Collaboration de classe "partenaires sociaux" ou syndicats ?

Collaboration de classe "partenaires sociaux" ou syndicats ?

Messagede Pïérô » 05 Juil 2014, 17:30

Boycott de la conférence "sociale" de juillet

SOLIDAIRES refuse de participer à la conférence "sociale" de juillet 2014.

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Message envoyé aux organisations syndicales nationales

Cher-e-s camarades,

Nous avons, après débat avec nos fédérations, syndicats et unions locales, décidé de ne pas nous rendre à la conférence sociale qui se tiendra la semaine prochaine.

Nous avons des désaccords de fond avec la politique proposée. Néanmoins de tels désaccords ne nous ont jamais empêchés d’être présents à chaque fois que nous pensions possible de faire entendre la voix de ceux et celles qui défendent quotidiennement leurs droits et leur volonté de faire progresser l’emploi, les salaires, la justice sociale.

L’épisode le plus récent de recul devant le président du Medef sur la pénibilité, que vous êtes nombreux à avoir dénoncé, illustre si bien la façon dont le gouvernement mène aujourd’hui le dialogue social, qu’il nous semble impossible de ne pas le prendre en compte. L’ordre de jour et la méthode prévus ne sont que l’accompagnement de la complicité du gouvernement actuel avec le patronat. Il s’agit ni plus ni moins que d’une mascarade.

Nous dirons dans d’autres lieux ou d’autres occasions, nos propositions pour les services publics, l’emploi et la formation des jeunes et au delà sur les autres questions de la politique gouvernementale.

Des syndicats font le choix d’accompagner les réformes gouvernementales dans un contexte de recul social et de grands risques politiques. Nous sommes, pour notre part particulièrement impliqués et attentifs aux mouvements qui ont vu le jour ces dernières semaines : en défense des services publics dans le rail, ou dans les hôpitaux, en défense des droits des travailleurs et travailleuses précaires ou intermittents, chômeurs et chômeuses, ou de l’emploi dans de nombreuses entreprises encore. Comme l’annonce le Medef ou le gouvernement, d’autres batailles importantes sont devant nous : travail du dimanche, représentation des salarié-e-s, nouvelles coupes budgétaires qui auront des impacts forts sur l’emploi et la protection sociale

Les mouvements récents montrent une volonté de lutter qui va bien au delà des mots d’ordre de tel ou tel syndicat. Nous pensons urgent d’unifier les efforts pour engager des combats communs qui puissent aboutir à de véritables avancées pour ceux et celles que nous défendons. Notre union syndicale s’est adressée à vous à plusieurs reprises ces derniers mois pour souligner l’urgence de l’action commune. Nous serons présents dans les luttes en cours cet été et les nombreuses manifestations locales. Au delà, discuter rapidement, d’une initiative commune à la rentrée, appuyée sur les mouvements en cours, nous semble essentiel, et un moyen de travailler ensemble pour les succès revendicatifs de demain.

Recevez cher-e-s camarades, nos chaleureuses salutations syndicales.

http://solidaires37.org/spip.php?article885



lundi 7 juillet 2014 à 14h Paris, place de la République
Rassemblement unitaire

« Tous à la conférence vraiment sociale ! »

La précarité se généralise, les inégalités se creusent et deviennent chaque jour plus insupportables, les contrôles et les pressions sur les précaires s'intensifient, les mouvements sociaux sont méprisés... Nous n'attendons rien de la conférence sociale officielle programmée pour entériner le « pacte d'irresponsabilité » du gouvernement-MEDEF !

Des associations, syndicats et organisations de chômeu-r-se-s, précaires, intermittent-e-s, mal-logé-e-s, avec ou sans papiers s'unissent pour proposer une alternative : nous appelons tou-te-s celles et ceux qui souhaitent construire une autre société à nous rejoindre pour participer à la conférence VRAIMENT sociale.

• Abordons ensemble les VRAIS problèmes
• Proposons ensemble NOS SOLUTIONS pour une société juste et solidaire :
• Pour GARANTIR L'ACCES AUX DROITS pour tous et toutes et en OBTENIR DE NOUVEAUX!

Notre vie ne peut pas, ne doit plus se décider sans nous !

Rendez-vous à la conférence VRAIMENT sociale !

Evènement organisé par :
MNCP, AC !, APEIS, CIP, DAL, Recours Radiation, Collectif Roosevelt, Sud emploi, SNU Pôle emploi, Solidaires, ATTAC, Fondation Copernic, ATTAC




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Du côté de la CGT, appels à boycott sur blog des communistes libertaires de la CGT
http://communisteslibertairescgt.over-blog.net/

. Syndicat du livre parisien SGLCE-CGT : http://communisteslibertairescgt.over-b ... 89690.html
. UL CGT Amiens Nord : http://communisteslibertairescgt.over-b ... 18070.html
. Renautl Cléon : http://communisteslibertairescgt.over-b ... 10101.html
. FERC CGT : http://communisteslibertairescgt.over-b ... 30251.html
. UD CGT 92 : http://communisteslibertairescgt.over-b ... 89613.html
. UD 75 CGT : http://communisteslibertairescgt.over-b ... 70325.html
. UD 93 CGT : http://communisteslibertairescgt.over-b ... 60656.html
. UGFF CGT : http://communisteslibertairescgt.over-b ... 31427.html
. CNE Filpac : http://communisteslibertairescgt.over-b ... 63015.html
. CGT Educ-action Gironde : http://communisteslibertairescgt.over-b ... 45167.html
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Re: Boycott de la conférence "sociale" de juillet

Messagede Pïérô » 06 Juil 2014, 13:41

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Re: Boycott de la conférence "sociale" de juillet

Messagede Pïérô » 08 Juil 2014, 00:16

Les directions de la CGT et de FO ont choisi de ne pas s'y rendre mardi.

Revue de presse Solidaires
http://www.solidaires.org/article48507.html

Sur Libé
http://www.liberation.fr/economie/2014/ ... te_1058829
avec une vidéo où le boulot d'AL se voit...

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Re: Boycott de la conférence "sociale" de juillet

Messagede Pïérô » 10 Juil 2014, 02:43

de Antoine de Montpellier, sur blog NPA 34
Une analyse que je partage

Conférence sociale : au grand simulacre du coup de gueule syndical !

Porte qui claque un jour, s’ouvre les autres jours ... chaise vide en juillet, chaise occupée en septembre !

Avec la décision de la CGT, FO, Solidaires et la FSU de ne pas participer à la deuxième journée de la Conférence sociale, on pourrait se prendre à dire : enfin ! Enfin, ceux qui représentent les salariés (on préfère ne pas insister aujourd’hui sur leur "non-représentation" des chômeurs et des précaires) ont dit basta ! Sauf que, on le sent bien, Valls la joue "même pas peur" ...

