Le CSR, Courant Syndicaliste Révolutionnaire

Re: Le CSR, Courant Syndicaliste Révolutionnaire

Messagede digger » 18 Avr 2012, 20:05

J’ai quelques questions à poser. Et quelques réflexions .
Plutôt à Arthur ou P’tit Mat qu’à Mimosa Rouge, le temps qu’il répare la durite qui a pété)

Sache que malgré les incompréhensions et désaccords qui peuvent s'exprimer dans un échange virtuel il nous semble toujours important de rappeler, qu'appartenant à une même classe, que cet échange doit demeurer fraternel. C'est une forme d'expression de respect entre camarades qui fait notre éthique


(Arthur)

C’est une éthique que je partage et qui devrait être un sujet de réflexion pour toutEs celles et ceux qui se revendiquent du mouvement révolutionnaire.

Maintenant, je partage l’idée suivante de Kuhing (et anarchiste, plus globalement)

Quant aux "conseils" , je suis personnellement opposé au principe du "délégué" soit-disant "élu et révocable à tous moments" qui va prendre des décisions d'orientation pour tout le monde ( principe bolchevik également )
ça ne fonctionne pas.
Le plus loin que l'on puisse aller pour éviter la bureaucratisation est le mandat impératif sur des tâches très concrètes décidées par la collectivité, tâches tournantes et donc limitées dans le temps.


Quelle est la position des SR, ou les réserves quant au mandat impératif ? Il me semble une barrière indispensable contre les dérives occasionnées par des personnes qui confondent "responsabilité" et "pouvoir"
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Messagede Pti'Mat » 30 Avr 2012, 10:17

(tract 4 pages CSR.)

Quel que soit le futur président, l'avenir qu'on nous réserve est déjà tracé : plan d'austérité, pauvreté, précarité généralisée, baisse des prestations sociales et des services publics (Santé, Éducation...).
Il est plus que temps que nous, prolétaires (ne bénéficiant que de notre force de travail pour vivre), reconstruisions le syndicalisme de classe et de masse pour défendre nos intérêts et construire une société réellement socialiste.

Pour y parvenir, il nous faut :

► Revitaliser les syndicats en formant les syndiqués à être les acteurs réels de l'action syndicale, garants de sa démocratie interne et donc de l'élaboration de ses revendications et de sa capacité de lutte.
► Constituer des sections syndicales partout où les salariés existent, notamment parmi les précaires et les chômeurs, afin que tous les prolétaires soient unis et reliés à leur outil de classe : le syndicat.
► Fédérer tous les salariés selon leur secteur d'activité et éviter le patriotisme d'entreprise qui divise les salariés.
► Fusionner les différentes confédérations syndicales se réclamant de l'anticapitalisme en une seule afin d'être plus efficace.
► Créer des coopératives ouvrières de production et de distribution, pour servir de modèle aux salariés, leur prouver qu'ils peuvent gérer leur production, et lutter contre la pénurie conséquente à la crise de capitalisme.
► Utiliser les locaux syndicaux pour y organiser des fêtes, des formations, du sport populaire, de l’entraide ; pour redonner à notre classe une véritable culture et ainsi nous libérer de l'abrutissement dont nous sommes victimes
depuis des décennies (consommation, croissance économique, virtualité du bonheur sur le modèle de la bourgeoisie, etc.)

Situation morose et avenir incertain...

Le pouvoir d’achat des travailleurs baisse constamment. Le chômage s’étend dans les quartiers. La précarité remplace les CDI... La protection sociale se dégrade un peu plus chaque jour. Les lendemains qui déchantent sont dans beaucoup d'esprit. Et ce ne sont pas les grandiloquentes promesses d'espoirs et de bonheur proférées lors des élections politiques qui vont nous rassurer. La montée inexorable d'un ras le bol s'exprime par l'abstention et le vote identitaire, quitte à donner sa voix aux pires démagogues.
Parallèlement, les patrons et leurs médias nous affirment qu’il faut faire des sacrifices pour sortir notre pays de «la crise». Le discours est toujours le même : les sacrifices imposés seront récompensés par la suite...
En attendant, faites confiance aux spécialistes qui gèrent si bien nos vies et disposent si gracieusement de nos avenirs...

