Le CSR, Courant Syndicaliste Révolutionnaire

Re: Le CSR, Courant Syndicaliste Révolutionnaire

Messagede berneri » 02 Juin 2012, 12:44

Le CSR diffuse des idées interessantes sur les pratiques du syndicalismes de classe, interprofessionnel etc... cette oeuvre de propagande aurait bien plus de portée si le CSR ne prétendait pas s'en faire le propriétaire : le syndicalisme de classe, de masse, le syndicalisme révolutionnaire, l'histoire du monde ouvrier ne lui appartienne pas. Il y a quelquechose de sectaire à dire : 'l'unité c'est chez nous. Il y a quelquechose de sclérosé dans un discours centré sur une approche de militants déjà formés. Il y a quelquechose d'idéaliste à penser qu'on va venir éclairer des militats syndicaux qui ont déjà leur propre experience , leur propre culture politique et syndicale , de la même manière que les colons européens prétendaient apporter la civilisation en afrique ou en amérique du sud.

L'unité du syndicalisme de classe se fera dans l'action, dans les luttes par la base, elle devra etre pensée dans les sections et pas dans l'application de recette décidée par un quelquonque appendice parasyndical...

Sur le projet de société malheureusement si on gratte le vernis , le CSR ne semble rien nous proposer d'autre que les hypothèses pansyndicales développées par Pierre Besnard dans son livre "le monde nouveau" édité en 1936 (celui-ci avait au moins l'interet d'essayer sur le sujet).... Ces hypothèses un peu datées sont loin de ressembler à un projet de société capable de fédérer...

Car au delà de la quête de la pierre philosphale en terme d'organisation , de structure, de rouage, Il convient de se poser la question de la dynamique, de l'énergie, du mouvement ... qui anime un rapport de force, une transformation sociale, et même une organisation syndicale de classe et de masse.

Qui plus est à force de grille de lecture fermée et autocentrée le risque et de ne pas voir ce qui se fait de bien ailleurs, ce qui se crée, qui est nouveau, ce qui permet de dépasser une situation pour déboucher sur une nouvelle. Porter une analyse et des enseignement du vivant, de ce qui est en cours est auss i- si ce n'est plus-, important que de tirer ses leçons du passé et de s'y enfermer au risque de le ressasser sans s'apercevoir que la vie continue.
berneri
 
Messages: 380
Enregistré le: 20 Sep 2009, 19:58

Re: Le CSR, Courant Syndicaliste Révolutionnaire

Messagede Pti'Mat » 07 Juin 2012, 23:40

L'histoire du mouvement ouvrier ne nous appartient pas certes, est-ce pour autant tabou que de donner notre idée du mouvement ouvrier ? Je ne vois nulle part la volonté des CSR d'en faire sa propriété mais plutôt la diffusion de l'héritage diversifié de celui-ci. Nous nous revendiquons de cette diversité, c'est nous qui sommes la propriété du mouvement ouvrier et de son histoire, pas l'inverse. Nous défendons les conceptions de la première internationale et l'autonomie ouvrière. Nous ne faisons que servir cet idéal.

Ensuite concernant, "le syndicalisme de classe, de masse, le syndicalisme révolutionnaire", il me semble déjà que ces conceptions ont été "théorisé" en France par notre courant, que nous sommes la seule organisation en France à continuer de défendre ces conceptions combinées. Il me semble que nous sommes la seule organisation à revendiquer ce que nous revendiquons et avoir ces positionnements stratégiques si spécifiques et unqiues. Il ne s'agit pas de propriété mais tout simplement de diffusion de nos propres positions, au même titre que n'importe quelle organisation. Nous sommes uniques, nous avons une histoire unique, propre, il est donc normal de diffuser certains principes qui constituent notre raison d'exister. je ne comprends pas ta critique envers les CSR sur ce point là, ou alors elle est valable pour toutes les organisations.

Pierre Besnard n'est pas vraiment quelqu'un d'apprécié chez les CSR et n'est absoluement pas le genre d'individu en qui on pourrait voir notre organisation, même si il a mis en lumière certains principes du SR. Ce n'est donc pas vraiment une référence pour nous, et il est assez loins de nos positions.

