Syndicalisme, syndicats, infos diverses

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Messagede bipbip » 04 Déc 2016, 18:06

Quand les syndicalistes sont soumis…à évaluation par les patrons

Incroyable, mais vrai : les syndicalistes sont maintenant évalués et notés dans leur militantisme par les patrons ! En effet, depuis le vote de la loi du 20 août 2008 sur la représentativité, le développement du dialogue social et le financement du syndicalisme, et ensuite la loi Rebsamen, le législateur n’affirme plus seulement comme illégale la discrimination syndicale, ce qui est la moindre des choses. Il réclame aussi des employeurs qu’ils passent à l’action en signant avec les organisations syndicales des accords facilitant l’évolution de carrière des militants et valorisant les compétences qu’ils ont pu développer pendant leurs mandats. Mais cela autorise-il les employeurs à évaluer « les compétences » des militants syndicaux? C’est pourtant ce qui semble se produire de plus en plus, et notamment dans cet exemple dans une banque (la BPCE), avec une action en justice de la Fédération banques et assurances CGT.

... http://syndicollectif.fr/quand-les-synd ... s-patrons/
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Messagede bipbip » 01 Avr 2017, 16:44

La CFDT premier syndicat dans le privé

La CFDT premier syndicat de France. Mais les luttes se multiplient

Nous en avions déjà parlé sur ce site, les résultats viennent de tomber. Pour la première fois, la CFDT détrône la CGT et devient premier syndicat de France. Et alors ?

Ces résultats étaient pressentis depuis un moment déjà. Ils ne traduisent pas une chute de la CGT, mais une légère montée de la CFDT. Pour rappel, en 2013, la CGT obtenait en tout 1 355 927 voix, La CFDT 1 317 111 voix. Soit un différentiel à l’époque de près de 40 000 voix. Cette fois-ci, la CFDT obtient 1 342 670 voix et la CGT 1 302 775.

C’est à dire une baisse de la CGT de 50 000 voix… Ce qui correspond plus ou moins à la baisse relative des suffrages qui se sont porté sur la CGT lors des dernières élections dans les TPE, ou elle reste premier syndicat mais passe de 136 033 voix à autour de 81 000.

Cela, dans un contexte de légère hausse de la CFDT, qui grappille 63 000 voix dans les élections des représentants syndicaux dans les entreprises de plus de 10 salariés, fait basculer le balancier dans son sens.

Victoire de la stratégie du grain à moudre

Cette victoire de la CFDT, c’est celle de la stratégie dite « du grain à moudre ». Comprendre : Le syndicat, s’il accompagne l’offensive patronale, peut gratter à la marge des miettes pour les travailleurs de plusieurs corporations, en particulier les plus qualifiés d’entre elles et eux. Et se sucrer au passage aussi. On ne peut que faire la parallèle avec la campagne de Macron, soutenue par l’aile « droite »du PS. D’ailleurs, Macron a repris une des propositions phare de la CFDT, la retraite par point.
Bien sûr, cette stratégie se fait au détriment de l’ensemble des exploités, qui voient leur situation se dégrader. Notamment les plus précaires et parmi elles une majorité de femmes prolétaires.

Hiver du syndicalisme, printemps des luttes

Le champs de bataille c’est plus que jamais celui de l’entreprise. En effet, la loi travail, en rendant possible des attaques sans précédents sous la forme d’accords d’entreprise, est la porte ouverte à une offensive générale contre les exploités. Il est nécessaire de tisser des liens de solidarité et d’autodéfense de classe, en prévision des attaques qui arrivent. L’hiver vient sur le syndicalisme français. Cela n’est pas pour autant une fatalité pour nos luttes.

D’ailleurs, si l’on en croit le recensement effectué ici :

Il n’y a jamais eu autant de grèves et de luttes au travail depuis 5 ans. 632 conflits du travail par jour en moyenne contre 161, 135, 195, 176, 245, 150 et 115 les semaines précédentes. C’est un record qui s’inscrit dans une série historiquement très élevée de luttes qui se maintient depuis maintenant 8 semaines. (…) [L]es gens se battent, résistent en nombre, sont très nombreux à ne pas se laisser faire, ne baissent pas les bras et, bien souvent, gagnent.

Regardons aussi ce qu’il se passe ailleurs en Europe. En Italie, au Royaume Uni, des travailleurs précaires se mettent en grève, luttent, font plier jusqu’à des plate-formes internet comme Deliveroo ou Foodora. Nous en avions parlé sur ce site. Plus près d’ici, les femmes de chambres grévistes ont remportés plusieurs batailles, par exemple à Marseille. Marseille aussi, où les travailleurs de Deliveroo ont fait grève pour la première fois hier. Comme en Italie, comme au Royaume-uni, la grève porte sur le paiement à la commande. Les contacts se multiplient d’ailleurs sur Internet entre les livreurs à l’échelle internationale.

Et ce n’est qu’un début.


http://www.19h17.info/2017/03/31/cfdt-p ... ltiplient/
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Messagede bipbip » 04 Avr 2017, 09:36

Représentativité syndicale : qu’est-ce qui fait briller l’étoile du Berger ?

a presse bourgeoise ne cache pas sa joie : la CGT est dépassée par la CFDT dans les résultats électoraux. « Séisme » pour le Monde, « déculottée finale » pour les Échos. L’honnêteté de la présentation est telle qu’il est déjà difficile de s’apercevoir que si la CGT est devancée par la CFDT dans le privé (1 302 778 et 24,85 % contre 1 382 647 et 26,37%), elle reste première organisation syndicale dans le public (604 624 à 23,08 % contre 504 804 à 19,27%) et dans la mise en commun des deux secteurs 1 907 402 à 24,26 % contre 1 887 451 à 24,01 %. Plus que jamais ni rire, ni pleurer mais comprendre.

