Réseau Sortir du nucléaire

Réseau Sortir du nucléaire

Messagede Nico37 » 05 Avr 2010, 17:23

Avoir un oeil sur le Réseau Sortir du nucléaire

Aux membres du conseil d’administration du Réseau Sortir du nucléaire
Lettre ouverte de la Fédération anarchiste
lundi 29 mars 2010

Ambiance tendue lors de l’assemblée générale du Réseau Sortir du nucléaire les 6 et 7 février derniers à Lyon : onze des treize salariés sont depuis un mois en grève de soutien à leur directeur administratif, Philippe Brousse, pour obtenir le licenciement du porte-parole Stéphane Lhomme, véritable épine dans le pied d’EDF, puisqu’il est à l’origine des fuites sur le délabrement des centrales françaises qui avaient fait à l’époque grand bruit dans les médias et lui avaient valu une garde à vue d’ennemi public numéro un. Motif du conflit : pour les salariés, un harcèlement dont ils seraient les victimes ; pour l’intéressé, la signature d’un appel sur l’urgence climatique dans le cadre du sommet de Copenhague, texte dans lequel ne figure nulle part la revendication de sortie du nucléaire, ce qui revient à cautionner l’escroquerie intellectuelle qui vise à faire croire que l’atome est l’énergie idéale contre l’effet de serre. Le lobby nucléaire ne s’y est d’ailleurs pas trompé, puisque la PDG d’Aréva, Anne Lauvergeon, a pu se répandre dans les médias sur l’émergence d’une nouvelle génération d’écologistes, pragmatiques et responsables, pour qui le nucléaire n’est pas le grand Satan. Dans ce contexte pour le moins délétère, Daniel (groupe Gard-Vaucluse) et Didier (La Sociale, Rennes) étaient porteurs du mandat de la Fédération anarchiste : réaffirmer la souveraineté de l’assemblée générale pour la définition des orientations, démontrer le caractère politique du conflit pour pouvoir surmonter les inimitiés entre individus, et proposer des modalités de résolution de la crise (aucun licenciement, en particulier)… qui ont disparu du compte rendu. Il devenait donc nécessaire que notre organisation s’adresse aux administrateurs du Réseau, d’autant qu’entre-temps la nouvelle de la mise à pied de Stéphane créait une nouvelle onde de choc… Voici donc le courrier qui leur est parvenu.

« Chers camarades,

Comme vous avez pu le remarquer, la Fédération anarchiste a accordé une attention toute particulière à la crise que traverse actuellement le Réseau. Elle a tenu à prendre une part active à la résolution du conflit qui divisait les salariés entre eux et elle a fait en sorte que le conseil d’administration, quels que soient les membres qui le composent, agisse sur la base des mandats que lui confie l’assemblée générale.

Les décisions qui ont été adoptées à Lyon les 6 et 7 février allaient pour la Fédération anarchiste dans le bon sens, cependant, ces derniers jours ont vu ressurgir des difficultés, et nous avons été informés de faits qui nous semblent inquiétants, et sur lesquels nous souhaitons un échange de points de vue avec vous.

Nous avons en particulier appris la mise à pied de Stéphane Lhomme, vous comprendrez que nous nous demandions si elle est préalable à une procédure de licenciement, ou si votre intention est tout autre.

D’autre part, à la lecture du compte rendu de l’assemblée générale, il apparaît que notre intervention du dimanche matin est tronquée de sa partie la plus importante, puisqu’il s’agit de celle où étaient formulées nos propositions pour sortir par le haut de la crise avec les salariés. Les difficultés rencontrées lors de l’enregistrement sont probablement à l’origine de cette lacune, nous n’en doutons pas un instant.

Notre demande consiste donc à intégrer dans le compte rendu ce que nous avions été les premiers et quasiment les seuls à dire, à savoir : ouverture de négociations sur le paiement des jours de grève. Reprise du travail. Aucun licenciement. Attribution au seul conseil d’administration de la responsabilité de la gestion des ressources humaines.

De plus, nous nous sommes étonnés, sans pour autant intervenir immédiatement, au risque de prendre la responsabilité de perturber gravement l’ordre du jour, de ne pas retrouver ces propositions sous notre formulation dans le texte de la feuille de route proposée à l’assemblée générale le dimanche matin, puisque personne n’en avait énoncé d’autres. « Clarifier les rapports de hiérarchie entre les salariés et le CA (procéder à une modification des statuts si besoin), clarifier le rôle du porte-parolat, du directeur des ressources humaines, etc. », « Procéder à une évaluation et à une refonte des modes de fonctionnement et responsabilités au sein du réseau » sont des formulations beaucoup moins précises que celles que nous avions proposées, de ce fait, elles portent en germe de nouveaux conflits, de nouvelles divergences d’interprétation, et elles ne constituent en rien un mandat impératif pour les administrateurs, ce que nous regrettons. Dès lors, nous souhaiterions savoir comment ont été élaborés les textes, par qui et dans quelles circonstances ; soyez-en assurés, il ne s’agit aucunement de défiance, mais d’un souci bien légitime de comprendre.

La Fédération anarchiste est indéfectiblement attachée au Réseau pour deux raisons : d’abord parce que le nucléaire est intimement lié à l’idéologie sécuritaire qu’elle combat, ensuite parce que son fonctionnement fédéraliste ressemble à celui que nous appelons de nos voeux. Vous comprendrez donc aisément la nature des demandes que vous avez trouvées dans ce courrier.

Recevez, chers camarades, nos salutations anarchistes et antinucléaires.

Fédération anarchiste

Secrétariat aux Relations extérieures

http://www.federation-anarchiste.org


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Re: Avoir un oeil sur le Réseau Sortir du nucléaire

Messagede Pïérô » 12 Avr 2010, 23:10

Il est clair que cette affaire est grave et qu'il n'est pas question de laisser ce réseau se vider de son contenu, car c'est bien ce qui apparait derrière ce que l'on essayé de faire passer pour des problèmes de personnes. Il est important de réagir et de dénoncer.

Communiqué de Stéphane Lhomme, porte-parole du Réseau Sortir du nucléaire de 2002 à 2010, qui dénonce son licenciement du Réseau Sortir du nucléaire :

Cette affaire illustre la crise du mouvement écologiste
déstabilisé par l’Elysée depuis le Grenelle de l’environnement


Stéphane Lhomme, porte-parole du Réseau Sortir du nucléaire de septembre 2002 à mars 2010, après en avoir été administrateur (2000-2002), dénonce son licenciement à compter de ce jour jeudi 8 avril 2010.

