1968 - 2018

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Messagede bipbip » 10 Mai 2018, 17:10

1968 : sous les pavés la plage/ 2018 sur la plage la rage

St Nazaire le dimanche 13 mai 2018
à 14h, place du commando

Pour une convergence contre Macron et son monde, avec les orgas et collectifs militants de Saint Nazaire et de la région :
nous interrogerons ce qu'il reste d'actuel dans mai 68 et quelles sont les luttes de 2018 pour inventer les alternatives, le progrès social, écologique, féministe, l'humanisme et les solidarités.


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https://nantes.indymedia.org/events/41225
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Re: 1968 - 2018

Messagede bipbip » 21 Mai 2018, 17:52

LUTTES D’HIER LUTTES D’AUJOURD’HUI

de Mai 68 à Mai 2018
Changer le monde ? Changer la vie ?

La Ciotat (13) jeudi 24 mai 2018
18h30 Maison des Associations, place Evariste Gras

Grèves solidarités espoirs utopies femmes, zadistes, cheminots, cheminotes, travailleuses,travailleurs, retraité(e)s, étudiant(e)s

Où en est-on ? Que fait-on ?

http://www.millebabords.org/spip.php?article31785
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Re: 1968 - 2018

Messagede bipbip » 21 Mai 2018, 19:39

Projections, débat « 1968-2018, ce n'est qu'un début »

Paris le samedi 26 mai 2018
à partir de 10h, Lycée Autogéré de Paris, 393 rue Vaugirard

Débat et fête sur les 50 ans de luttes depuis 1968

• 10 h Projections
- Où Passa Lapassade ?
- Tous au Larzac
• 12h Repas
• 16h Récits de luttes (féminisme, 1986, 1995, lycéennes, sans-papiers, ZAD...
• 19h AG Perspectives de Luttes
• 20h30 Chants Révolutionnaires et repas

https://paris.demosphere.eu/rv/62508

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Re: 1968 - 2018

Messagede bipbip » 28 Juin 2018, 23:07

Quand l’État français commémore Mai 68

Cinquante ans après Mai 68, ses barricades et sa grève générale, les « républicains » de tout poil, en marche, tout court, compagnies républicaines de sécurité… commémorent à leur manière l’événement. Avec un mot d’ordre : marche arrière toute !

Dans les universités…

L’intervention de la police à la Sorbonne, le 3 mai 1968, puis la nuit des barricades, une semaine plus tard, ont abouti le 13 mai à la plus grande grève générale en France depuis juin 1936. Des universités, la contestation s’est ainsi répandue aux usines et à l’ensemble du monde du travail.

Quand, en ce printemps 2018, les étudiant∙es se sont mobilisé∙es contre la sélection à l’université, au moment où d’autres secteurs entraient en lutte sur des revendications propres mais avec de belles possibilités de convergences (cheminots, postiers, EHPAD, Air France…), la plupart des présidents d’université confrontés aux occupations n’ont pas hésité à en appeler aux CRS. On pensait que c’était révolu, mais manifestement non. Et quand la police intervient, on sait ce que cela signifie : violence, arrestations arbitraires, poursuites sur la base du seul témoignage des policiers… les plus zélés des présidents y ajoutant des mesures disciplinaires à l’encontre d’étudiant∙es ou de personnels mobilisé.es.

L’Université de Lorraine n’a pas échappé à la règle. Après un mois et demi d’occupation d’une partie de la fac de lettres, à Nancy, l’équipe présidentielle a fait intervenir la flicaille… le 3 mai. Joyeux cinquantenaire ? Le symbole de la date leur aura probablement échappé. En revanche, ils n’auront pas perdu la maîtrise de l’intervention, désignant six étudiant∙es pour arrestation, faisant interpeller un septième chez lui, le lendemain matin, et appuyant leur propagande de vidéos soigneusement prises par leurs agents. La grande classe. Bilan local : trois étudiant∙es poursuivi∙es pour dégradation, trois autres pour rébellion… la présidence de l’université refusant à ce jour de retirer ses plaintes.

… et ailleurs

Finalement, c’est bien plutôt dans le camp des CRS et des gendarmes mobiles qu’on semble fêter Mai 68, à grands coups de matraque et de gaz lacrymogènes. Aux interventions contre les étudiant∙es dans les facs vient s’ajouter la répression violente des manifestations dans de nombreuses villes, où la moindre velléité de devancer les cortèges syndicaux se traduit par nassages, gazages et arrestations. On a ainsi vu des dizaines de lycéen.nes du lycée Arago, à Paris, traîné∙es en comparution immédiate pour avoir « occupé » illégalement leur établissement… pendant une demi-heure, à l’issue d’une manifestation, le 22 mai. Car la machine judiciaire fait aussi son travail : elle seconde efficacement la police dans la répression généralisée des mouvements sociaux.

