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Messagede Nico37 » 08 Mai 2009, 15:37

Lettre ouverte d'un vieux militant CGT (depuis 1955)

Lettre ouverte à Bernard THIBAULT, Secrétaire général de la CGT



Camarade THIBAULT entends-tu la colère qui gronde dans les manifs et les usines ?

Je viens d’écouter ta déclaration sur FRANCE-INTER ainsi que celles de J.C MAILLY de Fo et F. CHEREQUE de la CFDT. Je ne suis pas surpris, ce n’est pas la 1ère fois que tu tiens des propos démoralisateurs qui permettent que tu ais droit aux compliments du MEDEF et des ministres de SARKO. Par cette lettre, je veux te faire part du grave mécontentement qu’éprouve un grand nombre de militants qui sont scandalisés par les conséquences du virage réformiste de notre CGT depuis quinze ans (pour la plupart des membres du bureau confédéral et plusieurs secrétaires de fédérations REFORMISME est devenu synonyme de COLLABORATION). Je reviendrais un peu plus loin sur ta déclaration de ce jour.

Hier, je participais à ma 42ème manif du 1er mai (interdite de 1954 à 1967). C’est la 3ème qui connait un tel succès.

En 1968, nous étions environs 100 000 manifestants dans les rues de Paris. Le succès de cette manif nous aida considérablement au cours des semaines suivantes pour développer les luttes qui permirent des résultats fructueux.

2002 fut également un grand 1er Mai dirigé contre les dangers de l’extrême droite (LE PEN en particulier).

En conséquence, (mis à part 2002) le 1er Mai 2009, est le plus important depuis plus d’un demi-siècle. Hier à Laval, selon les infos de France Bleue Mayenne, nous étions près de 4000, c’est quinze à vingt fois plus que les années précédentes (y compris en 1968 il y avait moins de 300 participants). Ce succès est le résultat de l’action unitaire mais également et surtout du mécontentement qui touche l’ensemble des travailleurs, retraités, chômeurs, lycéens, étudiants etc.

Quelques mots sur des propos que tu tenais à la radio, début avril « Il est souhaitable que le 1er Mai nous soyons encore plus nombreux que le 19 Mars » s’exprimer ainsi est vraiment irresponsable de penser que le premier jour d’un long week end on va mobiliser autant qu’un jour de travail. C’est aussi la démonstration, à quel point les membres du Bureau Confédéral sont coupés de la base !

Maintenant j’arrive aux déclarations de ce jour (ce matin 2 Mai sur France Inter) dans l’ordre de l’émission : J. C MAILLY, B. THIBAULT, F. CHEREQUE. Déclaration correcte de S.G de FO qui propose que, après les succès du 1er Mai, il faut organiser une grève nationale inter- professionnelle, ensuite (j’ai vraiment l’impression qu’avec Chéreque, vous vous êtes partagés le sale boulot) tu es le 2ème intervenant pour dire qu’il n’est pas possible de demander aux travailleurs de faire grève, vu qu’ils ont de grosses difficultés financières (quel mépris pour les salaires les plus pauvres ! ) CHEREQUE ferme le banc, en affirmant que le gouvernement devrait tenir compte de la mobilisation du 1er Mai. Il n’est pas interdit de rêver, penser que l’on peut faire reculer avec deux manifs par trimestre c’est s’inscrire dans le domaine du rêve et de l’illusion !

Je rappelle qu’en 1968, nous étions plus de neuf millions en grève (avec occupation des entreprises), des millions d’autres salariés n’étaient pas dans le mouvement, beaucoup d’entre eux nous ont rejoint dans les luttes dans les années suivantes. Parmi les grévistes, des millions étaient payés au SMIC, quelquefois moins, notamment les jeunes qui subissaient des abattements et les salariés de l’agriculture. Dans la ville où je travaillais Argenteuil dans le Val d’Oise, sur environ 10 000 grévistes, de nombreux smicards notamment les femmes et les immigrés étaient très engagés dans le mouvement. Sur les fiches de paies du mois de juin, un bon en avant 35% de plus pour le SMIC et 55 % sur les SMAG (Salaire Minimum Agricole Garanti). L’action commune des OS avec les ouvriers qualifiés, les employés, les techniciens, et une partie des cadres avait été positive pour tous.

Deux exemples récents démontrent que les travailleurs les plus pauvres n’hésitent pas à s’engager dans l’action, nos camarades de Guadeloupe et de Martinique, encore plus mal payés qu’en métropole se sont engagés dans une lutte difficile et ils ont imposés les résultats que l’ont connait (44 jours de grève en Guadeloupe).