Vous y croyez, vous, au capitalisme ?

Ce discours on l’entend depuis des décennies... On promet toujours aux travailleurs que la situation va s’améliorer. Mais en échange il faut accepter la galère quotidienne et de nouveaux sacrifices.
Il n’y a pourtant pas de «crise du capitalisme», cela est un mythe ! Tous les ans, le PIB (les richesses produites en
France) augmente massivement (1% de croissance du PIB signifie environ 20 milliards d'euros en plus). Alors où
passent ces nouvelles et constantes richesses ? Dans les poches des capitalistes !
Car le capitalisme ne peut se maintenir qu’en augmentant constamment ses profits. Ces profits servent à rémunérer les capitaux, qui s’accumulent et demandent toujours plus de profits. C’est cela le capitalisme, un cercle vicieux ingérable ! Et c’est pourquoi il n’est pas réformable ! Mais n’empêche, on nous promet moins de guerres, moins de pauvreté et de chômage, moins de destruction de
l’environnement...

Mais les capitalistes ne peuvent réaliser ces promesses illusoires, car pour cela il faudrait construire une autre société ! Une société basée sur le travail collectif et non pas sur l’exploitation du travail du plus grand nombre par
quelques nantis. En plus, la bourgeoisie est non seulement égoïste, mais elle est aussi incompétente, preuve en est les régulières crises, éclatement des bulles spéculatives, faillites des banques et absences d'alerte des agences de notation, pourtant censées les prévenir...
Cette incompétence qui conduit nos pays à connaître des mesures d'ajustement structurels identiques à ceux qu'ont connu les pays en soit-disant voie de développement des années 1980, austérité, chômage massif, précarité
généralisée, casse des services publics et baisse drastique des aides sociales.
Ces conséquences sont logiques, et inéluctables : la bourgeoisie n’a pas la culture du travail, elle a la culture du
chiffre. Et il lui faut toujours plus de gros chiffres !
On met donc notre avenir et celui de nos enfants entre les mains de ces incapables. Les politiciens appartiennent
à cette classe sociale et défendent donc leurs copains les patrons.

Alors qu’est ce qu’on fait ?

La situation peut vite changer mais il faut que chaque travailleur prenne ses responsabilités. Nous sommes plus
intelligents que les bourgeois car nous savons comment produire les richesses et gérer les services publics. Alors, pour se passer d’eux, il suffit de s’organiser. De ne plus avoir peur chacun dans son coin.
Car nous savons tous que nous ne vivons pas dans une réelle démocratie, le peuple n'étant pas souverain sur les décisions économiques et financières. Preuve en est l'austérité qui nous frappera sitôt l'élection présidentielle passée, que ce soit la Droite ou la Gauche qui l'emporte.

Il nous faut donc avoir le courage d’agir. Et ce courage ne peut être individuel ! Ensemble, nous pouvons construire une société débarrassée de la logique capitaliste, de la recherche infinie de la croissance et du profit, de l'incompétence sociale et des promesses mensongères.
Cette affirmation n'est pas utopique, le système collectif marche mieux que le chacun pour soi, comme en témoigne l'existence de la Sécurité Sociale.

