Syndicalisme et mouvements agricoles

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Messagede bipbip » 27 Oct 2017, 00:57

Pourquoi la FNSEA est-elle accro au glyphosate ?

La Commission européenne vient de décider de reporter le vote sur le renouvellement de la licence du glyphosate, une molécule présente dans de nombreux herbicides, et considérée comme cancérogène probable. Alors que de plus en plus d’agriculteurs français dénoncent une « hécatombe » provoquée par les cancers liés aux pesticides, le principal syndicat agricole, la FNSEA, met tout en œuvre pour défendre l’usage du glyphosate, le plus longtemps possible, quitte à s’allier avec l’industrie des pesticides. Basta ! s’est penché sur les raisons d’une telle détermination, entre business et conflits d’intérêts.

... https://www.bastamag.net/Pourquoi-la-FN ... glyphosate
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Messagede bipbip » 27 Oct 2017, 20:55

Retour sur le dimanche 23 octobre à la Gueule Noire

Le film documentaire de Christian Rouaud parle de Bernard Lambert, un paysan de Loire-Atlantique, qui a lutté pendant plusieurs décénies pour l’émancipation des agriculteurs vis-à-vis de l’Etat et contre le productivisme agricole. Décédé dans les années 90’ dans un accident de voiture, il est à l’origine de l’union de deux syndicats d’agriculteurs (Paysans Travailleurs et FNSP). Ainsi naissait la Confédération Paysanne.

Dimanche dernier, quelques membres de la Conf étaient présents, invités par la CNT de Saint-Etienne. La discussion était l’occasion d’aborder de nombreux sujets : de l’A45 à Jérôme Laronze, en passant par Macron et le bio. C’était aussi la rencontre des urbains et des paysans, des consommateurs et des producteurs.
Plusieurs questions font surface : pourquoi reste-t-on vivre en ville ? Qu’est ce que l’agriculture industrielle ? sur ces points, la confédération paysanne est frontalement opposée à la FNSEA, dans son organisation (non pyramidale, plus de syndicats locaux) ; comme dans ses actions (rassemblements, soutien à la Zad de NDDL, ...). Mais elle n’est pas non plus très radicale. Prenons pour exemple les "normes" administratives en matière sanitaire et environnementale : en mai dernier, Jerôme Laronze, un agriculteur de Saône et Loire, s’est fait tué par la police alors qu’il devait se faire arrêter et avait pris la fuite, refusant de se soumettre aux contrôles administratifs. L’histoire étouffée médiatiquement, J.Laronze passe pour un dégénéré, et la police pour une victime. Pourtant, il n’est pas le seul à ne pas vouloir se soumettre à ces contrôles.. Notamment, le Collectif Hors-Normes rassemble des paysans qui contestent ce système : si on a besoin de normes aujourd’hui, c’est parce qu’on a éloigné le consommateur du producteur donc on ne sait pas d’où ça vient ni comment s’est fait.
Ce collectif remet en cause la logique du système d’agriculture par filière et de la vocation exportatrice de la France (poussée par l’UE et la PAC) : les bovins élevés par 1000 ou 40 000 et envoyés en Italie, le maïs exporté en Afrique et subventionné par l’UE, typiquement. Or la confiance pourrait venir remplacer la norme. D’où la critique sur le label bio : ce label s’est tellement élargit et a pris des proportions industrielles, et il s’est fait bouffé par le capitalisme.
Mais, mieux encore que de faire sauter les normes et de chercher la confiance, on peut remettre en cause le mode de vie hors-sol : actuellement, on vit loin de ses besoins. Par exemple, le fait de vivre en ville.. reste que, parole de paysan, "un citadin qui n’a jamais conduit un tracteur mais qui lit Giono est quelque part plus paysan qu’un agriculteur qui fait du poulet industriel". D’ailleurs, même les paysans ne maîtrisent pas tout : l’augmentation prix du beurre par exemple est du à l’augmentation du prix de la kazeïne, qui, tenez-vous bien, sert aussi à l’industrie automobile... Or le beurre industriel est fabriqué en chaîne, et du coup le producteur de matière première subi le prix final. Les zapatistes l’ont d’ailleurs bien senti. Dans un texte, ils expliquent que l’individualisme nous mène à une impasse.

