Le CSR, Courant Syndicaliste Révolutionnaire

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Messagede Voline » 10 Aoû 2010, 13:01

Pour ce qui est du CSR je trouve au contraire que leur démarche est opposée à tout sectarisme dans la mesure où ils sont pour la réunification syndicale, un "front unique" sur des bases matérielles et non pas sur des bases idéologiques.

C'est vrai qu'entre le léninisme- trotskysme qui postule la prise de commande du syndicat par le noyautage, et son inféodation à un groupe "idéologique" (le parti) ; l'anarcho- syndicalisme qui se borne à faire du syndicalisme "entre anars" et donc est encore plus sectaire et avant- gardiste au final ; et le totoïsme et son "groupe afinnitaire" qui est la version "spontanéiste" de l'anarcho- syndicalisme, c'est à dire de l'activisme entre "anars'" mais sans structure formelle, donc avec des rapports de pouvoirs informels et donc encore plus durs à combattre ... entre tout ça on ne sort jamais de la minorité d'avant- garde regroupée sur des bases "idéologiques".

Pourtant, on observe que c'est surtout à la faveur de mouvement sociaux et d'occasions de pratiques et d'expériences de luttes qu'on forge ses opinions et sa radicalité, et pas franchement juste parce qu'on a lu un livre ou que l'idée semble "cool".
Je ne vois donc pas trop ce qu'il y a de sectaire dans une démarche de front unique et sur le fait de se baser sur des questions concrètes et d'avoir une formation progressive à la faveur de pratiques de lutte, dans le cadre d'un mouvement social.



édit admin : pour celles et ceux qui ne connaissent pas le CSR, lien vers leur site : http://www.syndicaliste.fr/
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Messagede ARTHUR » 11 Aoû 2010, 07:22

Bonjour,

SR moi-même et adhérent de la CNT-f, je trouve que le CSR "première période" était interessant dans la position transversale qu'il occupait quand il oeuvrait vraiment à la construction d'un courant au delà des adhésions conjoncturelles de chacun.
Le passage de plusieurs de ses membres fondateurs de la CNT-f, à SUD puis à la CGT les placent aujourd'hui dans un discours anti-anarchistes tournant parfois à l'obsession et une valorisation, à mon sens très exagérée, de la CGT organisation "naturelle" de la classe ouvrière qui les amène à avaler les couleuvres réformistes de la direction confédérale comme hier certains ont avalé, sur les mêmes positions, les couleuvres staliniennes.
Je regrette, pour ma part, les compte-rendus de congrès des différentes organisations syndicales qu'on pouvait trouvé dans leur journal et qui n'étaient pas sans rappeler les meilleures périodes de "la révolution prolétarienne". Apprécier Monatte n'oblige pas à reproduire ses égarements.

Fraternelles Salutations Syndicalistes.
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Messagede Voline » 11 Aoû 2010, 08:23

Pour ce qui est de leur "conduite" actuelle je sais pas, visiblement ils sont peu nombreux en France, pour ma part j'ai un camarade qui y est et je ne connais que peu de chose de leur "organisation", ceci dit la façon dont ils développent le concept d'"autonomie" est intéressante, elle a le mérite, selon moi, d'aider à comprendre que ce qu'on appelle souvent "toto" n'a rien à voir avec l'"autonomie" et que c'est un mot qui est surtout utilisé comme synonyme de "spontanéiste" ce qui n'est pas franchement la même chose.

La confusion entretenue entre "autonomie" et "refus des structures formelles" ou encore "spontanéisme" me fatigue un peu, je n'ai rien à reprocher au spontanéisme comme pratique (si l'on regarde l'histoire des tas de "mouvements spontanés" ont existé) mais comme idéologie sacro- sainte non seulement ça n'en est plus mais ça peut virer à l'anomisme, qui (comme on le sait) n'a rien à voir avec l'anarchisme mais plutôt avec le libéralisme et l'auto- organisation immanente et la "main invisible".