Ensuite, t'en fais pas pour toutes tes apprèhensions, merci de te préoccuper de notre devenir en donnant conseil sur les leçon du passé, ne pas s'enfermer dans une tour d'ivoire, tenir compte de ce qui se passe ailleurs etc, mais je t'assure pas la peine de se monter un film nous concernant, tout va bien part chez nous, je pense qu'on est très très loin d'être à la hauteur de LO dans ce domaine :slt: ;)

Tu dis surtout ça pour te donner bonne conscience que l'herbe n'est pas plus verte ailleurs hein ? Avoues ! Faut bien leur trouver quelques défauts aux camarades CSR ! :-D :lool:
"Il n'y a pas un domaine de l'activité humaine où la classe ouvrière ne se suffise pas"
Le pouvoir au syndicat, le contrôle aux travailleurs-euses !

http://www.syndicaliste.fr/
http://redskins-limoges.over-blog.org/
Avatar de l’utilisateur-trice
Pti'Mat
 
Messages: 260
Enregistré le: 19 Aoû 2011, 16:51
Localisation: Limoges - Occitània

Re: Le CSR, Courant Syndicaliste Révolutionnaire

Messagede berneri » 16 Juin 2012, 22:26

Je ne m'interesserait qu'à ce qu'il y a de politique et non d'état d'âme ou de jugement sur la personne dans ta réponse.

Ensuite concernant, "le syndicalisme de classe, de masse, le syndicalisme révolutionnaire", il me semble déjà que ces conceptions ont été "théorisé" en France par notre courant, que nous sommes la seule organisation en France à continuer de défendre ces conceptions combinées


Non vous n'êtes pas la seule organisation en France à défendre ces conceptions combinées (defendues notamment par plusieurs organisations libertaires) mais vous êtes peut-être la seule à n'avoir une vision du monde, des combats sociaux qu'à travers ce prisme et à prôner ces conceptions comme une finalité exclusive. Cette grille de lecture rigide conduit à considérer ce que si passe en dehors comme des "héresies" ou des "phénomènes gauchistes", ou encore des "erreurs". C'ests peut-être aussi cette résistance face à l'évolution du monde et cette vision étriquée du syndicalisme révolutionnaire et de la lutte des classes qui a conduit le CSR à passer à côté de ce qu'il aurait pu être avec une réelle ouverture.

J'ajouterai que le CSR me semble avoir raté ses objectifs initiaux malgré la mise au point un peu tardive vis à vis des camarades syndiqués ailleurs qu'à la CGT. La " fenêtre de tir" me semble derrière en ce qui concerne la capacité à faire le courant transversal proposé au départ.
berneri
 
Messages: 380
Enregistré le: 20 Sep 2009, 19:58

Re: Le CSR, Courant Syndicaliste Révolutionnaire

Messagede Pti'Mat » 17 Juin 2012, 20:54

Nous verrons ça Berneri ;)
"Il n'y a pas un domaine de l'activité humaine où la classe ouvrière ne se suffise pas"
Le pouvoir au syndicat, le contrôle aux travailleurs-euses !

http://www.syndicaliste.fr/
http://redskins-limoges.over-blog.org/
Avatar de l’utilisateur-trice
Pti'Mat
 
Messages: 260
Enregistré le: 19 Aoû 2011, 16:51
Localisation: Limoges - Occitània

Re: Le CSR, Courant Syndicaliste Révolutionnaire

Messagede Pïérô » 18 Juin 2012, 02:48

Du coup, si les rencontres du CSR sont encore dans notre coin cet été, pourquoi pas se prendre un temps de rencontre et de débats réel ? Parce que la dernière fois, invités pourtant à partager un moment ensemble en rencontre, apéro, et plus encore, on s'est retrouvé un peu frustrés. :wink:
Image------------ Demain Le Grand Soir --------- --------- C’est dans la rue qu'çà s'passe --------
Avatar de l’utilisateur-trice
Pïérô
 
Messages: 21867
Enregistré le: 12 Juil 2008, 22:43
Localisation: 37, Saint-Pierre-des-Corps

