Luttes en Guadeloupe

Re: Guadeloupe : l’île paralysée par des barricades au 1er jour

Messagede Klement » 22 Fév 2009, 13:24

Vilaine bureaucrate a écrit:et J'avais jamais vu une manif où la majorité des gens attendent que les orgas partent pour ensuite toute les traverser en chantant des slogans et en dansants! On était plus nombreux qu'a la manif etudiante, je dirais 30.000... mais en tout cas pas 10 ou 15 000 comme il a été dit.

C'est clair, très belle manif, dynamique et combattive et cortège libertaire honnête (sans plus)
Klement
 

Re: Guadeloupe : l’île paralysée par des barricades au 1er jour

Messagede Vilaine bureaucrate » 22 Fév 2009, 13:45

nan plutot bien! c'était la premiere fois que je voyais l'AL en manif'. :mrgreen:
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Re: Guadeloupe : l’île paralysée par des barricades au 1er jour

Messagede Pïérô » 22 Fév 2009, 13:45

Celà soulève quand même ce problème actuellement où les anars ont du mal à sortir de l'incantatoire et sortir dans la rue...Pourtant le devenir et le développement du mouvement libertaire, et face au phénomène d'aspiration du NPA, n'est pas dans l'attentisme...
Nous avons rencontré un truc zarbi pour l'appel au rassemblement de Tours que semblent avoir rencontré les camarades de Montpelier, et s'ils peuvent en dire un mot çà m'intéresse...ou des camarades d'autres villes si le phénomène s'est aussi produit. L'appel a été fait "unitairement" par le PCF, le NPA, le POI et LO. Celà à dû se faire visiblement par téléphone et à squisé l'appel produit par Solidaires/SUD qui visait plus large. Nous avons pû attraper le train au niveau d'AL et produire un communiqué de presse d'appel à ce rassemblement, mais de fait, à part Solidaires, il n'y avaient ni les organisations syndicales ni les associations antillaises qui réunissent du monde pourtant. Il n'y avait pas non plus de banderolle non étiquettée permettant un départ en manif. Celà a produit un rassemblement complètement plan plan, et même s'il y avait 200 personnes, il n'y avait que le noyau militant Tourangeaux. Il y a avant les élections européennes des grenouillages et une multiplication d'appels "politiques", au sens évidemment politicard vu les échéances, par dessus les appels syndicaux, et celà non seulement pose question mais appelle à vigilance.
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Re: Guadeloupe : l’île paralysée par des barricades au 1er jour

Messagede Klement » 22 Fév 2009, 13:54

Vilaine bureaucrate a écrit:nan plutot bien! c'était la premiere fois que je voyais l'AL en manif'. :mrgreen:

C'est une blague ?? On fait des cortèges ou des pôles dans beaucoup des manifs parisiennes depuis des années, et de plus en plus importants depuis deux-trois ans
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Re: Guadeloupe : l’île paralysée par des barricades au 1er jour

Messagede Vilaine bureaucrate » 22 Fév 2009, 14:09

oui je me souviens de juin 2007, ou j'ai vu l'AL... lors d'une manif contre la LRU.. mais la grosse banderole et tout ces drapeaux, j'avais vu ça qu'en photo. lol
des pôles
c'est quoi?
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Re: Guadeloupe : l’île paralysée par des barricades au 1er jour

Messagede Klement » 22 Fév 2009, 14:24

Vilaine bureaucrate a écrit:oui je me souviens de juin 2007, ou j'ai vu l'AL... lors d'une manif contre la LRU.. mais la grosse banderole et tout ces drapeaux, j'avais vu ça qu'en photo. lol
des pôles
c'est quoi?

C'était loin d'être notre plus grosse apparition cette année (on a fait des plus gros cortèges dans toutes les manifs Palestine par exemple)
sinon un pôle c'est une apparition plus "light",entre juste des drapeaux et des journaux mais pas de baderolles, camion sono etc.
Sinon on fait des points fixes le long de toutes les grosses manifs syndicales ou de mobilisations sociales pour distribuer des tracts etc.
Klement
 

Re: Guadeloupe : l’île paralysée par des barricades au 1er jour

Messagede Vilaine bureaucrate » 22 Fév 2009, 14:42

ah ok, pour la Palestine j'étais larguée et en retard à chaque fois j'étais en fin de cortege.. oui c'est vrai, vous étiez très visible le 29. avec une table de presse... et des banderoles autour..
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Re: Guadeloupe : l’île paralysée par des barricades au 1er jour

Messagede vroum » 22 Fév 2009, 15:46

Compte-rendu de la manifestation de soutien aux Antilles - Paris, le 16 février

Le lundi 16 Février avait lieu une manifestation de solidarité avec le peuple des Antilles, à l'appel du LKP et des organisations de gauche, Départ Place de Clichy, arrivée Gare St Lazare. L'occasion a été prise avec des camarades de la CNT pour affirmer notre solidarité face à une grève générale - une vraie, celle-ci, car reconductible - qui entame sa cinquième semaine sur l'île de la Guadeloupe, un mouvement qui s'est légitimement durcit face au mépris des dépositaires de l'autorité. Le cortège libertaire a sut réunir, sous des appels à la grêve générale et à l'autogestion, et à tenu le pavé après que les stars du trotskisme ait vite plié les caméras et le camion sono. Manifestation brêve, mais qui prépare celle du samedi 21- rdv République 14h.

Image

L'exploitation dans l'outre-mer depuis la création de ce statut d'exception se caractérise par son contenu racial qui sous-tend toujours les rapports économiques, et explique une répression décomplexée et meurtrière. Cela prouve une fois de plus que le fait colonial subsiste dans ses formes les plus détestables, celle par exemple du tourisme comme mise en dépendance des activités. A noter que pendant le conflit social les forces de répressions séjournent dans le complexe hôtelier du Club Med, à croire que pour certains la crise à du bon, avec Alliot-Marie comme guide de Safari, c'est encore mieux que le Dakar.

Image

Groupe Béton armé de la FA
http://beton-arme.blogspot.com/
vroum
 

Re: Guadeloupe : l’île paralysée par des barricades au 1er jour

Messagede Nico37 » 22 Fév 2009, 16:04

http://vimeo.com/3319831

COMBAT OUVRIER

Pawol a travayè

APPLIQUEZ L'ACCORD SUR LES 200 EUROS !

Les représentants des syndicats Domota (UGTG), Nomertin (CGTG), Evariste (FO), Berthelot (CFDT) et Plaisir (CTU) après avoir rencontré le patronat et les médiateurs de Jego ont constaté que les gros patrons ne veulent pas appliquer l'accord qui prévoyait une augmentation de 200 euros pour tous les salaires allant du SMIC à 1,6 SMIC.
Ils se permettent de faire la proposition dérisoire d'une prime de 150 euros par trimestre pour les salaires de 1 smic à 1,4 smic et une augmentation de 1,6 % pour les autres. On sait qu'une prime peut être supprimée à tout moment ; ensuite 50 euros mensuel c'est très loin des 200 euros, pas assez pour augmenter le pouvoir d'achat ! Et les 1,6 % ? C'est aussi très en dessous de l'augmentation du coût de la vie depuis deux ou trois ans.
Toutes les informations économiques, les déclarations des politiques dans le monde montrent que la crise économique a pris du balan. Nous allons vers une situation aggravée où les salariés et les pauvres vont être réduits à un niveau de vie de plus en plus bas, s'ils ne se battent pas. On annonce des milliers et des milliers de licenciements dans le monde.
C'est dès aujourd'hui qu'il faut barrer la route à cette vague de misère et de déchéance qui s'annonce. Avec notre grève générale, nous avons pris un peu d'avance sur les autres pays, mais tout le monde va suivre notre exemple. Après la Martinique, nous aurons la Réunion et la Guyane et après nous aurons les travailleurs de France et même d'Europe qui vont entrer dans la danse. Crions le fort : le gros patronat peut payer et il va payer ! S'il ne veut pas céder, il devra se passer de notre force de travail pendant un certain temps. On verra si les patrons tout seuls devant leur entreprise peuvent la faire fonctionner sans nous.