L'entretien de cette confusion chez des prétendus défenseurs de l'autonomie me désolait un peu et je trouvais que le SR avait des positions éclairantes sur le sujet qui méritaient d'alimenter un peu les différentes tendances : organisationnelles / non organisationnelles-groupeafinitaires c'est pourquoi j'en parle !
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Messagede ARTHUR » 11 Aoû 2010, 09:35

L'autonomie prolétarienne se résume souvent dans: "l'émancipation des travailleurs sera l'oeuvre des travailleurs eux-mêmes."
Beaucoup s'en réclament depuis la 1ère Internationale et que ce soit au travers d'organisations comme le syndicalisme ou des modes d'organisations plus conjoncturelles comme les Conseils, rares sont ceux qui ont pu, même de façon éphémère, le mettre en pratique.
Si chacun déjà développait ses conceptions sans devoir énoncer que l'autre a, à priori, tord on ferait un grand pas.
Mais il reste vrai, que pour cela, il faut éviter les confusions dans la définition des choses. A ce titre si Anarcho-syndicalisme et Syndicalisme-révolutionnaire sont bien évidemment différents, plus de choses les rapprochent que ne les séparent.

Fraternelles Salutations Syndicalistes.
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Messagede berneri » 11 Aoû 2010, 22:20

Je suis sympathisant CSR, sans adhérer à effectivement un discours qui fait de la CGT la pierre philosophale du syndicalisme. Mon engagement libertaire est indissociable de mon engagement social au sein du syndicalisme révolutionnaire, dans le meme sens que la lettre de pelloutier aux anarchistes. Oui il y a des écrits anti cnt ou anti anar excessif parfois. Mais il faut savoir supporter la critique les camarades surtout quand on est si exigeant envers les autres et aussi qu'on ne s'en dispense pas envers les autres!
Et il faut savoir en tirer même des elements pour avancer.
Sinon je suis plutot favorable comme le CSR à une reunification syndicale par la base du syndicalisme lutte de classe...
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Messagede ARTHUR » 12 Aoû 2010, 06:35

une reunification syndicale par la base du syndicalisme lutte de classe...


La réunification syndicale ne peut se faire que sur le plus petit dénominateur commun qui n'est certainement pas celui d'une lutte de classe ... révolutionnaire.
Le mélange des genres à donné l'Union Sacrée en 1914, et donné lieu à l'acceptation du pacte Germano-Soviétique pour les uns et la Charte du Travail pour les autres en 1940.
L'unité syndicale est un mythe encore bien plus grand que celui de la grève générale.
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Messagede berneri » 12 Aoû 2010, 09:05

La réunification syndicale ne peut se faire que sur le plus petit dénominateur commun qui n'est certainement pas celui d'une lutte de classe ... révolutionnaire.
Le mélange des genres à donné l'Union Sacrée en 1914, et donné lieu à l'acceptation du pacte Germano-Soviétique pour les uns et la Charte du Travail pour les autres en 1940.
L'unité syndicale est un mythe encore bien plus grand que celui de la grève générale
.

Je parle bien de reunification du syndicalisme lutte de classe pas d'unification de tout le syndicalisme...

Enfin tant de certitude, sur ce qui peut se faire ou pas, fait froid dans le dos. Je ne vois pas précisemment de quel mélange des genres Arthur nous parle, ou du moins ce que ces comparaisons contiennent comme sous entendu... mais je ne pense pas que la pureté idéologique soit un vaccin contre les derives qu'il évoque, comme l'histoire l'a d'ailleurs prouvé.
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Messagede ARTHUR » 12 Aoû 2010, 09:27

Je parle bien de reunification du syndicalisme lutte de classe pas d'unification de tout le syndicalisme...

C'était donc une mauvaise interprétation de ma part, sur cette base je suis d'accord, à la limite prêt que l'on peut considérer que la CGTU en 1921 était sur cette base et l'on connait ses dérives.

Enfin tant de certitude, sur ce qui peut se faire ou pas, fait froid dans le dos.

Où sont donc les certitudes ?
Je ne fais mention que de l'Union Sacrée que les anti-SR donnent comme preuve de la faillite du SR.
Quant-aux peu de SR de 1940, quelle voix ont-ils fait entendre, ceux de l'unité syndicale retrouvée comme ceux de la CGT-SR ne trouvant rien de mieux que de s'auto-dissoudre dans le néant ?

ce que ces comparaisons contiennent comme sous entendu...

