Luttes en Guadeloupe

Luttes en Guadeloupe

Messagede Nico37 » 21 Jan 2009, 15:59

Greve générale hors métropole, ailleurs bientôt ?

Guadeloupe : l’île paralysée par des barricades au premier jour de la grève générale
(Le 20 janvier 2009)

Essence : barricades en Guadeloupe

AFP, 20/01/2009 | Mise à jour : 15:43

Des barricades ont été érigées aujourd’hui sur différents noeuds routiers de Pointe-à-Pitre et de ses environs, au premier jour d’un mouvement de grève générale, reconductible, lancé pour protester notamment contre le prix des carburants. Initié par 52 organisations syndicales, politiques et associatives de Guadeloupe, il s’est traduit par l’érection de barricades faites de poubelles renversées ou de branchages.

Parallèlement, les 115 stations-service de l’île sont restées fermées pour la deuxième journée consécutive, à l’initiative de leurs gérants qui exigent l’arrêt de toute nouvelle implantation ou du fait des barricades érigées à l’entrée de certaines d’entre elles.

Ils "exigent la baisse des prix de tous les produits de première nécessité, des impôts et taxes" et la baisse "immédiate" de 50 centimes par litre du prix des carburants.

En décembre, l’annonce d’une baisse des prix des carburants par le secrétaire d’Etat à l’Outre-mer, Yves Jégo, avait permis la levée de barrages routiers qui avaient paralysé l’île pendant quatre jours pour protester déjà contre le prix des carburants.

*******

Guadeloupe : stations-service fermées, grève reconductible à partir de mardi

POINTE-À-PITRE - La plupart des stations-service de Guadeloupe étaient fermées lundi et un appel à une grève reconductible à partir de mardi a été lancé pour "exiger la baisse des prix de tous les produits de première nécessité, des impôts et taxes" et du carburant.

Une des revendications des 46 organisations syndicales, professionnelles et politiques qui ont appelé à cette grève reconductible, est la baisse "immédiate" de 50 centimes du prix des carburants.

Le 11 décembre, l’annonce d’une baisse des prix des carburants par le secrétaire d’Etat à l’Outre-mer Yves Jégo avait permis la levée de barrages routiers qui avaient paralysé l’île pendant quatre jours pour protester contre le prix des carburants.

Lundi matin, la quasi-totalité des 115 stations-service de la Guadeloupe n’ont pas ouvert à la suite d’un mot d’ordre de fermeture illimitée lancé par l’organisation professionnelle de leurs gérants. Ils exigent l’arrêt de l’implantation de toute nouvelle station-service.

La fermeture avait été anticipée par les automobilistes qui, craignant la grève des pompistes salariés à compter de mardi, s’étaient réapprovisionnés en constituant, depuis vendredi, de longues files d’attente devant les stations-service.

Lancé par l’ensemble des centrales syndicales implantées dans l’archipel (FO, CGT-G, CFDT et centrales indépendantistes UGTG et CTU), le mouvement a été rallié par plusieurs partis politiques, comme le Parti communiste guadeloupéen ou la fédération MoDem, et des organisations professionnelles ayant des revendications sectorielles (planteurs de cannes à sucre, gérants de stations-service).

Parmi les revendications : l’"augmentation du salaire minimum de 200 euros nets" et la création "d’un service public d’approvisionnement et de distribution des carburants garantissant la transparence, la qualité et l’accès à un carburant au meilleur coût".

S’ajoutent des revendications plus diverses : les producteurs de cannes à sucre demandent une "diminution des taxes sur engrais, désherbants, semences, aliments de bétail et gasole" et le paiement des "aides à la replantation" au titre de 2007. Les infirmiers libéraux ou les personnels hospitaliers réclament des négociations de branche dans les cliniques privées.

AFP / 19 janvier 2009 16h39
Nico37
 
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Re: Guadeloupe : l’île paralysée par des barricades au 1er jour

Messagede Nico37 » 24 Jan 2009, 10:29

Plateforme de revendications

POLE GUADELOUPE UAG KONT PWOFITASYON

TOUS EN GREVE RECONDUCTIBLE
TOUS DANS LA MANIFESTATION KONT PWOFITASYON
SAMEDI 24 JANVIER 2009 RDV 9H devant le Centre des Arts, Pointe-à-Pitre.

Depuis le 20 janvier 2009 en Guadeloupe et à partir du 29 janvier dans l'hexagone, les travailleurs se mobilisent pour la défense de leur niveau de vie, contre
la précarité que la crise actuelle ne fait qu'accentuer et pour la défense de l'accès au droit à une formation initiale ou continue gratuite et de qualité. Nous, personnels du pôle Guadeloupe de l'Université des Antilles et de la Guyane, réunis ce jour, mardi 20 janvier 2009, en assemblée générale, avons décidé de nous mettre en grève reconductible aux côtés de l'ensemble des travailleurs de Guadeloupe, contre la vie chère et le développement de la précarité, dans le cadre du Lyannaj Kont Pwofitasyon.

Nous luttons pour un enseignement supérieur de qualité pour les jeunes de Guadeloupe, pour une recherche dynamique permettant un développement réel de notre territoire et de notre société. Nous défendons un égal accès aux droits élémentaires (subsistance, santé, logement, éducation, travail, culture).


Nous luttons contre les contre-réformes du gouvernement (LRU, mastérisation des concours de recrutement des enseignants, modification du statut des
enseignants-chercheurs, crédits des IUT, contrat doctoral, suppressions de postes, nouvelles modalités de dotation des universités) qui ne visent qu'à
faire des économies et entraînent la casse du service public de l'enseignement supérieur et de la recherche et à sa mise sous tutelle d?intérêts
économiques et politiques.

Nos revendications sont concrètes :

Pour l'augmentation du pouvoir d'achat :

- Baisse des prix des produits de première nécessité, de l'énergie, du livre.
- Détaxation des produits et appareils nécessaires à la recherche et l'enseignement supérieur et subvention de leur transport dans le cadre de la continuité
territoriale.
- Pour une revalorisation de toutes les carrières et l'amélioration des salaires, contre les primes à la tête du client, pour une politique ambitieuse pour la vie étudiante.

Pour le développement des services publics :

- La création en remplacement de la SARA d'un service public d'approvisionnement et de distribution des carburants garantissant la transparence, la qualité et l'accès à un carburant au meilleur coût.
- Mise en place d'un véritable service public des transports, de l'eau avec le même prix pour l?ensemble de la population.
- Plan d'urgence pour les infrastructures scolaires, universitaires, hospitalières, routières et mise aux normes sismiques et cycloniques de l'existant.
- Pour un moratoire sur les "réformes" en cours qui doivent faire l'objet d'un débat approfondi et de négociations avec tous les intéressés : statut des enseignants-chercheurs, formation des enseignants, devenir des organismes et de leurs personnels, financement des IUT.

Pour l'emploi :

- Pour un plan pluriannuel de création d?emplois statutaires à l'UAG, pour des moyens permettant à l'université ses missions et pour la résorption de la précarité.
- Le refus de toute discrimination à l'embauche.

Pour satisfaire ces justes revendications, nous appelons les personnels et les étudiants à amplifier la grève reconductible, Assemblée générale tous les jours de la semaine à 8H30 à l'amphi Mérault. L'université doit participer à l? apport de solutions aux problèmes économiques et sociaux qui se posent aujourd'hui.

Le comité de grève du pôle Guadeloupe de l'UAG, 22 janvier 2009.
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Re: Guadeloupe : l’île paralysée par des barricades au 1er jour

Messagede Nico37 » 25 Jan 2009, 10:47

un guadeloupéen témoigne sur le FMR a écrit: J’habite la Guadeloupe j’espère que ma contribution sera utile. Dans l’ensemble, sur le terrain, la majorité du peuple comprend le mouvement, hormis les opposants. Là où ça diffère c'est entre ceux qui pense que quelque soit le bien fondé des revendications il ne sera jamais obtenu gain de cause et ceux qui pense pouvoir l’obtenir. Ce matin a eu lieu la seconde manifestation unitaire du collectif, la première avait rassemblé environ 6000 personnes, ce matin nous étions 15000 minimum de ma jeune vie ici (je n’ai que 21 ans) je n’avais jamais vu autant de monde et surtout autant de ferveur dans une manifestation.
Cet après midi doit avoir lieu une réunion de négociations avec le préfet, les élus, le MEDEF. Elle devait commencer à 16h30 ; il est 17h45 toujours pas commencé car les force de l’ordre interdisent l’accès aux manifestants (environs 500) venus accompagner le collectif aux négociations au parking du WTC (lieu ou doit se tenir la réunion). Les représentants du collectif refusent d’y aller sans les manifestants du parking donc ça discute encore, on attend.
A l’instant il est proposé d’arriver jusqu'à l’entrée du WTC, mais pas d’accès au parking. On leur refuse l’accès au parking pour une question de sécurité. Le leader du collectif a rétorqué qu’on leur parle de sécurité alors qu’ils ne sont pas armés et face à un dispositif conséquent de force de l’ordre. Il garantit que comme hier lors d’une réunion avorté à cause de l’absence des élus locaux aucun des manifestant ne tentera de rentrer de force dans le bâtiment durant les négociations qu’ils resteront calmement au pied de celui-ci donc rien à craindre.
Le groupe de manifestants barrés par les force de l’ordre a gonflé. On apprend que ceux qui refusent l'accès au parking aux manifestants ne sont ni le préfet , ni le MEDEF mais les élus locaux.

ps : pour alleger la pression sur le peuple, le collectif a decidé de ne pas couper le courant ce week end.


edit : l'acces a été permis , les gendarmes seront autour du batiment visiblement et les manifestants au parking comme prévu.
18h35 la reunion est sur le point de commencer

---------------------http://revolution.celeonet.fr/index.php?showtopic=16675&view=findpost&p=186612----------------------------------

Le collectif avance le chiffre de 25 000 manifestant ce matin.
Le collectif a séparé ces revendications en 3 niveaux : immédiate (au nombre de 30 avec notamment celle concernant le pouvoir d’achat et des solution au divers conflits sociaux en cours), à moyen terme et a long terme. Tout cela pour la mise en place d'un calendrier.
Ils ont proposé la mise en place d'un processus, d'une méthode de négociation. Tant que la méthode n'est pas mise en place impossible de parler des revendications. Le préfet propose la mise en place de groupe de travail concernant les different thème au nombre de 10.

Le préfet , le MEDEF et les socio professionnels ont demandé l'arrêt, du moins la suspension du mouvement, pour faciliter les négociations. Le collectif a annoncé que ce mouvement n'avait pas pour but l'ouverture de négociations, mais la mise en place de ces revendication donc ils poursuivront le mouvement de grève générale la semaine prochaine et appelle à son amplification pour augmenter la pression. Après l’obtention des revendications jugée immédiate, ils accepteront de discuter de la poursuite du mouvement lors de l'etude des revendications à moyen et long terme.

Le préfet ainsi que Madame Coury présidente de la CCI disent que la plupart des revendications immédiates ne pourront être mises en application avant plusieurs mois voire un an. Ils appellent à la responsabilité et au réalisme du collectif.
Le collectif rétorque qu’à chaque lutte sociale, on fait les même leçons de morale aux travailleurs, on les appelle au réalisme, à la responsabilité, à l’impossibilité de réussite de certaines revendications. Ils n’ont pas l’intention de s’arrêter à cela, leur seul moyen de pression, c’est la rue. Ils continueront à l’employer tant qu’il n’auront pas satisfaction. Ils rappellent leurs luttes passées qui après poursuite et durcissement du conflit social sont toujours passées d’impossible à possible. Rappelant l’exemple de l’ANPE et une grève de 3 mois en 2001 qui avait permis l’embauche de 44 guadeloupéens, embauche qui avait été jugées impossible avant le conflit. Le collectif prend l'exemple d'acquis sociaux actuels jugés comme normaux qui étaient jugés irresponsables lorsque la revendication fut posée. Il rappelle la mobilisation de mai 67 en Guadeloupe pour une augmentation de 2,5% du salaire, après un conflit dur qui avait vu 100 morts parmi les grévistes, ils ont obtenus non pas 2,5 mais 25% et l'économie n'est pas morte comme le martelait le patronat a l'époque.

Un représentant des socio professionnel estime que négocier avec une grève dehors c'est négocier forcé.
Un autre représentant estime qu'il ne peut y avoir d'avancée sociale sans croissance conséquente. Nous somme en crise actuellement, les entreprises souffrent autant que les salariés, ils n'ont aucune marge de manœuvre financière. Un troisième représentant insiste sur le respect et le droit de travailler entravé par la grève générale.
Le collectif rappel qu'ils étaient 25000 ce matin , si certains veullent en attendre 50000 et des sévère troubles sociaux avant de vouloir enfin se donner les moyens de réussir il sera trop tard, il faudrait que certains descendent du nuage sur lequel ils vivent en refusant tout avancée nécessaire à une l'avancée vers une paix sociale, il affirme que le climat social est plus que tendu et que le peuple n'acceptera pas d'énième lecon de moral, il veut du concret rapidement. Qu'à ce rythme, ça finira par éclater un jour et qu'il ne faudra pas jouer les étonnés. Il faut négocier et chercher des solution pour accéder aux revendications, au lieu de commencer par dire qu'elles sont impossibles ou longues à mettre en place. Elie Damota [élu à la tête de l’UGTG à l’issue de son 12ème congrès début avril 2008] tient à rappeler que tout le monde a vu les renforts envoyés par Sarkozy de France, arrivés pour le premier jour de la grève generale qui ont été deployés de suite, il stigmatise une présence tres importante des force de l'ordre qui peut être plus ou moins jugée comme une provocation.

Les débats se recentre sur la signature de la méthode de négociation , la proposition du collectif n’est pas accepter. Certain socio professionnel refuse de signer quoique soit avec une grève en cours. A la suite des débat houleux ont lieu entre les représentant du conseil général , régional et des maires et le collectif a propos de cet fameuse méthode , les représentant des élus veulent la signature des ce soir et la discussion sur les revendications des ce soir aussi dans l’espoir d’une fin de conflit. Le préfet répond qu’il ne peut répondre a rien sans en parler a paris et propose de signer cet accord lundi après midi pour enfin après commencer a négocier .Le collectif qui a déjà proposer sa méthode de négociation propose que les élus et les socio professionnel face la leur de leur coté et un débat suivit d’un vote sera fait lundi le préfet est d'accord , une partie des socio professionnel aussi mais sa coince toujours du coté des représentant des élus locaux. Dans une énième joute verbale entre le collectif et le représentant des maires , le collectif et ces 50 représentant s’en vont. Fin de la réunion personne n’as affirmer ou infirmer la réunion de lundi.

Manifestation demain après midi pour le collectif et poursuite du mouvement qu'ils espèrent intensifier lundi


4é jour d’une Guadeloupe en crise.

Par caribcreole 23.01.2009 l 15h21


GUADELOUPE, Basse Terre, vendredi 23 janvier 20O9. (Caribcreole.com) - Le mouvement s’est encore durci. Les mégas grandes surfaces de la région pointoise et de Basse Terre, qui ont reçu les « visites » inattendues des commandos Lyannaj kont pwofitasyon ont du à contre cœur accepter de fermer. Jeudi LKP recevait la presse à La Mutualité, devenue le quartier général officiel du mouvement. Le fossé entre les élus et le LKP semble se creuser.

Prévue à 10H3O, la conférence de presse n’a débutée qu’une demi-heure plus tard. 46 délégués représentant les organisations en lutte, assis en rang d’oignons face aux micros et caméras. C’est une conférence d’un style particulier. Elie Domota s’empare des micros et fait un « round up » de la situation, et annonce avec fermeté, que LKP ne verse pas dans la polémique et ne souhaite qu’une seule chose rencontrer au plus vite les 4 interlocuteurs qui depuis 24 h, n’ont pas accepté les conditions imposées par LKP. 5 minutes après le début de la rencontre avec les médias, tous les confrères ont compris que le LKP ne répondra pas à l’invitation des 3 présidents: Le président de Région (Lurel), le président du Conseil Général (Gillot) et le président co-opté Jean Claude Malo (Association des maires). A ce propos, la veille, Elie Domota, en souriant me faisait remarquer, que LKP n’avait jamais formellement invité le président de l’Association des maires !

Sur le terrain, il y a eu un moment très chaud sur le pont de la Boucan (Ste Rose) où un barrage a été installé, les « manblo » ont chargé, mais finalement, après négociation, le barrage est devenu filtrant.

Ailleurs, comme il avait été décidé la veille, ce sont les hypermarchés qui ont été contraint à la fermeture. Destreland, Milenis, Cora, Super U, ont tous du sous la pression des commandos baisser leur rideau. Dans la pratique, la technique utilisée prête à sourire. Quand le commando de « fermeture » débarque, en moyenne une grosse centaine de personnes, les responsables du magasin sont « convoqués » et l’un des chefs du commando, s’empare du mégaphone et pose la question à la foule : « Ki jan nou vin isidan ? » Et la foule de répondre « en chœur » et en détachant les syllabes : « Jan-ti- man ». Le chef explique alors pourquoi il est «nécessaire de baisser le rideau» puis repose la question « si nou wouvin, ki jan nou ké vin ? » Et la foule de scander « nou ké vin mé–cha–man !» Ce fait qui peut paraître anecdotique, donne un peu le climat qui règne en Guadeloupe. D’autres fois, le « méchamment » l’emporte. Ainsi, à Goyave dans la nuit de jeudi à vendredi, le piquet de la grève de la mairie a subi l’assaut d’un commando armé de fusils à pompes, les militants de l’UTC-UGTG ont du leur salut qu’à leur fuite.

Les pompiers, eux, ne cessent de se plaindre des nombreux « callaissages » dont ils sont les victimes. Mais globalement, la situation générale, est celle d’une crise, car les « pannes » s’ajoutent les unes autres. La grève des gérants de stations services se prolonge, l’essence devient rare. L’électricité et l’eau sont régulièrement coupées et personne n’est à l’abri. Jeudi, en fin d’après midi, quelques éminents représentants de Lyannaj Kont Pwofitasyon sont conviés à Radio Gayak Media Del Karibe. 3O minutes après le début de l’émission : black out total. On ne saura jamais ce que devait dire Alain Plaisir, le Secrétaire général de la CTU, ni même Félix Flemin, le Secrétaire général du PCG, et le Secrétaire de la Fédération énergie de la CGTG.

