SUD RAIL

Re: SUD RAIL

Messagede Pïérô » 06 Fév 2009, 11:35

L'edito d'Alternative libertaire de février (viewtopic.php?f=16&t=1397) participe de répondre à ce haro sur SUD RAIL, qui vise là encore le principe de grève

Edito : Haro sur la grève !

Attention affaire d’État ! La fermeture de la gare Saint-Lazare par la SNCF le 13 janvier a attiré tant les feux médiatiques que l’ire de nos gouvernants.

Passons sur les mensonges volontairement diffusés.

Pour la droite, aucun doute à avoir : la faute est à la grève, la faute est aux syndicats « irresponsables », la faute est aux cheminots. Jusqu’au sommet de l’État, la détestation de la lutte s’est exprimée sans fard. Le fait est que, depuis les coordinations de 1987, le cheminot est devenu LA figure hexagonale de la contestation sociale.

Un exemple : à la définition du mot « grève » dans le Robert, on trouve comme illustration emblématique celle de « grève des cheminots ». Alors quand le « dialogue social » s’enroue à la SNCF, c’est rien moins que l’État et le patronat qui est pris de quinte de toux.

S’ils veulent réduire les capacités de contestation des travailleurs du rail, c’est pour faire un exemple. Le sinistre Hortefeux, désormais en charge des Affaires sociales, l’a prédit : le service minimum va être revu à la hausse, et pas qu’à la SNCF. Darcos ne s’est pas fait prier qui, dès le 18 janvier, annonçait que les écoles ne seraient pas des « petites gare Saint-Lazare » lors de la grève du 29. La métaphore atteste de la volonté de réduire le droit de grève, de rendre cette dernière sans effets. Et comme c’est impossible, le problème est alors bien la grève en tant que telle… Car ne nous y trompons pas le but est bien, dans le service public comme ailleurs, d’arracher aux travailleurs et aux travailleuses un de leur droit le plus fondamental, celui de faire grève. La grève, « voilà l’ennemi » pourraient déclarer Sarkozy et consorts…

Si pour eux « Saint-Lazare est partout », nous sommes nous toutes et tous des cheminots.

Et si l’on considère alors qu’un droit ne s’use que si l’on ne s’en sert pas, il ne nous reste qu’une solution : opposer, au service minimum, une grève maximum.

Alternative libertaire
Image------------ Demain Le Grand Soir --------- --------- C’est dans la rue qu'çà s'passe --------
Avatar de l’utilisateur-trice
Pïérô
 
Messages: 20247
Enregistré le: 12 Juil 2008, 21:43
Localisation: 37, Saint-Pierre-des-Corps

Re: SUD RAIL

Messagede vroum » 06 Fév 2009, 14:57

Conflit du TER niçois: les agents approuvent l'accord de fin de conflit

6 février 2009

NICE (AFP) — Les conducteurs des TER niçois ont approuvé vendredi, après 59 jours de grève, l'accord de fin de conflit qui avait été conclu la veille entre la direction de la SNCF et les syndicats.

Les conducteurs ont approuvé l'accord en assemblée générale par 68 voix contre deux, a constaté un journaliste de l'AFP.

L'accord prévoit la mise en formation de 24 conducteurs issus du "bassin d'emploi niçois" ainsi qu"une journée de roulement "à la fois moins pénible et plus sécuritaire", a-t-on appris de source syndicale.

"On a gagné sur la majorité de nos revendications, c'est une grande victoire", a déclaré Cyrille Poggi, représentant du personnel CGT.

Le conflit, qui avait débuté le 9 décembre, s'est débloqué après que le tribunal de grande instance de Marseille eut débouté la direction de la SNCF qui avait assigné 13 conducteurs et trois syndicats -CGT, CFDT et Fgaac- devant la justice pour "exercice abusif du droit de grève".

Les négociations avaient repris mercredi. Après 23 heures de discussions, direction et syndicats réunis dans l'enceinte de la préfecture étaient parvenus à un accord, annoncé jeudi après-midi.

"La direction de la SNCF a perdu la bataille de l'opinion publique, elle a perdu la bataille judiciaire. Ils ne reviendront pas de sitôt se frotter au cactus", a estimé Cyrille Poggi lors de l'assemblée générale.
vroum
 

Re: SUD RAIL

Messagede vroum » 06 Fév 2009, 17:10


Communiqué de la Fédération SUD Rail du 06/02/2009
Nice : Les grèves en France ça se voit encore et, en plus, c’est gagnant !