Il convient de rappeler que, en janvier dernier, le Conseil d’administration (CA) du Réseau s’était opposé au licenciement de Stéphane Lhomme exigé par le directeur administratif Philippe Brousse. Ce dernier avait alors manoeuvré en coulisse pour obtenir, lors de l’Assemblée générale (AG) du Réseau les 6 et 7 février, le "débarquement" de tous les administrateurs, en contradiction des statuts de l’associations qui ne prévoient que le remplacement annuel d’un tiers du CA.

Cette opération a pu être menée avec la participation des autres salariés du Réseau qui, de façon insupportable, ont soutenu le licenciement de leur collègue (Stéphane Lhomme n’était le supérieur hiérarchique de personne). Ils se sont ainsi mis en grève illimitée pour, sous peine de "couler le Réseau", contraindre l’AG à prononcer le remplacement de tous les administrateurs.

Il s’agissait d’ailleurs d’une fausse grève dans la mesure où ces salariés - au sein desquels on trouve le directeur financier du Réseau - savaient dès le départ qu’ils seraient intégralement payés. C’est d’ailleurs ce qui a immédiatement été entériné dès le 7 février par les nouveaux administrateurs, tous acquis au directeur administratif car installés par lui. Ce nouveau CA a aussi exigé, comme dans une organisation stalinienne, que Stéphane Lhomme (qui s’y est refusé) fasse des excuses par écrit au directeur administratif.

Au delà de la prise de pouvoir bureaucratique dont le Réseau Sortir du nucléaire est victime comme c’est hélas souvent le cas dans les associations ou syndicats, cette affaire est une conséquence de l’opération sarkozyste appelée "Grenelle de l’environnement" et qui n’en finit plus de déstabiliser le mouvement écologiste. En effet, Stéphane Lhomme s’était montré très critique vis à vis du Grenelle de l’environnement et, fin 2009, vis à vis de l’appel "Ultimatum climatique".

Cet appel demande à M Sarkozy de "prendre la tête de la lutte contre le changement climatique" mais sans préciser qu’il n’est pas acceptable d’utiliser à cet effet l’énergie nucléaire. C’est par la ruse que le directeur administratif a réussi à faire en sorte que le Réseau Sortir du nucléaire soit signataire de cet appel qui, en fin de compte, soutient la politique pronucléaire de M Sarkozy.

C’est après avoir protesté contre la signature de cet appel que Stéphane Lhomme a été menacé d’être licencié, ce qui vient donc finalement de se produire après quatre mois de crise.

Stéphane Lhomme appelle les adhérents et sympathisants du Réseau Sortir du nucléaire à se mobiliser - une nouvelle AG est prévue les 19 et 20 juin prochaine - pour réintroduire la démocratie dans le Réseau et à préserver l’engagement antinucléaire. Il est nécessaire de se défier du directeur administratif Philippe Brousse et des administrateurs actuels.

Huit administrateurs qui ont été "débarqués" en février dernier, dont Didier Anger (antinucléaire connu et respecté depuis 35 ans), se sont opposés au licenciement de Stéphane Lhomme, à la signature de l’appel Ultimatum climatique, et ont publiquement appelé le 1er mars à reinstaller la démocratie dans le Réseau Sortir du nucléaire (cf http://reseau.democratie.free.fr )



communiqué du NPA :

Non au licenciement de Stéphane Lhomme, salarié du Réseau Sortir du Nucléaire.

Nous venons d’apprendre le licenciement de Stéphane Lhomme, salarié du réseau Sortir du Nucléaire (RSN) en date du 8 avril 2010.
La crise interne qui avait éclaté à l’automne 2009 avait conduit à une assemblée générale houleuse en février dernier. Décision avait été prise de renouveler à 100 % le conseil d’administration du RSN, malgré le fonctionnement statutaire qui prévoit un renouvellement par tiers. Le but de l'élection de ce nouveau Conseil d'administration était d’apaiser les tensions, de remettre le RSN sur des rails de fonctionnement collectif, de préparer les débats sur le fonctionnement au sein du réseau et la tenue d'une AG exceptionnelle en juin .
Depuis février, les tensions ne se sont pas atténuées. La décision de licencier Stéphane Lhomme est un nouveau pas franchi pour exacerber ces tensions et voir une frange du mouvement antinucléaire s’éloigner du réseau. Après une mise à pied conservatoire, le licenciement est prononcé pour « plusieurs manquements graves au droit du travail et à ses fonctions ».

De ces manquements au droit du travail, rien n'est dit, au prétexte d’une confidentialité qui dessaisit les adhérents et les organisations membres du RSN de toute possibilité de se faire un avis et de trancher sur une affaire aussi grave. Une douzaine d’administrateurs s’arroge un droit pour lequel elle n’a pas été mandatée puisque la feuille de route qui leur avait été donné lors de l'AG du 6 février précisait que « l’ensemble du personnel salarié du Réseau sera conservé pour la totalité du mandat du CA provisoire dans le respect du code du travail et des ressources financières ».

Ce Conseil d'administration provisoire décide pour les 857 associations ou partis politiques qui composent le "Reseau sortir du nucléaire" et il règle d’avance les débats qui auraient du avoir lieu à l’AG de juin.
Au-delà des éventuels désaccords d’orientation, qui sont l’objet des AG annuelles, le licenciement par une organisation qui œuvre à une vie meilleure et une société débarrassée des scories du monde actuel, est un évènement particulièrement inquiétant.

Pour le NPA, ce licenciement est inacceptable. Par conséquent, le NPA demande la réintégration de Stéphane Lhomme dans son statut de salarié au RSN et le soutiendra dans les démarches qu’il entreprendra pour défendre ses droits.

Le 9 avril 2010.



Communiqué du 12 avril 2010 d’anciens administrateurs :

La direction du Réseau Sortir du nucléaire est-elle tombée sur la tête ?
Elle porte plainte et licencie son porte-parole historique.


Les administrateurs provisoires du Réseau Sortir du nucléaire ont annoncé le 8 avril le licenciement de son porte parole, Stéphane Lhomme ainsi que le dépôt d’une plainte auprès du Tribunal de Grande Instance de Lyon, pour faux et usage de faux, et pour atteintes au système automatisé de données de l’association. Cette plainte, indigne de militants antinucléaires, porte donc sur l’accès aux listes électroniques des donateurs et sympathisants et fait suite à la diffusion de la lettre des anciens administrateurs, intitulée « Le réseau Sortir du nucléaire est votre réseau, vous avez le droit de savoir » (*). Outre Stéphane Lhomme, c’est donc à l’évidence ces derniers qu’elle vise aussi.