C'est me faire un mauvais proces que de parler ici de sous-entendu. Je n'ai pas pour habitude de dissimuler ce que je pense.

la pureté idéologique

Toi seul parle de pureté idéologique, alors que je n'évoque que des ptratiques, des choix stratégiques ou tactiques.
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Messagede berneri » 12 Aoû 2010, 09:41

C'était donc une mauvaise interprétation de ma part, sur cette base je suis d'accord, à la limite prêt que l'on peut considérer que la CGTU en 1921 était sur cette base et l'on connait ses dérives.


C'est vrai mais on n'est pas en 1921

Où sont donc les certitudes ?
Je ne fais mention que de l'Union Sacrée que les anti-SR donnent comme preuve de la faillite du SR.
Quant-aux peu de SR de 1940, quelle voix ont-ils fait entendre, ceux de l'unité syndicale retrouvée comme ceux de la CGT-SR ne trouvant rien de mieux que de s'auto-dissoudre dans le néant ?


Là c'est moi qui a mal interprété alors....


C'est me faire un mauvais proces que de parler ici de sous-entendu. Je n'ai pas pour habitude de dissimuler ce que je pense.


ok dont acte


Toi seul parle de pureté idéologique, alors que je n'évoque que des ptratiques, des choix stratégiques ou tactiques.


Je ne voyais pas le rapport, la deduction que tu faisais de l'unité du syndicalisme lutte de classe et de la derive vers la charte du travail. J'en ai donc deduit que tu pensais qu'il fallait que les syndicalistes revolutionnaires aient une "chapelle" bien a eu, bien pure , pour se premunir des derives... apparemment nous nous sommes mal compris
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Messagede ARTHUR » 12 Aoû 2010, 11:22

C'est vrai mais on n'est pas en 1921

Quand on voit à la CGT, par exemple, qui se réclame aujourd'hui du syndicalisme de lutte de classe on peut tout de même s'interroger sur le lien que certains font entre Parti et Syndicat.

Je ne voyais pas le rapport, la deduction que tu faisais de l'unité du syndicalisme lutte de classe et de la derive vers la charte du travail. J'en ai donc deduit que tu pensais qu'il fallait que les syndicalistes revolutionnaires aient une "chapelle" bien a eu, bien pure , pour se premunir des derives... apparemment nous nous sommes mal compris


Je développe.
Je voulais dire que quand la voix du Syndicalisme Révolutionnaire ne représente pas un courant fort du syndicalisme elle est noyée par celles de ceux qui d'une manière ou d'une autre ne considèrent le syndicalisme que comme un rouage de l'Etat, ou momentanément du Parti. Je crois que les SR ont toujours eut des "chapelles" à l'interieur ou à l'extérieur du mouvement syndical majoritaire; que se soit au sein même de la CGT quand ils la conduisaient, qu'à la CGTU, dans l'autonomie et même à la CGT-SR, à la CNT, à FO ou dans la CFDT des années 70.

Je crois en effet qu"au sein d'une organisation rassemblant SR et AS, le SR peut faire la preuve de ce que la vieille CGT n'a qu'ébauché en seulement 15 ans de direction confédérale, sans avoir a batailler sans cesse contre les tenants de l'avant-garde du prolétariat.
Minoritaires parmi les minoritaires les SR doivent rafermir leur image et consolider leurs moyens d'actions avant de penser pouvoir être à l'origine d'une nouvelle impulsion révolutionnaire dans et par le syndicalisme.
Ce repli n'est que stratégique et n'empêche absolument pas l'unité d'action à la base entre des syndicats adhérents de confédérations différentes mais en accord sur les objectis ou les moyens. Il n'a pas pour but de se protéger de "dérives" mais simplement de se donner les moyens de la différence.
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Messagede berneri » 12 Aoû 2010, 16:44

Je ne suis pas sûr que faire de l'huile essentielle SR soit la meilleure ni la seule voie... (c pour rire un peu , on peut?). Par contre ce qu'il faut c'est ne pas passer notre temps à nous affronter entre SR, AS ou libertaires... on n'a pas encore inventée une revue transversale qui sortirait de la defense des dogmes et des chapelles pour tirer partie de ce qui se fait, des enseignements des luttes et des pratiques, analyser et comparer des expériences...
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Messagede ARTHUR » 12 Aoû 2010, 17:29

on n'a pas encore inventée une revue transversale qui sortirait de la defense des dogmes et des chapelles pour tirer partie de ce qui se fait, des enseignements des luttes et des pratiques, analyser et comparer des expériences...


