Le CSR, Courant Syndicaliste Révolutionnaire

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Messagede Voline » 10 Aoû 2010, 14:01

Pour ce qui est du CSR je trouve au contraire que leur démarche est opposée à tout sectarisme dans la mesure où ils sont pour la réunification syndicale, un "front unique" sur des bases matérielles et non pas sur des bases idéologiques.

C'est vrai qu'entre le léninisme- trotskysme qui postule la prise de commande du syndicat par le noyautage, et son inféodation à un groupe "idéologique" (le parti) ; l'anarcho- syndicalisme qui se borne à faire du syndicalisme "entre anars" et donc est encore plus sectaire et avant- gardiste au final ; et le totoïsme et son "groupe afinnitaire" qui est la version "spontanéiste" de l'anarcho- syndicalisme, c'est à dire de l'activisme entre "anars'" mais sans structure formelle, donc avec des rapports de pouvoirs informels et donc encore plus durs à combattre ... entre tout ça on ne sort jamais de la minorité d'avant- garde regroupée sur des bases "idéologiques".

Pourtant, on observe que c'est surtout à la faveur de mouvement sociaux et d'occasions de pratiques et d'expériences de luttes qu'on forge ses opinions et sa radicalité, et pas franchement juste parce qu'on a lu un livre ou que l'idée semble "cool".
Je ne vois donc pas trop ce qu'il y a de sectaire dans une démarche de front unique et sur le fait de se baser sur des questions concrètes et d'avoir une formation progressive à la faveur de pratiques de lutte, dans le cadre d'un mouvement social.



édit admin : pour celles et ceux qui ne connaissent pas le CSR, lien vers leur site : http://www.syndicaliste.fr/
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Messagede ARTHUR » 11 Aoû 2010, 08:22

Bonjour,

SR moi-même et adhérent de la CNT-f, je trouve que le CSR "première période" était interessant dans la position transversale qu'il occupait quand il oeuvrait vraiment à la construction d'un courant au delà des adhésions conjoncturelles de chacun.
Le passage de plusieurs de ses membres fondateurs de la CNT-f, à SUD puis à la CGT les placent aujourd'hui dans un discours anti-anarchistes tournant parfois à l'obsession et une valorisation, à mon sens très exagérée, de la CGT organisation "naturelle" de la classe ouvrière qui les amène à avaler les couleuvres réformistes de la direction confédérale comme hier certains ont avalé, sur les mêmes positions, les couleuvres staliniennes.
Je regrette, pour ma part, les compte-rendus de congrès des différentes organisations syndicales qu'on pouvait trouvé dans leur journal et qui n'étaient pas sans rappeler les meilleures périodes de "la révolution prolétarienne". Apprécier Monatte n'oblige pas à reproduire ses égarements.

Fraternelles Salutations Syndicalistes.
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Messagede Voline » 11 Aoû 2010, 09:23

Pour ce qui est de leur "conduite" actuelle je sais pas, visiblement ils sont peu nombreux en France, pour ma part j'ai un camarade qui y est et je ne connais que peu de chose de leur "organisation", ceci dit la façon dont ils développent le concept d'"autonomie" est intéressante, elle a le mérite, selon moi, d'aider à comprendre que ce qu'on appelle souvent "toto" n'a rien à voir avec l'"autonomie" et que c'est un mot qui est surtout utilisé comme synonyme de "spontanéiste" ce qui n'est pas franchement la même chose.

La confusion entretenue entre "autonomie" et "refus des structures formelles" ou encore "spontanéisme" me fatigue un peu, je n'ai rien à reprocher au spontanéisme comme pratique (si l'on regarde l'histoire des tas de "mouvements spontanés" ont existé) mais comme idéologie sacro- sainte non seulement ça n'en est plus mais ça peut virer à l'anomisme, qui (comme on le sait) n'a rien à voir avec l'anarchisme mais plutôt avec le libéralisme et l'auto- organisation immanente et la "main invisible".