Les additions stupides

Dans le privé, au-delà du faible déplacement de voix entre CGT et CFDT, le plus notable est plutôt la progression de la CFE-CGC qui passe de 9,43 % à 10,67 %. Le piège des dispositions sur la représentativité syndicale, mise en place sous Sarkozy avec la bénédiction de la CFDT et de la CGT se referme sur cette dernière qui espérait éliminer les petits syndicats y compris SUD et CFTC et pourquoi pas FO dans l’optique d’un syndicalisme rassemblé avec la CFDT. L’addition des résultats électoraux des TPE-PME où militer est un engagement risqué, des grandes entreprises où le syndicalisme peut aller de la persécution au dialogue social notamment dans les grands groupes issus du public et du public où toutes les confédérations peuvent jouer aussi bien la carte des mobilisations que celle de l’accompagnement des contre-réformes. Accepter de mesurer les forces syndicales au travers des élections de comités d’entreprises où le clientélisme est très important et où l’étiquette CGT est souvent synonyme de répression, est mortifère. Une idée qui n’a pu se développer que dans les cerveaux de bureaucrates-technocrates, plus forts en tableaux Excel qu’en piquet de grève. D’ailleurs les gouvernements ne s’y sont pas trompés en supprimant les élections prud’homales, là où la CGT et FO obtenaient de meilleurs résultats… D’une certaine façon les « petites » élections dans les TPE sont significatives : malgré le matraquage anti-CGT lors de loi travail, le positionnement « contestataire » de la CGT a été validé. Dans le même temps, cela ne rend pas compte des capacités réelles de mobilisation que peuvent porter des syndicats comme ceux de Solidaires.

La presse réactionnaire fait de ces résultats un test censé sanctionner la politique de la CGT lors de la Loi travail. En fait, sur 4 ans, c’est aussi les zigzag du syndicalisme rassemblé et le désarroi causé par l’affaire Lepaon qu’il faut prendre en compte.

... http://www.anti-k.org/2017/04/03/repres ... le-berger/
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Messagede bipbip » 07 Avr 2017, 17:36

Malaise dans la représentativité syndicale

La publication des résultats du 2e cycle de la mesure d’audience de la représentativité syndicale (MARS) a donné lieu à de nombreux commentaires sur le caractère historique du retournement dont ils rendraient compte : pour la première fois de son histoire, la CGT se trouve détrônée par la CFDT. Passant de 26,77 % des suffrages exprimés lors de la précédente mesure (en 2013) à 24,85 % cette année, la CGT perd 50 000 voix et se trouve reléguée en deuxième position. A contrario, la CFDT progresse en voix (+65 000), ce qui lui permet d’arracher un score légèrement meilleur à 2013 avec 26,37 % des suffrages exprimés, contre 26% la fois précédente.

Michel Noblecourt dans Le Monde parle d’un « séisme ». En réalité, s’il fallait retenir quelque chose de la tectonique des plaques, c’est moins l’idée du tremblement de terre que celle des mouvements très progressifs et de long terme de la dérive des continents. Loin d’être brutal ou surprenant, le score de la CFDT était prévisible et doit être relativisé. Rapide mise au point.

Une mesure du pouvoir juridique de négociation plutôt que de l’audience syndicale

Précisons d’abord que les résultats rendus publics par le Ministère du travail ne donnent pas une image fidèle de la représentativité sociale des syndicats. Il s’agit d’une mesure technique produite par l’État à des fins pratiques, pour définir les prérogatives des organisations syndicales dans la négociation collective : qui participe aux négociations, qui peut signer des accords ou s’y opposer. Elle résulte plus, à ce titre, d’un bricolage opérationnel que du souci de produire la juste représentativité syndicale.

Les résultats annoncés le 31 mars 2017 procèdent ainsi de l’agrégation de trois types de scrutins : en premier lieu, les dizaines de milliers d’élections de représentants du personnel (comités d’entreprise ou délégués du personnel) qui se sont tenues dans les entreprises d’au moins 11 salariés entre le 1er janvier 2013 et le 31 décembre 2016 ; ensuite, le vote des salariés des très petites entreprises (les TPE, moins de 11 salariés, qui n’ont pas d’élections professionnelles), qui s’est déroulé par correspondance et en ligne en janvier 2017 ; enfin, les élections de janvier 2013 dans les collèges salariés des chambres départementales d’agriculture. Il s’agit donc de résultats portant exclusivement sur le secteur privé.

Si on voulait s’approcher d’une image plus fidèle de la représentativité des syndicats dans le monde du travail, il faudrait également prendre en compte les résultats des élections dans la fonction publique, qui concernent plus de 5 millions de travailleurs. En additionnant les suffrages exprimés dans le privé à ceux des fonctionnaires (automne 2014), on atteint un total de près de 8 millions de voix. À ce niveau, la CGT reste la première organisation, avec 1,91 millions de suffrages et un score de 23,9%. Mais la CFDT n’est pas loin, avec 1,89 millions et 23,6%.

Un recul de la CGT prévisible

Même si la prise en compte des voix de la fonction publique restaure la CGT dans sa position de première organisation, celle-ci apparaît bien fragile. Car la tendance est bien à une érosion de la CGT dans les deux secteurs : déjà lors des élections organisées simultanément dans les trois fonctions publiques, à l’automne 2014, la CGT avait dû encaisser un recul de plus de deux points et de près de 60 000 voix. Et dans les deux cas, ces reculs s’opèrent alors que le nombre de votants augmente (+200 000 dans le privé et +150 000 dans la fonction publique). De même, les résultats des élections dans des bastions de la CGT, ces grandes entreprises qui pèsent lourd dans le total des résultats du privé (plusieurs centaines de milliers de salariés) comme la SNCF, la Poste, Orange, EDF, Air France ou la RATP, avaient été annonciateurs de cette évolution. La tendance à l’érosion de la CGT n’est donc pas une surprise des résultats 2017.

... http://terrainsdeluttes.ouvaton.org/?p=6160
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Messagede bipbip » 09 Avr 2017, 18:28

Pourquoi pas l’unification syndicale ?

C’est peut-être la première fois que des responsables nationaux de Solidaires ouvrent un débat public, pas seulement sur l’unité, mais sur l’unification syndicale, sujet devenu tabou, ou alors un motif de plaisanteries. L’unité syndicale fait partie de l’ADN de Solidaires, il n’y a aucun doute à ce sujet. Mais l’unification ?

Le dossier « unité syndicale » de ce numéro des Utopiques s’ouvre sur un article signé Théo Roumier (SUD Education) et Christian Mahieux (SUD Rail), intitulé : « Invoquer l’unité, oui ! La faire c’est mieux ». Cet article ouvre en conclusion le débat évoqué ci-dessus et je vais y revenir. Il est complété par d’autres articles et par des documents extrêmement utiles à faire connaître, parce qu’ils constituent maintenant un patrimoine historique commun pour celles et ceux qui ont connu ou veulent connaître l’histoire du syndicalisme de lutte depuis mai 1968.