La Sécurité Sociale, exemple concret du pouvoir ouvrier

L'exemple le plus significatif de cette intelligence de la classe prolétaire est la création de la Sécurité Sociale en 1945, imposant qu'une partie conséquente du salaire soit socialisé (la cotisation, et non les «charges», comme les médias faiseurs d'opinion ne cessent de l'asséner). Ce système collectif imposé en 1945 - lorsque les organisations ouvrières étaient radicalisées par la Résistance, que les organisations patronales et réactionnaires s'étaient déconsidérées par leur soutien au fascisme et au nazisme – a permis de financer les retraites, les allocations
familiales, l'assurance maladie, les allocations chômage. Ce système de contrôle ouvrier n'a cessé depuis sa
création d'être attaqué par la bourgeoisie - Gauche et Droite confondue-, au nom de la compétitivité, de la concurrence libre et non faussée, des dogmes libéraux, des accords interna-tionaux...
C'est pourtant ce système collectif et véritablement anti-capitaliste, qui a évité que des centaines de milliers de
Français ne sombrent dans la pauvreté et le dénuement lors du krach boursier de 2008, à la diffé-rence de millions de salariés d'autres pays.

Il faut donc se syndiquer

Le syndicat est le seul lieu de démocratie dont nous disposons. En effet, à la différence du système de démocratie
représentative vanté par la bourgeoisie, consistant à désigner des représentants qui, une fois élus, sont sous contrôle des intérêts financiers, le syndicalisme des principales confédérations françaises se réfère au fédéralisme. Le fédéralisme garantit l'indépendance des sections de base, et permet donc un contrôle constant
et décisif des syndiqués sur leurs représentants. Fondamentalement, le syndicalisme établit une véritable
démocratie directe, à condition bien évidemment que les syndiqués se (re-)saisissent de leurs droits en
contrôlant leurs représentants, et en évinçant les bureaucrates et autres technocrates donneurs de leçons,
appartenant plus à la bourgeoisie qu'à la classe ouvrière qui, de plus en plus, dénaturent l'organisation syndicale... En témoignent l'actuelle auto-désignation du successeur du secrétaire général de la CGT, ou l'existence de conseillers spéciaux de certains secrétaires généraux, qui n'ont pas été désignés par un congrès...

Le syndicat doit donc retrouver le plus rapidement possible sa véritable nature : défendre immédiatement les intérêts des travailleurs, mais aussi construire l'alternative au capitalisme en réactivant des pratiques de solidarité et de fraternité.
En effet, quand la CGT s’est créée, elle avait pour objectif de renverser le système capitaliste et de gérer le
Socialisme. Il faut faire revivre cet objectif. Ce n’est pas un rêve renvoyé à plus tard, de beaux discours de politiciens...
L’action syndicale, c’est le Socialisme qui se construit immédiatement. C’est l’action concrète !

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Re: Le CSR, Courant Syndicaliste Révolutionnaire

Messagede Pti'Mat » 30 Avr 2012, 10:57

C'est un sujet fort complexe digger, la question du "délégué", sous quelle forme, dans quel contexte, pour quel contrôle etc... c'est la question même qui est à l'origine de l'éclatement des révolutionnaires dans le camps du soicalisme. Néanmoins, les SR, dont le courant est quand même très imprégné par le milieu libertaire il est clair que nous sommes d'accord avec "Le plus loin que l'on puisse aller pour éviter la bureaucratisation est le mandat impératif sur des tâches très concrètes décidées par la collectivité, tâches tournantes et donc limitées dans le temps." Le mandat impératif étant le mandat le plus stricte mais pas le plus intelligent. Je considère que le mandat le plus intelligent est le mandat semi-impératif.
Mais, sans parler à la place du camarade Arthur, les SR considèrent que le délégué "élu et révocable" n'est pas en contradiction avec ce que tu dis, au contraire, c'est le complément. Pour nous, la délégation n'est rien de plus qu'un outil de structure, un outil pratique, un relai. La question ne repose pas tant sur les pouvoirs du délégué mais plutôt sur le pouvoir et le contrôle que la base doit exercer sur le délégué. Notre but en tant que SR est de tout mettre en oeuvre à la base, en terme de structure et de formation pour éviter le dérapage. La délégation ensuite coulera toute seule selon la ligne que l'on veut qu'elle respecte.