Depuis un an, les sans papiers ont aussi démontrés que des travailleurs mal payés et pauvres peuvent faire reculer Patronat et Gouvernement, il est vrai qu’ils ont le soutien de nombreux militants de la base, si bien que le Bureau Confédéral a du prendre le train en marche et soutenir la lutte des sans papiers !

Avant de conclure, je veux ajouter quelques mots sur les dizaines de milliers de salariés qui luttent, quelquefois depuis plusieurs mois, notamment dans la métallurgie, la chimie, l’enseignement, l’EDF, la santé, la poste etc. J’ai une pensée particulière pour les camardes de l’EDF qui vont recevoir pour le mois d’avril des fiches de paie amputée de 40 à 60 %. Je pense aussi aux enseignants qui depuis cinq ans, ont perdu la valeur de plusieurs semaines de salaires sans obtenir des résultats suffisants. Les directions confédérales portent une partie importante de la responsabilité de cette situation, jusqu’à présent, elles n’ont pas pris les dispositions nécessaires pour réaliser le Tous ENSEMBLE, EN MEME TEMPS. En 1968, dans un contexte, avec des points communs avec celui que nous connaissons en 2009, la CGT n’a pas appelé à la grève générale mais nous avons distribués des millions de tracts appelant à la généralisation des grèves, le résultat fut concluant.

Il est grand temps que la Direction Confédérale entende cette volonté d’agir Tous Ensemble. A de nombreuses occasions, nous avons imposés des acquis considérables, notamment en 1953, 1968, 1995. C’est possible, dès maintenant, à condition que la CGT retrouve ses couleurs.

J’ose espérer que ces aspirations qui grandissent partout à la base seront enfin entendues.

Salutations syndicalistes.

Marcillé le 2 Mai 2009 Collet Marcel militant CGT depuis 1955




PS : Depuis 1995, j’ai adressé une demi douzaine de courrier à la direction confédérale, je n’ai jamais reçu de réponse … Vu la gravité de la situation actuelle, cette lettre sera rendue publique.
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Re: Lettre ouverte d'un vieux militant CGT (depuis 1955)

Messagede Alayn » 08 Mai 2009, 17:18

Bonsoir ! Lettre très intéressante et qui traduit bien le mécontentement des syndiqué(e)s de la base, notamment CGT.

Nous avons entendu aussi ce genre de propos dans les dernières manifs récentes.

Salutations Anarchistes !
Alayn
 

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Messagede L'autre facteur » 11 Mai 2009, 15:57

Sans faire trop long et en sachant qu'il y a dans le mouvement libertaire des appréciations différentes de l'intérêt du syndicalisme, je pense qu'il faut se pencher sur les évolutions du syndicalisme. Au moins pour celles et ceux qui pensent que pour faire la révolution sociale il faut à minima que les travailleurs s'organisent pour reprendre en charge la production, et qu'en attendant que d'autres formes de regroupements que les syndicats soient investis en masse par les travailleuses et travailleurs, il faut prendre en compte les formes de regroupements qui existent dans le salariat.
Sans développer outre mesure on sait que partout en Europe, avec des rythmes différents il y a une volonté d'intégration complète du syndicalime (Allemagne il y a longtemps, Italie espagne plus récemment...etc...). En France, cette tendance n'est pas totalement aboutie quoi qu'on en dise. Je ne parle d'anarcho-syndicalime, c'est encore un autre sujet.
Même si le vers était dans le fruit à l'origine (histoire du syndicalisme chrétien), il a fallu 25 ans (1978 - 2003) pour que la CFDT bascule totalement dans le camps du syndicalisme d'accompagnement assumé et que tout les soubressauts internes liés à cette mutation soient digérés. Tout n'a pas pu être digéré et ça a laisser de la place à une nouvelle organisation syndicale ; Solidaires qui regroupe aujourd'hui 90000 adhérants.
Depuis les années 90, c'est au tour de la CGT d'être rentrée dans cette mutation. Je ne developpe pas ici les raisons de cette mutation et ça ne veut pas dire qu'il n'y avaient pas de critiques à faire sur la CGT avant, mais là ce qui se joue, c'est la fin du syndicalisme contre outil de contestation sociale.
Si la mutation de la CGT va à son terme, c'est une catastrophe à la fois pour le syndicalisme de lutte, mais aussi pour tout courant révolutionnaire dans la mesure où cela imprimera des comportements sur les salariés qui rendront les choses bien plus difficile (voir situation de l'Espagne où rien ne se passe au niveau national et interpro, même pas les journées sans lendemain qu'on connait ici, alors qu'il y a 17% de chomage au lieu de 9% ici). Il n'y aurait comme moyen d'intervenir que des choses qui resteraient aux portes d'entrées des boites.
Or il y a 3 options. Mutation réussit sans difficultés internes. Difficultés internes qui empêchent ou ralentissent les mutations, ou départs de secteurs de la CGT et éventuellement recomposition syndicale. Toutes ces options dans une situation où le pouvoir à décider de modifier les règles de représentativité syndicale pour bousculer le paysage syndical en essayant de créer deux gros pole d'accompagnement pour remplacer les "8 orga syndicales" de l'intersyndicale actuelle.