Volumineux dossier sur l’unité

Théo Roumier revient d’abord sur l’histoire, décisive pour l’irruption gréviste de mai 1968, des trois accords d’unité syndicale entre la CGT et la CFDT de 1966 à 1979. Cette histoire croise l’époque « lutte de classe » de la CFDT et celle du Programme commun de la gauche où le syndicalisme s’est très considérablement impliqué. L’article évoque aussi les débats de la CGT et en particulier le fameux congrès de 1978 où Georges Séguy propose un pacte d’unité syndicale renforcé. On connait la suite…

Suivent ensuite des documents à lire ou relire : des extraits d’interview de Fredo Krumnow, porte-parole du « courant gauche » de la CFDT post-68 : il évoque la question de la démocratie syndicale, et aussi le rapport aux « politiques ». Michel Desmars, ancien secrétaire national de la branche cheminot CFDT, décrit ensuite les différents outils d’expression dont s’est dotée le courant d’opposition au recentrage de la CFDT, et surtout la création de la revue intersyndicale « Collectif » (sous-titrée : « mouvement syndical et stratégie sociale ») à partir de 1987 jusqu’à décembre 1995 (rappelons que ce blog syndicollectif.fr se veut un clin d’œil avec cette expérience !). Participaient à Collectif des responsables CFDT bien sûr (ils en furent l’ossature) mais aussi CGT et FEN, ainsi que des chercheurs, des militants associatifs. C’est grâce à ce collectif militant que les mouvements de chômeurs, ainsi que la bataille pour la réduction du temps de travail (RTT), se sont ravivés dans les années 1990, notamment avec la marche nationale de mai 1994 (30 000 à Paris) et la création d’Agir ensemble contre le chômage (AC !).

On relira aussi avec profit l’article que Maryse Dumas avait écrit pour la revue Contretemps, afin d’évoquer les 120 ans de la CGT (en 2015) et aller plus loin : parler de l’histoire « pour penser l’avenir ». Elle y traite longuement de la question de l’unité, qui fut « transversale à toute l’ histoire » de la CGT, du débat « réforme/révolution », et du difficile « rapport au politique ». La notion très controversée de « syndicalisme rassemblé » (née juste avant 1995) est ensuite critiquée dans un article (peu convaincant par son angle d’argumentation) écrit par Jean-Yves Lesage (syndicat du livre CGT). On découvrira un article passionnant (Willi Hajek, du réseau militant TIE pour Transnationals Information Exchange) sur l’histoire mouvementée du syndicalisme allemand depuis les années 1920, alertant sur une vision parfois idéalisée du syndicalisme « unique ». Le dossier se termine par un bref bilan de l’intersyndicale CGT, FSU, Solidaires qui organise chaque année depuis 20 ans des Journées intersyndicales femmes, avec des débats et des croisements d’expériences.

Unité : la faire !

L’article-cadre de Théo Roumier et de Christian Mahieux s’étend d’abord longuement sur les conditions et les difficultés de l’unité syndicale. Certaines remarques ou propositions sont totalement pertinentes, d’autres plus discutables. Toutes mes remarques ci-dessous sont des incitations à débattre, à la place où je me situe (aujourd’hui observateur surtout) et dans une logique partagée avec les auteurs quand ils se refusent à donner des « leçons ». D’autant qu’ils sont acteurs dans ce débat.

Il semble juste par exemple, malgré les polémiques que cela a pu produire, de constater que la déclaration commune intersyndicale de février 2016 sur la loi Travail, très large (elle incluait la CFDT et l’UNSA) a eu un effet positif pour « faciliter des appels communs bien plus offensifs », par la suite. Mais dans cette logique, il semble alors parfaitement compréhensible que pour le 9 mars 2016, à la SNCF, l’unité syndicale incluant la CFDT et l’UNSA ait été un facteur important pour atteindre des taux de grève très élevés ce jour-là (50%), jouant un rôle dans la dynamique de l’action durable, et posant donc un problème compliqué dans la gestion de l’unité. Problème que la direction CGT cheminot a pu utiliser ensuite comme argument pour bien séparer la lutte spécifique SNCF et celle contre la loi Travail…

Il est parfaitement juste aussi de noter que les confédérations syndicales ne sont nullement un « tout » homogène, marchant au pas. Ce n’est nullement le cas pour la CGT, qui, comme le décrivent les auteurs, a conduit localement la lutte pour les SCOP à Fralib et Pilpa, sans se dire pour autant très « autogestionnaire », comme Solidaires. Combien de fois entend-on des syndicalistes (Solidaires ou FSU) expliquer que la CGT fait ceci ou pense cela, alors qu’il ne s’agit que de fédérations ou même parfois de syndicats. On a trop souvent le réflexe d’attribuer à toute la CGT des attitudes particulières, en pensant implicitement que toute la CGT obéit à un schéma centralisé !

Mais l’originalité de l’article des camarades tient à l’ouverture du débat sur l’hypothèse et les conditions d’une unification possible.

Unification : à quelles conditions ?

Les deux auteurs prennent d’abord la précaution de tracer un périmètre à cette hypothèse d’unification : le syndicalisme de transformation sociale, ou celui qui se réfère à la fameuse « double besogne » de la Charte d’Amiens : « l’amélioration immédiate » d’une part et « l’émancipation intégrale » (c’est-à-dire anticapitaliste) de l’autre. Les auteurs précisent ensuite que les équipes syndicales qui se situent dans cette perspective ne sont pas qu’à Solidaires, mais aussi à la CGT, la CNT-SO, FO, FSU, LAB, STC, plus « quelques structures UNSA et CFDT ». J’en suis bien d’accord.

Le problème est cependant plus complexe, car nous heurtons à une certaine contradiction. Il convient d’abord de noter que si le projet est bien l’émancipation intégrale, et donc la lutte pour une autre société, alors cela doit concerner et impliquer réellement la grande majorité du salariat. Et pas seulement les plus conscients ou les déjà convaincus. Si la CFDT devenait réellement la première organisation représentative en avril 2017, quelles que soient les turpitudes des systèmes de calculs issus de la loi de 2008, cela doit nous faire réfléchir : comment atteindre les salariés qui se reconnaissent dans la CFDT (ou d’autres autour d’elle) ? Théo Roumier et Christian Mayeux répondent bien sûr par l’unité ponctuelle, comme celle de février 2016, en ajoutant la condition qu’elle soit une vraie unité d’action, et pas de déclaration. Mais quelquefois, la déclaration précède l’action, même si ce n’est pas automatique. Par exemple en 2003, où existait une plate-forme unitaire sur les retraites depuis janvier, ce qui bien sûr n’a pas empêché la direction CFDT de trahir le 15 mai 2003, après la grande journée du 10 mai.