Pour être plus clair et simple, en tant que SR, je considère que la forme de la société future sera déterminée par la forme de la Révolution. Autremendit, une révolution amenée par un parti ou une organsiation politico-phylosophique (c'est à dire affinitaire et avant-gardiste dans sa structure organique, qu'elle soit socialiste, communiste ou anarchiste) ne pourra qu'amener une société loin de la démocratie directe, l'autogestion, bref loin de notre idéal.
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Re: Le CSR, Courant Syndicaliste Révolutionnaire

Messagede ARTHUR » 30 Avr 2012, 12:45

Désolé de voir la question de Digger si tard et donc d'y répondre seulement maintenant.

je suis personnellement opposé au principe du "délégué" soit-disant "élu et révocable à tous moments" qui va prendre des décisions d'orientation pour tout le monde ( principe bolchevik également )
ça ne fonctionne pas.
Le plus loin que l'on puisse aller pour éviter la bureaucratisation est le mandat impératif sur des tâches très concrètes décidées par la collectivité, tâches tournantes et donc limitées dans le temps.


Sans esprit pinailleur je dirai que cette question demeure fort théorique, en effet, parlons nous ici:
- de Délégués du Personnel (élus par les salariés) ou de Délégués Syndicaux (désignés par la section syndicale elle même sous la responsabilité juridique du syndicat) dans les négociations ordinaires (réunions DP, CE, Négociations annuelles) ou extraordinaires (grèves) ?
- de Représentants syndicaux dans des structures paritaires ?
- de délégués du syndicat dans des instances internes à l'organisation (congrès confédéraux, fédéraux, régionaux, professionnels) ?
- de délégués dans des intersyndicales ou comités divers d'organisations syndicales, politiques, associatives ?

Pour ce qui concerne le SUB:
- nos délégués ont un mandat fermé dans les négociations avec le patronat et une rotation obligatoire des délégués (pour les situations de conflits) si ces négociations doivent avoir plusieurs cessions.
- Nos délégués ont un mandat ouvert dans les réunions internes à l'organisation, car ces moments sont des moments d'échanges qui doivent permettent d'aller vers le consensus.
- Nos délégués ont un mandat ouvert dans les relations avec les autres organisations
Dans les deux derniers cas ces délégués ne prennent pas des décisions d'orientation (puisque ces orientations ont été discutées dans les réunion de préparation du syndicat), ils ne font qu'adapter ces orientations avec leurs conditions de mise en oeuvre issues de l'échange.

Fraternelles Salutations Syndicalistes
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Re: Le CSR, Courant Syndicaliste Révolutionnaire

Messagede Pti'Mat » 30 Avr 2012, 13:46

A ce sujet, les CSR avaient fait une petite mise au point dans "stratégie des CSR":

"Le contrôle ouvrier

Un autre danger menace le mouvement ouvrier : aller s’enfermer dans les institutions représentatives du personnel (IRP) ou paritaires. Le terrain du syndicalisme c’est la branche professionnelle (l’industrie) et l’interprofessionnel. Les délégations aux sein des IRP et paritaires doivent donc être un moyen d’aller porter un coup à l’ennemi mais pour que cela soit efficace et ne se transforme pas en défaite, il faut respecter quelques principes :

1/ Les délégués doivent être mandatés par les travailleurs afin d’éviter qu’ils ne se transforment en experts de la négociation. C’est la seule façon pour les travailleurs de s’emparer de la lutte et d’accroître leurs connaissances ;
2/ Le coup porté par la revendication et la lutte dans une entreprise doit être porté à un niveau supérieur dans une démarche de branche ou interprofessionnelle. C’est à dire que c’est l’organisation de classe qui mène la bataille et non pas un syndicat d’entreprise replié sur lui et sans force réelle. Il faut essayer d’isoler un patron et de le frapper collectivement sous plusieurs angles d’attaque afin de décupler la puissance de frappe. Par exemple un patron de la sous-traitance doit trouver face à lui les travailleurs de son entreprise mais aussi ceux de l’entreprise donneuse d’ordres, ceux de l’UL et ceux de la même branche professionnelle. Autre exemple, celui d’une lutte menée dans une entreprise grâce à la mobilisation des salariés-consommateurs-usagers organisés par l’UL (boycott,…).