Re: Le CSR, Courant Syndicaliste Révolutionnaire

Messagede Pti'Mat » 18 Juin 2012, 17:19

Avec plaisir :trinque:
"Il n'y a pas un domaine de l'activité humaine où la classe ouvrière ne se suffise pas"
Le pouvoir au syndicat, le contrôle aux travailleurs-euses !

http://www.syndicaliste.fr/
http://redskins-limoges.over-blog.org/
Avatar de l’utilisateur-trice
Pti'Mat
 
Messages: 260
Enregistré le: 19 Aoû 2011, 16:51
Localisation: Limoges - Occitània

Re: Le CSR, Courant Syndicaliste Révolutionnaire

Messagede Pti'Mat » 01 Oct 2012, 08:21

Au sommaire du N° 41 de la revue Syndicaliste ! :

Un dossier sur les tendances syndicales (les CSR de 1920-1922, Essere Sindacato dans la CGT italienne, les tendances dans la CNT espagnole) Vie Syndicale (élections TPE, SUD Industrie, Fédérations cheminots) La lutte des électriciens britanniques, chroniques de livres…



Au XIXe siècle, un vieux philosophe barbu avait exposé sa thèse de « la baisse tendancielle du taux de profit des capitaux ». Cette thèse figure encore parfois dans les formations Premier niveau de la CGT. Elle sert également de fondement à toute action anti-capitaliste, qu’elle soit réformiste ou révolutionnaire. Avec cette théorie, Marx expliquait l’impossibilité de maintenir dans la durée un taux de profit pour les capitaux, sans un combat acharné entre capitalistes et prolétaires. Les capitalistes n’ayant donc comme solution que de s’attaquer aux coûts de production des marchandises, et donc à tous les acquis gagnés par les travailleurs-euses.

Depuis le milieu des années 1970, les capitalistes annoncent régulièrement « une crise » et ensuite une prochaine reprise économique ! Ce discours démagogique vise à cacher qu’il existe en fait une seule et même crise, permanente, qui ne peut se régler dans le cadre du capitalisme. Cette contradiction rend indispensable la mise en place de politiques anti-sociales qui paupérisent jusqu’aux travailleurs des États impérialistes. Alors pourquoi les réformistes et les révolutionnaires se refusent-ils à expliquer cette évidence aux travailleurs-euses ?

Parce qu’ils vivent, eux aussi, dans le mythe d’une société capitaliste harmonieuse, démocratique, écologique où les profits seraient partagés équitablement. C’est le slogan des tracts et manifs : « Pour un autre partage des richesses ! ». En propageant ce mythe, ils rangent le Socialisme et le Communisme dans un musée. Ils développent une vision nostalgique des décennies qui ont suivi la fin de la seconde guerre mondiale, de « l’État providence », de « l’Économie nationale », de « la République sociale »… Le tout en chantant la Marseillaise et en brandissant le drapeau tricolore de la bourgeoisie. Mais surtout, ils ne peuvent offrir aux travailleurs qu’une succession de défaites puisque leurs luttes s’enferment dans une démarche défensive, dans le cadre du système capitaliste et de ses institutions.

Non, l’heure n’est plus aux luttes défensives, ou pour un « capitalisme social ». Nos luttes doivent s’organiser avec une stratégie révolutionnaire. Les luttes ne sont pas une fin en soi pour maintenir un peu de pouvoir d’achat, mais un moyen d’organiser les travailleurs dans leurs organisations de classe : nos organisations syndicales. De les structurer sur une base professionnelle et géographique (interpro). De les renforcer politiquement pour en faire dès maintenant des contre-pouvoirs. Des contre-pouvoirs qui se transformeront en organes de pouvoir. Car c’est justement ce qui fait la nature même d’une révolution : l’écroulement des anciens organes de pouvoir de la bourgeoisie et leur remplacement par de nouvelles structures de classe.