Donc l'objet de ce topic est de lister les choses qui montrent des signes de résistances à la mutatuon de la CGT ou des conséquences des tiraillements stratégiques internes.

Par exemple autour de la date du 19 mars, il y a eu pas mal de motions syndicales (syndicats, UL, UD) qui réclamaient à la Conf une position plus offensive que de proposer le 1er mai unitaire. Et ce coup-ci ce n'était pas seulement les syndicats "tenus" par le POI (dont on connait la pratique de motion).
Autre exemple, dans le Nord, le syndicat CGT de je sais plus quelle boite de l'automobile à décidé de manifester avec Solidaires le 19 mars. Enfin, dans le secteur des télécomunications, il y a eu marginalement quelques passages de la CGT(fapt) à Sud-ptt (à un sous traitant de SFR et à Médiapost par exemple).
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Re: Evolution du syndicalisme - avoir un oeil sur la CGT

Messagede scrash » 11 Mai 2009, 18:56

Ce qui se passe à la cgt est moyennement intéressant pour moi, ça me rappelle trop "les 80% du temps de discussion à parler de tactique de pouvoir" quand j'étais à sud ptt.
C'était en permanence "et la cgt tatatitata et la cfdt tatatitatata et fo tatat " etc

Je ne te pourris pas ton topic, je le dis une fois et puis je vous laisse entre ceux qui sont motivés....
on a tous une part d'ombre, mais on n'est pas que l'ombre
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Re: Evolution du syndicalisme - avoir un oeil sur la CGT

Messagede Berckman » 11 Mai 2009, 23:02

Mouais enfin dans les boites où il y a aucune présence syndicale, les luttes sont très rare.
Et la mécanique d'intégration va liquider toute perspective de lutte nationale en dehors (et encore) du monde étudiant-e.

Pour le reste, et pour rester plus dans le sujet :

L'un des outils phares de la bureaucratie confédérale pour liquider l'opposition syndicale interne, c'est actuellement le cogitiel.
Il faut savoir que jusqu'au 48ème congrès, les syndicats CGT, du fait de l'héritage fédéraliste, fonctionnait de la manière suivante : le syndicat local perçoit la cotisation et reverse une partie à la fédération et la confédération.
Cela permettait au syndicat local, en cas de conflit, de conserver une certaine autonomie financière et donc augmenter ces chances de survies face aux coups de la bureaucratie.
Aujourd'hui, le cogitiel impose une toute autre structure : c'est la confédération qui perçoit la cotisation et qui reverse au syndicat un prorata.
C'est le passage définitif au centralisme structurel. Cela permet au centre, la bureaucratie confédérale, de couper les vivres à un syndicat oppositionnel.
C'est cette technique qui a été utilisée, outre les exclusions plus directes, dans la CFDT, pour le recentrage, ce qui a aboutit à l'exclusion de milliers de travailleuses et travailleurs combattifs, à la liquidation de l'opposition interne, et aussi au départ dans la nature de sections syndicales entières, ce qui a considérablement dégradé la situation des travailleuses et des travailleurs dans la lutte des classes.
L'hypothèse que tu fait Léo s'est justement montré caduque : cela ne s'est pas traduit par un renforcement de l'autonomie ouvrière, ou le développement d'une alternative de masse, mais au contraire à un très fort affaiblissement des luttes dans les années 80 (ce recentrage est d'ailleurs un effet des réseaux cathos de gauche, liés au PS, mais cela a justement permis d'affaiblir l'opposition à la politique de casse sociale).