La question qui se pose, et qui était posée dans les petits bouquins fondateurs de ce blog (article de Joel Lecoq, militant CFDT, dans Nouveau siècle, Nouveau syndicalisme-Syllepse, 2013), est donc de se doter d’une démarche qui pose de manière permanente la nécessité de s’adresser à tout le salariat, et à tous les salarié-es, y compris ceux et celles influencé-es par la CFDT (ou d’autres). Joel Lecoq faisait la proposition d’un Collectif national d’échanges et d’unité d’action entre toutes les organisations, permettant au moins de poser les débats contradictoires devant tout le monde. Bien sûr, il ne suffit pas de le dire, mais au moins cela trace une orientation durable vers une perspective qui englobe la majorité du salariat.

Mais cette proposition n’enlève rien à la nécessité d’aller beaucoup plus loin avec les organisations qui partagent d’ores et déjà des perspectives communes bien plus fortes, et se retrouvent très souvent dans l’action, malgré des histoires et cultures différentes. Et là, on ne peut qu’être d’accord avec les propositions des deux auteurs. Cela fait longtemps que la nécessité d’un rapprochement plus structuré entre Solidaires, la CGT, la FSU, se pose. Aujourd’hui, après l’expérience de l’intersyndicale de 2016 incluant aussi FO et les organisations de jeunesse, la question prend plus d’ampleur encore. Rien de plus normal et sain que des syndicats qui se sont mobilisés durablement sur un sujet central veuille prolonger l’expérience par un débat de rapprochement. Et l’article a raison de critiquer des réflexes d’auto-préservation (par exemple ne pas reconduire l’intersyndicale à l’automne 2016 au nom des élections TPE qui approchaient) pour privilégier un « aggiornamento stratégique dans un grand nombre de structures syndicales ».

Quant à la méthode, comme le dit l’article, il ne s’agit en aucun cas de demander aux plus petits d’adhérer au plus grand, ce qui est impensable et aboutirait à l’échec. Il s’agit bien d’une transformation réciproque, et donc du « dépassement de chacune des organisations », condition posée par les auteurs.

La CGT a certes fêté ses 120 ans. La démarche visant de 1895 à 1902 à confédérer les Bourses du travail et les Fédérations professionnelles a été difficile, voire douloureuse. Il a fallu passer outre les routines, les habitudes, les susceptibilités. 120 ans après, le paysage du salariat est totalement bouleversé sur le plan culturel, sur le plan des métiers, sur le plan du droit, sur le plan international. D’autres traditions se côtoient, des collectifs de luttes, des associations. Mais le nombre de syndiqués n’augmente pas. Si le syndicalisme, confronté à des défis gigantesques, se contente de gérer ses situations acquises, tout en améliorant ce qui peut l’être avec de efforts parfois considérables et admirables, il sera de plus en plus menacé de rétrécissement de son champ d’influence profonde. Même s’il est encore capable de fédérer de grandes luttes, comme au printemps 2016.

Un immense espoir accompagnerait la perspective d’une nouvelle union interprofessionnelle démocratique et solidaire ou une nouvelle confédération unitaire du travail, en adéquation avec les attentes de la jeunesse d’aujourd’hui. Il est temps d’au moins ouvrir le débat. Comme le font les Utopiques, si on a bien compris.

Jean-Claude Mamet, le 23 mars 2017.


http://syndicollectif.fr/les-utopiques- ... syndicale/
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Messagede bipbip » 06 Mai 2017, 16:06

Syndicats et second tour : Mauvaise clarté contre ambiguïtés

Il aura finalement fallu que Le Pen et Macron se bousculent devant l’usine Whirlpool d’Amiens pour que les préoccupations sociales reviennent sur le devant de la scène médiatique et de la campagne présidentielle.

Un retour qui accroît la responsabilité des directions syndicales dans le renforcement des mobilisations à partir du 1er mai mais aiguise les contradictions pour les consignes de vote au second tour…

Échos du premier tour…

Tout d’abord, il est confirmé que l’appartenance à un syndicat reste largement un vaccin anti-Front national1. Si les seuls sympathisantEs des syndicats avaient voté au premier tour de l’élection présidentielle, Mélenchon et Macron auraient été à égalité (28 %), Le Pen et Fillon loin derrière à 13 %, suivis par Benoît Hamon (11 %). Inversement, si seules avaient voté les personnes se disant proches d’aucun syndicat, Le Pen serait arrivée en tête (25 %) suivie de Macron (23 %), Fillon (19 %) et Mélenchon (17 %). C’est moins d’un ouvrier sur sept qui a voté pour le FN si l’on tient compte des abstentionnistes et des non-inscrits (notamment les très nombreux ouvriers qui ne peuvent avoir la nationalité française). Plus surprenante, la chute de François Fillon chez les actifEs à 13 %, alors que sa moyenne nationale est de 20 % (contre 22 % en 2012 pour Sarkozy).

La pénétration du vote d’extrême droite est inégale selon les syndicats : 24 % des salariéEs qui se déclarent proches de FO (contre 31 % en 2012). À l’opposé, la CFDT serait la moins frappée avec seulement 7 % (en baisse de 5 %). Le vote pour le FN a, en revanche, progressé à la CGT, passant de 9 % en 2012 à 15 % 2017. Un niveau semblable pour toutes les organisations syndicales, à l’exception de la FSU qui est à 9 %.

Les sympathisants CGT ont majoritairement voté pour Mélenchon (51 %), puis Le Pen (15 %), Hamon (13 %), Macron (12 %) et Poutou (3 %). Pour la CFDT, Macron à 48 % devant Fillon (15 %), Mélenchon (14 %), Hamon (12 %) et Le Pen (7 %). Pour FO, Mélenchon à 32 %, devant Le Pen (24 %), Macron (15 %) et Hamon (11 %). Du côté de la CFE-CGC, François Fillon en tête (à 43 %), devant Macron (31 %) et Le Pen (13 %). À la CFTC, Fillon premier (à 34 %) devant Macron (29 %) et Le Pen (14 %). À Sud-Solidaires, Mélenchon en tête (à 53 %) devant Hamon, Macron et Le Pen (ex-æquo à 13 %). Pour l’Unsa, Macron (42 %), Mélenchon (16 %), Le Pen (14 %) et Hamon (13 %). Enfin, la FSU, avec Mélenchon (43 %) devant Macron (19 %) et Hamon (18 %).