... et ce qui pourrait être l’esbroufe de celui qui, malgré tout, aurait pris un bon coup dans les dents, dénote surtout que le message des "affreux" syndicalistes pratiquant la chaise vide a été trop bien et vite compris : ce qu’ils ont boycotté c’est le baratin du jour avec experts, patrons, ministres sur éducation, emploi ou pouvoir d’achat. Non que tout ceci ne soit pas important dans la vie de ceux qui triment (et ceux qui le voudraient) mais, à cette conférence asociale, ils ne sont que les préliminaires, de la machine à paroles, avant les choses sérieuses. Et les choses sérieuses ce sera en septembre. Et en septembre, la CGT et FO, au moins, ont déjà dit, banco, dès aujourd’hui (pourquoi laisser la peur s’installer chez les partenaires qu’on vient de ...brutaliser ?), ils ont déjà dit qu’ils en seraient ! Ben voyons... Alors, oui, Valls et Hollande auraient préféré un superbe "embrassons-nous Folleville", gens de bonne composition dialogueuse-dialoguante. Image clé, celle-là, du dispositif de com’ de l’enfumeur de l’Elysée. Mais tout compte fait...

Ce syndicalisme qui joue du muscle un jour, c’est celui du simulacre, celui du jeu d’ombres : celui de la gonflette qui, médias gourmands de brusqueries aidant, cherche à donner le change mais qui n’est que ça, du vent, de la baudruche, au dur verdict de la lutte des classes, celle que seul, actuellement, à ce niveau, le Medef sait mener dans les règles de l’art.. Et ça, pense-t-on à Matignon, le côté matamore des chefs syndicaux "indociles", ma foi, c’est aussi un coup à jouer à un moment où on vu le climat social se rougir : après tout Lepaon et Mailly qui agitent la muleta c’est bon pour mettre à mort le taureau de la radicalité contestataire ! Car l’essentiel, coco, c’est que, utilisons les mots de Solidaires, dans une situation sociale plus que plombée par "le pacte de responsabilité, l’extension du travail dominical, le gel des seuils sociaux envisagé, "la « contre-réforme des retraites » ou encore l’« agrément de l’accord Unedic au détriment des intermittent-es, précaires et chômeur-euses »", sans parler de la récente "attaque" (comme ils y vont !) contre les cheminots, qu’ont-ils, nos braves syndicalistes, à espérer, de plus qu’en juillet, en septembre, au sortir d’un été classiquement atone, d’autant plus atone qu’aucun d’eux ne s’est aventuré à proposer aux autres et aux salariés de poser dès maintenant les bases de la relance des mobilisations ?

En fait le problème est bien là : la grève des strapontins de la conférence antisociale, participe ni plus ni moins que du maximum que peut concéder le syndicalisme d’accompagnement des mesures patronales-gouvernementales à ceux qui, cheminots, intermittents, postiers, sanofiens... se bagarrent, les mains (les poings), les pieds, dans le cambouis des luttes qui cherchent à converger. Mais dont la convergence n’est pas au programme, n’est pas dans le logiciel, de directions syndicales qui, se servant du repoussoir "facile" de la CFDT hollando-médefienne, s’exonèrent à peu de frais, un jour (pas plus) de conférence pseudo-sociale, de leur lourdingue inertie stratégique ; celle qui les abonne depuis des années à une dérisoire, mais cruelle pour le monde du travail, impuissance. Inertie stratégique, qui l’été aidant à éponger la sueur froide de leur audace boycotteuse d’un 8 juillet, les mènera docilement à "discuter" le coup, à la rentrée, avec le Medef, sous l’égide de son gouvernement !

Il faut se rendre à l’évidence de ce que les gesticulations syndicales lors de la conférence socialo-patronale, cette "grève" hautement médiatisée des discussions d’un jour, participent du savoir-faire du système par lequel on donne à voir des contestataires contestant juste ce qu’il faut pour amuser-abuser la galerie... Des contestataires pour qui le centre de gravité des choses sérieuses ce n’est ni la rue, ni les lieux de travail, mais cette grande pièce avec une grande table et des gens autour qui savent se tenir...par la barbichette du "dialogue social" ! Bref, sans surprise, il nous reste à construire l’autre grève, la seule grève qui, dans la "lente impatience" (Daniel Bensaïd) de la fédération des volontés, bousculera ces bonnes manières et renversera ladite table... Tellement il est vrai que, quand ils s’y mettent, les salariés, les sans-travail, et tous les autres exploités et opprimés, ne savent pas se tenir à table...

Antoine

Encore une chose : dans le jeu de faux-fuyants actuels autour de la conférence désocialiste, il est un leitmotiv qui revient en sourdine consensuelle syndicalo-syndicaliste, le compte pénibilité dont le renvoi aux calendes grecques a, en quelque sorte, mis le feu aux poudres : même Solidaires en vient à déplorer que l'on ait « réduit quasi à néant le compte individuel de pénibilité dont il ne restait déjà pourtant plus grand chose». Remettons donc un peu les pendules à l'heure pour éviter de prendre encore d'autres vessies pour des lanternes et jetons un oeil à ces lignes démystificatrices de la chose :

...


... http://npaherault.blogspot.fr/2014/07/c ... .html#more
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Collaboration de classe "partenaires sociaux" ou syndicats ?

Messagede Pïérô » 12 Juil 2018, 08:30

Pris de vitesse, syndicats et patronat vont tenter de répondre à la méthode Macron

DIALOGUE SOCIAL Les principales organisations patronales et syndicales se réunissent mercredi pour montrer à l'exécutif qu'elles peuvent travailler ensemble sur des priorités communes, un message envoyé à Emmanuel Macron...

Elles veulent faire front. Les principales organisations patronales et syndicales se réunissent mercredi pour montrer à l'exécutif qu'elles peuvent travailler ensemble sur des priorités communes, un message envoyé à Emmanuel Macron avant leur rendez-vous de la semaine prochaine à l'Elysée.
Réunion «exceptionnelle»

Les numéros un du Medef, de la CPME et de l'U2P, côté patronat, et ceux de la CGT, de la CFDT, de FO, de la CFE-CGC et de la CFTC, côté syndicats, prévoient de se voir mercredi à partir de 08H00 au Conseil économique et Social (Cese), situé au Palais d'Iéna à Paris. Cette réunion au sommet est présentée comme «exceptionnelle» par FO. En dehors des conférences sociales du quinquennat Hollande, les occasions de voir travailler ensemble les numéros uns de ces organisations sont rares.

