Community organizing

Community organizing

Messagede bipbip » 18 Juin 2016, 11:43

Comme les mouvements Occupy ou Black Lives Matter l’ont récemment rappelé, les mouvements sociaux sont bien vivants aux États-Unis. Nombre d’entre eux pratiquent une méthode et une philosophie d’action nommée community organizing.

Community organizing : le pragmatisme d’outre-Atlantique

Dans le Chicago des années 1930, un curieux sociologue et activiste dénommé Saül Alinsky concevait le community organizing (« organisation communautaire »). Son ambition  : l’auto-émancipation des classes populaires. Sa règle d’or, qui n’est pas sans rappeler la devise de la Première Internationale : « Ne jamais faire pour les autres ce qu’ils peuvent faire par eux-mêmes. »

Contrairement à ce que son nom pourrait laisser penser, le community organizing n’est pas du « communautarisme ». Il vise certes à rassembler des groupes religieux, raciaux et sociaux très différents, mais à les rassembler autour d’intérêts de classe partagés. Loin de tout spontanéisme, il propose, pour cela, des méthodes précises.

Leaders naturels et « forts en gueule »

Les classes populaires états-uniennes sont, comme en France, défiantes à l’égard du militantisme, aussi les organisations communautaires ont-elles développé des outils très offensifs pour faire sortir les gens de chez eux et elles. Ce principe du "aller vers" se décline de deux façons.

Dans la tradition alinskienne, on s’appuie sur les espaces d’agrégation existants et les réseaux ordinaires de solidarité dans les quartiers populaires : écoles, collectifs informels, lieux de culte, centres sociaux, etc. Il s’agit de repérer les leaders naturels ou les « forts (et fortes) en gueule  », puis de les convaincre d’entrer dans une logique d’engagement plus politique, afin d’entraîner à leur suite leur « communauté ».

Dans une seconde tradition, on cherche à mobiliser les « inorganisé-es ». Les associations passent alors un temps considérable à labourer le terrain, à faire du porte-à-porte, des réunions d’appartement puis des assemblées générales, afin de repérer des colères partagées à partir desquelles mener des campagnes. Et ça marche : environs la moitié des membres de ces organisations ont un revenu inférieur au seuil de pauvreté. Un public qu’on peine à mobiliser en France.

L’objectif est de faire sortir les gens de chez eux et elles, mais aussi de les politiser. Les organisations communautaires ont pour cela élaboré des méthodes d’éducation populaire très efficaces, notamment vis-à-vis des jeunes, qui font preuve d’une conscience de classe surprenante pour leur âge. Les adolescents viennent pour l’aide aux devoirs dispensée l’après-midi, mais surtout pour le local, qui est pour eux comme un refuge.

Public captif, ils sont dès lors l’objet d’un patient travail de conscientisation à base de jeux de rôle, de cours sur les mouvements sociaux ou de mises en situation. Les enseignements sont toujours politiques, visant à interroger la «  margina­lisation des minorités », le « mythe de la méritocratie  » ou la no­tion de « système ». Si on est parfois proche de l’endoctrinement, au vu du peu de place laissé à la contradiction, l’objectif semble rempli : former des militants et militantes politisé-es. Mais c’est surtout dans les luttes que s’acquièrent savoirs et savoir-faire. Généralement, c’est par le rapport de force et la confrontation – mani­festations, occu­pations, sit-in – que les campagnes parviennent à leurs fins.

Tentatives d’adaptation en France

Ces méthodes sont au service d’un objectif de transformation sociale : améliorer ici et maintenant le sort des habitants et habitantes. Les campagnes peuvent concerner des enjeux très locaux – ou­verture de nouvelles classes dans l’école du quartier, accès aux transports en commun ou à une nourriture saine – ou plus ambi­tieuses – régulation des activités bancaires en Californie du Sud suite à la crise des subprimes, lutte contre les pratiques discriminatoires de la police, augmentation des impôts des riches, etc.

Malgré les clivages qui traversent les quartiers populaires, les associations pratiquant le community organizing cherchent à les construire symboliquement en groupe uni. Le pragmatisme qui les caractérise les a cependant parfois fait dériver vers le « développement communautaire », dans une logique de coopération avec les institutions et de partenariat public-privé.

Cette logique de groupe de pression dans les quartiers populaires états-uniens est assez éloignée de la tradition militante française. Elle est pourtant en voie d’importation dans l’Hexagone, autour par exemple de l’Alliance citoyenne à Grenoble, et de collectifs associatifs en banlieue parisienne. Si cette importation du community organizing nécessitera une adaptation au contexte français, certains grands principes – le rapport de forces, le aller vers – demeureront centraux. Ils dessinent les contours d’une démocratie radicale où les classes populaires seront les actrices de leur propre émancipation.