Cette plainte veut faire clore par la justice le nécessaire débat du mode de circulation des informations dans le Réseau. Pyramidal, il part du sommet du secrétariat lyonnais, où sont concentrés ses moyens matériels et humains. C’est un déni de démocratie car :

1/ l’information doit pouvoir être contradictoire en démocratie

2/ les adhérents, donateurs et sympathisants ont le droit de savoir

3 / dans une association, il est de droit que les liaisons horizontales puissent s’exercer. Nous, signataires de cette lettre, nous avons pour seul « tort » de vouloir respecter les militants et la démocratie.

Lors de la dernière assemblée générale des 6-7 février, les administrateurs qui avaient refusé le licenciement de Stéphane Lhomme malgré la pression des autres salariés manœuvrés par leur directeur, se sont vus révoqués après des manœuvres préméditées qui relèvent du coup de force.

Stéphane Lhomme a été porte parole du réseau depuis 2002. Connu des médias, il est apprécié pour la pertinence de ses analyses, sa réactivité et son courage comme l’a démontré la révélation des documents confidentiels défense prouvant la fragilité des réacteurs EPR à la chute d’un avion de ligne. Cette action lui avait valu d’être mis en garde à vue, mais finalement sans suite juridique. Nous ne pouvons imaginer que ce que le pouvoir nucléaire n’a pu faire, le réseau l’accomplisse.

Ce licenciement porte un coup sérieux au mouvement antinucléaire. C’est un véritable cadeau qui est fait au lobby qui ne peut que s’en réjouir. Face à cette évolution désolante du réseau Sortir du nucléaire, nous, administrateurs « révoqués » pour avoir voulu garder le cap de la lutte antinucléaire sans concession, nous dénonçons ces décisions absurdes ( licenciement et plainte).

L’urgence réside dans le soutien y compris financier pour les procédures juridiques, à Stéphane Lhomme, licencié sans indemnités.

N’oublions jamais que l’essentiel de la lutte se situe sur les terrains que nous n’avons jamais quittés et non dans les bureaux.

Didier Anger, Frédéric Boutet, Chantal Cuisnier, Véronique Marchandier, Pierre Péguin, Alain Rivat, Isabelle Taitt



Pétition de solidarité : http://www.mesopinions.com/Solidarite-a ... dc4ca.html

sites :
. Solidarités Antinucléaires, SANU, http://www.sanu.fr/
. Démocratie pour le Réseau Sortir du nucléaire : http://reseau.democratie.free.fr/

adresse : reseau.democratie@free.fr
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Re: Avoir un oeil sur le Réseau Sortir du nucléaire

Messagede Pïérô » 14 Avr 2010, 23:06

Communiqué d'Alternative Libertaire :

Nous avons besoin du « Réseau Sortir du nucléaire » !

La crise interne du « Réseau Sortir du nucléaire » qui avait éclaté à l’automne 2009, vient de connaître un nouveau rebondissement avec le licenciement de Stéphane Lhomme. Cette mesure, prise en contradiction avec le mandat explicite donnée par l’Assemblée Générale des associations du réseau de février 2010, est non seulement pour nous inacceptable, mais en plus elle ne fait qu’accentuer les tensions internes. Alternative Libertaire demande la réintégration de Stéphane Lhomme dans son statut de salarié du Réseau.

Face à cette crise, Alternative Libertaire réaffirme son attachement au réseau : La renaissance des luttes antinucléaires ces dernières années est à porter en grande partie à son crédit. C’est par sa capacité à fédérer, à permettre un véritable débat, une convergence de toutes les énergies militantes, dans le respect de la diversité des associations de terrain, du pluralisme et de la démocratie, que le réseau a pu y parvenir.

Le conflit interne est né d’une divergence politique au sommet du réseau, suite à la signature « au nom du Conseil d’Administration du Réseau » de l’appel dit « Ultimatum climatique » qui était caractérisé par l’absence de référence à la lutte antinucléaire et se terminait par ses mots : « Monsieur le Président [Sarkozy], vous vous devez de prendre la tête de ce combat qui est sans doute l’enjeu de ce siècle ». L’Assemblée Générale a majoritairement désavoué cette signature ! Le Réseau a ainsi refusé de s’engager dans ce qui ressemblait furieusement - en se positionnant parmi les « interlocuteurs responsables » de l’état capitaliste - à une acceptation de la logique du « capitalisme vert ».

Alternative Libertaire souhaite qu’enfin une sortie de crise soit possible pour remettre en selle le Réseau et pour qu’il puisse continuer son combat contre le nucléaire civil et militaire. Aujourd’hui les anathèmes réciproques au sommet rendent impossible un débat démocratique serein et créent un risque majeur d’affaiblissement de la lutte antinucléaire.

Face à la montée en puissance de ces conflits, la sortie de crise ne sera possible que si les associations de terrain se donnent les moyens de reprendre la main, en particulier lors de l’AG du mois de juin. Il est temps que s’impose à tous les protagonistes le respect des orientations et des règles de fonctionnement décidées en AG et de la démocratie interne au Réseau. Alternative Libertaire condamne toutes les tentatives de prise de pouvoir au sein du réseau, de quelque bord qu’elles puissent venir et tient à rappeler à tou-te-s les élu-e-s du Conseil d’Administration et aux salarié-e-s du réseau qu’ils et elles n’ont aucune légitimité à prendre quelque décision que ce soit si elle n’émane pas d’une volonté collective des associations antinucléaire de terrain.

Alternative Libertaire le 14 avril 2010
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Re: Avoir un oeil sur le Réseau Sortir du nucléaire

Messagede Pïérô » 16 Avr 2010, 00:28

nouvelle adresse pour la pétition et ressigner pour celles et ceux qui l'avaient fait :

Après avoir reçu des centaines de signatures, le serveur sur lequel la pétition était hébergée est devenu inaccessible, sans préavis, ni explication. Après deux journées de “galère”, décision a été prise d’héberger la pétition sur un serveur situé cette fois en Belgique, et qui nous l’espérons ne nous fera pas défaut.


--> http://6928.lapetition.be/
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Re: Avoir un oeil sur le Réseau Sortir du nucléaire

Messagede JPD » 16 Avr 2010, 04:10

Faut-il vraiment pleurer sur le Réseau ?

