SOLIDAIRES / SUDs

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Messagede leo » 24 Nov 2009, 16:50

Jusque là, il y avait un topic sur le syndicat SUD et le ministère de l'intérieur.
viewtopic.php?f=12&t=1891

On peut peut-être élargir la rubrique en partant de cet article du Monde, même si l'opportunisme semble la valeur la mieux partagée dans le petit monde du syndicalisme !



A Marseille, les syndicats s'affrontent durement pour être représentatifs
LE MONDE | 24.11.09 | 15h13 • Mis à jour le 24.11.09 | 15h13
Marseille Envoyé spécial

Marseille, les militants syndicaux ont le tournis. La loi sur la représentativité de 2008 a bouleversé les règles et amplifié une compétition syndicale déjà rude sur le terrain, donnant lieu parfois à des scénarios inédits.

Deux exemples : SUD s'est allié à la CFTC et a soutenu la CFDT pour prendre le comité d'entreprise de la Régie des transports marseillais (RTM) à l'axe CGT, FO, CFE-CGC. A la SNCF, FO a perdu la représentativité au niveau national mais l'a conservée sur la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, alors que la CFDT, représentative au niveau national, ne l'est plus au niveau régional. En Italie, on dit "grande casino". A Marseille, on parle de "pétaudière".

Avec la nouvelle loi, tout syndicat qui n'atteint pas 10 % aux élections professionnelles ne peut plus prétendre à la représentativité dans une entreprise, 8 % dans les branches et l'interprofessionnel à l'horizon 2013. Cela signifie qu'un syndicat ne peut plus négocier, signer des accords, qu'il n'a plus de délégué et qu'il perd des moyens matériels : heures de représentation, finances, local. Jusqu'alors, nul ne pouvait remettre en question la représentativité des "cinq", CGT, CFDT, FO, CFTC et CFE-CGC.

"La loi va redistribuer les cartes mais cela prendra du temps", explique le secrétaire régional de la CFDT, Charles Pellotieri. A la RTM, raconte Patrick Parra, le responsable départemental et ancien secrétaire du syndicat de la régie des transports urbains, "la CFDT a gagné le CE en s'alliant avec SUD, la CFTC et le Syndicat libre contre un axe CGT, FO, CFE-CGC et UNSA". Au sortir des élections de juin, l'UNSA a perdu sa représentativité. "Je suis élu depuis trente ans et je continuerai", fait valoir Roger Anunziata (UNSA), qui regrette que "les syndicats se contestent entre eux plutôt que s'opposer au patron".

L'alliance de SUD avec l'organisation chrétienne, la CFTC, et le Syndicat libre, issu de la CSL connue pour ses proximités avec l'extrême droite, peut surprendre. Pour Christian Bosc, délégué SUD à la RTM, "avec cet accord, nous avons fait plus de 10 % des voix". SUD bénéficie de la représentativité, et la CFTC et le SL ont des délégués syndicaux... sous étiquette SUD. Dur à suivre !

Directeur de la RTM, Pierre Reboud est inquiet. "Les syndicats ont peu de culture de négociation, dit-il, et la nouvelle loi pousse les organisations à la compétition : avec des mandats syndicaux de deux ans, on a une année pour travailler avec eux et une année de campagne et de surenchère."

Faire le boulot

Tous les syndicats s'accordent sur une chose : cela va pousser les militants à faire le boulot. "Ceux qui faisaient du syndicalisme pour aller à la pêche dégageront, c'est bien", assène le président de la CFTC 13, Alain Beveraggi, bien que son syndicat ait déjà perdu sa représentativité dans un certain nombre d'entreprises. Secrétaire départemental du puissant syndicat FO, Alain Comba n'est pas inquiet. "Dans certaines boîtes, c'est le couteau entre les dents : ceux qui font vraiment du travail se battront jusqu'au bout et ceux qui ne foutaient rien vont devoir se bouger ou disparaître", explique-t-il. Jean-Marc Lafon, responsable CGT à la RTM, enfonce le clou : "Les élus qui perdent leur mandat et ne veulent pas retourner à la production ont oublié que leur seul lien à la boîte, c'est le contrat de travail."

