Nuit Debout

Nuit Debout

Messagede digger » 09 Avr 2016, 09:18

Il me semble que le sujet, déjà abordé dans celui de la "loi travail", mérite une place entière parce qu'il dépasse la seule opposition à cette loi.
Il est symptomatique d'un "air du temps" - genre giboulées de mars - avec passage de longs moments gris et des éclaircies que l'on attendait pas. Si une éclaircie ne fait pas le printemps, elle est toujours bonne à prendre.
Le mouvement en dit long aussi sur les frustrations accumulées qui se libèrent avec la parole, mais aussi par l'acte d'occupation. Selon nos approches, nous pouvons le regarder d'un œil plus ou moins critique. Il est probable qu'il prenne des orientations différentes selon les villes où il s'implante, influencé par des contextes et présences militantes spécifiques. La Place de la République n'est pas le centre du monde, pas plus que ne l'étaient Wall Street ou la Plaza del Sol
Et il est important aussi d'apporter des éclairages autres que les commentaires médiatiques, syndicales et politiques, qui visent toujours à saper un mouvement hors de contrôle pour le remettre dans le droit chemin et les ornières d'un "débat démocratique".
On l'a vu en Espagne avec le Mouvement du 15 Mai et Real democracia ya . Tout cela accouché de Podemos, des politicien-nes 2.0, ou la même bonne vieille cuisine politique , mais avec des énergies renouvelables. Et ici, nous avons aussi un paquet "d'associations citoyennes" prêtes à coopter tout mouvement social pour le transformer en bouillie électoraliste. Hector Martinez, libertaire espagnol : « Podemos a démantelé le tissu social »Il existe dans la même veine, des critiques encore plus véhémentes. L'échec de Occupy (Wall Street, London...) est tout aussi patent.
Il est probable que nous allons voir tout cela dans les semaines à venir. La seule inconnue est la grosseur du plat de lentilles pour lequel ces braves gens vont vendre le mouvement. L'Unef discute déjà d'une aide à la précarité et d'un permis de conduire gratuit (le rêve).
Mais un mouvement peut (sur)vivre - doit vivre - sans les hérauts autoproclamés des mouvements sociaux ou "citoyens", avec leur seule finalité de remplacer une classe politique par une autre, les briseurs de rêve.
A NDDL, la longueur de la piste n'est pas négociable. Nuit Debout ne doit pas non plus négocier la longueur de la chaîne. C'est le défi des libertaires sur le terrain - sur tous les terrains - d'être là, sans catéchisme, mais avec des pratiques et des objectifs réellement compatibles avec l'autonomie des luttes. Personne ne peut prétendre que ce sera facile, mais au moins avons-nous les modèles des échecs. Et puis l'histoire n'est pas écrite.

Hector Martinez: « Podemos a démantelé le tissu social »
http://www.alternativelibertaire.org/
Ici c’est Rennes, la bataille pour le parlement.
https://lundi.am/Rennes-loi-travail-bataille-parlement
Quand Nantes est dans la rue, c’est la police qui lutte !
https://lundi.am/Quand-Nantes-est-dans-la-rue-c-est-la-police-qui-lutte
Le site Convergence des Luttes, qui échappe au Bouc
http://www.convergence-des-luttes.org/
Mars, et ça repart ! Appel de la ZAD. Deux appels de la ZAD pour occuper la rue le 31 mars et après encore.
https://lundi.am/MARS-et-c%CC%A7a-repart-Appel-de-la-ZAD
Assemblée de lutte de Marseille : Questions de stratégie
https://mars-infos.org/assemblee-de-lutte-de-marseille-893
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Re: Nuit Debout

Messagede Pïérô » 10 Avr 2016, 02:17

Il est clair qu'il y a là une vague de contestation plus large, une lame de fond vraisemblablement. C'est bien le moment de discuter de choix de société, de révolution, de théories et pratiques, et d'élaborer et expérimenter...

Encore d'autres textes à partager...

Mais qu’est ce qui est en train de se passer ?
Voici quelques réflexions jetées rapidement sur les enseignements des trois dernières semaines de « mouvement » sur Paris et en Ile-de-France et les promesses qu’elles contient. Ce texte appelle aussi à la multiplication de textes et de moments de réflexion dans l’espace public. Ces derniers temps Paris-luttes.info a surtout joué un rôle de relai des mobilisations en cours et de compte-rendu plus ou moins détaillés des journées de lutte, mais il n’y a encore que trop peu de prises de position, trop peu de réflexion, trop peu de recontextualisation historique de ce qu’on est en train de vivre. Je me demande si cette relative absence de réflexion est liée à la polarisation sur la répression ou, pire encore, aux éternelles embrouilles des milieux « radicaux » qui neutralisent toute prise de recul et réflexion commune ? En tout cas elle regrettable. Ne nous condamnons pas à l’urgence activiste et sa frénésie d’AGs et/ou d’actions offensives. Parlons, écrivons, réfléchissons, devenons collectivement plus intelligent-e-s !
... https://paris-luttes.info/mais-qu-est-c ... in-de-5275


De la "convergence des luttes" à la consistance des résistances
Quelques réflexions, à partir des résistances généralisées à la loi Travail, aux grands projets de merde, à la chasse aux migrant-e-s et aux pauvres, à la terrorisation antiterroriste, bref à l’offensive étatico-capitaliste, pour la construction de l’autonomie politique et matérielle d’un mouvement de subversion généralisé du présent.
... http://www.autrefutur.net/De-la-converg ... esistances
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Re: Nuit Debout

Messagede digger » 10 Avr 2016, 08:06

Mais qu’est ce qui est en train de se passer ? est une bonne analyse, et je souscris entièrement à son introduction

il n’y a encore que trop peu de prises de position, trop peu de réflexion, trop peu de recontextualisation historique de ce qu’on est en train de vivre. Je me demande si cette relative absence de réflexion est liée à la polarisation sur la répression ou, pire encore, aux éternelles embrouilles des milieux « radicaux » qui neutralisent toute prise de recul et réflexion commune ? En tout cas elle regrettable. Ne nous condamnons pas à l’urgence activiste et sa frénésie d’AGs et/ou d’actions offensives. Parlons, écrivons, réfléchissons, devenons collectivement plus intelligent-e-s !