Ce danger est constitutif du syndicalisme réformiste et institutionnalisé. C’est celui que la CGT a inauguré pendant la 1ère guerre mondiale. Par contre, à cette époque, et surtout après la fin de la guerre, la direction réformiste de la CGT justifiait cette institutionnalisation avec l’argument du contrôle ouvrier. Il s’agit ici d’un autre des points stratégiques du SR, mais qui peut, et l’histoire l’a amplement prouvé, être aussi un mot derrière lequel peut se cacher le réformisme le plus plat. D’un autre côté, existe la position anarcho-syndicaliste qui condamne par principe toute participation aux IRP. Pour le SR, ce qui compte c’est la situation à un moment donné et la dynamique en action.

Prenons le cas des IRP comme le CE, les DP et le CHSCT. Dire comme le réformisme que ces IRP constituent le cadre de la lutte syndicale parce que c’est là que l’on peut négocier avec le patron et que l’on peut faire évoluer positivement la situation des salariés, c’est se tromper complètement. Mais dire, à l’inverse, que la participation à ces IRP amènera forcément le syndicat à la bureaucratisation, à son institutionnalisation et au réformisme, c’est se tromper tout autant. Et d’ailleurs ces deux positions dérivent d’une même vision statique de la société. Les IRP telles que nous les connaissons résultent d’un compromis à un moment donné de l’histoire de la lutte des classes. Les patrons n’ont pas un jour dit : « tient, ce serait bien que les ouvriers aient un CE ».
Si les CE et DP étaient automatiquement la voie royale pour obtenir un syndicalisme jaune, pourquoi donc encore autant de difficultés, de répression,… pour obtenir des élections dès le 1er tour ? Est-ce que le patron est enchanté d’avoir en face de lui des syndicats qui ont un minimum de droits de regard sur les comptes de l’entreprise ? Chaque jour démontre le contraire. Il s’agit bien d’espaces de contrôle ouvrier, plus ou moins importants selon les entreprises, les branches,… Et le constat que l’on peut faire, c’est que l’institutionnalisation des élus CE et DP est certes favorisée par la nature de leur mandat, mais surtout par le manque d’activité syndicale de lutte sur le terrain, avec des élus eux-mêmes qui devraient être contrôlés et qui devraient être immergés dans un syndicalisme revendicatif. Alors seulement, ces élus ne seraient que des mandatés par les syndiqués et les travailleurs pour exercer un contrôle ouvrier. Alors ce contrôle devrait ensuite sortir de l’entreprise pour aller au niveau de la branche et au niveau interprofessionnel. Avec la conscience claire que par là on n’obtiendrait pas plus qu’une certaine limite, mais que cette « gymnastique » serait porteuse d’une dynamique anti-capitaliste réelle. Tout dépend de la vigueur de l’activité syndicale et de sa stratégie.

Certaines instances dites « paritaires » n’ont par contre aucun intérêt dans une stratégie de contrôle ouvrier. Pas dans le sens où elles ne donneraient « aucun pouvoir de décision » et que d’autre oui, car dans le capitalisme toutes les IRP sont dépourvues d’un pouvoir réel de décision.