Julien Talpin

• Chercheur au CNRS, Julien Talpin travaille sur le sentiment d’injustice et l’organisation collective dans les quartiers populaires.

http://alternativelibertaire.org/?Commu ... anizing-le


Le « community organizing » décortiqué

Pour nombre d’activistes, une question qui reste souvent sans réponse est : comment faire pour mobiliser les gens ? Comment développer des cadres collectifs pour la conscientisation politique ? Les réflexions et expérimentations du community organizing, qui ont cours depuis une centaine d’années, sont un bout de réponse à ce problème (presque) insoluble. La preuve par l’exemple à Grenoble.

Dans l’optique de développer des contre-pouvoirs populaires, le community organizing est une méthode d’action et d’organisation collective qui prend pour point de départ les dominations et les injustices vécues matériellement par les gens, afin de poursuivre trois objectifs.

Le premier objectif, qu’on peut qualifier de pragmatique et réformiste, consiste à considérer le monde « tel qu’il est » et à mener collectivement des luttes sous forme d’action directe afin d’obtenir des améliorations dans les conditions de vie des classes populaires (comme pourrait le faire un syndicat, mais sur des terrains allant du logement à l’éducation en passant par le travail).

Le deuxième objectif, qui est une véritable dynamique d’éducation populaire [1], va se réaliser par le fait que ces luttes menées et gagnées collectivement vont permettre de dépasser un sentiment de fatalité et une exclusion politique réelle. Elles vont par ailleurs être le cadre de développement d’une conscience de classe fondée sur une certaine lecture des antagonismes sociaux.

Le troisième objectif poursuit un projet révolutionnaire : le but est en effet de construire un rapport de force par l’organisation collective de celles et ceux dont le seul pouvoir est leur nombre.

Mis en place et théorisé à partir de la fin des années 1930 par Saul Alinsky [2], le community organizing vient d’outre-atlantique [3]. On retrouve ses principes dans les luttes menées par les ouvriers agricoles californiens autour de César Chavez, et on peut voir des parallèles avec les analyses de Paulo Freire [4]. En France, ces méthodes se développent depuis la fin des années 2000, selon différents modes.

D’un côté, des militantes et militants issu-e-s ou proches des quartiers populaires découvrent le community organizing lors d’un voyage aux États-Unis en 2010. Convaincu-e-s, ils et elles tentent de mettre en œuvre cette approche en France et finissent par créer le Studio Praxis, dont l’une des activités est de former et accompagner les collectifs de quartiers, tels que Stop le contrôle au faciès [5], Zonzon 93 [6] et bien d’autres .

D’un autre côté, des militants, des travailleurs sociaux, désabusé-e-s par les limites de leurs pratiques précédentes, découvrent la pensée de Saül Alinsky et s’y intéressent. Ils et elles partent se former auprès de London Citizens [7], puis créent à Grenoble en 2010 l’association Echo.

En 2012, Echo devient une Alliance citoyenne [8], dont la gouvernance est assurée par ses membres et non plus par les militantes et militants. Ce premier essai inspire la création en 2013 à Rennes de l’association Si on s’alliait [9]. Aujourd’hui, une organisation du même type va démarrer en région parisienne [10]. À noter qu’il existe par ailleurs une organisation internationale, le ReAct [11] (Réseau pour une action collective transnationale), qui vise à regrouper riverains et salarié-e-s contre les multinationales.

L’Alliance citoyenne de l’agglomération grenobloise, pour sa part, a récemment changé de modèle, abandonnant celui pratiqué par London Citizens, qui consistait à s’appuyer avant tout sur les communautés existantes (associations, écoles, cultes, etc.). Elle met désormais en œuvre le modèle pratiqué par Acorn [12], une organisation très puissante en Amérique du Nord (jusqu’à 175 000 membres aux États-Unis en 2010, 70 000 membres actuellement au Canada), dont la méthode consiste à aller rencontrer individuellement les personnes, ce qui permet de toucher les plus éloignées de la vie publique et des cadres collectifs.

Tous ces projets peuvent être comparés à un syndicalisme révolutionnaire multiterrain, dont le socle ne serait pas l’entreprise mais le quartier. Ils sont lancés par des personnes qui cherchent à être dans l’action et à lutter concrètement dans une optique matérialiste et pragmatique, convaincu-e-s que l’action directe est un moyen d’éducation populaire puissant, et que la dénonciation des dominations ne peut être réellement efficace qu’en luttant concrètement contre les actes qu’elles engendrent.

Ces expériences produisent déjà des résultats, mais sont encore au stade de l’expérimentation. Les termes varient (traduit-on « organisation des citoyens », « organisation communautaire », ou encore autre chose ?), les façons de faire également (adhésions individuelles ? adhésions collectives ? les deux ? aucune ?) : la manière d’importer en France cette méthode anglo-saxonne nécessite d’expérimenter, afin d’allier au mieux efficacité et démocratie, radicalité et pragmatisme. À suivre donc…

À l’Alliance citoyenne de l’agglomération grenobloise, la base du travail consiste à faire du porte-à-porte. Quand le conseil de l’Alliance, composé exclusivement de membres, décide d’aller à la rencontre des habitants et habitantes d’un nouveau quartier, il missionne pour cela un organisateur ou une organisatrice (c’est ainsi que sont désignées les personnes qui travaillent pour l’Alliance citoyenne). Il ou elle va alors se lancer dans une période intensive de porte-à-porte. Pendant quatre heures chaque jour, il va frapper à l’ensemble des portes du quartier.