Mais néanmoins, pourquoi encore le OU/OU. On peut agir ET réfléchir, écrire ET être offensifs, détruire ET construire.

Le saccage d’une des salles de Tolbiac lors de l’occupation nocturne du mardi 22 mars était donc, sur le plan stratégique, une bêtise (qui nous a sans doute empêché de tenir cet enjeu de lieu fixe).

La stratégie est une bonne chose en lieu et en heure. L'action, souvent irréfléchie, symbolique au sens de s'attaquer à une représentation de ce qui n'est pas de notre monde (classe, culture...) en est une autre. J'ai à l'esprit le mouvement ouvrier des chantiers à Saint Nazaire où il y a eu un saccage des bureaux au milieu des années 50. Plus récemment, l'histoire de la chemise. En outre, avec ou sans saccage, il est peu probable que les autorités laisseront occuper les facs. Il faudrait sans doute interroger notre rapport au matériel, sa destruction comme "violence", plus qu'à une question de "stratégie". Ce n'est pas la destruction de biens qui entraîne la répression, elle ne fait que la justifier. La répression fait partie du système combattu et se manifeste avec ou sans destructions de biens, avec ou sans "casseurs".

De la même façon, détruire une vitrine de banque ne "sert à rien", sinon à faire intervenir une assurance. Une manifestation encadrée par un S.O sur un parcours autorisé par la préfecture entre telle et telle heure ne "sert à rien" non plus, pas plus qu'une journée de grève.

Alors que voyons-nous ? Des conceptions différentes se renvoyant chacune leur inutilité à la figure, appelées respectivement "postures radicales" ou "passivité".

S'ensuit, pour certain-es, la recherche de nouveaux modèles, (souvent en jetant le bébé avec l'eau du bain) pour d'autres, la crispation sur les idéologies. En cela, comme dans d'autres domaines, nous vivons sans doute un moment charnière. Ca ne se passe généralement pas sans grincements dans les rouages.

Faut-il chercher des responsabilités? Si l'intelligence doit être collective, la responsabilité l'est aussi. L'ennemi commun est trop souvent relégué au second plan, et l'ennemi principal devient l'organisation ou l'individu qui n'entre pas dans nos formes théoriques et pratiques d'action. Il y a eu intelligence collective à NDDL (sans idéalisation, non plus. L'intelligence collective n'exclut pas les conflits). Est-ce possible à plus grande échelle? Mon opinion est qu'il s'agit d'une question de "culture", avec comme point central, notre approche de la "diversité". La diversité est souvent considérée comme menaçante et nous sommes proches ici de ce que nous combattons par ailleurs, la méfiance de l'étranger - au sens premier de l'étrange.

D'où encore deux (vieilles) notions qui s'affrontent. L'idée de tous pareil-les, réuni-es par une "classe", un "sexe", une "race" dans un même combat. Et l'idée d'une "identité", d'une "individualité" inaliénables opposées à toute notion collective. L'idée anarchiste, elle-même, pourtant la mieux armée face à cette prétendue contradiction/opposition, a toujours échoué à la surmonter. Pire, peut-être, c'est sans doute le milieu qui l'entretient le plus.

Je ne vais pas faire une analyse complète de texte, ni prolonger ce monologue. Si l'intelligence collective doit se manifester, elle trouvera ses voies. Sinon, nous retournerons aux nuits (et aux jours) couchés.
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Re: Nuit Debout

Messagede bipbip » 11 Avr 2016, 10:55

De Rennes à Marseille, Nuit Debout prend racine
Samedi 9 avril, plus d’une soixantaine de villes françaises, mais aussi belges, espagnoles et allemandes, ont passé la nuit dehors à débattre en ce 40 mars, 9e nuit de mobilisation pour Paris, 5e pour les autres. Reporterre fait ce tour d’Europe et de France.
... http://www.reporterre.net/De-Rennes-a-M ... end-racine


Des centaines de Belges passent la "Nuit Debout" à Bruxelles
Les rassemblements "Nuit Debout", lancés en France, trouvent un écho chez nous.
Ils ne sont qu’une petite vingtaine présents à dix-neuf heures, aux Monts des Arts. Le petit groupe se dirige vers les marches où se tiendra la deuxième "Nuit Debout" bruxelloise en scrutant les alentours, espérant voir d’autres jeunes les suivre. Et c’est le cas. Petit à petit, les escaliers se remplissent. Les visages sont enjoués, les discussions légères. De la soupe et des cookies "vegan" sont distribués par un groupe de filles âgées d’une vingtaine d’années. A côté, d’autres jeunes terminent d’écrire leurs pancartes. "Paraît que la nuit porte conseil, la nuit c’est nous et on n’a pas sommeil", peut-on lire sur l’une d’entre elles.
... http://m.lalibre.be/actu/belgique/des-c ... a2d456ff97


Radio Debout, podcats : https://soundcloud.com/radiodebout

un Wiki : http://wiki.nuitdebout.fr/index.php?title=Accueil

Site : http://www.nuitdebout.fr/
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Re: Nuit Debout

Messagede Pïérô » 12 Avr 2016, 08:20

A la Nuit debout, l’éducation populaire se fait en plein air

C’était l’une des nouveautés, et l’un des succès, de la Nuit debout parisienne de dimanche 10 avril : l’espace Debout éducation populaire a permis à chacun de débattre et apprendre sur un sujet donné. Comme les autres, le stand a été détruit par les forces de l’ordre, lundi 11 avril au matin, place de la République. Et, comme pour les autres, ses responsables n’attendent qu’une chose : réinstaller, ici ou ailleurs, sa grande bâche bleue.

Dans cet espace un peu à l’écart de l’agitation et organisé comme un amphithéâtre, il n’y a ni estrade, ni chaise, ni bureau, en cet après-midi de dimanche. Plus d’une centaine de personnes y sont rassemblées, toutes assises sur le bitume, au même niveau. Les intervenants qui se succèdent ont fabriqué un cornet en carton pour faire porter leur voix, avant l’arrivée des micros et d’une sono.
Sans se concerter, les premiers intervenants ont choisi de parler des révolutions ; la Terreur, 1848, la Commune, Mai 68… Le programme ne précise que leur prénom et le thème qu’ils abordent, mais ce sont majoritairement, pour cette première fois, des professeurs d’histoire. Pourtant pas question de faire un cours magistral. « On ne veut surtout pas parler plus d’un quart d’heure et avoir une posture universitaire. Nous ne sommes pas là pour faire la leçon, ni pour en donner. L’objectif est de provoquer la réflexion et de faire circuler le savoir en répondant aux questions qui sont posées », explique Guillaume Mazeau, maître de conférences en histoire à Paris-I et spécialiste de la Révolution française.

