale

Messagede digger » 03 Déc 2013, 09:51

Il faudrait répondre longuement à ton analyse avec comme difficulté de devoir peser chaque mot pour ne pas retomber dans les polémiques stériles habituelles du bon élève de la classe (sociale) et du déviationniste, qui plus est "identitaire".
Je ne reviendrai pas sur la génèse du mouvement faite par Leo. Et nous sommes d’accord sur la "nécessité de dépasser le carcan syndical" et sur "l’auto-organisation ouvrière" (et paysanne)
Notre analyse diffère sur deux points principaux, je pense. La première est sur la notion d’identité, la seconde est sur la méthode.
Développer la première serait trop long. Je vais donc prendre des raccourcis dangereux. L’appartenance de classe ne fait pas l’identité, pas plus que l’identité ne fait obstacle à la conscience de classe. Il va de soi que ce principe s’applique aussi au fait qu’être breton, basque ou corrézien ne constitue pas non plus en soi une identité. L’identité, ce que nous sommes, est faite de couches multiples.
Cette identité est confrontée à différentes formes d’oppression. Si tu es femme et ouvrière, tu es doublement exploitée. Une théorie consiste à dire, créons une société sans classe et nous aurons une société sans exploitation, sans oppression. Je suis en désaccord avec cela. Nous serons parvenus (peut-être, selon la manière utilisée) à supprimer une forme d’oppression.
Je pense que le mouvement anarchiste, dont je me réclame encore, a conscience de cela depuis toujours.
Cette complexité de l’identité est utilisée à des fins peu recommandables, dont le nationalisme et le racisme, entre autres. Une fausse réponse devant ces dérives est de dire "Allez, nous sommes tous identiques et on en parle plus"
Je pense que cette approche aboutit à quelques -unes de tes conclusions sur les évènements en Bretagne. Créons une conscience de classe et toutes les questions seront résolues.
Le problème c’est que la classe conçue ainsi n’existe pas. Dans la classe ouvrière, comme dans la bourgeoisie, il existe des différences, y compris des intérêts différents. Ce qui n’enlève rien à la séparation des classes, ou à la notion de "lutte des classes", mais qui la complexifie un brin.
Autrement dit, la conscience (et la lutte) de classe, si elle est nécessaire, n’est pas un moteur suffisant.
Pourquoi les bretons auraient-ils pu dépasser mieux que les autres leurs contradictions et "aboutir à une autonomie de classe" par un coup de baguette magique ? La classe ouvrière bretonne défend ses emplois et elle est prête à les défendre avec tous les alliés potentiels qu’elle trouvera.
C’est pas très glamour, mais c’est ainsi.
Et cela complique la grille de lecture. Ou ouvre d’autres perspectives si on accepte d’envisager cette complexité (qu’on peut appeler confusion), mais qui est je crois, inhérente à tout mouvement.
C’est vrai en Bretagne comme ailleurs. Il appartient aux acteurs-trices de trouver leurs propres moyens de surmonter ces contradictions, ou de vivre avec, et cela se fera qu’on le veuille ou non dans la complexité, avec des conflits d’intérêts (et pas seulement de classe)
, des récupérations, des désinformations, et dans la continuité d’une histoire qui précède de loin la question de l’écotaxe et qui lui survivra bien au-delà.
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Re: Bretagne: contre-manifestation ouvrière syndicale

Messagede digger » 05 Déc 2013, 08:53

La révolte vient de loin : où va l'alliance des Bonnets rouges ?
http://www.agencebretagnepresse.com/fetch.php?id=32204
Un long article qui a le mérite d’analyser en profondeur le mouvement, avec des points discutables mais qui élargit la perspective et l’approche.
La seule question de l’écotaxe mène à une impasse en caricaturant des positions, puisque être contre serait ne pas être écologiques en favorisant le frêt routier et être pour serait être contre l’emploi en Bretagne.

Mardi, Nicole Etchegoyhen et Txetx Etcheverry, de l’organisation Bizi ! Co-signaient une tribune dans le Journal du Pays Basque Le changement, c’est pour quand ? Oui à la pollutaxe ! http://www.lejpb.com/paperezkoa/20131203/435896/fr/Le-changement-c%E2%80%99est-pour-quand--Oui-a-pollutaxe--Par-Peio-Dufau-et-Jerome-Teillary--Nicole-Etchegoyhen-et-Txetx-Etcheverry

La présentation du "Pacte d’avenir" hier rend un peu étroit le seul sujet de l’écotaxe. Il va mettre un peu d’huile sur le feu, parce que si on peut acheter la paix sociale à l’échelle d’une usine en sortant son carnet de chèque pour améliorer un "plan social", il est plus difficile de la faire à l’échelle d’une région . L’avenir de la Bretagne, comme celui de n’importe quelle partie du territoire, comme celui d’un-e ouvrier-e, ne "coûte" pas 2M€ ni n’importe quelle somme. Nous avons été contraints de vendre notre force de travail (Je suis pour la pénalisation du racolage patronal et politique, çà financera la sécurité sociale) et nous allons vendre nos abandons. Les bassins miniers, sidérurgiques sont une leçon suffisante.
Le prétendu "plan" est une liste-programme électoral politicien qui essaie de n’oublier personne ( qu’est-ce que vient faire la langue bretonne là-dedans ? La France a juste à signer la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires, ce qu’elle se refuse à faire depuis 1992. Ou les questions de réussite éducative et d’accès à l’emploi des jeunes, qui me semble être une question à traiter dans un cadre plus général ?)
On y voit la patte du MEDEF et de la FNSEA, qui veulent "conforter la Bretagne comme une grande région productive" (lire "productiviste")
On est bien loin de l’écotaxe.
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