Du 1er mai au second tour

Contrairement à 2002, le résultat du premier tour n’a pas été suivi d’une réaction massive, dans la rue, à dimension largement spontanée. Cette ambiance avait imposé aux directions syndicales (hors FO) la construction d’une grande manifestation du 1er Mai et contenu le vote Le Pen à moins de 18 %.

Les reculs sociaux mais aussi la mobilisation contre la loi travail et les évolutions dans le champ syndical, notamment de la CFDT, modifient le cadre des discussions et prises de position des directions syndicales.

Pour la direction confédérale CGT : « L’utilisation des peurs, du terrorisme, les amalgames éhontés entendus lors de la campagne, la xénophobie, le racisme, le sexisme et l’homophobie, la préférence nationale ne résoudront pas les inégalités, le chômage et les bas salaires. La CGT les combat et les combattra sans relâche ! Elle n’aura de cesse de faire barrage à l’extrême droite ! Pas une voix ne doit se porter sur sa candidate ». Si FO refuse toute consigne de vote, elle dénonce, avec la CGT, les « politiques d’austérité » dans la montée de l’extrême droite et rappelle, parmi les revendications, son opposition à la loi travail soutenue par la CFDT…

Un positionnement qui explique que la CFDT ait organisé le 1er mai, un « rassemblement républicain » avec l’UNSA et la Fédération des associations générales étudiantes (FAGE) pour « rejeter la vision réactionnaire et identitaire du Front national », et appeler à « voter massivement pour le candidat républicain ».

Mardi 25 avril, la commission exécutive de la CGT appelait à « faire barrage à l’extrême droite », « un danger pour la démocratie, la cohésion sociale et le monde du travail ». Mais elle souligne que le premier tour est le résultat « des politiques libérales, des lois régressives, des remises en cause des droits », citant parmi les « mauvais coups » la loi travail et la loi Macron. « La CGT ne croit pas en l’homme providentiel »…

L’UNSA a appelé à « faire barrage » à Le Pen « en utilisant le bulletin Macron ». En revanche, la CFE-CGC « s’abstient de toute consigne ou recommandation ».

Dans ce paysage, les débats et contradictions traversent les organisations syndicales comme l’ensemble des salariéEs, avec des prises de position assises sur des bases différentes. Le refus de consigne de vote de FO renvoie autant au prétendu rejet de la politisation traditionnelle qu’à la difficulté à affronter la forte présence pro-FN dans certains syndicats. Si certaines ambiguïtés présentes dans des structures CGT sont la conséquence d’une tradition « front républicain » forte au PCF, les « Ni-ni » affirmés ici ou là peuvent relever d’une radicalité, mais parfois de pressions locales de positions elles aussi proches de l’extrême droite. Solidaires, de son côté, « réaffirme que pas une voix ne doit aller au FN ». Le plus clair est certes le positionnement des CFDT et Cie, vrais « macronniens », clairement condamnable.

Dans la continuité des manifestations de ce 1er Mai, reprendre le chemin des mobilisations contre la loi travail reste le meilleur moyen de couvrir les voix du FN tout en combattant réellement les politiques anti-sociales d’un Macron.

Robert Pelletier

1. Enquête pour Liaisons sociales « autodéclarative »

http://www.anti-k.org/2017/05/06/syndic ... iguites-3/
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Re: Syndicalisme, syndicats, infos diverses

Messagede bipbip » 11 Mai 2017, 19:36

Après la loi Travail...

Pot de départ de El Khomri : « Vous croyez qu’on va venir échanger des banalités avec M. Macron ou M. Gattaz ? »

Mardi dernier, Myriam El Khomri invitait divers syndicats comme la CGT, FO, SUD ou encore la CFDT pour son pot de départ du poste de ministre du Travail. Certains ont accepté l’invitation, d’autre l’ont refusée sèchement. Un rendez-vous éminemment politique.

La CFDT reste sur sa ligne, FO se couche !

L’invitation de syndicats par la ministre responsable d’une grande partie des attaques contre le monde du travail n’a pas semblé absurde à tous : sans grand étonnement, la CFDT de Laurent Berger, maître d’œuvre de la négociation et de l’accompagnement pour imposer en force la loi Travail, a évidemment accepté l’invitation, accompagnée par la CFTC. Plus étonnant par contre, FO, la centrale dirigée par Jean-Claude Mailly, aurait accepté de se joindre au pot de départ, signe que le syndicat « contestataire » semble bien plus ouvert à négocier, se distinguant ainsi de la CGT. Un pot de départ où se trouvaient notamment le grand patronat, le MEDEF et Macron.

« Vous croyez qu’on va venir échanger des banalités avec M. Macron ou M. Gattaz ? », répond SUD

Le syndicat SUD a refusé l’invitation, réalisant même une courte vidéo pour dénoncer cette démarche grossière de la part de l’ancienne ministre du Travail. « On n’oublie pas la loi Travail, on n’oublie pas les mesures antisociales de ce gouvernement », explique le syndicat avant d’afficher un tract « Tout le monde déteste la loi Travail ». De son côté, la CGT ne s’est pas non plus rendue à l’invitation. Pourtant, loin d’affirmer, comme l’a fait SUD, son « étonnement », notamment après avoir bataillé pendant plus de 4 mois contre cette loi Travail, sa répression et ses 49.3, la direction de la CGT a annoncé ne pas pouvoir s’y rendre car son président n’est pas disponible. Une diplomatie qui interpelle.

... http://www.revolutionpermanente.fr/Pot- ... acron-ou-M



Pot de départ de la ministre du travail, cela sera sans nous !

Paris le 9 mai 2017

A l’attention de Madame Myriam El Khomri, Ministre du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social

et de Madame Clotilde Valter, Secrétaire d’état à la Formation professionnelle et à l’apprentissage


Mesdames,

Nous avons bien reçu votre invitation à « partager un moment convivial, à l’occasion de la fin du quinquennat, le mercredi 10 mai à 19h ».