La clef lors de ces rencontres individuelles est de partir des préoccupations des personnes que l’on rencontre, de leurs problèmes concrets et quotidiens. La porte d’entrée est radicalement matérialiste, et à ce stade on considère que toutes les colères sont légitimes. Si une personne est en colère, c’est qu’il y a un sentiment d’injustice, et il n’y a donc pas de jugement à porter sur cette colère.

C’est cette légitimation qui rend la mobilisation possible : elle est en effet aux antipodes des approches auxquelles les personnes sont habituées : d’un côté, la sphère du travail social tend à renvoyer la responsabilité de ses difficultés à la personne (gérez-vous bien votre budget ? vous occupez-vous bien de votre enfant ? etc.), et de l’autre, les groupes politiques sont plus forts en savants discours inappropriables et électoralistes qu’à combattre et obtenir des victoires sur des petites injustices concrètes.

Auto-éducation populaire par l’action et le collectif

Cette première rencontre est déjà en elle-même un moment de conscientisation politique. En effet, lors d’un porte-à-porte réussi, l’organisateur ou l’organisatrice va accompagner la personne en la questionnant, de manière à ce qu’elle fouille le problème dont elle parle (« Et ailleurs c’est comment ? et avant c’était comment ? »), qu’elle recherche et identifie la solution qu’elle aimerait voir mise en œuvre, qu’elle identifie la cause structurelle du problème.

C’est ce qu’on appelle la « verticalisation », par opposition aux colères dites horizontales qui visent les voisins, lesquels n’ont pas plus de pouvoir que nous. Tout cela afin qu’elle prenne conscience du poids de l’injustice sociale dans le fait que ce problème ne soit pas résolu, qu’elle imagine le nombre de personnes qui vivent la même injustice et la force que ce nombre procurerait de se regrouper, et enfin qu’elle imagine comment on pourrait agir collectivement pour que cela change.

Lorsque l’Alliance citoyenne se lance dans un nouveau quartier, l’objectif est d’obtenir rapidement l’engagement d’un maximum de personnes. En devenant membres, ces personnes vont travailler avec l’organisateur ou l’organisatrice à faire connaître auprès de leurs voisins et voisines la dynamique d’organisation en cours. L’organisateur va ainsi chercher à les « mettre en mouvement » au plus vite, afin qu’ils portent au maximum eux-mêmes la structuration de leur quartier. « Peut-on aller voir ensemble les voisins que vous connaissez ? Est-ce que vous auriez le temps d’aller voir de votre côté les autres locataires de votre montée pour leur parler ? »

Petit à petit, un groupe se constitue. Au bout de 4 à 5 semaines, les membres vont se retrouver pour des réunions collectives. Dès les premières réunions, l’organisatrice va proposer des modes de fonctionnement (animation, prise de décision) qui vont permettre d’acquérir ensemble des habitudes démocratiques. Ces pratiques deviendront alors la culture du groupe, seront appropriées par les membres, lesquels ne seront plus jamais naïfs devant les fausses démarches de consultations institutionnelles.

On retrouvera ces pratiques lors des assemblées de quartier, qui réunissent 50 à 100 membres. C’est lors de ces assemblées que les membres décident des actions à mener prioritairement

Des fenêtres pour tous et toutes !

Lors de l’assemblée d’un quartier, les membres ont décidé de s’atteler au problème des fenêtres vétustes et mal isolées dans certains logements. Ce problème ne concerne pas tous les membres, mais tous se sont mis d’accord pour le traiter ensemble en priorité. On traitera les autres ensuite. Une lettre a déjà été envoyée au bailleur pour demander le remplacement des fenêtres incriminées, mais aucune réponse n’a été obtenue. L’assemblée décide donc de faire une action de pression la semaine suivante.

Un groupe de cinq membres est mandaté par l’assemblée pour préparer l’action. Le jour J, couvertures sur les épaules, de nombreux locataires vont ensemble à l’agence locale du bailleur : « On a froid dans nos appartements, alors aujourd’hui on vient se réchauffer dans votre bureau », expliquent-ils, en réclamant que leurs fenêtres soient isolées. La presse locale est là pour immortaliser la scène. Un responsable arrive , précise qu’il n’apprécie pas la méthode, mais écoute les revendications et promet un rendez-vous avant la fin de semaine.

Un groupe de porte-parole prépare la négociation en faisant des jeux de rôles avec l’organisateur. L’Alliance citoyenne obtiendra finalement l’engagement du bailleur à remplacer en urgence les 75 fenêtres les plus vétustes. Ce type d’actions vise évidemment à obtenir des victoires, mais, par ces victoires, elles visent à développer chez les membres la confiance dans leur capacité à intervenir collectivement et à faire entendre leurs intérêts sociaux sur la place publique.