... http://www.lemonde.fr/campus/article/20 ... 2bDVZla.99



La Nuit Debout racontée en dessins

Notre chroniqueur a embarqué son carnet à croquis et ses plus beaux pinceaux Place de la République, histoire de vous raconter sa Nuit Debout.

... http://streetpress.com/sujet/1460105662 ... ue-Dessins
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Re: Nuit Debout

Messagede bipbip » 13 Avr 2016, 07:04

Nuit debout à Lyon, jour 3 : panorama des discussions et décisions du 11 avril
Éducation, actions contre la loi travail, médias, projections de films, agriculture… on parle de tout à la Nuit Debout. Compte-rendu partiel et partial de ce qui s’est dit lors de l’AG de 21h30 le 11 avril.
... https://rebellyon.info/Nuit-debout-a-Ly ... -des-16167


Documentaire
Jour et Nuit Debout
Arnaud Contreras nous livre au travers de ce documentaire son journal, 11 jours et nuits en immersion auprès des participants au mouvement Nuit Debout.
à écouter : http://www.franceculture.fr/emissions/s ... uit-debout


De la zad de Notre-Dame-Des-Landes à la place de la République
Retranscription d'une prise de parole d'habitant-e-s de la zad lors de l'Assemblée de la Nuit Debout parisienne du 11 avril 2016
... https://nantes.indymedia.org/articles/34106
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Re: Nuit Debout

Messagede Pïérô » 14 Avr 2016, 19:30

PHOTOS. "Nuit debout" investit la gare Saint-Lazare à Paris, en soutien aux cheminots
LOI TRAVAIL – Plus d'une centaine de personnes se sont rassemblées mardi après-midi à la gare Saint-Lazare à Paris à l'appel de la Coordination nationale étudiante (CNE, universités mobilisées), rejoints par des participants à la "Nuit debout", pour demander le retrait du projet de loi travail.
Derrière des banderoles "Faisons dérailler le gouvernement - Paris 6 avec les cheminots" et "Grève générale", environ 100 à 200 cent d'étudiants se sont rassemblés sur le parvis de la gare Saint-Lazare en milieu d'après-midi "en soutien aux cheminots", actuellement en négociation avec leur direction.
... http://www.huffingtonpost.fr/2016/04/12 ... 70964.html


Jour et Nuit Debout
Arnaud Contreras nous livre au travers de ce documentaire son journal, 11 jours et nuits en immersion auprès des participants au mouvement Nuit Debout.
... http://www.franceculture.fr/emissions/s ... uit-debout


Appel d'hospitaliers :
Hôpital Debout - on Ne Rentre Plus

Des années de disette, de promesses, de « vous verrez » et nous ne voyons rien, les lendemains ne chantent toujours pas …
Aux budgets étriqués succèdent les budgets insuffisants. Étranglé, étouffé, réduit chaque jour un peu plus, l'hôpital se meurt. Victime de la sempiternelle baisse des dépenses publiques imposée par le gouvernement qui l'éloigne de ses missions premières, si importantes pour le bien de toutes et tous.
Parce que cette politique mène à notre négation,
Parce que ceux qui la mènent ne nous entendent pas,
Parce que des richesses produites il y en a,
Parce que nous valons mieux que ça.

Nous, hospitaliers-ères, nous rejoignons la nuit debout pour inventer une société juste et émanci-patrice, une so...ciété où la Santé ne serait plus vécue comme une dépense mais un investissement, un droit accessible à toutes et tous quelques soient ses origines et son lieu de vie. Si nous touchons ici les missions de l'hôpital, il nous semble important de les réaffirmer tant elles sont mises à mal aujourd'hui.

En réaffirmant aussi notre volonté de prendre soin de nos semblables, de les accompagner dans des moments souvent pénibles de leur existence, nous dénonçons une politique qui fait de nous des faiseurs d'actes et trop souvent de simples variables d'ajustement. De plus, cette politique ne nous permet plus d'entretenir convenablement nos bâtiments, de gérer la logistique ou les dos-siers de l'ensemble des hospitalier-ères …

Nous nous relevons et ainsi nous permettrons à l'hôpital de se tenir debout.

Nous appelons toutes celles et tous ceux victimes, comme nous, de ces politiques à rejoindre le mouvement.

Ensemble nous sommes l'avenir.

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Re: Nuit Debout

Messagede bipbip » 16 Avr 2016, 14:22

Ballast Debout
C'est essentiellement à titre individuel que nous participions à la Nuit Debout, depuis le 31 mars 2016 — en France, en Belgique et bientôt au Québec. Mais, de débats en actions, l'idée nous est venue de rassembler, en quelques pages, plus d'un an de travail et de rencontres : donner à lire (ou relire) des expériences de convergences effectives, du monde agricole au salariat en passant par les banlieues et la jeunesse étudiante. Que ces paroles, couchées sur le papier via cette gazette, ce bulletin ou ce petit journal, puissent passer de main en main, être discutées, commentées, puissent inspirer, mobiliser ou servir (froissées en boule) de projectiles en cas de charge des « forces de l'ordre ». Le premier tirage est épuisé, suite à la distribution sauvage, hier, mercredi 44 mars, sur les places de la République, à Paris, et de Saint-Denis. Un second est en route. Les journaux dans la rue : vieille tradition émancipatrice depuis la Révolution française — vous trouverez un PDF, prêt à impression, pour vos villes, quartiers et villages. « Le pouvoir parle seul mais nous sommes des millions. »
... http://www.revue-ballast.fr/ballast-debout/


Nuit debout : la grève générale en débat
... http://www.lemonde.fr/societe/article/2 ... 8LiUqz2.99


Nuit Debout « Aider chacun à se sentir légitime pour entrer en lutte »
Entretien. La compagnie Jolie Môme est une des initiatrices du mouvement « Nuit Debout » qui occupe la place de la République à Paris depuis le jeudi 31 mars. Avec Loïc qui en est membre, nous revenons sur les questions politiques qui traversent ce mouvement, ainsi que sur la mobilisation des intermittentEs.
... http://www.anti-k.org/2016/04/16/nuit-d ... %e2%80%89/