Grève des agents de conduite de Nice

Les grèves en France ça se voit encore et en plus … ça gagne !
La fédération SUD-Rail félicite les agents de conduite de Nice pour leur ténacité. A Nice comme à Saint Lazare et ailleurs, ceux qui résistent et s’organisent ont raison, et gagnent.

Leur victoire est un camouflet pour :

* Sarkozy qui affirmait qu’en France quand il y avait grève plus personne ne s’en apercevait …
* La direction SNCF qui voulait faire interdire la grève par le tribunal !

Leur victoire, après celle des cheminots de Paris St Lazare, est porteuse d’espoir pour tous ; c’est la preuve que la grève est bien le meilleur moyen de se faire entendre, quand les directions ou le patronat refusent d’écouter les légitimes revendications des salariés.
Aujourd’hui, le service public va reprendre dans des conditions qui vont maintenant pouvoir s’améliorer, tant pour les usagers de la région PACA que pour les cheminots qui l’assurent au quotidien.
vroum
 

Re: SUD RAIL

Messagede Nico37 » 09 Fév 2009, 21:48

Jeudi 15 Janvier 2009 SUD-Rail monte en puissance
Par Gaël VAILLANT leJDD.fr

Après le blocage mardi par des cheminots grévistes de la gare Saint-Lazare, qui a entraîné sa fermeture, SUD-Rail apparaît comme le mouvement à la pointe de la contestation au sein de la SNCF. que la direction s'inquiète de cette montée en puissance, Christian Mahieux, le patron du syndicat, entend faire feu de tout bois, avec, en ligne de mire, les élections professionnelles de mars.

La gare Saint-Lazare paralysée

Avec pour apothéose le blocage surprise et particulièrement "efficace" de la gare Saint-Lazare, mardi à Paris, la grève qui perturbait depuis un mois le trafic francilien s'est enfin terminée. La SNCF avait réussi à signer fin décembre un accord avec la CGT sur les conditions de travail des cheminots, dans le cadre de l'ouverture du transport de voyageurs à la concurrence. Mais si la CGT est le syndicat majoritaire des employés de la SNCF, ses responsables n'ont pas réussi à convaincre les grévistes, qui ont voté, en Assemblée générale, le prolongement du mouvement avant les vacances de Noël.

Des grévistes dont la motivation a largement été le fait des trublions de SUD-Rail. Déterminés, ces derniers ont réussi à relancer la grève mardi, après l'agression d'un conducteur du RER A. "Les employés responsables du blocage de la gare Saint-Lazare n'ont fait que suivre les indications du syndicat", affirme un cadre de l'entreprise publique. SUD-Rail, de son côté, reste modeste. Pour le patron du syndicat, Christian Mahieux, interrogé par leJDD.fr, ce sont les grévistes eux-mêmes qui sont à l'origine du coup de force. Et de rejeter la faute sur les cadres de la société: "Pendant les vacances, Jean-Pierre Farandou [Directeur général délégué SNCF Proximités] a excité l'opinion publique, affirmant que nous, les grévistes, les prenions en otage. Résultat: un employé s'est fait agresser par des usagers remontés, à tort, contre nous", déplore-t-il, avant de préciser: "Nous sommes en perpétuel dialogue avec toutes les associations des usagers. Mais nous ne pouvons pas combattre médiatiquement la campagne de contre-information de la SNCF."

Un paysage syndical bipolaire

Les cadres, dits "provocateurs", de l'entreprise publique paraissent pourtant plus nuancés. "SUD-Rail politise et fait polémique sur tout. C'est leur fond de commerce", lance un responsable de la SNCF qui a requis l'anonymat. Philippe Routier, directeur de la communication de l'entreprise publique, reste plus prudent: "Un conflit d'un mois vient de se terminer. Nous venons d'obtenir la paix sociale. Je ne ferais aucune déclaration sur le rôle de SUD-Rail dans cette grève" déclare-t-il au JDD.fr. Après un instant d'hésitation, il précise toutefois que le syndicat "se place logiquement dans la surenchère, par rapport à la CGT", avec, pour ligne de mire, les prochaines élections professionnelles.