L'entretien de cette confusion chez des prétendus défenseurs de l'autonomie me désolait un peu et je trouvais que le SR avait des positions éclairantes sur le sujet qui méritaient d'alimenter un peu les différentes tendances : organisationnelles / non organisationnelles-groupeafinitaires c'est pourquoi j'en parle !
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Messagede ARTHUR » 11 Aoû 2010, 10:35

L'autonomie prolétarienne se résume souvent dans: "l'émancipation des travailleurs sera l'oeuvre des travailleurs eux-mêmes."
Beaucoup s'en réclament depuis la 1ère Internationale et que ce soit au travers d'organisations comme le syndicalisme ou des modes d'organisations plus conjoncturelles comme les Conseils, rares sont ceux qui ont pu, même de façon éphémère, le mettre en pratique.
Si chacun déjà développait ses conceptions sans devoir énoncer que l'autre a, à priori, tord on ferait un grand pas.
Mais il reste vrai, que pour cela, il faut éviter les confusions dans la définition des choses. A ce titre si Anarcho-syndicalisme et Syndicalisme-révolutionnaire sont bien évidemment différents, plus de choses les rapprochent que ne les séparent.

Fraternelles Salutations Syndicalistes.
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Messagede berneri » 11 Aoû 2010, 23:20

Je suis sympathisant CSR, sans adhérer à effectivement un discours qui fait de la CGT la pierre philosophale du syndicalisme. Mon engagement libertaire est indissociable de mon engagement social au sein du syndicalisme révolutionnaire, dans le meme sens que la lettre de pelloutier aux anarchistes. Oui il y a des écrits anti cnt ou anti anar excessif parfois. Mais il faut savoir supporter la critique les camarades surtout quand on est si exigeant envers les autres et aussi qu'on ne s'en dispense pas envers les autres!
Et il faut savoir en tirer même des elements pour avancer.
Sinon je suis plutot favorable comme le CSR à une reunification syndicale par la base du syndicalisme lutte de classe...
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Messagede ARTHUR » 12 Aoû 2010, 07:35

une reunification syndicale par la base du syndicalisme lutte de classe...


La réunification syndicale ne peut se faire que sur le plus petit dénominateur commun qui n'est certainement pas celui d'une lutte de classe ... révolutionnaire.
Le mélange des genres à donné l'Union Sacrée en 1914, et donné lieu à l'acceptation du pacte Germano-Soviétique pour les uns et la Charte du Travail pour les autres en 1940.
L'unité syndicale est un mythe encore bien plus grand que celui de la grève générale.
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Messagede berneri » 12 Aoû 2010, 10:05

La réunification syndicale ne peut se faire que sur le plus petit dénominateur commun qui n'est certainement pas celui d'une lutte de classe ... révolutionnaire.
Le mélange des genres à donné l'Union Sacrée en 1914, et donné lieu à l'acceptation du pacte Germano-Soviétique pour les uns et la Charte du Travail pour les autres en 1940.
L'unité syndicale est un mythe encore bien plus grand que celui de la grève générale
.

Je parle bien de reunification du syndicalisme lutte de classe pas d'unification de tout le syndicalisme...

Enfin tant de certitude, sur ce qui peut se faire ou pas, fait froid dans le dos. Je ne vois pas précisemment de quel mélange des genres Arthur nous parle, ou du moins ce que ces comparaisons contiennent comme sous entendu... mais je ne pense pas que la pureté idéologique soit un vaccin contre les derives qu'il évoque, comme l'histoire l'a d'ailleurs prouvé.
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Messagede ARTHUR » 12 Aoû 2010, 10:27

Je parle bien de reunification du syndicalisme lutte de classe pas d'unification de tout le syndicalisme...

C'était donc une mauvaise interprétation de ma part, sur cette base je suis d'accord, à la limite prêt que l'on peut considérer que la CGTU en 1921 était sur cette base et l'on connait ses dérives.

Enfin tant de certitude, sur ce qui peut se faire ou pas, fait froid dans le dos.

Où sont donc les certitudes ?
Je ne fais mention que de l'Union Sacrée que les anti-SR donnent comme preuve de la faillite du SR.
Quant-aux peu de SR de 1940, quelle voix ont-ils fait entendre, ceux de l'unité syndicale retrouvée comme ceux de la CGT-SR ne trouvant rien de mieux que de s'auto-dissoudre dans le néant ?

ce que ces comparaisons contiennent comme sous entendu...