Prenons un exemple, celui de la sécurité sociale. Et c’est un exemple qui montre qu’il faut tenir compte des évolutions. Le mythe existe de croire qu’à son origine les syndicats géraient la sécurité sociale. Certes ils géraient des espaces de décisions dans la sécurité sociale. Mais fondamentalement, les décisions stratégiques comme les taux de cotisations sociales, les taux de prestations,… ont toujours été du ressort final de l’Etat, c’est à dire du représentant de l’intérêt général du patronat. Mais les syndicats étaient majoritaires dans les CA des caisses locales et ils étaient élus (jusqu’en 1967). Ces deux faits ont toujours été contestés par le patronat dont le modèle de partenariat social est celui de l’UNEDIC et des caisses de retraite complémentaire. Ces espaces de contrôle ouvrier dans la sécurité sociale, ce symbole de la « gestion ouvrière », le patronat les a toujours combattu aussi. C’est une des explications de la réforme de 1967, puis de 1996 et 2004.

Aujourd’hui il ne reste plus rien, ou si peu. Les CA, il n’y en a plus à l’assurance maladie. Et ceux de la CAF sont attaqués pour subir le même sort. Ainsi petit à petit, le patronat a réussi avec l’Etat a anéantir la moindre parcelle de contrôle ouvrier dans la sécurité sociale. Et par là il a anéanti toute idée ou presque d’une sécurité sociale comme conquête ouvrière. Elle est pour la très grande majorité des travailleurs un service public comme un autre. Si le patronat s’est acharné à le faire, ce n’est pas pour le plaisir. Si cet espace même dominé laissé aux syndicats dans la sécurité sociale devait produire automatiquement de l’institutionnalisation et de la jaunisse, pourquoi l’avoir supprimé ? Rappelons, même si cela est resté anecdotique, qu’en mai 1968, les UL CGT et CFDT ont mis les patrons dehors du CA de la caisse primaire : contestation pratique et immédiate de la réforme de 1967, mais surtout application immédiate du sens profond donné à la gestion ouvrière : celui d’avoir le pouvoir sur son salaire. Mais aujourd’hui, quel intérêt de siéger dans ces instances où aucun moyen de contrôle n’est possible ?

Si on pense le contraire comme l’anarcho-syndicalisme, alors on s’imagine qu’après la révolution, spontanément, tous les travailleurs vont être militants et engagés totalement jour et nuit pour la gestion de l’économie, que cela va durer éternellement ensuite. C’est rejoindre de fait la position léniniste qui dit en gros : « vous inquiétez pas, après la révolution, les travailleurs vont se mettre à gérer l’économie sans problème de connaissances préalables,… ». On sait que c’est faux, que ce n’est pas possible. La lutte de classes n’est pas linéaire, elle subit des cycles, tous les travailleurs ne sont pas au même moment et pendant une durée suffisante mobilisés à fond. Et ils le seront d’autant moins qu’ils n’auront pas été préparés avant la révolution à un effort continu et laborieux. Car qu’est-ce qui garantit que des syndicats en position de gestion de l’économie ne vont pas s’institutionnaliser ? On a eu l’expérience des soviets en Russie. Est-ce que durant la guerre civile en Espagne, dans les entreprises socialisées par les syndicats CNT tous les travailleurs participaient à la gestion ? Est-ce que ces syndicats n’ont pas développé des tendances à la bureaucratisation et à l’institutionnalisation ? Dans le cas où les syndicats gèrent, il y a bien des travailleurs mandatés. Rien ne garantit que cette position particulière par rapport à la masse des travailleurs ne sera pas l’origine d’une bureaucratisation. Aucun système n’est infaillible. Il faut connaître les limites de chacun d’eux pour mener la lutte quotidienne contre ce phénomène. Sinon, on en renvient à cacher derrière un discours radical des pratiques que l’on condamne officiellement, à créer des mythes comme il s’en est créé beaucoup durant et après la guerre civile espagnole.

