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L'indépendance syndicale, base de l'autonomie ouvrière

MessagePosté: 05 Jan 2012, 17:37
de Pti'Mat
Les CSR viennent de sortir une nouvelle brochure: "L'indépendance syndicale, base de l'autonomie ouvrière".

L’indépendance syndicale est souvent comprise comme un devoir de neutralité de l’organisation ouvrière à l’égard de toute politique. Cette interprétation simpliste et finalement fausse profite à ceux qui défendent le passage du syndicat sous le contrôle d’une organisation ou d’une idéologie.

Or l’indépendance syndicale, emblématiquement représentée par la Charte d’Amiens de 1906, vise à préserver le groupement très spécifique qu’est le syndicat de toute tentative de pilotage extérieur ; elle s’oppose à sa transformation en organisation affinitaire.

Le syndicalisme-révolutionnaire rend le syndicat capable de formuler une réflexion politique, sociale, économique, des objectifs de lutte et un projet de société, le Socialisme, sans passer par la délégation à d’autres que lui.

Ceci ne signifie nullement qu’il reste fermé à des apports extérieurs, aux débats des organisations politiques notamment. L’indépendance n’est pas le repli sectaire plus qu’elle n’est la neutralité ; l’indépendance syndicale est la garantie que la classe ouvrière organisée en syndicat puisse accéder à son autonomie, autonomie garante de son processus d’émancipation résumée excellemment dans la formule : l’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes.

http://www.syndicaliste.fr/

Re: L'indépendance syndicale, base de l'autonomie ouvrière

MessagePosté: 20 Fév 2012, 19:40
de berneri
L’indépendance syndicale est souvent comprise comme un devoir de neutralité de l’organisation ouvrière à l’égard de toute politique. Cette interprétation simpliste et finalement fausse profite à ceux qui défendent le passage du syndicat sous le contrôle d’une organisation ou d’une idéologie.


D'accord. C'est d'ailleurs l'argument que retorque la bureaucratie FO régulièrement pour justifier ses positions sectaires et le repli du syndicalisme dans l'entreprise.
Toute position autre est considérée comme "citoyenniste" alors même qu'il s'agit pour un syndicalisme de classe d'affirmer la défense des travailleurs et leurs unités dans et hors l'entreprise , dans tous les champs de la vie sociale, derrière et devant le guichet, dans et hors le chantier, etc...

Ce type de position est tenu parfois par des militants du POI au sein de FO, ceux là même qui defendent une grève générale mais de 1 jour pas plus, position de posture bien sûr car il n'y a evidemment aucune démarche préalable pour construire cette grève... sauf à croire au spontaneisme, ce qui n'est pas le cas bien sûr de ces militants.

Re: L'indépendance syndicale, base de l'autonomie ouvrière

MessagePosté: 20 Fév 2012, 21:11
de digger
Pourrait-on m’expliquer ce que l’on appelle "spontanéisme" ?
Ce que j’en comprends, c’est toute forme de lutte qui nait et qui est animée en dehors d’organisations traditionnelles.
Je perçois, mais peut-être me trompe-je, un certain mépris ou défiance face à ce "spontanéisme".
En quoi est-il , ou non, préjudiciable, ou en qoui s’opposerait-il, à une actions révolutionnaire via des canaux plus "traditionnels" ? En quoi ne peut-il pas être complémentaire ?

Re: L'indépendance syndicale, base de l'autonomie ouvrière

MessagePosté: 20 Fév 2012, 22:36
de SchwàrzLucks
Spontanéisme = idéologie selon laquelle les mouvements révolutionnaires/les luttes de classes émergeraient d'eux-mêmes, qu'il n'y a pas besoin de propagande et d'introduction de structures autogérées par des militant-e-s car cela se ferait tout seul.

Souvent, le mouvementisme y est lié. Mouvementisme = ne pas militer régulièrement, au quotidien (par exemple dans un syndicat), mais participer aux mouvements lorsque ceux-ci éclatent. En bref, attendre que les masses se déchaînent pour tenter de donner une orientation révolutionnaire au mouvement. C'est en quelque sorte l'opposé d'une idéologie de construction, selon laquelle c'est au quotidien, tous les jours, que l'on mène le militantisme pour construire le socialisme de demain et qu'il ne faut pas s'attendre à des miracles avec des mouvements qui apparaissent "de nulle part".
L'OCL prône le mouvementisme par exemple, il me semble.

(Je schématise, ces définitions sont largement perfectibles et peut-être biaisées. D'ailleurs elle pourrait être ajoutée dans le dictionnaire une fois étoffée)

Re: L'indépendance syndicale, base de l'autonomie ouvrière

MessagePosté: 20 Fév 2012, 23:35
de Pti'Mat
Et bien camarades commandez la brochure en question. Sinon il y a notre brochure sur les unions ouvrières et le syndicalisme révolutionnaire allemand, un dossier sur le spontanéisme.

Re: L'indépendance syndicale, base de l'autonomie ouvrière

MessagePosté: 21 Fév 2012, 19:01
de digger
Merci SchwàrzLucks
Pas trop le temps sur le moment mais j’aime mieux discuter que de lire des brochures.
Vu que le côté doctrinaire n’est pas mon fort, je ne vois pas en quoi s’opposent le travail d’organisation (nécessaire) et le fait d’utiliser un mouvement social lorsqu’il apparaît.
Quand à attendre, il me semble que nous y sommes contraints vu les rapports de force actuels et que l’attente serait plus longue si nous devions nous en remettre au syndicalisme révolutionnaire.