SÉ DÉ SAN ÉWO NOU VLÉ : 200 éwo !

Owganizasyon ki adan LKP pa ka démod ! La base d'accord est simple : c'est ce qui a été convenu dans la réunion du samedi 7 au dimanche 8 février à 6h du matin ! 200 euros pour tous les salaires du smic à 1,6 smic ! Et l'état s'engageait à fournir aux patrons un fonds de 108 millions d'euros pour faire face aux augmentations de salaires. Mais Jego, après avoir été soutenu par le gouvernement, a été désavoué ! Pourquoi, parce que entre temps les grands patrons, notamment les gros békés, Hayot et cie, ont fait pression sur le gouvernement pour déchirer l'accord et revenir aux propositions ridicules et inacceptables de 1,6 % d'augmentions après quatre semaines de grève générale ! Inacceptable !

Un peuple qui se lève, se met en marche avec les jambes et la tête !

Les jambes marchent très bien, on l'a vu dans les diverses manifestations ! Mais un vieux proverbe chinois dit : «Il y a plus d'idées dans mille têtes que dans une seule !».
Alors appliquons ce principe ! Travailleurs, travailleuses, jeunes, femmes si nombreuses dans les manifestations ! N'hésitez pas à prendre vous mêmes cette lutte en main !
Vous devez vous occuper vous-même de vos affaires, pas seulement avec vos pieds qui marchent dans les manifestations, mais aussi avec vos têtes qui réfléchissent ! Réunissez-vous partout ! Pour discuter, pour étudier les problèmes, suivre les négociations, évaluer les divers tournants de la lutte ! Pour voir comment mobiliser plus de gens de votre entreprise, de votre quartier, de votre commune ! Suivez l'exemple des travailleurs de Capesterre, de Moule, de Basse-Terre, de Gosier qui ont déjà pris des initiatives, organisant réunions, meetings, manifestations localement !
Plus il y aura de travailleurs, de pauvres, d'exploités se réunissant, s'organisant à la base, discutant des problèmes de la lutte, décidant dans cette organisation de la façon de participer, présentant eux-mêmes leur propres revendications, donnant eux-mêmes leur appréciation sur les actions, sur les revendications du LKP, plus la mobilisation sera puissante et indéracinable ! Plus elle ira loin dans le temps ! Plus elle se rapprochera du moment où nous pourrons nous débarrasser définitivement de nos oppresseurs et de nos exploiteurs !


Ba Lkp fos la ! An nou kreyé yonn d é twa Lkp, pa an ba, adan travay é kawtié an nou !

L'état est toujours prévoyant en faveur des patrons. Ces gens là savent que leur attitude provoque la colère et le mécontentement chez nous. Alors l'état envoie des escadrons de gendarmerie supplémentaires en Guadeloupe et Martinique. Mais comme l'ont dit Domota (UGTG) et Nomertin (CGTG) à plusieurs reprises, ils ne referont pas Mai 1967 avec ses dizaines de victimes parmi les travailleurs et la population. Certaines choses ont changé en Guadeloupe.
La meilleure façon de dissuader toute tentative de répression, c'est de montrer au pouvoir, et aux patrons qu'il protège, qu'ils ont en face d'eux tout un peuple mobilisé et organisé. C'est pourquoi il est indispensable, sans perdre de temps, sans craindre l'initiative populaire, de favoriser partout dans les quartiers de l'agglomération Pointe-à-Pitre, Abymes, Baie-Mahault, Gosier, la création d'organisations de base. Que les travailleurs, les chômeurs, les femmes à domicile, rmistes se réunissent pour discuter des revendications défendues par LKP et décider de participer à la lutte, de faire entrer cette lutte dans leur environnement immédiat. De façon à regrouper autour de LKP toutes les victimes de la pwofitasyon, car il y en a aussi dans les quartiers, dans les communes, partout.
Car de telles organisations de base se réunissant et fonctionnant démocratiquement peuvent donner à l'ensemble du mouvement un puissant élan et des moyens encore plus grands de mobiliser en profondeur toutes les masses exploitées et opprimées de ce pays ! Elle permet à tous ceux qui le veulent de se mettre de leur côté, quelle que soit leur origine sociale.
Alos, an nou kréyé yonn, dé, twa, kat. LKP de base !

CÉ FOS A TRAVAYÈ É MALÉRÉ MOBILISÉ KA FÈ FOS A LKP

Ka ki LKP ? LKP sé vou, vou..vou sé nou tout travayè é maléré an péyi la ! Sa vlé di kè fo LKP viv an wo é an ba ! An wo : èvè tout owganisasyon sendikal, politik, asosiasyon etc.. É an ba èvé tout moun a pèp la ki konsian é vlé lité pou rèvandikasyion pozé pa LKP, pou défans a entérè a tout katégori moun ki espwaté é opwimé an péyi la sa !
Attention ! Pour créer un Lkp : après avoir trouvé tous ceux qui sont d'accord pour cela, c'est à dire ceux qui sont pour la lutte pour les revendications, réunissez-les ; ensuite prenez contact avec les responsables de LKP pour officialiser votre collectif local. Vous pourrez facilement les trouver. Il y a deux membres par organisations dans la direction de LKP, dont certaines faciles à contacter : CFDT, CGTG, CTU, CUGTG ; PCG, COMBAT OUVRIER, FORCE OUVRIERE(FO), NONM, etc..Il y a près de 49 possibilités de contacter des responsables LKP pour officialiser la création d'un LKP ! En avant ! Il est indispensable de créer des bases locales de LKP !

« L'Etat est neutre » dit Jego ! Manti a mantè ! i koté a lé gwo patron !
L'Etat n'est pas neutre ! Il est du côté des gros ! On entend de plus en cette réflexion dans la population et c'est la vérité ! Fillon, premier ministre, veut nous mener en bateau quand il dit que l'Etat n'intervient pas entre patrons et salariés ! Quelle blague ! Et pourquoi il accumule des forces de répression en Guadeloupe et Martinique ? Si ce n'est pour nous intimider au bénéfice des patrons (ce qui ne marche pas d'ailleurs) !
L'Etat est toujours en train d'aider le grand patronat ! Il distribue tellement d'argent aux uns et aux autres qu'on n'arrive pas à suivre la valse des chiffres ! Six milliards pour Peugeot Citroën, Renault ; huit milliards pour les banques, des milliards pour le secteur immobilier, un fonds de relance de 26 milliards +10 milliards récemment qui iront essentiellement dans les poches des patrons, des centaines de milliards de garantie pour les banques, etc.
Mais dès qu'on parle de ce qui va aux salariés, on passe de somme en milliards à somme en millions. Et quand on regarde combien cela fait par salarié et par mois, on tombe à des broutilles de quelques dizaines d'euros pour aider les travailleurs à faire face à la montée du coût de la vie. Sarkozy appelle ça «défendre le pouvoir d'achat des salariés» ! Quelle hypocrisie ! Quels mensonges !