«En soi, c'est déjà un succès», s'est réjoui Pascal Pavageau, secrétaire général de Force Ouvrière depuis deux mois. A son arrivée, il avait tout de suite plaidé en faveur de la fixation d'un «agenda social», une doléance soutenue par la CFDT. Le fil rouge de cette rencontre, qui était suspendue à l'élection du président du Medef: la méthode Macron, critiquée tant par le patronat que les syndicats, même si le gouvernement met en avant sa méthode de concertation. «On voit bien qu'il y a un problème de vitesse. Ce gouvernement va très vite, propose énormément de réformes. On a du mal à suivre», a réagi lundi Geoffroy Roux de Bézieux, le nouveau président du Medef.

Côté syndicats aussi, la frustration est grande. Après les ordonnances travail faisant la part belle aux revendications des entreprises, ils n'ont pu réécrire la réforme de la SNCF, malgré trois mois de conflit. Pascal Pavageau résume ainsi la «méthode Macron»: «"je pense donc tu suis"». Laurent Berger, numéro un de la CFDT, multiplie aussi les critiques, estimant qu'il «n'y a pas de politique sociale digne de ce nom dans notre pays depuis le début du quinquennat».
«Agenda consistant et de qualité»

Pour l'avenir, les syndicats s'inquiètent d'une refonte des aides sociales, de la future réforme des retraites, d'une remise en cause du statut des fonctionnaires, quand le patronat critique le prélèvement à la source. Il y a aussi des interrogations sur le plan pauvreté, reporté à la rentrée. Même dans les rangs de la majorité LREM, la grogne monte, certains réclamant «un rééquilibrage de la politique menée depuis un an, en faveur d'une politique sociale plus affirmée».

Alors syndicats et patronat vont essayer de s'accorder sur des thèmes dont ils pourraient s'emparer pour négocier. «Remettre au centre l'idée que la négociation professionnelle, ça a un sens et que des droits pour tout le monde, ça a aussi un sens», explique de son côté le numéro un de la CGT, Philippe Martinez.

... https://www.20minutes.fr/politique/2305 ... ode-macron


Et négocier quoi ? Du moins pire ? Parce que négocier du mieux avec ces requins est impensable. Alors qu’aller faire dans cette mise en scène de “dialogue social” ?
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Re: Collaboration de classe "partenaires sociaux" ou syndica

Messagede bipbip » 13 Juil 2018, 11:49

Collaboration de classe

Après les « stratégies de la défaite », les syndicats veulent l’unité avec le MEDEF !

C'est une très surprenante nouvelle qui a été révélée ce 11 juillet. Les représentants des organisations patronales et syndicales seraient prêts à un « front commun » pour pousser Emmanuel Macron à plus de dialogue. Une hérésie, alors que les cheminots sont encore en lutte et que la rentrée sociale s'annonce agitée, avec entre autres la question de la réforme de la sécurité sociale ou encore, celle très explosive, des retraites…

Ce printemps, il semblait difficile pour les organisations syndicales de faire advenir « l’unité » dans les mouvements sociaux. Non pas parce que les travailleurs n’avaient pas à l’esprit les possibilités d’une convergence, mais bien parce que, les appels des différentes confédérations – de la Fonction Publique et des Cheminots par exemple, de la CFDT qui s’est finalement retiré des appels de la Fonction publique – tendaient à diverger. Mais si l’unité dans la rue semble toujours très compliquée, rien de tel quand il s’agit de réunir les dirigeants syndicaux dans un bureau pour réaliser de bien drôles alliances. Ainsi, ce 11 juillet, cinq confédérations syndicales des travailleurs étaient réunies pour discuter avec les représentants patronaux, Medef et CGPME. Et ce qui ressort de cette rencontre dépasse l’entendement : il s’agit de former un « front commun » contre Macron, selon les mots de certains – Pascal Pavageau, nouveau chef de FO en l’occurrence. Contre le « président des riches », de la CGT au Medef ! Ben voyons.

Et avec celui qui ferait passer Pierre Gattaz pour un authentique bolchevick ! Geoffroy Roux de Bézieux, nouveau président du Medef, est un adepte d’une ligne dure, prêt à monter au front contre les acquis des travailleurs. On ne parle pas ici d’un débat au sein du mouvement ouvrier sur la stratégie à adopter, et ce alors que les « chefs » syndicaux ont à leur crédit une accumulation de défaites, de la « grève saute-mouton » à la « grève perlée ». Non, il s’agit là d’une annonce sans équivoque : les dirigeants syndicaux entendent passer une alliance avec les pires ennemis de la classe ouvrière, et ce pour la simple et unique raison mise en avant : celle, pour les partenaires sociaux qui se sentent flouer, de renouer avec une forme de « dialogue social » avec le gouvernement.

Pour se faire entendre dans les ministères, à défaut d’utiliser la rue, les organisations syndicales sont ainsi prêtes à s’allier avec le Medef pour peser davantage. Elle a bon dos la « démocratie sociale » ! une trahison d’autant plus grave dans le contexte actuel. En effet, la grève historique des cheminots n’est pas seulement la plus longue grève de l’histoire de la SNCF, mais aussi la confirmation de l’ouverture d’un nouveau cycle de lutte des classes ouvert avec la loi travail en 2016. Durant cette première année de mandat d’Emmanuel Macron, différents secteurs se sont mis en lutte et sont prêts, dès la rentrée à prendre leur revanche. Au lieu de préparer les luttes, les confédérations syndicales ont littéralement décidé de lier leurs mains à celles du patronat… qui seul aura l’oreille du gouvernement.

Si les classes dirigeantes ont bien quelques intérêts à passer cette alliance avec les organisations ouvrières, cette décision d’un « front unique syndicat/patronat » est un véritable coup de poignard dans le dos de l’ensemble des travailleurs et de la jeunesse. Cette trahison n’est pas anodine ou anecdotique, mais qualitativement incomparable avec les plus « traditionnelles » manœuvre pour contenir la colère dans le cadre du « dialogue social ». Pas sûr qu’une telle alliance, et ce alors que les congrès de Force Ouvrière ou de la CFDT ont montrés des signes de mécontentement au sein des militants, soit acceptable pour la base des différentes confédérations et, plus largement, à l’ensemble des travailleurs.


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Re: Collaboration de classe "partenaires sociaux" ou syndica

Messagede bipbip » 14 Juil 2018, 16:49

L’été du grand recentrage syndical autour de Macron et du Medef

Les huit dirigeants des principales organisations syndicales et patronales (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, Medef, CPME et U2P) viennent de créer ce 11 juillet un « CLUB DES 8 » pour collaborer sur les « mutations économiques et technologiques », et "peser ensemble" le 17 juillet à l'Élysée devant Macron.