Alors que d’un côté notre société diabolise le conflit, accusant les fauteurs de trouble de préparer la guerre civile, et que d’un autre côté on ne compte plus celles et ceux que le fatalisme mène à la soumission ou à la désaffection, le community organizing croit en la vertu intégratrice du conflit social. Paradoxalement, c’est en assumant de s’opposer aux institutions que l’on peut reprendre sa place dans la société.

Or se sentir appartenir à une société est un préalable indispensable pour souhaiter vouloir la faire changer.

En commençant par faire du porte-à-porte et prendre en considération les colères des « premiers concernés », le community organizing vise à mobiliser remporter des victoires faisant reculer quelques unes des multiples petites injustices sociales que ces derniers subissent. Par leur expérience au sein de l’Alliance citoyenne et leur participation à des actions très concrètes, les personnes prennent conscience des conditionnements sociaux et des inégalités structurelles qu’ils subissent, et vivent une alternative par la pratique de processus radicalement démocratiques. Les victoires obtenues permettent petit à petit de structurer une organisation de masse et un rapport de force de plus en plus favorable.

Adeline DL (AL Paris-Nord-Est)


[1] Sur la notion d’éducation populaire telle que nous l’entendons, voir le dossier d’AL n°252 de juillet-août 2015.

[2] Saul Alinsky (1909-1972) est considéré comme le fondateur du community organizing.

[3] Lire AL n° 252 de juillet-août 2015 : « Le pragmatisme d’outre-Atlantique », par Julien Talpin http://www.alternativelibertaire.org/?C ... anizing-le.

[4] Pédagogue brésilien.

[5] Collectif formé en 2011. stop le controle au facies http://stoplecontroleaufacies.fr/.

[6] Association basée à Villepinte. zonzon93 http://zonzon93.skyrock.com/

[7] Citizens UK est une organisation communautaire basée au Royaume-Uni : citizensuk http://www.citizensuk.org/

[8] Alliance citoyenne 38 http://www.alliancecitoyenne-38.fr/

[9] Si on s’alliait http://www.sionsalliait.org/

[10] Organiser les citoyens idf http://organiserlescitoyensidf.fr/

[11] ReAct http://projet-react.org/v2/

[12] Acorn USA, fondée en 1970, s’est dissoute en 2010 suite à une campagne de diffamation menée par le Tea Party à son encontre. Acorn http://www.acorn.org/. Acorn Canada : Acorn canada http://acorncanada.org/.

http://alternativelibertaire.org/?Le-co ... decortique
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Re: Community organizing

Messagede bipbip » 19 Juin 2016, 12:24

Community organizing : Libertaire ou néolibéral  ?

En février 2016, nous présentions cette pratique qui s’importe en France depuis les États-Unis : le community organizing. Il vise à organiser largement les classes populaires d’abord à partir de leurs préoccupations quotidiennes (logement, quartier, travail, éducation…), sous la forme de ce qu’on peut qualifier de syndicalisme de quartier ou de syndicalisme tout-terrain.

Le community organizing vient des États-Unis, où la tradition libérale tranche avec la tradition jacobine centralisatrice française. La définition même du rêve libéral nord-américain, « Quand on veut on peut », invite à la responsabilisation des individu-e-s. À l’opposé, le système français est souvent critiqué par les libéraux pour son paternalisme qui inviterait à « l’assistanat ».

Au risque de la récupération

Si, en tant que libertaires, nous considérons que la responsabilisation individuelle est indispensable pour acquérir sa liberté, nous considérons également – et c’est ce qui nous différencie des libéraux – que la liberté n’est pas possible sans égalité, et que le consentement contractuel individuel, glorifié par les libéraux, implique toujours des rapports sociaux inégalitaires. Pour les libertaires, la liberté s’obtient ainsi notamment par la lutte contre les dominations et la recherche d’égalité, et la responsabilité individuelle s’articule avec la solidarité collective. C’est quand on oublie (ou qu’on feint d’oublier…) cette importante nuance, qu’on permet que des idées libertaires soient récupérées par le néolibéralisme.

Un outil de lutte

Les militantes et militants radicaux regardent souvent le community organizing avec méfiance : une « méthode » qui charrie un vocabulaire américain, qui prétend réinventer la poudre… Certains considèrent pompeusement qu’elle pourrait renouveler en profondeur le mouvement social et la gauche, et elle tend à devenir la coqueluche, aussi bien des réseaux institutionnels de la politique de la ville, que de réseaux militants auto-organisés notamment dans les quartiers populaires. Qu’en est-il ?