Toute la matinée du vendredi 23, les échanges de mails entre LKP, la Région, le Préfet (voir nos brèves) se sont multipliés. Lurel, Gillot et Malo, les 3 P, ont invité LKP à la Région à 16H3O. Nouveau refus de LKP. Le Préfet a invité les mêmes à la Préfecture. Lucette Michaux-Chevry a souhaité que chacun fasse fi des idéologies et de l’orgueil pour se retrouver chez le Préfet. Il y a de cela deux jours, dans un propos vif, Jacques Gillot demandait à Félix Flemin (PCG /LKP) s’il fallait pour négocier la présence « du papa blanc ». Et Lurel dans un communiqué commun, demandait au LKP une rencontre entre « Guadeloupéens». En choisissant de se rendre à la Préfecture plutôt qu’à la Région, le LKP vient de prendre une position politique très claire. La crise est loin d’être dénouée.


Samedi 24, une grande manif est prévue à Pointe à Pitre.

Communiqué de presse FSU Guadeloupe

Depuis le mardi 20 janvier, jour de l’investiture du premier président métis des États-Unis, la Guadeloupe est touchée par un mouvement de grève sans précédent. Un collectif regroupant tous les syndicats sauf le SNETAA et la CGC, des partis politiques progressistes (nationalistes ou non), d’associations de consommateurs, d’associations culturelles, de mouvements de défense de l’environnement, des petits exploitants agricoles, des petits patrons des marins-pêcheurs, s’est formé. Ce collectif appelé Lyannaj kont Pwofitation (lien contre l’exploitation, les abus) regroupe aujourd’hui 52 organisations. La FSU Guadeloupe est membre de ce collectif qui réclame l’augmentation du pouvoir d’achat, à la fois par la hausse des salaires (augmentation de 200€ par mois du SMIC, des petites retraites, des minima sociaux). et par la baisse des prix de l’eau, des produits de première nécessité, de l’énergie, du transport public. Nous exigeons l’arrêt de toutes les formes de discrimination à l’embauche dans les entreprises. Nous luttons pour l’emploi dans une région qui compte selon les chiffres officiels 25% de chômeurs. Nous luttons contre la précarité, l’île ne compte pas moins de 4000 contrats aidés pour une population active ayant un emploi de 150.000 personnes. Les bas salaires y sont légion, surtout chez les femmes. 50% d’entre elles touchent moins de 1100 euros par mois. Le taux de chômage des jeunes (15-29 ans) est de 45%. Le chômage des non diplômés dépasse les 50%, contre 10% pour les plus diplômés.

Nous luttons pour une formation de qualité, dans une région frappée par l’échec scolaire, où le tiers des collèges dépasse 1000 élèves, où l’AFPA a été liquidée sans être réellement remplacée.

Nous luttons pour la défense de l’environnement, alors que nos terres ont été polluées par le chloredécone, il n’existe quasiment pas de tri sélectif, ni d’usine de traitement des ordures ménagères. Toutes les ordures s’entassent des décharges, parfois en bord de mer.

Depuis le 20 janvier, la Guadeloupe est paralysée : services publics, établissements scolaires, université, hôtels, centres commerciaux, transports en commun, usines sont bloqués. Depuis, une semaine, il n’y a plus de carburant dans les stations service. Les coupures d’électricité et d’eau se multiplient (36H sans eau à certains endroits). La nuit, des poubelles et des carcasses de voiture sont incendiées. Les barrages sur les routes se multiplient. La manifestation du 24 janvier 2009 a rassemblé 25.000 manifestants pour une population de 450.000 habitants. A l’échelle de la France cela correspondrait à une manifestation de 3,5 millions de personnes à Paris. La situation de la Guadeloupe préfigure certainement celle de la France, à partir de la grève générale du 29 janvier.


Une première rencontre a eu lieu entre le collectif et les décideurs en Guadeloupe (État, collectivités, patronat). Les décideurs n’ayant pas donné une suite favorable à nos justes revendications. Le collectif dont fait partie la FSU Guadeloupe a décidé d’intensifier l’action.


Pointe-à-Pitre, le 25 janvier 2009

Contact Frédéric Régent, secrétaire départemental de la FSU Guadeloupe
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Re: Guadeloupe : l’île paralysée par des barricades au 1er jour

Messagede Nico37 » 26 Jan 2009, 19:29

[url=http://eco.rue89.com/2009/01/25/la-greve-en-guadeloupe-racontee-par-ses-habitants La grève en Guadeloupe racontée par ses habitants [/url]

Par Rue89 | 25/01/2009 | 18H04

Suite à la publication de l'article "La Guadeloupe paralysée par la grève générale", nos lecteurs de Guadeloupe nous ont écrit pour raconter leur quotidien dans le département d'outre-mer en révolte contre la vie chère depuis mardi.

Monique: "Je regarde ces hommes avec immensément de fierté"

"Je suis une métro enseignante vivant en Guadeloupe depuis douze ans. C’est une grève générale venue des entrailles, avec les excès inévitables de langage et les radicalisations de ceux qui sont élevés dans le “baisse les yeux, ferme ta bouche”.

Mais les raisons de manifester sont justes. Même si certaines sont irréalistes, et je le dis avec émotion.

La vie chère: au moins 50% plus cher qu’en métropole. C’est gérable pour les fonctionnaires qui touchent 40% de plus pour la vie chère justement, mais je sais que ma femme de ménage doit mettre les ignames (importés) sur la table plus souvent qu’à son tour. Tout est taxé par l’octroi de mer perçu par la région.

Les politiques sont pourris. J’assume ce que je dis. Un mépris manifeste du peuple, un abêtissement programmé, une spoliation de l’argent public pour des intérêts privés.

Malgré les maladresses de toute manifestation de cette ampleur, malgré les “la Guadeloupe est à nous, elle n’est pas à eux” inhérents à une douleur non encore cicatrisée, je regarde ces hommes avec immensément de fierté. Des hommes debout."

Catherine: "Nous avons peu d’informations"

"Depuis mardi, la Guadeloupe est paralysée: plus d'essence dans les cuves donc plus de transports, plus d'école, plus de commerces ouverts, des coupures d'électricité tournantes (hier soir, dans notre quartier, à 18h15, l'heure où il fait nuit et où les gens rentrent), des coupures d'eau (hier, durant presque neuf heures chez nous, dès 6 heures du matin).

La plupart des entreprises et commerces qui n'avaient pas fermé ont été obligés de le faire par intimidation. Des dérapages ont lieu, car les esprits s'échauffent et les voyous en profitent (voitures brûlées, essence siphonnée...) Un lot de revendications, aussi nombreuses que variées et un refus de négocier, de la part des syndicalistes, s'il n'y a pas toutes les bonnes personnes, si cela empiète sur l'heure de la manif prévue...

Les gens, ici, sont fatalistes et habitués, car ils ont connu dans le passé des grèves très dures. Ils vont faire leurs réserves d'eau et de provisions. Je connais même des personnes qui ont fait construire des citernes, en même temps que leur maison, pour pallier toute pénurie et qui ont un groupe électrogène. Moi, bêtement, je ne suis pas allée remplir un chariot plein, car cela m'agaçait...

Mais le plus grave, à mon avis, est le peu d'information que nous avons. La chaîne locale, acquise ouvertement au mouvement, distille toute la journée des images de routes vides et de barrages et donne une info partisane, sans débat contradictoire, sans analyse journalistique véritable. Les gens s'échangent des liens et internet heureusement apporte plus d'éléments."

Rudia: "C'est une attitude ridicule"

"Je fais le constat suivant: les Guadeloupéens suivent ce mouvement de grève comme des “moutons”! Certes, le pouvoir d'achat est une question qui interroge tout le monde et d'avantage les Antilles car les prix sont encore plus élevés qu'en métropole, mais je pense qu'avec ne serait-ce qu'un peu de réflexion, on se rendrait compte à quel point c'est une attitude ridicule.

Nous sommes en période de crise, ils empêchent les commerces de fonctionner, si je prends l'exemple de Pointe-à-Pitre, la situation des commerces est catastrophique, je reste persuadée qu'à l'issue de ce mouvement, de nombreux magasins fermeront leurs portes.

Concrètement, qu'est ce qu'on peux faire pour eux? Moi, je me le demande. Avec toutes leurs revendications, ce n'est pas une grève qu'il faudrait, mais une révolution.

Le syndicat majoritaire qui a appelé à la grève est l'UGTG (Union générale des travailleurs guadeloupéens). Ce syndicat a un penchant très nationaliste, voire même indépendantiste. J'ai pu noter que la manifestation qui, au départ traitait du pouvoir d'achat (notamment), penche maintenant vers un discours indépendantiste."

Christophe: "Les revendications sont complètement fantaisistes et irréalisables"

"Les grands hôtels et donc les touristes sont pris pour cible. Ils ne peuvent sortir qu'à pied, il y a des barricades y compris devant la vieille tour mais ils gèrent puisqu'ils peuvent se payer des vigiles. Parallèlement, les stations services sont fermé depuis lundi. Les ravitaillements commencent à être problématiques.

Pour la première fois dans la longue histoire des barrages en Guadeloupe, l'appel à la grève est le résultat d'une coalition de tous les syndicats, malheureusement les revendications sont complètement fantaisistes et irréalisables.

Depuis trois jours, des groupuscules sans convictions particulières érigent des barrages à droite, à gauche, y compris en pleine campagne, mais c'est un genre de sport national. De toute façon, tout sera débloqué ce weekend car nous sommes en plein carnaval.

Ironie: tout ça advient alors que l'Etat négocie des tarifs aériens préférentiels pour relancer le tourisme."

Nadine: "La vie est super chère ici"

"Nous habitons entre Pointe-à-Pitre et Basse-Terre. C'est seulement depuis vendredi, dans ma petite, très petite commune où il ne se passe jamais rien (dommage) que je ressens les méfaits de la grève.

Les gens viennent de Basse-Terre parce qu'ils avaient appris que chez nous, c'était cool et que les magasins étaient encore ouverts. Pas de chance, les manifestants aussi l'ont appris. Alors ils ont fermés notre Leader Price et autres commerces. Pour autant, mon courrier a été distribué dans ma boîte aux lettres aujourd'hui. Remarquez, je me passerais plus des factures que du pain ou de cigarettes… Mais le 8 à huit a été dévalisé de ses raviolis, cassoulets et de packs d'eau.

Ici, pas de coupure d'eau ni d'électricité, et je croise les doigts. J'ai fait le plein d'eau, j'ai fait le plein de bougies, et j'ai sorti mes jeux de sociétés (style Scrabble).

Le seul problème est qu'il est vrai que la vie est super chère ici. J'ai trente ans d'expatriation (Afrique, Polynésie, DOM) mais pour joindre les deux bouts, je peux vous assurer, quoi que toutes les stats puissent vous dire, c'est impossible, et chacun y va de sa raison."

A lire aussi sur Rue89
► La Guadeloupe paralysée par la grève générale
► La crise dans les DOM-TOM
► Pouvoir d'achat: les DOM-TOM oubliés



GUADELOUPE : APPEL A LA SOLIDARITE

Cher ami, cher compatriote, cher camarade,

Quelques uns d’entre nous proposent de porter une contribution originale au mouvement populaire en cours, par la signature et la diffusion du document joint.
Parce que le problème posé est le problème de tous.
Parce que le koudmen de chacun est indispensable.
Parce que l’attente est importante, chez ceux qui sont mobilisés, de voir d’autres expressions du caractère populaire de ce mouvement.
Parce que la réflexion de chacun est nécessaire, dans la situation générale de notre pays.
Parce qu’il faut mettre le pied à l’étrier de l’action collective.
La signature d’adhésion se ferait par retour de l’email à l’adresse « soutiyenn_liyannaj@orange.fr ».
D’autres formes classiques pourront être envisagées.
La liste restera ouverte jusqu’à la fin du mouvement.
Ce document signé sera mis entre les mains du « liyanaj kont pwofitasiyon ».
Il pourra être diffusé sur les médias.

http://www.montraykreyol.org/local/cach ... -a33cb.jpg


Mobilisation : LA PRESSION MONTE ENCORE D'UN CRAN

On commence à discerner la stratégie du collectif Liyannaj kont pwofitasyon, qui a lancé depuis mardi un mot d'ordre de grève générale. Après une manifestation de masse, mardi matin, dans les rues de Pointe-à-Pitre, des actions plus ciblées concernent les grandes entreprises de Guadeloupe. Hier, la pression est encore montée.
Si les opérations escargot se sont poursuivies hier, on a également assisté à des blocages de la circulation routière un peu plus marqués dans les secteurs de Marieul et Bosredon/Morne-à-l'Eau, à Mare-Gaillard au Gosier et surtout en Nord Basse-Terre, au pont de La Boucan.
Elément nouveau, les premières chutes de tension électrique ont été enregistrées sur le réseau, obligeant EDF à opérer différents délestages dans le département.
A entendre les propos des responsables syndicaux, la mobilisation générale s'installe. Exemple : rarement les syndicats de l'enseignement libre n'ont été aussi déterminés dans un mouvement. « Nous avions lancé deux préavis de grève qui n'ont pas été pris en compte. On a tendance à se moquer de nous parce que généralement l'école privée ne fait pas grève. Aujourd'hui, nous disons qu'aucun établissement privé ne reprendra les cours tant que nous n'aurons pas négocié. Ecole publique, école privée, même combat! » , scandait Séverine Noyer, représentante des personnels des établissements scolaires privés.
Autant dire que la rencontre prévue ce matin avec le recteur, ne s'annonce pas des plus faciles.

Menaces, pression et intimidation

Au troisième jour de mobilisation, seul un magasin sur dix était ouvert à Pointe-à-Pitre. Une tendance que l'on observait ailleurs. Les centres commerciaux Milénis (Les Abymes) et Destreland (Baie-Mahault) n'ont, pour la première fois, pas pu fonctionner... De même qu'à la zone industrielle de Jarry, où tous les commerces et les sociétés de service ont été fermés. Dès mercredi, des membres de la CTU passaient dans les entreprises pour « sensibiliser » employés et patrons encore en poste à regagner la rue. Une situation qui s'est radicalisée hier. Moins de « sensibilisation » . On est passé à des méthodes plus musclées.
D'autres membres d'organisations syndicales faisant partie du collectif se sont associés à la manoeuvre... Pour faire adhérer « démocratiquement » les travailleurs au mouvement, ils recourent aux menaces, à la pression et à l'intimidation. Une méthode pas très glorieuse pour « on biten kè tout moun ka sou- tyenn padavwa i jis » .
(1) Sica : Société d'intérêt collectif agricole

Le collectif soigne sa communication

« Domino ka bat'an pangal, mè pa ka joué an pangal » , avertissait Elie Domota, porte-parole du Liyannaj kont pwofitasyon, lors d'une conférence de presse au palais de la Mutualité. Un dicton créole pour expliquer pourquoi le collectif a décliné l'invitation du préfet à la rencontre de l'après-midi.
« Il n'est pas question de s'asseoir autour d'une table pour négocier sans avoir, face à nous, l'ensemble des autorités responsables, le préfet, le conseil général, le conseil régional, le Medef, la CGPME, l'Umpeg. » C'est d'ailleurs à ces « autorités responsables » que le collectif a adressé un courrier, en insistant toutefois auprès des journalistes sur sa volonté de négocier. Pourtant, le préfet assurait en réponse avoir convié l'ensemble des collectivités.

« Une souffrance terrible... »

Au palais de la Mutualité, sur les quarante-six représentants du collectif, une huitaine avait pris place à la table, devant la presse, alors que le reste du comité restait sagement assis à l'arrière des principaux intervenants. Ces derniers se sont gargarisés du succès de la mobilisation. « On biten kè nou po ko vwè an Gwadloup. Avòté kon matrité, tout moun ka soutienn mouvman la sa, pa da vwa i jist. »
En dehors du refus de rencontrer le préfet sans l'ensemble des autorités, aucune information nouvelle n'est sortie de la conférence de presse d'hier matin. A travers des interventions bien rodées, Elie Domota a rappelé « l'existence aujourd'hui d'une souffrance terrible en Guadeloupe qui frappe toutes les couches de la société » , singulièrement les jeunes. « Manque de formation, échec scolaire, exclusion débouchent sur la montée de la délinquance. »
Le représentant du mouvement Kiltirel Akiyo, Patrick Cock, quant à lui, estime qu'il est temps que « le peuple guadeloupéen se réconcilie avec lui-même et qu'il est l'heure de tout mettre à plat pour réfléchir à une identité guadeloupéenne... »
Parmi les quelques prises de parole, le représentant de la CLCV et de la CNL (associations de consommateurs et de locataires) a fustigé les nouvelles lois dans le domaine du logement social, qui « menacent la mixité sociale » , et l'augmentation des loyers sans tenir compte des demandes répétées de gel souhaitées par l'ensemble des associations.
Sur les marches du palais de la Mutualité, comme pour encourager les journalistes à aller relayer au plus vite les informations du Liyannaj, un membre du collectif prenait la parole pour louer le travail des médias.

Négociations reportées : le préfet se dit ouvert à la discussion

« Pas question de s'asseoir autour d'une table pour négocier sans avoir, face à nous, l'ensemble des autorités responsables » a dit le collectif pour justifier son absence
Désespérément vide. La principale salle de réception de la préfecture, la salle Schoelcher, n'a jamais été aussi bien rangée que durant la journée d'hier. Les services préfectoraux avaient, très tôt dans la journée, pris la précaution d'installer suffisamment de chaises pour tout le monde, connaissant l'imposant effectif des organisations composant le collectif Lyannaj kont pwofitasyon. Mais échec! Ni la rencontre prévue avec la mission interministérielle sur la formation des prix des carburants, prévue à 11heures, ni les négociations qui devaient s'ouvrir à 16 h 30, entre le préfet, les collectivités, le patronat et le collectif, n'ont eu lieu. Les exécutifs locaux et les membres du collectif ont signifié clairement au préfet, par courrier, qu'ils ne souhaitaient pas y prendre part. Le préfet ne pouvait donc que constater l'échec de sa tentative d'ouverture de ces discussions.