Tous se reverront dès septembre.
- « C'est un bon signe … », approuve le secrétaire général de la CGT.
- « Un climat cordial », pour le nouveau patron du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux.
- « Un climat de discussion extrêmement serein sur les grands enjeux de transformation et de mutation économiques et sociales dans notre pays », pour Laurent Berger de la CFDT.

1 - Puisque Macron gouverne pour les Riches, les patrons, les actionnaires et les banquiers, alors nous allons rencontrer les associations de patrons, d’actionnaires et de banquiers pour explorer une collaboration étroite.

2 - Puisque les Ordonnances ont en partie détruit les droits des délégués à l’entreprise au profit du pouvoir des employeurs, les confédérations syndicales passent par en haut, et opèrent une jonction avec les employeurs pour occuper un strapontin.

3 - Puisque la CFDT a pris cette orientation de collaborer à l’édifice du libéralisme commun et d’arrêter de porter les revendications communes et les mouvements sociaux, le sommet du sommet de la CGT en fait autant. Il s’agit de faire cause commune, de constituer « un club des 8 », composée des huit dirigeants des principales organisations syndicales et patronales.

4 - Le congrès des syndicats de la Confédération Générale du Travail, prévu en avril 2019, s’est joué au Conseil Économique et Social ce 11 juillet. L’appréciation de l’actuel secrétaire général de la CGT ne laisse aucun doute :
« Il y a plein de sujets à discuter, notamment la convention de l'assurance chômage. Quand les représentants des patronats et des syndicats se rencontrent, c'est un bon signe pour aborder les sujets qui concernent le dialogue social et les sujets interprofessionnels".


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Re: Collaboration de classe "partenaires sociaux" ou syndica

Messagede bipbip » 14 Juil 2018, 23:52

Pourquoi le paritarisme n’est pas notre tasse de thé ? Mais qu’allaient-ils faire dans cette galère ?

En ce début juillet, les organisations syndicales de salarié-es et patronales considérées comme représentatives se sont rencontrées.
L’objectif était, semble-t-il, de faire pression sur le gouvernement pour sauver les institutions du paritarisme, organe par essence du "dialogue social", et promouvoir une conception de la négociation déconnectée des logiques de rapport de force.

Le paristarisme quezaco ?

Le paritarisme est une forme institutionnelle qui existe dans la négociation interprofessionnelle ou de branche, dans les organismes de sécurité sociale et à l’UNEDIC pour le chômage ou dans la fonction publique. Dans ces institutions, les représentant-es des syndicats de salarié-es ou de fonctionnaires sont face aux représentant-es des patrons ou de l’administration pour la fonction publique. Le même nombre de personnes de chaque côté mais pas le même pouvoir dans la plupart des situations.

Nous sommes partisan-es de la gestion par les travailleurs et les travailleuses de ce qui leur appartient

Comme pour la sécurité sociale, l’argent des retraites, de l’assurance chômage où s’agissant de gérer les cotisations et donc du salaire socialisé, ce sont les représentant-es des travailleur-euses qui doivent être à la première place !

Nous sommes partisan-es de la négociation… mais...

Nous savons, et encore plus aujourd’hui, qu’il n’y a pas de résultat aux négociations sans rapport de force, que celui-ci se construit dans les entreprises, les services, les administrations, sur les places et dans la rue.
Toutes les grandes conquêtes qui font aujourd’hui encore notre vie au travail : salaires, horaires, congés, ont été acquis lors de luttes, de grèves importantes.

Rencontrer le patronat pour faire pression sur le gouvernement ?

Il est vrai que le gouvernement menace la place des organisations syndicales, leur rôle dans les négociations collectives. Mais peut-on compter sur les organisations patronales pour construire les cadres d’alliance permettant que les syndicats se fassent entendre dans de meilleures conditions ?. Oui nous voulons continuer à mobiliser et pouvoir imposer un rapport de force dans les réunions avec le patronat, mais ça ne passe pas par des alliances avec lui.

Le MEDEF ne sera jamais notre partenaire !

Trop de mauvais coups récents sont venus de toutes parts : le gouvernement, le patronat, nos adversaires sont doubles, et dans la dernière période ils travaillent bien l’un pour et avec l’autre.
Alors pour accueillir son nouveau président Roux de Beysieux… nous bloquerons l’université d’été du MEDEF le 29 août à Jouy en Josas.


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Re: Collaboration de classe "partenaires sociaux" ou syndica

Messagede bipbip » 18 Juil 2018, 15:26

Syndicats à l’Elysée : Macron à la recherche d’un second souffle

Rencontre au sommet entre le patronat, les syndicats et le gouvernement hier matin à l’Elysée. Au programme, une discussion pour « jeter les bases d'un nouveau contrat social, celui du siècle qui s'ouvre », comme l’avait annoncé Macron au Congrès. Un changement de ton, du moins dans la forme, pour Macron qui affirme désormais qu'il compte s'« appuyer sur les partenaires sociaux, sur les corps intermédiaires » pour la suite des "réformes". Les directions syndicales, qui n'ont eu cesse de réhabiliter le "dialogue social" de l'ancien monde durant l'an 1, n'ont pas hésité à se mettre au chevet du gouvernement et de faire le baise-main à Jupiter.

Une semaine après avoir jouer le jeu du Medef, en annonçant un « front commun des partenaires sociaux » rassemblant directions syndicales organisations patronales, toutes ces organisations se sont rendues à l’Elysée discuter du nouvel agenda pensé par Macron pour rogner sur les droits sociaux des travailleurs et de la jeunesse. Un nouvel agenda qui doit intégrer la négociation sur l’assurance chômage, la question de la santé au travail, le plan pauvreté, les réformes hospitalières ou encore la retraite.

Autant de sujets sur lesquels les directions des grandes confédérations syndicales sont visiblement prêtes, dès maintenant, à négocier en renouant au jeu du « dialogue social » de l’ancien monde, mettant ainsi un terme aux fameuses "concertations" auxquelles se sont prêtés volontiers les directions syndicales pendant de l’an 1 de Macron. Il semble ainsi que la version remaniée du "dialogue social" usant d’humiliations perpétuelles contre les "corps intermédiaires" a fait son temps, révélant d’un côté son efficacité terrible pour avancer dans les contre-réforme sur le court terme mais aussi ses limites plus stratégiques sur le moyen terme. En effet, après la loi travail XXL, Parcoursup’ ou encore la réforme du rail, les bilans du dialogue social version « concertations » sont sans équivoque : à aucun moment le gouvernement n’a reculé ni même changé une virgule de ses réformes. Rejouer le jeu, même dans une version édulcorée, à l’entrée dans l’an II du syndicat, c’est donc signer un chèque en blanc au gouvernement pour de nouveaux reculs sociaux, continuer dans une stratégie de la défaite qui a déjà coûté cher aux grévistes, notamment les cheminots.