"Surenchère". Le mot est lâché. Les élections syndicales, internes à la SNCF, se tiennent le 23 mars prochain, et la CGT-Cheminots, largement majoritaire, pourrait bien se faire talonner par SUD-rail. D'un côté, le mastodonte CGT, majoritaire à 43,24%, semble aujourd'hui modéré, en tout cas prêt à discuter avec la direction. En face, un concurrent pugnace qui, après avoir recueilli 14,51% des voix aux élections professionnelles de 2006, est devenu le deuxième syndicat de l'entreprise en 2008, lors d'un scrutin sur le Conseil d'administration. Et la loi sur la représentativité syndicale, votée en août, pourrait bien booster SUD-Rail. Tout syndicat doit désormais obtenir au moins 10% des voix. Outre le modéré Unsa-Cheminots (autour des 14%), les salariés de la SNCF devraient donc se tourner vers l'un des deux mouvements majoritaires.

Un match serré

La CGT n'est pas en bonne position. En montrant ses muscles mardi, SUD-Rail a réussi à mettre en colère un Nicolas Sarkozy peu populaire au sein des professionnels du réseau ferroviaire. La CGT apparaît, au contraire, comme le syndicat qui a plié face à la direction. "La CGT, parmi d'autres organismes, s'est retirée du mouvement, selon les termes d'un accord refusé par les salariés réunis en Assemblée générale. Nous sommes restés du côté des grévistes, parmi lesquels des responsables locaux de la CGT d'ailleurs", affirme Christian Mahieux. Contactée par leJDD.fr, la CGT n'a toujours pas répondu à nos questions.

Observatrice de ces clivages, la SNCF surveille attentivement les évolutions du paysage syndical en son sein. "Dans les établissements, comme sur Metz-Nancy ou à la gare Saint-Lazare, où SUD fait jeu égal avec la CGT à 25 ou 30 %, ça peut vite être ingérable", expliquait mercredi un cadre de la SNCF dans le Figaro. En effet, la direction, qui arrive à négocier avec la CGT de Didier Le Reste, a beaucoup plus de mal avec la tête pensante de SUD-Rail, Christian Mahieux. Ce dernier s'en explique: "Bien sûr que je ne lâche pas le moindre détail! Mon travail de syndicaliste est d'améliorer sans cesse les conditions de travail des salariés, sans oublier la satisfaction des usagers." Guillaume Pépy considère de son côté que la SNCF serait "ingouvernable" en cas de victoire de SUD-Rail.

Idéologie du blocage

Si SUD-Rail s'inscrit dans un discours fondé sur la lutte des classes, le mouvement, né en 1995, revendique avant toute chose une logique purement syndicale, à forte connotation corporative: la défense des intérêts de chacun des employés. Une idéologie qui a permis au mouvement de se forger une dimension plus humaine.... et surtout de récupérer les insatisfaits qui ont quitté la CGT. Les tracts distribués sont parfois explicites: "Tu as été lésé lors de la dernière grève? Tu refuses d'être le dindon de la farce? Fais-toi connaître auprès des délégués SUD-rail."

Autre particularité du syndicat: sa composition. Ses membres sont surtout issus des agents de conduite, des aiguilleurs et des contrôleurs. Les trois professions clés qui peuvent faire fermer une gare. Il est ainsi plus facile d'appliquer le principe de "grève à n'importe quel prétexte", une formule d'un dirigeant de la SNCF. En effet, SUD-Rail multiplie les revendications et les préavis - pour des motifs parfois futiles - à l'approche des élections syndicales de fin mars. Des mouvements à répétition qui pèsent sur les finances de l'entreprise, laquelle doit rembourser tout billet de train annulé, tout retard excessif. Guillaume Pépy a annoncé que "toutes les personnes qui voyageaient mardi par la gare Saint-Lazare seront indemnisées de 30 à 50 euros sur leur abonnement mensuel du mois prochain". Un surcoût forcément douloureux pour la SNCF, dont le budget est très serré, alors qu'elle entre dans la période, délicate, d'ouverture du transport de voyageurs à la concurrence. Mais, selon Christian Mahieux, le blocage est la "moins pire" solution pour faire avancer toute négociation.