Du côté des migrant∙es, ce sont de multiples témoignages d’exactions policières, à Calais notamment, et la politique absurde et criminelle de chasse aux sans-papiers qui est poursuivie, dans la lignée de TOUS les gouvernements précédents, par la droite décomplexée au pouvoir. Aujourd’hui, ce sont aussi les soutiens qui sont dans le collimateur de la justice, avec la nouvelle loi « Asile et Immigration », tandis que les identitaires qui empêchent les migrant∙es de traverser les Alpes à pied ne sont pas inquiétés, bien qu’ils soient en pleine illégalité.

Un sommet dans la répression a sans conteste été atteint à Notre-Dame-des-Landes. 2500 gendarmes mobiles, des milliers de grenades explosives lancées sur les zadistes et leurs soutiens, qui ont pour seul défaut de vouloir vivre dans des collectifs autogérés, sur des bases alternatives à celles de la société capitaliste. Un jeune de 21 ans a eu la main arrachée. L’été dernier à Bure, c’était un pied. Les flics ne s’y trompent pas : systématiquement couverts par les donneurs d’ordre, ils tirent dans le tas pour décourager celles et ceux qui veulent vivre autrement.
Le fascisme qui s’installe

On n’a pas besoin de redouter les héritières Le Pen quand on a la République en Marche aux affaires. Pilotée par le sinistre Collomb, la répression des étudiant∙es, des zadistes et des migrant∙es bat son plein… dans une relative indifférence majoritaire. Car le terrain a été bien préparé ces derniers temps : délire sur l’identité nationale sous Sarkozy, menace de déchéance de nationalité sous Hollande ; délire sécuritaire sous la gauche ou la droite, depuis les années Jospin jusqu’aux années Bataclan. Le régime policier réservé aux banlieues s’est étendu à l’ensemble de la société par un état d’urgence permanent avec, aujourd’hui, l’annonce explicite de la « judiciarisation » des manifestations. La nation et l’ordre sont ainsi devenus les étendards des politiciens français, avec l’appui de leurs pires représentants à l’Intérieur et le relais d’une police gangrenée par les valeurs de l’extrême droite.

... https://manif-est.info/Quand-l-Etat-fra ... 8-662.html
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Re: 1968 - 2018

Messagede bipbip » 11 Juil 2018, 22:45

Quelque chose de 68

Mai-juin 1968 n’a pas été sans incidence sur le syndicalisme, sur les manières d’en faire notamment… et de continuer à en faire ! Avec cet article c’est ce qu’il y a encore de 68 dans notre syndicalisme, en pratiques comme en débats,que nous proposons de retrouver.

Fin octobre, début novembre 1988, presque vingt ans après Mai 68. Les chauffeurs de la Direction du matériel et des transports de la Poste, les « camions jaunes », sont en grève reconductible. Cette grève est organisée sur le principe des « coordinations » qu’ont expérimenté cheminot.es, institutrices et instituteurs en 1986/19871. Dans chaque garage, les grévistes, syndiqués ou non, se réunissent en Assemblées générales, décident de la reconduction de la grève, de ses modalités et se « coordonnent » pour qu’elle tienne, maîtrisant ainsi de A à Z leur action.

Au sein des hôpitaux, une importante mobilisation des personnels, notamment des infirmières, durera plusieurs semaines et sera animée par une coordination nationale très combative.

C’est aux grévistes de décider

Cette pratique de la démocratie, de l’auto-organisation, c’est précisément des années 68 qu’elle a émergé. Plusieurs études ont mis en lumière la filiation entre les luttes lycéennes des années 70 et les grèves des années 80, notamment au travers de la pratique des coordinations… tout simplement parce que les lycéen.nes de 68 avaient grandis et travaillaient désormais2 !

Mais cette question de la démocratie dans la lutte c’est aussi à l’époque un des clivages hérités de mai. Les gauches syndicales des années 803sont comme des poissons dans l’eau au sein des coordinations. Leurs aîné.es défendaient déjà dans les grèves des années 1970 la primauté au comité de grève et aux décisions en assemblées générales souveraines contre une vision verticale qu’incarnait alors la CGT, parfois de manière très caricaturale.