« La Fédération anarchiste est indéfectiblement attachée au Réseau pour deux raisons : d’abord parce que le nucléaire est intimement lié à l’idéologie sécuritaire qu’elle combat, ensuite parce que son fonctionnement fédéraliste ressemble à celui que nous appelons de nos voeux. »
Et ben pour l’OCL c’est pas le cas. Non le réseau n’était pas « fédéraliste », non il n’était pas pour une sortie immédiate du nucléaire ni même rapide, oui Greenpeace et les Verts tenaient la boutique. La polémique date depuis près de 20 ans et nous étions pour un regroupement antinucléaire en dehors du « Réseau ». Ça ne s’est pas fait, hélas ! La quasi totalité des organisations libertaires s’est précipité dans le Réseau sans aucun esprit critique à mon avis, sans avoir aucun poids dedans sauf en quelques endroits, localement. Les Verts et surtout Greenpeace tenaient la boutique en sous-mains et ont su faire, en 2002, que le Réseau appelle à voter à gauche alors qu’une décision de ne faire acun appel avait été prise. Voici ci-dessous ce que nous avons écrit sur cette question dans le récent spécial écologie de Courant alternatif (http://oclibertaire.free.fr/). (Se référer aussi, bien sûr, aux nombreux textes écrits dans CA sur cette question au fil des années)


Le réseau Sortir du nucléaire
Fin janvier 1998, une AG organise le réseau Sortir du nucléaire, et définit ses campagnes et actions pour l'année à venir : contre l'enfouissement des déchets et contre le chauffage électrique. Mais le mode d'intervention préconisé par lui consiste essentiellement à faire du lobbying auprès des élus, des collectivités… ainsi que de l’opposition symbolique ponctuelle – sans oublier de jouer sur la culpabilisation individuelle, à partir de la consommation d’électricité dans le quotidien –, ce en faisant abstraction d’une autre organisation sociale de la production et de sa répartition. Quant à la sortie du nucléaire, tout ce que l’on en sait depuis douze ans que ce réseau existe, c’est qu’elle a été tout sauf une revendication clairement exprimée de sortie immédiate – une telle revendication étant jugée irréaliste par tous ceux qui vont « à la soupe » et qui, pour certains, sont membres de ce réseau.
Aujourd’hui, Sortir du nucléaire est une entreprise de 12 salariés pour un budget annuel d’environ 1 million d’euros. S’il est agréé depuis 2005 par le ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire, il ne reçoit aucune subvention de l’Etat, ni de collectivités territoriales. Il est donc financé par des dons, les ventes réalisées dans sa boutique et les cotisations des 841 associations signataires de sa charte. Les adhérents au Réseau se répartissent en trois grandes catégories :
Côté politique : une centaine de groupes du parti Vert, le NPA, le Mouvement des jeunes socialistes, les Alternatifs, la Fédération anarchiste et Alternative libertaire…
Côté associatif : beaucoup d’associations concernant la défense de l’environnement.
Côté « capitalisme vert » : une flopée d’entreprises ou de commerçants du secteur des énergies renouvelables ou de l’agriculture biologique.
Par contre, côté syndical, c’est un peu le désert, excepté Sud-Rail et quelques autres sections de Sud…
Il est évident que ce Réseau ne peut pas être indépendant du parti Vert, encore moins de l’écocapitalisme. C’est ainsi qu’il fait la promotion des énergies renouvelables via la publicité pour ce secteur marchand. En revanche, et contrairement à d’autres associations importantes, le Réseau a refusé de participer à la mascarade du « Grenelle de l’environnement ». Il faut dire que, dès le lancement de celui-ci, Sarkozy avait annoncé que le nucléaire n’y serait pas remis en cause. ; mais cela n’a pas empêché Greenpeace d’y participer, ce qui a entraîné son départ du Réseau fin 2007.


Et en dehors du Réseau ?
Début 2000, des collectifs antinucléaires hors Réseau ou en délicatesse avec lui manifestèrent le désir de se rencontrer hors de toute considération politicienne sur une base claire d’arrêt immédiat du nucléaire. Mais cette première tentative ne débouchera pas, par manque de réalité militante sur le terrain. Puis la Coordination contre la société nucléaire (CCSN) est créée, le 17 janvier 2004, à l’issue d’une manif du Réseau à Paris où un cortège unitaire libertaire pour la « sortie immédiate du nucléaire » avait eu un certain succès. A sa création, l’objectif visait à regrouper l’ensemble des anars dans un collectif exigeant cette « sortie immédiate », afin de mener un travail spécifique en dehors du Réseau, et cela sur les bases d’une critique de la société qui a produit cette industrie mortifère et totalitaire. Pareil objectif n’a pu être atteint puisque certaines organisations libertaires qui prétendaient œuvrer à la CCSN (3) étaient en parallèle adhérentes du Réseau. Cela n’a pas empêché cette coordination de s’organiser de manière autonome, de produire une plate-forme (4), d’être présente aux grands rendez-vous antinucléaires. A ce jour, cette coordination continue d’exister dans une période difficile où les luttes antinucléaires sur le terrain ont bien du mal à émerger.

Comment sortir du nucléaire ?
Pour le Réseau, cette sortie ne peut avoir lieu qu’en économisant l’énergie et en développant les énergies renouvelables. Ne voulant pas remettre en cause le capitalisme dans son mode de production et de répartition des richesses, il ne lui reste plus qu’à nous culpabiliser sur notre consommation. Cela ne peut donner que des économies de bouts de chandelle accessibles aux catégories sociales supérieures. Quant aux énergies renouvelables, elles ne peuvent en aucun cas, sans changement profond de notre mode de vie (production et consommation), permettre de produire l’électricité dont nous aurions besoin en arrêtant le nucléaire. A moins de croire à la Science (ce que semble dire le Réseau), dans le cadre du système capitaliste actuel, les énergies renouvelables ne pourront représenter qu’un maximum de 20 % de l’électricité dont la France a besoin dans dix ans. Dans ce cadre, la sortie du nucléaire sera envisageable dans cinquante ans… Alors, que reste-t-il ? Comme le défend le comité Stop-Nogent et comme le défendaient les collectifs hors Réseau dans leur charte : « Il n'y a encore que peu d'électricité produite en France à partir du gaz. Par contre, en plus de l'hydraulique, il y a des centrales sous-utilisées à charbon et à fioul qu'EDF a commencé à démanteler, alors qu'elle exporte des techniques de “charbon propre” qui pourraient facilement être adaptées ici. La production de ces centrales exploitées au maximum, couplée à un arrêt des exportations et de l'autoconsommation de l'industrie nucléaire, grosse dévoreuse d'électricité, permettrait d'arrêter dès maintenant plus des deux tiers du parc électronucléaire français. Il est évident que le recours au charbon et au fioul grâce auquel nous pouvons rapidement diminuer notablement la part de l'électronucléaire n'est pas l'idéal, mais sa contribution au phénomène planétaire de l’effet de serre resterait marginale. Pour nous, il y a une urgence prioritaire : éviter les catastrophes nucléaires, civiles et militaires. Bien sûr, ce que nous proposons est compatible avec le recours aux énergies renouvelables et aux économies d'électricité partout où c'est possible, comme par exemple l'abandon du chauffage électrique dans tous les établissements publics. »
Le débat reste ouvert, car peut-on sortir immédiatement du nucléaire sans remettre en cause les TGV, gros consommateurs d’électricité, et tous les autres moyens de transport de personnes et de marchandises, par terre, mer ou air, qui, même s’ils ne consomment pas majoritairement de l’électricité, brûlent énormément d’énergie d’origine fossile qui pourrait être utilisée à autre chose ? Rappelons ici que certaines de nos consommations parcourent des dizaines de milliers de kilomètres pour arriver dans nos assiettes ou dans notre lieu de vie pour le grand bénéfice du capitalisme. Il s’agit bien de choix fondamentaux de société.
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Re: Avoir un oeil sur le Réseau Sortir du nucléaire