Pour autant, même à la CGT, qui a soutenu avec la CFDT la réforme, le débat est vif. Délégué chez Carrefour à Aix-en-Provence, Patrick Ait Aïssa ne décolère pas. "Je suis effondré de la position de la CGT : c'était déjà dur de s'implanter dans le commerce, là ça va être impossible", explique-t-il. Son collègue CGT au Carrefour Port-de-Bouc, Franck Gaulin, pense, lui, que les effets sont "positifs" et que les "accords pourris avec des syndicats minoritaires ne seront plus possibles".

La réforme est complexe à mettre en place. Le travail de compilation des résultats est énorme, explique la directrice départementale du travail, Isabelle Olive-Liger. "Les erreurs risquent d'être nombreuses : il faut tout vérifier pour éviter les contestations, dit-elle, et certaines entreprises changent d'activité et même disparaissent après avoir envoyé des résultats électoraux."

Rémi Barroux


http://www.lemonde.fr/societe/article/2 ... L-32280184
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Re: Evolution du syndicalisme - Avoir un oeil sur SUD

Messagede L'autre facteur » 24 Nov 2009, 19:01

Ce qui est clair c'est que la loi du 20 aout 2008 pousse à des regroupements contre nature pour ne pas perdre la représentativité, qui n'est pas une chose mineure (droit de poser des préavis de grève par exemple). Mais là, c'est une dérive totalement inacceptable pour SUD. Je pense que ça va fouttre un sacré le bordel dans Solidaires.
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Re: Evolution du syndicalisme - Avoir un oeil sur SUD

Messagede Pïérô » 26 Nov 2009, 12:39

C'est clair, d'autant que ces tripatouillages avec ce type de syndicats çà la fout mal.
Et il est vrai que si la loi amène des tripatouillages dans tous les sens, et qui deviennent le lot commun pour tous les syndicats, il serait bon de réfléchir un peu à l'éthique du côté des SUDs.

Solidaires vient de pondre une réponse au Monde concernant le syndicat libre
(çà casse pas des briques :( ) :

Union syndicale Solidaires, Paris le 26 novembre 2009
à
Monsieur le Rédacteur en Chef
Monsieur Rémi Barroux, journaliste
Journal Le Monde

Messieurs,
Dans l’article intitulé : « A Marseille, les syndicats s’affrontent durement pour être représentatifs »,
publié dans votre édition du mercredi 25 novembre 2011, une phrase : «… L’alliance de SUD avec
l’organisation chrétienne, la CFTC, et le Syndicat Libre, issu de la CSL, connue pour ses
proximités avec l’extrême-droite, peut surprendre ...» constitue un amalgame entre le syndicalisme
SUD, une des composantes de l’Union syndicale Solidaires, et l’extrême-droite que nous ne pouvons
accepter.
Cette phrase laisse entendre des arrangements entre un syndicat SUD et un syndicat ayant des
proximités avec l’extrême droite. Votre affirmation ne correspond pas à la réalité de ce qu’est le
Syndicat Libre aujourd’hui dans cette entreprise. Si le Syndicat Libre de la RTM a été lié à la CSL lors
de sa création, ses fondateurs ne sont plus là et son animateur actuel n’a rien à voir avec cette histoire
là.
La rédaction de cette phrase peut laisser penser que nous tournons le dos aux fondamentaux et aux
valeurs de notre syndicalisme qui s’est toujours opposé à l’extrême-droite, ses pratiques et ses idées.
SUD, à la RTM comme partout, est confronté aux conséquences de la loi sur la représentativité. La
recherche d’alliance se pose dans ce cadre, y compris avec des syndicats avec qui il peut y avoir des
points de vue différents : cela existe pour les élections comme pour les actions, pour les organisations
de Solidaires comme pour tous les syndicats.
Eclairer vos lecteurs sur les questions et les difficultés sur le terrain qui découlent de cette loi est une
chose et nous ne nous permettrons aucun commentaire sur votre analyse. Mais nous ne pouvons
accepter qu’à travers le raccourci de la phrase rappelé plus haut, vous laissiez entendre à vos lecteurs
le manque de principe de notre syndicalisme sur un sujet qui nous tient particulièrement à coeur : le
refus de toute compromission et de toute proximité avec l’extrême droite et ses partisans.
Pour ces raisons, nous souhaitons que notre point de vue puisse être publié dans une prochaine édition
de votre journal afin qu’aucune ambiguïté ne subsiste dans la tête de vos lecteurs à la lecture de cette
phrase.
En espérant de votre part une prise en compte de notre démarche, je vous prie de croire, Messieurs, à
l’expression de ma parfaire considération.