On ne fera pas la révolution avec les IRP, mais au-delà de la protection toute relative de l’activité syndicale d’un point de vue juridique qu’elles permettent, elles doivent être utilisées dans le cadre d’une stratégie de contrôle ouvrier : connaître leurs limites, mais utiliser leur potentiel. Pour cela, les militants SR doivent se battre pour qu’elles soient placées dans le cadre d’une autre stratégie qu’elles ne le sont aujourd’hui trop souvent, et que la formation des élus dans les IRP ait un contenu très politique, basé sur cette stratégie de contrôle ouvrier qui permet de lutter au quotidien (dans ce cas les IRP sont un outil, rien de plus, et pas le plus important) et surtout d’alimenter le débat dans le syndicats et avec les travailleurs sur le projet de gestion ouvrière de la société et de l’économie."
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Re: Le CSR, Courant Syndicaliste Révolutionnaire

Messagede digger » 30 Avr 2012, 15:45

Merci à vous pour les réponses.
c'est la question même qui est à l'origine de l'éclatement des révolutionnaires dans le camps du socialisme

C'était le but de la question. Qui est de quel côté ? Car comme tu dis P'tit Mat, et je le pense aussi
je considère que la forme de la société future sera déterminée par la forme de la Révolution.

C'est pourquoi je juge plus une orga par son fonctionnement que par ses discours. Et les choix dans vos diverses orgas m'intéressaient à ce titre, notamment sur les formes de mandats.
Ensuite, il y a des questions pratiques qui se posent. On peut aussi jouer sur les mots et en faire des sujets de polémiques. Mais lorsque l'organisation est en cohérence dans son fonctionnement en appliquant les règles de la société future qu'elle prône, elle me donne davantage confiance qu'une orga dont les discours seraient révolutionnaires mais dont le fonctionnement, pour des raisons "d' éfficacité" iraient à l'encontre des objectifs poursuivis.
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Re: Le CSR, Courant Syndicaliste Révolutionnaire

Messagede kuhing » 30 Avr 2012, 16:15

digger a écrit: Mais lorsque l'organisation est en cohérence dans son fonctionnement en appliquant les règles de la société future qu'elle prône, elle me donne davantage confiance qu'une orga dont les discours seraient révolutionnaires mais dont le fonctionnement, pour des raisons "d' éfficacité" iraient à l'encontre des objectifs poursuivis.


Voilà une réflexion intéressante que j'approuve.
Cependant si un fonctionnement horizontal d'une organisation peut que préfigurer de façon très approximative ce que serait une société future
puisque rien n'est étanche à l'environnement dans lequel nous baignons.

Par contre avec un fonctionnement de parti ou syndicat pyramidal et centralisé ou à visée hégémonique, on est sur d'avoir ensuite "stalinisme à tous les étages"
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Re: Le CSR, Courant Syndicaliste Révolutionnaire

Messagede digger » 30 Avr 2012, 17:04

Cependant si un fonctionnement horizontal d'une organisation peut que préfigurer de façon très approximative ce que serait une société future
puisque rien n'est étanche à l'environnement dans lequel nous baignons.


Oui, mais c'est le seul garde fou un peu efficace
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Re: Le CSR, Courant Syndicaliste Révolutionnaire

Messagede kuhing » 30 Avr 2012, 17:32

digger a écrit:
Cependant si un fonctionnement horizontal d'une organisation peut que préfigurer de façon très approximative ce que serait une société future puisque rien n'est étanche à l'environnement dans lequel nous baignons.


Oui, mais c'est le seul garde fou un peu efficace


Je préfère aussi ça aux réunions du comité central

..ou du syndicat unique :mrgreen:
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Re: Le CSR, Courant Syndicaliste Révolutionnaire

Messagede Pti'Mat » 30 Avr 2012, 18:24

Tout à fait d'accord avec toi Digger
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Re: Ne plus subir ! Combattre et construire une autre sociét

Messagede somnus » 02 Mai 2012, 19:08

Je suis pas d'accord partout (on est la pour débattre :p )

Les syndicats sont une bonne initiatives et maintiennent de bonnes idées en general, mais aujourdhui c'est devenue la meilleure arme anti-emeute du gouvnement.
Car c'est ces syndicats qui organisent les manifs, qui doivent rester dans la légalité biensur, qui les declarent et qui indiquent gentiment aux autoritées les evenement prevus, qui formatent les syndiqués sur l'idée de la non-violence.