« Il y a urgence »

« Je déplore et je regrette que cette réunion n'ait pu se tenir, parce qu'il me paraît nécessaire que nous mettions un terme rapidement à un conflit qui serait préjudiciable à la Guadeloupe, s'il devait se prolonger, a-t-il communiqué. J'ai pris mes responsabilités en suscitant cette réunion et je laisse le soin à ceux qui ne sont pas venus de prendre aussi les leurs. Pour autant, je ne considère pas que c'est une annulation, c'est un report. Et ce report ne nous interdit pas à nous, services de l'Etat, de travailler. J'ai constaté, en lisant la plateforme, qu'un certain nombre de revendications relevaient de l'Etat, d'autres de la Région, du conseil général, des communes ou des partenaires sociaux. Je me concentre sur celles qui concernent l'Etat et là, il y a deux types de demandes : celles qui peuvent être traitées au plan local et d'autres qui doivent être transmises à Paris, parce qu'elles excèdent la compétence du préfet. S'agissant des demandes locales, je suis en train de travailler sur ce qu'elles appellent comme réponses et dès que le collectif souhaitera me rencontrer - et je reprendrai auprès de lui l'initiative dans les prochaines heures - je lui ferai des propositions et j'apporterai un certain nombre d'éléments de réponse. »
Que peut-il se passer désormais ? Le préfet se dit ouvert à la discussion, « prêt à rencontrer tous ceux qui le souhaitent » . Mais compte tenu des positions, d'une part, des collectivités, qui ne souhaitent pas participer à une réunion sur des points qui ne les concernent pas, et, d'autre part, du collectif qui souhaite des négociations globales avec tout le monde, il n'est pas permis de faire preuve d'optimisme et une radicalisation du mouvement peut être crainte. « Plus le conflit durera, plus les risques de dérapage seront grands et plus il sera préjudiciable à la Guadeloupe. Je suis confiant dans l'avenir, mais à condition que chacun contribue à la solution du problème qui nous occupe aujourd'hui. Je dis très simplement qu'il y a, à mon avis, urgence à se mettre tous autour de la table pour mettre un terme à une situation qui risque de dégénérer et de produire des effets de plus en plus négatifs et dangereux pour la Guadeloupe, son économie, son image et sa cohésion. »
Dans un courrier adressé au collectif, le préfet a réitéré son souhait qu'une réunion associant l'ensemble des acteurs concernés puisse se tenir au plus vite. Jusqu'à hier soir, aucune réunion n'était prévue. Il faudrait peut-être que chacun mette son orgueil de côté pour favoriser le déblocage de la situation.

Des tracteurs pour bloquer La Boucan

Les agriculteurs sont passés à l'action, hier matin, sur le pont de La Boucan. A l'aide de leurs tracteurs, ils ont bloqué le rond-point de part et d'autre, ne laissant passer que les services d'urgence et de santé. Avec pour slogan commun « I péké mò » , quatre syndicats étaient mobilisés : l'UPG (Union des producteurs de la Guadeloupe), la FDSEA (Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles), les Jeunes agriculteurs (JA) et le Modef (Mouvement de défense des exploitants familiaux).

Les agriculteurs ont bloqué le rond-point

« Nous subissons des retards de paiement de deux ans concernant l'aide à la replantation. Nos demandes sous forme de dossiers collectifs par le biais des Sica (1) ne sont pas traitées par l'Europe, qui exige désormais des dossiers individuels. Nous n'avons pas perçu non plus l'aide régionale qu'on nous avait promise il y a un an pour faire face au coût du carburant. Nous subissons une augmentation de nos intrants (produits phytosanitaires) de 1 14% sans qu'il y ait de répercussions sur le prix des prestations des fournisseurs. C'est dire si, nous aussi, notre pouvoir d'achat est en baisse » , indique Georges Magdeleine, président de la Sica de Basse-Terre et du GIE canne.
Il explique que replanter coûte environ 3 200 euros à un planteur. Jusqu'ici, il pouvait compter sur 45% d'aide, mais la nouvelle programmation ne prévoit plus que 25%. Malgré toutes leurs interventions auprès du préfet, du ministre et leurs multiples courriers, les agriculteurs affirment ne pas avoir obtenu satisfaction. D'où le blocage du pont de La Boucan par les professionnels du Nord Basse-Terre et d'autres barrages à Morne-à-l'Eau ou encore à Capes- terre. « C'est une façon d'exprimer notre mécontentement et de faire connaître nos revendications, continue le porte-parole. Nous voulons que la France trouve des fonds nationaux pour nous dédommager. Puis nous irons à Bruxelles plaider notre cause. »

Les stations réquisitionnées

La liste des stations-service réquisitionnées afin de permettre un approvisionnement en carburant des services prioritaires, est modifiée et complétée comme suit :
- Esso route de Destrellan, La Jaille, Baie-Mahault (de 8 à 13heures)
- Texaco à Rivière-des-Pères, Bologne/Basse-Terre (de 8 à 13 heures)
- Total à Richeval, Morne- à-l'Eau (de 8 à 13 heures)
- Total à Petit-Bourg, Ouest (de 8 à 13 heures)
- Total à Ziotte, Deshaies (de 8 à 13 heures)
- Vito bord de mer, Le Moule (de 8 à 13 heures)
- Vito Dampierre, Le Gosier (de 8 à 13 heures)
- Vito, bourg Saint-Louis-de-Marie-Galante, (de 6 heures à midi aujourd'hui, puis de 9 à 11 heures) L'accès est strictement réservé aux véhicules prioritaires, qui doivent être munis des pièces justifiant leur qualité, et se fera sous contrôle des forces de l'ordre.

Yo pé ké fé sa yo vlé

Comment traite-t-on cette info ? Epineuse question pour la rédaction de France-Antilles après l'opération commando du collectif Liyannaj kont pwofitasyon, qui a vidé l'entreprise de ses employés hier après-midi.
Un commando, le mot est fort et renvoie à la littérature guerrière. Mais comment appeler autrement une quinzaine de personnes qui pénètrent dans les locaux du journal pour prier, le mot est faible, le personnel de quitter son poste de travail. Avec un message clairement menaçant : « Nous sommes l'avant-garde, une ligne préventive avant que déferlent « des gens moins conciliants » . »
Ces diplomates de LKP ont toutefois permis aux journalistes de rester pour faire leur travail d'information.
Mais justement, quelle info ? Peut-on discourir de la méthode sans craindre les foudres de nos envahisseurs d'hier ? Aurons-nous le droit ce matin de continuer à faire notre travail ? Car à défaut de les qualifier, comment expliquer ces agissements qui se sont reproduits un peu partout dans des entreprises ciblées de Guadeloupe ?
Une chose est sûre. A nos yeux, ces méthodes ne peuvent que discréditer ce mouvement qui se veut populaire et ne sont pas dignes de responsables qui se positionnent à travers leurs 120 points de revendications comme une troisième voie pour la Guadeloupe. Quel péyi veulent-ils construire ? Yo pé ké fé sa yo vlé an péyi an nou!




EDITO Ce n’est qu’un début…la crise continue ? Par Danik Ibrahim Zandwoni 25.01.2009 l 17h


Vous savez la nouvelle ? Lundi ça va être un peu et même très compliqué de trouver une station de service ouverte pour faire le plein. Très dur d’avoir de l’eau pour sa piscine ou de l’énergie électrique pour faire fonctionner sa clim. Ou son chauffe –eau. Pff !!
Et les pauvres èléves de l’institution privée catholique de Massabielle ( Très majoritairement des enfants des blan-fwans -au- soleil-de-la-colonie)? Ils seront pour une semaine encore privés de cours. Ah les pauvres !
Il faut aussi avoir une pensée pour les entreprises de Jarry Land, cette immense zone de commerce et de conso, où les Gwadloupéyens natifs : nègres, indiens, et parfois même blancs créoles, n’ont souvent que des postes de subalternes diplômés ou pas.

Jarry Land ? Oui, oui, c’est à Baie-Mahaut, 97122 Guadeloupe, à deux pas de Pointe-à-Pitre. Ici, et ce n’est qu’un simple constat, les patrons sont de plus en plus des gens venus de pays froids, pour diriger, manager, faire du fric et, cerise sur le gâteau , tenir des discours à la marge du racisme, sur la « nonchalance » de ces « guadeloupéens ».

Lundi, et peut être même au-delà donc, ils seront encore «bloqués», parce que samedi soir au World Trade Center…. de Jarry Land, les patrons, les politiques, le Préfet, etc., n’ont pas su trouver un accord avec Lyannaj Kont Pwofitasyon. Dommage, messieurs nous perdons du temps !

Le Préfet Nicolas Desforges, (envoyé au « front » depuis moins d’un mois par son patron Yves Jégo, n’a guère eu le temps de souffler) aura tout tenté.

Quand vendredi après midi, les Présidents des collectivités majeures ont boudé le rendez- vous de Basse-Terre avec le LKP, qui croyez vous, a pris son portable pour rappeler Lurel et Gillot à l’ordre de la République ?

Samedi fin d’aprèm, certains l’ont vécu presque en direct sur la chaine privée Canal 10. Qui a multiplié les efforts pour empêcher un affrontement qui aurait été de toute façon très violent (avec dommages collatéraux à deux pas de la centrale EDF de Jarry !) entre les forces de l’ordre et les sympathisants de LKP ?

Qui a mangé son chapeau, tenté de recoller les bouts tout au long du premier round de négociations au World Trade Center, ente LKP et élus ?

Ne croyez pas que nous allons là exonérer un Préfet, qui n’accomplit en fait que ses missions de «gouverneur de colonie»... Car c’est aussi ce même préfet, représentant de l’Etat français, dans notre pays, qui décide à la veille du 2O janvier 2009 de faire entrer par avion, 3 escadrons de gendarmes blêmes, armés jusqu’aux dents. Un classique qui ne surprend plus un seul Guadeloupéen natif.

La différence, c’est que 42 ans après les massacres de Mai 1967 à Pointe-à-Pitre et Jarry, il est difficile de nous refaire le même coup. Alors le Préfet Nicolas Desforges, tout en faisant mine de «comprendre» la plate forme de LKP, pour tenter au passage d’affaiblir Victorin Lurel habile manœuvre à la Jégo !), sait qu’il doit tout mettre en œuvre pour sortir «proprement » de cette crise. Pourquoi ?

Quand on est Préfet en Guadeloupe, on se doit d’avoir les yeux rivés sur tous les clignotants et être en mesure d’évaluer la réalité du terrain. C’est du moins ce que nous pensons...

Chiffres officiels du chômage en Guadeloupe, fournis par les services de l’Etat, Pole Emploi et INSEE : 22 ,7% de demandeurs d’emploi, soit environ 38 000 personnes (beaucoup plus que la Manif d’hier !). A titre comparatif, il faut savoir qu’en France, le taux de chômage N’EST QUE de 7, 7%. !! (Chiffre Insee). Si la France atteignait les 12% de chômeurs, Sarkozy et sa bande seraient rapidement balayés par un «Lyannaj Français Contre le Chômage» ! OK ?

Nicolas Desforges, Préfet en Guadeloupe, depuis peu, en contact régulier avec son ami le Procureur Jean-Michel Prêtre, sait aussi que les chiffres de la délinquance urbaine, apparemment à la baisse, restent cependant très inquiétants. Dans un rapport intitulé «Plan Départemental de prévention à la délinquance 2008 » et qui n’est pas l’œuvre de CC1, mais des services de l’Etat français on lit en page 6 : « La commune des Abymes connaît le plus grand nombre de faits constatés (39%) et Pointe à Pitre a le taux de criminalité le plus élevé puisqu’il atteint 153 pour mille.
Afin de confirmer cette tendance à la baisse, (sic !) L’occupation de la voie publique et la mise en œuvre des compétences de la police technique et scientifique seront encore développées en 2008 en recherchant une adaptation constante à la réalité de la délinquance".
Continuons
Voilà ce que nous écrivions dans CC1 le 12 novembre 2008 : « Jean-Michel Prêtre le Procureur, a même ajouté au cours d’une brève prise de parole, que les homicides avaient très largement dépassé la côte d’alerte. Pour la seule agglomération pointoise, plus de 80 personnes avaient été tuées. 298 viols avaient été commis. Des chiffres qui donnent le frisson et indiquent le niveau atteint par les violences contre des personnes ».
Pas besoin d’avoir fait un doctorat en sociologie urbaine pour comprendre que la situation actuelle de la Guadeloupe est grosse d’une méga explosion. Elle peut être d’abord sociale. Mais (tant pis pour ceux qui ne veulent pas le voir !) dans une colonie, où l’essentiel des pouvoirs économiques, militaires, judiciaires et LE politique, sont concentrés entre les mains de personnes venues du froid, il y a un effet presque «mécanique ». Toute révolte sociale se transforme en dernière analyse en révolte non seulement contre l’Etat colonial et ses attributs, mais aussi en révolte raciale, contre les Blan-Fwans ! Hé oui…
Lyannaj Kont Pwofitasyon est donc un moyen ultime pour éviter un bordel généralisé en Guadeloupe. «Lyannaj» est un sérieux avertissement et peut être même, une sorte de « signal d’alarme ». Le chœur des pleureuses qui n’a cessé depuis une semaine de se lamenter sur les pertes que subira notre économie, notre image, notre tourisme etc., devrait se dire qu’ils ont aussi leur part de responsabilité dans l’échec sociétal.
Le « chœur » a déjà bien profité de la défisc, des aides de toutes sortes avant ou après cyclone et que certains se sont mis plein les poches, et les profiteurs du système ne sont ni Chauvel, ni à Lacroix, ou à Rivières des Pères.
Oui, c’est vrai, la situation sociale est grave, une grève générale qui dure deux ou trois semaines, c’est long peut-être même trop... Qui soutiendra le contraire ? Mais n’est-ce pas le prix à payer pour une vraie avancée sociale, dans le cadre actuel ? Les 12O points du Cahier de revendications de LKP ne sont pas le fruit de l’imagination de quelques syndicalistes en mal de notoriété ou d’indépendantistes camouflés. Du préfet aux décideurs économiques ou politiques, tout ce beau monde en a reconnu le bien fondé. Alors que faire ?
J’entends souvent, ici et là que la Guadeloupe est «française, européenne », etc., que l’Etat est solidaire. Mais doit-on demander à « l’Etat-providence » de mettre la main au portefeuille ? Quand les banques françaises sont en péril, Sarkozy sait trouver les milliards nécessaires…
C’est de l’assistanat ? Non… pas du tout.
La Guadeloupe n’étant pas indépendante, LKP va quand même pas aller frapper à la porte du FMI ; franchement ?
Nico37
 
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Re: Guadeloupe : l’île paralysée par des barricades au 1er jour

Messagede Nico37 » 26 Jan 2009, 19:31

La grève en Guadeloupe racontée par ses habitants

Par Rue89 | 25/01/2009 | 18H04

Suite à la publication de l'article "La Guadeloupe paralysée par la grève générale", nos lecteurs de Guadeloupe nous ont écrit pour raconter leur quotidien dans le département d'outre-mer en révolte contre la vie chère depuis mardi.

Monique: "Je regarde ces hommes avec immensément de fierté"

"Je suis une métro enseignante vivant en Guadeloupe depuis douze ans. C’est une grève générale venue des entrailles, avec les excès inévitables de langage et les radicalisations de ceux qui sont élevés dans le “baisse les yeux, ferme ta bouche”.

Mais les raisons de manifester sont justes. Même si certaines sont irréalistes, et je le dis avec émotion.

La vie chère: au moins 50% plus cher qu’en métropole. C’est gérable pour les fonctionnaires qui touchent 40% de plus pour la vie chère justement, mais je sais que ma femme de ménage doit mettre les ignames (importés) sur la table plus souvent qu’à son tour. Tout est taxé par l’octroi de mer perçu par la région.

Les politiques sont pourris. J’assume ce que je dis. Un mépris manifeste du peuple, un abêtissement programmé, une spoliation de l’argent public pour des intérêts privés.

Malgré les maladresses de toute manifestation de cette ampleur, malgré les “la Guadeloupe est à nous, elle n’est pas à eux” inhérents à une douleur non encore cicatrisée, je regarde ces hommes avec immensément de fierté. Des hommes debout."

Catherine: "Nous avons peu d’informations"

"Depuis mardi, la Guadeloupe est paralysée: plus d'essence dans les cuves donc plus de transports, plus d'école, plus de commerces ouverts, des coupures d'électricité tournantes (hier soir, dans notre quartier, à 18h15, l'heure où il fait nuit et où les gens rentrent), des coupures d'eau (hier, durant presque neuf heures chez nous, dès 6 heures du matin).

La plupart des entreprises et commerces qui n'avaient pas fermé ont été obligés de le faire par intimidation. Des dérapages ont lieu, car les esprits s'échauffent et les voyous en profitent (voitures brûlées, essence siphonnée...) Un lot de revendications, aussi nombreuses que variées et un refus de négocier, de la part des syndicalistes, s'il n'y a pas toutes les bonnes personnes, si cela empiète sur l'heure de la manif prévue...

Les gens, ici, sont fatalistes et habitués, car ils ont connu dans le passé des grèves très dures. Ils vont faire leurs réserves d'eau et de provisions. Je connais même des personnes qui ont fait construire des citernes, en même temps que leur maison, pour pallier toute pénurie et qui ont un groupe électrogène. Moi, bêtement, je ne suis pas allée remplir un chariot plein, car cela m'agaçait...

Mais le plus grave, à mon avis, est le peu d'information que nous avons. La chaîne locale, acquise ouvertement au mouvement, distille toute la journée des images de routes vides et de barrages et donne une info partisane, sans débat contradictoire, sans analyse journalistique véritable. Les gens s'échangent des liens et internet heureusement apporte plus d'éléments."

Rudia: "C'est une attitude ridicule"

"Je fais le constat suivant: les Guadeloupéens suivent ce mouvement de grève comme des “moutons”! Certes, le pouvoir d'achat est une question qui interroge tout le monde et d'avantage les Antilles car les prix sont encore plus élevés qu'en métropole, mais je pense qu'avec ne serait-ce qu'un peu de réflexion, on se rendrait compte à quel point c'est une attitude ridicule.

Nous sommes en période de crise, ils empêchent les commerces de fonctionner, si je prends l'exemple de Pointe-à-Pitre, la situation des commerces est catastrophique, je reste persuadée qu'à l'issue de ce mouvement, de nombreux magasins fermeront leurs portes.

Concrètement, qu'est ce qu'on peux faire pour eux? Moi, je me le demande. Avec toutes leurs revendications, ce n'est pas une grève qu'il faudrait, mais une révolution.

Le syndicat majoritaire qui a appelé à la grève est l'UGTG (Union générale des travailleurs guadeloupéens). Ce syndicat a un penchant très nationaliste, voire même indépendantiste. J'ai pu noter que la manifestation qui, au départ traitait du pouvoir d'achat (notamment), penche maintenant vers un discours indépendantiste."

Christophe: "Les revendications sont complètement fantaisistes et irréalisables"

"Les grands hôtels et donc les touristes sont pris pour cible. Ils ne peuvent sortir qu'à pied, il y a des barricades y compris devant la vieille tour mais ils gèrent puisqu'ils peuvent se payer des vigiles. Parallèlement, les stations services sont fermé depuis lundi. Les ravitaillements commencent à être problématiques.