Messagede Pïérô » 16 Avr 2010, 23:04

C'est marrant parce que j'avais réédité mon post au dessus (13 avril) où je me sentais porté par de telles convictions et disais , "ou alors on construit ailleurs". Et puis, lumière, avec qui ? Et du coup j'ai réédité en enlevant cette envolée aussi "radicale-révolutionnaire" que stupide en l'état, vu que l'on (je, toi, nous...) n'est pas vraiment aussi impliqué sur ce terrain qu'il y a vingt-cinq/trente ans, et qu'évidemment les déclarations d'intentions çà fait ni un mouvement ni un réseau...et que je cultive moins le "en dehors", que je juge aujourd'hui et dans le domaine et dans l'état plutôt improductif, qu'à une époque. Alors évidemment que l'on continue à produire réflexion, positionnements et agir en tant que libertaires et ensemble j'ai toujours été pour, mais il y a un combat à mener aussi dans ce réseau qui a, lui, pour le moment, le mérite d'exister. :wink:
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Re: Avoir un oeil sur le Réseau Sortir du nucléaire

Messagede leo » 19 Avr 2010, 12:20

Alors évidemment que l'on continue à produire réflexion, positionnements et agir en tant que libertaires et ensemble j'ai toujours été pour, mais il y a un combat à mener aussi dans ce réseau qui a, lui, pour le moment, le mérite d'exister.


Le "mérite d’exister" !

Justement, c’est ça qui pose problème : 880 structures (dont les boîtes du capitalisme vert : plusieurs dizaines d’épiceries du réseau Biocoop, des boîte d’installations solaires et autres énergies renouvelables, du tourisme « vert », des thérapeutes “doux”…), avec des salariés, des subventions, une direction comme n’importe quelle entreprise (il y a un directeur avec son “assistant”, et même un directeur financier !)

Une jolie bureaucratie.

Le "mérite d’exister" et de se faire prendre en otage par la question climatique.
Ils disent quoi les « libertaires » (FA, AL) à part dire : il faut y être !
Ils le mènent où et comment le combat politique contre le nucléaire, et donc contre ceux qui n’en font pas un objectif primordial mais circonstanciel, secondaire et subordonné à d'autres priorités ?

Quand on commence à travailler avec tout ce qui existe, quand on est pas regardant et qu’on milite en parfait opportuniste, on finit par exister exactement de la même manière que ceux que l’on prétend combattre ! Opportunisme quand on accepte de militer dans des structures associatives bureaucratiques alors que l'on prétend par ailleurs, comme anarchistes ou libertaires, mettre en correspondance les moyens et les fins...

Et on finit par participer à une structure “antinucléaire” complètement bureaucratique qui en vient à accepter de fait le nucléaire comme énergie non polluante. La boucle est bouclée.

évidemment les déclarations d'intentions çà fait ni un mouvement ni un réseau


Par contre, l’absence totale de critique, l’unité large de tout le monde, sans principe ni contenu dans la grande tradition gauchiste réformiste (« tous ensemble ! »), c’est sûr, ça fait un réseau fourre-tout qui ne peut que servir de marche-pied aux intérêts des tenants du réalisme politique qui se retrouvent aujourd’hui dans l’écologie capitaliste (du Grenelle et autre Copenhague, des Verts, Greenpeace, Europe Ecologie, du business vert, etc.)

La question du nucléaire a toujours été une question de société : capitaliste et productiviste ou non.

C’est cela qu’il faut poser : sortir du nucléaire = sortir du capitalisme.

Poser la question de l'énergie, c'est comme pour les transports (TGV, aéroports, autoroutes...), les aménagements du territoire (projets touristiques entre autres), c'est poser la question de leur finalité, de leurs usages et les remettre en question. C'est effectivement ne pas s'arrêter aux problème climatique, mais avancer des éléments critiques, politiques, non seulement vis-à-vis de la filière énergétique (compagnies pétrolières, Areva...) mais aussi contre le productivisme du capitalisme, pas pour dans 10 000 ans ou pour après la révolution (!) mais ici et maintenant.

Surtout si l’on prétend s’inscrire dans un combat anti-capitaliste, révolutionnaire.
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Re: Avoir un oeil sur le Réseau Sortir du nucléaire

Messagede Pïérô » 19 Avr 2010, 18:08

En même temps c'est plus facile ce positionnement, sortir du nucléaire = sortir du capitalisme et sortir du réseau, on pourait même dire çà de toutes les luttes et rester pénard à la maison, et donc il n'y a pas à participer à quelque rassemblement plus large que notre microcosme à vous lire. Sur le fond je ne suis pas en désaccord sur la question du contenu sur la question de la lutte antinucléaire et écologique en général, par contre sur la manière, et outre ce ton de donneur de leçon à la petite semaine et allègations plus que désobligeantes leo, çà pose quoi comme perspectives ? Pour le moment il y a un débat à porter dans ce réseau, et bien évidemment des contenus, parce que c'est bien sur cette question des contenus sans le dire vraiment que se font ces saloperies à la tète du réseau. Au delà du fait de ne pas chercher à se retrouver tout seul dans son coin, il n'est pas interdit de porter nos positions de manière indépendante, ni de construire des liens entres les plus radicaux sur cette question.
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Re: Avoir un oeil sur le Réseau Sortir du nucléaire

Messagede Anti-K » 20 Avr 2010, 01:30

Plus d'infos sur ce qui est en cours au sein du réseau ici :

http://www.anartoka.com/pas-dupes/viewtopic.php?t=3448

Ou ici :

http://reseau.democratie.free.fr/

http://www.sanu.fr

Mais plus globalement, c'est tout de même effarent de voir et les évincés et la FA s'appercevoir que le réseau n'est pas démocratique, bureaucratisé, que s'y développe des stratégies de lobbying, des rapprochements avec des logiques de capitalisme vert seulement maintenant.
Ca fait un moment qu'un certain nombre d'antinucléaires radicaux le disait... Et la FA choisit ce réseau citoyenniste...