Annick Coupé
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Re: Evolution du syndicalisme - Avoir un oeil sur SUD

Messagede Pïérô » 26 Nov 2009, 21:34

communiqué du secrétaire général de SUD RTM au Monde :

Suite à votre article tendancieux du 25.11.2009 concernant la
représentativité à Marseille. Article dans lequel vous faites un certain
nombre d’amalgames.
Le syndicat libre dont le secrétaire est Monsieur Paul TRINGALLE après
avoir été un militant durant 15 ans à FO, a été nommé en SG au syndicat
SL en 2006.
SUD qui a été parti prenante durant le conflit sur la défense du service
public durant 46 jours en 2005, avec le syndicat libre et la CFTC qui
étaient aussi dans cette bataille. Les seuls qui ont trahi
l’intersyndicale ce sont vos références UNSA et FO.

Quand à la CGT en 2006 lors des élections professionnelles elle n’a pas
hésité à mettre en place au poste de SG au Comité d’entreprise un élu de
la CGC qui n’était pas dans ce conflit majeur, et qui a frayé avec le
patron !

Alors Monsieur chacun choisi son camp, nous vous laissons dans vos
fantasmes. La loi sur la représentativité nous la subissons, et les
traminots ne s’y trompent pas en 5 mois d’activité dans le cadre de
notre alliance, SUD enregistre 30 nouvelles adhésions.

Salutation

Monsieur Alain VERCELLONE Secrétaire Général de SUD RTM.

(Ancien secrétaire général de la CGT)


çà reste quand même de sacré tripatouillages, mais çà éclaire un peu...un peu.
Et surtout il n'en reste pas moins que ce type de tripatouillage doit être interrogé...au moins.
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Re: Evolution du syndicalisme - Avoir un oeil sur SUD

Messagede Pïérô » 29 Nov 2009, 14:55

Alors autre versant merdique de cette question autour de la représentativité, c'est SFR qui attaque SUD sur cette question de la représentativité, avec un argument jamais utilisé devant la justice : Sud ne «respecte pas les valeurs républicaines» parce qu'il plaide pour un «socialisme autogestionnaire» ! :lol:
Bon, là je préfère.
D'un autre côté évidemment on comprend que çà va encore poser problème quant à cette question qui pour avoir une action syndicale est quand même importante même si celà ne fait pas tout évidemment, car seule la lutte paie dirons nous.

http://www.mediapart.fr/journal/economi ... u-tribunal
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Re: Evolution du syndicalisme - Avoir un oeil sur SUD

Messagede Pïérô » 02 Déc 2009, 00:10

à ce sujet, Communiqué de la LDH :

La République selon SFR :
une liberté syndicale sous surveillance idéologique patronale ?


Pour la première fois en France, un employeur a osé, le 30 novembre, prendre en otage les « valeurs républicaines » pour s’attaquer à la liberté syndicale et tenter d’instituer sous une forme privatisée un véritable délit d’opinion.