Pour la première fois dans la longue histoire des barrages en Guadeloupe, l'appel à la grève est le résultat d'une coalition de tous les syndicats, malheureusement les revendications sont complètement fantaisistes et irréalisables.

Depuis trois jours, des groupuscules sans convictions particulières érigent des barrages à droite, à gauche, y compris en pleine campagne, mais c'est un genre de sport national. De toute façon, tout sera débloqué ce weekend car nous sommes en plein carnaval.

Ironie: tout ça advient alors que l'Etat négocie des tarifs aériens préférentiels pour relancer le tourisme."

Nadine: "La vie est super chère ici"

"Nous habitons entre Pointe-à-Pitre et Basse-Terre. C'est seulement depuis vendredi, dans ma petite, très petite commune où il ne se passe jamais rien (dommage) que je ressens les méfaits de la grève.

Les gens viennent de Basse-Terre parce qu'ils avaient appris que chez nous, c'était cool et que les magasins étaient encore ouverts. Pas de chance, les manifestants aussi l'ont appris. Alors ils ont fermés notre Leader Price et autres commerces. Pour autant, mon courrier a été distribué dans ma boîte aux lettres aujourd'hui. Remarquez, je me passerais plus des factures que du pain ou de cigarettes… Mais le 8 à huit a été dévalisé de ses raviolis, cassoulets et de packs d'eau.

Ici, pas de coupure d'eau ni d'électricité, et je croise les doigts. J'ai fait le plein d'eau, j'ai fait le plein de bougies, et j'ai sorti mes jeux de sociétés (style Scrabble).

Le seul problème est qu'il est vrai que la vie est super chère ici. J'ai trente ans d'expatriation (Afrique, Polynésie, DOM) mais pour joindre les deux bouts, je peux vous assurer, quoi que toutes les stats puissent vous dire, c'est impossible, et chacun y va de sa raison."

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GUADELOUPE : APPEL A LA SOLIDARITE

Cher ami, cher compatriote, cher camarade,

Quelques uns d’entre nous proposent de porter une contribution originale au mouvement populaire en cours, par la signature et la diffusion du document joint.
Parce que le problème posé est le problème de tous.
Parce que le koudmen de chacun est indispensable.
Parce que l’attente est importante, chez ceux qui sont mobilisés, de voir d’autres expressions du caractère populaire de ce mouvement.
Parce que la réflexion de chacun est nécessaire, dans la situation générale de notre pays.
Parce qu’il faut mettre le pied à l’étrier de l’action collective.
La signature d’adhésion se ferait par retour de l’email à l’adresse « soutiyenn_liyannaj@orange.fr ».
D’autres formes classiques pourront être envisagées.
La liste restera ouverte jusqu’à la fin du mouvement.
Ce document signé sera mis entre les mains du « liyanaj kont pwofitasiyon ».
Il pourra être diffusé sur les médias.

http://www.montraykreyol.org/local/cach ... -a33cb.jpg


Mobilisation : LA PRESSION MONTE ENCORE D'UN CRAN

On commence à discerner la stratégie du collectif Liyannaj kont pwofitasyon, qui a lancé depuis mardi un mot d'ordre de grève générale. Après une manifestation de masse, mardi matin, dans les rues de Pointe-à-Pitre, des actions plus ciblées concernent les grandes entreprises de Guadeloupe. Hier, la pression est encore montée.
Si les opérations escargot se sont poursuivies hier, on a également assisté à des blocages de la circulation routière un peu plus marqués dans les secteurs de Marieul et Bosredon/Morne-à-l'Eau, à Mare-Gaillard au Gosier et surtout en Nord Basse-Terre, au pont de La Boucan.
Elément nouveau, les premières chutes de tension électrique ont été enregistrées sur le réseau, obligeant EDF à opérer différents délestages dans le département.
A entendre les propos des responsables syndicaux, la mobilisation générale s'installe. Exemple : rarement les syndicats de l'enseignement libre n'ont été aussi déterminés dans un mouvement. « Nous avions lancé deux préavis de grève qui n'ont pas été pris en compte. On a tendance à se moquer de nous parce que généralement l'école privée ne fait pas grève. Aujourd'hui, nous disons qu'aucun établissement privé ne reprendra les cours tant que nous n'aurons pas négocié. Ecole publique, école privée, même combat! » , scandait Séverine Noyer, représentante des personnels des établissements scolaires privés.
Autant dire que la rencontre prévue ce matin avec le recteur, ne s'annonce pas des plus faciles.

Menaces, pression et intimidation

Au troisième jour de mobilisation, seul un magasin sur dix était ouvert à Pointe-à-Pitre. Une tendance que l'on observait ailleurs. Les centres commerciaux Milénis (Les Abymes) et Destreland (Baie-Mahault) n'ont, pour la première fois, pas pu fonctionner... De même qu'à la zone industrielle de Jarry, où tous les commerces et les sociétés de service ont été fermés. Dès mercredi, des membres de la CTU passaient dans les entreprises pour « sensibiliser » employés et patrons encore en poste à regagner la rue. Une situation qui s'est radicalisée hier. Moins de « sensibilisation » . On est passé à des méthodes plus musclées.
D'autres membres d'organisations syndicales faisant partie du collectif se sont associés à la manoeuvre... Pour faire adhérer « démocratiquement » les travailleurs au mouvement, ils recourent aux menaces, à la pression et à l'intimidation. Une méthode pas très glorieuse pour « on biten kè tout moun ka sou- tyenn padavwa i jis » .
(1) Sica : Société d'intérêt collectif agricole

Le collectif soigne sa communication

« Domino ka bat'an pangal, mè pa ka joué an pangal » , avertissait Elie Domota, porte-parole du Liyannaj kont pwofitasyon, lors d'une conférence de presse au palais de la Mutualité. Un dicton créole pour expliquer pourquoi le collectif a décliné l'invitation du préfet à la rencontre de l'après-midi.
« Il n'est pas question de s'asseoir autour d'une table pour négocier sans avoir, face à nous, l'ensemble des autorités responsables, le préfet, le conseil général, le conseil régional, le Medef, la CGPME, l'Umpeg. » C'est d'ailleurs à ces « autorités responsables » que le collectif a adressé un courrier, en insistant toutefois auprès des journalistes sur sa volonté de négocier. Pourtant, le préfet assurait en réponse avoir convié l'ensemble des collectivités.

« Une souffrance terrible... »

Au palais de la Mutualité, sur les quarante-six représentants du collectif, une huitaine avait pris place à la table, devant la presse, alors que le reste du comité restait sagement assis à l'arrière des principaux intervenants. Ces derniers se sont gargarisés du succès de la mobilisation. « On biten kè nou po ko vwè an Gwadloup. Avòté kon matrité, tout moun ka soutienn mouvman la sa, pa da vwa i jist. »
En dehors du refus de rencontrer le préfet sans l'ensemble des autorités, aucune information nouvelle n'est sortie de la conférence de presse d'hier matin. A travers des interventions bien rodées, Elie Domota a rappelé « l'existence aujourd'hui d'une souffrance terrible en Guadeloupe qui frappe toutes les couches de la société » , singulièrement les jeunes. « Manque de formation, échec scolaire, exclusion débouchent sur la montée de la délinquance. »
Le représentant du mouvement Kiltirel Akiyo, Patrick Cock, quant à lui, estime qu'il est temps que « le peuple guadeloupéen se réconcilie avec lui-même et qu'il est l'heure de tout mettre à plat pour réfléchir à une identité guadeloupéenne... »
Parmi les quelques prises de parole, le représentant de la CLCV et de la CNL (associations de consommateurs et de locataires) a fustigé les nouvelles lois dans le domaine du logement social, qui « menacent la mixité sociale » , et l'augmentation des loyers sans tenir compte des demandes répétées de gel souhaitées par l'ensemble des associations.
Sur les marches du palais de la Mutualité, comme pour encourager les journalistes à aller relayer au plus vite les informations du Liyannaj, un membre du collectif prenait la parole pour louer le travail des médias.

Négociations reportées : le préfet se dit ouvert à la discussion

« Pas question de s'asseoir autour d'une table pour négocier sans avoir, face à nous, l'ensemble des autorités responsables » a dit le collectif pour justifier son absence
Désespérément vide. La principale salle de réception de la préfecture, la salle Schoelcher, n'a jamais été aussi bien rangée que durant la journée d'hier. Les services préfectoraux avaient, très tôt dans la journée, pris la précaution d'installer suffisamment de chaises pour tout le monde, connaissant l'imposant effectif des organisations composant le collectif Lyannaj kont pwofitasyon. Mais échec! Ni la rencontre prévue avec la mission interministérielle sur la formation des prix des carburants, prévue à 11heures, ni les négociations qui devaient s'ouvrir à 16 h 30, entre le préfet, les collectivités, le patronat et le collectif, n'ont eu lieu. Les exécutifs locaux et les membres du collectif ont signifié clairement au préfet, par courrier, qu'ils ne souhaitaient pas y prendre part. Le préfet ne pouvait donc que constater l'échec de sa tentative d'ouverture de ces discussions.

« Il y a urgence »

« Je déplore et je regrette que cette réunion n'ait pu se tenir, parce qu'il me paraît nécessaire que nous mettions un terme rapidement à un conflit qui serait préjudiciable à la Guadeloupe, s'il devait se prolonger, a-t-il communiqué. J'ai pris mes responsabilités en suscitant cette réunion et je laisse le soin à ceux qui ne sont pas venus de prendre aussi les leurs. Pour autant, je ne considère pas que c'est une annulation, c'est un report. Et ce report ne nous interdit pas à nous, services de l'Etat, de travailler. J'ai constaté, en lisant la plateforme, qu'un certain nombre de revendications relevaient de l'Etat, d'autres de la Région, du conseil général, des communes ou des partenaires sociaux. Je me concentre sur celles qui concernent l'Etat et là, il y a deux types de demandes : celles qui peuvent être traitées au plan local et d'autres qui doivent être transmises à Paris, parce qu'elles excèdent la compétence du préfet. S'agissant des demandes locales, je suis en train de travailler sur ce qu'elles appellent comme réponses et dès que le collectif souhaitera me rencontrer - et je reprendrai auprès de lui l'initiative dans les prochaines heures - je lui ferai des propositions et j'apporterai un certain nombre d'éléments de réponse. »
Que peut-il se passer désormais ? Le préfet se dit ouvert à la discussion, « prêt à rencontrer tous ceux qui le souhaitent » . Mais compte tenu des positions, d'une part, des collectivités, qui ne souhaitent pas participer à une réunion sur des points qui ne les concernent pas, et, d'autre part, du collectif qui souhaite des négociations globales avec tout le monde, il n'est pas permis de faire preuve d'optimisme et une radicalisation du mouvement peut être crainte. « Plus le conflit durera, plus les risques de dérapage seront grands et plus il sera préjudiciable à la Guadeloupe. Je suis confiant dans l'avenir, mais à condition que chacun contribue à la solution du problème qui nous occupe aujourd'hui. Je dis très simplement qu'il y a, à mon avis, urgence à se mettre tous autour de la table pour mettre un terme à une situation qui risque de dégénérer et de produire des effets de plus en plus négatifs et dangereux pour la Guadeloupe, son économie, son image et sa cohésion. »
Dans un courrier adressé au collectif, le préfet a réitéré son souhait qu'une réunion associant l'ensemble des acteurs concernés puisse se tenir au plus vite. Jusqu'à hier soir, aucune réunion n'était prévue. Il faudrait peut-être que chacun mette son orgueil de côté pour favoriser le déblocage de la situation.

Des tracteurs pour bloquer La Boucan

Les agriculteurs sont passés à l'action, hier matin, sur le pont de La Boucan. A l'aide de leurs tracteurs, ils ont bloqué le rond-point de part et d'autre, ne laissant passer que les services d'urgence et de santé. Avec pour slogan commun « I péké mò » , quatre syndicats étaient mobilisés : l'UPG (Union des producteurs de la Guadeloupe), la FDSEA (Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles), les Jeunes agriculteurs (JA) et le Modef (Mouvement de défense des exploitants familiaux).

Les agriculteurs ont bloqué le rond-point

« Nous subissons des retards de paiement de deux ans concernant l'aide à la replantation. Nos demandes sous forme de dossiers collectifs par le biais des Sica (1) ne sont pas traitées par l'Europe, qui exige désormais des dossiers individuels. Nous n'avons pas perçu non plus l'aide régionale qu'on nous avait promise il y a un an pour faire face au coût du carburant. Nous subissons une augmentation de nos intrants (produits phytosanitaires) de 1 14% sans qu'il y ait de répercussions sur le prix des prestations des fournisseurs. C'est dire si, nous aussi, notre pouvoir d'achat est en baisse » , indique Georges Magdeleine, président de la Sica de Basse-Terre et du GIE canne.
Il explique que replanter coûte environ 3 200 euros à un planteur. Jusqu'ici, il pouvait compter sur 45% d'aide, mais la nouvelle programmation ne prévoit plus que 25%. Malgré toutes leurs interventions auprès du préfet, du ministre et leurs multiples courriers, les agriculteurs affirment ne pas avoir obtenu satisfaction. D'où le blocage du pont de La Boucan par les professionnels du Nord Basse-Terre et d'autres barrages à Morne-à-l'Eau ou encore à Capes- terre. « C'est une façon d'exprimer notre mécontentement et de faire connaître nos revendications, continue le porte-parole. Nous voulons que la France trouve des fonds nationaux pour nous dédommager. Puis nous irons à Bruxelles plaider notre cause. »

Les stations réquisitionnées

La liste des stations-service réquisitionnées afin de permettre un approvisionnement en carburant des services prioritaires, est modifiée et complétée comme suit :
- Esso route de Destrellan, La Jaille, Baie-Mahault (de 8 à 13heures)
- Texaco à Rivière-des-Pères, Bologne/Basse-Terre (de 8 à 13 heures)
- Total à Richeval, Morne- à-l'Eau (de 8 à 13 heures)
- Total à Petit-Bourg, Ouest (de 8 à 13 heures)
- Total à Ziotte, Deshaies (de 8 à 13 heures)
- Vito bord de mer, Le Moule (de 8 à 13 heures)
- Vito Dampierre, Le Gosier (de 8 à 13 heures)
- Vito, bourg Saint-Louis-de-Marie-Galante, (de 6 heures à midi aujourd'hui, puis de 9 à 11 heures) L'accès est strictement réservé aux véhicules prioritaires, qui doivent être munis des pièces justifiant leur qualité, et se fera sous contrôle des forces de l'ordre.

Yo pé ké fé sa yo vlé

Comment traite-t-on cette info ? Epineuse question pour la rédaction de France-Antilles après l'opération commando du collectif Liyannaj kont pwofitasyon, qui a vidé l'entreprise de ses employés hier après-midi.
Un commando, le mot est fort et renvoie à la littérature guerrière. Mais comment appeler autrement une quinzaine de personnes qui pénètrent dans les locaux du journal pour prier, le mot est faible, le personnel de quitter son poste de travail. Avec un message clairement menaçant : « Nous sommes l'avant-garde, une ligne préventive avant que déferlent « des gens moins conciliants » . »
Ces diplomates de LKP ont toutefois permis aux journalistes de rester pour faire leur travail d'information.
Mais justement, quelle info ? Peut-on discourir de la méthode sans craindre les foudres de nos envahisseurs d'hier ? Aurons-nous le droit ce matin de continuer à faire notre travail ? Car à défaut de les qualifier, comment expliquer ces agissements qui se sont reproduits un peu partout dans des entreprises ciblées de Guadeloupe ?
Une chose est sûre. A nos yeux, ces méthodes ne peuvent que discréditer ce mouvement qui se veut populaire et ne sont pas dignes de responsables qui se positionnent à travers leurs 120 points de revendications comme une troisième voie pour la Guadeloupe. Quel péyi veulent-ils construire ? Yo pé ké fé sa yo vlé an péyi an nou!




EDITO Ce n’est qu’un début…la crise continue ? Par Danik Ibrahim Zandwoni 25.01.2009 l 17h


Vous savez la nouvelle ? Lundi ça va être un peu et même très compliqué de trouver une station de service ouverte pour faire le plein. Très dur d’avoir de l’eau pour sa piscine ou de l’énergie électrique pour faire fonctionner sa clim. Ou son chauffe –eau. Pff !!
Et les pauvres èléves de l’institution privée catholique de Massabielle ( Très majoritairement des enfants des blan-fwans -au- soleil-de-la-colonie)? Ils seront pour une semaine encore privés de cours. Ah les pauvres !
Il faut aussi avoir une pensée pour les entreprises de Jarry Land, cette immense zone de commerce et de conso, où les Gwadloupéyens natifs : nègres, indiens, et parfois même blancs créoles, n’ont souvent que des postes de subalternes diplômés ou pas.

Jarry Land ? Oui, oui, c’est à Baie-Mahaut, 97122 Guadeloupe, à deux pas de Pointe-à-Pitre. Ici, et ce n’est qu’un simple constat, les patrons sont de plus en plus des gens venus de pays froids, pour diriger, manager, faire du fric et, cerise sur le gâteau , tenir des discours à la marge du racisme, sur la « nonchalance » de ces « guadeloupéens ».

Lundi, et peut être même au-delà donc, ils seront encore «bloqués», parce que samedi soir au World Trade Center…. de Jarry Land, les patrons, les politiques, le Préfet, etc., n’ont pas su trouver un accord avec Lyannaj Kont Pwofitasyon. Dommage, messieurs nous perdons du temps !

Le Préfet Nicolas Desforges, (envoyé au « front » depuis moins d’un mois par son patron Yves Jégo, n’a guère eu le temps de souffler) aura tout tenté.

Quand vendredi après midi, les Présidents des collectivités majeures ont boudé le rendez- vous de Basse-Terre avec le LKP, qui croyez vous, a pris son portable pour rappeler Lurel et Gillot à l’ordre de la République ?

Samedi fin d’aprèm, certains l’ont vécu presque en direct sur la chaine privée Canal 10. Qui a multiplié les efforts pour empêcher un affrontement qui aurait été de toute façon très violent (avec dommages collatéraux à deux pas de la centrale EDF de Jarry !) entre les forces de l’ordre et les sympathisants de LKP ?

Qui a mangé son chapeau, tenté de recoller les bouts tout au long du premier round de négociations au World Trade Center, ente LKP et élus ?

Ne croyez pas que nous allons là exonérer un Préfet, qui n’accomplit en fait que ses missions de «gouverneur de colonie»... Car c’est aussi ce même préfet, représentant de l’Etat français, dans notre pays, qui décide à la veille du 2O janvier 2009 de faire entrer par avion, 3 escadrons de gendarmes blêmes, armés jusqu’aux dents. Un classique qui ne surprend plus un seul Guadeloupéen natif.