Le community organizing vise à imaginer des alternatives politiques de mobilisation et de représentation des groupes dominés dans un contexte de fragmentation des classes populaires et de disparition d’une identité collective partagée. Il s’agit donc, pour les groupes sociaux concernés, de s’auto-organiser pour assurer la défense de leurs intérêts. Nous sommes dans le champ de la responsabilité, comme outil pour accéder à l’émancipation. Nous sommes à la lisière entre une conception libertaire (« Ne me libère pas, je m’en charge ! ») et une conception libérale (définition de « l’intérêt général » par la confrontation des intérêts individuels sous la forme de lobbying). Le community organizing vise à développer la défense, par les groupes concernés, de leurs intérêts sociaux. Du point de vue libertaire il s’agit d’un outil de lutte de classe, comme l’est le syndicalisme.

Voir : Le « community organizing » décortiqué http://alternativelibertaire.org/?Le-co ... decortique

Dynamique de pouvoir/contre-pouvoir

Les dynamiques de community organizing sont mises en œuvre par des « organisateurs » et des « organisatrices ». Ceux-ci sont des techniciens militants, qui s’immergent au sein d’une population – une communauté – et font un travail de mobilisation et de formation des membres, afin de structurer une force politique autogérée par ses membres. Aux États-Unis, cette activité est devenue un réel métier, et des cursus de formation au community organizing existent dans plusieurs universités et dans des centres indépendants. En France, la professionnalisation démarre doucement, avec à peine plus d’une dizaine de salarié-e-s, le reste des initiatives se déployant de manière bénévole.

Du fait de la technicité requise, les organisateurs et organisatrices n’appartiennent bien souvent pas au même groupe social que la communauté qu’ils organisent. Bien souvent, et alors qu’ils ne subissent pas les mêmes dominations, leur rôle technique et leur implication à plein temps leur fait prendre beaucoup de place. Ils sont donc en déséquilibre vis-à-vis des autres membres de l’organisation.

Quelle orientation ?

Cette tension n’est pas sans rappeler les questions qui se posent aux syndicats qui fonctionnent avec des permanents, ou aux associations au moment où elles choisissent d’embaucher des salarié-e-s. Dans le community organizing, cette extériorité, qui pourrait être considérée comme un écueil, est conçue au contraire comme un outil : les permanents sont et doivent rester extérieurs au groupe qu’ils organisent, et l’attention de toutes et tous est portée sur le fait qu’ils ne confisquent pas les décisions qui ne peuvent être prises que par le groupe (les « premiers concernés »). C’est donc une réelle dynamique de pouvoir/contre-pouvoir qui s’opère directement en interne de l’organisation.

Comme tout syndicalisme, le community organizing peut être utilisé soit à des fins radicales et révolutionnaires, soit à des fins de gestion néolibérale des intérêts sociaux. On le constate aux États-Unis, où la mise en œuvre de cette pratique est ancienne. De deux choses l’une, dans sa version non conflictuelle, le community organizing peut alimenter un autocontrôle social. On le qualifie alors de développement communautaire, car il s’agit d’organiser une gestion par la communauté de ses propres problèmes – problèmes qui pourraient relever des services sociaux –, sous forme d’accompagnement mutuel au sein de la communauté. Il peut alors être utilisé pour accompagner voire justifier le retrait de l’État dans le contexte néolibéral actuel.

Dans sa version conflictuelle en revanche, il est utilisé pour construire un rapport de forces vis-à-vis de l’extérieur. Il s’agit alors de viser une transformation des rapports sociaux, d’exercer une pression sur les institutions pour les contraindre à prendre en charge les problèmes.

Pour conclure

Sur les apports du community organizing, il faut rappeler le contexte actuel où le rapport des classes populaires à la gauche est largement défait. La gauche de gouvernement a beaucoup promis, et beaucoup déçu. Alors que cette gauche, jusqu’aux communistes, promettait la redistribution des richesses, le community organizing vise la redistribution du pouvoir.

Le principe du community organizing est que, quelle que soit la personne élue, quelles que soient les promesses faites, il faut toujours une force sociale et des mobilisations collectives pour contester celui ou celle qui est assis sur le siège du décideur. Une conception compatible avec une vision libertaire (syndicalisme), mais aussi avec une vision libérale (lobbying). À nous de ­l’utiliser dans un sens qui empêchera sa récupération.

Adeline DL (AL Paris-Nord-Est)

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Re: Community organizing

Messagede bipbip » 22 Juin 2016, 12:26

États-Unis : Organiser les précaires

On trouve aux États-Unis des exemples de pratiques syndicales alternatives qui permettent l’entrée en action de travailleuses et travailleurs à qui les outils syndicaux classiques sont moins accessibles. Alors que l’organisation des précaires en France reste une gageure malgré son urgence, observons ces pratiques états-uniennes, où le monde du travail est libéralisé de plus longue date.

Précarisation du salariat, exploitation des travailleuses et travailleurs sans papiers, dislocation des collectifs de travail : avec la libéralisation du monde du travail, la précarisation et ­l’atomisation des salarié-e-s s’accentuent. Alors que le syndicalisme organise le plus souvent les travailleuses et travailleurs sur leur lieu de travail, par secteur d’activité ou par entreprise, aux États-Unis différentes expériences de syndicalisme hybridé sont des pistes pour développer l’organisation de celles et ceux qui ne sont pas intégré-e-s dans un réseau salarial.