Brest
Nouvelles prises de position et actions de "Nuits Debout"

Après des débuts quelque peu chaotiques où des sensibilités politiques quasi antagonistes se sont rencontrées, "Nuits Debout" a avancé sur le terrain du positionnement contre le fascisme, le sexisme, le racisme et l’homophobie.
... http://brest.mediaslibres.org/spip.php?article347


Retour sur la première Nuit Debout de Saint-Denis (13 avril)
Le mercredi 13 avril a été intense en mobilisations, discussions, luttes et convergences à Saint-Denis. Au pique nique de la colère concernant les écoles et leurs manques de moyens (voir l'appel) tenu à l'appel des syndicats et des parents d'élèves, dont les Bonnet d'Ânes, a succédé la première Nuit Debout ( l'appel initial ici). A l'heure où des militaires patrouillent quotidiennement avec leur fusil dans le centre historique nous donnant l'impression d'une ville assiégée, des centaines, peut-être jusqu'à un millier de personne, ont participé à cette grande initiative dynamique et populaire.
... http://www.solidaires-saintdenis.org/20 ... avril.html
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Re: Nuit Debout

Messagede bipbip » 17 Avr 2016, 17:40

Débat entre Frédéric Lordon et David Graeber : les Nuits debout doivent-elles rester sauvages ?

Attac organisait, le 12 avril à la bourse du travail de Paris, un débat entre l’anthropologue américain David Graeber, activiste du mouvement Occupy Wall Street, aujourd’hui professeur à la London school of Economics et Frédéric Lordon, économiste et philosophe, qui compte parmi les initiateurs du mouvement Nuit debout.

D’Occupy Wall Street à Nuit debout, les mouvements citoyens qui ont éclos partout sur la planète sont traversés par les mêmes interrogations : doivent-ils se doter d’une organisation resserrée pour gagner en efficacité, au détriment de l’ouverture sur les citoyens de tous horizons ? Doivent-ils s’inscrire dans un processus électoral ? Comment essaimer à d’autres villes et parmi les citoyens les moins politisés ?




Sommaire :
0:02 David Graeber, première partie.
6:49 Frédéric Lordon, première partie.
16:05 David Graeber, deuxième partie.
22:24 Frédéric Lordon, deuxième partie.
29:54 David Graeber, troisième intervention.
38:31David Graeber, quatrième intervention.
46:48 Frédéric Lordon, troisième intervention.
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Re: Nuit Debout

Messagede bipbip » 19 Avr 2016, 23:29

Nuit debout et les crypto-fascistes

A Paris comme ailleurs les Nuits Debout Convergence des luttes sont parasités par les soraliens, fans de Dieudonné, chouardistes et cie. Une clarification de la part d’un des initiateurs de Nuits debout...

... https://paris-luttes.info/nuit-debout-e ... histe-5418
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Re: Nuit Debout

Messagede digger » 20 Avr 2016, 07:38

Quand le sage montre la lune, l'idiot regarde Place de la République.
Qui ne s'est pas encore montré pour écouter/voir une assemblée générale, nouveau lieu à la mode parisien?
Et pourtant, nous savons bien - nous le pouvons, en tout cas - à travers les expériences passées de Occupy et du M15 - que ce genre de mobilisation ne mène à rien, ou à des culs de sac de type Podemos.
Nuit Debout (Assise serait plus juste) entre de plain pied dans les ornières de ces mouvements et, à défaut d'en sortir vite, il va tout droit vers les oubliettes de l'histoire.
Il y a eu beaucoup de retour sur le mouvement Occupy aux États-Unis. Les critiques les plus intéressantes viennent des anarchistes américains, dont beaucoup se sont investis, notamment à Oakland, mais aussi dans de nombreuses villes plus petites où des groupes locaux existaient.
Je met ci-dessous une de ces analyses qui soulève un certain nombre de points intéressants sur les dynamiques existant dans des AGs qui conduisent la plupart du temps à transformer les moyens en fins et qui conduisent à la lassitude et à l'impuissance.
Si l'organisation par le bas reste la condition sine qua non de toute transformation politique et sociale en profondeur, il nous reste à lui trouver des formes viables et cesser de singer la nouvelle cuisine "révolutionnaire" .

Occupy : Démocratie contre Autonomie


L'histoire dit que le tout premier rassemblement de Occupy Wall Street a commencé comme un meeting à l'ancienne mode, hiérarchique, avec des orateurs qui blablataient — jusqu'à ce qu'une étudiante grecque (et peut-être, une anarchiste?) l'interrompe et demande d'organiser à la place une assemblée horizontale. Elle, et quelques-uns des participants les plus jeunes s'assirent en cercle de l'autre côté de la place et commencèrent une réunion en utilisant le procédé du consensus. Un à un, les autres quittèrent la foule qui écoutait les orateurs et vinrent se joindre au cercle. C'était le 2 août 2011.

Ici, dans le mythe d'origine du mouvement Occupy, nous sommes confrontés à une ambiguïté fondamentale dans sa relation à l'organisation. Nous pouvons comprendre ce passage comme l'adoption d'un modèle démocratique plus inclusif et donc plus légitime, préfigurant les affirmations ultérieures que les assemblées générales de Occupy représentaient la vraie démocratie en action. Ou nous pouvons polariser notre attention sur la décision de quitter le rassemblement d'origine, y voyant une initiative en faveur de la libre association. Durant l'année suivante, cette tension interne a resurgi de manière répétée, opposant des démocrates déterminés à mettre en œuvre une nouvelle forme de gouvernance à des anarchistes qui essayaient de faire valoir la prééminence de l'autonomie.

Même si David Graeber a encouragé les participants à considérer le consensus comme un ensemble de principes plutôt que des règles, les partisans comme les opposants autoritaires du procédé ont continué à le traiter comme un moyen formel de gouvernement — alors que les anarchistes qui partageaient la vision de Graeber se sont retrouvés en dehors de la réalité du consensus de leurs camarades d'occupation. Le mouvement a échoué a obtenir le consensus sur la signification du consensus lui-même, aboutissant aux tristes attaques à travers lesquelles Rebecca Solnit et Chris Hedges essayèrent d'étiqueter les participants anarchistes comme des brutes violentes.