La différence, c’est que 42 ans après les massacres de Mai 1967 à Pointe-à-Pitre et Jarry, il est difficile de nous refaire le même coup. Alors le Préfet Nicolas Desforges, tout en faisant mine de «comprendre» la plate forme de LKP, pour tenter au passage d’affaiblir Victorin Lurel habile manœuvre à la Jégo !), sait qu’il doit tout mettre en œuvre pour sortir «proprement » de cette crise. Pourquoi ?

Quand on est Préfet en Guadeloupe, on se doit d’avoir les yeux rivés sur tous les clignotants et être en mesure d’évaluer la réalité du terrain. C’est du moins ce que nous pensons...

Chiffres officiels du chômage en Guadeloupe, fournis par les services de l’Etat, Pole Emploi et INSEE : 22 ,7% de demandeurs d’emploi, soit environ 38 000 personnes (beaucoup plus que la Manif d’hier !). A titre comparatif, il faut savoir qu’en France, le taux de chômage N’EST QUE de 7, 7%. !! (Chiffre Insee). Si la France atteignait les 12% de chômeurs, Sarkozy et sa bande seraient rapidement balayés par un «Lyannaj Français Contre le Chômage» ! OK ?

Nicolas Desforges, Préfet en Guadeloupe, depuis peu, en contact régulier avec son ami le Procureur Jean-Michel Prêtre, sait aussi que les chiffres de la délinquance urbaine, apparemment à la baisse, restent cependant très inquiétants. Dans un rapport intitulé «Plan Départemental de prévention à la délinquance 2008 » et qui n’est pas l’œuvre de CC1, mais des services de l’Etat français on lit en page 6 : « La commune des Abymes connaît le plus grand nombre de faits constatés (39%) et Pointe à Pitre a le taux de criminalité le plus élevé puisqu’il atteint 153 pour mille.
Afin de confirmer cette tendance à la baisse, (sic !) L’occupation de la voie publique et la mise en œuvre des compétences de la police technique et scientifique seront encore développées en 2008 en recherchant une adaptation constante à la réalité de la délinquance".
Continuons
Voilà ce que nous écrivions dans CC1 le 12 novembre 2008 : « Jean-Michel Prêtre le Procureur, a même ajouté au cours d’une brève prise de parole, que les homicides avaient très largement dépassé la côte d’alerte. Pour la seule agglomération pointoise, plus de 80 personnes avaient été tuées. 298 viols avaient été commis. Des chiffres qui donnent le frisson et indiquent le niveau atteint par les violences contre des personnes ».
Pas besoin d’avoir fait un doctorat en sociologie urbaine pour comprendre que la situation actuelle de la Guadeloupe est grosse d’une méga explosion. Elle peut être d’abord sociale. Mais (tant pis pour ceux qui ne veulent pas le voir !) dans une colonie, où l’essentiel des pouvoirs économiques, militaires, judiciaires et LE politique, sont concentrés entre les mains de personnes venues du froid, il y a un effet presque «mécanique ». Toute révolte sociale se transforme en dernière analyse en révolte non seulement contre l’Etat colonial et ses attributs, mais aussi en révolte raciale, contre les Blan-Fwans ! Hé oui…
Lyannaj Kont Pwofitasyon est donc un moyen ultime pour éviter un bordel généralisé en Guadeloupe. «Lyannaj» est un sérieux avertissement et peut être même, une sorte de « signal d’alarme ». Le chœur des pleureuses qui n’a cessé depuis une semaine de se lamenter sur les pertes que subira notre économie, notre image, notre tourisme etc., devrait se dire qu’ils ont aussi leur part de responsabilité dans l’échec sociétal.
Le « chœur » a déjà bien profité de la défisc, des aides de toutes sortes avant ou après cyclone et que certains se sont mis plein les poches, et les profiteurs du système ne sont ni Chauvel, ni à Lacroix, ou à Rivières des Pères.
Oui, c’est vrai, la situation sociale est grave, une grève générale qui dure deux ou trois semaines, c’est long peut-être même trop... Qui soutiendra le contraire ? Mais n’est-ce pas le prix à payer pour une vraie avancée sociale, dans le cadre actuel ? Les 12O points du Cahier de revendications de LKP ne sont pas le fruit de l’imagination de quelques syndicalistes en mal de notoriété ou d’indépendantistes camouflés. Du préfet aux décideurs économiques ou politiques, tout ce beau monde en a reconnu le bien fondé. Alors que faire ?
J’entends souvent, ici et là que la Guadeloupe est «française, européenne », etc., que l’Etat est solidaire. Mais doit-on demander à « l’Etat-providence » de mettre la main au portefeuille ? Quand les banques françaises sont en péril, Sarkozy sait trouver les milliards nécessaires…
C’est de l’assistanat ? Non… pas du tout.
La Guadeloupe n’étant pas indépendante, LKP va quand même pas aller frapper à la porte du FMI ; franchement ?
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Re: Guadeloupe : l’île paralysée par des barricades au 1er jour

Messagede Nico37 » 26 Jan 2009, 23:12

U G T G le 26 janvier 2009
Rue Paul LACAVE 97 110 Pointe à Pitre Tél : 590 83 10 07 - ugtg@wanadoo.fr

APPEL DE L’UGTG AU MOUVEMENT OUVRIER ET DEMOCATIQUE INTERNATIONAL

Chers camarades, Chers amis,

Le pouvoir colonial français s’apprête à réprimer les travailleurs, la jeunesse, le peuple de Guadeloupe avec leurs organisations.

A l’appel de 47 organisations syndicales, politiques, d’associations de consommateurs, d’associations populaires et culturelles un mouvement de grève générale a commencé le 20 janvier 2009, exprimant ainsi le mécontentement général des masses laborieuses, un ras le bol général contre les souffrances auxquelles elles sont confrontées.

C’est ainsi qu’une manifestation à rassembler plus de 25 000 personnes dans les rues de Pointe à Pitre( Ville principale du pays). Dans la plate-forme de revendications adressée au patronat, aux élus, au représentant de l’Etat, les travailleurs et le peuple demandent, en autres :

le relèvement immédiat et conséquent des salaires, du minima vieillesse, des minima sociaux. Sachez qu’en Guadeloupe plus de 100 000 personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté sur une population d’environ 450 000 habitants.
la défense et la création d’emplois, la formation notamment pour la jeunesse.
la défense et le développement de la production.
la défense et l’amélioration du droit et des libertés syndicales.
la baisse des loyers

Les patrons et les élus, au nom de la crise, ont déjà manifesté leur volonté de ne pas satisfaire ces revendications avant même d’ouvrir les négociations.

Ils demandent aux travailleurs « d’être raisonnables, de rependre le travail »

Le patronat s’apprête à lockouter en pensant affamer la population pour créer des affrontements et demander au pouvoir colonial de réprimer. C’est ainsi que plusieurs centaines de forces de répression sont arrivés en Guadeloupe il y a quelque jours, armés jusqu’aux dents.

Chers camarades, Chers amis, Le spectre de mai 1967 est perceptible quand l’Etat français a assassiné plus de 100 guadeloupéens suite à une grève dans le bâtiment pour après accorder 25 % d’augmentation de salaire contre 2,5 réclamés. Toujours le même scénario ils demandaient aux travailleurs en grève d’être raisonnables, de reprendre le travail.

Au nom du droit des travailleurs et du peuple de Guadeloupe à se battre pour leurs légitimes revendications nous faisons un appel à la solidarité internationale

Secrétaire général

Elie Domota


Tous en grève a partir de mardi 20 janvier 2009 !

Pratiquement toutes les organisations syndicales, politiques, culturelles, populaires, appellent à un grand mouvement de grève à partir du mardi 20 Janvier. Ce mouvement est dit «reconductible» et se poursuivra tout au long de la semaine. C'est une très bonne occasion pour les travailleurs qui, d'une entreprise à l'autre, ne cessent de se battre, mais en ordre dispersé, pour améliorer leur salaire et leurs conditions de travail, pour défendre leur emploi et faire respecter leur dignité par les patrons. Alors c'est aujourd'hui l'occasion d'être encore plus forts, de se battre tous ensemble et de montrer aux exploiteurs que même si nous travaillons dans des entreprises éparpillées, dans les services publics ou privés, nous sommes tous membres de la même classe et nous sommes conscients d'avoir affaire à la même classe d'exploiteurs: le patronat! Cette grève, qui démarre ce mardi 20 janvier, nous offre l'occasion de réaliser ce que souvent nous souhaitons chacun dans notre coin. Lequel d'entre nous n'a pas dit un jour: «Ah! Ce qu'il faudrait, c'est un bon mouvement où toutes les organisations se mettraient ensemble pour arracher quelque chose de conséquent pour tout le monde». Eh! bien! Nous y sommes! Nous avons la possibilité de le faire en rejoignant dès le mardi 20 le mouvement engagé. Mais ceux qui hésitent peuvent encore rejoindre le mouvement les jours suivants. Nous sommes tous concernés. Les revendications avancées posent des problèmes que chaque travailleur affronte dans son entreprise ou dans sa vie quotidienne. Nous le voyons bien, la vie est chère et nos salaires sont bas. Nos emplois sont le plus souvent précaires. Combien d'entre nous ont vraiment la certitude d'avoir un emploi garanti pour de nombreuses années? Et notamment les jeunes qui travaillent avec des contrats à durée déterminée. Et les travailleurs agricoles dont beaucoup ont été licenciés à cause des trafics des grands propriétaires terriens qui décident un jour de produire de la banane et le lendemain d'aller faire du profit dans un autre secteur.
C'est le cynisme des propriétaires de la société Sara, produisant des carburants à des prix très élevés, alors que le prix du pétrole était en chute libre depuis plusieurs mois, qui a déclenché notre mécontentement. Et nous n'en n'avons pas fini avec ce problème! Les prix des carburants doivent encore baisser de façon substantielle. Mais beaucoup d'entre nous se disent qu'il n'y a pas que les prix du carburant qui soient élevés. Tous les produits de première nécessité ont subi des hausses très importantes. Alors, face à cela, il nous faut des augmentations de salaire, un minimum de 200 euros pour tous. Il nous faut une garantie des emplois et mettre fin à la précarité. Il nous faut affirmer que nous ne tolèrerons plus des licenciements dans les entreprises qui font des bénéfices. Nous ne pouvons accepter non plus, alors que la crise menace gravement, que l'état s'attaque aux emplois dans les services publics. Si les jeunes lycéens de France, avec leurs professeurs et les parents d'élèves, ont réussi à faire annuler un projet du ministre de l'éducation nationale Darcos, nous travailleurs tous ensemble nous pourrons montrer une détermination et une force qui feront reculer aussi les projets de suppression d'emplois dans la fonction publique, notamment dans la santé et l'éducation nationale. Oui, Travailleuses, Travailleurs, Chômeurs, Rmistes c'est de notre intérêt de participer massivement dans la grève qui commence le mardi 20 Janvier! Cette grève peut être un réel point de départ de notre mobilisation et de notre contre-offensive contre les mauvais coups des patrons, et ceux des gouvernants qui travaillent pour eux!


26/01/2009 - Solidarité avec la grève générale en Guadeloupe !

La grève générale appelée par tous les syndicats paralyse la Guadeloupe depuis le 20 janvier. Les grévistes réclament, notamment, une hausse de 200 euros sur les salaires, les retraites et les minima sociaux et des baisses de prix sur les biens de consommation courante, en particulier la baisse immédiate de 50 centimes du prix du carburant et le gel des loyers pour une période indéterminée. La semaine de grève a été ponctuée de manifestations d'une ampleur sans précédent depuis très longtemps à Pointe-à-Pitre.
A la réunion de négociation appelée par le Préfet le 24 janvier, les représentants des grévistes se sont heurtés au refus dédaigneux des représentants du pouvoir et du patronat sur toutes les revendications, exigeant la fin de la grève avant d'ouvrir des discussions. Les grévistes ont évidemment refusé. Quant au gouvernement français, sa seule intervention a été d'expédier en Guadeloupe de nouvelles troupes de la gendarmerie, envoyées sur le terrain à peine débarquées de l'aéroport.
Lutte Ouvrière affirme sa solidarité pleine et entière avec les travailleurs en lutte en Guadeloupe. Elle proteste contre l'envoi de troupes dans cette île où les forces de répression françaises ont déjà sévi contre une grève ouvrière en 1967 faisant plus de 80 morts. Elle s'étonne du quasi silence des grandes chaînes d'information sur la grève générale en Guadeloupe.
Lutte Ouvrière appelle les salariés de la France métropolitaine à témoigner de leur solidarité avec ceux de la Guadeloupe dont la combativité donne l'exemple. La meilleure façon de la montrer, c'est de faire en sorte que la journée de grève du 29 janvier soit un succès et que, au-delà de cette journée, le combat continue pour s'opposer à l'offensive du grand patronat et du gouvernement contre les salariés, à la baisse du pouvoir d'achat, à la précarité, aux licenciements et aux mesures anti-ouvrières.

Pour Lutte Ouvrière, le 26 janvier 2009, Nathalie Arthaud, Arlette Laguiller
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Re: Guadeloupe : l’île paralysée par des barricades au 1er jour

Messagede Nico37 » 27 Jan 2009, 16:20

Toujours le même camarade gwadloupeyen sur le FMR (compilation de message de lundi 26 & mardi 27) :

Dans le conflit concernant les gérants des stations d'essence contre l'implantation de nouvelle station, jusqu'ici des stations étaient requisitionnées pour servir les véhicules prioritaires (les pompiers, ambulance, etc.). Depuis ce matin, le préfet a reclamé que ces stations requisitionnées livrent aussi aux non prioritaires c-à-d à tout le monde.
Les grévistes (les gérants de stations) voient dans cet acte une tentative de casser la grève, d'opposer le peuple aux grévistes et de mettre en danger les pompistes. Car même si le conflit des gérants est separé du conflit du collectif LIYANNAJ KONT PWOFITASYON, les employés des stations sont largement syndiqués et ces syndicat auraient menacés d'actes contre ces réquisitions si elles sont ouvertes à tous.
Les gérants ont refusé tout type de requisition aujourd'hui, tant que les requisitions seront ouvertes aussi aux non prioritaires. Ils sont en discution avec le préfet pour régler ce problême au plus vite.
S'opposer à une requisition de l'Etat, peut amener à 10.000€ d'amende et 6 mois de prison selon un communiqué du préfet.

Avant [la nouvelle] réunion [du lundi 26] : les interviews
Le préfet : Pour expliquer sa volonté de réquisitionner les stations services pour tous les usager et non plus uniquement pour les véhicules prioritaires par sa volonté de répondre aux libertés fondamentales des citoyens pris en otage. Il affirme que si la grève dure il prendra d'autres mesures materielles et civiles pour débloquer la situation.

Le président du MEDEF Guadeloupe : demande de voir la situation actuelle et la possibilité réelle des entreprise à pouvoir oui ou non répondre aux demandes, comme la hausse des salaires de 200€. Il affirme que l’organisation actuelle de la société entrave la possibilité de répondre aux revendications, il rappelle que nous sommes en crise, il pense qu’au lieu de travailler sur la hausse du salaire on devrait travailler sur la baisse des prix et travailler sur l’emploi et non sur la consommation. Il affirme vouloir répondre de manière courageuse et avec vérité aux demandes des guadeloupéens.

Madame coury présidente CCI : demande l’aide à la survie des entreprises qui souffrent énormément de la grève générale et du manque d’essence. La fin du mois approche, les échéance et les salaire sont en train de tomber et seront difficiles à honorer. Elle affirme avoir fait preuve de bonne volonté et en attend de même du collectif, pointant des demandes qui demanderont de longues négociations tels les minima sociaux qui demandent un vote à l’assemblé , elle ne comprend pas la poursuite du mouvement durant les négociations, elle affirme que l’on va vers la mort de l’économie locale. Elle en appelle à la responsabilité et la compréhension des grévistes.

La réunion devait commencer à 16h30. 17h toujours pas de collectif en vue.

suite des interviews d'avant reunion :

Monsieur Vion socio professionnel (représentant les hôteliers) : annonce que le mal est fait dans le tourisme. Les annulations se multiplient, la Guadeloupe n’est pas fiable, il dit que les investisseurs affirment qu’en Afrique, en République dominicaine tout va bien, pas chez nous, ils n’en peuvent plus. Il se dit désespéré et parle même de laisser tomber. Il affirme que le collectif qui prétend défendre le pouvoir d’achat veut empêcher les salariés de travailler, a coupé l’accès aux livraisons des hôtels, dans certains hôtels l’eau a été coupée, mais ils tiennent bon, il ont résisté aux volontés de nuire des grévistes mais les tours operateurs et investisseurs n’ont plus envie d’essayer. 80% du chiffre d’affaire annuel est fait en janvier et février. Il pense qu’il n’y a plus rien à mettre à plat, on a fait flamber ce qu’on avait, il dit qu’on le force à aller à sa retraite à 69 ans d’ici un mois si la situation est pareille, il ne peut que s’en aller. Il affirme que le niveau de vie des Guadeloupéens n’est pas aussi dramatique qu’on le dit, bien sur il y a des pauvres mais il faut arrêter de rêver, de planer et d’attendre plus d’argent sans rien. Pas de richesse sans travailler, sans productivité, sans croissance, croire le contraire c’est être naïf.

Le collectif est en train d'arriver avec ces manifestants en grand nombre comme samedi. Dans un communiqué Monsieur Daniel Marsin [Sénateur de la Guadeloupe, Vice-Président de la commission des affaires économiques, Membre du Groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen] donne son soutien total au mouvement.

Les membres du collectif sous les applaudissements et les chants des manifestant rentrent en salle. Ils expliquent que leur retards est dû auc nombreux barrages policiers à passer avant d’accéder au WTC.
Elie domotat , affirme qu’ils attendent des réponses et non pas des leçon de morale.
En petit nombre samedi, les socio professionnels, le MEDEF et les élus sont venus avec beaucoup de monde.

Blablabla habituel de début de réunion on s’entre-remercie. On propose la mise en place d’un secrétariat de la réunion.

Ordre du jour :

Prise de parole : président du conseil régional , général , du représentant de l’Etat et pour finir du collectif.
Débat et adaptions de la méthode de négociation.
Négociation sur les 30 revendications immédiate.