le journal du CSR, était très bien pour cela (bien qu'un peu moche et terne dans sa de mise en page) avant que ces camarades oublient la transversalité pour mettre tous leurs oeufs dans le même panier ( ... de crabes).
Notre syndicat en proposait toujours des exemplaires sur les tables de son service librairie et nous défendions cette transversalité devant nos camarades Cénétistes qui parfois nous contestaient cette "ouverture". C'est devenu impossible à partir du moment où chaque page (ou presque) attaquait les anarcho-syndicalistes ou la CNT-f; car si la critique est acceptable, le dénigrement systématique ne l'est plus.
Lors de la manifestation internationale d'I07, organisée par la CNT-f, notre fédé Construction a invité les camarades du CSR de notre industrie à participer à nos débats. Si en retour nous n'avons pas eut de réponse à nos propositions de travail commun, nous avons pu constater que le compte-rendu qui en était fait dans "Syndicaliste" portait la critique au-delà de la relation fraternelle que peuvent attendre des camarades partageant un dessein commun, a défaut d'utiliser les mêmes outils.
Considérant que l'unité reste cependant un objectif à réaliser, notre fédération relancera des invitations à toutes les fédérations et syndicats d'industrie du BTP, pour participer au rassemblement contre les accidents et la mortalité au travail qu'elle prépare pour le dernier trimestre 2010.
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Messagede berneri » 12 Aoû 2010, 17:55

le journal du CSR, était très bien pour cela (bien qu'un peu moche et terne dans sa de mise en page) avant que ces camarades oublient la transversalité pour mettre tous leurs oeufs dans le même panier


Là , je suis plutôt d'accord
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Re: Le CSR, Courant Syndicaliste Révolutionnaire

Messagede bipbip » 24 Juin 2011, 00:52

Journées formation/débat des CSR les 15 et 16 juillet 2011

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Journées formation/débat des CSR des 15 et 16 juillet 2011

Nous avons participé à une lutte généralisée à un niveau interprofessionnel, telle que nous n’en avions pas connue depuis plusieurs décennies, avec la mobilisation de nombreux travailleurs du secteur privé. Des millions d’entre eux sont entrés ponctuellement ou durablement dans l’action. L’adversaire était isolé, discrédité, surpris et a démontré de réels signes d’inquiétude. Et pourtant nous avons perdu cette bataille.

L’ampleur de cet échec doit nous amener à nous interroger sur nos carences. Il est désormais impossible de reprendre la petite routine militante et notre train-train quotidien sans prendre le temps de réfléchir aux racines profondes de nos faiblesses, pour en tirer les leçons qui s’imposent. C’est d’ailleurs la tâche la plus importante. Il serait tout aussi facile de renvoyer la responsabilité de la défaite sur telle organisation ou sur tel responsable syndical. Car la responsabilité est collective.

Cependant, dans cette période de repli tactique après la défaite, le syndicalisme confédéré de classe doit désormais jouer son rôle d’organisateur pour repartir au plus tôt à l’attaque. Cela passe par une prise de conscience de notre crise organisationnelle et stratégique.

Ces derniers mois les CSR ont renforcé leur influence. Nos analyses sont sorties avec plus de crédit après la lutte pour la défense des retraites. En effet, elles sont apparues cohérentes avec les forces et les faiblesses du mouvement syndical, telles qu’elles se sont exprimées dans la mobilisation.
Depuis, les CSR ont connu un nombre inédit d’adhésions et de contacts depuis leur création.
De nouveaux comités sont donc en train de se constituer.

L’enjeu est désormais d’accélérer le développement de notre tendance afin de lui donner une influence de masse. La reconstruction d’une confédération de classe passe nécessairement par l’élaboration et la diffusion d’une stratégie révolutionnaire, intégrée à la vie réelle et aux luttes concrètes de notre classe.

Comme chaque année, les CSR organisent des rencontres de militants syndicalistes en été.

Ces deux journées de débat et de formation rassembleront des dizaines de militants venus de France mais aussi d’autres pays. Elles sont ouvertes à tous ceux qui, militants des CSR ou non, veulent renforcer leur formation, leur efficacité militante et ouvrir des perspectives anticapitalistes.


Les thèmes des journées de formation :
L’accueil démarre le vendredi 15 juillet dans la matinée afin de pouvoir participer à la totalité des travaux des deux journées de formation.