Nombre de syndicats CGT refusent encore ce changement structurel, et c'est un enjeu important de lutte interne.

Il y a une politique de plus en plus liquidatrice de la bureaucratie confédérale CGT qui cherche à briser toute opposition interne, parce qu'elle se sait menacée actuellement, son alignement de plus en plus ouvert sur les positions cédétistes et pro-patronale suscitant des remous internes :

Tentative d'exclusion du syndicat forclum Rhône Alpes 110 adhérents, parce qu'il refusait la politique de collaboration de classe des permanents fédéraux :
http://jacques.tourtaux.over-blog.com.o ... 81001.html

Tentative de liquidation de l'UL de Douai par la confédération (un échec pour le moment)

Réactions :

Déclaration de la Région Métallurgie CGT Nord/Pas de Calais.



De nombreux syndicats CGT sont aujourd'hui ciblés par la confédération, les Unions départementales et fédérations pour tenter de les exclure, comme ce fût le cas pour le syndicat CGT Forclum où le tribunal a tranché en refusant l’exclusion exigée par leur fédération de la construction et la direction de l’entreprise. C’est une grande victoire pour la classe ouvrière face au patronat et au glissement réformiste de la direction confédérale CGT.

Les seuls reproches qu’ils font à ces syndicats sont d'être fidèles aux valeurs fondamentales de la CGT à savoir : bannir l'exploitation de l'homme par l'homme et la socialisation des moyens de production et d'échange.

Dans le Nord, l'Union locale de Douai, son secrétaire général sont depuis des mois l'objet d'assauts digne de ce qu’ont connu aux états unis dans les années 1920, les dirigeants des syndicats sako et venzetti ou le Makartisme dans les années 1950.

La pression, les coups portés, les menaces de mort envers sa fille qu’a subit Jacques Leclercq ne sont pas étrangers à l'attaque cardiaque foudroyante qui l'a emporté. La famille porte plainte car le harcèlement continue notamment la fille et la mère de Jacques. Espérons que la police et la justice seront aussi promptes à découvrir les responsables qui avaient assigné Jacques au tribunal, il suffit de regarder parmi les fidèles de l’UD du Nord pour trouver les coupables.

Depuis des mois, le syndicat CGT Renault Douai subit l'assaut d'une fraction de militants animés par un ancien membre du bureau fédéral de la métallurgie, surnommé dans le Douaisis le mercenaire, vous aurez bien entendu reconnu « le sieur Caré ».

Il est aujourd’hui libéré de sa tâche de secrétaire de l'institut d'histoire de la fédération de la métallurgie avec tous les moyens ; voiture, carte bleue, téléphone portable sans limite, restaurants pour soudoyer et corrompre des militants etc De plus ce dirigeant corrompu a maintenant un double emploi, puisqu'il vient d'être nommé responsable par la fédération PCF du Nord pour animer la campagne des élections Européenne.

A ce jour le syndicat CGT Renault Douai est toujours debout face à l’adversaire de classe et ceux qui l’accompagnent. Pour la direction de la Fédération de la métallurgie. C’est un échec, c’est pour cette raison que le délégué central Renault Fabien Gache et l’administrateur Audevard en collaboration avec le sieur Caré font leurs apparitions dans cette opération de purge envers le syndicat CGT Renault Douai (des tracts sont distribués dans ce sens où Fabien Gache serait le sauveur du désastre industriel et social de Renault face à la crise du capitalisme).

Ces attaques frontales contre le syndicalisme de classe sont issues de la confédération Européenne des syndicats (CES) où la direction confédérale de la CGT ne cesse de glisser sur des bases réformistes en collaborant avec le capitalisme Européen. C’est tellement vrai que le secrétaire général de la CES M. Monks déclarait devant la presse qu’il faut sauver le capitalisme, et dans la communication de la CGT, prônait pour moraliser le capitalisme.

On comprend mieux, le sens et les objectifs des violentes attaques contre les militants de classe, leurs syndicats dont la CGT Renault Douai qui tire sa légitimité par ses congrès, de ses forces organisées qui progressent malgré une campagne de propagande haineuse organisée par des dirigeants plus soucieux de la lutte des places que la lutte des classes.

C’est pour toutes ces raisons que la région métallurgie tient à porter à la connaissance de l’ensemble des militants cette situation et le besoin de soutien aux camarades de Renault Douai, de leur Union Locale et de son défunt secrétaire général J Leclercq.