Pour s’y opposer, voici quelques prochains rendez-vous :

- le 28 octobre à Cenves (69) pour une rencontre avec le collectif Hors-Normes et en soutien à Stéphane Dinard, éleveur de vaches hors-normes : https://grenoble.indymedia.org/2017-10- ... -condition

- le 29 octobre à la Saillant (Puy de Dôme) pour rencontrer Ecran Total (un collectif qui apporte une critique sur les normes dans l’éducation (le numérique) comme dans l’agriculture... et comment le numérique prend de la place dans notre quotibien) : http://www.la-saillante.fr

- le 13 novembre, Assemblée de lutte contre l’A45 au local "ça Roule" (près de La Friterie) à 18h30

- chaque 20 du mois à Macon, rassemblement de soutien à Jérôme Laronze
https://www.facebook.com/JusticepourJerome/

http://lenumerozero.lautre.net/Retour-s ... eule-Noire
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Messagede bipbip » 28 Oct 2017, 18:19

Des éleveurs dénoncent une pénurie de beurre organisée

La pénurie de beurre qui touche la France a provoqué la colère des producteurs, qui mettent en cause la grande distribution.

Les éleveurs laitiers ont envahi les rayons de ce supermarché de Poitiers (Vienne). Les producteurs sont venus interpeller les consommateurs pour expliquer la pénurie de beurre, qui serait selon eux orchestrée par la grande distribution.

Depuis le début de l'année, les prix du beurre explosent sur les marchés, dopés par une forte consommation à l'étranger. Mais en France, les distributeurs refusent de répercuter ces hausses auprès des consommateurs.

... http://www.francetvinfo.fr/economie/emp ... 41295.html
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Messagede bipbip » 04 Nov 2017, 14:18

Les producteurs bio en colère

Ils appellent à la mobilisation le mercredi 8 novembre à Nancy. L’annonce de la suppression des aides au maintien constitue selon eux « un coup de frein porté à la filière ».

Alors que les pouvoirs publics ont annoncé qu’ils entendaient supprimer les aides au maintien à l’agriculture biologique à compter du 1er janvier 2018, pour recentrer les efforts sur les aides à la conversion, les producteurs bio du Grand Est montent au créneau. Ils appellent à la mobilisation le 8 novembre, place Charles III à Nancy, leurs collègues mais aussi tous ceux - consommateurs, commerçants, artisans - qui veulent défendre « une agriculture bio humaine et de proximité ».

La suppression des aides au maintien constitue « un véritable coup de frein porté à une filière » plébiscitée par les consommateurs et « qui n’a plus à prouver ses bienfaits », clament les producteurs bio pour qui cette décision est un paradoxe. Alors que « dans un marché alimentaire atone, le bio progresse de 10 à 20 % par an », rappelle Olivier Toussaint, président des producteurs bio lorrains et porte-parole Grand Est, la filière « a toute sa place et mérite d’être rémunérée à hauteur des bénéfices environnementaux et sociétaux qu’elle génère » en termes « de biodiversité, de qualité de l’eau, de santé et même d’emploi », énumère Olivier Toussaint, soulignant qu’une exploitation bio embauche davantage qu’une conventionnelle : 1,3.

... http://www.estrepublicain.fr/actualite/ ... -en-colere
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Messagede bipbip » 23 Nov 2017, 19:18

Manifestation des agriculteurs bio devant le conseil régional à Besançon

Comme leurs confrères bourguignons hier, les agriculteurs bio de Franche-Comté ont manifesté ce matin devant les bureaux bisontins du conseil régional de Bourgogne Franche-Comté.

L’Etat a annoncé fin septembre qu'il allait cesser à partir de 2018 de verser des "aides au maintien" des agriculteurs biologiques.
Ces aides au maintien sont versées après les premières années d'activité lorsque les exploitations sont certifiées bio . Elles permettent aux jeunes exploitations bio de se stabiliser et de se pérenniser. Elles permettent de compenser les surcoûts qu’entrainent pour les exploitations le mode de production biologique. Le ministre de l'Agriculture Stéphane Travert a prévu de recentrer les budgets disponibles sur le financement seulement sur les nouveaux contrats d’aide à la conversion.