Cette évidence est masquée par la domination idéologique et culturelle que la bourgeoisie nous impose. Le mouvement « anti-capitaliste » est dominé par les schémas de la Révolution bourgeoise de 1789 et par la Révolution russe de 1917. Ce mouvement s’exprime donc par les élections et par l’agitation. Il se focalise sur des outils intégrés au système capitaliste : partis, syndicats d’entreprise, collectifs sectoriels et des associations caritatives.

L’actualité, ce n’est pas la rénovation du capitalisme mais la Révolution prolétarienne. Il nous faut donc des outils appropriés à cette perspective. Des outils qui nous permettent de structurer le Prolétariat dans une organisation sociale capable de réaliser une révolution sociale. Ces mêmes outils devant nous permettre ensuite de gérer sur une base démocratique et collective le Socialisme. L’urgence est donc à la construction de cette Confédération syndicale unitaire, qui s’appuie sur ses syndicats d’industrie (professionnels) et sur ses Bourses du Travail (Unions locales). Pour populariser et appliquer cette stratégie révolutionnaire nous avons besoin de regrouper les révolutionnaires dans une tendance qui pousse dans cette direction.

La Révolution ne se construit pas avec de beaux discours mais en s’organisant. Alors organise toi !
"Il n'y a pas un domaine de l'activité humaine où la classe ouvrière ne se suffise pas"
Le pouvoir au syndicat, le contrôle aux travailleurs-euses !

http://www.syndicaliste.fr/
http://redskins-limoges.over-blog.org/
Avatar de l’utilisateur-trice
Pti'Mat
 
Messages: 260
Enregistré le: 19 Aoû 2011, 16:51
Localisation: Limoges - Occitània

Re: Le CSR, Courant Syndicaliste Révolutionnaire

Messagede Pti'Mat » 18 Nov 2012, 21:43

Paris, samedi 15 décembre à 15h.
Meeting "Actualité du syndicalisme révolutionnaire" à l'AGECA:
177 rue de Charonne (métro Alexandre Dumas -ligne2- et bus 76).

Des militant-e-s animeront ce meeting, présenteront leur expérience et les perspectives de l'action syndicale actuelle.

Organisé par les Comités Syndicalistes Révolutionnaires.
"Il n'y a pas un domaine de l'activité humaine où la classe ouvrière ne se suffise pas"
Le pouvoir au syndicat, le contrôle aux travailleurs-euses !

http://www.syndicaliste.fr/
http://redskins-limoges.over-blog.org/
Avatar de l’utilisateur-trice
Pti'Mat
 
Messages: 260
Enregistré le: 19 Aoû 2011, 16:51
Localisation: Limoges - Occitània

Re: Le CSR, Courant Syndicaliste Révolutionnaire

Messagede Pti'Mat » 23 Nov 2012, 08:05

Invitation au Meeting des CSR le samedi 15 décembre à l'Ageca (Paris).

Au fil de ces dernières années, on a pu assister à l’accélération de la décomposition du mouvement syndical et plus largement du mouvement ouvrier.

Bureaucratisation, adhésion à la culture de la bourgeoisie, absence de formation et de débat, morcellement et multiplication des organisations syndicales auront été l’illustration de cette décomposition.

Pour autant, le syndicat reste la seule organisation qui soit foncièrement celle de la classe ouvrière : construite par elle-même et pour elle-même, elle regroupe les travailleurs-euses sur la base de leurs conditions sociales et de leur exploitation économique ; les organisations doctrinales comme les partis ou les groupes affinitaires ayant, elles, vocation à regrouper des militants et des adhérents sur la base d’une adhésion à des idées.

Depuis le reflux révolutionnaire des années 1920, les organisations affinitaires se sont présentées comme une alternative à l’organisation syndicale, tentant d’animer les luttes à sa place. Cela a eu pour conséquence de casser la réflexion stratégique dans l’organisation syndicale mais aussi d’affaiblir la réflexion théorique des organisations affinitaires qui ont souvent sombré dans l’activisme.

Il faut rompre avec ce schéma confus et chaque organisation doit retrouver sa place, selon le schéma cohérent et unitaire de la Charte d’Amiens.