La puissance du mouvement social qui grandit en France ulcère les technocrates de Bruxelles et de la CES. Ils exigent que la direction confédérale CGT fasse le ménage plus vite et plus fort, la chasse aux sorcières est organisée : en premier lieu couper les vivres en utilisant le nouveau système financier COGETIS à ceux et celles qui appellent depuis plus d’un an, au tous ensemble mais aussi l’éviction de militants investis de responsabilité ayant une expérience de classe de plus de 20 ans qui refusent d’appliquer l’orientation réformiste qui sera portée par le 49é congrès confédéral de décembre 2009.

La recomposition syndicale européenne est engagée autour de l'axe CGT/CFDT dans le cadre de leur future fusion, ils veulent que cela se fasse rapidement, c’est la ligne du secrétaire général Thibault qui a été dictée lors de la réunion du 7 janvier 2009 avec comme mot d’ordre « taper fort sur ceux qui résistent » ce qui explique le manque de soutien à toute les luttes engagées en bas, tout comme les assemblées de militants comme celle de l'auto qui demandent de l'action sans aucun écho de leur fédération.



LA CGT RESTERA-T-ELLE UNE ORGANISATION FIDELE AUX OBJECTIFS DE CLASSE DEFINIE A SA NAISSANCE EN 1895 OU VA-T-ELLE DEVENIR UN OUTIL AU SERVICE DE LA REFONDATION DU CAPITALISME ? L'ENJEU EST LA.
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Re: Evolution du syndicalisme - avoir un oeil sur la CGT

Messagede Pïérô » 12 Mai 2009, 10:55

La question ici tourne autour de la CGT, à laquelle il n'est pas demandé d'adhérer, pour appréhender une réalité syndicale et mesurer les enjeux. Il n'y a, à part dans nos rèves, pas de phénomène d'auto-organisation tangible, et le syndicalisme de lutte et de transformation sociale n'est pas en capacité actuellement de pallier au manque de coordination et de structuration. De nos capacités à comprendre les choses, analyser les tendances du moment et les transformations importantes qui touchent le monde syndical et appréhender les enjeux, découlent nos capacités à peser sur les évènements et à porter des initiatives, bref à exister un peu aussi autrement qu'en s'enfermant dans le domaine de l'incantation.

J'ai essayé de faire un peu le tour des sites CGT oppositionnels, qui recouvrent des sensibilités et des approches parfois convergentes mais aussi différentes dans le positionnement quant aux attendus de la CGT et du syndicalisme.

Où va la CGT : http://ouvalacgt.over-blog.com/
avec des positionnements pour un syndicalisme de classe.
et un forum récent : http://ouvalacgt.forumactif.com/

CSR (Courant syndicaliste révolutionnaire) : http://kaou.phpnet.org/
où l'on trouve une contribution pour le 49ème congrès de la CGT, avec un retour intéressant sur l'histoire de la CGT sur lequel s'appuie en partie cette contribution : http://www.syndicaliste.fr/spip.php?article397

CGT lutte de classe : http://cgt-luttedeclasse.org/
construit suite à l'organisation d'un meeting fin 2008 réunissant syndicats et membres de la CGT oppositionnels.


Lettre ouverte à Bernard THIBAULT, qui circule en ce moment : http://collectif-syndical-classe.over-b ... 67760.html
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Re: Evolution du syndicalisme - avoir un oeil sur la CGT

Messagede Berckman » 12 Mai 2009, 11:53

Sur les liens de Quierrot, quelques remarques :

"Ou va la CGT" est un site animé par les militants syndicaliste de l'OCML- Voie Prolétarienne, plus communément connu sous le nom de "partisan", une orga maoiste non stalinienne (la plus grosse actuellement en France se réclamant de Mao). Il s'agit onc d'un site de fraction politique.

Plus globalement, à la seule exception du CSR, on retrouve en fait des oppositions syndicales structurées autour d'un noyeau constitué par des organisations politiques (trotskystes ou stalinienne). (Et encore, à bien des titre le CSR fonctionne comme une orga politique)
Les regroupement sur une base strictement syndicalistes sont finalement peu nombreux, et cela derait faciliter l travail de la bureaucratie qui pourra refaire le coup des "coucous" c'est à dire désigner les oppositionnels comme des éléments extérieurs au syndicalisme...
Modifié en dernier par Berckman le 12 Mai 2009, 19:54, modifié 1 fois.
Raison: Suppression de la référence aux posts déjà modérés
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Re: Evolution du syndicalisme - avoir un oeil sur la CGT

Messagede Pïérô » 12 Mai 2009, 12:00

Oui, le "complot gauchiste". Il y a d'autres oppositions de ce type effectivement liées à des oppositions assez "politiques". Il y a aussi des secteurs "traditionnalistes", appelés "stals" du PCF. L'opposition la plus importante et qui s'appuie peut être le plus sur des sections ou union locale ce situe dans le nord.
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Re: Evolution du syndicalisme - avoir un oeil sur la CGT

Messagede Nico37 » 22 Juil 2009, 17:25

Qui a le communiqué originel ?