Comment cela s'est-il déroulé dans l'arrière-pays où les groupes Occupy des petites villes ont adopté les pratiques de prises de décisions de Occupy Wall Street? Le récit suivant retrace les tensions entre les formes organisationnelles démocratiques et autonomes à travers la trajectoire d'une occupation locale.


Démocratie contre Autonomie dans le mouvement Occupy: Un récit

Il y a de cela une quinzaine d'année, j'ai participé au soi-disant "mouvement anti-mondialiste" , comme le décrivaient les journalistes qui préféraient ne pas dire “anticapitaliste.” Commencé par une vague d' initiatives locales, il a culminé avec une série d'émeutes massives lors du sommet de l'OMC de Seattle en novembre 1999 à Gênes en juillet 2001. Même si j'étais anarchiste depuis quelques années déjà, je n'ai eu vent du procédé du consensus qu'au cours de ces expériences. Comme beaucoup d'autres participants, je croyais que cette forme de prise de décision montrait la voie à un monde sans gouvernement ou capitalisme. Nous caressions le rêve apparemment impossible qu'un jour la population dans son ensemble pourrait reprendre ce procédé.

Dix ans plus tard, j'ai visité le campement de Occupy Wall Street dans Zuccotti Park. Il n'existait que depuis deux semaines, mais il avait déjà développé sa culture politique: assemblées quotidiennes, “mic check,” consensus. Tout cela m'était familier depuis mes journées "anti-mondialistes" même si la plupart des gens ici ne partageaient pas cette expérience, de toute évidence.
J'ai entendu un tas de discours légalistes et réformistes tout au long de ma courte visite. En même temps, c'était ce dont nous avions rêvé, nos pratiques se répandant en dehors de notre milieu. Les pratiques elles-mêmes inculqueraient-elles les valeurs politiques qui nous avaient inspirées à l'origine pour les employer? Certains de mes camarades avaient affirmé que les modèles de démocratie directe pourraient être un pas radical vers l'anarchisme. Les mois suivant ont mis cette théorie à l'essai.

Deux semaines après ma visite à Manhattan, j'étais de retour dans ma ville du centre de l'Amérique, assistant à la seconde assemblée de notre groupe Occupy. Une centaine de personnes appartenant à un large éventail de milieux et d'opinions politiques débattaient de la question d'établir ou non un camp. Ce n'est pas facile pour une foule réunie de manière aléatoire à partir d'une invitation ouverte sur Facebook de prendre des décisions ensemble. Certains défendait le fait de ne pas occuper, arguant que la police nous expulserait et insistant pour que nous demandions d'abord une autorisation. Dans la ville la plus proche, les occupants en avaient demandé un mais n'avaient été autorisés à rester que quelques heures; toutes celles et ceux qui étaient resté après l'expiration de l'autorisation avaient été arrêtés. Quelques-uns d'entre nous pensions qu'il était préférable d'aller de l'avant sans autorisation, plutôt que de laisser croire aux autorités que nous obtempérerons à tout ce qu'il leur conviendra.

Un facilitateur différent aurait laisser les débats rester indéfiniment abstraits, écartant en réalité la possibilité d'une occupation au nom du consensus. Mais le nôtre alla droit au but: “Levez la main si vous voulez camper ici ce soir.” Quelques mains se levèrent timidement “Voyons, cinq … six, sept… OK, séparons-nous en deux groupes: ceux qui veulent occuper et les autres. Nous nous retrouvons dans dix minutes.”
Au début, nous n'étions qu'une demie douzaine à nous rassembler du côté des partisans de l'occupation sur la place, mais dès que nous avons franchi le pas, d'autres nous rejoignirent. Dix minutes plus tard, nous étions vingt quatre — et le soir nous étions des dizaines à camper sur la place. J'y suis resté toute la nuit, en attendant que la police nous expulse mais elle n'est jamais venue. Nous avions gagné la première manche, rendant possible ce que tout le monde avait imaginé - et nous le devons à des gens qui avaient pris une initiative de manière autonome, pas en obtenant le consensus.

Notre occupation fut un succès. Durant les premières semaines, une foule de personnes nouvelles se se sont rencontrés et ont fait connaissance les uns avec les autres à travers des manifestations, des tâches logistiques et des nuits de discussions passionnées.

Les assemblées nocturnes servaient d'espace pour se connaître sur le plan politique. D'abord, nous écoutions un large éventail de témoignages quant aux raisons de la présence de chacun. Cela allait de l'ennui à la fascination, mais cela s'est arrêté peu à peu une fois que nous avons entrepris de prendre des décisions via des assemblées. Puis nous avons eu à supporter de longs débats sur le fait de savoir si nous devions adopter des moyens non-violents , la non-violence servant de nom de code pour l'obéissance à la loi. Grâce à la participation de nombreux anarchistes, cette discussion a été abrégée mais elle avait permis à de nombreux occupants qui n'avaient jamais participé à quelque chose de semblable d'entendre quelques arguments nouveaux pour eux.
Il était intéressant de regarder tant de monde évoluer politiquement de manière si rapide. Je prenais plaisir aux débats, la théâtralité de regarder des libéraux issus des classes moyennes converser sur un pied d'égalité avec des anarchistes et autres exclus en colère.

Sur un autre plan, les assemblées étaient inefficaces pour prendre des décisions. Après des semaines de réunions exténuantes, nous avons renoncé totalement à formuler une déclaration d'intention quant à nos objectifs de base, le consensus ayant été continuellement bloqué par un contradicteur isolé. Quelques personnes essayèrent d'avancer une ou deux contestations envers le consensus mais elles ne furent suivies que par peu de participants. Le mode de décision de l'assemblée n'était pas en corrélation avec les personnes qui s'investissaient réellement; l'impulsion pour la réussite d'une initiative naissait ailleurs.
Alors que les assemblées nocturnes nous permettaient de nous connaître sur le plan politique, vous deviez passer du temps dans le campement pour connaître les gens personnellement. Passer des nuits à regarder, en côtoyant des étudiants ivres et autres réactionnaires. J'ai fait la connaissance de beaucoup d'occupants qui étaient arrivés là de manière isolée. Ce sont ces relations qui nous ont fourni les raisons de nous investir les uns vis à vis des autres durant les mois suivants.