Convivialité et solidarité communautaires

C’est dans cet objectif qu’au début du XXe siècle, les Wobblies, militantes et militants des Industrial Workers of the World (IWW), ont fondé leur puissance sur un principe fondamental d’unité des travailleurs au sein d’un seul grand syndicat révolutionnaire. En 1935, une dizaine d’années après le déclin des IWW, s’opère au sein de l’American Federation of Labor (AFL) une scission entre les partisans du syndicalisme de métier corporatiste pratiqué jusque-là (craft unionism), et ceux qui veulent développer un syndicalisme d’industrie (industrial unionism), qui regrouperait tous les travailleuses et travailleurs d’une même entreprise voire d’un même secteur, quelle que soit leur fonction.

C’est ainsi que naît le Congress of Industrial Organizations (CIO). Deux ans après sa création, celui-ci a réussi à regrouper 3 400 000 membres, et obtient ses premières victoires lors de la grande grève victorieuse à General Motors avec la fameuse occupation de l’usine de Flint.

En 1965, le mouvement de travailleurs agricoles de Californie, autour de Cesar Chavez et du United Farm Workers Organizing Committee, ne limite pas ses revendications à des questions économiques de rémunération. Il revendique un principe large de justice sociale (sur le racisme notamment) au sein du travail et au-delà, ce qui permet d’emmener dans la lutte les proches des travailleurs, c’est-à-dire leur « communauté » au sens large.

C’est également en mobilisant les familles et proches des personnels d’entretien sur de telles revendications, que s’organise à partir de 1985 la campagne Justice for Janitors, menée par le syndicat Seiu. Cette lutte a en effet rassemblé quelque 225 000 travailleuses et travailleurs directement concerné-e-s, mais aussi du fait de larges revendications de justice sociale, leurs familles et leurs proches, comme eux souvent récemment immigré-e-s, isolé-e-s et précarisé-e-s.

Le community organizing est une méthode formalisée à partir des années 1940 à Chicago. La technique de mobilisation qu’il met en œuvre est directement inspirée des méthodes d’investigation développées au début du XXe siècle par le mouvement d’enquêtes sociales de l’école de sociologie de Chicago. Ces méthodes s’appuient sur cinq principes : s’immerger pour mieux connaître et comprendre son terrain ; collecter des « histoires de vie » révélant les dynamiques sociales d’un quartier ; établir des relations de confiance fortes notamment avec celles et ceux qui apparaissent comme des leaders des groupes ciblés ; parler de soi-même et sortir de toute posture neutre ou institutionnelle, ou encore moralisante ; être dans le non-jugement.

C’est en utilisant ces méthodes que le community organizing, sous ses diverses formes, permet aujourd’hui aux États-Unis la mobilisation de dizaines de millions de personnes de classes populaires.

Que ce soit dans le mouvement des travailleurs agricoles, le mouvement Justice for Janitors ou de bien d’autres encore, l’implication de la communauté implique un mode de lutte non violent et des formes de convivialité et de solidarité communautaires.

Autre exemple, lors de l’évolution législative impulsée par Ronald Reagan en 1985 autorisant les patrons à ne pas reprendre les salarié-e-s grévistes en cas ­d’échec du mouvement, des formes de blocages moins frontales – les « inside games » – se sont redéveloppées, comme la grève du zèle. Ou encore, le 1er mai 2006, lorsque des centaines de milliers de travailleurs immigré-e-s ont combiné boycott et manifestations massives pour une « journée sans immigrés », afin de démontrer que sans eux et elles, légaux ou clandestins, le pays cale. Des familles entières se sont retrouvées dans la rue, et c’est en musique qu’elles ont fait entendre leurs revendications de justice sociale.

C’est en utilisant de tels principes que des salarié-e-s précaires du secteur des fast-food mènent depuis trois ans la campagne Fight for $15 . L’alliance du syndicat Seiu et d’organisations communautaires a permis de développer la force du mouvement. Le 31 mars dernier, il a obtenu une victoire d’importance, avec le vote par l’État de Californie du passage du salaire minimum de 7,20 $ à 15 $ d’ici quatre ans. L’État de New York pourrait suivre avec un passage à 15 $ d’ici 2018.

