Collaboration de classe "partenaires sociaux" ou syndicats ?

Collaboration de classe "partenaires sociaux" ou syndicats ?

Messagede Pïérô » 12 Juil 2018, 08:30

Pris de vitesse, syndicats et patronat vont tenter de répondre à la méthode Macron

DIALOGUE SOCIAL Les principales organisations patronales et syndicales se réunissent mercredi pour montrer à l'exécutif qu'elles peuvent travailler ensemble sur des priorités communes, un message envoyé à Emmanuel Macron...

Elles veulent faire front. Les principales organisations patronales et syndicales se réunissent mercredi pour montrer à l'exécutif qu'elles peuvent travailler ensemble sur des priorités communes, un message envoyé à Emmanuel Macron avant leur rendez-vous de la semaine prochaine à l'Elysée.
Réunion «exceptionnelle»

Les numéros un du Medef, de la CPME et de l'U2P, côté patronat, et ceux de la CGT, de la CFDT, de FO, de la CFE-CGC et de la CFTC, côté syndicats, prévoient de se voir mercredi à partir de 08H00 au Conseil économique et Social (Cese), situé au Palais d'Iéna à Paris. Cette réunion au sommet est présentée comme «exceptionnelle» par FO. En dehors des conférences sociales du quinquennat Hollande, les occasions de voir travailler ensemble les numéros uns de ces organisations sont rares.

«En soi, c'est déjà un succès», s'est réjoui Pascal Pavageau, secrétaire général de Force Ouvrière depuis deux mois. A son arrivée, il avait tout de suite plaidé en faveur de la fixation d'un «agenda social», une doléance soutenue par la CFDT. Le fil rouge de cette rencontre, qui était suspendue à l'élection du président du Medef: la méthode Macron, critiquée tant par le patronat que les syndicats, même si le gouvernement met en avant sa méthode de concertation. «On voit bien qu'il y a un problème de vitesse. Ce gouvernement va très vite, propose énormément de réformes. On a du mal à suivre», a réagi lundi Geoffroy Roux de Bézieux, le nouveau président du Medef.

Côté syndicats aussi, la frustration est grande. Après les ordonnances travail faisant la part belle aux revendications des entreprises, ils n'ont pu réécrire la réforme de la SNCF, malgré trois mois de conflit. Pascal Pavageau résume ainsi la «méthode Macron»: «"je pense donc tu suis"». Laurent Berger, numéro un de la CFDT, multiplie aussi les critiques, estimant qu'il «n'y a pas de politique sociale digne de ce nom dans notre pays depuis le début du quinquennat».
«Agenda consistant et de qualité»

Pour l'avenir, les syndicats s'inquiètent d'une refonte des aides sociales, de la future réforme des retraites, d'une remise en cause du statut des fonctionnaires, quand le patronat critique le prélèvement à la source. Il y a aussi des interrogations sur le plan pauvreté, reporté à la rentrée. Même dans les rangs de la majorité LREM, la grogne monte, certains réclamant «un rééquilibrage de la politique menée depuis un an, en faveur d'une politique sociale plus affirmée».

Alors syndicats et patronat vont essayer de s'accorder sur des thèmes dont ils pourraient s'emparer pour négocier. «Remettre au centre l'idée que la négociation professionnelle, ça a un sens et que des droits pour tout le monde, ça a aussi un sens», explique de son côté le numéro un de la CGT, Philippe Martinez.

... https://www.20minutes.fr/politique/2305 ... ode-macron


Et négocier quoi ? Du moins pire ? Parce que négocier du mieux avec ces requins est impensable. Alors qu’aller faire dans cette mise en scène de “dialogue social” ?
Image------------ Demain Le Grand Soir --------- --------- C’est dans la rue qu'çà s'passe --------
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Re: Collaboration de classe "partenaires sociaux" ou syndica

Messagede bipbip » 13 Juil 2018, 11:49

Collaboration de classe

Après les « stratégies de la défaite », les syndicats veulent l’unité avec le MEDEF !