La CGT déplore la menace d'explosions d'usines par des salariés il y a 1 heure 7 min

Le syndicat CGT estime qu'il est contre-productif de détruire les instruments de travail pour obtenir de fortes indemnités de licenciement au moment où cette pratique se répand en France. Lire la suite l'article

Très discrète depuis que les salariés de Nortel et New Fabris ont placé des bonbonnes de gaz dans les usines, tandis que d'autres détruisaient des machines, la CGT rappelle que d'autres combats sociaux ont été gagnés sans menaces et autour de projets industriels soutenus par "la force syndicale".

"Ces combats pour les indemnités de départ (...) ne résolvent en rien les problèmes de fond", écrit le syndicat dans un communiqué alors que les salariés de plusieurs entreprises ont menacé en juillet de faire sauter leurs usines ou machines.

Le syndicat dit sa préférence pour le maintien des emplois et "la reconquête industrielle" par rapport à l'obtention de primes de licenciement supérieures aux obligations légales.

Pour autant, la CGT dit comprendre "le désespoir qui gagne les salariés" face au "manque de dialogue social dans les entreprises".

Clément Guillou, édité par Gilles Trequesser
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Re: Evolution du syndicalisme - avoir un oeil sur la CGT

Messagede Pïérô » 22 Juil 2009, 18:20

çà corrobore ce que je pensais d'ailleurs dans le topic de "luttes et manifestations" où j'ai mis les infos à ce sujet : viewtopic.php?f=11&t=2407#p40658. J'avais mis en lien avec l'info sur le fait qu'ils enlevaient les bouteilles de gaz que "il semblerait que la CGT ait réussi à calmer le jeu, et calmer sa section syndicale visiblement trop entreprenante...(commentaire tout personnel)".
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Re: Evolution du syndicalisme - avoir un oeil sur la CGT

Messagede Breaking The Law » 22 Juil 2009, 18:32

LA cgt est donc bien un syndicat légaliste et non révolutionnaire , ni de lutte.
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Re: Evolution du syndicalisme - avoir un oeil sur la CGT

Messagede Nico37 » 22 Juil 2009, 21:05

Fédération METALLURGIE : a écrit:MAINTENIR L’OUTIL DE TRAVAIL ET LES EMPLOIS INDUSTRIELS, C’EST POSSIBLE !

Depuis plusieurs jours, certains essaient de réduire les luttes sociales dans notre pays en un combat souvent désespéré autour de l’obtention de primes dites « à la valise ». Les témoignages et les images « choc » se multiplient dans de nombreux médias autour d’entreprises comme SKF, NEW FABRIS, NORTEL etc.

Au cours du premier trimestre 2009, on évoquait les séquestrations de dirigeants d’entreprise en parlant déjà de violences comme chez CATERPILAR ou encore MOLEX.

Nous comprenons les tensions qui existent, le désespoir qui gagne les salariés. Depuis plusieurs mois, notre fédération s’inquiète du manque de dialogue social dans les entreprises et des comportements de « patrons voyous » qui agissent souvent en toute impunité.

En voulant faire croire aux salariés que les caisses sont vides, on assiste à une poursuite de distribution de parachutes dorés, de dividendes aux actionnaires, de stock-options…

Face à cette violence patronale, des salariés utilisent des formes d’action qui reflètent leur désespoir et un manque de perspective d’avenir. Ces combats pour les indemnités de départ en sont la terrible illustration et ne résolvent en rien les problèmes de fond.

Cette situation interpelle toute la société française. La crise mondiale n’explique pas tout. En tout cas, elle ne légitime pas des décisions et des mesures qui aggravent la situation économique et sociale.

Les positions dogmatiques autour du déclin inéluctable de l’industrie et de ses emplois ne datent pas d’hier. La CGT a toujours combattu ces idées et l’actualité récente montre que des victoires sont possibles, que cette casse industrielle n’est pas la solution.