Nous ne serons pas présent-es à cette rencontre. Vous comprendrez aisément que pour l’Union syndicale Solidaires, la période n’est guère propice aux moments de convivialité, quelques jours à peine après l’élection d’Emmanuel Macron et la présence au second tour de l’extrême droite qui sort dangereusement renforcée de ce quinquennat. Notre temps est déjà consacré à la préparation des indispensables ripostes que nous devrons mettre en place.

Avec les remises en cause du droit du travail notamment par le passage en force de la « loi Travail », les attaques contre la protection sociale et les services publics, la poursuite des politiques européennes d’austérité et de libre échange, ce quinquennat a conduit à l’exaspération sociale et au renforcement de l’extrême droite. Il n’est donc pas question pour nous de venir célébrer un bilan aussi calamiteux pour les droits sociaux et la démocratie.

Pour autant, si vous pensez utile qu’un bilan soit tiré de ce quinquennat, et en ce qui vous concerne directement, du ministère du travail, de nombreux-euses militant-es de l’Union syndicale Solidaires peuvent apporter leur contribution.

Nous pensons, par exemple, à Laurent Théron, mutilé par la police lors des manifestations contre la loi travail ou à Yann Le Merrer, fonctionnaire révoqué pour fait syndical, à nos camarades de Solidaires à Rennes espionné-es par les services de police ou à toutes celles et ceux qui ont encore reçu ces jours derniers des interdictions de manifester.

Plus largement vous pourriez aussi entendre Laura Pfeiffer sanctionnée par la justice pour avoir fait son travail d’inspectrice du travail, les syndicalistes d’Air France ou de Good Year poursuivis et condamnés par la justice ou tou-tes ces salarié-es qui renoncent aujourd’hui à faire reconnaître leurs droits devant les prud’hommes devenus inaccessibles à moins que vous ne préfériez entendre les médecins du travail poursuivi-es par les employeurs...

Bien sûr, si cela ne correspondait pas à votre attente, de nombreux-euses autres militant-es peuvent vous faire part de leur bilan de ces 5 dernières années, qu’il s’agisse de camarades victimes de « plans sociaux » validés par vos services, de camarades victimes de la répression anti-syndicale et parfois licencié-es de leur entreprise pour cela, de victimes de maladies professionnelles, de camarades obligé-es de travailler le dimanche ou la nuit pour le plus grand profit des actionnaires…

Pour l’Union syndicale Solidaires,

Cécile Gondard-Lalanne et Eric Beynel, co-délégué-és généraux.


et vidéo https://solidaires.org/Pot-de-depart-de ... -sans-nous
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Re: Syndicalisme, syndicats, infos diverses

Messagede bipbip » 12 Mai 2017, 19:33

Le mouvement syndical résiste plutôt bien à la lepénisation du pays

Le syndicalisme constitue encore un frein efficace au vote frontiste. Chez les votants qui se déclarent « proches d’un syndicat », 13 % ont voté pour Marine Le Pen au 1er tour, un score bien en-dessous de sa moyenne nationale (21%), selon l’enquête Harris interactive réalisée pour Liaisons sociales [1]. Quel que soit le courant syndical, la tentation FN stagne ou est en perte de vitesse comparé à 2012. Le vote frontiste y atteignait alors 20% chez les « proches d’un syndicat » [2]. Le syndicalisme résiste donc bien mieux que le reste du pays aux sirènes nationalistes et xénophobes : l’attrait du FN y est en baisse alors que Marine Le Pen a gagné 1,3 million de voix en cinq ans. Au contraire, un quart des interviewés qui ne déclarent aucune proximité syndicale, ont voté FN. Précisons qu’en France 16 % de la population salariée est syndiquée ou proche d’un syndicat, soit environ quatre millions de personnes [3].

... https://www.bastamag.net/Le-mouvement-s ... on-du-pays
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Re: Syndicalisme, syndicats, infos diverses

Messagede bipbip » 27 Mai 2017, 19:02

France. A propos de la représentativité syndicale. Une analyse partant du terrain

Par Christian Mahieux

La communication par la Direction Générale du Travail1 des chiffres relatifs à la représentativité des organisations syndicales a fait l’objet de nombreux commentaires, quasiment tous centrés sur l’annonce selon laquelle «la CFDT est désormais le premier syndicat en France». Cela avec des variantes plus ou moins appuyées autour du «déclin historique de la CGT» ou plus largement de «la fin du syndicalisme de luttes», voire de «la consécration du syndicalisme de propositions». Les plus hardi·e·s dans l’analyse de comptoir – très prisée par les chaînes télévisées dites d’information – n’ont pas hésité à y voir un acquiescement massif des travailleurs et des travailleuses à la loi Travail de 2016 [dite aussi loi El Khomry, la ministre du Travail depuis septembre 2015].

Autant de jugements à l’emporte-pièce qui méritent correction. Pour cela, il n’est pas inutile de rappeler de quoi on parle: d’où vient cette mesure de représentativité? Sur quoi porte-t-elle? Quelle est sa signification? En quoi influe-t-elle sur les pratiques syndicales? Qu’en faire lorsqu’on défend et pratique un syndicalisme de luttes voulant rassembler un maximum de salarié-es pour défendre les revendications et agir pour une transformation sociale radicale de la société2? Nous ne partons pas de rien: en 2013, l’Union syndicale Solidaires avait tiré un premier bilan de l’application des nouvelles règles définies en 2008; nous nous y référons largement ici, en l’actualisant et l’enrichissant de l’expérience de ces 4 nouvelles années.

La loi du 20 août 2008

En matière de représentativité syndicale, la loi du 20 août 2008 a profondément modifié un système en place depuis très longtemps. Jusque-là, c’était aussi simple que discriminant : 5 organisations syndicales3 bénéficiaient d’une présomption irréfragable de représentativité, dans n’importe quelle entreprise comme au niveau national, professionnel et interprofessionnel; toutes autres organisations syndicales devaient faire la preuve de sa représentativité devant le tribunal pour prétendre aux mêmes droits, fut-elle majoritaire dans le secteur concerné4. C’est par milliers que se comptent les procédures juridiques intentées par les directions d’entreprise et des structures syndicales CGT, CFDT, FO, CFTC [Confédération française des syndicats chrétiens ] et CGC [Confédération française de l’encadrement] contre les syndicats aujourd’hui membres de l’Union syndicale Solidaires, mais aussi d’autres5.