Pour une sortie immédiate et non différée...
Pour une lutte contre le nucléaire et son monde et non seulement pour du renouvelable capitalo...

Sinon pour mémoire, il y a eu d'autres tentatives de constituer une coord' antinuc' qui se batte contre le nucléaire et son monde, pour une sortie immédiate. et cette initiative de nombreuses orgas libertaires, et de nombreux anarchistes ont choisi de la déserter et de suivre un réseau au fonctionnement et aux objectifs plus que douteux. C'est tout de même dommage...

Sinon pour quelques infos sur le travail que nous avons choisi de mener sur caen sur la question nucléaire depuis quelques années :

http://www.anartoka.com/cran/index.php

A noter que le collectif fonctionne aujourd'hui au ralenti...
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Re: Avoir un oeil sur le Réseau Sortir du nucléaire

Messagede Pïérô » 20 Avr 2010, 23:06

Au ralenti...parce que çà patine et çà peine, et on le voit et le lit aussi dans le texte de l'OCL pour cette tentative de coordination. Il y a moins de luttes de sites sur lesquelles on s'appuyait auparavent, il y a des années, et le mouvement libertaire me semble moins présent sur ce terrain qu'à une époque. Du coup, à part faire de belles déclarations ou de jouer au plus radical que moi tu meurts, on manque un peu de perspectives dans le concret. C'est bien pour celà qu'il ne faut pas tourner les tallons pour le moment au sein du réseau, en laissant le terrain aux réformistes sans combattre, et porter le débat, porter les contenus, pour ne pas se couper encore d'une grande partie du réseau militant, parce que ce réseau est encore constitué à la base de groupements et associations vivantes. C'est avec cette base qu'il y aura des perspectives, et peut être d'autres perspectives, à construire justement.
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Re: Avoir un oeil sur le Réseau Sortir du nucléaire

Messagede JPD » 21 Avr 2010, 04:35

Au ralenti...parce que çà patine et çà peine, et on le voit et le lit aussi dans le texte de l'OCL pour cette tentative de coordination. Il y a moins de luttes de sites sur lesquelles on s'appuyait auparavent, il y a des années, et le mouvement libertaire me semble moins présent sur ce terrain qu'à une époque. Du coup, à part faire de belles déclarations ou de jouer au plus radical que moi tu meurts, on manque un peu de perspectives dans le concret. C'est bien pour celà qu'il ne faut pas tourner les tallons pour le moment au sein du réseau, en laissant le terrain aux réformistes sans combattre, et porter le débat, porter les contenus, pour ne pas se couper encore d'une grande partie du réseau militant, parce que ce réseau est encore constitué à la base de groupements et associations vivantes. C'est avec cette base qu'il y aura des perspectives, et peut être d'autres perspectives, à construire justement.


Autrement dit, Pierrot, c'est quand la conflictualité est en baisse que l'on doit fonctionner avec des organisations réformistes et quand elle est en hausse qu'on s'autonomise ? Je te signale quand même que notre volonté de ne pas être dans le réseau date d'une période assez "haute" du mouvement antinucléaire. Je ne vois pas pourquoi nous y serions maintenant car dans le réseau le terrain est "entre les mains des réformistes" depuis bien longtemps et maintenant c'est trop tard. Non je ne pense pas que "ce réseau est encore constitué à la base de groupements et associations vivantes" sinon sur le terrain environnementaliste.
Enfin, je te rappelle, mais peut-être ne le sais-tu pas, que vers 1998 il y a un peu plus de dix ans en tout cas, l'AL avait signé le "manifeste pour une sortie immédiate du nucléaire" et qui était la base politique du Réseau "Stop nucléaire" et qui n'était pas un regroupement des ou de certains libertaires, mais un regroupement de comités de site, entre autre Stop Nogent, la CLADE dans le Limousin, le CLAP poitevin, le comité contre l'enfouissement des déchets dans la Marne, le comité antinuk de Reims et quelques autres. L'AL avait donc signé sa participation à Stop nucléaire et qu'avons nous vu très peu après ? Qu'elle était AUSSI adhérente du Réseau pour un avenir sans nucléaire ! Fichtre ! Deux fers au feu... C'est pas bien ça !
Par ailleurs je tiens à rappeler que le slogan que nous défendions et promouvions "Pour une sortie immédiate du nucléaire" a fait un tabac en 2001 lors des manifs décentralisées organisées à Nantes, Strasbourg, Lille, Toulouse et Paris. Des cortèges importants s'étaient formés derrière ce slogan qui unifiait et ralliait les opposants à la ligne politique du Réseau et avec encore plus de force à Nantes et à Toulouse (dans cette ville le Réseau a été largement débordé, il y eu même des incidents)... La plupart des libertaires étaient présents dans ces cortèges.Il y avait là matière à poursuivre dans cette voie, à exister politiquement en dehors des Verts et de Greenpeace, mais non, passé les manifs plus rien... Les anars se sont réfugiés de nouveau dans le Réseau qui l'année suivante appelait à voter Chirac. La boucle était bouclée.
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Re: Avoir un oeil sur le Réseau Sortir du nucléaire

Messagede Anti-K » 21 Avr 2010, 12:30

Voici quelques réponses sur le contexte qui fait que nous fonctionnons au relalenti sur caen. Nous sommes près d'un lieu de lutte où le réseau a participé par les stratégies qu'il n'a eu de cesses de promouvoir de désarmer. le texte parut dans le journal anarchiste soleil noir permet de sentir l'ambiance locale. A noter que tout radicaux que nous sommes nous avons toujours été bien accueillis sur les fronts de lutte, que notre critique est entendue, mais a du mal à porter réellement pour l'instant...


L’HEURE DE LA SOUMISSION.
RETOUR SUR LES LUTTES ANTI-THT EN COTENTIN-MAINE.