PLUSIEURS EXEMPLES MERITERAIENT PLUS D’ATTENTION MEDIATIQUE ET DES PROLONGEMENTS POLITIQUES.

- les salariés de la SBFM, une fonderie automobile, ont préservé leur outil de travail et 100% des emplois de leur site après plusieurs mois de lutte. En étant racheter par RENAULT, ils viennent de faire la démonstration que les politiques d’externalisation des productions de la part des grands groupes, ne sont pas des solutions économiquement et industriellement efficaces. Ils ont fait la démonstration que les entreprises industrielles ont besoin d’être orientées vers des projets industriels et que les seules logiques financières conduisent au pire.
- Les salariés des groupes SONAS, WAGON ou RENCAST ont obtenu des résultats très importants tant sur le maintien des sites de production que sur les emplois concernés
Dans tous ces cas, les projets industriels soutenus par les salariés et leurs organisations syndicales ont contraint les donneurs d’ordre et les pouvoirs publics, à discuter en direct et à travailler sur le long terme. Dans tous ces cas, la force syndicale, c'est-à-dire le nombre de syndiqués, a constitué un atout important.

CES SUCCES TRES IMPORTANTS EN APPELENT D’AUTRES TRES RAPIDEMENT, NOUS PENSONS A MOLEX OU A LA REPARATION NAVALE MARSEILLAISE.

Cette période de congés ne constitue pas une trêve dans les mobilisations pour nous. Des solutions de reprise d’activités doivent être trouvées rapidement chez MOLEX par exemple.

Ces batailles symbolisent l’engagement de toute la CGT autour de la reconquête industrielle et des nombreux emplois à préserver ou à conquérir dans les entreprises. Ces actions trouveront des prolongements nationaux dès la rentrée de septembre dans la campagne nationale engagée par la CGT depuis le début de l’année.

Montreuil, le mardi 22 juillet 2009


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Re: Evolution du syndicalisme - avoir un oeil sur la CGT

Messagede Pïérô » 22 Juil 2009, 23:30

Breaking The Law a écrit:LA cgt est donc bien un syndicat légaliste et non révolutionnaire , ni de lutte.

tu te réveilles ? :wink:
non révolutionnaire c'est sûr depuis longtemps. D'ailleurs est-ce que le syndicalisme est révolutionnaire en soit, moi j'en sais rien par exemple. Je parle d'avantage d'outil et de dynamique, et en loccurence de dynamique révolutionnaire.
Par contre contrairement à la CFDT par exemple on peut encore ranger la CGT à la fois dans le cadre légaliste et de lutte. Le prochain congrès, même s'il s'annonce en continuité d'un tournant de plus en plus collaborationiste, permettra de voir quels sont les rapports de forces internes, car il y a encore des oppositions vives face à la direction de ce syndicat.
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Re: Evolution du syndicalisme - avoir un oeil sur la CGT

Messagede leo » 23 Juil 2009, 14:34

Difficile d’aborder cela car les problématiques sont nombreuses et s’entrecroisent souvent.

Quelques remarques générales.

Sur le syndicalisme en général

Je crois que la tendance générale du syndicalisme à s’intégrer au capitalisme se poursuit.
En France il prend la forme d’un émiettement considérable des organisations de type confédéral (nationale) en même temps que se réduit considérablement le nombre de syndiqués et encore plus de militants syndicaux. Huit ( ! ) confédérations nationales pour moins de 8% de syndiqués !
Dans le cadre de ce processus d’intégration, la tendance est à l’affaiblissement progressif des capacités et volontés de lutte des organisations syndicales au profit de la recherche de compromis, de maintenir ou développer une structure reconnue, financée (par les aides publiques ou les dons et autres rémunérations du privé), et que la concurrence des bureaucraties entre elles ne peut qu’aviver et accélérer.

La présence du syndicalisme.
1) Là où les salariés sont les plus nombreux (les PME), le syndicalisme est globalement absent, surtout dans les petites qui sont les plus nombreuses.

2) Dans les grandes entreprises, la force et la présence des syndicats s’amenuise à mesure que se réduit le nombre et la dimension des sites de production, de travail.

3) Le dernier bastion du syndicalisme est celui du secteur d’Etat au sens large (fonctions publiques diverses – nationale, territoriale, hospitalière -, entreprises d’origine publiques en cours de privatisations.
Or ce secteur est lui-même en cours de réduction accéléré des effectifs.