Afin d’augmenter encore la pression, cette campagne s’étend aujourd’hui au-delà des États-Unis, et arrive notamment en France (cinq restaurants McDonald’s ont été bloqués en France lors de la journée internationale contre l’enseigne le jeudi 14 avril dernier). Par ailleurs, une autre campagne est en passe d’être lancée dans le but d’organiser les chauffeurs de taxi contre le géant Uber. À suivre…

Adeline DL (AL Paris-Nord-Est)

http://www.alternativelibertaire.org/?E ... -precaires
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Re: Community organizing

Messagede bipbip » 25 Aoû 2016, 11:50

Luttes sociales: de nouvelles alliances

Terrains de luttes a publié cette année plusieurs articles qui soulignent les effets de rénovation du syndicalisme dus à de nouvelles alliances. En France, au Chili, aux Etats-Unis, au Maroc, en Italie, en Malaisie, des syndicalistes ont lutté auprès de travailleurs jusque là éloignés de, voire délaissés par, l’action syndicale, articulant revendications locales et revendications nationales voire internationales, et se mobilisant avec d’autres secteurs professionnels, mais aussi avec des acteurs non syndicaux, souvent tournés vers le « community organizing » qui signifie l’auto-organisation des quartiers populaires pour instaurer un rapport de forces avec les pouvoirs publics et le marché, à partir d’actions revendicatives dans l’espace public.

Ainsi, les travailleurs portuaires chiliens sont-ils parvenus à renouer avec un syndicalisme de classe luttant pour l’amélioration de leurs conditions de travail et d’emploi, mais également tourné vers des luttes intersectorielles d’ampleur nationale. En France, l’action de la CGT auprès des travailleurs sans-papiers continue, alimentée par des actions communes à la fois avec les associations spécialisées dans les droits des immigrés, mais aussi avec des travailleurs régularisés lors des grèves précédentes. Articulant revendication de régularisation et revendications sur les conditions de rémunération et d’emploi, ces grèves élargissent le champ traditionnel de l’action syndicale. Elles permettent également de défendre les droits de travailleurs précaires souvent considérés comme difficilement mobilisables. C’est également le cas de la campagne Fight for $15 aux Etats-Unis, et plus largement de la campagne internationale contre les McJobs dans la restauration rapide: alliance entre syndicats, organisations associatives et « mouvements citoyens », coordinations nationales et internationales, articulation entre revendications salariales et revendications plus larges sur l’organisation du travail sont les ingrédients de ces campagnes de grande ampleur, susceptibles de bénéficier aux travailleurs précaires bien au-delà des fast-foods. Ce sont également ces caractéristiques qui façonnent la lutte syndicale au sein de STI Microelectronics, à la fois pour sauvegarder les emplois existants, et pour les améliorer, que ce soit en Europe ou en Asie.

Les dossiers de Terrains de Luttes n°24
à télécharger : http://terrainsdeluttes.ouvaton.org/wp- ... gences.pdf

http://terrainsdeluttes.ouvaton.org/?p=5924
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Re: Community organizing

Messagede bipbip » 03 Oct 2016, 11:00

Organiser les inorganisables, une mission impossible ? Contre-exemple en Grande-Bretagne

La multiplication des grèves sauvages, dans le secteur informel, remet en cause la conception traditionnelle des syndicats sur l’organisation des travailleurs. De récentes grèves outre-Manche montrent que les travailleurs précaires ne sont pas si « inorganisables » que cela…

Le 11 août, un militant syndical, entouré de 150 coursiers de Deliveroo (livraison de repas à domicile) en grève, a lu une liste de toutes les victoires obtenues par les coursiers britanniques appartenant au Syndicat des travailleurs indépendants de Grande Bretagne (Independent Workers of Great Britain, IWGB).

Pour la première fois en dix ans, ces coursiers ont vu leurs salaires augmenter de 28% – 17% pour les travailleurs de Citysprint (agence de coursiers). Les livreurs de Mach1 (livraison de machines et équipements), eux, ont obtenu que leurs salaires soient revus à la hausse, que leurs uniformes soient fournis par l’entreprise et qu’ils n’aient plus à payer pour la location de leurs outils de travail (vélo ou scooter).

À peine une semaine auparavant, les agents d’entretien londoniens mettaient fin à une grève de soixante-et-un jours, la plus longue de l’histoire de la ville, après avoir obtenu un salaire de subsistance (ils sont à présent payés 9,40 £ de l’heure). Ils se sont organisés au sein du syndicat United Voices of the World (UVW). En février 2016, après une grosse campagne médiatique, UVW a obtenu des congés maladie pour les agents de sécurité précaires et les agents d’entretien de l’entreprise Sotheby’s.

Galvanisés par la victoire des employés de Deliveroo, les livreurs de Uber Eats (livraison de repas) ont annoncé qu’ils lanceraient une grève sauvage jusqu’à ce que l’entreprise accepte de leur payer le salaire de subsistance de Londres.

On pourrait croire qu’on assiste enfin au réveil du mouvement ouvrier britannique. Depuis la création de la branche des agents d’entretien de l’IWW (Industrial Workers of the World)[1] en 2011, ces luttes victorieuses de travailleurs précaires sont devenues plus fréquentes. Des campagnes, menées par des travailleurs militants, contre des chaînes de la grande distribution, des centres culturels, des institutions éducatives et des entreprises de livraison ont permis l’organisation de milliers d’employés précaires.