Président du Conseil Régional Monsieur Lurel (PS) :
il explique que samedi il n’a pas souhaité intervenir pour observer, écouter, et décrypter les posture des uns et des autre. Il est revenu car il pense qu’il est possible de poursuivre les discutions même s'il s’accroche à l’idée que ce n’est pas le bon format. Il voulait des réunions par secteur et acteur sur les revendications qui les concernent.
Ce qui a initié le mouvement c’est le pouvoir d’achat, la majorité des guadeloupéen en souffre, tous les acteurs présents participent à la vie des Guadeloupéens, il ne faut pas chercher à se défausser sur d’autres. Il affirme se battre depuis 7 ans pour le pouvoir d’achat, c.-à-d. depuis qu’il est député. D’autant plus que le président s’est fait élire sur ce thème. Il affirme avoir voulu rencontrer le collectif avant le début des élections, on l'a accusé de vouloir récupérer le mouvement. Il affirme que la popularité d’un mouvement social pour ses leaders est éphémère.
Le procès fait aux élus sur le fossé entre eux et le peuple est faux, il ne vivent pas dans une bulle. Il parle du pouvoir d’achat et des prix qui varient de 30 a 40% entre la France et la Guadeloupe et même entre commune de Guadeloupe. Il avait l’impression de prêcher dans le désert quand il en parlait avant, il pense qu’il n’est pas possible de ne pas comprendre le mouvement, il le comprend sans en chercher à récupérer le mouvement. Il dit que c’est le combat de tous, pas seulement du collectif ou de la rue, il affirme que divers problème viennent de l’Etat, il parle aussi des groupes pratiquement monopolistiques tel France Télécom.
Il dit que l’état est inerte il n’intervient plus, il se met en place le démantèlement de l’Etat interventionniste dans la vie des citoyen encore plus fortement ressenti à 8000km. Les salaires, les minima, les retraites ne sont pas assez conséquentes, le salaire se finit n’ont plus le 25 ou le 20, mais le 15. Il affirme que personne ne peut venir oser dire a Lurel qu’il n’a aucun amour pour la Guadeloupe, il n'a pas renié ses racines, son père était agriculteur et communiste, il a vécu dans la misère. Il n’est pas un ennemis de classe, pas gardien d’un système. Mais gardien de valeurs et principes.
Il accuse la politique actuelle d’être la cause des problème du pouvoir d’achat, les privatisation, la suppression du nombre de fonctionnaires, on transfère des compétences au département sans leur en donner l’argent. Il parle de la casse du système judiciaire, de santé, on casse le système d’aide sociale. 600 millions ont disparu dans le budget des outremers, le ministère d’outre mer a disparu, il ne reste plus qu’une délégation.
Le pouvoir d’achat n’est pas simplement augmenter les salaires, celui-ci ne peut plus augmenter par les salaires mais par la diminution des prix. Face à la situation actuelle, il estime que les pouvoirs locaux ne sont pas restés inertes, il rappelle le mouvement qu’il a fait en fin décembre pour baisser de 30cts le prix de l’essence, il rappelle la gratuité des livres [scolaires comme c'est le cas en Métropole], l’aide au logement pour les étudiants, les pouvoirs locaux ne sont pas restés sans actions. Il parle des constructions actuelles financées par la région, il donne des chiffres avançant que tout cela il l'a fait sans attendre que l’Etat le lui demande. 237 millions ont été investi pour la relance en accord avec les socioprofessionnels. Il propose une charte pour que les TPE et pme ait une part conséquente dans cette somme. Il défend ces actions, car il en est fier, avec la confiance du peuple. Il dit qu’il a contribué à créér 3000 emplois, ce qui représenterait 400.000 à l’échelle de la France. Il propose de proposer des aides de la région à l’emploi en CDI durant cette année 2009, il dit être d’accord pour la priorité aux emplois aux locaux, il n’a rien contre les étrangers mais trop de Guadeloupéens sont au chômage, il affirme qu’aucune aide de la région ne se fait sans demander la priorité à l’emploi des locaux.
Il est socialiste et croit à l’égalité, la solidarité. Mais il est gardien de valeurs et certains ont des propos qui s’oppose aux valeurs républicaines, il ne mange pas de ce pain là. Il prend l’exemple d’Obama et son discours sur les races, l’esclavage est fini depuis longtemps. Il prend l’exemple du Rwanda ou l’on a laissé faire les discours radicaux, avant d’arriver au massacre qui a eu lieu. Il aime discuter sans contrainte, il y a des élus, ce n’est pas à la rue de tenter d’obtenir ce qui n’a pas été obtenu dans la rue. Il dit oui à toute discussion et quand cela relèvera du registre des parlementaires, il faudra leur laisser la place. Il dit qu’il faut être raisonnable pour avoir la confiance du peuple Guadeloupéen.


Monsieur Gillot, président du Conseil Général :

Il partage le malaise du peuple face à ce mouvement, il comprend la volonté du collectif à défendre les intérêts du peuple. Mais regrette les difficulté à œuvrer ensemble de manière responsable, il réfute l’idée de deux Guadeloupes celle du collectif et les autres. Tous ont l’obligation de trouver des solutions aux problèmes, il espère une semaine d’écoute mutuelle, de respect mutuel. Les revendications sont larges et partent au delà du pouvoir d’achat, c’est un mal être global qui s’exprime. Mais il rappelle les contraintes économiques, et aux actions de l’Etat peu propices à aider. Il dit qu’il faut examiner toutes les possibilités à la résolutions des problèmes, mais il affirme qu’il faut remettre la Guadeloupe au travail car ce n’est pas la contrainte qui apportera ses solutions. Il lance un appel solennel à mettre tout en œuvre pour agir ensemble, il faut refuser la légitimité de la rue face a celle des urnes car c’est attaquer la démocratie. Il est aussi la Guadeloupe

Elie Damota (Leader du collectif de greviste) :
On aurait pu croire qu’on était dans un meeting en entendant les autre intervenants dit t’il.
Il pointe le fait que nous ne somme pas là pour faire des bilans personnels, la situation sociale actuelle prouve que ces bilans ne valent rien.
Il affirme que le pouvoir en Guadeloupe n’est pas sans lien avec le gouvernement, quand celui-ci met en place des politiques, il le fait avec leur participation(Messieurs Lurel et Gillot ). Il affirme que leur mouvement n’est pas un combat autre que celui présent dans les revendications. Il invective Monsieur Lurel sur le fait que si son combat personnel pour le pouvoir d’achat avait été efficace et réel, le peuple ne serait pas aujourd’hui dans la rue. Il affirme que le racisme n’est pas présent dans le mouvement, quand la majorité du peuple est exclu des cercle de réussite économique le tissu social est déchirée. Dire que la réussite sociale dans notre société est histoire de couleur de peau n’est pas être raciste, mais pointer un problème réel, il parle des boites de recrutement local qui recrute en France pour des emplois ici. Méconnaitre la rue c’est se condamner à l’explosion, il affirme que de dire que les urnes prédominent sur la rue c’est oublier que dans les urnes c’est la rue qui parle aussi.
Il note que l’on parle de révolution sociale, de peuple guadeloupéen à disposer d’eux même, d'indépendance. Mot qu’ils n’ont jamais employé, le débat sur l’indépendance, les débats idéologiques et autres ne sont pas le but du collectif, leur seul et unique but reste d’aider le peuple et de se battre sur l’application des revendications pour répondre aux attentes du peuple, le reste n’a pas lieu d’être.

On passe au protocole de negociation :
Le préfet accepte le Protocole de négociation remis par le collectif mais veut l’amender en premier : la mise en pause du mouvement durant la période des négociations, et la clarification que chaque décision se fera dans le cadre de la Constitution et des lois nationales.

Suspension de séance pour que chaque partie analyse ces amendements.

Monsieur Lurel, comprend la demande du préfet de suspension du conflit durant la négociation mais comprend aussi que le collectif n’ayant pas obtenu ces 30 revendications refuse d’arrêter car c'est leur moyen de pressions. Mais sitôt les ateliers de travail mis en place, il attend du collectif des gages de bonne volonté.

Reprise de la réunion

Monsieur Damota :
Le collectif amène la demande de divers changement au Protocole et amendements par le préfet. Il précise ce qu’il accepte ou pas et propose de rajouter ce qu’il accepte à leur Protocol faxer samedi soir à tous les partis.
Le collectif refuse l’arrêt de la grève sans aucune revendication acceptée, il refuse aussi les groupes de travail ou commission de travail, il veut des négociations collectives.

Le président du MEDEF :
Il affirme que pour répondre aux demandes du collectif il faudrait un véritable changement économique, politique et sociétal de la Guadeloupe. La situation actuel empêche de régler les problème, ce qui est demandé est un véritable projet de gouvernement dans un soucis de vérité et réalité. On ne peut négocier dans des condition difficiles. Nous somme ouverts à toute discution, mais certaines propositions ne sont pas pertinentes pour le développement de la Guadeloupe, il faut donc discuter de manière approfondie. Il refuse donc la version du collectif et soutient celle du préfet.

Monsieur Jalton [maire des Abymes (vainqueur contre le sénateur Daniel Marsin) et Conseiller Général] :
Accepte la proposition du collectif car ce sont eux qui font la grève, eux qui représente le mouvement social, il faut donc accepter les condition de négociation du collectif. Nous ne somme pas dans un colloque dit t’il. Il approuver l’idée que les négociations sur les revendications immédiates soient fixées au maximum deux semaineq, proposées par le collectif gréviste. Au final il soutient le Protocole proposé par le collectif.

Le président du MEDEF :
Réaffirme qu’il est impossible de négocier les 30 revendications immédiate en 2 semaines (impôts , salaire , etc.). Il reparle de son exigence de vérité face a la population.

Monsieur Damota :

Apparemment certain veulent faire durer le conflit affirme t’il. Il a affirmé la position du collectif qui est en grève générale, il affirme au président du MEDEF qu’il n’appellera jamais a la fin de la grève tant qu’il n’auront pas réponse positive aux revendications immédiates. Il rappelle qu’après la crise de 29, le front populaire a amené des avancées sociales alors qu’on était en pleine crise économique. Il affirme que le document remis par le préfet est une volonté franche de ne pas négocier, de laisser pourrir le conflit, de monter les Guadeloupéens contre les Guadeloupéens pour légitimer la répression violente. Mais il le répète jamais il n’arrêterons le conflit sans réussite sur les revendications immédiates. S'ils veulent négocier (préfet, MEDEF, socio professionnel ) qu’on s’y mettent sinon annoncer clairement vos projets.

Préfet :

Ce juge blesser par les parole de monsieur domotat , il demande du respect et dit que lui reste calme. Il calme le jeux en affirmant que cela n’était que des propositions.

Monsieur Jean Marie Nomertin (CGTG/LKP [Combat ouvrier, section soeur de LO, tête de liste aux élections régionales du 21/28 mars 2004] collectif gréviste) :

Il affirme que le minimum dans un grève est d’obtenir des avancées c’est le minimum, ils est déterminé. Il répond à Madame Coury qui affirmait que des votes à l’assemblée et la réponse à l’ensemble des revendications immédiates demandaient de la durée, il rappelle que Monsieur Sarkozy a trouvé en quelques jours plus de 100 milliards pour les banques, on ne demande qu’un pipi de chat.

Medef :

Il rappelle que les entrepreneurs veulent tout autant développer la Guadeloupe, il appelle au respect. Il parle à nouveau du principe de réalité en affirmant encore que régler les 30 points de revendication immédiate en deux semaines est impossible. Il accepte de travailler ensemble, mais affirme que rien de durable ne peut se construire sur le mensonge.

Lucette Michaux-Chevry [UMP, Mairesse de Basse-Terre, Sénatrice de la Guadeloupe] :

Elle a noté les différents palliers des revendications, elle est d’accord sur l’ensemble mais demande parmi les 30 revendications immédiates celles qui sont prioritaires ou pas.

Le chef de réunion estime qu’il faut qu’on avance, il veut que l’on commence au plus vite à négocier malgré les divergences sur le protocole.

Monsieur Vion socio-professionnel :

Il tient a faire remarquer qu’il respecte les autres, et n’élève pas la voix. Il dit qu’on peut rêver et surfer sur un petit nuage et refuser la réalité économique. Il prend l’exemple l’hôtel Kalanda fermé qui a mis au chômage 700 personnes car au contraire de ce qu’affirmaient les gréviste l’argent n’est pas infini. Il affirme que cette grève général ne se base que sur des commandos qui empêchent aux salariés de travailler. Il parle à nouveau de réalisme et des difficultés du secteur touristique. Il affirme que de bonnes négociations n’ont pas lieu sous la contrainte, dans le désordre, dans le rapport de force. Il prend la population en témoin dans un an pour voir les conséquences de ce mouvement.

Monsieur Jalton :

Demande au MEDEF et socioprofessionel d'accepter les conditions du collectif, lui qui represente le peuple légalement (il est maire) affirme t'il aux deux manifestation monstre vues samedi (25000) et dimanche (30 000) affirme qu'il a assisté à ces manifestation et dit que ces gens ne peuvent être ignorés. Ils attendent des socioprofessionel qu'ils les ecoutent et acceptent le protocole proposé par le collectif pour qu'enfin commencent les negociation.

Suspension de seance

Reprise : je vais faire plus court car c’est très long à écrire.

Le préfet fait passer ses amendements en simples remarques donc pas obligatoires. Il accepte donc en l'état la proposition du collectif sans changements. Les socioprofessionnels acceptent aussi. On va enfin passer aux négociations.

1er point : relèvement immédiat et conséquent d’au moins 200€ net des salaires, minima et retraite. Afin de soutenir le pouvoir d’achat, la consommation et plus généralement la demande.

Un représentant de l’Etat, expose que le SMIC est fixé par l’Etat, cela peut être fait par décret en conseil des ministres, mais les salaires ne peuvent être fixés qu’avec les socioprofessionnels directement.
Le collectif tient a faire savoir qu’ils ne lâcherons rien pas sur cette revendication. Les TPE et pme affirment qu’actuellement accepter cette hausse des salaire c’est pousser la majorité des TPE et pme a déposé le bilan dans les 6 mois. Car ils n’en ont pas les moyens dans leur compte de résultat. Divers représentants socioprofessionnels (bâtiment, tourisme, etc) affirment aussi ne pas être en mesure de répondre à cette demande.
Un membre du collectif rappelle les divers avantage fiscaux faits aux entreprise plus de 79 millions en 2008 en Guadeloupe, il affirme qu’un effort consenti que ça soit au niveau du patronat, des collectivité, et de l’Etat sont largement capables de supporter cet hausse de 200€.
Un représentant socioprofessionnel rappelle que relever les salaires peut aider la population salariée, mais baisser les prix aide tout le monde. De surcroit c’est mettre en danger la compétitivité des entreprises face a la concurrence mondiale, il parle aussi de délocalisations de masse et une surconsommation. Il estime que tout devrait se jouer au niveau de la tva, il parle même de sa disparition.
Le représentant des artisans dit être d’accord avec l’augmentation des salaire de 200€, en échange de baisse des charges. Il pense que l’état ne perdrait rien car plus de salaire = plus de consommation = plus de tva dans les caisse de l’état.
Les socioprofessionnels affirment que sans ces aide et défiscalisation la plupart des entreprises actuelles n’existeraient pas. Le MEDEF rappelle que toute augmentation de salaire se détermine sur la situation personnelle de chaque entreprise, il reparle de la concurrence et contrainte économique. Il parle d’avoir une vision globale de la situation. Un autre représentant affirme que les TPE et pme sont en difficulté à chaque fin de mois pour payer leurs salariés. Ils ne pourront pas supporter d’autres charges. Ils ont déjà des charges conséquentes (impôts et charges diverses) sur leurs épaules et il sont pourtant les plus grands employeurs de l’ile qui disparaitraient s'il y a augmentation.
Le collectif tient a préciser que le salaire n’est pas une charge, le salaire est un partage de la richesse créée, il réclame simplement un nouveau partage de ces richesses. Il dit clairement aux socioprofessionnels qu’il apporte divers solutions qui demandent l’intervention de l’Etat ou autre , ce n’est pas le problème du collectif, la revendication est posée à eux de trouver des solutions. Les socioprofessionnel défendent ici leur cause, alors les salariés défendent la leur et qu'ils réclament le fruit de leur travail soit reparti de manière plus juste pour permettre à tout travailleur de vivre décemment pour tous ce qui n’est pas le cas aujourd’hui lors du partage des richesses créées. Il prend l’exemple de la SARA 70 millions de bénéfices, 1.1 % d’augmentation de salaire pour les salariés.
Il rappelle qu’aucune entreprise ne peut dire aujourd’hui qu’elle n’a jamais touché de l’argent public directement (aide diverse) ou indirectement (exonération ou autre jamais en caisse) .

Les socioprofessionnel rappellent concernant les prix et les salaires sont régis sur l’hypothèse de base de faire des bénéfices, être rentable. Augmenter les salaires entrainerait obligatoirement une hausse des prix. Seul la libre concurrence peut faire baisser les prix. L’économie a ses lois.
Le collectif affirme que si la libre concurrence était synonyme de baisse des prix, aujourd’hui ne se poserait pas le problème du coût de la vie. Surtout dans une économie insulaire comme ici.
Il affirme qu’ils ne sont pas la pour un débat d’économiste, ils sont là pour revendiquer une volonté populaire, une demande en accord avec les problèmes réels du vécu des travailleurs guadeloupéen sur le terrain n’ont pas des demande insensées choisies au hasard. Ils attendent des réponses réelles non pas des explications, des joute verbales entre acteurs. Ce sont eux qui sont en grève, grève qui est soutenue, des solution diverses ont été proposées (par divers acteurs) que les élus, les socioprofessionnels, l’Etat s’arrange entre eux pour répondre aux revendications.