Nous étions nombreux-ses, notamment pour ceux et celles qui s’étaient mobilisés au sein du CRAN (Collectif Radicalement
AntiNucléaire) à porter pas mal d’espoirs sur les luttes anti-THT en Ile-et-Vilaine, Mayenne et Sud-manche, au vue des franches
mobilisations des habitant-e-s.
Mais force est de constater qu’aujourd’hui les illusions écologistes semblent avoir pris le dessus, et avec elles les aventures citoyennes.
Celles qui font renoncer au rapport de force, au profit des négociations et des enquêtes de contre expertise, et prendre
la décision d’une tenue d’enquête épidémiologique autour des THT par la justice fin août, pour une victoire.
Courant juin, l’enquête publique autour des lignes THT (très haute tension) mises en place par RTE (réseau de transport d’électricité)
pour acheminer l’électricité produite par le nouveau réacteur nucléaire (EPR) de Flamanville, a eu lieu. L’opposition
à cette enquête publique a été pour le moins réduite. Seuls 4 maires ont refusé d’accueillir l’enquête publique en mairie, tandis
que la plupart ont joué le jeu d’un Etat qui a pipé les dés depuis longtemps. Des rassemblements ont accompagnés les registres
enquête, mais sans s’opposer réellement à leurs tenues. Des registres de contre-enquêtes « citoyennes » étant simplement déployés,
pour faire office d’opposition. Et les seules grandes manifs qui ont été organisées, l’ont été en fin d’enquête, après
l’heure de clôture: elles n’ont regroupé que 200 personnes à Ernée et une petite centaine à Percy. Quand on se souvient des
milliers de personnes encore présentes il y a quelques mois, il y a de quoi être pessimiste quant à la tournure que semble prendre
la mobilisation.
A noter que sur Caen, la mobilisation n’était pas vraiment plus au rendez-vous. Des antinucléaires ont déployés des banderoles
sur des lignes hautes tensions, tandis qu’un appel à action a réunit plus de flics que de manifestant-e-s, et donner l’occasion
à la police de procéder à quelques contrôles d’identité.
Bien sûr, l’Etat n’a pas choisi juin au hasard, mais il ne fallait pas s’attendre à ce qu’il fasse de cadeaux.
Il est toujours aussi crucial de s’opposer au nucléaire, à son Monde et à sa relance, de la France à l’Italie. Au moment où l’EPR
est vendu comme une vitrine du développement durable, le pendant du renouvelable ; au moment ou ce renouvelable s’industrialise
avec les conséquences qu’on peut déjà deviner; que la politique de l’Etat « écologisée » rejoint la position des Verts,
« un euro pour le nucléaire,un pour le renouvelable »; il était plus qu’important que l’opposition s’organise réellement et s’oppose à
l’enquête publique.
Le texte Il est temps d’y aller, distribué lors de rassemblements contre l’enquête publique tente de poser les enjeux de cette période.
Un court témoignage sur la journée de mobilisation du 11 juin au Chefresne permet de sentir l’ambiance sur place. Deux
textes reviennent sur les procès en court, notamment le procès en appel pour les
gens du Ganva qui aura lieu en octobre à
Caen ▪


*********************
IL EST TEMPS D’Y ALLER !

Nous y voilà, l’enquête publique sur les THT est lancée depuis le 2 juin.
Une enquête toute factice, comme l’ensemble des enquête publiques engagées
par les nucléocrates. Les enquêtes publiques ne sont pour eux qu’un
espace publicitaire, un moment où l’on donne l’illusion d’écouter les citoyens.
Le nucléaire c’est un Monde qui dépasse ses simples installations et leur
nuisances. Bien sûr, de Flamanville à la Hague en passant par Tricastin les
« incidents », comme ils disent, produisent leur cortège de leucémies,
mais ils se prolongent bien au-delà de leur environnement immédiat, des
lignes THT, au développement des lignes TGV, en passant par nos décors
high-tech, nos villes illuminées, sans oublier bien évidemment le soutien
de dictatures qui permettent de récupérer de l’uranium comme au Niger,
et de guerres avec leurs menaces atomiques permanentes et leurs résidus
d’uranium appauvri.
Et c’est un Monde qui ne s’embarrasse guère de ses oppositions. Les procès
contre des militant-e-s de Greenpeace qui avaient occupé le chantier
EPR et contre les occupant-e-s du pylône de Flamanvile en avril 2007 en
sont un des meilleurs exemples. On tente de faire taire en frappant le
porte-monnaie.
Et bien évidemment ce Monde là on ne l’arrête ni avec un bulletin de vote,
ni avec des arrêtés anti-THT, qui ont au moins eu le mérite de démontrer
que notre démocratie, déjà toute factice, ils se la carrent… Les contreenquête
publiques ou les enquêtes scientifiques si elles ont le mérite d’informer,
ne suffisent à elles seules à s’opposer aux nucléocrates et à leurs
projets.
Certain-e-s ont pensé qu’il suffisait d’enfouir le problème pour qu’il
disparaisse avec l’enfouissement des lignes. C’était oublier que l’enfouissement
ne changeait rien aux nuisances électromagnétiques, et surtout que
pendant ce temps le Monde nucléaire continuait de tourner...
Aujourd’hui encore la question d’un moratoire est mise en avant. Pourtant
ce n’est qu’une bombe à retardement qui finira par nous sauter à la gueule
tout en risquant de nous démobiliser, d’ici là.
Ceux et celles qui ont cru ou continuent de croire au fait qu’on pouvait
transiger avec ce Monde sont bien obligés de s’apercevoir que, lui, ne
transige que s’il y est contraint. Et du Grenelle de l’Environnement (auquel
des organisations comme Greenpeace se sont empressées de participer) à
la demande d’enfouissement des lignes THT, c’est par la négative que l’État
répond, tout en continuant d’intégrer ceux et celles qui deviendront ses
écologistes. Les récentes déclarations de Sarkozy montre bien la stratégie
de l’Etat, investir dans un peu d’éolien pour mieux continuer le nucléaire
La résistance ne peut s’organiser que sur un tout autre terrain. Certain-e-s
comme les gens du GANVA se sont engagés dans la résistance active, en
occupant des pylônes, ou en arrêtant des trains de déchets radioactifs. En
Ile-et-vilaine, en Catalogne entre autre, des sabotages ont eu lieu. A Plogoff,
le maire avait refusé d’accueillir l’enquête publique obligeant le préfet
à déployer des mairies annexes et à occuper militairement la commune
pour protéger les registres. Des pistes sont là ou à réinventer. Ce moment
où l’enquête publique passe de villages en villages est propice pour montrer
notre détermination au gouvernement, mais le combat ne s’arrêtera
pas là. Le moment où les travaux commenceront sera sans doute tout aussi
important
Et cette résistance, plus elle sera massive et solidaire, plus elle aura un
coût symbolique et réel pour l’Etat, plus elle aura de chance de faire plier
un tant soit peu l’adversaire.
En se réappropriant nos luttes, nous nous réapproprions nos vies en déterminant
ce que nous ne voulons pas▪
CRAN@no-log.org
http://www.anartoka.com/cran