Mardi 20 Janvier 2009 SUD, le nouvel ennemi public
Par Mathieu DESLANDES Le Journal du Dimanche

Nicolas Sarkozy les pointe comme "irresponsables". Ils en sont fiers. Voyage au pays des "sudistes", ces syndicalistes révolutionnaires proches d'Olivier Besancenot, ou libertaires, ou simplement salariés en rupture. Tous en tout cas revendiquent une radicalité du poing levé, tout en assumant une organisation autonome qui a plusieurs fois fait ses preuves.

Les voici, les "irresponsables", vilipendés jeudi par Nicolas Sarkozy. Ceux qui ont provoqué la fermeture de "la deuxième gare de France", Saint-Lazare, après l'agression d'un conducteur par des voyous. Un peu partout dans le pays, en entendant les propos du président de la République, les militants SUD se sont sentis flattés. Même honorés. Ceux qui ont vécu cet adoubement par procuration ont été encore plus fiers que les cheminots au coeur de l'action!

Tous sont persuadés d'avoir marqué l'Histoire. En juillet 2008, devant le conseil national de l'UMP, le Président assurait que "désormais, quand il y a une grève en France, personne ne s'en aperçoit"; le mardi 13 janvier, il a été démenti par les faits. Par eux. Malgré son petit score aux élections prud'homales (3,82%), SUD est devenu le nouvel ennemi intérieur: le syndicat qui met le feu à la plaine sociale; celui qui peut forcer les autres à la radicalisation. Un syndicat craint par le pouvoir - ou dont le pouvoir va se servir, comme d'un épouvantail. SUD, comme Solidaires, Unitaires et Démocratiques.

Vingt ans, déjà, que ces trois lettres s'affichent sur des banderoles et des tracts bavards, toujours plus argumentés que ceux des concurrents. D'abord chez les facteurs et les infirmières, en 1988-1989. Puis chez les cheminots, après la grève de 1995. Tous les gros bastions ont la même histoire: au cours d'un conflit social, des syndicalistes CFDT (ou CGT) se fâchent avec leur confédération, jugée trop molle; écartés, ils passent sous pavillon SUD. Les derniers ralliements de masse ont été provoqués par la réforme des retraites, en 2003. Aujourd'hui, Solidaires, qui regroupe tous les SUD et quelques syndicats alliés, revendique 90.000 adhérents. Des anarchistes, des lambertistes, des camarades d'Arlette Laguiller, d'Olivier Besancenot (lui-même est à SUD-PTT) et de José Bové: la palette de l'extrême gauche.

Les militants plus jeunes sont moins structurés politiquement

"On a beaucoup de sympathisants socialistes aussi, nuance Annick Coupé, une des porte-parole de Solidaires, et encore plus de gens qui ne militent dans aucun mouvement politique." Certes. Mais Coupé, jadis militante maoïste - pas longtemps, d'accord - est une figure du mouvement altermondialiste en France. Ce sont des dirigeants historiques de SUD, des quinquagénaires formés au temps héroïque du gauchisme des années 1970, qui ont porté Attac et ses épigones. Les militants plus jeunes sont moins structurés politiquement, mais tout aussi révoltés. Et quelle que soit leur chapelle d'origine, tous les SUD revendiquent la radicalité du poing levé. Avec l'impression d'occuper une place laissée vacante par une CGT émoussée.

"On est les cégétistes d'autrefois", dit Dominique Malvaud, aiguilleur à Saint-Lazare. Et d'observer avec perplexité les va-et-vient de la centrale jadis communiste, glissant inéluctablement vers le "réformisme", mais ponctuellement tentée de renouer avec la lutte. Surtout quand SUD fait rêver les cégétistes en mal de combat. "Nous, on ne sera jamais un syndicat d'accompagnement", jure Sylvie Nicolier, caissière au BHV. La lutte des classes est en marche. Quand les intérêts des salariés sont en jeu, on ne lâche jamais face au taulier."