L’opérateur téléphonique SFR a en effet demandé au tribunal d’instance de Longjumeau de déclarer non représentatif le syndicat SUD au motif que ce dernier ne respecterait pas les « valeurs républicaines » dès lors que, déclarant se placer « dans la perspective du socialisme autogestionnaire », il « remet en cause le droit de propriété et la liberté d’entreprendre ».

On apprend ainsi que tout citoyen, et notamment tout travailleur, qui souhaiterait par exemple la nationalisation des entreprises s’engraissant sur le démantèlement du service public des télécommunications enfreindrait, aux yeux de la société SFR, des « valeurs républicaines » qui semblent se confondre avec la défense des intérêts patronaux. L’« identité nationale » prend décidément des contours de plus en plus révélateurs.

On trouve sur le site de la société SFR la proclamation publicitaire suivante : « Par son engagement auprès de ses clients et ses objectifs d’excellence en matière de développement durable et de responsabilité sociale, SFR investit dans la durée. » Si l’engagement auprès des clients inclut la transparence, il conviendrait sans doute que le message soit complété de l’indication que les syndicalistes et autres « socialistes autogestionnaires », en tant qu’adversaires des « valeurs républicaines », n’y sont pas les bienvenus. « Responsabilité sociale » oblige…

La Ligue des droits de l’Homme rappelle qu’au premier rang des « valeurs républicaines » figure la liberté syndicale protégée par la Constitution de la République et qu’en vertu de cette liberté la définition des principes et des valeurs que défend une organisation syndicale relève de ses adhérents et non de la volonté des employeurs.

Paris, le 1er décembre 2009
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Re: Evolution du syndicalisme - Avoir un oeil sur SUD

Messagede Nico37 » 02 Déc 2009, 22:08

Une info concernant les services financiers de la poste, extrait de Lutte Ouvrière de cette semaine :

À la gamelle ?

Sauf la CGT, tous les syndicats, SUD en tête, ont choisi de signer l'accord portant le nouveau projet de réorganisation des services financiers de La Poste, alors que celui-ci venait de faire l'unanimité du personnel contre lui.

Dans ce projet, la direction n'ose même pas avouer quels sont ses objectifs chiffrés de suppressions d'emplois. Elle demande juste l'aval des syndicats pour les réorganisations prévues, et qui pourraient « également être étendues à d'éventuelles autres réorganisations, non connues à ce jour, qui pourraient intervenir d'ici fin 2010 »...

Non seulement les syndicats signataires acceptent ainsi à l'avance toutes les attaques que le personnel ne veut plus subir, mais ils cautionnent à l'avance tous les licenciements réels ou déguisés voulus par les dirigeants.

SUD avait justifié à l'avance sa signature sous prétexte de pouvoir participer aux commissions de suivi. Son responsable, un des principaux porte-parole de SUD-PTT, a fait le tour de ses militants sceptiques, pour les convaincre du bien-fondé de cette signature. Comme quoi on peut jouer les syndicats radicaux, parler même de grève illimitée jusqu'à satisfaction, il est vrai de façon complètement artificielle, et s'aplatir devant la direction dans l'espoir d'un peu de « grain à moudre ».

Correspondant LO
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Re: Evolution du syndicalisme - Avoir un oeil sur SUD

Messagede Diogène » 03 Déc 2009, 07:23

Ils sont gentils à LO :) . Ils cautionnent toutes les saloperies de la CGT (y compris les trahisons récentes sur la lutte contre la privatisation de La Poste) et ils continuent à jouer aux militants irréprochables. Alors les "infos" d'un correspondant anonyme de LO... :gun:
Cela ne déouane par SUD-PTT pour autant.. Si les choses sont aussi simples que celles présentées dans cette courageuse brève... :v:
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Re: Evolution du syndicalisme - Avoir un oeil sur SUD

Messagede leo » 07 Déc 2009, 11:03

Une texte critique d'un syndicaliste de SUD-Rail qui rue dans les branquards et vient de démissionner de ses responsabilités
Trouvé ici
http://cccforum.propagande.org/viewtopi ... =12&t=8221

Nous sommes de plus en plus nombreux à nous poser des questions quant au devenir syndical de SUD.