BÉNÉFICE DE TOTAL (ACTIONNAIRE PRINCIPAL DE LA SARA) 14 MILLARDS !

On vient d'annoncer que le groupe Total a fait le bénéfice extraordinaire de 14 milliards d'euros pour 2008. Ces gens là exploitent 96 000 salariés dans le monde entier et s'enrichissent à travers toutes sortes de sociétés comme la SARA dont ils sont actionnaire principal ; ils ont des puits de pétrole en Afrique, en Amérique Latine, exploitent les richesses de ces pays là et rapatrient les bénéfices en France et en Europe. C'est comme cela que l'Europe capitaliste s'est construite par le pillage des pays sous développés. En même temps ces capitalistes se livraient de façon éhontée à l'exploitation des travailleurs (hommes, femmes, enfants !) de leur propre pays.

vendredi 13 février 2009
Nico37
 
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Re: Guadeloupe : l’île paralysée par des barricades au 1er jour

Messagede Berckman » 23 Fév 2009, 14:56

A Lyon : 500 personnes :
Assos Antillaises, NPA, POI, LO, Parti de Gauche, CGT, FSU, SUD. Pour les libertaires : présence visible CGA et CNT...
Le tract CGA (tiré à 500 ex...) bien acceuilli.
Le NPA avait fait un coup foireux lors du rassemblement appelé par la CNT jeudi en appelant à 1 demi heure près à une interorga sur la question.
Une nouvelle manif est prévue jeudi, avec cette fois un appel unitaire incluant les libertaires...
Berckman
 

Re: Guadeloupe : l’île paralysée par des barricades au 1er jour

Messagede Nico37 » 23 Fév 2009, 17:09

Grèves générales en Guadeloupe, Martinique et Réunion.

Les économies d’outre mer restent organisées sur un mode colonial, autour de l’import- distribution, et non de la satisfaction des besoins de la population locale. Chaque année, des hectares de terres agricoles qui font vivre la population disparaissent au profit de hangars ou d’entrepôts, la discrimination à l’embauche laisse la population locale au chômage… Une grande richesse pour quelques-uns, descendants des esclavagistes d’hier et propriétaires de la plupart des entreprises, … et la misère pour presque tous.
Depuis le 20 janvier, la Guadeloupe est en grève générale à l'appel de 52 organisations réunies dans un Comité contre l'exploitation outrancière (LKP) qui réclame notamment une baisse du prix des produits de première nécessité, des impôts et des taxes, des carburants, ainsi qu'une hausse du salaire minimum de 200 euros.

Les organisations syndicales et associatives Martiniquaises se sont constituées en un "Collectif du 5 février" et la grève générale a démarré le 5 février, contre la vie chère. Le 12 février à la Réunion, un collectif de 25 syndicats, associations et partis politiques a appelé à une journée de mobilisation contre la vie chère, le 5 mars prochain et à construire une grève générale.

Déjà, le collectif Liyannaj kont pwofitasyon (LKP), les guadeloupéen-ne-s en grève, ont réussi à faire ce qu’aucun mouvement n’avait réussi depuis bien des années : obliger patronat et gouvernement à négocier sur la base des revendications syndicales. Des acquis sont d’ores et déjà obtenus, mais il demeure les points essentiels, tout ce qui concerne les augmentations de salaires, pensions, minima sociaux.

La détermination des travailleurs d’outre mer nous donne la voie à suivre pour nos futurs combats !

SOLIDARITE AVEC LA GREVE GENERALE EN OUTRE MER !

l’Union Syndicale SOLIDAIRES 37 appelle à un nouveau rassemblement de solidarité le mardi 3 février, à 18H00, place Jean Jaurès, à Tours.
Nico37
 
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Re: Guadeloupe : l’île paralysée par des barricades au 1er jour

Messagede skankerror » 24 Fév 2009, 00:06

à Nice 80 personnes devant le Palais de justice.
Présence de sud, cgt, npa, pc, resf, modem (mouarf).
Pour les libertaires, présence de bibi avec son drapeau noir pour représenter le caam, ainsi que joe plus un cénétiste.
Une vingtaine de tracts distribués bien accueillis.
skankerror
 

Re: Guadeloupe : l’île paralysée par des barricades au 1er jour

Messagede Nico37 » 24 Fév 2009, 13:35

Adresse de l'UGTG

UGTG UNION GENERALE DES TRAVAILLEURS DE GUADELOUPE

Pointe-à-Pitre, le 23 février 2009 Aux organisations syndicales de France, Aux travailleurs de France

A l'appel de 49 organisations dont l'ensemble des organisations syndicales de Guadeloupe, dont l'UGTG, une grève générale a commencé le 20 janvier 209 pour exiger du patronat, des Collectivités, de l'Etat :

Le relèvement immédiat et conséquent des salaires, du minima vieillesse, des minima sociaux. Sachez qu'en Guadeloupe plus de 100 000 personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté sur une population d'environ 450 000 habitants.
La défense et la création d'emplois, la formation notamment pour la jeunesse.
La défense et le développement de la production. La défense et l'amélioration du droit et des libertés syndicales.
La baisse des loyers.
La protection du patrimoine écologique…

Des manifestations ont rassemblé 25000, puis 65000 et 100000 participants, soit à peu pris 20% de la population de la Guadeloupe. Le 8 février, après 18 heures de négociation, un pré accord sur les salaires est établi entre les parties sous la médiation du Secrétaire d'État à l'Outre Mer et des services de la Direction du travail. Ce pré accord prévoit une aide de 108 millions de l'État aux entreprises. Le Secrétaire d'État revient sur sa position ce qui met en cause cet accord et fait durer le mouvement.

Après la mort d'un syndicaliste dans la nuit du 17 au 18 février, le Premier ministre et le Président de la République affirment vouloir « dénouer la crise –une crise sociale » ; mais que proposent-ils pour augmenter les salaires ? Une prime exonérée de cotisation sociale basée sur le RSA, Revenu de Solidarité Active, y compris pour les salariés touchant 1.4 smic. C'est un recours à des dispositifs « aide aux pauvres » qui est proposé aux salariés en guise d'augmentation de salaires, c'est une prestation sociale. De plus, cette prestation, comme celles d'avant, RMI, API, par ses conditions d'application, par les effets pervers qu'elle va générer, risque de démanteler encore un peu plus la famille guadeloupéenne. Les patrons, quant à eux, ne demandent pas mieux car cela peur permet de faire des propositions minimes d'augmentation de salaires, 70€, voire 50€. C'est un mépris des pour les travailleurs de Guadeloupe qui ne demandent pas la charité mais qui exigent une plus juste rétribution de leur travail. Nous ne pouvons l'accepter. Nous allons reprendre les discussions avec les patrons en présence des représentants de l'Etat, avec la volonté de négocier pour obtenir ces 200€ car cela est possible si les autres parties sont animées de la même volonté.