La nouvelle politique agricole commune (PAC) de 2015 prévoient que les aides soient gérées par l’Etat et les régions. D'où les manifestions d'hier et d'aujourd'hui devant les locaux des conseils régionaux. Une délégation franc-comtoise a été reçu par les services de la préfecture.

... https://france3-regions.francetvinfo.fr ... 70567.html
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Messagede bipbip » 27 Nov 2017, 19:30

Pierre (agriculteur) : « Les normes n’ont pas empêché la vache folle »

Le 20 mai dernier, Jérôme Laronze a été tué par des gendarmes [1]. Il était éleveur de vaches en Saône-et-Loire, en cavale suite à un harcèlement de contrôles administratifs et sanitaires. Lors des soirées lui rendant hommage, le collectif « Hors-norme » est né. Pierre, lui-même éleveur dans le Puy-de-Dôme, fait ici part des analyses et objectifs de ce collectif.

Alternative libertaire : C’est la mort de Jérôme Laronze qui est à l’origine de la constitution du collectif « Hors-norme ». Pourquoi ?

Pierre : En partie oui. La mort de Jérôme Laronze a été vécue comme un choc et un déclic par beaucoup d’agriculteurs et agricultrices. Depuis, nous nous retrouvons à Mâcon, Square de la Paix, le 20 de chaque mois, pour donner suite à sa mort et approfondir ses réflexions et son combat. Sa mort survient dans un contexte où l’existence d’une agriculture fermière est mise en danger. La création du collectif provient aussi de la sortie de deux livres qui alimentent notre réflexion sur les normes dans le secteur agricole. Celui de Yannick Ogor, Le Paysan impossible et celui de Xavier Noulhianne, Le Ménage des champs [2]. Jérôme Laronze, lui aussi, dénonçait : « L’hyper-administration, qui n’apporte rien aux agriculteurs sinon de l’humiliation et des brimades. […] Mon cas est anecdotique mais il illustre l’ultraréglementation qui conduit à une destruction des paysans. »

Quelles sont vos réflexions sur les normes ?

Yannick Ogor et Xavier Noulhianne expliquent comment les politiques publiques ont favorisé la concentration des moyens de production agricole dans les mains de l’agro-industrie. Jusque dans les années 1990, cette politique était basée sur une abondance de subventions liées à la taille des exploitations agricoles et aux volumes de production, sur un soutien par les États des prix sur les marchés, créant des surproductions et des crises agricoles qui éliminaient les plus petites fermes et enrichissaient les exploitants productivistes et les industriels. Des empires agroalimentaires industriels se sont ainsi formés grâce au financement public. Ensuite l’Organisation mondiale du commerce a prescrit une autre solution aux États pour soutenir l’agro-industrie : la gestion par les normes. Sous prétexte de protéger les populations et de sauver la planète, on met en place des normes sanitaires et environnementales qu’il est beaucoup plus facile de se payer lorsqu’on est une grosse exploitation. Les mises aux normes sont également subventionnées : du coup, seul.es celles et ceux qui ont les moyens de se mettre aux normes bénéficient des subventions. Et ces normes, mensongères dans leurs intentions, jouissent d’une approbation sociale largement partagée : c’est le miroir aux alouettes d’une prétendue qualité des aliments qui permet de passer sous silence l’industrialisation forcée à laquelle elles participent activement.

Oui mais la traçabilité, l’hygiène, la protection de l’environnement, n’est-ce pas essentiel pour nous protéger de ces mêmes agro-industries ?

Ces normes permettent surtout aux produits agricoles de traverser la planète sans mettre en péril les intérêts industriels et en rassurant faussement les consommateurs. La mise en place de normes n’a pas pu empêcher la vache folle, les algues vertes ou les lasagnes de cheval. Bien au contraire, l’industrialisation de l’agriculture s’est accompagnée de l’usage massif de produits toxiques. Il faut comprendre que ces normes, tout en mettant directement en difficulté les petites fermes, n’assurent pas du tout le développement d’une agriculture respectueuse des consommateurs et de l’environnement. Un exemple : la loi Voynet normalisant l’épandage a précipité la fin des petites fermes porcines en Bretagne et favorisé la concentration de l’élevage de porcs en de grosses exploitations, d’où une systématisation de ­l’élevage industriel, pourtant à l’origine des épandages massifs de lisier.