Loin de vouloir céder à un fatalisme qui ferait de l’outil syndical de masse un système fatalement amputé de sa fonction émancipatrice, les militants des Comités Syndicalistes Révolutionnaires (CSR) construisent au quotidien la perspective socialiste en développant l’autonomie ouvrière. Les Comités Syndicalistes Révolutionnaires font le pari de relever le défi de la reconstruction du mouvement syndical par le développement des syndicats d’industrie, des actions d’entraide et de solidarité de classe, de la formation des militants et de l’action interprofessionnelle.

La lutte contre le salariat ne peut se contenter de l’échange idéaliste ou de la controverse sans que l’action du Prolétariat ne soit au centre d’un projet de lutte organisée et concrète contre la bourgeoisie, ses valeurs, l’hégémonie de son influence à la fois sociale, économique et culturelle. Le Socialisme ne peut être réalisable que si le prolétariat commence dès aujourd’hui à s’organiser et à collectiviser ses connaissances.

Ce combat ne peut non plus se faire de façon éloignée des masses exploitées, par l’illusion d’un modèle contre-culturel ou dans une organisation groupusculaire.

La construction au quotidien de liens de lutte organisés et entretenus, par la formation de travailleurs-euses à la gestion de leurs combats, de leurs mouvements et initiatives constitue la base d’une contre-société où s’expriment les intérêts et les capacités de la classe ouvrière. Ceci fut précisément le projet des Bourses du Travail à leurs débuts et rien ne permet de penser que ce projet serait aujourd’hui dépassé ou sans issue.

Les Comités Syndicalistes Révolutionnaires entendent donc développer la dynamique nécessaire au projet de construction d’un mouvement de lutte pour le Socialisme. Nous le ferons par la construction d’une tendance intersyndicale, lieu d’échanges, d’expérience, de formation, d’élaboration collective et d’entente fraternelle entre militants.

Le 15 décembre prochain, le meeting organisé par les CSR à l’Ageca de Paris sera l’occasion pour des militant-e-s d’exposer leur expérience et leur projet avec d’autres militant-e-s. Les lieux de débat fraternel sont devenus rares.

Notre initiative répond à ce besoin.

Nous espérons donc vous y voir.

Salutations syndicalistes fraternelles
"Il n'y a pas un domaine de l'activité humaine où la classe ouvrière ne se suffise pas"
Le pouvoir au syndicat, le contrôle aux travailleurs-euses !

http://www.syndicaliste.fr/
http://redskins-limoges.over-blog.org/
Avatar de l’utilisateur-trice
Pti'Mat
 
Messages: 260
Enregistré le: 19 Aoû 2011, 16:51
Localisation: Limoges - Occitània

Re: Le CSR, Courant Syndicaliste Révolutionnaire

Messagede Pti'Mat » 06 Jan 2013, 12:15

(Tract) http://syndicaliste.fr/

Ton seul pouvoir, c’est le syndicat !

Il faut se syndiquer …


La société capitaliste nous pousse à accepter le travail salarié et son cortège de galères (précarité, bas salaires, cadences, pressions de la hiérarchie, …) et de soumission (situation de subordination, d’infantilisation) comme un mal nécessaire. Elle nous offre comme seul espace de « liberté » le fait de nous replier sur notre « vie privée ». Seul, ou en couple, en famille ou en bandes de potes, …, peu importe. On voudrait nous faire croire qu’il faudrait accepter les conditions imposées par les patrons, pour avoir en retour le salaire qui permet de construire notre « vraie vie ». On essaye de cloisonner ces deux mondes et de séparer sa sphère « privée » de celle du travail.

Pourtant il est bien difficile d’empêcher les conséquences du salariat de peser sur nos vies. Les fins de mois difficiles, l’ennui, le stress et la dépression que l’on ne laisse pas à la porte de notre entreprise ou de Pôle Emploi, pèsent sur nos vies. La solution est selon nous au contraire de se réapproprier nos vies de travailleurs et de travailleuses. Ce que nous produisons, ou participons à produire, ce que nous transportons, distribuons, les services que nous offrons, c’est cela aussi notre vie, c’est cela l’impact que nous avons sur la société. Notre travail est à nous, pas aux patrons ! Même s’ils pensent nous l’acheter pour un salaire. Et pour ne pas que cette partie de notre existence que nous passons à travailler se résume à l’ennui et la soumission, il faut que nous soyons forts face à nos patrons.