Précisons que la bureaucratie CFDT, dans les années 70, même si elle est plus à l’écoute des « nouvelles formes de lutte » comme on dit, n’est pas toujours très rassurée par ces « AG » dont elle craint le maximalisme, pour ne pas dire le « gauchisme ». À la fin de la décennie 70, cette méfiance se transforme en hostilité avec le « recentrage », nouvelle doctrine cédétiste, où la négociation prime sur l’action gréviste. La fin des années 1980 et la réactivation du principe d’auto-organisation à une échelle de masse et dans plusieurs secteurs donne carrément des boutons aux directions syndicales.

Pour en revenir à nos « camions jaunes », c’est justement un excellent exemple de ce clivage hérité de 68. Les militant.es de la CFDT-PTT d’Île-de-France, oppositionnels au sein de leur centrale et fidèles aux orientations « lutte de classe » et autogestionnaire de la CFDT de 68, avaient fait le choix de soutenir activement cette grève auto-organisée. Ce qui ne fut pas du goût de la fédération CFDT-PTT qui, dans la foulée, dissout les syndicats récalcitrants, comme celle de la DMT ou d’autres syndicats parisiens de la poste et des télécoms, et procède aux démandatements de celles et ceux qu’Edmond Maire4qualifie de « moutons noirs ». Loin d’être démoralisé.es pour autant, ces syndicalistes allaient créer quelques semaines plus tard le syndicat SUD aux PTT, lui aussi décidé à continuer de porter cet « esprit de mai »5.

Globalement cet attachement à l’auto-organisation des luttes est aujourd’hui un « acquis ». Sur les lieux de travail il est devenu normal de réunir l’ensemble des salarié.es grévistes pour voter la grève et l’organiser ou tout simplement pour demander l’avis aux salarié.es sur des choses qui les concernent directement.

... http://www.lesutopiques.org/quelque-chose-de-68/
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Re: 1968 - 2018

Messagede bipbip » 06 Sep 2018, 20:55

Cinquante ans après mai 68

Après le printemps 2018, quelles bases pour une alliance étudiants-ouvriers ?

Cinquante ans après mai 68, il faut que le mouvement étudiant reprenne une des discussions qui a animé tout le mouvement étudiant d’alors, du quartier latin à Caen en passant par Nantes, c’est à dire son rapport au mouvement ouvrier, après un printemps 2018 qui a vu les cheminots et les étudiants opérer de réelles tentatives de convergence.

Le printemps 2018 et le retour de la question de la convergence des luttes

Ce printemps, une fois de plus, la classe ouvrière, à travers les cheminots, s’est imposée comme sujet central de la lutte contre les attaques du patronat, représenté aujourd’hui par Macron. Car si le mouvement étudiant a quelque peu inquiété le gouvernement, notamment au moment où il s’agissait d’évacuer les facs occupées, c’est bien les cheminots qui étaient au centre des préoccupations du gouvernement, qui a tenté au printemps de faire plier un des secteurs les plus combatifs du mouvement ouvrier, sans y arriver malgré trois mois de lutte et une défaite sur la question revendicative.

S’il existe toujours des gens pour dire que tous les mouvements sont égaux entre eux, le mouvement des cheminots a montré, malgré toutes ses limites, notamment en termes d’auto-organisation, que c’est bien la classe ouvrière, par sa place décisive dans le processus de production, qui est capable d’effrayer la bourgeoisie au point où elle est obligée de mentir publiquement sur les présupposés privilèges des cheminots qui étaient devenus, entre février et mars, des salariés payés 5000€ par mois et avaient plus de 75 jours de congé.

Pour les étudiants qui occupaient et bloquaient leurs facs, le lien avec le mouvement cheminot s’est tout de suite imposé dans la réalité politique. Si chronologiquement, le mouvement étudiant ne commence réellement à prendre de l’ampleur après le 22 mars, ce n’est pas seulement à cause de l’attaque fasciste qui a eu lieu à Montpellier : le même jour, un tiers des cheminots s’est mis en grève malgré les timides appels de la CGT Cheminots à une « journée de manifestation ». C’est la détermination des cheminots qui a ouvert la voie, pour la première fois depuis l’élection de Macron, à une victoire de notre classe sur le gouvernement. La centralité du mouvement cheminot s’est aussi rapidement imposée sur la question programmatique, avec dès le départ le sentiment des étudiants mobilisés qu’il fallait converger avec les cheminots, avec notamment la formule « les cheminots veulent pouvoir envoyer leurs enfants à la fac et les étudiants ne veulent pas payer 300€ par mois pour les transports » ou encore « même Macron même combat ». Là étaient les bases d’une réelle « convergence des luttes » entre cheminots et étudiants, qui, bien qu’insuffisamment développée, a pu faire émerger des questions qui semblaient quelque peu enfouies dans l’imaginaire du mouvement étudiant.