L’État n’a pas pour objectif de protéger la population contre les grandes entreprises. Ils travaillent dans le même sens. Ces dernières comptent sur l’État pour les aider à éliminer la concurrence, les plus petites fermes, et constituer des filières agro-industrielles.

Ce collectif s’est constitué hors de tout cadre syndical. Pourquoi ?

Un membre est syndiqué à la CNT-FTTE (Fédération des travailleurs de la terre et de l’environnement), les autres ne sont pas syndiqué.es. Si la FNSEA dénonce des normes, c’est toujours dans une optique libérale. Quant à la Confédération paysanne, elle fait le choix de défendre de « bonnes normes », qui favoriseraient les produits fermiers. C’est un vrai point de désaccord et selon nous une illusion. La Confédération paysanne souhaiterait aussi la mise en place d’une charte du « bon contrôle », ce qui est antinomique. Ce syndicat jouit encore d’une bonne image, celle d’un syndicat de lutte, mais se prête en fait sans difficulté au jeu de la cogestion (soutien du syndicat à la gestion administrative du secteur agricole).

Quelles sont les solutions apportées par le collectif « Hors-norme » ?

On ne veut plus mentir, se cacher et s’arranger pour faire croire que nous nous plions à des normes qui sont faites pour nous éliminer.

Nous en sommes encore au stade de la réflexion [3], mais des pistes sont déjà évoquées. Nous créons petit à petit un mouvement de résistance agricole. Nous pouvons décider de refuser collectivement un contrôle, nous rendre chez un agriculteur ou une agricultrice qui le souhaite et qui est contrôlé.e par l’administration, et empêcher la tenue du contrôle. Nous pourrions également nous inspirer d’un collectif qui a existé en Italie et a organisé des marchés « hors-norme » en disant aux consommateurs « nous vous garantissons que ces produits ont été faits en dehors du respect des normes et que c’est la seule manière pour qu’ils soient bons à manger et nous permettent d’en vivre ».

Il faut qu’on réussisse à s’organiser entre agriculteurs et agricultrices, retrouver de la culture et de la pratique politique de lutte agricole, engager le conflit avec l’administration. D’autre part nous devons développer dans la population l’idée que les normes sont des outils permettant de détruire l’autonomie des agriculteurs et agricultrices.

La solution aux problèmes sanitaires et environnementaux passe par une désindustrialisation de l’agriculture et par des choix collectifs de productions entre agriculteurs et agricultrices, et consommateurs et consommatrices ; une construction sociale autogérée, ni libérale ni étatique parce que les uns et les autres travaillent contre la population, contre les agriculteurs et agricultrices, et contre les activités autonomes nourricières.

Propos recueillis par Épic (AL Auvergne)

• Pour contacter le collectif : hors.norme@riseup.net


[1] « Jérôme Laronze, paysan, tué par les gendarmes : le récit de l’incroyable drame », sur Reporterre.net.

[2] Éditions du Bout de la Ville : Le Paysan impossible, récits de luttes, Y. Ogor, juin 2017 ; Le Ménage des champs, Chronique d’un éleveur au XXIe siècle, X. Noulhianne, octobre 2016.

[3] Le 28 et 29 octobre 2017 ont eu lieu les rencontres nationales du collectif à Cenves (69). Comptes rendus bientôt disponibles.


http://www.alternativelibertaire.org/?I ... ache-folle
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Re: Syndicalisme et mouvements agricoles

Messagede bipbip » 05 Déc 2017, 23:53

Brest. Week-end de mobilisation à Traon-Bihan et au Restic

Ce week-end, les associations de défense des sites de Traon-Bihan et du Restic se sont mobilisées, à Brest.

Depuis vendredi, ils sont quelques-uns à se relayer au Vern, pour défendre la ferme de Traon-Bihan. « Le groupement d’agriculteurs bio du Finistère ont organisé un week-end d’occupation sur la ferme de Traon-Bihan », expliquent Gerald Le Goasduff et Raymond Gouez, membres du comité de citoyens en soutien à la ferme.