Donc, une fois de plus et contrairement à une pensée trop souvent répandue, «c’était pas mieux avant»… Ce qui ne signifie pas que c’était bien après. L’Union syndicale Solidaires n’avait pas été associée aux discussions visant à réformer la représentativité syndicale qui ont abouti à la loi du 20 août 2008. Celle-ci est la reprise exacte de «la position commune6», adoptée et signée quelques mois plus tôt par le patronat, la CGT et la CFDT.

Lors de l’entrée en application de la loi, l’Union syndicale Solidaires avait fait remarquer que celle-ci modifiait en profondeur les règles existantes, sans qu’il en coûte d’effort au patronat. Nous avions résumé cette loi en quelques points :
• Peu de droits nouveaux pour les salarié-es.
• Un temps laissé à 5 confédérations pour conforter leurs positions7 ou opérer des rapprochements8.
• Un durcissement des critères de représentativité et l’importance mise sur les élections.
• La fin de la représentativité incontestable réservée à 5 organisations, mais la permanence des accords minoritaires.
• De nouvelles possibilités d’implantation.

Bref retour sur quelques éléments que nous avions mis en avant:
• L’absence de modification des possibilités de représentation collective dans les petites entreprises. Alors que plus de la moitié des salarié·e·s sont employés dans une des 1,15 million d’entreprises de moins de 50 salarié·e·s (dont 20% dans une entreprise de moins de 10), et que ces entreprises sont des déserts syndicaux, aucune amélioration des seuils ou des modes de représentation collective n’était mise en œuvre. Depuis, la loi Travail a encore détérioré les choses.
• Des restrictions dans la participation et l’éligibilité des personnels des entreprises sous-traitantes (salarié·e·s mis à disposition) : contrairement à toute l’évolution de la jurisprudence, une ancienneté minimale est imposée pour être électeur ou électrice, et pour être éligible. Le double vote est rendu impossible dans l’entreprise utilisatrice et sous-traitante: chaque salarié·e doit choisir dans quelle entreprise il ou elle vote.
• La création, importante, du Représentant de Section Syndicale (RSS) pour les organisations dites non représentatives ; mais avec des moyens extrêmement limités qui entravent considérablement ses possibilités d’action.
• Des seuils d’effectifs maintenus. La loi n’a pas modifié les seuils d’effectifs qui autorisent des représentant·e·s élus du personnel et des représentant·e·s syndicaux. Au contraire, elle les rend plus difficiles à atteindre, en imposant des conditions plus restrictives aux salarié-es extérieur-es à l’entreprise utilisatrice (salarié-es mis à disposition) pour entrer dans le calcul des effectifs.
• Des syndicats à deux vitesses dans l’entreprise…: des sections syndicales avec un Représentant·e de Section Syndicale qui n’a pas accès à la négociation des accords collectifs et des organisations représentatives avec Délégué·e Syndical·e (DS) qui participe à ces négociations.
• Le seuil des 30% pour valider un accord, ce qui est encore loin du principe d’un accord majoritaire qui devrait être la règle9.

Contrairement à d’autres, nous n’étions pas favorables au statu quo ; l’Union syndicale Solidaires et ses organisations membres étaient (déjà et largement) confrontées aux questions de représentativité.

Votée dans l’urgence, cette loi posait de nombreux problèmes et nécessiterait de nombreuses précisions par les juridictions compétentes.

... http://alencontre.org/europe/france/fra ... rrain.html
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Re: Syndicalisme, syndicats, infos diverses

Messagede bipbip » 30 Mai 2017, 10:02

La réaction de Mickael Wamen aux rencontres de Macron et des dirigeants syndicaux

DES ENTRETIENS TRÈS, TROP INDIVIDUALISÉS ....

Hier, le roi a reçu accompagné de deux de ces laquais, les OS dans un bureau au style Louis XIV ..

SI lui était ac...compagné, les représentants des syndicats eux étaient seuls....

Une nouveauté et même un piège, nous savons bien que les propos et les échanges peuvent être déformés, adaptés, comment peut on faire confiance à celui qui n'a que mépris vis à vis du monde du travail???

Le gouvernement d'ailleurs hier soir déjà, annoncé que jamais il n'avait dit qu'il irait moins vite qu'annoncé initialement sur les ordonnances à venir ...

Dans les entreprises les DRH et RH essaient d'individualiser les entretiens et nous justement ne tombons jamais dans le piège, toujours être accompagné, car avec ces gens là, il ne peut y avoir aucune confiance ....

Les méthodes changent mais les loups sont les mêmes, ce matin la ministre du travail a choisi son chef de cabinet, un ancien haut responsable FO, voilà comment écarter d'éventuels mouvements ou ce syndicat aurait pû être dans la rue !!!

Le syndicat va t'il passer de Force ouvrière à Force oligarchique ???

Plus que jamais le FRONT SOCIAL est de plus en plus interpellé et rejoint par de très nombreuses structures militantes, que ce soit à la CGT ou dans d'autres sphères militantes ....

Nous le rappelons pour la enieme fois, le front social n'a pas vocation à se substituer aux instances mais juste aider à la mise en place d'une unité la plus large possible et ce contrairement à des allégations colportées pour essayer de dissuader certaines structures à venir nous rejoindre,..

Qui peut donc avoir intérêt à nuire à l'unité de celles et ceux qui luttent, à part le capitalisme ???

L'unité fait peur au pouvoir et à la classe financière, car l'unité de la classe populaire est un danger pour ceux qui depuis des décennies ont organisé la division la plus large pour s'assurer un pouvoir total à la solde du fric !!!

Attention donc aux pièges tendus par le ROI et ses conseils, ils sont déterminés à y arriver et obtenir un retour sur investissement, les milliardaires ont mis du fric pour que le ROI prenne le trône ils veulent un retour rapide plus un max de dividendes ....

A bientôt dans la rue, TOJS ENSEMBLE DANS LA CGT, mais aussi Avec toutes celles et tous ceux qui comme nous et malgré nos différences veulent s'unir pour ne plus subir, voici le but unique du FRONT SOCIAL, créer les liens pour arriver au TOUS ENSEMBLE, plus nous serons plus vite arrivera notre victoire !!!!


https://www.facebook.com/luttesinvisibles/
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Re: Syndicalisme, syndicats, infos diverses

Messagede bipbip » 05 Juin 2017, 15:08

Invoquer l’unité, oui… la faire c’est mieux !