Vendredi 15 juillet

. Unions Locales et sociabilité ouvrière


Samedi 16 juillet

. Syndicalisme d’industrie
. La tendance révolutionnaire : quelles leçons à tirer aujourd’hui à partir de l’histoire de la construction des CSR en 1920 ?


Pour les modalités et informations concrètes d’inscription et d’accès, envoyez un message à :

syndicalistes[@]gmail.com



http://www.syndicaliste.fr/
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Re: Le CSR, Courant Syndicaliste Révolutionnaire

Messagede Pti'Mat » 20 Aoû 2011, 11:05

Ralala Arthur... qu'elle mauvaise langue tu fais quand même. Alors comme ça on aurait des propos « anti-anar » ? Je pense qu'il va falloir remettre les choses au clair pour les camarades de ce forum qui ont quand même la gentillesse de relayer les infos de ce CSR « anti-anar » (merci au passage).

Je vais exposer notre vision de l'Anarcho-Syndicalisme. Ca va être un peu long car la période décrite est assez comparable à celle que nous traversons depuis 20 ans. C'est pourquoi son étude est riche d'enseignements afin de comprendre paradoxalement à premier abord, de voir des militants se replier sur leurs petits appareils tout en revendiquant très haut une appartenance philosophique.

Dans les rares débats qui agitent le mouvement syndical, les étiquettes prennent souvent le dessus sur les vraies réflexions stratégiques: « gauchiste », « altermondialiste », « marxiste », « réformiste », « libertaire »,... Ces notions sont d'autant plus utilisées qu'elles ne sont pas définies. On assiste donc à un discours de sourds qui laisse de côté la vraie dimension politique, c'est à dire un débat entre stratégies syndicales.
Il ne s'agit pas pour nous de dénoncer un courant syndical « rival » mais de mettre en garde contre la reproduction d'erreurs déjà constatées à de nombreuses reprises.
Le fait de construire une confédération autonome ne constitue pas en soit une erreur stratégique. A certains moments, des militants SR peuvent être contraints d'impulser une telle démarche, que cela soit en raison d'expulsions bureaucratiques massives ou de blocages internes (centralisation à l'exemple de la CFDT vers 1980). Mais dans une situation où la bataille peut être menée et gagnée dans une confédération, rien ne justifie alors une scission. Nous devons donc mettre en garde contre les justifications idéologiques qui seraient utilisées afin de couvrir une telle scission. Actuellement, l'existence de Solidaires est justifiée au nom d'une référence « altermondialiste » alors que celle de la CNT l'est au nom d'une référence « libertaire ». A certains moments de l'histoire ce fut l'étiquette « syndicaliste révolutionnaire » qui fut utilisée avec le même objectif. En 1924, la fédération CGT-U du bâtiment et d'autres syndicats quittent la CGT-U en se revendiquant d'une démarche SR pourtant en complète contradiction avec la stratégie SR basée sur l'unité organique de la classe.

La dérive anarcho-syndicaliste ne repose absolument pas sur une nature philosophique. La référence à la pensée libertaire ne fut utilisée (usurpée) qu'après coup comme justification à la scission.
L'anarcho-syndicalisme est un phénomène purement syndical et d'ailleurs nous verrons que la plupart des dirigeants AS ne viennent pas du mouvement libertaire mais plutôt de la social-démocratie SFIO/SFIC. C'est la question du Front Unique qui a produit la réaction AS.
A partir de 1920, l'Internationale Communiste (IC) engage un débat sur la stratégie syndicale. La plupart de ses partisans, adhérents des différents PC, se positionnent en faveur de la création de tendances SR au sein des confédérations réformistes majoritaires. Ils ne font que reprendre le contenu de la Charte d'Amiens. C'est alors que des dirigeants SR se sentent menacés de perdre certains de leurs postes. Partisans la veille de l'IC, ils combattent subitement les « fractions communistes » dans les syndicats qui la plupart du temps n'existeront pas avant la politique de « bolchévisation » des PC entre 1924 et 1925. D'ailleurs, les partis communistes sont entre leur création et leur bolchévisation à majorité anarchiste et SR.

