Syndicalisme et mouvements agricoles

Re: Syndicalisme et mouvements agricoles

Messagede bipbip » 27 Oct 2017, 19:55

Retour sur le dimanche 23 octobre à la Gueule Noire

Le film documentaire de Christian Rouaud parle de Bernard Lambert, un paysan de Loire-Atlantique, qui a lutté pendant plusieurs décénies pour l’émancipation des agriculteurs vis-à-vis de l’Etat et contre le productivisme agricole. Décédé dans les années 90’ dans un accident de voiture, il est à l’origine de l’union de deux syndicats d’agriculteurs (Paysans Travailleurs et FNSP). Ainsi naissait la Confédération Paysanne.

Dimanche dernier, quelques membres de la Conf étaient présents, invités par la CNT de Saint-Etienne. La discussion était l’occasion d’aborder de nombreux sujets : de l’A45 à Jérôme Laronze, en passant par Macron et le bio. C’était aussi la rencontre des urbains et des paysans, des consommateurs et des producteurs.
Plusieurs questions font surface : pourquoi reste-t-on vivre en ville ? Qu’est ce que l’agriculture industrielle ? sur ces points, la confédération paysanne est frontalement opposée à la FNSEA, dans son organisation (non pyramidale, plus de syndicats locaux) ; comme dans ses actions (rassemblements, soutien à la Zad de NDDL, ...). Mais elle n’est pas non plus très radicale. Prenons pour exemple les "normes" administratives en matière sanitaire et environnementale : en mai dernier, Jerôme Laronze, un agriculteur de Saône et Loire, s’est fait tué par la police alors qu’il devait se faire arrêter et avait pris la fuite, refusant de se soumettre aux contrôles administratifs. L’histoire étouffée médiatiquement, J.Laronze passe pour un dégénéré, et la police pour une victime. Pourtant, il n’est pas le seul à ne pas vouloir se soumettre à ces contrôles.. Notamment, le Collectif Hors-Normes rassemble des paysans qui contestent ce système : si on a besoin de normes aujourd’hui, c’est parce qu’on a éloigné le consommateur du producteur donc on ne sait pas d’où ça vient ni comment s’est fait.
Ce collectif remet en cause la logique du système d’agriculture par filière et de la vocation exportatrice de la France (poussée par l’UE et la PAC) : les bovins élevés par 1000 ou 40 000 et envoyés en Italie, le maïs exporté en Afrique et subventionné par l’UE, typiquement. Or la confiance pourrait venir remplacer la norme. D’où la critique sur le label bio : ce label s’est tellement élargit et a pris des proportions industrielles, et il s’est fait bouffé par le capitalisme.
Mais, mieux encore que de faire sauter les normes et de chercher la confiance, on peut remettre en cause le mode de vie hors-sol : actuellement, on vit loin de ses besoins. Par exemple, le fait de vivre en ville.. reste que, parole de paysan, "un citadin qui n’a jamais conduit un tracteur mais qui lit Giono est quelque part plus paysan qu’un agriculteur qui fait du poulet industriel". D’ailleurs, même les paysans ne maîtrisent pas tout : l’augmentation prix du beurre par exemple est du à l’augmentation du prix de la kazeïne, qui, tenez-vous bien, sert aussi à l’industrie automobile... Or le beurre industriel est fabriqué en chaîne, et du coup le producteur de matière première subi le prix final. Les zapatistes l’ont d’ailleurs bien senti. Dans un texte, ils expliquent que l’individualisme nous mène à une impasse.

Pour s’y opposer, voici quelques prochains rendez-vous :

- le 28 octobre à Cenves (69) pour une rencontre avec le collectif Hors-Normes et en soutien à Stéphane Dinard, éleveur de vaches hors-normes : https://grenoble.indymedia.org/2017-10- ... -condition

- le 29 octobre à la Saillant (Puy de Dôme) pour rencontrer Ecran Total (un collectif qui apporte une critique sur les normes dans l’éducation (le numérique) comme dans l’agriculture... et comment le numérique prend de la place dans notre quotibien) : http://www.la-saillante.fr

- le 13 novembre, Assemblée de lutte contre l’A45 au local "ça Roule" (près de La Friterie) à 18h30

- chaque 20 du mois à Macon, rassemblement de soutien à Jérôme Laronze
https://www.facebook.com/JusticepourJerome/

http://lenumerozero.lautre.net/Retour-s ... eule-Noire
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Re: Syndicalisme et mouvements agricoles

Messagede bipbip » 28 Oct 2017, 17:19

Des éleveurs dénoncent une pénurie de beurre organisée

La pénurie de beurre qui touche la France a provoqué la colère des producteurs, qui mettent en cause la grande distribution.

Les éleveurs laitiers ont envahi les rayons de ce supermarché de Poitiers (Vienne). Les producteurs sont venus interpeller les consommateurs pour expliquer la pénurie de beurre, qui serait selon eux orchestrée par la grande distribution.

Depuis le début de l'année, les prix du beurre explosent sur les marchés, dopés par une forte consommation à l'étranger. Mais en France, les distributeurs refusent de répercuter ces hausses auprès des consommateurs.

... http://www.francetvinfo.fr/economie/emp ... 41295.html
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Re: Syndicalisme et mouvements agricoles

Messagede bipbip » 04 Nov 2017, 13:18

Les producteurs bio en colère

Ils appellent à la mobilisation le mercredi 8 novembre à Nancy. L’annonce de la suppression des aides au maintien constitue selon eux « un coup de frein porté à la filière ».

Alors que les pouvoirs publics ont annoncé qu’ils entendaient supprimer les aides au maintien à l’agriculture biologique à compter du 1er janvier 2018, pour recentrer les efforts sur les aides à la conversion, les producteurs bio du Grand Est montent au créneau. Ils appellent à la mobilisation le 8 novembre, place Charles III à Nancy, leurs collègues mais aussi tous ceux - consommateurs, commerçants, artisans - qui veulent défendre « une agriculture bio humaine et de proximité ».

La suppression des aides au maintien constitue « un véritable coup de frein porté à une filière » plébiscitée par les consommateurs et « qui n’a plus à prouver ses bienfaits », clament les producteurs bio pour qui cette décision est un paradoxe. Alors que « dans un marché alimentaire atone, le bio progresse de 10 à 20 % par an », rappelle Olivier Toussaint, président des producteurs bio lorrains et porte-parole Grand Est, la filière « a toute sa place et mérite d’être rémunérée à hauteur des bénéfices environnementaux et sociétaux qu’elle génère » en termes « de biodiversité, de qualité de l’eau, de santé et même d’emploi », énumère Olivier Toussaint, soulignant qu’une exploitation bio embauche davantage qu’une conventionnelle : 1,3.

... http://www.estrepublicain.fr/actualite/ ... -en-colere
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