C'est une très surprenante nouvelle qui a été révélée ce 11 juillet. Les représentants des organisations patronales et syndicales seraient prêts à un « front commun » pour pousser Emmanuel Macron à plus de dialogue. Une hérésie, alors que les cheminots sont encore en lutte et que la rentrée sociale s'annonce agitée, avec entre autres la question de la réforme de la sécurité sociale ou encore, celle très explosive, des retraites…

Ce printemps, il semblait difficile pour les organisations syndicales de faire advenir « l’unité » dans les mouvements sociaux. Non pas parce que les travailleurs n’avaient pas à l’esprit les possibilités d’une convergence, mais bien parce que, les appels des différentes confédérations – de la Fonction Publique et des Cheminots par exemple, de la CFDT qui s’est finalement retiré des appels de la Fonction publique – tendaient à diverger. Mais si l’unité dans la rue semble toujours très compliquée, rien de tel quand il s’agit de réunir les dirigeants syndicaux dans un bureau pour réaliser de bien drôles alliances. Ainsi, ce 11 juillet, cinq confédérations syndicales des travailleurs étaient réunies pour discuter avec les représentants patronaux, Medef et CGPME. Et ce qui ressort de cette rencontre dépasse l’entendement : il s’agit de former un « front commun » contre Macron, selon les mots de certains – Pascal Pavageau, nouveau chef de FO en l’occurrence. Contre le « président des riches », de la CGT au Medef ! Ben voyons.

Et avec celui qui ferait passer Pierre Gattaz pour un authentique bolchevick ! Geoffroy Roux de Bézieux, nouveau président du Medef, est un adepte d’une ligne dure, prêt à monter au front contre les acquis des travailleurs. On ne parle pas ici d’un débat au sein du mouvement ouvrier sur la stratégie à adopter, et ce alors que les « chefs » syndicaux ont à leur crédit une accumulation de défaites, de la « grève saute-mouton » à la « grève perlée ». Non, il s’agit là d’une annonce sans équivoque : les dirigeants syndicaux entendent passer une alliance avec les pires ennemis de la classe ouvrière, et ce pour la simple et unique raison mise en avant : celle, pour les partenaires sociaux qui se sentent flouer, de renouer avec une forme de « dialogue social » avec le gouvernement.

Pour se faire entendre dans les ministères, à défaut d’utiliser la rue, les organisations syndicales sont ainsi prêtes à s’allier avec le Medef pour peser davantage. Elle a bon dos la « démocratie sociale » ! une trahison d’autant plus grave dans le contexte actuel. En effet, la grève historique des cheminots n’est pas seulement la plus longue grève de l’histoire de la SNCF, mais aussi la confirmation de l’ouverture d’un nouveau cycle de lutte des classes ouvert avec la loi travail en 2016. Durant cette première année de mandat d’Emmanuel Macron, différents secteurs se sont mis en lutte et sont prêts, dès la rentrée à prendre leur revanche. Au lieu de préparer les luttes, les confédérations syndicales ont littéralement décidé de lier leurs mains à celles du patronat… qui seul aura l’oreille du gouvernement.

Si les classes dirigeantes ont bien quelques intérêts à passer cette alliance avec les organisations ouvrières, cette décision d’un « front unique syndicat/patronat » est un véritable coup de poignard dans le dos de l’ensemble des travailleurs et de la jeunesse. Cette trahison n’est pas anodine ou anecdotique, mais qualitativement incomparable avec les plus « traditionnelles » manœuvre pour contenir la colère dans le cadre du « dialogue social ». Pas sûr qu’une telle alliance, et ce alors que les congrès de Force Ouvrière ou de la CFDT ont montrés des signes de mécontentement au sein des militants, soit acceptable pour la base des différentes confédérations et, plus largement, à l’ensemble des travailleurs.


http://www.revolutionpermanente.fr/Apre ... c-le-MEDEF
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Re: Collaboration de classe "partenaires sociaux" ou syndica

Messagede bipbip » 14 Juil 2018, 16:49

L’été du grand recentrage syndical autour de Macron et du Medef

Les huit dirigeants des principales organisations syndicales et patronales (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, Medef, CPME et U2P) viennent de créer ce 11 juillet un « CLUB DES 8 » pour collaborer sur les « mutations économiques et technologiques », et "peser ensemble" le 17 juillet à l'Élysée devant Macron.

Tous se reverront dès septembre.
- « C'est un bon signe … », approuve le secrétaire général de la CGT.
- « Un climat cordial », pour le nouveau patron du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux.
- « Un climat de discussion extrêmement serein sur les grands enjeux de transformation et de mutation économiques et sociales dans notre pays », pour Laurent Berger de la CFDT.