Pourtant, en 2015, seuls 81 000 travailleurs ont participé à des actions, pour seulement 170 000 jours de grèves. Depuis 1893, année où le décompte des jours de grèves a été établi, on n’avait jamais compté aussi peu de grévistes. C’est la deuxième plus faible perte de productivité. L’année dernière correspondait également à la plus faible densité syndicale depuis 1995 (à peine 24.7% de la main-d’œuvre était syndiquée).

Les luttes des agents d’entretien et des livreurs représentent donc une rare poche de résistance et non un renouveau national du mouvement syndical. C’est précisément ce qui devrait les rendre intéressantes. Et, parce que ces grèves ont lieu au sein d’un secteur précaire, que les centrales syndicales négligent parce qu’elles le croient inorganisable, la gauche radicale devrait s’en inspirer.

... http://terrainsdeluttes.ouvaton.org/?p=6003
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Re: Community organizing

Messagede bipbip » 17 Nov 2016, 14:56

Radio. COMMENT ORGANISER LES TRAVAILLEURS / TRAVAILLEUSES DANS LES LIEUX DE PRODUCTION ?

Entre Octobre et Novembre a eu lieu a Paris une série de rencontre sur la question de la précarité et de l’auto-organisation dans le monde du travail.Rencontre avec trois personnalités du mouvement syndical américain.dans l’émission de ce jour,il sera question de l’échange et du débat qui a eu lieu le 2 Novembre dernier a paris en compagnie de Wade Rathke, qui est le fondateur d’Acorn

De 1970 jusqu’à la fin des années 2000, Wade Rathke a dirigé ACORN USA (Association of Community Organizations for Reform Now). ACORN a été un important vecteur de méthodes innovantes de « community organising » pour le changement social dans les domaines du logement social, de l’augmentation du salaire minimum et de la lutte contre les « subprimes » et pour la régulation des activités bancaires. Les méthodes développées par ACORN ont été déployées notamment par le SEIU, qui est devenu la plus grand syndicat américain. Aujourd’hui ACORN International regroupe 50 000 membres dans 20 pays.

Emission à écouter : https://actualitedesluttes.info/?p=1315
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Re: Community organizing

Messagede bipbip » 16 Déc 2016, 11:53

Entretien avec Julie, membre de ReAct-Paris

« Partir du petit bout de la lutte »

WTF with community organising ? Retour aux sources d’un syndicalisme non-corporatiste, combatif et internationaliste, avec ses agitateurs itinérants allumant des mèches depuis l’extérieur des entreprises ? Ou avatar « lutte des classes » des ONG mainstream ? Posons la question.

... http://cqfd-journal.org/Partir-du-petit ... e-la-lutte
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Re: Community organizing

Messagede bipbip » 03 Mar 2017, 23:01

Lundi 6 mars 2017 à Lyon

18h30 : Débat - Transformer la colère en action collective avec le Community Organizing

Comment transformer la colère des citoyens en action concrète pour agir sur notre monde ? Le Community Organizing, méthodologie originaire des États-Unis et formalisée dans les années 1940 par Saul Alinski, s’y essaye avec succès au Royaume Uni et depuis quelques années en France.

Maison Pour Tous - Salle des Rancy, 249, rue Vendôme, 69003 Lyon

https://experiences-politiques.fr/programme/
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Re: Community organizing

Messagede bipbip » 21 Jan 2018, 14:52

Discussion-débat

Le "Community Organizing" contre l'accaparement des terres

Paris mardi 23 janvier 2018
à 18h30, Centre international de culture populaire (CICP) 21 ter rue Voltaire

Image

Rivières polluées, terres arables et forêts occupées par les palmiers à huile et les hévéas, promesses de compensations non tenues… les riverain.es des plantations industrielles de la holding SOCFIN, contrôlée par le groupe Bolloré, premier actionnaire direct, sont confrontés à de multiples abus. Face à la multinationale, avec l'appui du ReAct, ils se sont organisés au niveau local et international pour demander justice.

La soirée nous plongera des fin fonds des plantations jusqu'à la tour Bolloré à La Défense, pour comprendre comment le travail d'organisateur communautaire a pu accompagner la lutte des communautés riveraines, à travers un travail de fourmi dans plusieurs villages d'Afrique et d'Asie.

Une discussion avec Eloïse Maulet, ReAct - Alliances Transnationales.

Eloïse Maulet
Eloïse Maulet, diplômée en économie de l'environnement et des ressources naturelles, est organisatrice depuis 2010 au sein du ReAct, dont elle est un des membres fondateurs. Depuis 7 ans, elle a parcouru les plantations de palmiers à huile et d'hévéas depuis le Cameroun jusqu'à la région de Pujehune en Sierra Leone, en passant par le Liberia et la Côte d'Ivoire. Elle a notamment contribué à la création d'un syndicat citoyen au Cameroun, s'appuyant sur le modèle « ACORN » de community organizing, pour mobiliser les habitants des quartiers populaires de Douala sur les questions qui les touchent au quotidien.

https://www.facebook.com/events/193101754762698/
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