Concretement, sa transforme les manifs en parades festive.Les personnes a qui nous revendiquons des choses ne craignent rien, tout a été planifier pour proteger le moindre centime de dégat materiel.

On peut pas se revolter ou revendiquer quelque chose comme sa, c'est comme si on demandait au systeme si on peut le tuer, sa n'a pas de sens.

Puis la Sécurité Sociale, je remet pas en question le fait qu'elle soit plus qu'utile mais les dirigeant l'on accordés au peuple plus pour les calmer et eviter que sa aille plus loin.
Puis ils on dû reflechir sur le fait qu'un citoyen dans de meilleures conditions de vies a plus de facilitées a consommer, son travail sera de meilleur qualité, et il sera tellement plus docile car il a deja eu son susucre.

Mon point de vue est peut etre négatif mais on doit pas etre obligé de passer par les syndicat pour rassembler et lutter.
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Re: Ne plus subir ! Combattre et construire une autre sociét

Messagede Kzimir » 02 Mai 2012, 19:35

Franchement, je pense que la non-combativité des dirigeants syndicaux est représentative de l'état d'esprit d'une majorité des travailleurs. Si les gens voulaient se révolter, ça ne serait pas Bernard Thibault qui pourrait les en empêcher. Par contre le syndicat est souvent le seul espace de lutte et (plus ou moins) d'auto-organisation.
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Re: Ne plus subir ! Combattre et construire une autre sociét

Messagede Pti'Mat » 02 Mai 2012, 19:41

Je suis plutôt d'accord avec toi somnus. Nous ne sommes d'ailleurs pas là pour caresser dans le sens du poil le syndicalisme tel qu'il est actuellement, sans quoi on ne s'organiserai pas en tendance révolutionnaire à l'intérieur de celui-ci.

On est effetcivement pas obligés de passer par le syndicat. Mon objectif est la révolution sociale avec le pouvoir et le contrôle par les travailleurs. L'organisation matérielle et naturelle des travailleurs c'est le syndicat. Donc par simple logique mathématique, notre stratégie repose sur le syndicalisme qui doit être révolutionnaire.

Comme je 'nai pas le temps de débattre pour l'instant, je t'invite à lire "stratégie du CSR" et "qui sommes-nous" sur notre site, tu as tout nous cocnernant, concernant notre vision du syndicat et le projet de société reposant sur le syndicalisme: http://www.syndicaliste.fr/
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Re: Le CSR, Courant Syndicaliste Révolutionnaire

Messagede Pti'Mat » 09 Mai 2012, 19:43

Vidéos CSR:

Présentation des CSR: http://www.youtube.com/watch?v=MaZ6yanJhwU
Présentation de nos brochures de formation: http://www.youtube.com/watch?v=K6slt20K ... ure=relmfu
La Charte d'Amiens: http://www.youtube.com/watch?v=L6Yp_-nA ... ure=relmfu
"Il n'y a pas un domaine de l'activité humaine où la classe ouvrière ne se suffise pas"
Le pouvoir au syndicat, le contrôle aux travailleurs-euses !

http://www.syndicaliste.fr/
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Re: Le CSR, Courant Syndicaliste Révolutionnaire

Messagede Pti'Mat » 13 Mai 2012, 15:10

Présentation du Syndicalisme Révolutionnaire: http://www.youtube.com/watch?v=1gQ26vuq7HE
"Il n'y a pas un domaine de l'activité humaine où la classe ouvrière ne se suffise pas"
Le pouvoir au syndicat, le contrôle aux travailleurs-euses !

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