***********************
Journée de mobilisation
du 11 juin au Chefresne ▪

Lorsque les émissaires de la préfecture sont arrivés, ils tombent sur une quarantaine
de personnes et l'entrée de la mairie murée. Celle-ci est fermée à clé, tandis
que le maire constate l'impossibilité pour l'enquête d'avoir lieu. "C'est l'expression
citoyenne qui s'exprime".
Le commissaire enquêteur entre deux est arrivé. il constate lui-même, discute du
bien fondé de cette concertation. Bien évidemment tous les gens présents soulignent
le caractère factice de l'enquête. Lui tente de vendre sa soupe républicaine.
Sur le parking RTE, qui prend financièrement en charge l'enquête a pré positionné
un camping car. C'est là que se tiendra l'enquête dans une mairie annexe. Trop
peu nombreux-ses et divisé sur la question d'empêcher réellement la tenue de l'enquête
jusqu'au bout (ah les illusions citoyennistes), banderoles et registres de
contre -enquête sont de sortie.
Le camping car subit de son côté un léger soucis au niveau de 2 de ses pneumatiques.
20h l'enquête publique se termine pour le Chefresne, avec quelques accrocs
symboliques, la nécessité de sortir les mairies annexes et un camping car aux
pneus dégonflés. Mais tenue tout de même, ce qui la rend valide.
Et lors de cette venue, aucun des écologistes d'Etat, si prompt au jeu électoraux,
mais absents à l'heure de manifester notre détermination aux nucléocrates de tous
poils. On peut d'ailleurs regretter le manque d'opposition en nombre. mais finalement
on a ce qu'on mérite, et au Chefresne, les gens ont eu au moins le mérite de
tenter de s'opposer...
Maintenant, il faudra une opposition bien plus déterminée pour faire reculer les
nucléocrates ▪

▪ Témoignage glané sur le site du CRAN

Source : Soleil Noir- spetembre 2009.

http://www.anartoka.com/pas-dupes/viewtopic.php?t=3128
http://www.fichier-pdf.fr/2010/01/03/vf2fkk4/
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Re: Avoir un oeil sur le Réseau Sortir du nucléaire

Messagede fabou » 21 Avr 2010, 18:55

Posté sur le Forum Anarchiste :

Méfiez vous des apparences !!!

Il n'y a pas, d'un coté, "les gentils" (S.Lhomme) et de l'autre "les méchants" ("P.Brousse").

Quelques précisions :

Stéphane Lhomme est marié à une des fille de José Bové, qui à la facheuse tendance de placer tous ses proches à des postes hauts placés au sein de la sphêre écolo. Sa femme aux Faucheurs Volontaires et à la gestion des terres "collectives" (arf ! la grande imposture !) du Larzac, sa fille conseillère régionale, son pote François Dufour conseiller régional, l'amie de sa fille gérante de terres sur le Larzac et assistante parlementaire, un ami toulousain (françois simon, ex socialiste) conseiller régional ... etc. Et, bien sur, Stéphane Lhomme, le petit gendre, porte-parole du réseau Sortir du nucléaire. Ce dernier est connu pour son égo surdimensionné et son autoritarisme sans limites. Mais il est contrairement à Philippe Brousse (véritable opportuniste lui aussi), réellement anti-nucléaire.

Donc, cette histoire au sein du réseau Sortir du Nucléaire est, à mon avis, qu'une histoire d'égo et de pouvoir entres deux hommes dont tout le monde sait qu'ils se détestent de longue date.

Présenter un autocrate opportuniste comme Stéphane Lhomme en sincère militant pour la démocratie au sein du réseau est un magnifique tour de passe-passe. D'autant plus savoureux quand on sait que "beau papa" échange régulièrement par texto avec ... Nathalie Koscusko Morizet !!

Bref, à la tête du réseau Sortir du Nucléaire, on ne se bat pas pour des idées, on se bat pour des places.
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Re: Avoir un oeil sur le Réseau Sortir du nucléaire

Messagede Pïérô » 21 Avr 2010, 20:09

JPD, "période haute" je vois pas trop depuis 1981. Le comité antinuk de Reims ou le CLAP de Poitiers depuis la fin de la lutte Civaux il ne me semble pas que celà rassemblait (rassemble encore ?) beaucoup. Bon alors çà me parait un peu caricatural ce qui est dit là. L'OCL depuis des années cultive l'isolement, AL a fait un autre choix (dit comme celà peut-être un peu caricatural aussi d'ailleurs). Il y a des choses que je partage avec l'OCL et d'autres avec AL. Ce n'est pas la première fois qu'AL se retrouve dans des espaces différents sur le même terrain. En tout cas là sur le coup je ne vois pas trop le problème dans ce domaine là. Aujourd'hui, la question est bien de l'ordre des perspectives et que l'on sorte du réseau tout de suite ou plus tard celà n'en ouvrira pas forcement, mais tout de suite et en plus sans combattre je ne vois pas vraiment pour construire quoi et avec qui, et j'ai envie de dire malheureusement d'ailleurs. En plus c'est sur le principe, car je me demande un peu ce que l'on y apporte à ce réseau. Du coup c'est aussi une occasion pour replacer les enjeux. Tout ce qui est de l'ordre d'un mouvement antinucléaire, ecologique sur des bases révolutionnaire est très minoritaire aujourd'hui et le petit mouvement libertaire, en plus très morcelé, peine à la tache. C'est dommage mais c'est comme çà, et l'incantation ne transforme pas la réalité. Après, mais je l'ai dit, je pense que malgré cette situation il y a des choses à faire ensemble, et dans ce domaine comme dans d'autres. Qui a des pistes ?...
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Re: Avoir un oeil sur le Réseau Sortir du nucléaire

Messagede fabou » 22 Avr 2010, 21:18

Il y a déjà d'autres "pistes" existantes : pour preuve les nombreux collectifs locaux anti-nucléaires qui existent en France. Et puis tous ces gens, inorganisés, qui participent à toutes les actions anti-nucléaires ...

Pas besoin selon moi de recréer une usine à gaz. Il suffit juste d'être sur le terrain de la lutte anti-nucléaire, en paroles et en actes, en participant aux collectifs et aux actions existantes.
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