Pour obtenir gain de cause, les anarcho-syndicalistes de SUD utilisent tous les moyens d'action des guérilleros. Le harcèlement (juridique). Le combat (médiatique) en petites troupes mobiles, enseigné au cours de stages d'été avec des comédiens. Et l'embuscade: "On peut débarquer en réunion avec des sacs de couchage et des cafetières, faire durer et avoir les patrons à l'usure", raconte Eric Bezou, de SUD-Rail. Tout est permis. Avec une obsession: être insaisissable. Faut-il se rendre à un entretien? Mener une négociation? Porter une revendication? Les SUD s'arrangent pour ne pas toujours envoyer les mêmes militants au front. Inutile pour la direction des entreprises d'exercer une pression sur quelqu'un en particulier, ce serait sans effet. Impossible aussi de court-circuiter un agitateur local en allant trouver un responsable national... puisque chaque syndicat SUD est autonome et n'a pas à en référer à une fédération pour passer à l'action.

Tous les SUD mettent en avant un seul décideur: la "base"

"Nous sommes incontrôlables, estime Luc, prof d'histoire au Blanc-Mesnil. Une organisation devient manipulable lorsqu'elle se peuple d'apparatchiks d'abord préoccupés par leur carrière." Pour s'en prémunir, les SUD ont multiplié les garde-fous. Limité les mandats et les heures de détachement des élus du personnel pour éviter d'avoir des "responsables à vie". Et peu importe si d'une union locale à l'autre, les règles sont à géométrie variable. Leur instauration a suffi pour asseoir la réputation d'un syndicat qui fuit comme la peste le confort qui le guette. Un syndicat modeste, à l'ancienne. Mais aussi plus efficace car plus à l'écoute: les militants partagent la vie des salariés dans les ateliers, dans les bureaux, dans les salles des profs...

Cette occupation du terrain est leur force et leur ligne stratégique: ils doivent être les premiers à identifier les sources de mécontentement, pour proposer de nouvelles luttes. Proposer, seulement. Car, quelle que soit la région, quel que soit le métier, tous les SUD mettent en avant un seul décideur: la "base". C'est elle qui, selon la mythologie interne, choisit ses luttes au cours d'"assemblées générales démocratiques". Cette toute-puissance de la base est devenue le meilleur des arguments électoraux: "Rejoignez SUD, c'est vous qui déciderez." C'est aussi une préfiguration de la société autogérée que ces militants cherchent à construire, entreprise après entreprise. Bien plus sûrement, pensent-ils, que par la voie politique.

Mais, d'un local syndical à l'autre, ces lendemains qui chantent semblent plus ou moins lointains. "Parfois, quand on rencontre des SUD de la fonction publique, on a l'impression de ne pas vivre sur la même planète", regrette Bruno Houillon, délégué syndical à l'usine Michelin de Golbey, près d'Epinal. "Ils nous expliquent comment ils envisagent la révolution, alors qu'on est occupés à se battre contre des poussières d'amiante. Les copains du public nous disent aussi qu'il faut lancer une grève générale pour créer un rapport de force. Mais nous, au bout de quinze jours de grève, on n'a plus de quoi nourrir nos familles. Alors on se dit qu'on verra plus tard." Même la révolution en marche a ses nantis.
Nico37
 
Messages: 8477
Enregistré le: 15 Sep 2008, 09:49

Re: SUD RAIL

Messagede bipbip » 29 Oct 2016, 14:12

Congrès de la fédération des syndicats SUD-Rail

Le 7ème congrès de la fédération SUD-Rail s’est déroulé du 26 au 30 septembre[1] à Najac dans le sud de l’Aveyron. L’occasion de faire un bilan de l’activité de la fédération depuis le congrès de 2012 et de faire un état des lieux des forces et faiblesses du « syndicalisme de transformation sociale » à l’heure où la libéralisation totale du secteur ferroviaire se précise.

Alors qu’un très grand nombre d’équipes SUD-Rail ont joué un rôle déterminant dans la construction et l’animation de la grève reconductible des mois de mai et juin dernier, que la fédération SUD-Rail continue à se développer en terme d’adhérents et d’adhérentes[2] et que son audience au sein de la SNCF[3] et dans plusieurs des très nombreuses entreprises privées du secteur ferroviaire est significative, cette fédération est à la recherche d’un nouveau souffle.

Confrontées à un fort renouvellement générationnel des équipes militantes et à la place de plus en plus importante des entreprises privées, toutes les organisations syndicales du secteur doivent prendre à bras le corps ces nouvelles donnes.