Bref, pour des raisons objectives de réorganisation du salariat, le syndicalisme est en cours d’affaiblissement.

Et, n’étant pas trotskiste, je ne crois pas que cela soit une question de “direction” réformiste qu’il faudrait remplacer par une autre, plus “révolutionnaire”.

Sur la CGT

Il n’est pas nécessaire d’avoir une boule de cristal pour deviner ce qui va se passer.
Cela s’appelle recentrage, c'est-à-dire se retrouver au « centre » du jeu syndical, de cette inter-syndicale nationale que nous connaissons depuis près d’un an. Le « centre » signifiant le point d’articulation, de jonction, de compromis entre tout ce petit monde des directions syndicales. Cela suppose donc un rapprochement avec l’autre grand syndicat qui compte dans ce pays ; la CFDT. L’axe essentiel est donc CGT-CFDT. Les 6 autres confédérations suivent. Fondamentalement parce qu’elles sont d’accord et sans doute aussi car sans peu de moyens et/ou de volonté de tracer une autre voie.

Sans doute ce recentrage de la CGT provoque et va provoquer des résistances ici ou là. Je n’aime pas faire des pronostics (et j’aime bien les surprises) mais je ne vois pas de courants importants pouvant infléchir cette tendance. D’autant que, parmi les “opposants” internes dans la CGT (genre UD-Paris), on peut avoir de sérieux doute sur le fait d’y voir une opposition porteuse de transformation libertaire, de modes de luttes auto-organisés et donc de l’intérêt d’en faire des alliés !
Mais principalement, pour les raisons évoquées plus haut d’affaiblissement du syndicalisme et de sa tendance à l’intégration. Car les courants militants, ce qu’ils font, ce qu’ils sont prêts à faire (c’est aussi une question d’“imaginaire”) sont aussi le produit d’une situation, d’un contexte. Et le contexte présent n’est pas à la radicalisation. En interne, le conformisme et le patriotisme d’organisation sont déjà de puissants facteurs de normalisation. Plus globalement, le discours de la “crise” fait peur. C’est sa fonction principale. Et la peur, et la menace qu’elle contient, ont toujours mieux discipliné les populations que n’importe qu’elle autre message.

Et là, il ne faut pas se tromper d’analyse ni de période. Il n’y a pas aujourd’hui d’un côté des directions syndicales « molles » et de l’autre une base « radicale », prête à tout, à déborder, à en découdre, etc. Ici ou là, il y a bien des énervements (séquestrations, menaces de sabotages…), mais globalement les travailleurs sont sur la défensive. Car cela fait plus de 30 ans qu’ils sont sur la défensive ! Cela fait, depuis la fin des « 30 glorieuses » (vers 1977-79) que le nouveau schéma de l’expansion capitaliste (des richesses et des profits) s’est fait sous le régime d’une crise/restructuration permanente du côté des salariés (intérimaires, externalisation/sous-traitance, robotisation, management par objectifs, délocalisations, temps partiels, etc…). Par ailleurs, les grandes bagarres générales sur le salariat (les retraites) ont été perdues et aujourd’hui plus personne ne conteste l’allongement continu des années de travail et de cotisation.
Comme disait Antigone dans un autre topic les travailleurs se font virer « en chialant » après des années et des années de boîte. Sauf que certains ont 25 ans, d’autres 45, 50 ans et plus. Et qu’aujourd’hui, les “accompagnements sociaux” aux licenciements (qui étaient des “amortisseurs” dans le langage convenu) sont beaucoup moindres que dans les années 80-90, et que l’âge de la retraite s’est allongé (plus de plan sociaux avec pré-retraites à 53 ans !).

Avoir un œil sur la CGT ?
Oui, sans doute, comme sur le reste.
Et en ce qui me concerne, avec un niveau d’espérance assez faible.
leo
 
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Re: Evolution du syndicalisme - avoir un oeil sur la CGT

Messagede Breaking The Law » 23 Juil 2009, 18:51

Ce n'est pas tant une question de nombre de syndiqués que de la réelle representation des syndicats et de leur politiques. Les syndicats ne marchent que pour eux et leur petites combines avec l'etat et les entreprises ne marche pas . Hier c'était des casseurs de grève , aujourd'hui ce sont des vendus du capitalisme , toujours les memes idées et les memes politiques. Tout ça pour dire qu'avec 100 000 hommes motivés les puissants pourraient avoir peur mais avec 10 millions de syndiqués les patrons rigolent...
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