Nous nous adressons à vous afin que vous fassiez largement connaitre aux travailleurs et à la population la réalité de notre revendication, à l'inverse de la propagande gouvernementale et médiatique présentant les organisations de Guadeloupe impliquées dans la grève générale et singulièrement les organisations syndicales, comme menant une politique extrémiste, raciale et violente. Les travailleurs de Guadeloupe et leurs organisations depuis 5 semaines font preuve d'une extrême responsabilité.

Recevez, chers camarades, nos salutations fraternelles.

Le secrétaire Général

E. DOMOTA


Chronologie

Le 5 décembre : première réunion à l’appel de l’UGTG avec une proposition de manifestation le 16 décembre pour la baisse du prix de l’essence. Proposition acceptée par l’ensemble des organisations présentes.

Le 16 décembre 2008 : Manifestation dans les rues de Pointe à Pitre contre la vie chère à l’appel de 31 organisations syndicales, politiques et associatives. 7000 personnes défilent dans les rues de Pointe à Pitre. Le sous Préfet reçoit une délégation de 15 personnes et affirme qu’il n’a rien à dire sur les revendications qui lui sont présentées.
Meeting devant la mairie de Pointe à Pitre, au cours duquel une analyse de la situation est présentée à la foule. Succès : unité du peuple guadeloupéen en marche.

Le 17 décembre 2008 : Manifestation à Basse Terre – 4000 personnes
Refus du Préfet, occupé à un « chanté nwel », de recevoir les dirigeants des organisations.

Entre le 17 décembre 2008 et le 20 janvier 2009 : nombreuses réunions de préparation de la plate-forme de revendications de LIYANNAJ KONT PWOFITASYON (LKP).

Le 19 janvier : Grève illimitée des gérants de station service.

Le 20 janvier 2009 : Grève générale lancée à l’appel de toutes les organisations syndicales, membres du LKP – Nombreux piquets de grève dans les entreprises - Grande Manifestation dans les rues de Pointe à Pitre – 15 000 manifestants.

Le 21 janvier 2009 : Déboulé vers le Centre commercial MILENIS et l’Aéroport Pôle Caraïbe. Grande tension à l’aéroport où un millier de manifestants font face à 400 gendarmes pendant près de deux heures. Tous les services d’enregistrement de bagages sont occupés par les manifestants. Nombreux vols retardés.
Le LKP demande l’ouverture de négociations globales avec l’Etat, le Conseil Général, le Conseil Régional et le patronat sur la base de sa plateforme de revendications.

Le 22 janvier 2009 : Invitation du Préfet à une table ronde. Refus du LKP qui réaffirme sa ferme volonté et sa disponibilité immédiate, pour l’ouverture de négociations globales. Il exhorte les travailleurs et le peuple de Guadeloupe, à poursuivre le mouvement de Grève Générale et à accentuer la mobilisation tou patou an Péyi la.

Le 23 janvier 2009 : Réponse à l’invitation du Préfet concernant l’ouverture de négociations globales entre toutes les parties. Les Présidents des conseils Régional et Général et de l’association des maires étant absents, les négociations ne seront pas ouvertes. Le LKP regagne Pointe à Pitre après un passage sur le piquet de grève des transporteurs de passagers devant le Conseil Général.

Le Samedi 24 janvier : Grand DEBOULE dans les rues de Pointe à Pitre – 25 000 manifestants.
Invitation à des négociations avec toutes les parties à 16h30 au World Trade Center. Après des négociations ardues avec les forces de l’ordre pour se rendre devant le World Trade Center avec la foule, les échanges commencent effectivement à 18h00 en présence de toutes les parties, (Etat, Collectivités, Patronat et LKP). Discussion ouverte sur l’accord de méthode. Présence exceptionnelle de Canal 10 qui retransmet en léger différé.

Le dimanche 25 janvier : Gran Déboulé « MAS A KONSYANS » « MAS A PWOFITASYON » - 40 000 participants.

Le lundi 26 janvier : Reprise des négociations sur l’accord de méthode – Signature de l’accord de méthode proposé par le LKP. Les échanges sont retransmis en direct par RFO, Canal 10 et les radios.
Le mardi 27 janvier : Discussion sur les points de la Plate-forme concernant le niveau et les conditions de vie. Révélations du LKP concernant les pratiques de la SARA. Les échanges sont retransmis en direct par RFO, Canal 10 et les radios.

Le Mercredi 28 janvier : Rupture des négociations par le Préfet après lecture d’un message du Secrétaire d’Etat Yves JEGO. Les échanges sont retransmis en direct par RFO, Canal 10 et les radios.
Message d’Yves JEGO
A insérer


Le jeudi 29 janvier : Groupes de débrayage qui parcourent Pointe à Pitre et sa périphérie.

Le vendredi 30 janvier : Gran déboulé dans les rues de Pointe à Pitre - 65 000 manifestants.

Le samedi 31 janvier : Concert de solidarité Dominik COCO, Admiral T, Iman, Sainsily, Timalo

Le dimanche 1er février : Gran Déboulé « MAS A KONSYANS » « MAS A PWOFITASYON »
Arrivée d’Yves JEGO en Guadeloupe.

Le lundi 2 février : Groupes de débrayage qui parcourent Pointe à Pitre et sa périphérie.
Rencontre Jeunesse Guadeloupéenne et LKP à LaKasa

Le mardi 3 février : Groupes de débrayage qui parcourent Pointe à Pitre et sa périphérie.

Le mercredi 4 février 2009 : 1ère rencontre avec Yves JEGO aux Affaires maritimes à Pointe à Pitre– Présentation de la plate-forme de revendications. Les échanges sont diffusés en direct par Radyo Tanbou.

Le jeudi 05 février 2009 : Reprise des négociations à Basse Terre. Yves JEGO demande le départ de la presse et des journalistes après les interventions liminaires.

Le vendredi 06 février 2009 : Poursuite des négociations

Le samedi 07 février 2009 : Déboulé à Basse Terre - 18 000 manifestants.
13h00 : reprise des négociations sur la question des salaires. Négociations qui durent toute la nuit.
A Pointe à Pitre : concert de soutien avec Patrick Saint Eloi, Simenn’ kontra, Smiley, Timalo, SOFT,...

Le dimanche 08 février 2009 : à 8h00 du matin, après 20 heures de négociations, un accord est trouvé sur les modalités de mise en œuvre de l’augmentation des salaires de 200 €. La partie patronale refuse de signer si cet accord n’est pas assorti d’un engagement formel de l’Etat confirmant sa contribution au financement de l’augmentation de salaire réclamée (cf déclaration d’Yves Jego du 28 janvier 2009). Un rendez-vous est pris à 16h00 afin de procéder à la signature de cet accord après réception de l’engagement de l’Etat.

Départ précipité d’Yves JEGO vers la France alors même que le LKP se rend à la réunion de 16h00 comme prévu à Basse Terre.

Le 09 février : Grand déboulé dans les rues de Basse Terre, Pointe à Pitre en Marie galante. Plus de 100 000 guadeloupéens dans les rues.

Le 10 février : Conseil interministériel à Paris sur la situation en Guadeloupe. François FILLON s’adresse à la nation en déclarant que l’Etat ne peut intervenir dans les relations sociales ni participer à l’augmentation des salaires. François FILLON invalide les engagement de l’Etat, présentés le 28 janvier par Yves JEGO.
Retour d’Yves JEGO en Guadeloupe accompagné de deux médiateurs MM Bessières et Lopez.