De manière inattendue, les libéraux étaient les plus intéressés par le processus de consensus,. Bien qu'il leur était inconnu, ils trouvaient rassurant le fait qu'il existait une bonne façon de faire. Cette importance accordée au protocole suscita des désaccords avec les vrais habitants du campement dont beaucoup d'entre eux se sentaient mal à l'aise en communiquant à travers une structure aussi formelle; cette division de classe s'est révélée être un conflit plus crucial que tous les désaccords politiques. Du point de vue des libéraux, il existait une assemblée démocratique à laquelle chacun pouvait participer et ceux qui n'y assistaient pas ou n'y prenaient pas la parole ne pouvaient pas se plaindre des décisions qui y étaient prises. Du point de vue privilégié du campement, les libéraux se montraient pendant une heure ou un jour sur deux et s'attendaient à pouvoir dicter les décisions aux personnes qui habitaient le camp toute la journée — souvent sans même rester pour les mettre en œuvre.

Faisant partie de la minorité familière avec le procédé du consensus et en même temps un habitant du camp lui-même, je pouvais voir les deux côtés. J'ai essayé d'expliquer aux libéraux qui ne se montraient qu'à l'occasion des assemblées - ceux qui considéraient Occupy comme un projet politique plus qu'un espace social — qu'il existait déjà un mode de prise de décision dans le campement, même si il était informel, et que si ils voulaient établir de meilleures relations avec les résidents du camp, ils devraient prendre en compte ces procédés et essayer d'y participer aussi.
Après les quelques premières semaines, le flux de nouveaux participants a diminué. Nous étions une minorité identifiée une fois de plus. Par conséquent, nous avons commencé à perdre notre avantage sur les autorités. En même temps, le temps devenait plus froid et l'hiver arrivait. A partir de notre expérience pour essayer de formuler une déclaration d'objectifs ou d'appeler à des manifestations, il était évident pour nous que, si il devait y avoir une nouvelle étape, elle devrait être décidée en dehors des assemblées générales.

Je me suis réuni avec quelques amis que je connaissais depuis longtemps et en qui j'avais confiance — le groupe même à l'initiative. Nous avons discuter de la question d'occuper un grand bâtiment vide à quelques blocs de la place. La plupart d'entre nous pensait que cela était impossible mais quelques acharnés insistaient pour que nous le faisions. Nous avons décidé que si ils parvenaient à nous y faire entrer, nous essaierions de le tenir. Mais le plan devait rester secret jusqu'à ce que nous soyons à l'intérieur afin que la police ne puisse nous en empêcher.

L'occupation du bâtiment fut un succès. Plus d'une centaine de personnes y affluèrent, y installant une cuisine, un coin lecture et des dortoirs. Un groupe de musique y a joué, suivi d'un bal. Cette nuit-là, des dizaines de personnes ont dormi dans le bâtiment plutôt que sur la place, soulagées d'être à l'abri du froid. Une fois encore, je suis resté debout toute la nuit, en attendant la police —la barre avait été placée plus haut cette fois, mais elle ne montra pas. Le moral était haut. Une fois encore nous avions étendu le domaine du possible.

L'après-midi suivant, alors que nous continuions à nettoyer et à aménager le bâtiment, une rumeur circula, selon laquelle la police se préparait à intervenir. Plusieurs dizaines d'entre nous se réunirent pour une réunion impromptue. Il était frappant de voir combien l'atmosphère était différente de celle de nos assemblées générales habituelles. Il n'y avait pas de formalités bureaucratiques, pas de temps de paroles limités. Personne ne blablatait juste pour s'entendre parler ou ne se regardait fixement sans rien dire. Personne n'essayait d'épater la galerie ou ne s'engueulait sur des questions de protocole.

Là, les questions en cours n'avaient rien d'abstraites. On était dans le coup juste par notre présence. Il y avait des choix à faire qui auraient des conséquences immédiates pour nous tous. Nous n'avions pas besoin d'un facilitateur pour nous écouter mutuellement ou pour ne pas dévier du sujet. Notre liberté dans la balance, nous avions toutes les raisons de bien travailler ensemble.

Le lendemain de l'intervention, une immense foule s'est rassemblée à l'endroit du campement originel pour une assemblée générale houleuse — la plus grande et la plus animée dont notre ville a été la témoin de toute l'histoire de Occupy. Notre décision d'occuper le bâtiment, prise en dehors de l'assemblée générale, avait paradoxalement rendue celle-ci séduisante aux yeux de tous.Certains étaient inspirés par l'occupation du bâtiment et par notre réponse face à l'intervention de la police. D'autres, qui soutenaient que l'assemblée générale était l'instance de décision du mouvement, étaient scandalisés par le fait que nous l'avions ignorée ; d'autres encore, qui n'étaient pas intéressés par Occupy jusqu'à maintenant, venaient s'engager parce qu'ils voyaient que nous étions capables d'avoir un grand impact. Même si ils n'étaient là que pour soutenir que nous devions "être pacifiques" et obéir à la loi, nous espérions que le fait d'entrer dans cet espace de dialogue élargirait également leur conception de ce qui était possible.

L'assemblée a ainsi bénéficié de l'occupation du bâtiment, que les gens l'approuvent ou non. Mais ils ne sont venus que grâce à la force dont nous avions fait preuve en agissant par nous mêmes. C'est à cette force qu'ils pensaient accéder à travers l'assemblée - certains pour la renforcer, d'autres pour la diriger, d'autres encore pour la domestiquer. En réalité, la force ne réside pas dans l'assemblée en temps qu'espace de prises de décisions, mais dans les gens qui y participent et les relations qui s'y forgent.

Les semaines suivantes, des personnes inspirées par les occupations à Oakland et dans notre petite ville, ont occupé des bâtiments à St. Louis, Washington DC et Seattle. Cette nouvelle vague d'actions a fait évoluer le mouvement Occupy de manifestations symboliques vers une remise en question de la sanctuarisation des notions capitalistes de propriétés. Notre ville a été la témoin des plus grandes manifestations non autorisées depuis des années.