SUD-Rail, qui a toujours défendu un fonctionnement favorisant la rotation des mandats et une prise en charge de l’ensemble des travailleurs et travailleuses du rail, devrait être armée face à ces défis. Cela suppose pourtant une politique de formation ambitieuse et une ligne stratégique lisible afin de continuer à construire cet outil syndical. Force est de constater que ce congrès n’a pas été à la hauteur des enjeux. Sur le premier point, des intentions sont affichées, renouant pour partie avec ce qui fut quelque peu abandonné ces dernières années ; il faudra voir comment cela se concrétise, comment le lien est fait entre les formations « fonctionnelles » (CHSCT, DP, CE…) et l’apport idéologique indispensable à un syndicalisme de transformation sociale (qui passe notamment par les liens interprofessionnels et internationaux).

L’ensemble des syndicats avait encore en mémoire le congrès de 2012, le pire qu’ait connu notre fédération ; le seul en vérité à s’être tenu dans un contexte délétère. La fédération en était sortie divisée après l’élection d’un Bureau Fédéral (BF) affaibli. Ce congrès a marqué la volonté collective de tirer un trait sur cet épisode peu glorieux afin de repartir sur des bases plus saines. Indéniablement, cela a nui à la qualité des débats, la quasi-totalité des syndicats souhaitant éviter les sujets qui pourraient fâcher. Autant la recherche du consensus plutôt qu’une succession de votes nous parait le plus efficace pour construire une organisation syndicale, autant transformer cela en un alignement de prises de position parfois contradictoires est sans nul doute une erreur. Il est clair que la persistance d’un fonctionnement de ce genre ne serait pas un gage d’efficacité pour une organisation syndicale qui souhaite construire la grève générale et transformer radicalement la société…

La composition du nouveau BF pose question pour une fédération qui se veut comme un syndicat des travailleurs et travailleuses du rail. Il n’est composé que d’une seule femme pour quatorze membres ce qui est inquiétant, mais en cohérence avec le nombre de femmes présentes à ce congrès. Il est composé d’une très forte majorité de « roulants » et notamment de conducteurs ; 12 membres sur 14 sont salariés de SNCF Mobilité, l’établissement public assurant le transport ferroviaire, 2 seulement de SNCF Réseau, l’établissement public gérant de l’infrastructure. De plus ce nouveau BF est composé en grande partie de membres issus des syndicats parisiens. Un recul important : pour la première fois depuis plus de 15 ans, il n’y a aucun salarié du privé parmi les membres du BF.

Un autre sujet d’inquiétude est le repli corporatiste de certains syndicats qui présentent, à leurs adhérents et adhérentes, Solidaires comme une organisation extérieure à la fédération. Caricature de ce point de vue là : la conception de celles et ceux qui affichent ouvertement leur refus de participer au développement du syndicalisme interprofessionnel … Ce qui ne les empêchent pas de réclamer la grève générale et de reprocher au Secrétariat national Solidaires de ne pas l’avoir construite. Ils et elles sont minoritaires, mais la fausse vision du consensus dont nous faisons état plus avant leur permet de bloquer ou du moins retarder des prises de décisions.

Le silence de plusieurs syndicats durant tout le congrès illustre sans doute le niveau de préparation collective et la vie démocratique ; problème qui n’est pas circonscrit à ces structures.

De nombreuses délégations internationales étaient présentes, insistant, dans le contexte du capitalisme mondialisé et des attaques autoritaires et fascistes, sur la nécessité de renforcer concrètement les solidarités internationales et le syndicalisme de lutte des classes. Le Réseau syndical international de solidarité et de luttes, et pour ce secteur le Réseau Rail Sans Frontière font partie des outils utiles et nécessaires.

Ce congrès, même s’il n’est pas à marquer d’une pierre blanche, aura eu le mérite de voir réaffirmer par les syndicats SUD Rail la volonté de continuer à construire et renforcer ce syndicalisme de transformation sociale cher aux militants et militantes communistes libertaires que nous sommes … et à beaucoup d’autres. Les débats autour de la structuration de la fédération et des syndicats, devront trouver un prolongement au sein des collectifs militants et lors des prochains Conseils Fédéraux .