Le 11 février : Reprise des négociations à Basse terre concernant la question des salaires. LKP réclame que les discussions se poursuivent sur la mise en œuvre de l’accord convenu le dimanche 8 février 2009.

Le 12 février : Après avoir rencontré les six délégations patronales, les médiateurs constatent que leur mission est impossible. LKP considère qu’il ne peut s’agir de négociations sur les salaires puisque l’accord du dimanche 8 février est acquis. Il reste à l’Etat à s’entendre avec la partie patronale sur les modalités de financement. LKP ne peut dorénavant que discuter des conditions de mise en œuvre de l’accord.
LKP attend une convocation à cet effet.

Vendredi 13 février : Le soir, devant le Palais de la Mutualité, diffusion du documentaire "Les derniers maîtres de la Martinique. Suivi du soutien d'artistes comiques de Guadeloupe.

Samedi 14 février : Le matin > "Happening" de plasticiens devant le Palais de la Mutualité. Vente de matériel médical à destination des handicapés.

L'après-midi : "Déboulé" au Moule et commémoration des travailleurs Guadeloupéens tués au Moule, le 14 février 1952.

Le soir : "Swaré léwòz" avec Akiyo Ka.

Dimanche 15 février : "Mas an konsyans" à Pointe- à - Pitre

Du 16 au 21 : Durcissement de la mobilistation, barrages.

Mardi 17 février : Décès par balle de Jacques BINO (employé des impôts, syndicaliste à la CGTG, membre du "Mouvman Kiltirèl AKIYO",...)

Jeudi 19 février : Rencontre entre les élus parlementaires d'Outre - Mer et le président de la République, Nicolas Sarkozy. Intervention télévisée du président.

Vendredi 20 février : Reprise des négociations entre les réprésentants syndicaux, les "socio-professionnels" et les médiateurs...

Samedi 21 février : Suspension des négociations, en vue d'une reprise le lundi 23. Le matin : Présentation au public, du corps de Jacques BINO au Palais de la Mutualité.

L'après - midi : Présentation du corps de Jacques BINO au Hall des sports de Petit - Canal.

Le soir : Veillée mortuaire de Jacques BINO à Petit - Canal.

Dimanche 22 février : L'après - midi > Enterrement de Jacques BINO.
Nico37
 
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Re: Guadeloupe : l’île paralysée par des barricades au 1er jour

Messagede Nico37 » 25 Fév 2009, 13:31

Guadeloupe: tous les ingrédients de la solution sont sur la table, assure Jégo

il y a 45 min

"On va piocher dans tout ce qui a été dit depuis maintenant quelques jours (...), ce qu'il y a de meilleur partout, pour formater une proposition acceptable par tous, parce que l'idée c'est que chacun signe", a déclaré le secrétaire d'Etat à l'Outre-mer sur France-Info. Pour lui, "il y a maintenant sur la table de quoi bâtir la solution".

Yves Jégo a précisé que le gouvernement était "en train de bâtir une proposition plus lisible", "autour de l'idée d'un aménagement du RSA et autour de (...) la possibilité offerte par le président aux entreprises d'apporter des hausses de salaire sans charges ni patronales ni salariales".

"Il faut que le MEDEF puisse confirmer ce qu'il a commencé à proposer, c'est-à-dire des augmentations qui sont depuis quelques jours sur la table des discussions, et qui sont maintenant significatives", a-t-il ajouté.

M. Jégo a par ailleurs précisé que le Premier ministre François Fillon recevrait jeudi "tous les élus d'outre-mer" pour parler de la future loi de développement économique de l'outre-mer.

Concernant la Martinique, Yves Jégo a reconnu "des violences qui sont un peu à l'image de ce qu'on a vécu en Guadeloupe", et affirmé qu'"il y aura des mesures prises par la ministre de l'Intérieur pour que, comme ça a été fait en Guadeloupe, ces violences soient jugulées". Et le secrétaire d'Etat d'estimer que "la Martinique doit sortir aussi de ce conflit par la discussion et la négociation et sûrement pas par les tensions". AP


Un élément troublant

LA THESE DE LA BAVURE POLICIERE RELANCEE

Dans un précédent article, je rapportais un témoignage faisant état d'une fusillade entre jeunes de la cité Henri IV et policiers avant l'arrivée de Jacques Bino dans le quartier. Je rappelais que le procureur de la République, M. Prêtre, avait affirmé que la balle ayant été à l'origine de la mort de Jacques Bino était de type brenneck, des munitions utilisées pour la chasse au sanglier. Je m'étonnais qu'on puisse se procurer ce type de balle en Guadeloupe où il n'existe aucun gros gibier mais, naïvement, j'ajoutais que cette information semblait de nature à innocenter la police, puisqu'on l'imagine mal avoir recours à ce type de calibre. Un lecteur attentif de Chien Créole vient de me faire parvenir le lien d'un article paru le 24 août 1995 dans l'express, pas franchement une feuille subversive comme le souligne mon informateur.

L'article relate une bavure policière ayant entraîné la mort d'un petit Bosniaque de 8 ans dans le massif du Mercantour : http://www.lexpress.fr/informations/les ... 09248.html

Interrogé sur le fait que le sous-brigadier responsable de la bavure avait fait usage d'un fusil à pompe, un de ses collègues répondait :
"C'est tout à fait réglementaire. Il y a quatre ou cinq ans, pour les contrôles routiers, le fusil à pompe a remplacé le MAT 49, tombé en désuétude. Il s'agit d'une arme de défense collective. Quant aux cartouches, la première est toujours en caoutchouc, les suivantes sont des Brenneck(...)"

Cet article date de 1995, il faut à présent savoir si cet usage s'est poursuivi officiellement, ou non. Plus que jamais, la nécessité d'une enquête sérieuse pour faire toute la lumière sur la mort de Jacques semble impérieuse. Chacun doit garder son sang-froid afin qu'elle puisse se réaliser dans la sérénité si on veut que la vérité se fasse. La seule chose que nous disons est que le doute est permis, qu'une enquête doit avoir lieu, mais Chien Créole se sent un peu seul pour réclamer qu'une commission internationale des Droits Humains accompagne cette enquête et en garantisse l'impartialité. C'est à mon avis là que doivent porter les efforts de tous ceux qui veulent que justice soit rendue.

Frédéric Gircour
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Re: Guadeloupe : l’île paralysée par des barricades au 1er jour

Messagede Nico37 » 26 Fév 2009, 01:22

PWOFITASYON Témoignage de Sadi S., étudiant à l’Université Antilles Guyane en Guadeloupe :

Je vous envoie ce mail un peu long, certes, mais je voudrais vous dire deux ou trois choses, que vous ne voyez pas trop dans les JT de canal+, France Télévision, TF1, M6, LCI... à propos de la grève en Guadeloupe puisque je la vis de l’intérieur. J’espère sincèrement que vous prendrez le temps de lire ces quelques lignes. Lisez tout, si vous le pouvez. Et une partie si c’est trop long. Je tiens au paragraphe en violet car c’est cette question qui m’a poussé à écrire un si long mail, mais je crois que tout comporte son intérêt...