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Re: Collaboration de classe "partenaires sociaux" ou syndica

Messagede bipbip » 16 Aoû 2018, 18:46

les syndicats peuvent-ils échapper à l’intégration ?

Dialogue social : les syndicats peuvent-ils échapper à l’intégration ?

Les appareils syndicaux se sont intégrés de longue date aux mécanismes du « dialogue social », qui permet de négocier les reculs sociaux en échange de quelques miettes, voire prébendes. Sous Macron, la source semble cependant se tarir… sans que cela ait jusqu’à présent conduit à des redéfinitions stratégiques.

« La nature essentielle du syndicalisme est concurrentielle, elle n’est pas communiste. Le syndicat ne peut être un instrument de rénovation radicale de la société : il peut offrir au prolétariat une bureaucratie expérimentée, des techniciens experts en questions industrielles de portée générale, il ne saurait être la base du pouvoir prolétarien. » [1] « Le développement normal du syndicat est caractérisé par une décadence continue de l’esprit révolutionnaire des masses : quand la force matérielle augmente, l’esprit de conquête s’affaiblit ou disparaît complètement, l’élan vital s’épuise, l’intransigeance héroïque fait place à l’opportunisme, à la pratique de la politique du ’’beurre sur le pain’’ ». [2]

Ces lignes d’Antonio Gramsci résument, de façon un peu abrupte, une appréciation des syndicats largement portée par des classiques du marxisme, de Marx lui-même à Trotsky en passant par Rosa Luxemburg. Mais, par ailleurs, Léon Trotsky défendait la nécessité pour les militants révolutionnaires de militer dans les syndicats sous hégémonie stalinienne ou social-démocrate. L’enjeu de toute discussion sur le(s) syndicalisme(s) est d’analyser la situation concrète du syndicalisme dans ses évolutions et dans sa réalité du moment. En France, l’existence de plusieurs confédérations et fédérations et de multiples contradictions internes impose de scruter les évolutions et contradictions. Analyser les formes précises de l’intégration des organisations syndicales est indispensable, que ce soit dans l’activité quotidienne des militants syndicaux ou pour contester leurs stratégies.
Retour sur des évolutions différenciées

Il est commun aujourd’hui de dénoncer l’engagement des directions confédérales dans le dialogue social comme nouvelle forme de leur intégration à la logique capitaliste. Après l’échec des mobilisations de ces dernières années contre les lois El Khomri puis Macron, la stratégie mise en œuvre en ce printemps par les directions syndicales est une nouvelle fois mise en question.

L’histoire des syndicats qualifiés de « réformistes » les inscrit plus ou moins dans la logique d’un dialogue social synonyme de compensations matérielles et de prérogatives d’appareil. La CFTC, la CFE-CGC, l’UNSA et FO sont nées sous le signe de la collaboration de classes.

FO, dont l’hétérogénéité vient en grande partie des conditions de sa création et de son développement, fait notamment de rupture avec la CGT stalinienne, voit se côtoyer anarchistes, socialistes « bon teint », trotskystes, affidés du patronat voire de l’extrême-droite.

Pour la CFDT, la déconfessionnalisation (passage de la CFTC à la CFDT en 1964) dans le contexte de luttes autour de Mai 68 a conduit pour un temps à des positionnements radicaux, que ce soit en terme de modalités d’actions (occupations…), de projet global (autogestion, place des femmes) ou de mots d’ordre (augmentations uniformes). La lutte des Lip en a fixé les limites.

En ce qui concerne la CGT, les traditions socialistes à la mode Deuxième Internationale et anarcho-syndicalistes ont été mises en question par le poids grandissant du PCF à partir des grèves de juin 1936. Si celles-ci ont permis d’engranger des conquêtes sociales significatives (congés payés, 40 heures, 15 % d’augmentation des salaires), la création, ou plutôt la généralisation, des délégués du personnel élus sur listes syndicales et des conventions collectives ont fourni les premières bases matérielles de « fonctionnarisation » du syndicalisme. Le mouvement syndical, divisé (CGT/CGTU) et affaibli en 1934, ne comptait alors plus que 800 000 syndiqués mais est passé à 4 millions en 1937.

A la sortie de la Deuxième Guerre mondiale, le gouvernement intégrant le PCF a associé bourgeoisie et classe ouvrière pour la « reconstruction du pays ». La mise en place de la Sécurité sociale, des comités d’entreprise, les nationalisations et la multiplication des structures de négociations ont permis un développement considérable de l’appareil de la CGT. Le rapide retournement à travers la « guerre froide », conduisant à l’éviction des ministres communistes et à la création de Force ouvrière, a réactivé une politique « troisième période de l’Internationale communiste » de la CGT et du PCF, qui dans la foulée de la grève de Renault en 1947 avaient craint un ébranlement de leur hégémonie. A partir de la grève des mineurs de 1963, la remontée de la combativité s’est traduite par des grèves dures, tandis que se mettait en place en 1966 l’unité CGT-CFDT.

Mai 68 va illustrer les stratégies des directions syndicales encadrant les grèves et refusant tout affrontement avec l’Etat bourgeois. Seule la CFDT se positionnera en soutien aux mouvements de contestation « généraux », politiques. Le constat de Grenelle a enregistré une hausse des salaires de 7 %, et de 33 % pour le SMIC, un « engagement » sur la réduction du temps de travail et la reconnaissance de la section syndicale dans les entreprises. Mais pas d’abrogation des ordonnances de 1967 sur la Sécurité sociale, revendication centrale de la CGT. Cette politique se traduira par une faible progression des effectifs syndicaux. Et un recrutement fait d’anti-gauchisme et fermé à toute forme d’auto-organisation.
La bourgeoisie et les leçons de Mai 68

La grande trouille de 68 conduit la bourgeoisie à modifier profondément ses stratégies économiques et industrielles et le système de relations sociales sur fond de crises économiques. Restructurations, démantèlement des grands sites industriels, progression du chômage, développement de la précarité vont concourir à affaiblir les capacités de résistance de la classe ouvrière. Parallèlement, la bourgeoisie et les gouvernements successifs vont s’ingénier à inscrire la conflictualité sociale dans une logique de négociations faite de diagnostics partagés et de confrontations limitées, de réformes qui s’inscrivent définitivement dans une réalité de contre-réformes.