C'est me faire un mauvais proces que de parler ici de sous-entendu. Je n'ai pas pour habitude de dissimuler ce que je pense.

la pureté idéologique

Toi seul parle de pureté idéologique, alors que je n'évoque que des ptratiques, des choix stratégiques ou tactiques.
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Messagede berneri » 12 Aoû 2010, 10:41

C'était donc une mauvaise interprétation de ma part, sur cette base je suis d'accord, à la limite prêt que l'on peut considérer que la CGTU en 1921 était sur cette base et l'on connait ses dérives.


C'est vrai mais on n'est pas en 1921

Où sont donc les certitudes ?
Je ne fais mention que de l'Union Sacrée que les anti-SR donnent comme preuve de la faillite du SR.
Quant-aux peu de SR de 1940, quelle voix ont-ils fait entendre, ceux de l'unité syndicale retrouvée comme ceux de la CGT-SR ne trouvant rien de mieux que de s'auto-dissoudre dans le néant ?


Là c'est moi qui a mal interprété alors....


C'est me faire un mauvais proces que de parler ici de sous-entendu. Je n'ai pas pour habitude de dissimuler ce que je pense.


ok dont acte


Toi seul parle de pureté idéologique, alors que je n'évoque que des ptratiques, des choix stratégiques ou tactiques.


Je ne voyais pas le rapport, la deduction que tu faisais de l'unité du syndicalisme lutte de classe et de la derive vers la charte du travail. J'en ai donc deduit que tu pensais qu'il fallait que les syndicalistes revolutionnaires aient une "chapelle" bien a eu, bien pure , pour se premunir des derives... apparemment nous nous sommes mal compris
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Messagede ARTHUR » 12 Aoû 2010, 12:22

C'est vrai mais on n'est pas en 1921

Quand on voit à la CGT, par exemple, qui se réclame aujourd'hui du syndicalisme de lutte de classe on peut tout de même s'interroger sur le lien que certains font entre Parti et Syndicat.

Je ne voyais pas le rapport, la deduction que tu faisais de l'unité du syndicalisme lutte de classe et de la derive vers la charte du travail. J'en ai donc deduit que tu pensais qu'il fallait que les syndicalistes revolutionnaires aient une "chapelle" bien a eu, bien pure , pour se premunir des derives... apparemment nous nous sommes mal compris


Je développe.
Je voulais dire que quand la voix du Syndicalisme Révolutionnaire ne représente pas un courant fort du syndicalisme elle est noyée par celles de ceux qui d'une manière ou d'une autre ne considèrent le syndicalisme que comme un rouage de l'Etat, ou momentanément du Parti. Je crois que les SR ont toujours eut des "chapelles" à l'interieur ou à l'extérieur du mouvement syndical majoritaire; que se soit au sein même de la CGT quand ils la conduisaient, qu'à la CGTU, dans l'autonomie et même à la CGT-SR, à la CNT, à FO ou dans la CFDT des années 70.

Je crois en effet qu"au sein d'une organisation rassemblant SR et AS, le SR peut faire la preuve de ce que la vieille CGT n'a qu'ébauché en seulement 15 ans de direction confédérale, sans avoir a batailler sans cesse contre les tenants de l'avant-garde du prolétariat.
Minoritaires parmi les minoritaires les SR doivent rafermir leur image et consolider leurs moyens d'actions avant de penser pouvoir être à l'origine d'une nouvelle impulsion révolutionnaire dans et par le syndicalisme.
Ce repli n'est que stratégique et n'empêche absolument pas l'unité d'action à la base entre des syndicats adhérents de confédérations différentes mais en accord sur les objectis ou les moyens. Il n'a pas pour but de se protéger de "dérives" mais simplement de se donner les moyens de la différence.
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Re: Le CSR, Courant Syndicaliste Révolutionnaire

Messagede berneri » 12 Aoû 2010, 17:44

Je ne suis pas sûr que faire de l'huile essentielle SR soit la meilleure ni la seule voie... (c pour rire un peu , on peut?). Par contre ce qu'il faut c'est ne pas passer notre temps à nous affronter entre SR, AS ou libertaires... on n'a pas encore inventée une revue transversale qui sortirait de la defense des dogmes et des chapelles pour tirer partie de ce qui se fait, des enseignements des luttes et des pratiques, analyser et comparer des expériences...
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Messagede ARTHUR » 12 Aoû 2010, 18:29

on n'a pas encore inventée une revue transversale qui sortirait de la defense des dogmes et des chapelles pour tirer partie de ce qui se fait, des enseignements des luttes et des pratiques, analyser et comparer des expériences...