Avec eux, notamment, la Confédération paysanne, l’association Eaux et rivières, mais aussi la fédération des parents d’élèves. « La ferme fournit les cantines scolaires », explique Gerald Le Goasduff. « C’est important de mettre du bio dans les assiettes des enfants ».

Tout le week-end, se sont succédé spectacles et animations musicales, « pour que ça ait un air de fête ». Des arbres ont notamment été plantés, dont trois pommiers par… Le collectif de soutien au Restic, un autre projet contesté de la métropole.

... https://www.ouest-france.fr/bretagne/br ... ic-5421306
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Re: Syndicalisme et mouvements agricoles

Messagede bipbip » 16 Déc 2017, 17:36

Agriculture : nourrir ses concitoyens en étant de plus en plus précaire

La Coordination rurale affirme que « la dérive libérale de la PAC est directement responsable des difficultés frappant les agriculteurs, car elle ne régule plus rien ».

... https://humanite.fr/agriculture-nourrir ... ire-647401
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Re: Syndicalisme et mouvements agricoles

Messagede bipbip » 21 Déc 2017, 17:48

PAC

Conférence sur la PAC 2020 : l’urgence de changer de cap !

La Conférence sur la PAC* 2020 du 19 décembre n'a pas tracé de ligne d'horizon et n'a pas permis de définir des objectifs partagés face aux défis actuels : accès de tous à une alimentation de qualité, changement climatique, santé, pesticides, ressources naturelles. Les acteurs autour de la table des négociations restent les mêmes de réforme en réforme, les rapports de force et idéologies restent inchangés. Quand va-t-on enfin donner une ambition à notre agriculture ?

Dans la conférence, aucune place n'a été donnée à l'humain : la place et le nombre de paysans, le droit des salariés n'ont pas été évoqués, pas de place non plus pour les consommateurs et la qualité de la demande alimentaire des citoyens.

La solution aux défis environnementaux, climatiques et à la volatilité des marchés résiderait dans une financiarisation plus forte de l'agriculture : crédit carbone, assurances, innovations technologiques, etc. La bioéconomie et l'économie circulaire permettraient de faire face à la désertification des territoires. Compétitivité prix, investissement, agriculture de précision : un système économiquement dans l'impasse qui continue sa course folle droit dans le mur.

Les fermes sont de plus en plus grosses, avec des investissements de plus en plus lourds. Elles sont intransmissibles et participent à la désertification des territoires. Les crises permanentes démontrent que le modèle agricole et agroalimentaire est à bout de souffle. Il est temps de prendre un nouveau chemin, qui est celui de l'avenir et non du passé. Il est temps d'enclencher la transition des systèmes pour réduire les impacts sociétaux des systèmes de production.

La Confédération paysanne défend une politique agricole et alimentaire commune (PAAC) mettant l'humain au centre. Notre projet est d'avoir des paysans nombreux sur des fermes diversifiées et résilientes, réparties sur tout le territoire, avec une production de qualité qui répond à la demande alimentaire des consommateurs. La maîtrise des productions et la régulation des marchés permettront d'avoir des prix justes et stables, les contrats de transitions permettront à toutes les fermes d'amorcer la transition écologique. Ce projet nécessite un cadre européen fort, pour une vision commune de la politique agricole européenne, ainsi qu'un budget conséquent, à la hauteur de nos ambitions.


http://www.confederationpaysanne.fr/act ... f671s2ft31
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Re: Syndicalisme et mouvements agricoles

Messagede bipbip » 15 Jan 2018, 21:10

L’année commence mal pour les paysans

Qu’il s’agisse des céréales, des oléagineux, de la viande bovine ou porcine, les prix payés aux agriculteurs demeurent trop bas pour permettre de dégager un revenu décent. Alors qu’il avait trop peu remonté ces derniers mois, le prix du lait de vache pourrait à nouveau baisser prochainement pour cause d’offre mondiale plus abondante que la demande.

... https://humanite.fr/lannee-commence-mal ... ans-648627
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Re: Syndicalisme et mouvements agricoles

Messagede bipbip » 18 Jan 2018, 17:38

PAC

La PAC à la trappe ?