L’unité syndicale, que ce soit sous la forme de l’unité d’action syndicale ou de l’unification organisationnelle, est une question récurrente au sein du mouvement syndical. Elle concerne potentiellement bien d’autres mouvements sociaux aujourd’hui formés en associations mais dont le rôle dans la lutte des classes est au moins aussi, important, voir plus, que certaines organisations syndicales. La question internationale ne peut être évacuée d’une réflexion qui porte sur l’efficacité de nos outils pour une transformation sociale radicale. Tout ceci est à traiter à l’aune des expériences historiques que nous connaissons, qu’il faut se réapproprier tout en les renouvelant, en inventant ce qui correspond aux besoins de notre temps. En tout cela, nous devons garder une priorité, qui d’ailleurs doit être une constante en matière de pratique syndicale : partir de la réalité, même quand elle ne nous plait pas, ne pas nous contenter d’incantations mais rechercher quels sont les meilleurs moyens de créer le rapport de forces qui permettra les transformations voulues. Aligner les textes se désolant de la division et appelant à l’unité est une chose ; ouvrir les perspectives et créer les conditions pour que ça change en est une autre. Puissent, sans aucun doute très modestement, les quelques réflexions qui suivent y contribuer…

... http://www.lesutopiques.org/invoquer-lu ... est-mieux/
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Re: Syndicalisme, syndicats, infos diverses

Messagede Pïérô » 25 Juin 2017, 10:56

CFDT, un syndicalisme pour l’ère Macron

Malaise dans la représentativité syndicale

La première place conquise par la Confédération française démocratique du travail (CFDT), au détriment de la Confédération générale du travail (CGT), a bousculé le paysage syndical dans le secteur privé. De là à en conclure que les salariés rejettent le « syndicalisme de contestation » et plébiscitent un « syndicalisme de compromis », il y a pourtant un pas qu’il serait erroné de franchir.

Un « retournement historique ». C’est ainsi qu’ont été présentés les résultats de la deuxième mesure de la représentativité syndicale, le 31 mars 2017 : pour la première fois de son histoire, la Confédération générale du travail (CGT) est détrônée par la Confédération française démocratique du travail (CFDT). Passant de 26,77 % des suffrages exprimés lors du précédent résultat, en 2013, à 24,85 % cette année, la CGT perd 50 000 voix et se trouve reléguée en deuxième position. A contrario, la CFDT progresse en voix (+ 65 000), ce qui lui permet d’arracher un score légèrement supérieur à celui de 2013, avec 26,37 % des suffrages exprimés, contre 26 % la fois précédente. Le journaliste du Monde Michel Noblecourt parle même d’un « séisme » (31 mars 2017).

S’il fallait retenir quelque chose de la tectonique des plaques, c’est pourtant moins l’idée d’un tremblement de terre que celle des mouvements lents et progressifs de la dérive des continents. Loin d’être brutale ou surprenante, la victoire de la CFDT était prévisible et doit être relativisée dans son interprétation. Un élargissement de la focale permet de montrer que les scores des deux centrales ne sont que la partie visible d’évolutions plus profondes qui affectent l’ensemble du paysage syndical.

... http://www.monde-diplomatique.fr/2017/06/A/57552
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Re: Syndicalisme, syndicats, infos diverses

Messagede bipbip » 29 Juin 2017, 15:01

Social Réforme du code du travail : ce qu’en pensent les syndicats

Si les contenus des ordonnances ne sont ni connus ni définitifs, les révélations de nos confrères (Le Parisien, Libération, Le Monde...) sur la réforme du code du travail laissent entrevoir les pistes sur lesquelles travaille le gouvernement. Après nos propres révélations sur les préprojets d’ordonnance, nous avons demandé à Véronique Descacq, secrétaire générale adjointe de la CFDT, Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière, Luc Bérille, secrétaire général de l’Unsa, Mohammed Oussedik, membre de la direction nationale de la CGT, Philippe Louis, secrétaire général de la CFTC et Gilles Lecuelle, secrétaire national de la CFE-CGC de réagir aux propositions envisagées. Tous nous ont précisé ne pas pouvoir confirmer ou infirmer ces hypothèses, n’ayant eu aucun document précis sur le contenu des ordonnances, exception faite de la feuille de route de la réforme. Mais quelles sont les lignes jaunes à ne pas franchir ? Réponses concernant sept mesures.

... https://www.alternatives-economiques.fr ... s/00079440
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Re: Syndicalisme, syndicats, infos diverses

Messagede Pïérô » 03 Juil 2017, 10:49

Code du travail : l’arme qu’utiliserait le gouvernement pour faire chanter les syndicats

Alors que le gouvernement présente ce mercredi son projet de loi d’habilitation, Le Parisien affirme que les syndicat seraient tenus par une “épée de Damoclès” : un possible élargissement de la loi de moralisation de la vie politique aux organisations syndicales.

Depuis le début des négociations, fin mai, le gouvernement semble sur un petit nuage avec les syndicats. La réforme du Code du travail suit ainsi son cours comme si de rien n'était, malgré les nombreuses fuites dans la presse, que ce soit Le Parisien, Libération ou Alternatives économiques. L'appel à la mobilisation sociale du 19 juin par la CGT a été peu suivi alors que le gouvernement doit présenter son projet de loi d'habilitation mercredi 28 juin en Conseil des ministres.. Et il y aurait peut-être une raison, plus polémique, à cette “love story” sans encombres.

Le gouvernement ferait planer la menace d’un élargissement de la loi de moralisation de la vie politique aux syndicats en cas de blocage dans les négociations. C’est en tout cas la théorie d’une source proche du gouvernement, rapportée par Le Parisien, dans son édition du 26 juin. Cette pression frontale serait accompagnée d’une possible remise en cause de la loi Rebsamen de 2014, dans son versant de financement des organisations syndicales.

... http://www.capital.fr/votre-carriere/co ... ts-1234340
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Re: Syndicalisme, syndicats, infos diverses

Messagede bipbip » 14 Juil 2017, 11:52

« Si nous voulons gagner, il va falloir lutter ensemble »

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https://www.solidaires.org/Si-nous-voul ... r-ensemble
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