Pourquoi ? Parce que j’imagine que vous entendez comme tout le monde les infos et que je les trouve très partielles (et partiales). Parce que je pense qu’il peut y avoir méprise. Vous pouvez diffuser à votre guise au sein de PMP6.
Let’s go !

En effet, la Guadeloupe connait depuis bientôt 4 semaines une grève générale contre les profits abusifs (de grâce, cessez de parler de grève contre la vie chère car il ne s’agit pas tout à fait de cela).

Je vais simplement, sans organisation donner quelques faits (j’écris à mesure que ça vient et je m’excuse d’avance des fautes d’orthographe que ma vigilance laissera passer).
Une grève contre la vie chère ? Non. Pas vraiment.

Le collectif qui mène la grève est un ensemble de 49 associations syndicales, politiques, associations de consommateurs et associations culturelles. Elle a déposé (un mois avant le début de la grève générale, et personne n’a jugé bon de s’en préoccuper) un cahier de 146 revendications réparties sur 10 chapitres. Parmi ces chapitres, un (un seul !) concerne la vie chère. Mais alors qu’est-ce que cette grève ?

Le collectif à l’initiative de cette grève s’appelle "LKP" : Lyannaj kont pwofitasyon (C’est du créole). Traduction "alliance contre le vol et les profits abusifs". C’est une mobilisation sans précédant. Le LKP parle de 100 000 personnes dans les rues (sur une population de 460 000, soit près du quart de la population). Au delà de la bataille des chiffres, une chose est sure : c’est historique. C’est la plus grande mobilisation de l’histoire de la Guadeloupe et chaque sortie du LKP crée un nouveau record. Depuis une semaine, la Martinique emboite le pas, la réunion depuis deux jours, et la Guyane s’y prépare.
Qu’est-ce que la "pwofitasyon" ?

Surtout, ne pas traduire par "profit" (c’est un faux amis). La "pwofitasyon", ici peut se traduire comme je viens de dire par "profits abusifs". Dans le langage courant, "pwofitasyon" désigne l’abus de pouvoir qu’un puissant exerce sur quelqu’un dont il sait déjà qu’il est plus faible que lui, pour le rendre encore plus subordonné. L’exemple type, est celui des enfants dans la cours de récréation d’une école primaire. Les "grands" de CM2 peuvent exercer dans la cours des "pwofitasyon" sur les "petits" de CP, qui n’auront que leur yeux pour pleurer. (N’est-ce pas mignon, notre cher et tendre enfance ?)

Les domaines de "pwofitasyon" sont multiples chez nous :

Le constat est le suivant. En Guadeloupe, les prix sont beaucoup plus élevés qu’en France et donc parmi les plus élevés d’Europe et du monde. On constate (pour les mêmes enseignes et les mêmes produits) des écarts de plus de 100% que l’éloignement (il faut bien payer le transport) n’explique pas (exemple : 84% sur les pâtes alimentaires). Selon tous les experts, après analyse de la chaine, de la production au cadie du consommateur, en passant par le transport, le surcoût par rapport à l’hexagone ne devrait pas dépasser 10%. Les différences de prix constatées ressemblent donc fortement à.... du vol organisé.

Quelques exemples de "pwofitasyon" dénoncés par le LKP :
L’essence que payait les guadeloupeéns était l’une des plus chère au monde. Il y a une crise internationale qui a fait exploser le cours du pétrole, certes, mais cela n’explique absolument pas le cours des prix en Guadeloupe (dans les DOM de manière générale). Aujourd’hui qu’un début de lumière commence à être fait sur la question, plus personne ne le conteste.
Le LKP a présenté à l’état son expertise des méthodes de fixation des prix, résultat : tout le monde est d’accord sur le constat qui consiste à dire que les prix sont anormaux (même ceux qui sont contre la grève générale comme forme choisie pour le dénoncer) . Le secrétaire d’état aux DOM, monsieur Yves Jego envisage même une action en justice de l’Etat contre la SARA (Société Anonyme de Raffinage Antillaise) dont l’actionnaire principal (70%) est TOTAL. Vous m’accorderez sans doute que ce ne sont pas des nécessiteux. Et Jego (lui même), a dit que si après enquête, il est démontré que la SARA a perçu des sommes indues (ce sera probablement le cas), cette somme devra être remise aux guadeloupéens sous la forme d’un fond pour la formation professionnelle.

N.B : La SARA est en situation de monopole en Guadeloupe, pas de concurrence. C’est elle qui distribue l’essence.
Quant aux prix de la grande distribution... une des pistes est de créer "un panier de la ménagère" constitué d’environ 100 produits sur lesquels la grande distributions n’aurait plus le droit de dépasser les prix de l’hexagone de plus de 10%, avec la création d’un organe bi-mensuel de contrôle des prix pour éviter de nouvelles dérives.

N.B. : Les géants de la distribution sont en situation de quasi monopole. Il s’agit principalement du groupe Hayot (Bernard Hayot est dans le top 120 des fortunes françaises). En plus ils détiennent l’importation et ont le monopole de la distribution sur plusieurs grandes marques. Pour accentuer le problème, les quelques concurrents existants sont des groupes amis (cousins, alliancés...) puisque ce circuit est aux mains d’une ethno-classe compacte et réduite [1].
Autre détail intéressant. Parmi les revendications sur le coup de la vie, il y a la baisse des tarifs des prestations bancaires. Et que s’est-il passé ? Dès que les banques en Guadeloupe (pourtant les mêmes que dans l’hexagone) ont pris connaissance des revendications les concernant, avant même que cette question ait été négociée, les banques ont adopté une baisse de leurs tarifs !! Permettez moi de penser que ça signifie que les tarifs étaient effectivement abusifs.
Le reste des revendications ?

Elles traversent TOUS les domaines de la société. Vraiment tout. Les 9 autres chapitres : Education, Formation professionnelle, Emploi, Droits syndicaux et liberté syndicales, Services publics, Aménagement du territoire et infrastructures, Culture, et enfin "pwofitasyon" (il s’agit de réclamer des mesures pour contrôler désormais les prix). J’appelle ça un mouvement sociétal. Si certains persistent à parler de vie chère...je n’y peux rien. C’est un véritable cahier de Doléances. Il parcourt l’ensemble des domaines de la société.

Rappelons que ces revendications sont au nombre de 146 et que le LKP a défini parmi ces 146, 19 à négocier immédiatement, puis d’autres qui demandent des réponses plus purement politiques voire institutionnelles, qui devront être débattues à long et moyen terme.

Je peux, si vous le souhaitez, vous envoyer ce cahier de revendications.

Mais alors... Pourquoi ne parle-t-on que de ces foutu 200€ que le LKP demande ?

Parce que cela fait partie effectivement des revendications et comme tout le monde s’y attendait, c’est le point qui bloque les négociations. Le LKP ne démord pas. Le patronat ne démord pas. Les positions se radicalisent.

Commentaire personnel : Je trouve ça dommage qu’un si beau mouvement bloque sur un point que je considère comme étant secondaire en terme de portée sociétale sur le futur de la Guadeloupe.

N.B : Il s’agit d’une augmentation de 200€ des bas salaires

Les guadeloupéens sont asphyxiés et meurent de faim alors ?

Mais pas du tout !!