le journal du CSR, était très bien pour cela (bien qu'un peu moche et terne dans sa de mise en page) avant que ces camarades oublient la transversalité pour mettre tous leurs oeufs dans le même panier ( ... de crabes).
Notre syndicat en proposait toujours des exemplaires sur les tables de son service librairie et nous défendions cette transversalité devant nos camarades Cénétistes qui parfois nous contestaient cette "ouverture". C'est devenu impossible à partir du moment où chaque page (ou presque) attaquait les anarcho-syndicalistes ou la CNT-f; car si la critique est acceptable, le dénigrement systématique ne l'est plus.
Lors de la manifestation internationale d'I07, organisée par la CNT-f, notre fédé Construction a invité les camarades du CSR de notre industrie à participer à nos débats. Si en retour nous n'avons pas eut de réponse à nos propositions de travail commun, nous avons pu constater que le compte-rendu qui en était fait dans "Syndicaliste" portait la critique au-delà de la relation fraternelle que peuvent attendre des camarades partageant un dessein commun, a défaut d'utiliser les mêmes outils.
Considérant que l'unité reste cependant un objectif à réaliser, notre fédération relancera des invitations à toutes les fédérations et syndicats d'industrie du BTP, pour participer au rassemblement contre les accidents et la mortalité au travail qu'elle prépare pour le dernier trimestre 2010.
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Re: Le CSR, Courant Syndicaliste Révolutionnaire

Messagede berneri » 12 Aoû 2010, 18:55

le journal du CSR, était très bien pour cela (bien qu'un peu moche et terne dans sa de mise en page) avant que ces camarades oublient la transversalité pour mettre tous leurs oeufs dans le même panier


Là , je suis plutôt d'accord
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Syndicalisme de classe contre FN (communiqué des CSR)

Messagede Voline » 22 Mar 2011, 22:12

Combattre le FN avec les outils du syndicalisme de classe.

Les résultats électoraux du FN après ces élections cantonales laissent présager une possible présence du FN au second tour des présidentielles de 2012. De nouveau, on nous appellera au « sursaut républicain », à « l’Union sacrée pour défendre la démocratie ». De nouveau, les syndicalistes sont désemparés : comment est-ce possible ? Que doit-on faire ?

De nouveau, il faut rappeler les évidences : la montée du vote FN parmi les classes populaires résulte de la situation sociale, conséquence des politiques de tous les gouvernements qui, depuis 30 ans, ont appliqué des mesures faites pour faciliter l’exploitation maximale des travailleurs par les classes bourgeoises.


Nouvelle stratégie syndicale du FN : l’entrisme ?
Ces élections ont aussi été l’occasion pour le FN de mettre en avant sa nouvelle stratégie syndicale. Après les échecs de création dans les années 90 de syndicats estampillés « FN », après l’échec de candidatures FN aux élections prud’homales de 2008, ce parti a décidé de mettre en avant des militants ayant des responsabilités syndicales.

C’est un choix délibéré, en sachant parfaitement les réactions que cela allait provoquer : des exclusions. Le but est double : mettre au devant de la scène médiatique le FN et sa présidente avant les élections ; faire apparaître le FN comme un parti proche des travailleurs, doté d’un programme social.


Les réactions dans le syndicalisme
Les exclusions des syndicats de militants du FN se dévoilant publiquement, voire des syndicats qui les cautionnent sont salutaires. Elles montrent au FN qu’il aura des difficultés pour construire une tendance « frontiste » dans le mouvement syndical actuel. Son association : le Cercle National de Défense des Travailleurs Salariés ne réussira pas à peser sur le salariat, et ne pourra se transformer en syndicat. Toutefois le syndicalisme de classe se doit d’être intransigeant face à l’utilisation de ce cercle comme embryon d’une tendance intersyndicale.