Le collectif attend qu'à la prochaine rencontre les autres acteurs arrivent avec des proposition et des solutions, pour eviter des débats longs n'aboutissant à rien au final. Il leur propose qu'ils travaillent entre eux pour apporter ses solutions. Les élus et socioprofessionels se verront demain et après demain et apporteront des propositions mercredi.
Tout du moins demain après midi aura lieu une reunion pour discussion des autres points de negociations.
Le collectif precise qu'il reste opposé à la réquisition des stations essence par le préfet.
Appel à la poursuite du mouvement par LIYANNAJ KONT PWOFITASYON

Après la réunion de samedi soir, Nicolas Desforges avait prévenu qu'il allait prendre des mesures afin que l'ensemble de la population puisse s'approvisionner en essence. Le Préfet de Région avait ainsi pris un arrêté élargissant le nombre de stations réquisitionnées sur l'ensemble du territoire : elles seraient seize au lieu des huit actuelles. Mais lundi matin finalement, aucune station n'a ouvert ses portes en dépit des longues files d'attentes.
Il est vrai que le Syndicat des gérants et le Kolektif s'étaient opposés à l'ouverture de stations-service aux véhicules non prioritaires.
Certains gérants ont également déclaré avoir préféré plier face aux menaces qu'ils auraient reçues.
« Nous n'accusons personne. On ne sait pas qui nous appelle. Il n'empêche qu'on ne peut pas ouvrir dans un tel climat d'insécurité » a expliqué un gérant.
Nicolas Desforges a, quant à lui, rappelé qu'il était le garant de la sécurité et de la libre circulation de la population. L'arrêté doit être appliqué.
« Je dénonce tous ces actes d'intimidation. J'attends les moyens nécessaires pour assurer le respect de ces réquisitions. Toutes les stations ouvertes le seront sous protection des forces de l'ordre ».
Modifié en dernier par Nico37 le 27 Jan 2009, 18:56, modifié 1 fois.
Nico37
 
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Re: Guadeloupe : l’île paralysée par des barricades au 1er jour

Messagede Nico37 » 27 Jan 2009, 18:46

ELIE DOMOTA, porte-parole du collectif Liyannaj kont pwofitasyon : « Nous n'avons pas d'autre choix que de rester en grève »
Propos recueillis par Martin T. Laventure et Nathalie Calimia-Dinane. France-Antilles Guadeloupe 27.01.2009

A l'entame des négociations d'hier au CWTC de Jarry, Elie Domota, porte-parole du comité Lyannaj kont pwofitasyon, a accordé en exclusivité une longue interview à France-Antilles dans laquelle il rend, l'Etat, les collectivités et les chefs d'entreprise, responsables des errements de notre société.
Qui sont les profiteurs ?


L'Etat, les collectivités, les capitalistes, les patrons. On se rend bien compte quand on analyse la structure des prix des marchandises que les Guadeloupéens devraient acheter leurs produits, au maximum 10% plus chers qu'en France et même que certains produits devraient coûter moins chers, particulièrement ceux qui sont exonérés de taxes comme la TVA. On ne comprend pas pourquoi, notamment sur les produits de première nécessité, il existe des marges de 30, 40, 50 et parfois 80%. Cela, personne ne peut nous l'expliquer. Avec la complicité de l'Etat, les importateurs-distributeurs s'en mettent plein les poches. Et ça ne dérange pas trop les collectivités parce que les importations leur procurent des recettes grâce à l'octroi de mer. Dans cette histoire-là, tous ceux que je viens de citer arrivent à se tirer d'affaire et c'est toujours les mêmes qui paient : les consommateurs, les travailleurs, en somme les Guadeloupéens.

Vous dites qu'il faut inventer des outils, faire preuve d'imagination. Pour certains points de votre plate-forme, cela signifie clairement des aménagements législatifs. Votre objectif est-il un changement de statut de la Guadeloupe ? L'indépendance ?

Ce sont des raccourcis qui arrangent certains. Nous ne sommes pas dans cette configuration. On peut répondre aux questions qui sont posées. Un petit exemple. Mme Koury parlait des revendications sur les droits et libertés syndicales. Aujourd'hui, la loi prévoit un certain nombre de choses mais la loi n'interdit pas de proposer mieux, tant au niveau des salaires que de la représentation du personnel. On vient de signer dans le secteur de la sécurité un accord qui permet d'organiser des élections de délégués du personnel dans des entreprises de six salariés. Le code du travail prévoit onze. Et l'accord est valable. Les accords d'entreprise, les accords de branche, les conventions collectives peuvent permettre d'améliorer les situations existantes. Pas la peine d'aller proposer de nouvelles lois au parlement.
Deuxième chose, la notion de pays au sens de l'Europe permet justement dans le cadre du développement territorial de faire des aménagements qui sont tout à fait conformes à tout ce qui existe aujourd'hui mais qui tiennent compte des réalités locales. On peut, avec les outils à notre disposition, faire un certain nombre d'aménagements pour répondre à la plateforme de revendications. Quand à l'idée d'évolution statutaire, nous ne sommes pas aujourd'hui dans ce débat et comme je l'ai dit samedi après-midi, ce que nous demandons, ce sont des réponses aux préoccupations des Guadeloupéens.

8 000 à 25 000 manifestants sur 400 000 habitants, soit 2 à 5% de la population, cela vous donne-t-il la légitimité du peuple ?

J'aime bien les chiffres. Faites le ratio et rapportez-le aux 64 millions de la population française et vous verrez que jamais une telle manifestation n'a été organisée en France. Vous prenez 25 000 personnes divisées par 400 000 et vous multipliez ça par 64 millions et vous verrez ce que ça donne en France. Dans un pays normal, après une manifestation d'une telle ampleur, Lurel et Gillot auraient démissionné. C'est une très très très grosse manifestation. Ca prouve qu'aujourd'hui Liyannaj kont pwofitasyon est une émanation du peuple guadeloupéen. Et c'est pour cela que nous recevons des marques de soutien. Tout le monde a vu, hier, (NDLR dimanche) que les gens sont venus dans les rues de Pointe-à-Pitre non pas pour le carnaval mais pour marquer leur adhésion au mouvement. C'est la Guadeloupe.

Parlons de la méthode. Que dites-vous aux Mornaliens qui n'ont plus d'eau depuis trois jours, aux agriculteurs qui n'arrivent pas à écouler leur production, aux travailleurs expulsés des entreprises de Jarry ?

On le voit, on le comprend. Nous aussi, on en souffre, nous aussi nous n'avons pas d'eau. Mais arrêtons-nous sur les causes et non sur les conséquences. Si le mouvement dure et perdure, c'est tout simplement parce qu'il y a en face la non volonté de vouloir régler la situation. Vous avez tous entendu, comme moi, Mme Koury et M. Vion dirent que ce n'était pas possible, qu'il fallait être raisonnable et responsable.
Aujourd'hui, dans ce petit pays, des entreprises sont exonérées de charges sociales. Certains chefs d'entreprise ne paient pas de charges sociales et patronales depuis des années. Pas un sou. Il y en a qui s'en mettent plein les poches avec la défiscalisation pour acheter des bateaux et toutes sortes de trucs dans les pays étrangers ou dans la Caraïbe. L'Etat français est en train de financer les banques et les spéculateurs qui déclarent des bénéfices. La Société Générale et la BNP vont se partager 10 milliards d'euros alors qu'ils sont en train de déclarer des bénéfices. Et que demande le peuple ? Plus de dignité, l'amélioration du pouvoir d'achat et pouvoir travailler et vivre décemment. Comment peut-on tolérer que quelqu'un doive utiliser une semaine de sa paye pour payer l'essence ?
Bien évidemment les conséquences de ce mouvement sont graves, mais elles ne sont que le fruit de la non-volonté de l'Etat, des politiques et des socioprofessionnels de négocier.
Quand on voit que le Medef et les autres organisations professionnelles prennent la décision de fermer toutes les entreprises en se disant que lè Gwadloupéyen ké fen yo ké manjé yo antré yo. On est toujours dans un rapport de classes et de races dans ce pays. Comme en 1967...

Vous n'avez pas l'impression que la sauce va coûter plus chère que le poisson ?

Il y a deux solutions. Soit on veut rester des sous-hommes, des rampants, dans ce pays, que nos enfants se prostituent, se droguent, qu'aucun Guadeloupéen n'accède à des postes à responsabilité, que nous la majorité, on reste les larbins de la minorité. Soit on lève la tête et on se bat. Nous, on a choisi de lever la tête et de se battre.

Certains vous accusent de manipuler ou d'orchestrer les violences urbaines. Est-ce vrai ?

Je n'aime pas cette question. Le système aujourd'hui, cherche par tous les moyens à discréditer le mouvement. Tous les jeunes qui sont dans les rues aujourd'hui ne sont pas des martiens. Ce sont des Guadeloupéens. Des Guadeloupéens qui font justement partie de ceux qui sont discriminés : les mille personnes qui quittent le système scolaire chaque année, qui ne trouvent pas de travail. Dans un pays, la majorité est exclue de tout, du savoir, du travail, de l'insertion, il ne faut pas s'étonner après des dérives et des déviances à tous les niveaux dans la société.

Certains vous accusent de jouer le jeu de Jégo et Michaux-Chevry. Que leur répondez-vous ?

Ceux qui disent ça, refusent d'assumer leurs responsabilités. Je ne suis sur aucune liste. Le collectif n'a pas l'ambition d'aller ni aux législatives, ni aux régionales, ni à aucune élection locale, ni à l'assemblée unique. Ce qui est navrant dans ce petit pays-là, c'est que quand quelqu'un se bat c'est forcément qu'il est piloté ou manoeuvré par quelqu'un. J'invite tous ces gens à se mettre plutôt au travail pour faire avancer les choses et donner gain de cause aux Guadeloupéens.

A chaque conflit, on constate une dérive d'exclusion. Des gens se plaignent de racisme, d'entendre blan dewo ?

Les blancs sont victimes de discrimination en Guadeloupe ? C'est ça la question ? J'aimerais bien qu'on me prouve ça. Il faut être très sérieux sur ces questions-là. Les victimes dans cette histoire, c'est qui ? Nous sommes majoritaires en Guadeloupe, nous sommes exclus de tout. Les entreprises à Jarry sont dirigées par des métropolitains, n'embauchent que par des boîtes d'intérim et des cabinets de consultants dirigés par des blancs qui ne recrutent que des blancs. Tout l'encadrement des grandes entreprises en Guadeloupe est blanc. Dans les administrations, tous les grands services sont dirigés par des blancs. Et on veut me dire que les blancs sont victimes de discrimination en Guadeloupe ?
Aujourd'hui, la majorité originaire des communautés africaines et indiennes, n'a aucun pouvoir dans ce pays. Il y a deux ou trois Guadeloupéens qui sont chefs de service à l'Assedic ou bien à l'ANPE, à l'Adi, pour gérer le RMI, à la CGSS pour gérer la CMU. Tout ce qui concerne la misère. Les vrais champs de pouvoir politique, financier, ce ne sont pas les Guadeloupéens d'origine africaine ou indienne qui les détiennent.
Par contre, sur les terrains de football, de handball, sur les pistes d'athlétisme, là on nous connaît bien. On est capable d'être capitaine de l'équipe de France, de courir sur les stades, mais on n'est pas capables de diriger. J'aimerais bien qu'on m'explique pourquoi.

Elie Domota a parlé de points à négocier dans l'immédiat, concernant le pouvoir d'achat, l'augmentation des bas salaires de 200 euros, etc.
A partir de quels résultats seriez-vous prêts à arrêter la grève ?


Seule la négociation le dira. Et on n'a pas commencé les négociations (N.D.L.R., cette interview a été réalisée hier matin à 10 heures). Si en face, il n'y a pas de réelle volonté de faire des propositions qui aillent dans le sens d'aider les Guadeloupéens à surmonter la période actuelle, les Guadeloupéens seront obligés de rester dans la rue. La seule réponse qu'on a eue de Mme Koury et des autres était : « C'est pas possible, c'est pas possible, c'est pas possible. »
Il faut bien comprendre que ce n'est pas un mouvement de grève pour réclamer des NAO. Il n'y avait pas moins de 25000 personnes à Pointe-à-Pitre, samedi, chiffres officiels de la police. De mémoire de Guadeloupéen, on n'avait jamais vu ça. Il y a quelque chose. Les gens ne sont pas téléguidés. Il y a quelque chose. C'est un malaise ambiant. Et je crois qu'il faut s'attarder dessus. S'il n'est pas traité maintenant, dans cinq ans, on se retrouvera réellement dans des dérives sociales.
Travailler sur la société guadeloupéenne, répondre aux préoccupations des Guadeloupéens, c'est justement empêcher la barbarie de demain.
Quand je dis ça, je pense à l'intervention de Christophe Louis de la CGPME. Il a parlé des Trente glorieuses. Elles sont arrivées après la guerre. Le Front populaire est arrivé à une période où justement le monde était en crise après le krack de 1929 qui a créé la pauvreté, l'exclusion. Ce qui a entraîné la montée des extrémismes en Europe, le renforcement du fascisme et l'émergence d'Hitler. Lorsque les travailleurs ont commencé à gronder, le Front populaire est arrivé au pouvoir et ils ont gagné un certain nombre de revendications, les congés payés. En très peu de temps. Justement parce qu'il fallait faire en sorte d'aider le peuple français dans sa cohésion et dans sa solidarité.
Référons-nous à l'histoire. Aujourd'hui, le gouvernement est en train de donner des sous aux patrons et pendant ce temps, on licencie des travailleurs. Et quand ils réclament quelque chose, on leur demande d'être raisonnables et responsables. Sinon, c'est la répression. C'est le même cas de figure qu'en 1936. On a vu ce que ça a donné. La barbarie. Nous aujourd'hui, nous ne sommes pas des barbares. Nous disons simplement qu'il faut aider les travailleurs, le peuple guadeloupéen. Les outils sont là. Il faut les mettre en oeuvre pour répondre aux questions. C'est possible.
En 1967, 2, 5% se sont transformés en 25% pour les travailleurs de la canne. En 1968, en France, les grévistes ont obtenu 35% d'augmentation des bas salaires. Comment Sarkozy a-il fait pour trouver en deux heures 400 milliards pour financer les banques. Comment Lurel et Gillot ont-ils fait pour trouver en une heure trois millions d'euros pour débloquer le dossier de l'essence trop chère ?
Et on vient nous dire que rien n'est possible pour les travailleurs! Aujourd'hui, nous n'avons pas d'autre choix que de rester en grève. Il faut continuer à faire monter la pression. Chacun devra assumer ses responsabilités.Les gens ne sont pas téléguidés. Il y a un malaise ambiant. S'il n'est pas traité maintenant, dans cinq ans, on se retrouvera réellement dans des dérives sociales.


L’Express a interrogé le secrétaire général de l’UGTG, le syndicat des travailleurs, et porte-parole du mouvement, Elie Domota.

Quelles sont les demandes du mouvement Doubout kont pwofitasyon ?

Les négociations ont commencé et continuent. Nous avons rédigé une plate-forme de revendications. Il y a trois paliers, dont le premier est pour nous vital : le pouvoir d’achat des Guadeloupéens doit s’améliorer. Pour cela, les prix des matières premières, de l’eau, de l’essence et des transports doivent baisser. Pour l’heure, nous n’avons rien obtenu.

Vous demandez une hausse de 200 euros net du salaire minimum. Est-ce réaliste ?

C’est une proposition. Il ne tient qu’aux patrons de négocier une hausse acceptable. Ils doivent faire des propositions s’ils souhaitent arrêter la grève.

Selon certains observateurs, le mouvement, initialement engagé contre la baisse du pouvoir d’achat, serait aujourd’hui récupéré par les nationalistes...

Nous parlons d’évolution statutaire depuis 2003. Cependant, notre mouvement ne va pas dans cette direction. Ceux qui veulent changer de statut peuvent manifester eux aussi, mais ils se trompent de combat. L’UGTG souhaite simplement que les Guadeloupéens vivent mieux, pas qu’ils changent radicalement de vie.

En bloquant toute la Guadeloupe, n’avez-vous pas peur de mettre à mal l’archipel et son industrie ?

Non. Le syndicat des pompistes se joint à notre mouvement parce qu’il y a un problème, pas pour bloquer l’île. Avec la Guyane, nous sommes l’une des deux zones où l’essence est la plus chère de France.
Pourquoi ? Nous voulons des réponses claires et transparentes à ce sujet. Un autre exemple : le beurre coûte 80% plus cher qu’en métropole, alors que le montant des taxes et du transport ne représente que de 10% à 15%. Les distributeurs font la loi et nous voulons que cela change !

Si les négociations stagnent, continuerez-vous le mouvement ?

Oui. Sans résultat, nous continuerons. Nous sommes même prêts à l’intensifier, si les assemblées populaires le souhaitent.

Par Jean-Pierre Voillot, publié le 26/01/2009
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Re: Guadeloupe : l’île paralysée par des barricades au 1er jour

Messagede Vilaine bureaucrate » 29 Jan 2009, 05:19

10ème jour de grève!

Fermeture jeudi de toutes les stations-services de Guadeloupe


Le préfet de la Guadeloupe, Nicolas Desforges, a annoncé mercredi soir dans un communiqué, peu après qu'il se fut retiré des négociations avec le LKP, le patronat local, les parlementaires et élus locaux, que "toutes les stations-services du département seront fermées jeudi".

Cette décision intervient, selon le communiqué, "à la suite des menaces proférées et des pressions exercées à l'encontre des gérants" de stations-services, qui ont fermé leurs entreprises depuis onze jours pour exiger l'arrêt d'implantation de toute nouvelle station-service.

Mercredi matin, le préfet avait annoncé la réquisition de 13 stations-services pour assurer l'approvisonnement en carburant des clients prioritaires.

Les procureurs de la République de Basse-Terre et Pointe-à-Pitre, Eric Quincy et Jean-Michel Prêtre, avaient déclaré mardi dans un communiqué conjoint qu'ils poursuivraient les auteurs d'actes délictueux, notamment les menaces à l'encontre des gérants de stations-service.

L'annonce de la fermeture de "toutes les stations-services du département" jeudi constitue la première marque de recul des autorités depuis le début du mouvement des gérants le 19 janvier et celui de la grève générale le 20 janvier.
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Re: Guadeloupe : l’île paralysée par des barricades au 1er jour

Messagede Nico37 » 07 Fév 2009, 12:51


Chers compatriotes,

C'est un appel de soutien que je lance depuis la Guadeloupe.

Un collectif de 52 organisations {comprenant tous les syndicats, des groupements de mutuelle, des fédérations d'associations, les plus grosses associations de la Guadeloupe, le syndicat des transporteurs, les syndicats des stations de service, syndicat de pêcheurs, etc} a lancé un mouvement de grève depuis le 20 janvier 2009.

Des négociations on été engagées au World Trade Center, avec autour de la table de négociation, une représentation de l'ensemble des décideurs de la Guadeloupe :
- Le collectif : Lyanag kont profitasyon - Rassemblement contre les profiteurs
- Les élus : Conseil Régional - Conseil Général - Les maires - les Députés - Les Sénateurs
- Les socio professionnels : MEDEF - CGPME - CTPME - CCI - CES - etc
- L'Etat : Préfet de Région - Les Directeurs d'administration centrale

Suite à la lecture d'une note émise par le Secrétaire d'Etat à l'Outre-Mer, Yves JEGO, le Préfet de Région a décidé d'abandonner la
table de négociations pour soi-disant se mettre à travailler.