C’est cette question qui m’a poussé à écrire ce mail. Un ami métropolitain m’a appelé aujourd’hui pour me demander si on tenait le coup. Au début j’ai commencé à répondre que malgré la durée du conflit, la mobilisation était toujours de mise. Il me coupe : "Non, je voulais dire...Arrivez vous à remplir le réfrigérateur" !!

La Guadeloupe est en grève générale depuis bientôt 4 semaines. Les hyper marchés et super marchés sont fermés. En revanche les petits commerces de proximités sont ouverts, mais les rayons des magasins sont de plus en plus vides...
MAIS : La Guadeloupe s’organise.

L’UPG (Union des Producteurs Guadeloupéens) ainsi que les pêcheurs font parti du LKP. Les poissons ne sont pas en grève : les pécheurs continuent à pêcher et à vendre leur poisson. Les animaux ne sont pas en grève : les éleveurs continuent à s’en occuper et à vendre leur viande. La terre n’est pas en grève : les cultivateurs continuent à travailler leurs exploitations et vendent leur denrées. Notre réfrigérateur n’a jamais été aussi plein.

Les hyper marchés sont fermés, mais les marchés sont ouverts. Il y a mieux : des marchés populaires sont organisés devant les piquets de grève et un peu partout. Les producteurs y vendent leur denrées aux prix auxquels ils ont l’habitude de vendre aux super marchés. Conséquence : ils ne perdent pas leur récolte ni leur revenus, et le porte feuille du consommateur apprécie puisque les marges exorbitantes de la grande distribution ne sont plus là.

Nous mangeons à notre faim et -fait intéressant- nous n’avons jamais autant consommé local !! Je n’ai pas de purée mousseline, je n’ai plus de pâtes panzani... et alors ? J’ai des tubercules, des légumes, de la viande, du poisson, des fruits frais, des fruits secs, des fruits de mer... Et ça coûte moins cher que d’habitude. En fait, je crois que je n’avais jamais mangé aussi équilibré de ma vie.

Si vous n’avez jamais entendu tout ça, est-ce que la presse nationale fait de la désinformation ?

Je n’irai pas jusqu’à dire qu’on vous ment. Disons que parmi tout ce que les envoyés spéciaux des média nationaux voient, ils choisissent 5%, et le choisissent d’une manière assez surprenante.

La première semaine, ils n’en parlaient pas. La deuxième semaine, ils n’ont montré que des images de touristes dont les vacances ont été gachées par cette grève (je suis sincèrement désolé pour eux, mais c’est la vie). Ils ont montré des rayons de super marché vide et ont semblé vouloir dire que la rupture des stocks créait le plus grand désarroi... Ils ont fustigé une grève qui - dit-on - pénaliserait de manière irrémédiable l’économie Guadeloupéenne.

Puis Le secrétaire d’état aux DOM est arrivé en Guadeloupe. Il y a carrément déplacé son cabinet et son staff. La presse ne pouvait plus se contenter des mini sujets baclés. Ils ont commencé à en parler un peu plus. Aujourd’hui, l’information que vous recevez est de plus en plus conforme à ce qui se passe.

Les "vrais" reportages font leur apparition. France inter a fait une longue émission dessus, j’ai pu voir un long article sur Elie Domota, porte parole du LKP dans je journal Le Monde. Libération a publié un long texte d’Enest Pépin (écrivain Guadeloupéen)... Ca commence à changer. Pourtant, je suis persuadé que ceux qui ont tout lu de ce mail ont appris beaucoup de choses.

Pour les plus courageux, j’ajoute encore quelques points importants. Je quitte la description pour rentrer dans l’analyse (mais vous pouvez vous arrêter là).
Xénophobie ? Racisme ? Les slogans ?

Non, non, et trois fois non ! Le slogan principal repris depuis le 20 janvier en coeur par les manifestants :

"La Gwadloup sé tan-nou, la Gwadloup sé pa ta yo. Yo péké fè sa yo vlé, adan péyi an-nou"

Traduction littérale : " La Guadeloupe est à nous, La Guadeloupe n’est pas à eux. Ils ne feront pas ce qu’ils veulent dans notre pays"

Traduction plus usuelle : "La Guadeloupe nous appartient, elle ne leur appartient pas. Nous ne les laisserons pas faire ce qu’ils veulent dans notre pays."

La question qui inquiète certains : Mais qui est ce nous et ce eux ? Nous = noirs ? Eux = blancs ? Si oui, lesquels ? Les blancs en général (métropolitains) ou les "béké", descendants des maitres d’esclaves et qui ont su conserver leur domination économique et d’influence grâce aux héritages de génération en génération depuis l’époque esclavagiste, jusqu’à présent (sans la diluer dans le reste de la population car le béké fait souvent attention à "conserver la race" [2]

Selon moi, il ne s’agit pas de ça. Moi qui vit ce mouvement de l’intérieur, moi qui reprend ce refrain avec joie depuis 4 semaines, je n’ai jamais désigné le blanc par ce "eux" et tous les gens de mon entourage sans exception sont du même avis.

Mais alors qui ? Eux...mais bien sur, cela désigne les "profiteurs". Les responsables de la pwofitasyon. La Guadeloupe n’est pas un simple tube digestif, une sorte de terre de consommation, un simple marché ou tout le monde peut venir faire ce qu’il veut, comme dans une zone de non droit. Or les "pwofitasyon" révélées par ce collectif, et que plus personne ne conteste donne bien l’impression que c’est le cas depuis déjà trop longtemps. Avec la complicité de l’Etat, volontairement ou par négligence (je veux bien croire que c’est par négligence).

On en est à une situation ou il a fallu qu’un collectif de 49 association déclenche une grève générale et déclenche les plus grandes manifestations de l’histoire de la Guadeloupe pour que l’Etat, enfin joue son rôle d’arbitre et de répression des fraudes. De nombreuses voix en Guadeloupe avaient déjà dénoncé ces faits, mais de manière isolées et sans réel résultat. Aujourd’hui, la tendance semble s’inverser. C’est ce eux là que nous dénonçons depuis 4 semaines (27 jours)

Quant au nous, il est prometteur de quelque chose de tout à fait nouveau, qui peut être enfin dépassera les clivages de race (ou en tous cas tendra vers ça). La première personne à m’avoir envoyé un sms pour me dire de venir en meeting est une Guadeloupéenne...blanche !

Pour moi, un Guadeloupéen est quelqu’un qui lie son destin au destin de la Guadeloupe. Il est souvent noir (question de chiffre), mais il est aussi blanc, indien (de nombreux indiens ont débarqué en Guadeloupe après l’abolition de l’esclavage). Il pourrait même être vert pomme que cela ne dérangerait pas les dizaines de milliers de manifestants qui chantent ce slogan.

Surtout, nous ne sommes pas prêts à échanger sous prétexte de la race, une pwofitasyon blanche contre une pwofitasyon noire. Ce Nous-Eux est moral, bien plus que racial.

Cela ne signifie pas qu’il n’y a pas de problème de racisme en Guadeloupe. Il est clair que la société est pyramidale et que plus on monte vers le sommet de la pyramide, plus les peaux sont claires. Les races n’existent pas, c’est une vérité qu’il faut répéter sans cesse... Mais le racisme existe et le poids de l’histoire esclavagiste et coloniale est palpable. Nous voila avec ce mouvement face à un formidable défi qui consiste à poser les problèmes tels qu’ils sont, pour les régler, et les dépasser. Permettez moi d’ajouter que je suis assez optimiste sur cette question. [3]
Scolarité en péril ?