Notre première réaction doit donc être dirigée contre les militants FN et autres groupes d’extrême droite tentant de faire de l’entrisme. La seconde réaction doit être de sensibiliser les syndiqués qui, de plus en plus nombreux, partagent la thèse centrale du FN, celle de la préférence nationale. Elle consiste à « former les adhérents », « leur expliquer que le FN est l’ennemi des travailleurs »,… Cela dit, l’état des forces du syndicalisme actuellement rend impossible la formation de masse de ses adhérents, sans parler des millions de salariés non syndiqués. Cette orientation, certes nécessaire, risque d’être inefficace car elle ne s’attaque pas au fond de la question.


Redonner une perspective politique anticapitaliste au syndicalisme
C’est fondamentalement la désespérance et l’absence de perspective politique qui expliquent cette montée et un possible enracinement du FN parmi les travailleurs. C’est l’échec de la politique électoraliste des organisations politiques anticapitalistes qui ont eu une base de masse dans le prolétariat, comme le PCF, ou une présence bien moindre pour d’autres (l’extrême gauche : LO, NPA, POI,…). Et c’est au final l’échec du syndicalisme de classe qui a sous-traité depuis 90 ans aux partis politiques, censés représenter les travailleurs, son projet politique d’origine inscrit dans la Charte d’Amiens de la CGT en 1906 : le syndicalisme comme outil, non seulement de lutte quotidienne pour améliorer le sort des prolétaires, mais aussi d’émancipation pour construire une société socialiste à l’échelle mondiale.

OUI, le syndicalisme de classe est légitime pour défendre une véritable perspective politique, strictement à l’opposé de la cuisine électorale. Cela veut dire qu’il est légitime pour poser la question centrale de toute société : quelle est la classe sociale qui doit diriger ? Celle qui crée les richesses et qui représente l’immense majorité de la population ou celle minoritaire qui l’exploite (les capitalistes et les élites sociales bourgeoises) ?

OUI, le syndicalisme de classe est légitime pour affirmer qu’il dispose, étant la seule organisation naturelle des travailleurs, des outils nécessaires pour construire cette société socialiste et anticapitaliste, pour détruire l’exploitation, la domination, les guerres, pour empêcher la destruction de l’environnement,…

Ces outils, il les a construits depuis plus d’un siècle :

ses bourses du travail que sont aujourd’hui les unions locales et départementales. Elles représentent la solidarité interprofessionnelle des créateurs de richesses. Elles sont les outils pour gérer localement la répartition des richesses, les services publics et décider du développement d’activités utiles au plus grand nombre (coopératives, activités de sociabilités autonomes à la société de consommation,...).

ses syndicats locaux de branche : solidarité des travailleurs de la même branche mais d’entreprises différentes, afin d’en finir avec le "patriotisme d’entreprise". Unis dans leurs fédérations nationales de branche, leur but final est de gérer les entreprises et les services publics en tenant compte des intérêts de l’immense majorité. En coopérant avec les fédérations de branche d’autres pays, ils pourront décider de la répartition de la production des richesses au niveau mondial. Ils pourront ainsi garantir la solidarité internationale de tous les travailleurs, quelque soit le pays dont ils viennent, et quelque soit le pays où ils travaillent, garantissant les bases de l’égalité.

recréer et renforcer des organisations qui s’occupent de la vie des travailleurs en dehors du travail : la santé, le logement, la culture, le sport, la consommation, l’entraide,… Ces organisations permanentes (mutuelles, associations de consommateurs et de locataires, clubs populaires sportifs, coopératives, sécurité sociale…) doivent permettre de combattre les effets du capitalisme dans tous ces domaines, de construire une contre-culture et un autre type de vie que le "tout consommation". C’est possible si elles sont en relation permanente avec les unions locales, les syndicats et les fédérations de branche. Elles permettront alors de créer des liens sociaux anticapitalistes, redonnant de l’espoir par la solidarité quotidienne.

une confédération syndicale de classe coordonnant le tout pour planifier la production et la répartition des richesses. Il reviendra alors aux travailleurs, avec ces outils, de décider : que produire ? comment le produire ? avec quoi le produire ? où le produire ?

Sur ces bases, qu’il n’aurait jamais dû quitter, le syndicalisme de classe sera alors capable d’assurer l’unité des travailleurs. En effet, conscients que l’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes, nous devons construire nos propres outils pour qu’enfin le socialisme ne soit pas un vain mot exploité et dévoyé par des groupements politiques, philosophiques et religieux.