Le syndicalisme révolutionnaire éclate en 3 tendances lorsque la tendance institutionnelle de la CGT choisit de provoquer la scission en excluant les syndicats favorables au CSR (voyant que la CGT allait être totalement entre les mains des SR). Les exclus créent la CGTU en 1921. Les anciens de la « Vie Ouvrière » sont vite exclus du PCF. Ils renouent rapidement avec la stratégie SR traditionnelle. Deux autres tendances émergent. La deuxième à arriver historiquement est les « syndicalistes-communistes », qui comprend la bolchévisation sur le schémas léniniste du syndicalisme mais nous n'en parlerons pas là. La première déviation apparaît en 1921, elle prend tout d'abord le nom de « syndicalistes purs » avant de s'aligner sur le nom que ses homologues espagnols se sont choisis: « anarcho-syndicalistes ».
En France cette tendance est principalement influente dans la fédération du bâtiment. Ses partisans estiment que le syndicalisme révolutionnaire doit rompre avec l'indépendance syndicale et doit s'inspirer de l'idéologie anarchiste. Ils choisissent de se démarquer de la Charte d'Amiens et d'affronter ouvertement l'Internationale Communiste dont beaucoup de ses membres sont issus. L'apparition de cette tendance en France, qui n'existait alors pas dans le mouvement syndical international, est une réaction à la stratégie de Front Unique. La tendance anarcho-syndicaliste rejette l'unité syndicale. Ses dirigeants veulent préserver la direction des organisations qu'ils contrôlent. La stratégie de Front Unique, défendue par l'IC et l'ISR jusqu'en 1930, mais aussi historiquement par la Charte d'Amiens, apparaît donc pour eux comme une menace. Ils vont justifier la scission au nom d'une référence philosophique du syndicalisme.
En 1921, les « syndicalistes purs » français poussent à la scission dans la CGT et font donc le jeu des réformistes organisés autour de Jouhaux.
En 1924, une fois que la CGTU s'est définitivement affiliée à l'ISR, ils poussent une nouvelle fois à la rupture. Ils quittent la CGTU pour constituer l'Union Fédérative des Syndicats Autonomes (UFSA). Certains d'entre eux iront jusqu'à construire une nouvelle confédération explicitement libertaire: la CGT-SR. Nous allons préciser ça après.

L'AS va rapidement s'effondrer en France et pourtant les dirigeants de cette tendance disposaient d'une large influence dans la CGT. Mais leurs adhérents ne les suivent pas dans leur stratégie. En 1924, environ 40.000 adhérents organisés quittent la CGTU en dénonçant la « prise en main par le PC » mais la plupart d'entre eux restent structurés sous forme de syndicats autonomes majoritaires dans certaines professions, ils ne rejoignent pas la CGT-SR de 1926. Ils restent fidèles à certaines pratiques SR et conservent une implantation locale importante grâce au respect de l'indépendance syndicale et grâce à leur participation aux Bourses du Travail et UL. Leur dérive AS ne sera pas durable puisque dès 1930, ils soutiennent la dynamique de réunification syndicale et rejoignent la CGT en 1936.
Seuls quelques milliers d'adhérents suivent les AS jusqu'au bout de leur logique. La CGT-SR ne regroupe très vite plus qu'un millier d'adhérents. L'échec de l'implantation AS sera confirmée en 1946 avec l'impossibilité de la CNT française à exister malgré une situation très favorable (collaboration de la CGT au sommet de l'Etat, présence des exilés espagnols).
Les raisons de cet échec sont profondes. Le prolétariat français tient à l'indépendance du mouvement syndical, ce qui oblige les courants hostiles à la Charte d'Amiens à intervenir discrètement sous forme de fractions clandestines. L'AS, lui, assume ce choix ouvertement, il recrutera donc avant tout des individus sans grande conscience de classe ou des militants désillusionnés qui cherchent un refuge intellectuel pour palier à leur propre démoralisation.