Ces évolutions ne s’opposent en rien aux conceptions de la CFTC ou de la CFE-CGC, voire de FO. Dès le milieu des années 1970, la direction de la CFDT s’engage dans cette même direction : mise en cause de la radicalité, recentrages successifs, elle choisit la voie d’une plus grande intégration aux structures de négociation, d’administration, de cogestion, dans le cadre du système.

Les lois Auroux de 1982, souvent présentées comme des avancées sociales importantes, tenteront de faire entrer la « citoyenneté dans l’entreprise », tentative pour dissimuler le lien de subordination au cœur du système capitaliste d’exploitation. Ces lois ont renforcé l’enfermement du syndicalisme dans l’entreprise, déjà amorcé par la reconnaissance du syndicat en son sein datant de 1968, en rendant obligatoire les négociations annuelles obligatoires (NAO) sur les salaires, la durée et l’organisation du travail. Parallèlement, ces lois ont augmenté les moyens et le pouvoirs des institutions représentatives du personnel (IRP) avec des moyens financiers plus importants pour les CE, en transformant les Comités d’hygiène et sécurité (CHS) en une IRP autonome, les Comités d’hygiène et sécurité, conditions de travail (CHSCT) aux droits et moyens augmentés.

« Les références contemporaines au dialogue social et aux partenaires sociaux (…) valorisent d’une certaine manière un processus délibératif, mais celui-ci est limité à l’implication des organisations patronales et syndicales dans des discussions portant sur les changements à accomplir (…) L’essentiel consiste à montrer qu’un dialogue a été́ organisé, indépendamment de son contenu (…) L’acceptation d’une logique de dialogue social et civil, de partenariat et de gouvernance, réduit le salariat à un groupe d’individus ayant en commun une forme juridique d’emploi. Le dialogue et le partenariat sont porteurs d’une idéologie consensualiste incompatible avec la reconnaissance d’intérêts de classe du salariat ». [3]

La conflictualité du travail va aller en décroissant, prise dans l’engrenage du développement du chômage et de la précarité, de la déstructuration des grandes entreprises et de la mise en concurrence des salariés au niveau mondial. La généralisation du dialogue social va accélérer l’institutionnalisation du syndicalisme. C’est ainsi que devant le développement des fermetures de sites et des plans de licenciements, tout un processus d’information/consultation des IRP vise à associer les organisations syndicales à une forme de cogestion des plans « sociaux » puis des plans de « sauvegarde » de l’emploi.

La mise en place des 35 heures, impulsée par Martine Aubry, impose aux organisations syndicales de s’insérer toujours plus dans le dialogue social tout en multipliant les possibilités de dérégulation du temps de travail. Un nouveau pas est franchi en 2008 avec l’accord Medef-CGT-CFDT sur la représentativité. Avec l’abandon des élections à la Sécurité sociale puis aux Prud’hommes, la représentativité des organisations syndicales est désormais calculée sur le seul résultat des élections professionnelles et essentiellement celle des comités d’entreprise, consultations particulièrement sensibles à la gestion des activités sociales et culturelles plutôt qu’à l’action syndicale. Les grandes mobilisations contre les réformes des retraites, les lois travail et les ordonnances n’ont pas permis de faire reculer les gouvernements. Si la réforme des retraites de 2013 ou l’ANI ouvrant sur les accords compétitivité-emploi ont été approuvés par la CFDT, la CFE-CGC et l’UNSA, les mobilisations ont été marquées par des fins de non-recevoir pour la CGT, FO et Solidaires.
La fin du dialogue social ? Les syndicats au pied du mur

Si la logique économique et sociale de Macron et de son gouvernement s’inscrit dans la continuité des gouvernements précédents, son attitude face aux syndicats de salariés, voire parfois aux organisations patronales, marque une rupture avec ses prédécesseurs. Ceux qu’ils nomment « les corps intermédiaires » doivent être remis à leur place de contestataires, sans moyens ni droits à de quelconques pouvoirs de décisions au niveau de l’Etat et de ses institutions parlementaires, avec des droits et moyens limités au niveau de l’entreprise

La liste des reculs s’allonge régulièrement. Réforme des prud’hommes, coupes drastiques dans les moyens et pouvoirs des IRP (suppression des délégués du personnel, réductions du nombre d’élus dans les CE devenus CSE, limitation des droits et moyens des CHSCT, etc.), réforme du droit des licenciements, institution des référendums d’entreprise à l’initiative des employeurs, démantèlement de l’Inspection du travail... Parfois, même les concessions accordées aux « réformistes » pour leur donner un argument afin de déstabiliser le camp syndical sont remises en cause (cf. le « compte pénibilité » vidé de tout contenu).

En fonction de leurs histoires, traditions, repères idéologiques mais aussi de leurs moyens, les différentes organisations syndicales tentent de s’adapter ou de s’opposer à ces évolutions. Pour la brochette CFTC, UNSA, CFE-CGC, FO, pas de grands états d’âme, du moins dans les appareils, même si le dernier congrès de FO a enregistré quelques remous passagers. Leur faible représentativité, sauf exceptions, fait que ces syndicats sont peu touchés par la réduction des moyens des IRP. Leur vie et leur survie sont liées aux structures de collaboration de classes (organismes de formation, mutuelles, etc.), pour l’essentiel au niveau national.

Cependant des contradictions existent. La mise à l’écart des syndicats de la gestion de l’assurance-chômage et de la formation professionnelle vise toutes les organisations. La progression de la CFE-CGC, en liaison notamment avec l’augmentation des effectifs des cadres et assimilés, l’oblige à prendre en compte les exigences de ses adhérents, pas toujours disposés à accepter la taylorisation de leur travail et/ou leur exclusion de tout pouvoir d’intervention dans les décisions managériales, avec l’exigence patronale qu’ils portent et supportent les discours patronaux. Ceci explique, en partie, les mobilisations animées par des intersyndicales « larges » chez les cheminots ou à Air France. Même si, dans ces deux cas, c’est d’abord la combativité des salariés concernés qui impose cette unité dans la résistance.

Pour la CFDT, les réductions de moyens et de pouvoirs pourrait impacter gravement ses moyens et raisons d’exister. Certes, les dizaines d’années consacrées à la mise en ordre d’un fonctionnement très bureaucratique ont réduit la plupart des opposants au silence ou les a contraints au départ, tout en optimisant l’appareil, sa « communication » et ses moyens de fonctionnement. Dans une période où les luttes paraissent moins efficaces que le dialogue social, le niveau des adhésions peut se maintenir. Surtout quand il est très souvent « appuyé » par des directions d’entreprise préférant des « partenaires sociaux » plutôt que des syndicalistes combatifs. La logique du gouvernement Macron est basée sur une volonté de marginalisation des « corps intermédiaires » au nom de la légitimité issue du vote aux élections présidentielle et législatives. Une volonté que la direction de la CFDT tente parfois de freiner en accompagnant les mobilisations, dans un équilibre délicat qui l’a conduite à signer malgré tout les accords sur la formation professionnelle, dans la mesure où la gestion de celle-ci reste en grande partie entre les mains des « partenaires sociaux ».