Aujourd'hui, vendredi 30 janvier 2009, près de 60.000 personnes ont défilé dans les rues de Pointe à Pitre, afin de démontrer leur soutien au "kolectif", or les médias métropolitains, confisqués par SARKOZY, ne font guère écho de ce mouvement dont la substance est unique dans l'histoire de France; car, c'est la première fois qu'un telle manifestation arrive a créer un consensus de toutes les forces vives d'une Région et sans exclusive.

La Guadeloupe réclame la venue du Premier Ministre pour gérer une fin de cette crise. Or, le ministre de tutelle, en l'occurrence Monsieur JEGO, refusant de jouer son rôle légal, refuse de se rendre en Guadeloupe par peur de...

L'Etat Français s'est défaussé devant le peuple guadeloupéen qui a assisté en direct à la démission du gouvernement.

Les négociations étaient retransmises par 3 chaines de télévision locale, les téléspectateurs ont assisté au départ du Préfet qui a refusé
de continuer les négociations, promettant de sévir en cas de dérapage.

17 Airbus ont débarqué depuis début janvier, avec près de 4000 militaires/gendarmes/CRS, armés jusqu'aux dents. Des chars d'assauts,
des minutions, des cercueils en plastique, des vivres ont également été acheminés en même temps que ces forces de répression. Ce tel dispositif de guerre coûte 3 millions d'euros par jour au contribuable français.
Les guadeloupéens auraient préféré que cet argent serve à résoudre quelques uns des 146 points de la plateforme de revendications.

L'Etat français a tiré sur la foule à plusieurs reprises en Guadeloupe : 1910 - 1925 - 1952 - 1967
En 1967, suite à un fort mouvement de grève, messieurs MESSMER, MARCELIN et DE GAULLE ont fait tirer sur la foule et tuer plus de 170 personnes - officiellement seuls 31 morts ont été déclarés par l'Etat.

Pendant que je rédige ce document, le gouvernement vient de décider de transférer les rédactions de RFO à Paris, les émissions locales ne seront plus produites localement.

Sarkosy se fabrique sa dictature par ses exactions, voilà que l'Outre-Mer revient 30 ans en arrière avec les pratiques coloniales.

Chers compatriotes, je vous demande de diffuser ce document par vos relais, il faut que toute la France sache que l'on se bat pour l'ordre juste et contre les profiteurs de toute nature.

"La gwadloup cé tan nou - la gwadloup cé pa ta yo - yo bisyon fé sa yo vlé - a dan péyi en nou"
"La Guadeloupe est à nous - la Guadeloupe n'est pas à eux - ils veulent faire ce qu'ils veulent - dans notre pays"
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Re: Guadeloupe : l’île paralysée par des barricades au 1er jour

Messagede joe dalton » 08 Fév 2009, 18:31

tient c'est étonnant comme les médias en parle peu !
je suis très surpris !
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Re: Guadeloupe : l’île paralysée par des barricades au 1er jour

Messagede Vilaine bureaucrate » 09 Fév 2009, 07:28

oui surtout que Monsieur S n'en a pas parler lors de sa grande messe a l'Elysée, et aucun journaliste n'a posé la question.. nan mais c'est que des noirs sur une ile..... :evil:

4 eme semaines de greve pour a Guadeloupe!!!!!!!


Guadeloupe: pré-accord sur une augmentation des salaires mais incompréhension après le départ d'Yves Jego pour Paris
L'incompréhension régnait en Guadeloupe dimanche soir. Le secrétaire d'Etat à l'Outre-Mer a pris la direction de Paris dimanche en fin d'après-midi, alors que les négociations concernant un pré-accord sur une augmentation des salaires devaient reprendre au même moment, a expliqué à l'Associated Press Olivier Nicolas, directeur de la communication du conseil régional. Lire la suite l'article
A la surprise générale, Yves Jégo a pris l'avion et doit arriver ce lundi vers 6h50 dans la capitale française, pour faire arbitrer par Matignon le pré-accord conclu entre patronat, collectivités locales et comité LKP, organisateur de la grève générale qui paralyse la Guadeloupe depuis le 20 janvier, a-t-on appris auprès du conseil régional de l'île.

Du côté des élus locaux, on comprend mal cette façon de négocier. Rien n'a été annoncé, ni avant, ni tard dimanche soir, sur ce départ d'Yves Jégo et c'est cela qui pose problème. Yves Jégo avait laissé entendre qu'il ne quitterait l'île qu'une fois la crise résolue.

Les mesures représenteraient un coût d'environ 108 millions d'euros pour le patronat, à compenser par des exonérations de charges consenties par l'Etat. Il faudrait également ajouter à ces chiffres ceux de la Martinique, également en grève depuis jeudi, de la Guyane, qui se prépare à la grève générale et de la Réunion, pour que les quatre DOM bénéficient du même dispositif, soit quelques 500 millions d'euros au total, précise-t-on dans l'entourage du conseil régional, qui affirme que si ce nécessaire arbitrage "au plus haut niveau" avait été expliqué, il aurait alors été compris par le collectif LKP et les élus locaux.

Cette attitude est interprétée comme "une rupture unilatérale des négociations en cours", elle a eu "l'effet d'une bombe en Guadeloupe", explique-t-on dans l'entourage du président PS du conseil régional de Guadeloupe, Victorin Lurel. Par conséquent, le LKP ("Liyannaj kont pwofitasyon", Mouvement contre l'exploitation outrancière) a appelé à une quatrième et nouvelle semaine de grève générale, mais "pas de gaieté de coeur".

Paradoxalement, la solution retenue dans le pré-accord avait plutôt satisfait le conseil régional et la fin du conflit semblait toute proche. Et Yves Jégo, jusqu'à présent, avait communiqué à chacune de ses actions. Son départ a donc "franchement déçu" les collectifs et suscite de "vives interrogations" au sein de la sphère politique.

Le pré-accord prévoit "une augmentation de 200 euros pour les salariés percevant jusqu'à 1,6 fois le Smic, soit environ 45.000 salariés", avait expliqué à l'Associated Press Olivier Nicolas. Pour les salaires supérieurs à 1,6 fois le Smic, les augmentations feront l'objet de négociations par entreprises et par branches sur une base de 2,5 à 3%. AP


http://fr.news.yahoo.com/3/20090209/tfr-social-guadeloupe-8d303c5.html
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Re: Guadeloupe : l’île paralysée par des barricades au 1er jour

Messagede Nico37 » 09 Fév 2009, 11:49

joe dalton a écrit:tient c'est étonnant comme les médias en parle peu !
je suis très surpris !


Hum, c'est pas en une mais il y a eu énormément d'articles que je n'ai pas posté puisque certains ici disent que c'est trop long à lire (et mettre les liens ne sert à rien puisque 90% des articles ne sont plus dispo la semaine suivante) : pour les consulter, faut aller sur le FMR

Pointe-à-Pitre (Guadeloupe), envoyée spéciale

L'aiguille de la jauge continue à baisser et la station Total de Grand-Camp est fermée. La pompe Esso après le pont de la Gabarre aussi, comme celle de la Jaille. Pas plus de chance avec Texaco à Gosier, Vito à Moudong ou Wipco à Houelbourg. Rien au carrefour Blanchard. Il faut abandonner la voiture. Dans Pointe-à-Pitre et ses environs, depuis le début de la grève générale, le 20janvier, trouver de l'essence devient assez sportif. Les loueurs proposent toujours des voitures, mais le réservoir est quasiment vide.

Mardi 3 février, une file d'automobilistes serpente le long de la nationale qui borde le quartier Anquetil, devant la seule station ouverte. Temps d'attente estimé, trois heures, par 29°. Les "clims" ronronnent. Sur Radio Caraïbes international (RCI), Evelyne, une habitante de Saint-François, s'indigne. D'origine indienne, salariée du privé non gréviste, elle soutiendra "jusqu'au bout" le mouvement social engagé par le Liyannaj kont' pwofitasyon (LKP), le Collectif contre l'exploitation, qui regroupe une cinquantaine d'organisations.

Mais elle a été menacée dans la file d'attente d'une station, par les gros bras de l'UGTG (Union générale des travailleurs de Guadeloupe), à l'origine du collectif, pour avoir laissé passer son patron, un "blanc-pays". "J'ai eu honte. Ce n'est pas mon pays, ça. Réfléchissons à notre conscience. A notre identité", lance-t-elle. Tout n'est pas à voir en noir et blanc.

"ICI, ON APPELLE ÇA “MANGER COCHON”"

L'ouverture et la fermeture des pompes obéissent à un jeu qui fluctue avec le rapport de forces entre le LKP, l'Etat et les patrons. Ce n'est pas un hasard si la pénurie d'essence se trouve au centre de la crise qui secoue la Guadeloupe. Les rois du pétrole cristallisent les frustrations contre la vie chère et contre la "pwofitasyon" qui pourrit la vie économique de l'île à tous les niveaux. "Ici, on appelle ça “manger cochon”. Il n'y a pas de morale, il n'y a que l'argent qui compte", dit Bernard Duguet, un gérant de station-service.

Les pétroliers s'entendent entre eux, préfèrent payer une amende plutôt que de déposer leurs comptes annuels au greffe du tribunal. Alors qu'il existe une société de raffinage, la SARA (Société anonyme de raffinement des Antilles) dans laquelle Total est majoritaire, chacun des actionnaires importe directement pour son compte du pétrole déjà raffiné. Les instances européennes sont grugées de leurs taxes grâce à de faux bordereaux où "Sainte-Lucie" (Etat des Caraïbes membre du Commonwealth) se transforme en "Sainte-Luce" (commune française de la Martinique). Mais c'est bien à Sainte-Lucie que le pétrole est stocké en grande quantité, permettant de jouer sur les prix.

Les pétroliers font également payer aux gérants des stations-service l'essence dilatée par la chaleur, tout en acquittant eux-mêmes les taxes pour un liquide à 15° : ainsi, un camion de 10 000 litres en contient en réalité 9760. Cela représente pas mal de pleins, 240 litres d'essence en moins par camion. La facture sur 10 000 litres est pourtant payable par les gérants "au cul du camion". Au bout de l'année, les profits sont colossaux.

Yves Jégo, le secrétaire d'Etat à l'outre-mer, a demandé une enquête sur la filière pétrolière. Le prérapport, dont Le Monde s'est procuré une copie, est atterrant. Signe que ce sujet cristallise les tensions : la seule mesure concrète annoncée lundi 9 février est la réduction du prix de l'essence de 6 centimes par litre.

Aux Antilles, la richesse tient en peu de mains. Notamment dans celles de ces grandes familles de békés, qui sont aujourd'hui sur la sellette. La diffusion du documentaire de Canal+ Les derniers maîtres de la Martinique, vendredi 6 février, a fait grand bruit, ici. Le quotidien France-Antilles y a consacré une page, le jour même. Le béké Alain Huyghes-Despointes y présente ses excuses "à tous ceux qui ont été ou qui pourraient être blessés lors de la diffusion de ce document". Il dit qu'il a signé en 1998 une pétition reconnaissant l'esclavage comme crime contre l'humanité. Mais quelle déclaration peut effacer ses propos tenus devant la caméra ? : "Dans les familles métissées, les enfants sont de couleurs différentes, il n'y a pas d'harmonie. Moi, je ne trouve pas ça bien. Nous, on a voulu préserver la race."

Jacques Bangou, le maire de Pointe-à-Pitre (Lapwent sur les panneaux), un Afro-Antillais qui a fait ses études de médecine à Bordeaux, analyse : "Les colons ont eu la canne, puis la grande distribution et le pétrole." Cet homme de 57 ans à l'aspect juvénile, qui a succédé à son père, explique que l'implantation de la grande distribution a tué dans l'œuf la naissance d'une bourgeoisie moyenne issue du commerce. Dans une famille, on "réussit" quand on devient fonctionnaire, puisque le salaire est majoré de 40 %, pour prime de vie chère. Le président du CHU juge la période "passionnante". Car le démantèlement des mécanismes post-coloniaux – l'organisation administrative et les secteurs-clés de l'économie sont toujours tenus par les Blancs – lui paraît aujourd'hui possible.

"C'EST HISTORIQUE CE QUI ARRIVE"

C'est à la Guadeloupe que se trouve le plus grand supermarché français, Carrefour à Destreland, qui appartient au groupe Hayot. Une vraie ville. Des incidents ont failli éclater, lors d'une brève réouverture, vendredi; les manifestants ont traité de "faux frères" les clients qui s'y étaient rués pour se réapprovisionner.

Quelques réservoirs percés ou siphonnés, des incivilités ne peuvent occulter la liesse et le sentiment de libération qui parcourt l'île depuis trois semaines; des milliers de Guadeloupéens dans les rues – l'équivalent de manifestations de 6 millions de personnes dans la métropole –, "chansons à nous" tout le jour, et, en signe de reconnaissance, un petit ruban rouge que l'on attache à l'antenne de sa voiture, aux passants de son jean, à son balcon.

La phrase qui court sur les trottoirs, que l'on se passe comme un sésame pour un avenir meilleur et répétée avec ferveur ? "C'est historique ce qui arrive." Pour la vie quotidienne, on se débrouille, malgré les coupures de courant et les magasins fermés; d'ailleurs, comme on dit, "Débouya, pas péché". La nouvelle se répand comme la poudre : à Basse-Terre, dans un camion, on a 60 œufs pour 6 euros.

Au carrefour Bergevin, à l'entrée du port de fret et tout le long de la route, un marché de fruits et légumes a éclos, à des prix défiant toute concurrence. On peut même faire ses courses la nuit. En ville, devant les rideaux de fer, on a installé des tables, des chaises : on discute et on joue. "Il y a vingt ans, on aurait eu des morts. Il y a une vraie volonté de part et d'autre que la situation soit maîtrisée", observe Bernard Carbon, un consultant installé depuis des années en Guadeloupe, appelé fréquemment à la rescousse pour résoudre les conflits sociaux.

Alex Lollia, un prof de philo militant à la CTU (Centrale des travailleurs unis), affiche un grand sourire : "Il y avait tellement longtemps que l'on attendait quelque chose qui ressemble à ça. C'est inimaginable ce qui se produit." Pour lui, l'avenir tient maintenant en une question, au-delà du résultat des négociations avec le gouvernement : quel pouvoir pour résoudre durablement les revendications ?
Béatrice Gurrey


[url=http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/02/09/guadeloupe-un-prerapport-detonnant-sur-la-filiere-petroliere_1152592_3224.html#xtor=AL-32280184] Guadeloupe : un pré-rapport détonant sur la filière pétrolière [url]
LE MONDE | 09.02.09 | 10h30 • Mis à jour le 09.02.09 | 11h25
Pointe-à-Pitre (Guadeloupe), envoyée spéciale

Le secrétaire d’etat à l’outre-mer, Yves Jégo, a diligenté une mission d’inspection, qui examine depuis le mois de décembre 2008 le système de distribution de l’essence dans les DOM-TOM. Le rapport final doit être présenté fin février, mais un rapport d’étape a déjà été rédigé, que Le Monde s’est procuré. Il est accablant pour les compagnies pétrolières.


Dans Le Journal du dimanche, du 8 février, M. Jégo évoque "un questionnement sur un enrichissement sans cause des compagnies pétrolières" qui pourrait se terminer "par une action judiciaire de l’Etat" contre elles.

L’Etat non plus n’est pas exempt de reproches, selon ce prérapport : "Le dispositif actuel d’administration des prix par les préfets prend l’eau de toute part" et les services de l’Etat "sont incapables de justifier la base des calculs sur lesquels repose leur évaluation", en Guyane, en Martinique et en Guadeloupe écrit l’inspecteur.

Mais les pétroliers apparaissent comme les plus fautifs. Ainsi, le coût des approvisionnements (brut importé pour être raffiné et produits finis ou semi-finis) n’est pas déterminé sur la base des approvisionnements réels "mais sur celle d’une formule intangible", avec une clé de répartition invariable entre brut et produits finis. Même quand la SARA (Société anonyme de raffinement des Antilles) a été arrêtée pendant deux mois… D’où le soupçon d’enrichissement indu.

COÛT DU TRANSPORT JAMAIS RÉVISÉ DEPUIS 1989

L’inspection ne s’explique pas non plus pour l’instant des variations de 15% "entre deux documents successifs, sans justification", sur la valeur ajoutée par la SARA sur les produits bruts. Son inquiétude porte sur le fait que cette marge intègre toute la masse salariale, alors que 25 % des effectifs exercent dans les dépôts et figurent donc déjà ailleurs dans les comptes.

Le coût du transport des produits vers la Guadeloupe n’a jamais été révisé depuis 1989, ce qui est "d’autant plus inadmissible que les coûts du fret ont baissé". Le coût du passage en dépôt est lui, "assez fantaisiste".

L’inspection aimerait également vérifier que les pétroliers "ne se mettent pas une partie de la marge de détail dans la poche lorsqu’ils vendent directement du carburant aux gros clients" pour leurs cuves privées. Cela représente tout de même pour certains, plus de 10 % de leur chiffre d’affaires.

Avec un sens aigu de la litote, l’inspecteur conclut : "Cette longue liste d’anomalies, de chiffres non justifiés, de formules peu calées sur la réalité des coûts, me conduit à penser que la crédibilité du dispositif actuel est atteinte." Un système qui, dit-il profite largement à tous, sauf au consommateur.
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Re: Guadeloupe : l’île paralysée par des barricades au 1er jour

Messagede kuhing » 09 Fév 2009, 13:58

Guadeloupéen-nes vous devriez pas maintenant passer à une action plus directe de prise en charge ?
Il y a des plantations de bananes sur place, prenez les, échangez la production et partagez vous la entre vous.
il y a des stocks dans les magasins...
il y a une infrastructure touristique : il y a moyen de casser les prix pour ceux qui viendraient vous voir par solidarité tout en profitant de la plage...
Habitant-e-s de Guadeloupe et de Martinique, faites le lien avec les autres îles et n'attendez rien du gouvernement de métropole, il ne vous donnera rien.
Où s'il vous lâche quelque chose il ne tardera pas à le reprendre.

Prenez ce que vous avez sous la main , la Terre est à vous et vous êtes à la Terre.
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Re: Guadeloupe : l’île paralysée par des barricades au 1er jour

Messagede Pïérô » 09 Fév 2009, 20:21

c'est ce qu'ils font, opérations massives de sortie de Kaddies de supermarchés aujourd'hui... :D
et c'est plutôt eux qui auraient des leçons à donner par rapport à ce qu'il se passe ici...parce qu'à ce train, la grève générale çà sera pour août ! :lol:
Image------------ Demain Le Grand Soir --------- --------- C’est dans la rue qu'çà s'passe --------
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