Pour cela il existe un outil qui a fait ses preuves : le syndicat ! Il faut s’unir dans nos professions, étendre notre sociabilité et notre solidarité non plus seulement à nos familles et amis, mais à tous ces camarades qui vivent la même réalité que nous. Unis et forts c’est à nous d’imposer notre voix et de reprendre le contrôle, de reconquérir ces sept heures par jour que les patrons pensent pouvoir nous confisquer.

… mais se syndiquer pas n’importe comment !

Si vous pensez que le syndicalisme sert à augmenter les salaires, ou encore que vous ne pouvez pas vous syndiquer parce que vous êtes dans une petite entreprise vous avez en partie raison. Vous avez sans doute bien compris le modèle qui domine actuellement. Le syndicat devrait donc ne servir qu’à négocier quelques améliorations ? Seules les personnes travaillant dans des entreprises assez grandes y auraient droit ? Il faudrait répondre « oui » si on se contentait de ce modèle, celui du syndicat d’entreprise. Pourtant une autre forme de syndicat existe, est possible et a déjà largement fait ses preuves. Plutôt que d’accepter la manière dont les patrons organisent l’économie en la divisant en une multitude d’entreprises, le modèle historique du syndicalisme a longtemps été celui du syndicat professionnel (le syndicalisme par industrie).

Il s’agit tout simplement d’avoir un syndicat par activité dans chaque localité. Pour mener une activité dans une entreprise précise, le groupe de syndiqués concernés s’y organisent en une section de ce syndicat. Rien de plus simple et de plus efficace. Pas besoin de monter un syndicat petit et inutile dans chaque boîte, pas besoin de se mettre en danger en étant seulement une poignée, des camarades de toutes les boîtes peuvent se réunir. Pas la peine d’attendre d’être nombreux dans la même entreprise pour commencer à s’organiser ! Chacun peut donc se syndiquer sans que son patron ne soit au courant.

A l’heure de la précarité, de la soustraitance, des très petites entreprises, on ne peut plus se permettre de multiplier les syndicats de boîtes peu efficaces dans bien des cas et inaccessibles pour beaucoup de travailleurs et de travailleuses. Alors quand on vous invite à vous syndiquer on ne vous propose pas de suivre le syndicalisme vers le mur dans lequel il se précipite s’il ne change pas de stratégie, mais de participer à le remettre sur les rails ! Les syndicats appartiennent à celles et ceux qui les font vivre, c’est la responsabilité de tous et toutes de se les approprier et de s’en servir !

Et se syndiquer pour gérer la société.

Le véritable but du syndicalisme n’est pas d’augmenter les salaires ou de négocier trois ou quatre améliorations des conditions de travail. Son objectif est de dépasser le capitalisme pour ne pas avoir justement à lutter pendant des siècles. Cela s’appelle la Révolution, et même si le terme à été usé et abusé, il signifie simplement un changement de régime, une coupure radicale, la mise en place d’une nouvelle société par la suppression de l’Etat capitaliste qui nous domine.

Et ça a un rapport direct avec le fait de s’organiser par profession. Car outil de résistance aujourd’hui, le syndicat doit devenir un organe de gestion de la société demain. Le syndicalisme, par profession est une alternative à la gestion patronale qui éclate chaque branche en entreprises concurrentes. Nous pensons que les travailleurs et les travailleuses seront dans l’avenir, s’ils s’en donnent les moyens, capables de gérer l’économie, en s’organisant au niveau des branches. Ces branches professionnelles sont coordonnées dans des Unions Locales, des Unions Départementales et une Confédération nationale. La société sera ainsi structurée à un niveau interprofessionnel.