J’étais à Paris VI lors de la grève contre le CPE et sur les 12 semaines prévues du semestre, on a pu faire 11 semaine (moyennant le sacrifice des vacances scolaires). Il y a fort à parier que nous ferons la même chose. Tout le monde est prêt à voir disparaitre les vacances de pâques, pentecôte et les jours fériés. D’ailleurs les cours sont mis en ligne par les enseignants dans de nombreux établissement. Et RFO, la télé locale (une branche de france télévision) va bientôt commencer à diffuser des cours faits par des enseignants sur les plateaux de télévision, afin que tout le monde puisse regarder, à chaque niveau, à chaque matière. La petitesse de l’île le permet, nous ne nous priverons pas de ce moyen !
Evolution statutaire ?

Peut être. En tous cas la question est posée. Le débat est ranimé. Le mouvement s’exprime sous forme de grève mais la densité du cahier de revendications montre clairement que tous les fondements de la société sont remis en question. Parmi les meneurs du LKP, nombreux sont ceux qui sont "au moins" autonaumistes. Pourtant, après 4 semaines, aucun membre (sans exception) n’a jamais prononcé les mots "évolution statutaire". C’est un débat qui déchaine les passions et pour le bien du mouvement, il convient de rappeler que ce n’est pas le but du mouvement. Ce mouvement pose des questions et met en avant ce que veulent les Guadeloupéens. Si les hommes politiques apportent parmi leurs réponses une question institutionnelle, elle fera de toutes les façons objet de débats, et de référundum.

Mon avis sur la question :

Les lois françaises sont conçues pour répondre à une réalité géopolitique précise. Celle d’une France au coeur de l’Europe, société post-industrielle. Elle n’ont jamais convenu ni aux colonies, ni plus tard aux DOM-TOM et COM. Si bien que pour pallier le "handicap", nous sommes toujours passé par des lois, qui mettent en avant de nombreuses spécificités. Aujourd’hui, le système d’intégration montre ses limites. Ceux qui jadis s’en accommodaient, aujourd’hui soutiennent massivement un mouvement social, qui -bien que ce ne soit pas son objectif- attire l’attention sur le fait que rien ne va bien et qu’il faut peut être songer à changer les choses en profondeur.

N.B : Quelque soit ce qui arrive, l’indépendance n’est absolument pas à l’ordre du jour. Ni l’Etat, ni le LKP, ni les nombreux manifestants qui soutiennent le LKP, ni même les organisations anciennement indépendantistes des années 60, 70 et 80 ne considèrent que la question est à l’ordre du jour. Les organisations "anciennement indépendantistes" continuent à énoncer le principe moral du droit des peuples à l’autodétermination qui est un droit inalliénable inscrit dans la charte de l’ONU ; mais s’accordent pour dire qu’il faut aller pas à pas, sans bruler les étapes.

Les pistes avancées sont plutôt celles d’une évolution statutaire dans le cadre de la République Français (genre article 73 et 74 de la constitution) vers plus de pouvoir décisionnel local, plus de pouvoir législatif et douanier, afin de répondre à la réalité géopolitique (nous sommes européens, mais nos îles baignent dans le bassin caraïbéen !). [4]

Voila mon constat et mon point de vue sur cette grève générale en Guadeloupe.

Je vous remercie d’avoir bien voulu lire un aussi gros pavé. Je rappelle que je ne suis ni politologue, ni sociologue... vous excuserez les approximations et la lourdeur du style. Je suis simple étudiant guadeloupéen, solidaire du mouvement et j’expose là, ce que je comprends de ce mouvement.

P.S : : J’ai commencé ce mail hier. Aujourd’hui, la situation a un peu évolué. La repression policière et militaire est désormais en marche.

Le mouvement a une dimension internationale. Hier, c’est le révérend Jessy Jackson en personne qui a envoyé son soutien au peuple de Guadeloupe et au LKP. Les organisations syndicales du monde entier (je n’exagère pas) rentrent en contact avec le LKP pour leur demander comment ils arrivent à mobiliser 100 000 personnes, sans un débordement (c’est le service d’ordre du LKP qui organise la sécurité générale). La Guadeloupe vient de connaitre ses 27 jours les plus calmes niveau violences domestiques. Jamais il n’y a eu si peu d’agressions et de faits divers. 0u d’accidents de voitures (pas d’essence, tout le monde roule à 70 km/h).

Les Guadeloupéens sont vraiment fiers de ce mouvement. Mais ce matin, la repression a commencé face a un mouvement pacifiste depuis 27 jours. Il y a eu une soixantaine d’arrestations de gens qui étaient simplement sur les barrages pacifiques. Une des tête du LKP a été blessée. Il a subi des injures racistes venant des forces de l’ordre (toux ceux qui s’y connaissent un peu en histoire de la Guadeloupe savent que c’est monnaie courante lors des repressions de mouvement sociaux aux DOM). Je ne fantasme pas sur le poids de l’histoire. Tout au long de la seconde moitié du 20è siècle, tous les grands mouvements sociaux ont été réprimés par les mitraillettes, lorsqu’à Paris, le gaz lacrimogène suffisait largement. C’était le cas en 1910, en 1952, en 1967, en 1975, en 1985. Chaque répression a apporté son lot de mort, même si celle de mai 1967 accapare toutes les mémoires puisque le nombre de morts a dépassé peut être la centaine de personnes.

Evidemment, de l’eau a coulé sous les ponts. 1967 et 2009 sont différents. Mais le prefet et l’état jouent à un jeu dangereux. Car l’ensemble des mobilisés connait le poids de l’histoire et la tension est à son comble et beaucoup ont déjà averti que cette fois ci, les guadeloupéens ne mourront pas... Le LKP a appelé au calme. Il appellent à la mobilisation massive et pacifiste pour faire reculer la répression. L’immense majorité des interpellés aujourd’hui ont été relachés ce midi grâce (une fois de plus) à la pression populaire de la foule, massée pacifiquement devant la police et et le tribunal de Pointe-à-Pitre. La tension redescend petit à petit. Le préfet avait promi que les environ 4000 CRS débarqués en Guadeloupe dès le début du conflits étaient juste une sécurité qu’il souhaitait de tous coeurs ne pas utiliser. Depuis que les négociations sont bloquées, d’autres ont débarqué...

Sadi S.

Et comme on dit dans les îles :

Kimbé rèd pa moli !
Notes

[1] (*(**) voir reportage assez édifiant de canal + "Les derniers maitres de la Martinique" voici un lien ou on peut voir l’émission : http://www.megavideo.com/?v=1Q1M01NV*)

[2] (**) voir reportage assez édifiant de canal + "Les derniers maitres de la Martinique" voici un lien ou on peut voir l’émission http://www.megavideo.com/?v=1Q1M01NV

[3] (*) Pour ceux qui voudraient, je peux envoyer un extrait de discours du porte parole du LKP abordant ce sujet d’une manière que je trouve assez fine, de manière forte, mais sans haine.

[4] Voila un lien vers la constitution française. Vous pourrez donc consulter les articles 73 et 74. http://www.legifrance.gouv.fr/html/cons ... tm#titre12
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