1 - Puisque Macron gouverne pour les Riches, les patrons, les actionnaires et les banquiers, alors nous allons rencontrer les associations de patrons, d’actionnaires et de banquiers pour explorer une collaboration étroite.

2 - Puisque les Ordonnances ont en partie détruit les droits des délégués à l’entreprise au profit du pouvoir des employeurs, les confédérations syndicales passent par en haut, et opèrent une jonction avec les employeurs pour occuper un strapontin.

3 - Puisque la CFDT a pris cette orientation de collaborer à l’édifice du libéralisme commun et d’arrêter de porter les revendications communes et les mouvements sociaux, le sommet du sommet de la CGT en fait autant. Il s’agit de faire cause commune, de constituer « un club des 8 », composée des huit dirigeants des principales organisations syndicales et patronales.

4 - Le congrès des syndicats de la Confédération Générale du Travail, prévu en avril 2019, s’est joué au Conseil Économique et Social ce 11 juillet. L’appréciation de l’actuel secrétaire général de la CGT ne laisse aucun doute :
« Il y a plein de sujets à discuter, notamment la convention de l'assurance chômage. Quand les représentants des patronats et des syndicats se rencontrent, c'est un bon signe pour aborder les sujets qui concernent le dialogue social et les sujets interprofessionnels".


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Re: Collaboration de classe "partenaires sociaux" ou syndica

Messagede bipbip » 14 Juil 2018, 23:52

Pourquoi le paritarisme n’est pas notre tasse de thé ? Mais qu’allaient-ils faire dans cette galère ?

En ce début juillet, les organisations syndicales de salarié-es et patronales considérées comme représentatives se sont rencontrées.
L’objectif était, semble-t-il, de faire pression sur le gouvernement pour sauver les institutions du paritarisme, organe par essence du "dialogue social", et promouvoir une conception de la négociation déconnectée des logiques de rapport de force.

Le paristarisme quezaco ?

Le paritarisme est une forme institutionnelle qui existe dans la négociation interprofessionnelle ou de branche, dans les organismes de sécurité sociale et à l’UNEDIC pour le chômage ou dans la fonction publique. Dans ces institutions, les représentant-es des syndicats de salarié-es ou de fonctionnaires sont face aux représentant-es des patrons ou de l’administration pour la fonction publique. Le même nombre de personnes de chaque côté mais pas le même pouvoir dans la plupart des situations.

Nous sommes partisan-es de la gestion par les travailleurs et les travailleuses de ce qui leur appartient

Comme pour la sécurité sociale, l’argent des retraites, de l’assurance chômage où s’agissant de gérer les cotisations et donc du salaire socialisé, ce sont les représentant-es des travailleur-euses qui doivent être à la première place !

Nous sommes partisan-es de la négociation… mais...

Nous savons, et encore plus aujourd’hui, qu’il n’y a pas de résultat aux négociations sans rapport de force, que celui-ci se construit dans les entreprises, les services, les administrations, sur les places et dans la rue.
Toutes les grandes conquêtes qui font aujourd’hui encore notre vie au travail : salaires, horaires, congés, ont été acquis lors de luttes, de grèves importantes.

Rencontrer le patronat pour faire pression sur le gouvernement ?

Il est vrai que le gouvernement menace la place des organisations syndicales, leur rôle dans les négociations collectives. Mais peut-on compter sur les organisations patronales pour construire les cadres d’alliance permettant que les syndicats se fassent entendre dans de meilleures conditions ?. Oui nous voulons continuer à mobiliser et pouvoir imposer un rapport de force dans les réunions avec le patronat, mais ça ne passe pas par des alliances avec lui.

Le MEDEF ne sera jamais notre partenaire !

Trop de mauvais coups récents sont venus de toutes parts : le gouvernement, le patronat, nos adversaires sont doubles, et dans la dernière période ils travaillent bien l’un pour et avec l’autre.
Alors pour accueillir son nouveau président Roux de Beysieux… nous bloquerons l’université d’été du MEDEF le 29 août à Jouy en Josas.


https://solidaires.org/Pourquoi-le-pari ... -ils-faire
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