Frappée de façon limitée par les réductions des IRP ainsi que par la crise du dialogue social, Solidaires a comme principale difficulté d’éviter l’isolement, ce qui la rend dans les faits très dépendante de la politique de la CGT. Dans le même temps, l’augmentation de ses effectifs au fil des ans et un recrutement parfois très hétéroclite font apparaître des tendances bureaucratiques et des dynamiques d’intégration dans certains secteurs. Il n’en reste pas moins que Solidaires apparaît souvent comme l’aile combative et dynamique du syndicalisme, notamment dans les manifestations.

La FSU a été l’expression d’une certaine radicalité au milieu des années 1990, mais aussi de batailles d’appareils entre la tendance animée par des militants du PCF et la tendance « socialiste » sur le point, à l’époque, de perdre la majorité dans la FEN. Les bouleversements sociologiques du corps enseignant, ainsi que la volonté de la direction de la FSU de ne pas s’affronter aux gouvernements de « gauche », l’ont menée à une incapacité dramatique à défendre même au quotidien les intérêts des salariés, et à cautionner toutes les contre-réformes et réductions de moyens.

La CGT tend à cumuler toutes ces contradictions, augmentées de la perte de repères politiques produit de l’écroulement du mur de Berlin et de celui de l’électorat du PCF. Là aussi, les restructurations de l’appareil de production sont un des éléments fondamentaux de l’affaiblissement. Mais dans le même temps, les reculs idéologiques ont alimenté des politiques suicidaires. Ainsi l’accompagnement bureaucratique de la privatisation d’EDF-GDF [4], d’Air France, des Postes et Télécommunications, opéré par une partie de l’appareil a non seulement déconstruit des bases ouvrières, militantes fortes, mais aussi sapé bien des ressources matérielles de l’appareil.

Globalement, ces positionnements peu critiques par rapport aux gouvernements de « gauche » ont abouti, avec des rythmes et à différents niveaux, à des évolutions divergentes. On a ainsi vu se développer une défiance par rapport au politique au sens de l’action gouvernementale, ainsi qu’une volonté de rupture avec la politique du PCF et tout ce qui pouvait y ressembler. L’existence de ces positionnements, portés par des unions départementales, des fédérations et/ou des courants transversaux contribue à rendre la confédération difficilement gouvernable et soumise à des alliances internes à géométrie variable. L’épisode Lepaon, s’il relève sur le fond de questions de financement, a illustré de façon caricaturale ces difficultés de gouvernance.

Pour la direction de la CGT il est donc bien question de mener et réussir une double opération : rassembler en interne autour d’une orientation relativement combative, estimée être le point médian actuel de la confédération ; défendre face au gouvernement un ensemble de positions, de prérogatives, de moyens dont dépend en grande partie sa crédibilité et son fonctionnement. Mais dans de nombreuses structures les débats sont rudes, voire violents, sans que les considérants politiques soient toujours évidents. Devant les difficultés d’adhésion, de renouvellement des générations, certains misent sur une forme de radicalité, d’autres sur le retour aux méthodes traditionnelles anti-démocratiques de la « forteresse assiégée ». La volonté réelle de prendre en charge les questions du féminisme et LGBT, les mobilisations des travailleurs sans papiers, montrent les possibilités de progression, y compris sur des terrains peu familiers à la CGT.
Et maintenant ?

Dans son congrès confédéral du début juin, Laurent Berger a pu déclarer que « le syndicalisme est mortel, mais pas le nôtre », c’est-à-dire pas celui de la CFDT.

La Charte d’Amiens a fixé un cadre au syndicalisme français : la double besogne, faite de défense des intérêts immédiats des travailleurs et travailleuses, et de lutte pour une transformation d’ensemble de la société « par l’expropriation capitaliste », en toute indépendance des partis et de l’Etat.

L’existence légale du syndicalisme en France a démarré avec la loi de 1884, combattue par de nombreux syndicats qui « considèrent que la déclaration obligatoire constitue une mesure de police et critiquent le fait qu’aucune sanction ne soit prévue à l’encontre des patrons qui s’opposeraient à la création du syndicat ». [5] Toutes les lois qui ont tendu à donner des moyens au syndicalisme ont ainsi été l’objet de débats et contestations. La reconnaissance du syndicalisme a été, à la fois, la reconnaissance de l’existence d’une classe dans la société et la volonté d’en encadrer les révoltes et de l’empêcher de « révolutionner » le système.

Dans une période où les mobilisations sont plus ou moins défaites, la voie est étroite pour le syndicalisme. Ces défaites débouchent sur l’enregistrement de reculs sociaux, avec l’obligation de repartir de ce nouvel état des lieux pour construire les mobilisations. L’individualisation du rapport au travail rend encore plus difficile la construction de mobilisations collectives remettant en cause l’organisation du travail (souffrance au travail, discriminations...).

Des pistes sont ouvertes à partir des mobilisations récentes dans des secteurs à faibles traditions syndicales (hôtellerie, restauration, commerce, nettoyage, secteurs « ubérisés », sous-traitants de la SNCF ou intérimaires dans l’automobile, etc.). Elles montrent les possibilités de luttes et d’organisations de salarié-e-s dont le syndicalisme se préoccupe peu, d’avancées qui peuvent permettre de rompre avec les fracturations aggravées par le chômage et la précarisation. L’existence depuis plusieurs mois dans les manifestations de « cortèges de tête », regroupant « radicaux », syndicalistes las des cortèges traine-savate, jeunes, inorganisés, illustre la difficulté pour les syndicats à prendre en compte des voies de radicalisation différentes.

Une autre piste est une prise en compte de préoccupations plus large que le salaire : « mais, à l’inverse, sans lien avec des outils critiques permettant de comprendre ce qui se joue dans les rapports de production, sans aspiration à penser autrement l’utilité́ sociale du travail, la valeur d’usage de ce qui est produit, les syndicats peuvent s’enfermer ou se laisser enfermer dans une activité́ défensive et/ou de revendication immédiate facilement canalisable par les directions d’entreprise. Organes de résistance, de conscientisation, les syndicats peuvent aussi devenir des instruments de contrôle social permettant la reproduction de l’ordre social dominant ». [6] L’utilisation du référendum par les salarié-e-s d’Air France ou de la SNCF montre que même les instruments d’encadrement de la lutte des classes peuvent être retournés contre leurs initiateurs. A condition que la mobilisation des salarié-e-s soit au rendez-vous.