Encore une foi c’est plus simple, plus logique, plus rationnel et plus efficace. Cela revient simplement à dire que les personnes les mieux qualifiées pour constater un besoin et y répondre, c’est à dire les personnes qui travaillent dans les professions qui produisent de quoi combler ce besoin, auraient le pouvoir d’organiser ces professions. Une ville a besoin de logements ? Au syndicat de la Construction de s’organiser pour les bâtir ! Tel village a un réseau de mauvaise qualité ? Au syndicat des Télécommunications de l’améliorer, etc, … C’est bien plus efficace que les nombreuses magouilles des entreprises capitalistes : appels d’offres et délits d’initiés, réseaux de copains et pots de vins, sous-traitance et exploitation des travailleurs-euses.

Nous pouvons tout bonnement mieux gérer la société, d’une manière plus simple, plus cohérente et plus juste. Et pourquoi ? Tout simplement parce que nous sommes les plus qualifiés pour le faire : nous sommes derrière les productions et les services qui font tourner cette société ! Nous ne voulons pas produire pour faire des bénéfices individuels mais pour réaliser des marchandises et des services de qualités. C’est la différence entre syndicalisme et capitalisme. Nous n’avons pas besoin des patrons pour gérer nos besoins. Le problème est que nous avons été éduqué à penser que nous ne sommes que des exécutants, des subalternes, des êtres inférieurs. En réalité nous avons pour nous nos expériences et nos savoirs-faire.

Alors organisons-nous pour recréer immédiatement des espaces de liberté et d’entraide... et pour préparer la Révolution.

Syndiquons-nous en masse !
"Il n'y a pas un domaine de l'activité humaine où la classe ouvrière ne se suffise pas"
Le pouvoir au syndicat, le contrôle aux travailleurs-euses !

http://www.syndicaliste.fr/
http://redskins-limoges.over-blog.org/
Avatar de l’utilisateur-trice
Pti'Mat
 
Messages: 260
Enregistré le: 19 Aoû 2011, 16:51
Localisation: Limoges - Occitània

Re: Le CSR, Courant Syndicaliste Révolutionnaire

Messagede berneri » 20 Jan 2013, 12:41

Alors ça a donné quoi ce meeting à l'Ageca?

sinon le côté "hors le syndicat" (CGT) point de salut , et il suffit de creer la coquille comme il faut et elle se rempli, commence à sentir le rance ... il y a un côté mécaniste et bourrage de crâne à la LO dans la propagande CSR....


j'hésite pour qualifier ça

Image

ou

Image
berneri
 
Messages: 380
Enregistré le: 20 Sep 2009, 19:58

Re: Le CSR, Courant Syndicaliste Révolutionnaire

Messagede altersocial » 20 Jan 2013, 12:50

berneri a écrit:j'hésite pour qualifier ça

Image

ou

Image


non, plutôt :

Image

:gratte:
Avatar de l’utilisateur-trice
altersocial
 
Messages: 1442
Enregistré le: 14 Juil 2012, 19:51

Re: Le CSR, Courant Syndicaliste Révolutionnaire

Messagede Pti'Mat » 21 Jan 2013, 17:11

Mais oui :clap:
"Il n'y a pas un domaine de l'activité humaine où la classe ouvrière ne se suffise pas"
Le pouvoir au syndicat, le contrôle aux travailleurs-euses !

http://www.syndicaliste.fr/
http://redskins-limoges.over-blog.org/
Avatar de l’utilisateur-trice
Pti'Mat
 
Messages: 260
Enregistré le: 19 Aoû 2011, 16:51
Localisation: Limoges - Occitània

Re: Le CSR, Courant Syndicaliste Révolutionnaire

Messagede Pti'Mat » 22 Jan 2013, 09:34

Introduction à la revue CSR Syndicaliste! N°42:

Les courants et sensibilités politiques longtemps hégémoniques (stalinisme, extrême gauche) dans le mouvement ouvrier accentuent leur crise : scissions, conflits internes, perte des repères de classe.