La politique agricole commune (PAC*) ne serait plus une priorité pour la France ? C'est ce que fait craindre une note des autorités françaises sur leurs perspectives et attentes pour le prochain cadre financier pluriannuel, adressée fin décembre à la Commission européenne.

Dans cette note dévoilée par la presse, la France appelle à un « budget volontariste au service d'une Europe souveraine, qui garantit la sécurité et prépare l'avenir des jeunes Européens » et fixe ses priorités : sécurité, défense et toutes les dépenses permettant de rendre « l'économie européenne la plus compétitive face à ses grands concurrents mondiaux ». Les secteurs mis en avant sont l'éducation, la recherche et l'innovation.

Ces nouvelles priorités impliquent pour la France de réformer en « profondeur » les politiques traditionnelles, dont en premier lieu la PAC* qui, de fait, cesserait de figurer au rang des priorités du futur budget de l'UE*.

Cette position, rupture historique dans la politique française de défense de la PAC*, serait en totale contradiction avec le discours du ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation, Stéphane Travert, lors de la conférence nationale du 19 décembre dernier, en faveur d'un budget fort de la PAC*.

De plus, conduire une transition agricole vers des productions à forte valeur ajoutée, comme prônée par le Président de la République dans son discours de Rungis, exigera un budget conséquent. Cet effort financier est indispensable, non pas pour conserver la PAC* actuelle qui continue de vider nos campagnes, ne répondant ni aux attentes des paysannes et paysans ni à celles de la société, mais pour réorienter l'agriculture française.

C'est pourquoi, la Confédération paysanne porte un projet ambitieux pour 2020 permettant d'assurer une alimentation de qualité, de garantir un revenu aux paysannes et paysans grâce à des prix stables et justes et de réussir la transition agricole. Ce projet intègre d'ailleurs à la PAC* un volet alimentaire afin d'instaurer une vraie politique de souveraineté alimentaire européenne, nationale et locale.

La Confédération paysanne demande donc au Gouvernement de clarifier sa position et de réaffirmer son soutien à la transition agricole au plan national comme au sein de l'Union européenne.


https://www.confederationpaysanne.fr/ac ... 9g5t0qtl32
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Re: Syndicalisme et mouvements agricoles

Messagede bipbip » 20 Jan 2018, 17:09

EN IMAGES - La manifestation des agriculteurs devant l'usine Lactalis à Craon

Une cinquantaine d'éleveurs et producteurs laitiers se sont mobilisés, ce vendredi 19 janvier après-midi, devant le site du groupe laitier à Craon. Ils exigent du groupe davantage de transparence dans l'affaire du lait contaminé.

C'est le premier rassemblement de ce type depuis le début du scandale de la salmonelle il y a un mois et demi. Une manifestation à l'appel de la FDSEA et des JA (Jeunes Agriculteurs), les deux principaux syndicats agricoles en Mayenne. Une cinquantaine d'agriculteurs ont répondu à l'appel et sont devant l'usine de Craon, très inquiets des conséquences de cette crise sur l'ensemble de la filière laitière.

... https://www.francebleu.fr/infos/faits-d ... 1516373313
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Re: Syndicalisme et mouvements agricoles

Messagede bipbip » 21 Jan 2018, 15:23

Cash investigation : l’Etat doit imposer plus de transparence chez les industriels

La diffusion du Cash investigation « Produits laitiers : où va l'argent du beurre ? » mardi soir sur France 2 a levé le voile sur l'opacité qui règne chez les deux principaux mastodontes du secteur laitier que sont Lactalis et Sodiaal. Espérons qu'elle fera enfin bouger les choses car les plaintes déposées l'année dernière par la Confédération paysanne pour extorsion restent toujours lettre morte.

Lactalis refuse toujours de publier ses comptes, comme la loi l'y oblige pourtant, et ne reconnaît pas de « défaillance » dans l'affaire du lait infantile contaminé à la salmonelle.