Loin de représenter les idéaux de lutte qui nous ont poussé à adhérer au modèle SUD, nous constatons amèrement qu'au fil des derniers mois, il apparaît en notre sein des dérives bureaucratiques douteuses et dangereuses.

Ci dessous le texte d'un camarade de SUD Rail de la région PACA, Sébastien JO., qui vient de démissionner de toutes ses responsabilités syndicales au sein de la Fédération.

"En préalable, je tiens à préciser que mon propos n"est pas de dénigrer le travail très pointu que font certains camarades, chose nécessaire pour la maîtrise de dossiers la plupart du temps relativement complexes, mais plutôt d"ouvrir le débat sur l"opportunité de notre participation à toutes ces commissions, tables rondes, réunions et pseudo-négociations que la direction de l"entreprise organisent. Ayant assumé quelques responsabilités syndicales, je sais que la tâche est ardue, et plus d"un écueil guettent ceux qui choisissent le chemin de la lutte. C"est pourquoi, plutôt que de polémiquer, cette petite réflexion est une question posée directement à tous celles et ceux qui participent à la vie de notre organisation syndicale dans le but d"un débat constructif.

Depuis les dernières élections, notre participation quasi-systématique à toutes les commissions et autres tables rondes au sein de notre entreprise m"interroge sur l"utilité et le sens de ma contribution. En effet, je pense que vouloir tout régler avec des commissions ci, table ronde là, révèle d"une conception totalement étriquée des problèmes sociaux. De même que le pouvoir joue sur l"atomisation du corps social, les "partenaires sociaux" avec les commissions, montrent leur conception décousue de l"action syndicale.

Aujourd'hui, dans notre entreprise nous avons des commissions pour tout : la politique de l"emploi, les salaires, la stratégie d"entreprise, la mobilité, les conditions de travail, l"amiante, le stress, la formation, l"égalité homme-femme, les retraites, le pouvoir d"achat…. comme si tout cela n"était pas lié et ne devait pas former un seul et même sujet : celui de la condition du salariat.

Certains diront que sans notre participation à toutes ces commissions, nous n'avons aucunes informations et perdons toute crédibilité auprès des cheminots. A ceux-là, je répondrais qu"en faisant le distinguo entre ceux qui participent aux réunions au plus haut niveau du pouvoir et les autres, leur vision relève d"une conception hiérarchique de l"entreprise et de la société. De plus, derrière l"apparence de "scientificité" en prétendant suivre l"avis de pseudo-experts dont les conclusions sont la plupart du temps données à l"avance dans les attendus de leurs missions, toutes ces commissions ne servent qu'à masquer la cohérence de l"ensemble d"une idéologie non avouable tout en relevant d"une conception managériale et technicienne du pouvoir. Cette idéologie non avouable est celle de la domination et de l"exploitation. La conception managériale et technicienne du pouvoir quand à elle, est une idéologie destinée à exclure la dimension humaniste, donc à masquer à la base comme aux dirigeants eux-mêmes ce qui, dans l"existence collective, ne peut se réduire à une problématique technique. La cohérence du système à l'oeuvre dans notre entreprise, mais aussi dans la société, au travers de la multiplication des commissions, est donc bien celle de la domination, de l"exploitation et de la négation de la part d"humanité présente en chacun de nous. La participation de syndicalistes à ces mascarades, cautionne, banalise et contribue à édifier ce système. Le plus troublant est que celles et ceux qui acceptent de travailler dans les commissions sont pour la plupart de bonne foi, mais ont eux-mêmes une conception si atomisée des problèmes sociaux qu'ils ne se rendent même pas compte de ce à quoi ils contribuent, tellement il sont imprégnés de l"idéologie gestionnaire au détriment d"une approche politique.