La bataille pour l’unification du syndicalisme de classe est bien une priorité pour redonner une perspective anti-capitaliste. Ainsi, le désespoir et l’absence de perspective d’une vie meilleure seront alors combattus avec autre chose que des mots ronflants et des déclarations de larmoyantes. Cette orientation, l’auto-organisation pour notre projet politique, le Socialisme, nous donnera les outils pour mener la véritable bataille contre l’extrême droite. Les partis qui portent le slogan de la préférence nationale, arme de guerre contre tous les travailleurs, trouveront un ennemi de taille capable de les abattre car menant l’affrontement sur son propre terrain et ayant sa propre stratégie.

Tous ces outils d’émancipation, le syndicalisme de classe les possède déjà, même s’ils sont en plus ou moins bon état. C’est au renforcement et à l’amélioration de ces outils, dans une seule confédération de classe, que nous devons nous atteler sans tarder.
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Re: Le CSR, Courant Syndicaliste Révolutionnaire

Messagede bipbip » 24 Juin 2011, 01:52

Journées formation/débat des CSR les 15 et 16 juillet 2011

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Journées formation/débat des CSR des 15 et 16 juillet 2011

Nous avons participé à une lutte généralisée à un niveau interprofessionnel, telle que nous n’en avions pas connue depuis plusieurs décennies, avec la mobilisation de nombreux travailleurs du secteur privé. Des millions d’entre eux sont entrés ponctuellement ou durablement dans l’action. L’adversaire était isolé, discrédité, surpris et a démontré de réels signes d’inquiétude. Et pourtant nous avons perdu cette bataille.

L’ampleur de cet échec doit nous amener à nous interroger sur nos carences. Il est désormais impossible de reprendre la petite routine militante et notre train-train quotidien sans prendre le temps de réfléchir aux racines profondes de nos faiblesses, pour en tirer les leçons qui s’imposent. C’est d’ailleurs la tâche la plus importante. Il serait tout aussi facile de renvoyer la responsabilité de la défaite sur telle organisation ou sur tel responsable syndical. Car la responsabilité est collective.

Cependant, dans cette période de repli tactique après la défaite, le syndicalisme confédéré de classe doit désormais jouer son rôle d’organisateur pour repartir au plus tôt à l’attaque. Cela passe par une prise de conscience de notre crise organisationnelle et stratégique.

Ces derniers mois les CSR ont renforcé leur influence. Nos analyses sont sorties avec plus de crédit après la lutte pour la défense des retraites. En effet, elles sont apparues cohérentes avec les forces et les faiblesses du mouvement syndical, telles qu’elles se sont exprimées dans la mobilisation.
Depuis, les CSR ont connu un nombre inédit d’adhésions et de contacts depuis leur création.
De nouveaux comités sont donc en train de se constituer.

L’enjeu est désormais d’accélérer le développement de notre tendance afin de lui donner une influence de masse. La reconstruction d’une confédération de classe passe nécessairement par l’élaboration et la diffusion d’une stratégie révolutionnaire, intégrée à la vie réelle et aux luttes concrètes de notre classe.

Comme chaque année, les CSR organisent des rencontres de militants syndicalistes en été.

Ces deux journées de débat et de formation rassembleront des dizaines de militants venus de France mais aussi d’autres pays. Elles sont ouvertes à tous ceux qui, militants des CSR ou non, veulent renforcer leur formation, leur efficacité militante et ouvrir des perspectives anticapitalistes.


Les thèmes des journées de formation :
L’accueil démarre le vendredi 15 juillet dans la matinée afin de pouvoir participer à la totalité des travaux des deux journées de formation.

Vendredi 15 juillet

. Unions Locales et sociabilité ouvrière


Samedi 16 juillet

. Syndicalisme d’industrie
. La tendance révolutionnaire : quelles leçons à tirer aujourd’hui à partir de l’histoire de la construction des CSR en 1920 ?


Pour les modalités et informations concrètes d’inscription et d’accès, envoyez un message à :

syndicalistes[@]gmail.com



http://www.syndicaliste.fr/
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