Les restructurations que connaissent la SNCF et le monde du ferroviaire plus généralement, mettent en question les modes de fonctionnement des organisations syndicales. Au sein de SUD-Rail, la volonté affichée par l’ensemble des syndicats est de refuser un mode d’organisation calqué sur celui de SNCF ; dans la réalité, les choses sont assez différentes. L’autre sujet d’importance pour la fédération SUD-Rail dans les années à venir est le développement dans le secteur privé afin de mieux coordonner les luttes de tous et toutes les salarié-es de la branche ferroviaire, afin que slogan « un même travail, un même statut » ne tienne pas que du témoignage. La fédération SUD-Rail a, sur ce point, une expérience important dans plusieurs secteurs, il est sans doute nécessaire que les équipes militantes se la réapproprient et s’enrichissent de ce que d’autres font (CNT-SO, CGT dans plusieurs secteurs).

Le Rail déchaîné.

[1] Initialement prévu au printemps, le congrès a été reporté en raison de la mobilisation interprofessionnelle et de la construction de la grève reconductible dans le secteur ferroviaire.

[2] 11019 mandats étaient représentés au congrès 2016 contre 10105 mandats lors du congrès de 2012

[3] SUD-Rail a recueilli 16,83% des voix aux élections CE de la SNCF en novembre 2015


http://leraildechaine.org/post/152296769660/congrès-de-la-fédération-des-syndicats-sud-rail
Avatar de l’utilisateur-trice
bipbip
 
Messages: 22302
Enregistré le: 10 Fév 2011, 09:05

Re: SUD RAIL

Messagede bipbip » 19 Jan 2017, 17:34

Construire un rapport de force pour gagner !

Image

http://www.sudrailpse.org/site/construi ... ce-gagner/
Avatar de l’utilisateur-trice
bipbip
 
Messages: 22302
Enregistré le: 10 Fév 2011, 09:05

Re: SUD RAIL

Messagede bipbip » 09 Mai 2017, 23:33

Image
Avatar de l’utilisateur-trice
bipbip
 
Messages: 22302
Enregistré le: 10 Fév 2011, 09:05

Re: SUD RAIL

Messagede bipbip » 24 Aoû 2017, 13:19

30 août et 12 septembre : Tous concerné-(e)s et dans l’action pour ne pas subir un recul social de 100 ans !!

Tract SUD Rail

Image

Image

https://www.solidaires.org/30-aout-et-1 ... s-subir-un
Avatar de l’utilisateur-trice
bipbip
 
Messages: 22302
Enregistré le: 10 Fév 2011, 09:05

Re: SUD RAIL

Messagede bipbip » 02 Sep 2017, 13:29

SUD-Rail : Tract /Préavis / Affiche et communiqué pour le 12 Septembre

https://www.solidaires.org/SUD-Rail-Tra ... -Septembre

Image

Image
Avatar de l’utilisateur-trice
bipbip
 
Messages: 22302
Enregistré le: 10 Fév 2011, 09:05

Re: SUD RAIL

Messagede Pïérô » 15 Sep 2017, 06:32

Radio, Demain Le Grand Soir
L’émission du 13 septembre avec Dom de SUD Rail sur les régimes spéciaux et les atteintes au droit de grève.
http://demainlegrandsoir.org/spip.php?article1754
Image------------ Demain Le Grand Soir --------- --------- C’est dans la rue qu'çà s'passe --------
Avatar de l’utilisateur-trice
Pïérô
 
Messages: 20247
Enregistré le: 12 Juil 2008, 21:43
Localisation: 37, Saint-Pierre-des-Corps

Re: SUD RAIL

Messagede bipbip » 07 Oct 2017, 19:14

Le 10 Octobre, convergeons nos luttes !

Image

https://www.solidaires.org/Le-10-Octobr ... nos-luttes
Avatar de l’utilisateur-trice
bipbip
 
Messages: 22302
Enregistré le: 10 Fév 2011, 09:05

Re: SUD RAIL

Messagede bipbip » 10 Oct 2017, 08:07

Image
Avatar de l’utilisateur-trice
bipbip
 
Messages: 22302
Enregistré le: 10 Fév 2011, 09:05

Re: SUD RAIL

Messagede bipbip » 28 Oct 2017, 18:50

SNCF condamnée pour avoir détourné le droit de grève

Image

https://www.solidaires.org/SNCF-condamn ... t-de-greve
Avatar de l’utilisateur-trice
bipbip
 
Messages: 22302
Enregistré le: 10 Fév 2011, 09:05

Précédente

Retourner vers Syndicats, associations, mouvements sociaux

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun-e utilisateur-trice enregistré-e et 1 invité