Après un tel bilan, force est de constater que la logique d"ensemble du "dialogue social" aujourd’hui est un échec pour l"ensemble des salariés. Par notre présence à toutes ces commissions, mais aussi dans les différentes instances aux cotés des syndicats de gestion, nous contribuons à masquer les réels effets de ce système. Il est donc vain de se demander si telle ou telle mesure, prise isolément, est bonne ou mauvaise. Il faut au contraire analyser à quelle logique d"ensemble elle participe et la critiquer comme telle.

Or, l"on peut constater que ce fétichisme des commissions et autres réunions au sommet se retrouve aussi au niveau interprofessionnel. En regardant les faits avec un peu de recul, on peut s"apercevoir que la dégradation de la condition des salariés dans notre pays concorde étrangement avec de nombreuses années de partage du pouvoir quasi égal entre 2 forces syndicales devenues libérales : la CFDT et la CGT. Non pas que ces organisations soient responsables de la situation. Mais par leur mode d"action, elles ont contribué à ce que les salariés ne distinguent plus les faits du sens qui leur est imposé, brisant ainsi leur capacité d"être libre, de ne pas être enfermés dans l"image, dans le regard du maître. En effet, là où l"axe vertical de la lutte des classes révèle le rapport de domination et d"exploitation, ce type de syndicalisme y a peu a peu substitué une axiologie horizontale, celles des rapports sociaux et des corporatismes. Leur mode d"action consiste essentiellement à donner la primeur au compromis avec le pouvoir en place via toutes les commissions, instances, tables rondes et autres mascarades ; cela masque leur renoncement historique à ce qui fait la grandeur du syndicalisme : le syndicalisme de lutte.

Mais qu'est ce que le syndicalisme de lutte?

L'idée syndicaliste répond d"abord, selon moi, à une question fondamentale qui va resurgir avec autrement plus de virulence qu'elle a été éludée : qu'est ce que l"homme? Le syndicalisme de lutte conçoit l'homme comme enfant des lumières. Il le promeut, de manière indifférenciée, au nom de l'égalité, par l'éducation. Il assure, par le combat politique, son émancipation dans le champ économique et social. Le syndicalisme de lutte est en fait une immense œuvre d"émancipation politique et philosophique. Il complète à ce titre toute la démarche entreprise au cours du siècle des lumières, il en est l"incarnation, le foyer vivant. Le syndicalisme de lutte, c"est donc un idéal, une pensée politique qui se prolonge dans le mouvement et dans l'action. A travers lui, le salarié s"élève en Homme vers une réalité supérieure à sa propre singularité.

Aujourd’hui, je suis intimement convaincu que seule une pensée globale révolutionnaire prenant appui sur des bases solides - la pensée des lumières - réveillera le syndicalisme pour le relever, et lui donner cette capacité d"incarner à nouveau la grandeur du salariat français, car seul "le génie de la France est tout entier dans le refus qu'on puisse encore discipliner les peuples au prix de leur saint abêtissement" (de Diéguez). Dans le contexte actuel, il est vital que la France redevienne cette nation porteuse de ce rêve éveillé : des citoyens égaux, libres et responsables au service d"un dessein supérieur : l"émancipation des Hommes, de tous les Hommes… Seul le syndicalisme de lutte, fidèle à sa tradition politique et philosophique, peut relever le défi. Le syndicalisme social-libéral par ses compromis et compromissions, est mort, lobotomisé puis perfusé intellectuellement par une pensée néo con"s. Que tous ceux là (les sociaux-libéraux) sachent qu"aucune loi, aucun pouvoir ne pourra arrêté ce mouvement de fond qui gronde jusque dans leurs rangs.