L’inconvénient avec l’expression « convergence des luttes », c’est qu’elle est assez floue pour que tous les courants de la gauche, qu’elle soit réformiste, autonome ou révolutionnaire, s’en revendique, expliquant que c’est la principale arme pour faire face à Macron et à ses réformes. Voilà un flou qu’il s’agit de préciser : aujourd’hui, il faut poser la question de la convergence comme celle d’une alliance entre le mouvement étudiant et le mouvement ouvrier. Cette formule, loin d’être un simple exercice formel, permet surtout de mieux comprendre les tâches qui incombent aujourd’hui révolutionnaires dans le mouvement étudiant.

Reconstituer la force sociale du mouvement étudiant

Tout d’abord, poser la question comme celle d’une alliance entre mouvement étudiant et mouvement ouvrier suppose d’une part l’existence d’une classe ouvrière seule capable d’être un moteur pour l’émancipation de tous les exploités et les opprimés.

Mais cela suppose aussi l’existence d’un mouvement étudiant compris comme une force sociale à un moment t. Cela paraît anodin, mais aujourd’hui beaucoup de camarades de lutte, notamment les autonomes, nient cette capacité des étudiants, à se poser, face à des attaques du gouvernement, comme un mouvement étudiant en soi. Cette négation s’incarne par exemple dans le concept de « multitude » de Toni Negri, qui en effaçant ce caractère de force sociale au profit d’une dilution dans la multitude des individus en lutte contre le système capitaliste, efface la capacité du mouvement étudiant à se penser comme sujet politique.

Cela s’est incarné particulièrement à Tolbiac dans la dynamique de l’occupation, à travers la logique selon laquelle les personnes « légitimes » pour prendre les décisions ne sont pas les étudiants réunis en AG contre la sélection, mais l’ensemble des « occupants » de la Commune Libre de Tolbiac, qu’ils soient étudiants, sans-logis, sans-papiers, ou parfois même salariés. Si évidemment, l’attractivité de Tolbiac montre aujourd’hui la persistance, dans de nombreux milieux, de la volonté d’en découdre avec l’État bourgeois, la dynamique des AG d’occupations a tout simplement désarmé le mouvement étudiant, incapable de se recomposer autour de revendications qui lui sont propres et à mêmes de se constituer comme une force sociale.

Un seul contre-exemple semble émerger, celui du Mirail à Toulouse, où la faiblesse du mouvement autonome et une maturité politique plus développée qu’ailleurs, liée notamment au nombre important de mouvement locaux (lié à l’assassinat de Rémi Fraisse ou encore contre la fusion des universités toulousaines), ont fait que le mouvement toulousain a pu se développer autour de revendications plus « étudiantes ». Cela s’est fait sans corporatisme, avec un mouvement très lié à la grève des personnels administratifs, mais avec l’attention portée aux liens tissés avec des secteurs salariés, notamment les cheminots, même si cela reste pour l’instant au stade de démonstrations isolées, comme le meeting de soutien à la bataille du rail. Toutefois, il convient de préciser que la dynamique propre au Mirail en fait un cas assez particulier, avec depuis plusieurs années une lutte principalement centrée autour de l’enjeu de la fusion des universités toulousaines, et tirée en partie par les revendications des BIATS.

A l’opposé des théories negristes sur la « multitude », une des facettes du mouvement étudiant à reconstruire dans la phase de transition actuelle dans laquelle il se trouve, c’est la reconstruction d’une identité du mouvement étudiant autour d’une question centrale, celle qui la touche en premier ordre, c’est à dire celle du rôle de l’université dans la société, de la critique de cette université bourgeoise qui subit aujourd’hui les attaques du patronat pour l’asservir la plus efficacement à ses intérêts, au mépris des aspirations des étudiants. Le débat, pourtant primordial, du rôle de l’université dans le système de domination bourgeois, est un débat que les révolutionnaire se doivent de relancer dans les universités.

En ce sens, les ateliers alternatifs qui ont pu être proposés dans les facs occupées n’ont été qu’un début de la lutte pour une autre université. Dire qu’il faut que le mouvement étudiant, qui est aujourd’hui dans une phase de transition, doit se repenser comme sujet propre avec ses revendications ne veut pas dire qu’il faut promouvoir une politique corporatiste comme a pu le faire l’UNEF en son temps. En effet, toute stratégie corporatiste qui penserait que les étudiants pourraient gagner seuls, ou que les occupants d’une fac pourraient gagner seuls sans alliance avec la classe ouvrière en lutte ne peut mener qu’à l’échec, comme l’ont tragiquement démontré les évacuations des facs occupées ce printemps.