Des mois plus tard, j'ai comparé mes notes avec celles de camarades de tout le pays sur comment cette expérimentation de masse du consensus s'était déroulée. Partout, il y a eu les mêmes conflits, comme certaines personnes qui considéraient les assemblées comme l'unique espace légitime de prise de décision critiquaient ceux qui tiraient le mouvement en avant en agissant de manière autonome. Même à Oakland, le campement le plus agressif, il n'y a jamais eu de consensus pour maintenir la police hors du camp — cette décision fut prise indépendamment par des individus. Un ami de Oakland m'a raconté comment, lorsqu'il a empêché un policier d'entrer, un jeune réformiste qui venait juste d'entendre parler du mot tendance de consensus lui a crié, en colère "Je te bloque! mec, je te bloque!". Sur une photo prise après les émeutes au cours desquelles les occupants ripostèrent à l'expulsion de leur camp, on voit une vitrine brisée sur laquelle quelqu'un a écrit "Cet acte de vandalisme n'a pas été autorisé par l'A.G", comme si l'A.G était une instance gouvernementale, responsable de ses sujets et par conséquent habilitée à légitimer ou non leurs actions.

Cela démontre une profonde incompréhension de ce pourquoi le procédé du consensus est une bonne chose. Comme tout outil, sa force lui vient de nous et non l'inverse - nous pouvons l'investir avec force mais l'utiliser ne nous rendra pas nécessairement plus forts. Chaque étape qu'a franchi avec succès Occupy dans notre ville, de l'appel pour la première assemblée à la décision d'occuper la place , en passant par celle d'occuper le bâtiment, est issue d'initiatives autonomes. Nous n'aurions jamais pu obtenir un consensus pour faire ce genre de choses dans une assemblées qui incluait des anarchistes, des maoïstes, des réactionnaires, des libéraux de la classe moyenne, des indics de la police, des personnes avec des problèmes de santé mentale, des aspirants politiciens et quiconque qui passait par là par hasard. Les assemblées étaient indispensables comme espace où nous pouvions nous rencontrer et échanger des propositions, créer de nouvelles affinités et donner du sens à notre force collective, mais nous n'avons pas besoin d'une nouvelle forme de gouvernement plus participative - et donc plus inefficace et envahissante. Nous avons besoin de la capacité à agir librement comme nous le jugeons bon, du bon sens commun de coexister avec d'autres partout où cela est possible et du courage de résister là où il y a de réels conflits.

Alors que le mouvement était en train de s'éteindre, la faction de Occupy qui était la plus investie dans le légalisme et le protocole a appelé à un rassemblement national le 4 juillet 2012 à Philadelphie pour "élaborer collectivement une vision d'un avenir démocratique". A peine 500 personnes y participèrent, une minuscule fraction de tous ceux qui avaient bloqué des ports, occupé des parcs et marché dans les rues. Les gens, comme ils le disent, avaient voté avec leurs pieds.
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Re: Nuit Debout

Messagede bipbip » 21 Avr 2016, 16:29

Nuit debout avec les travailleurs-euses de Renault

Nous sommes les milliers de salariés, chômeurs, précaires, étudiants et lycéens qui se sont levés contre la loi El Khomri.
Cette injure du gouvernement Hollande est celle de trop, la goutte qui fait déborder un vase déjà plein après plusieurs décennies d’une politique qui se fait tous gouvernements confondus contre le peuple, contre les travailleuses/rs, et en faveur des actionnaires, des financiers, des patrons et de leurs profits.
Le Code du travail est un rempart, durement remporté érigé par un siècle de luttes sociales, entre nos vies et la soif de bénéfice destructrice de notre économie. L’attaque qui lui est portée est un cap décisif. Les laisser le franchir, ce serait abdiquer notre sort pour les années à venir, entrer dans un engrenage où nos vies seront broyées.

A l’initiative de SUD Renault Guyancourt une centaine de NUIT BEBOUT (organisés par la commission grève générale )sont venus ce matin au Technocentre Renault à Guyancourt distribuer un tract et discuter avec la salariés du Technocentre à Guyancourt ( établissement de 12500 techniciens, ingénieurs et cadres (9500 Renault et environ 3000 prestataires)). A noter la présence du prestataire licencié pour le mail appelant à voir Merci patron et à la première nuit debout).
C’est avec des chants et des prises de parole que les salariés du Technocentre ont été accueillis dans la joie et la bonne humeur mais avec une demande forte : c’est qu’il faut qu’ils prennent conscience que cela ne peut plus durer et qu’il faudrait se mobiliser tous ensemble contre la loi travail et aller vers une grève générale. Une initiative relativement bien perçue par les salaries.

A suivre notamment avec la mobilisation du 28 avril.

http://www.solidaires.org/Nuit-debout-a ... de-Renault
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Re: Nuit Debout

Messagede bipbip » 23 Avr 2016, 13:26

Une Nuit du nouveau monde ?
Une Nuit debout pas tout à fait comme les autres hier soir place de la République à Paris. Une réunion de convergence des luttes s’est tenue à la Bourse du travail voisine avec retransmission sur la place. Toute la question était de savoir comment passer à la vitesse supérieure pour faire céder le gouvernement. Une place de la République bondée avec en final, le quatrième mouvement de la Symphonie du Nouveau monde de Dvorak interprétée par l’Orchestre debout.
... http://www.autogestion.asso.fr/?p=5978


Nuit Debout : Appel International

APPEL INTERNATIONAL DE #NUITDEBOUT

A CONVERGER A PARIS LES 7 ET 8 MAI 2016
POUR UNE #NUITDEBOUTPARTOUT (#GLOBALDEBOUT) LE 15 MAI 2016


Le #46mars (15 avril), deux semaines après la grande mobilisation du 31 mars à Paris, le mouvement Nuit Debout ne cesse de s’étendre. Dans de nombreuses villes françaises et étrangères, des Nuits Debout voient le jour et témoignent d’espoirs et de révoltes communes. Tous ceux qui sont passés sur les places occupées et qui y participent le savent bien : il se passe quelque chose.

Habitants du monde entier, faisons tomber les frontières et construisons ensemble un nouveau printemps global ! Venez nous rejoindre les 7 et 8 mai prochains à Paris, place de la République, pour se rencontrer, débattre, partager nos expériences et nos savoir-faire, et commencer à construire ensemble perspectives et solutions communes. Et surtout, préparons et lançons ensemble une grande action internationale le 15 Mai (#76 Mars) pour occuper massivement les places publiques partout dans le monde à cette date.