Stop aux commissions, tables rondes et autres mascarades !

Stop aux compromis pourris !

Stop aux reculs sociaux !

Vive la Vie !

Vive le syndicalisme de lutte !"

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Re: Evolution du syndicalisme - Avoir un oeil sur SUD

Messagede leo » 07 Déc 2009, 17:24

Autre témoignage d'un certain "Jean SUD Rail"
(extraits)
Quand j'évoque des pratiques bureaucratiques au sein de SUD Rail (et plus encore au sein de SOLIDAIRES), je fais référence à des réalités qui sont avérées à la CGT, réalités qui en théorie devaient être étrangères à SOLIDAIRES.

J'ai adhéré il y a plus de 13 ans à SUD Rail, comme beaucoup de camarades, en pensant que le modèle SOLIDAIRES était en rupture avec les pratiques bureaucratiques des autres syndicats.

La réalité est autre : passée les premières années où nous prenions en compte nos principes de rotation des tâches et d'autogestion, nous sommes amenés à reproduire les dérives des autres. Des militant-es sincères qui sont reconduits de mandat en mandat. Et ça c'est contraire en théorie à notre éthique.

Au plan revendicatif, SOLIDAIRES et SUD Rail, trop content d'être enfin accepté comme représentatif, se perd aujourd'hui dans les Commissions et intersyndicales molles alors que l'urgence sociale mériterait autrement plus d'initiative.

C'est pourquoi les dents grincent au sein de SOLIDAIRES aujourd'hui car nous sommes nombreux à nous poser des questions... Nombre de syndicats locaux de SOLIDAIRES n'ont pas participé à la journée d'(in-)action du 7 octobre appelée par l'intersyndicale SUD - CGT - CFDT. C'est tout dire... La direction (car il faut parler de direction même si cela me fait mal au cœur) de SOLIDAIRES décide, prend des orientations sans en aviser la base, sans en discuter au sein des structures SOLIDAIRES de base.
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Re: Evolution du syndicalisme - Avoir un oeil sur SUD

Messagede berneri » 07 Déc 2009, 17:45

Je considère pour ma part qu'Il est temps que les militants revolutionaires et libertaires s'engagent massivement dans le combat syndical plutôt que d'avoir un regard extérieur de mouches du coche... On ne peut pas se contenter d'une attitude contemplative ... les libertaires peuvent y porter l'esprit du fédéralisme, de l'indépendance, de la democratie directe, de la gestion ouvrière , de l'autonomie , de la revolution sociale... on va pas refaire la lettre aux anarchistes de pelloutier .

De nombreux libertaires sont syndiqués mais participent peu à la vie intérne de leur syndicat... les derives decrites au sein de Solidaires doivent faire réfléchir à celà.
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Re: Evolution du syndicalisme - Avoir un oeil sur SUD

Messagede Nico37 » 23 Déc 2009, 21:33

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Re: Evolution du syndicalisme - Avoir un oeil sur SUD

Messagede Pïérô » 06 Jan 2010, 22:18

J'ai pris le temps de regarder. Je trouve que çà manque un peu de force...çà fait mou, malgré une volonté perceptible d'y faire passer un souffle qui ne me semble pas passer par là, alors qu'il est sûr qu'il passe par une partie de ce qui est décrit, et au niveau des luttes qui se mènent. Bon j'ai du mal avec Khalfa en économiste gestionnaire du capitalisme, un capitalisme plus humain, mais même, je trouve qu'il ressort de cette vidéo un syndicalisme de lutte, mais qui oublie là le syndicalisme de transformation sociale qui normalement s'inscrit dans la même phrase, et j'y vois d'avantage un syndicalisme de résistance (préserver les acquis) qu'un syndicalisme offensif. Je pense qu'il aurait été bon de revenir sur ce qui s'est passé ces derniers temps, l'unité syndicale qui arrive à la fois à faire remonter le nombre de gens dans la rue pour dans le même temps poser une chappe de plomb sur toute possibilité de grève générale. Alors la question de la convergence des luttes, oui, mais pour faire quoi, aller vers ou ? Et la question de l'auto-organisation comme perspective face à l'apathie syndicale, face au fait que les gros syndicats ne se positionnent que dans un accompagnement ou du réformisme (et encore, plus çà continue plus çà se discute pour la CGT par exemple), n'est pas posée, et c'est quand même bien dommage je trouve.
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Re: Evolution du syndicalisme - Avoir un oeil sur SUD