En parallèle, de plus en plus de militants se rapprochent des pratiques et des stratégies du syndicalisme révolutionnaire. Présenté encore il y a quinze ans comme un fossile, notre courant fait reconnaître aujourd’hui l’efficacité de ses outils : syndicats d’industrie, Bourse du Travail, etc.
Cette redécouverte ou ce retour du syndicalisme révolutionnaire ne peut être analysée comme un automatisme qu’il suffirait d’attendre. Car dans le même temps, le capitalisme continue sa destruction de l’Humanité. Une destruction faite de guerres, d’atteintes irrémédiables à l’environnement mais aussi de souffrances humaines et de désocialisation qui rendent d’autant plus difficile la construction du Socialisme.

Chaque équipe syndicale, mais aussi de chaque militant, doit prendre ses responsabilités. Il est plus que jamais nécessaire que chacun intègre son action individuelle dans une dimension collective, c'est-à-dire réfléchie et porteuse d’espoir.

Nous sommes engagés dans une course de vitesse avec l’extrême droite, sous ses différentes formes. C’est ce que n’ont pas su analyser nos camarades tunisiens et égyptiens. Le mouvement ouvrier international, gangréné par le nationalisme, n’a pas voulu apporter un soutien politique à ce que certains ont vite dénommé les « révolutions arabes ». Ces « révolutions » sont actuellement en train de se transformer en contre-révolutions préventives où la bourgeoisie s’allie aux courants politiques islamistes pour empêcher la vraie révolution, la révolution ouvrière. Les syndicalistes tunisiens et égyptiens ne disposaient que de leur seule expérience. Les erreurs qu’ils ont commises sont donc les mêmes que celles qui le furent en Iran en 1979 et en Palestine récemment. En déplaçant leur combat sur le terrain institutionnel, ils ont cédé l’initiative politique aux islamistes. Ils ont marginalisé, par leur propre action, le mouvement syndical qui avait pourtant déclenché une dynamique politique allant vers la construction d’un contre-pouvoir ouvrier. C’est donc leur stratégie erronée qui a contribué à briser l’élan révolutionnaire.

Cette erreur n’est pas propre au monde arabe. Nous la subissons dans chaque pays car nous ne sommes pas en capacité de mutualiser l’expérience historique et internationale du mouvement ouvrier. Le repli sur le terrain défensif et national nous empêche d’élaborer une stratégie offensive, et donc de sortir du cycle des défaites. Mais en acceptant la dérive nationaliste nous préparons également la victoire totale des nationalistes !

Nous avons donc besoin d’une organisation internationale capable de tirer des bilans pour produire des stratégies. Les organisations syndicales de masse, même celles qui se revendiquent de la « Révolution », sont polluées par leur dimension exclusivement nationale. Les internationales syndicales n’ont d’international que le nom. L’urgence est donc de construire une tendance syndicaliste révolutionnaire internationale qui servira d’outil de formation dans nos organisations syndicales. Cette organisation doit être active dans chaque localité, dans chaque profession, mais aussi dans chaque pays.

Car la Révolution ne sera ni corporatiste, ni localiste , ni nationaliste.
"Il n'y a pas un domaine de l'activité humaine où la classe ouvrière ne se suffise pas"
Le pouvoir au syndicat, le contrôle aux travailleurs-euses !

http://www.syndicaliste.fr/
http://redskins-limoges.over-blog.org/
Avatar de l’utilisateur-trice
Pti'Mat
 
Messages: 260
Enregistré le: 19 Aoû 2011, 16:51
Localisation: Limoges - Occitània

Re: Le CSR, Courant Syndicaliste Révolutionnaire

Messagede Kzimir » 22 Jan 2013, 14:14

En général je suis plutôt bienveillant à l'égard des CSR, mais si on a du mal à bosser entre orgas qui militons au même endroit et partageons à peu de chose près la même idéologie, je vois pas trop comment on peut espérer y arriver au niveau international. Avant de vouloir monter une internationale, ça serait cool que les CSR, les CL de la CGT, le groupe Autre Futur, et tout les groupes se revendiquant au moins partiellement d'un héritage syndicaliste révolutionnaire arrivent à s'entendre un minimum.
Kzimir
 
Messages: 782
Enregistré le: 13 Fév 2010, 17:15

PrécédenteSuivante

Retourner vers Syndicats, associations, mouvements sociaux

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun-e utilisateur-trice enregistré-e et 1 invité