Nuit Debout s’est fixé comme objectif premier la création d’un espace de convergence des luttes. Cette convergence pourrait aller encore plus loin et s’entendre à un niveau international. Des liens existent entre les nombreux mouvements qui s’opposent aux quatre coins du monde à la précarité, au diktat des marchés financiers, à la destruction de l’environnement, aux guerres et au militarisme, à la dégradation de nos conditions de vie.

A la compétition et l’égoïsme, nous répondons par la solidarité, la réflexion et l’action collective. Nos différences ne sont plus source de divisions, mais la base de notre complémentarité et de notre force commune. Ni entendus ni représentés, nous, personnes de tous horizons, nous nous réapproprions ensemble la parole et l’espace public : nous faisons de la politique, car elle est l’affaire de tous.

Aujourd’hui n’est plus le moment de s’indigner seul dans son coin, mais d’agir tous ensemble. Nous, les 99%, nous avons la capacité d’agir et de repousser définitivement les 1% et leur monde, pour les déloger de nos villes, de nos lieux de travail, de nos vies.

Les 7 et 8 Mai, convergeons ensemble à Paris
place de la République !

Le 15 Mai soulevons-nous ensemble :
#NuitDebout partout, #GlobalDebout !

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Re: Nuit Debout

Messagede Pïérô » 23 Avr 2016, 17:14

Pour rebondir sur ce qu'à posté digger, il est clair que ce type d'espace ne peut être qu'un espace philo ou un seul espace d'élaboration politique avec pour débouché des impasses de type social-démocrates, capitalisme à visage humain, etc... L'enjeu c'est de construire une réelle alternative, et cela ne peut se concevoir sans la dimension luttes et sans confrontation contre le système capitaliste, et à travers lui le patronat et le gouvernement qui sert les intérêts de la classe dominante. L'enjeu est dans la construction de convergence des luttes, dans le débattre après l'action, sur les actions à mener. Il y a quelques exemples plus haut qui montrent qu'il existe cette volonté et une réalité qui semble se tisser peu à peu. Nuit debout doit s'ancrer dans le mouvement social, même s'il peine à exister à la mesure de nos attentes, et être espace d'échanges dans ce cadre. Après, c'est aussi à nous d'arriver à peser dans le débat du choix de société...


Paris, place de la République, dimanche 24 avril

« Les journées thématiques » de NUIT DEBOUT présentent « Où est la Violence ? »

14h – 16h / Espace AG
Table ronde 1 : « Répression policière, violence symbolique et contrôles au faciès »
• Etat des lieux des violences policières en France
• Entendre la voix des victimes et de leurs familles
• Libérer la parole sur les violences et méthodes policières
Invité.e.s : collectif « Urgence, notre police assassine », collectif d’étudiants de Paris 8 contre les violences policières, représentant de la CGT contre les violences policières, collectif « Stop le contrôle au faciès », représentant des JC94 sur leur action contre le contrôle au faciès, représentant du Mouvement Immigration Banlieue, membres de la commission féminisme de Nuit Debout sur les violences sexistes de la police, membres de la Legal Team de Nuit Debout sur les violences et le harcèlement policier.

16h – 19h / Espace AG
Table ronde 2 : « Nuit Debout et la violence »
• Comment répondre à la violence de ce système ?
• Convergence des luttes, convergence des moyens de lutte ?
• La violence est-elle une stratégie politique efficace ?
Invité.e.s : Aïssatou Dabo (ex-porte-parole de la coordination nationale étudiante), Serge Quadruppani (écrivain), Mathieu Burnel (activiste), Julien Talpin (sociologue), Nacira Guénif (anthropologue), Stathis Kouvélakis (universitaire), membres de la Legal Team de Nuit Debout, membres de la commission Accueil et Sérénité de Nuit Debout.

19h / Scène derrière la statue
« Concert contre l’état d’urgence, la répression policière et la violence d’Etat »
DJ Mayah Level
L’original Tonio
Ryaam
Première Ligne
+ Guests

21h30 / Espace AG
Projection de film
UNE JEUNESSE ALLEMANDE
Réalisé par Jean-Gabriel Périot
Synopsis : La Fraction Armée Rouge (RAF), organisation terroriste d’extrême gauche, également surnommée « la bande à Baader » ou « groupe Baader-Meinhof », opère en Allemagne dans les années 70. Ses membres, qui croient en la force de l’image, expriment pourtant d’abord leur militantisme dans des actions artistiques, médiatiques et cinématographiques. Mais devant l’échec de leur portée, ils se radicalisent dans une lutte armée, jusqu’à commettre des attentats meurtriers qui contribueront au climat de violence sociale et politique durant « les années de plomb ».

A partir de midi / Sur la place
• Ateliers des différentes commissions sur la question de la violence :
• Commission éducation populaire sur la notion de violence.
• Commission action avec organisation d’atelier d’auto-défense.
• Commission prison avec discussions sur la violence carcérale.
• Et d’autres…
• Ateliers de différentes associations sur la question de la violence :
• Atelier sur les armements du maintien de l’ordre avec le collectif « Désarmons-les ».
• Tables d’informations de plusieurs associations actives dans les cortèges de manifestants.
• Et bien d’autres…

Signé : des occupant.e.s qui s’organisent

https://paris-luttes.info/journee-thema ... st-la-5460
Image------------ Demain Le Grand Soir --------- --------- C’est dans la rue qu'çà s'passe --------
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Code du travail : simplification : piège à cons !

Messagede altersocial » 27 Avr 2016, 11:06

Un dossier des Enragés sur les confusionnistes dans les Nuits debouts :

Ruffin et Lordon, une Nuit à dormir Debout

Nuit Debout nous donne l’occasion de publier, en partenariat avec plusieurs autres groupes et sites antifascistes, un dossier qui se veut aussi exhaustif que possible sur la galaxie citoyenniste, ses réseaux et ses errements idéologiques. Vous trouverez ci-dessous son sommaire avec des liens cliquables afin de naviguer à l’intérieur aussi aisément que possible. Fruit d’un travail intense qui nous a occupés depuis un mois, nous tenons à remercier tous les camarades qui nous ont aidé à réunir la documentation nécessaire. Bonne lecture !

http://www.lesenrages.antifa-net.fr/ruf ... ir-debout/
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