Messagede Nico37 » 10 Jan 2010, 18:00

Darcos va devoir payer 333 000 euros à SUD-Solidaires 07.01.2010. 20 Minutes

Pour Sud-Solidaires, le père Noel s’appelle le Conseil d’Etat,… et le caissier est l’Etat. Un arrêt de ce 30 décembre va lui permettre de percevoir environ 330 000 euros,... et surtout le syndicat reçoit du Conseil d'Etat ses galons d'instance nationale. Le petit devient
grand.

Au départ une pratique pas illégale, mais qui n'est réglementée par aucun texte. Le Ministère du travail verse des pépètes aux centrales syndicales pour les aider au financement de la campagne pour les élections prudhommales. Et des sommes rondelettes. Pour les élections de décembre 2008, le ministère avait débloqué 4,32 millions d'euros : 997 016 euros à la CGT, à la CFDT et à FO ; 498 508 à la CFTC et la CFE-CGC, 332 339 au Medef, et 332 409 à l’UNSA, 166 169 euros à la CGPME et à l’UPSA. Avec un petit oubli, l’alliance Solidaires, qui réunit la constellation des syndicats SUD. Motif avancé par celui qui était alors ministre du travail, Xavier Bertrand : aux dernières élections, en 2002, Solidaires n’avait pas atteint le seuil de 5%.

Tout le problème est que cette pratique de subventionnement n’étant pas réglementée, elle répond aux principes qui doivent guider l’action de l’administration, et en l’occurrence le principe d’égalité. Une loi ou un décret pourrait limiter le financement en fonction des derniers résultats électoraux, mais le ministre ne peut opérer cette limitation de sa propre initiative. Excès de pouvoir. Une jolie victoire pour Solidaires, et qui va poser un problème délicat au ministère.

Dans la mesure où l’annulation vient du non-respect du principe d’égalité, l’application de l’arrêt du Conseil d’Etat devrait conduire à procéder à un partage équitable des 4,32 millions d’euros. Donc, le ministère devrait faire un pro-rata, et demander aux autres centrales de rembourser une partie des fonds, pour les restituer à Solidaires… De jolis comptes d’épiciers, et on imagine la tête des trésoriers. Aussi, il sera difficile au ministère de ne pas casser la tirelire, pour verser une subvention complémentaire à SUD-Solidaires. Annick Coupé, la porte-parole du syndicat a fait savoir que 330 000 euros, comme l’UNSA, lui paraitrait juste.

Au delà de ce joli chèque à venir, cet arrêt du Conseil d’Etat conforte Solidaires qui s’extirpe des enjeux locaux, pour devenir un interlocuteur national. Et ce d’autant plus qu’une autre arrêt rendu le même jour conclut que Solidaires a droit, comme les autres organisations syndicales, de siéger au Conseil économique, social et environnemental, et dans les instances régionales de cette noble instance.

Bonne journée pour Solidaires ! Et puis, une petite idée: le ministère pourrait plancher sur des règles simples pour le financement des
syndicats. Ce serait temps, non ?
Nico37
 
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Re: Evolution du syndicalisme - Avoir un oeil sur SUD

Messagede Nico37 » 18 Juil 2010, 17:39

Forum CNT-AIT : un ancien étudiant fait une critique constructive de Solidaires 63 et Sud étudiants...
Nico37
 
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