Sodiaal s'avère être organisée en une série de filiales, dont une au Luxembourg, un modèle qui n'a plus grand chose à voir avec celui d'une coopérative. On découvre ainsi un montage financier qui permet d'un côté de verser 3,5 millions d'euros de dividendes à destination des producteurs et de l'autre, 526 millions d'euros accumulés comme « report à nouveau ». Une somme qui échappe totalement aux paysans qui produisent et fournissent du lait. La Confédération paysanne estime que Sodiaal a des comptes à rendre. Le ministre de l'Agriculture, Stéphane Travert, doit sortir d'un rôle d'observateur et agir.

En effet, la réalité du rapport de force en défaveur des paysans nécessite un arbitrage fort de l'Etat qui passe par des contraintes et des sanctions pour obtenir toute la transparence aussi bien sur l'aspect sanitaire que sur la question du revenu et de la répartition de la valeur.


C'est ce que la Confédération paysanne attend du projet de loi issu des Etats généraux de l'alimentation qui doit être présenté fin janvier en Conseil des ministres. A défaut, les effets sur le revenu paysan n'en seront que très minimes et le partage de la valeur restera un vœu pieux.


https://www.confederationpaysanne.fr/ac ... ulej8fg416
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Re: Syndicalisme et mouvements agricoles

Messagede bipbip » 28 Jan 2018, 17:20

Montauban

Les 1200 agriculteurs qui ont manifesté à Montauban ont obtenu satisfaction

Ils étaient remontés et menaçaient d'installer une ZAD, une "zone agricole défavorisée", devant la préfecture de Montauban. Entre 1200 et 1500 agriculteurs venus de toute la région Occitanie ont manifesté de 11 heures à 15 heures ce mercredi dans les rues de la préfecture du Tarn-et-Garonne avec 130 tracteurs dont les bennes étaient chargées de détritus. Ces chiffres communiqués par Alain Iches, le président de la FDSEA 82, qui organisait cette manifestation avec les JA, les Jeunes agriculteurs. La police, elle, n'a pas tout à fait les mêmes puisqu'elle parle de 900 manifestants. D'ores et déjà, les chiffres du dernier grand rassemblement d'agriculteurs à Montauban en novembre 2016 sont battus.

Le cortège des manifestants est parti à 11 heures du quai Poult pour rejoindre la préfecture vers 12 heures 30. Peu avant 14 heures, la situation a commencé à se tendre. Les forces de l'ordre ont commencé à faire usage de canons à eau et de gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants, qui ont déversé des déchets devant la préfecture.

Une délégation d'agriculteurs a été reçue vers 13h30 pendant un peu plus d'une demi-heure par Pierre Besnard, le préfet du Tarn-et-Garonne. "On a obtenu ce qu'on voulait, a confié l'un des agriculteurs à la sortie de cette entrevue. Sur les 1000 communes qui devaient perdre leur statut de zones agricoles défavorisées dans la région, près de 900 pourraient finalement le conserver." La tension est descendue d'un cran lorsque les représentants syndicaux ont pris la parole vers 14h30, pour justement faire part des avancées suite à leur rencontre avec le préfet. Les manifestants se sont ensuite dispersés dans le calme peu avant 15 heures.

... https://www.ladepeche.fr/article/2018/0 ... auban.html
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Re: Syndicalisme et mouvements agricoles

Messagede bipbip » 01 Fév 2018, 17:40

Lait : l'ultimatum des paysans vosgiens
Golbey, Epinal, Saint-Dié, Charmes, Mirecourt, Neufchâteau, Coussey, Dompaire, Corcieux, Plombières, Remiremont ou encore Mirecourt. Une bonne partie des supermarchés vosgiens ont été visités ce matin par les paysans en colère. Des tonnes de fumier ont été déposées.
... https://www.vosgesmatin.fr/actualite/20 ... s-vosgiens


Toulouse bloqué par les agriculteurs. Ce vendredi, machine arrière du gouvernement ou « la guerre » ?
Suite à la trahison d’Etat vendredi dernier concernant la nouvelle carte des zones agricoles défavorisées, les agriculteurs de la région Occitanie ont bloqué le périphérique toute la journée avant de faire de même dans le centre-ville de Toulouse, aux abords de la préfecture. Ils ont obtenu une rencontre avec le ministre de l’agriculture ce vendredi.
... http://www.revolutionpermanente.fr/Toul ... -la-guerre
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