Mais l'AS est surtout dirigé par de petits bureaucrates locaux, le plus souvent sans passé syndical. Leur ralliement à l'anarchisme n'est que superficiel et ne vise qu'à se démarquer et à justifier la scission avec les syndicalistes de classe. Ils usurpent l'identité libertaire en quelque sorte. C'est le moment de parler du « Pacte » des syndicalistes-purs, lorsqu'ils scissionnent de la CGTU.
C'est en 1921 que de jeunes dirigeants SR constituent une fraction clandestine, « Le Pacte », sensé défendre la pureté du SR français. En mai 1921, ils profitent de l'emprisonnement des responsables du CSR (tentatives de grèves insurrectionnelles) pour s'infiltrer dans le Comité Central du CSR. Ils vont pousser la CGT à la scission. Leur manoeuvre leur permet momentanément de se retrouver à la direction de la Commission Administrative provisoire de la nouvelle CGTU.
Immédiatement, avec les AS allemands, ils tentent de saboter l'ISR favorable au front unique. Ils le font sans mandat, ce qui provoque le mécontentement auprès des syndiqués et par conséquent leur isolement. Leur manoeuvre échoue lamentablement et au congrès de la CGT à Saint-Etienne en juin 1922 ils sont largement mis en minorité. Leur influence ne cesse alors de se réduire, ce qui les amène à engager une scission en 1924 afin de préserver les quelques organisations qu'ils contrôlent.

En 1924, ils fondent alors UFSA, puis avec un échec cuisant ils créent la CGT-SR en 1926 avec 3000 adhérents, pensant que reprendre le sigle CGT et SR leur donnerai de l'influence et du recrutement. Deux ans plus tard il en restera à peine un millier dans toute la France. Pas la peine d'expliquer pourquoi je pense que vous avez saisi.
Néanmoins il faut étudier le phénomène en profondeur, s'intérésser au parcours de ces « syndicalistes-purs/anarcho-syndicalistes ». Comment se référer au SR et à la charte d'Amiens tout en impulsant une division organique au sein de la classe ouvrière ?
La contradiction fut vite dépassée par une pirouette, la production d'une nouvelle théorie syndicale: l'AS.
Aujourd'hui le CSR est souvent accusé de tenir des propos anti-anarchistes... Arthur semble continuer ce dénigrement. Notre organisation rassemble pourtant des camarades qui au niveau individuel se reconnaissent personnellement dans l'anarchisme. Nous affirmons que combattre politiquement l'anarcho-syndicalisme ne signifie pas s'attaquer à l'anarchisme. Il est important de comprendre cet élément car sinon on en reste à une confusion politique qui verrait dans l'AS l'expression de l'anarchisme dans le domaine syndical. Or rien n'est plus faux.