Ce n’est cependant qu’un préalable nécessaire pour que les étudiants puissent s’allier en tant que sujet politique au mouvement ouvrier dans une idée d’alliance entre deux forces sociales. Cela est, par ailleurs, totalement en contradiction avec l’idée d’une convergence des luttes qui se ferait par des échanges entre des personnes de secteurs différents parlant en leur propre nom, que ce soit à l’échelle inter-individuelle ou grâce aux « AG de lutte » proposées ici ou là par certains courants autonomes.

Quel pacte étudiant-ouvrier aujourd’hui ?

Une des bases de l’alliance entre le mouvement ouvrier et le mouvement étudiant est une critique radicale et sans compromis de cette université au service de la bourgeoisie. Aujourd’hui, si l’université a pour rôle central de former des travailleurs en fonction des besoins de l’économie capitaliste, il faut aussi voir son rôle dans la fabrique de l’idéologie dominante. Face à cela, les principaux écueils consistent nier son caractère de classe et vouloir d’une part ou bien « Sauver l’université » ou d’autre part vouloir, « ici et maintenant », à l’instar des autonomes, faire de l’université un lieu de vie alternatif émancipé du capitalisme.

Il s’agit plutôt, dans une logique « permanentiste », de s’appuyer sur les marges de manœuvre disponibles dans l’université pour esquisser ce que serait une fac au service des intérêts du plus grand nombre.

Ne peut-on pas imaginer que les médecins et biologistes qui réfléchissent à comment développer des vaccins et des médicaments utiles à tous et toutes (pour une contraception facile et accessible à tous, contre les maladies rares...) plutôt que les produits cancéreux produits par Sanofi ?

Ne peut-on pas imaginer des ingénieurs qui réfléchissent à des voitures plus propres qui ne sont pas obsolètes après 150 000km, plutôt que réfléchir à des moyens de trafiquer les contrôles d’émission des particules du diesel comme on a pu le voir récemment ?

Ne peut-on pas imaginer des historiens qui cherchent à faire revivre l’histoire du mouvement ouvrier et de la lutte des classes plutôt que s’évertuer à expliquer par des démonstrations bancales que la classe ouvrière a disparu ?

Penser une université qui soit réellement au service de tous et toutes suppose de fait de passer, selon la formule née en 1968, « de la critique de l’université de classe à la critique de la société de classe ». Cette critique de la société de classe, et la compréhension, à l’échelle de masse, de la force prédominante de la classe ouvrière dans l’émancipation, doit être un des chantiers à reconstruire. En mai 68, les étudiants s’étaient rendus devant Renault Billancourt avec une banderole portant l’inscription « prenez de mains fragiles nos drapeaux de lutte », exprimant cette conscience de la centralité de la classe ouvrière dans la lutte pour le socialisme. Reconstruire cette identité suppose aujourd’hui de développer, chaque fois que c’est possible, le soutien des étudiants au mouvement ouvrier en lutte, pour tisser ces liens et lui apporter tout ce dont il capable, de sa fougue à ses compétences (l’étudiant en droit ne pourrait-il pas défendre les grévistes poursuivis par le patron ; l’étudiant en droit ne pourrait-il pas participer à la déconstruction des discours de François Lenglet sur la crise ?). C’est une des raisons pour laquelle au printemps dernier, de nombreux camarades du NPA Jeunes ont poussé pour développer ces initiatives, à travers des meetings de soutiens, ou encore des concerts de soutien. Pour ne prendre que l’exemple de Tolbiac, le 14 avril, plus d’un millier de personne s’est pressée à Tolbiac pour alimenter les caisses de grèves des cheminots, en récoltant 6000€ en une soirée !

Cet exemple parmi d’autres incarne une des voies dans lequel le mouvement étudiant, à la croisée des chemins, pourrait s’engager : un mouvement étudiant qui lutte non seulement pour des facs ouvertes à tous et toutes, mais aussi pour une fac utile à tous et toutes, en se solidarisant avec toutes les luttes des exploités et des opprimés, que ce soit les cheminots de la bataille du rail, mais aussi une jeunesse internationaliste, qui soutienne aujourd’hui les jeunes nicaraguayens qui se font aujourd’hui massacrer et les mouvements étudiants contre la casse de l’université en Argentine. Voilà, un des principaux bilans que l’on doit tirer de cette lutte contre la sélection : il faut renouer avec la tradition de 68 qui avait lié le destin des étudiants à celui de la classe ouvrière et de ses combats.


http://www.revolutionpermanente.fr/Apre ... s-ouvriers
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