Robert Pelletier


P.-S.
• REVUE L’ANTICAPITALISTE N°98 (MAI-JUIN 2018). Nos articles sont publiés sous licence Créative Commons. Voir les détails. :
https://npa2009.org/idees/social-autres ... ntegration

Notes

[1] Antonio Gramsci, « Syndicats et conseils », 11 octobre 1919, ESSF (article 45629), Syndicats, syndicalisme et conseils.

[2] Antonio Gramsci, « Syndicalisme et conseils », 8 novembre 1919 :
ESSF (article 45629), Syndicats, syndicalisme et conseils.

[3] « Les formes de la délibération interprofessionnelle. Le sens du dialogue », Jean-Pascal Higelé :
https://www.cairn.info/revue-societes-c ... 2-p-85.htm

[4] « Une privatisation négociée. La CGT à l’épreuve de la modification du régime de retraite des agents d’EDF-GDF », Adrien Thomas, L’Harmattan, 2006.

[5] « Anthologie du syndicalisme français 1791-1968 », Jean Magniadas, René Mouriaux, André Narritsens, IHS CGT, Éditions Delga, 2012.

[6] Sophie Béroud, « Pistes pour une lecture marxiste des enjeux syndicaux contemporains », revue Contretemps, n° 28, janvier 2016.


http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article45630
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Re: Collaboration de classe "partenaires sociaux" ou syndica

Messagede bipbip » 23 Aoû 2018, 17:37

LES DIRIGEANTS SYNDICAUX ONT DISPARU !

Le gouvernement, rentré pour sa part le 22 août, annonce une nouvelle politique d'austérité avec pour septembre un budget taillant dans l'Education, l'emploi, les territoriaux, la santé..., une attaque des premiers jours d'indemnités maladie, la loi Pacte toujours en septembre qui privatise Engie, ADP, FDJ, fait entrer les fonds de pensions dans les retraites complémentaires, baisse les seuils de représentation sociale, pousse à la retraite par capitalisation, complète la casse du Code du travail, porte atteinte au financement de la Sécurité Sociale, etc, etc...
... et après leur remarquable silence pendant l'affaire Benalla, seule, FO, propose une vague mobilisation aux autres centrales syndicales sur les seules retraites... mais qu'en octobre !

https://www.mediapart.fr/journal/france ... -retraites

https://fr-fr.facebook.com/luttesinvisibles/
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Re: Collaboration de classe "partenaires sociaux" ou syndica

Messagede bipbip » 30 Aoû 2018, 12:10

« Le gouvernement ne veut pas nous écouter »

Martinez dépité à sa sortie de Matignon… La bonne blague !

Philippe Martinez fait-il semblant ou y croyait-il vraiment ? Dans les deux cas, c’est problématique. Pensait-il vraiment qu’après les réunions avec les partenaires sociaux, mi-juillet, à l’Elysée, Macron allait davantage être à l’écoute des syndicats ? Pensait-il, mercredi, qu’Edouard Philippe l’avait appelé pour lui annoncer de bonnes nouvelles ? A sa sortie de Matignon, hier, le leader de la CGT faisait une tête d’enterrement, regrettant, amèrement, que le « dialogue social » n’ait pas été au rendez-vous en cette rentrée.

C’est la CFTC et la CGT qui ont ouvert le bal des « concertations de rentrée » à Matignon. Au programme de la rencontre avec Edouard Philippe, la « réforme » de l’Assurance chômage et, plus généralement, tracer « les contours du programme de travail de l’année à venir en matière sociale ». Le Premier ministre avait pourtant annoncé la couleur, ou plutôt les couleuvres budgétaires, dans son interview au JDD. A croire que Philippe Martinez ne l’avait pas lue parce qu’il est ressorti de la réunion absolument furieux : « On nous convoque pour nous expliquer ce qu’on va faire cette année, a raconté le leader cégétiste à la sortie des bureaux du Premier ministre où il a été reçu en présence de Muriel Pénicaud, ministre du Travail, et d’Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé. On nous dit : "on va faire de la concertation - vous nous dites que vous êtes pas d’accord ou vous êtes d’accord - de toutes façons on fera ce qu’on voudra" ». Et de compléter : « Le président de la République nous avait dit en juillet "on va changer, on va plus vous écouter, on a peut-être été un peu vite" , mais rien n’a changé », a regretté Martinez, avec une pointe d’amertume.

Mais la direction de la CGT croit-elle vraiment que ce qui s’est joué en juillet, à l’Elysée, c’était un coup de théâtre politique et que Macron était soudainement devenu le meilleur ami du monde du travail ? A l’époque, après le printemps social des cheminots, des travailleurs de l’énergie et des étudiants contre ParcourSup, il ne cherchait, en réalité, qu’à endormir son monde avant l’été. Il en faut peu, pour berner les directions syndicales. Ou plutôt, il en faut peu pour acheter leur bonheur en leur promettant un « nouveau contrat social » et un rôle dans l’échafaudage de la « gestion » des rapports entre travail et capital en faveur du patronat.

Martinez a donc tonné en affirmant qu’il refusait d’être « un faire-valoir » servant de cache-sexe au « pseudo dialogue social ». Comme si un dialogue avec le gouvernement ou le patronat, à froid, pouvait ne pas être « pseudo ». Mais le fait même de répondre à la convocation du Premier ministre, au lieu de la dénoncer et d’organiser, d’entrée de jeu, la riposte pour la rentrée consiste à jouer le jeu du « faire-valoir ». Au même moment d’ailleurs, depuis Copenhague où il est en déplacement, Macron traitait les travailleurs en France de « Gaulois récalcitrants », hostiles aux réformes.

Mais, comme l’a également signifié Martinez au Premier ministre, si la lutte des cheminots, des électriciens et des gaziers, n’est pas close, tout comme ne l’est pas non plus la question des salaires et de l’emploi, dans le privé comme dans le public, alors il faudra prendre d’autres mesures que celles consistant à répondre aux invitations de Matignon. Et si l’Intersyndicale de ce jeudi 30 août, appelée par FO et à laquelle a répondu présent la CGT, n’accouche pas d’un réel plan de bataille, alors il faudra que les salariés, du public comme du privé, syndiqués et non-syndiqués, actifs, sans emploi ou retraités, l’imposent aux organisations. Puisque Macron traverse un début de rentrée tempétueuse avec la démission de Hulot, le tout sur fond de crise politique et institutionnelle, autant rajouter un avis de coup de vent social, pour jouer la situation à notre avantage.


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