J'ai déjà dit que jusqu'en 1920 l'AS n'existe pas. La grande majorité des anarchistes, ouvriers (car les autres courants, individualistes et plate-formistes sont plutôt une composante de classe moyenne d'époque et ne constituent pour le premier que des anti-syndicalistes et pour le deuxième du léninisme version noir suivant la position de Malatesta) sont ralliés à la stratégie SR. Tout en se référent individuellement à l'anarchisme en dehors du syndicat, ils acceptent l'indépendance politique de celui-ci afin d'unifier la classe dans une dynamique révolutionnaire.
C'est dans ce contexte que l'AS va apparaître. On retrouve donc ses origines dans le « Pacte » qui vise à prendre la direction du CSR puis de la CGTU sous forme de fraction clandestine.
On peut d'ailleurs y lire au travers des 11 articles:
Article 7: « Nous nous engageons à oeuvrer par tous les moyens en notre pouvoir pour qu'à la tête et dans tous les rouages essentiels du CSR, principalement à la tête de la CGT, quand elle sera en notre pouvoir et sous notre contrôle, nous assurions l'élection, aux postes les plus en vue et responsables, tant au point de vue des conceptions théoriques qu'à celui de l'action pratique, des camarades purement SR, autonomistes et fédéralistes. »
Drôle de conception du fédéralisme et de la démocratie ouvrière ! On reprochera aux membres du PC ce que l'on a pratiqué soi-même auparavant. Et si cette pratique de fraction n'était pas assez clair, l'article 10 précises les choses: « toute critique qui pourrait surgir sur des personnes ou des idées du Comité (le Pacte) doit être formulée au sein du Comité et rien ne doit transpirer ».
L'article 6 précise lui que les membres du Pacte « représentent individuellement et collectivement le Syndicalisme Révolutionnaire ». Arrêtons-nous alors à ces « syndicalistes-purs » avant de s'appeler « anarcho-syndicalistes ». Ils prennent en effet la direction du CSR puis de la CGTU trouvant les vieux SR de la « Vie Ouvrière » emprisonnés pas SR à leur goût, mais regardons de plus près leurs états de services dans le syndicalisme de lutte...
Il y a parmi ces « syndicalistes purs » une poignée de vétérans SR désabusés. Mais on y trouve surtout des novices et des combattants de dernière minute qui rejoignirent le CSR lorsque celui-ci rassemblait 15000 militants et apparaissait comme étant « l'organisation la plus influente et apte dans le mouvement ouvrier français » (Lénine).
L'illustration la plus parlante est la figure de Pierre Besnard, le porte-parole immuable de l'AS français. Il entre dans les chemins de fer en 1909 mais met un certain temps avant de militer dans un secteur qui est pourtant à l'époque un des principaux bastions SR et en perpétuelle ébullition. On a une trace de son militantisme qu'à partir de 1919 et c'est en 1920 qu'il se fait remarquer comme candidat à tous les postes de direction syndicale: secrétaire intérimaire de la commission permanente du bureau mixte des syndicats cheminots parisien, membre de la CE fédérale. En mai 1921, il profite de l'arrestation de Monatte et des militants les plus influents du CSR pour se proposer comme secrétaire général du Comité Central CSR. A cette date on ne connait rien encore de son adhésion à l'anarchisme.
Mais quand on se penche sur les 18 autres signataires du Pacte c'est encore plus étonnant. Varlot, Maison, Ferrand, Macheboeuf, Bisch, Churin et Marie sont sans apssé syndical connu. Henri Jouve devient membre du CC du CSR en octobre 1920 mais son activité syndicale avant cette année ne laisse aucune trace. Pothion ne donne trace de son militantisme qu'en 1917, à l'age de 31 ans, il devient membre et permanent du CC du CSR. Même profil pour Léon Scheiber, militant après-guerre, à plus de 30 ans, tout aussi permanent du CC du CSR en juillet 1921. Verdier et les autres attendent un age très avancé avant de se syndiquer. On peut donc regretter que ces « syndicalistes purs » ne l'aient pas été pendant la guerre quand il fallait affronter la répression.
Ces militants « purs » sont relativement peu nombreux. Ce qui va expliquer la facilité avec laquelle ils se voient marginaliser dans les congrès fédéraux et confédéraux de la CGTU. L'histoire de l'AS français pourrait donc être étudiée à travers le parcours de ses dirigeants puisque l'influence repose intégralement sur eux. Presque aucun ne reste à la CGT-SR après 1928... devinez où ils vont ? A la CGT ! Etonnant quand on se rappelle que ce sont eux qui ont poussé à la scission en 1921 en estimant qu'il était impossible de cohabiter avec les réformistes et les « communistes ». Tout cela n'est pas très logique sauf si la scission de 1921 avait pour objectif de créer un appareil et de s'y maintenir à sa tête... qui fut perdu dès 1923... obligeant les dirigeants au final à retourner dans l'appareil CGT de base, voyant qu'on ne pouvait être aux rennes d'une organisation fantôme sans activité ni impact.

Donc dès ses débuts, l'AS est un mouvement autonome par rapport à l'anarchisme et il le restera pendant 20 ans. Dans les congrès de l'Union Anarchiste, seule une très faible minorité de militants sont favorables à la syndicalisation à la CGT-SR. Ce sont les militants anarchistes qui, les premiers acquis au SR, condamnent la dérive anarcho-syndicaliste.

L'étiquette « anarcho-syndicaliste » est donc un lourd handicap pour un militant qui veut construire une organisation de masse (ce qu'à vocation à être un syndicat).
En se revendiquant de l'anarchisme, l'AS introduit la logique partisane au sein du syndicalisme... au sein d'une classe qui n'est pas prête, qui est traversée par divers niveaux de conscience et qui changent constamment. Cette conception affinitaire du syndicalisme est facteur de scission et de crises internes à répétition. La conscience de classe a été remplacée par l'appartenance idéologique et les logiques de pouvoir personnel.
L'AS porte donc en lui son incapacité à se développer durablement et à proposer une stratégie anticapitaliste basée sur l'unité de la classe. Sa stratégie repose sur la construction d'un appareil autonome qui n'a d'autres perspectives que de survivre. On comprendra alors mieux les raisons pour lesquelles les AS basculeront régulièrement dans des politiques opportunistes et contre-révolutionnaires dans les pays où ils conserveront une influence: intégration au Front Populaire en Espagne et en Corée, soutien à des régimes autoritaires en Bolivie et Pologne,...
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