NPA (2015...)

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Messagede bipbip » 12 Mai 2016, 00:33

Tendance claire du NPA

Pas d’illusion, le combat ne se mène pas au parlement

On sentait bien que le gouvernement allait passer en force. C’est chose faite par l’utilisation de l’article 49-3 de la Constitution pour faire adopter la loi travail sans vote. L’épreuve de force que le gouvernement mène depuis maintenant deux mois continue. Le climat est toujours plus violent. D’abord au travail, où la crise sévissant, le patronat veut une main d’œuvre toujours plus flexible pour toujours faire plus de profits et rétablir le dit «taux de profit». Ensuite, une violence du gouvernement PS qui accompagne toujours plus le patronat en proposant la loi travail, et en réprimant toujours plus la contestation qui malgré tout ça résiste depuis ces deux mois maintenant. Les violences policières se sont encore illustrées hier lors des différents rassemblements en réponse à la « violence institutionnelle » que représente le 49-3. Ces rassemblements, devant l’Assemblée Nationale à Paris, à Toulouse, à Montpellier, à Bordeaux et dans bien d’autres endroits sans doute avec plusieurs milliers de personnes, se sont souvent conclus par des dispersions violentes de la police à l’aide de lacrymos, bombes au poivre et autre charges de nos chers robocops.

... http://www.anti-k.org/2016/05/12/non-au ... zPAjYdf21s
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Re: NPA (2015...)

Messagede bipbip » 03 Juil 2016, 16:12

Toujours debout et en lutte contre la loi travail

Depuis 4 mois, nous sommes des millions à avoir repris la parole, dans les manifestations et sur les places, dans les entreprises, les universités ou les lycées, nous avons collectivement redressé la tête. Les grévistes des raffineries, de la SNCF, du nettoiement, les dockers… ont montré leur force. Celles et ceux qui ont organisé les blocages ont montré leur détermination.

Toutes et tous, nous avons démontré notre refus de nous laisser diriger par une poignée de décideurs minoritaires. Mais depuis 4 mois, gouvernement et médias n’ont de cesse de dire que cette mobilisation s’essouffle, qu’elle est minoritaire, sans oublier les insultes contre les organisations syndicales, en particulier contre la CGT, et la répression. Mais rien n’y fait : le monde du travail reste mobilisé contre cette loi travail, et cette dernière reste majoritairement rejetée par la population.

Leur fuite en avant

Mais le gouvernement, Hollande et Valls en tête, s’entêtent et veulent faire passer coûte que coûte cette loi scélérate. Pour cela, depuis le début de la mobilisation, ils répriment ceux et celles qui contestent. Côté maintien de l’ordre, le gouvernement n’a pas lésiné sur les moyens depuis le 9 mars : flash-ball, canons à eau, utilisation intensive de gaz lacrymogènes, arrestations… pendant les manifestations. Depuis fin mars, plus de 750 personnes, dont une centaine de jeunes de moins de 18 ans, ont été poursuivies par la justice, avec souvent des condamnations lourdes à la clé. Cela sans parler des blesséEs graves...

Cerise sur le gâteau, la tentative du gouvernement d’interdire la manifestation du 23 juin dernier pour un « rassemblement statique »... Mais le pouvoir, devant les divisions en son sein, mais face aussi au tollé général suscité par cette décision, a au final reculé, pour accorder une micro-manifestation de Bastille... à Bastille. Mais une « manifestation » quand même, ce qui n’était son plan initial. Face à la brutalité de l’exécutif, le 23 juin a rassemblé, dans ces conditions inadmissibles, plusieurs dizaines de milliers de personnes à Paris.

Mardi 28 juin, la manifestation parisienne, prétendument autorisée, a dans les faits été quasiment interdite... Un déploiement considérable de policiers bloquait tout, empêchant par de longues fouilles de nombreux manifestants de pénétrer dans le périmètre autorisé, arrêtant même certains véhicules apportant du matériel militant. Au même moment, la police encerclait la Bourse du travail place de la République, empêchant 200 personnes présentes à une AG interpro de rejoindre la manifestation.

Ces décisions ne sont que les énièmes épisodes de la fuite en avant d’un pouvoir qui n’a plus aucune légitimité, qui n’a que la répression, l’interdiction des manifestations et le 49-3 pour s’imposer.

Continuons notre combat !

Le chemin est encore long avant l’adoption de la loi par le Parlement. Un temps pendant lequel nous devons continuer à nous mobiliser pour obtenir le retrait de la loi. La nouvelle journée du mardi 28 juin, jour du vote du texte au Sénat, aura montré que nous restons bel et bien mobilisés, mais il faudra encore de nouvelles journées, de nouvelles échéances, de nouvelles luttes.

Certes, les grèves se sont arrêtées, l’été approche, et la fatigue peut commencer à se faire sentir. Mais ce gouvernement ne parvient toujours pas à rassembler une majorité autour de ses projets de reculs sociaux. Pire, fruit de la pression du mouvement, il est même lâché par des organisations syndicales du prétendu « front réformiste ». Ainsi, la CGC demande désormais la suspension du débat parlementaire et une renégociation de l’article 2 de la loi. Certains syndicats UNSA réclament la « sanctuarisation » de la hiérarchie des normes et la suppression du référendum d’entreprise. Il n’y a donc plus que Laurent Berger de la CFDT pour défendre tel un kamikaze une loi rejetée par tous.

Le retour de la loi à l’Assemblée nationale dans quelques jours, le mardi 5 juillet, marque une étape importante. En cas de nouveau 49-3, de nouvelles motions de censure seront présentées. Sous pression de la mobilisation, elles doivent être votées pour envoyer Valls’er définitivement cette loi et ce gouvernement !

Construire nos réponses à la crise politique

Ce gouvernement bat tous les records d’impopularité, approfondissant chaque jour un peu plus la crise politique. Alors oui, nous voulons nous débarrasser à la fois de la loi travail et du gouvernement Valls qui lui a lié son sort en utilisant l’arme du 49-3 il y a quelques semaines.

La mobilisation reste très populaire mais une expression politique à la hauteur fait toujours défaut. Une force collective pour défendre jusqu’au bout les intérêts des exploitéEs et des oppriméEs, pour imposer des mesures immédiates combattant le capitalisme et tous ses maux – autoritarisme, impérialisme, productivisme, racisme, sexisme... –, pour refonder une perspective émancipatrice. C’est aussi ce qu’il nous appartient de construire.

Malgré ses prétendues démonstration de forces (de l’ordre...), le gouvernement Valls est affaibli : battons-nous encore et encore sans lui laisser de répit.

Sandra Demarcq

https://npa2009.org/actualite/social-au ... oi-travail
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Messagede bipbip » 16 Juil 2016, 00:47

Police et justice : Pas de vacances contre la répression !

Il n’y aura pas de trêve estivale cette année, le mouvement social en a décidé autrement. Si certains prendront des vacances bien légitimes pour se reposer et préparer une rentrée qui s’annonce chaude, d’autres passeront l’été en prison ou assignés à résidence...

Les « vacances judiciaires » n’empêcheront pas les cours de siéger, et les parquets de requérir des peines. Alors, nous resterons mobilisés tout l’été contre la répression.

L’état d’urgence jusqu’à quand ?

Le 26 juillet, les parlementaires seront appelés pour la troisième fois à voter la prorogation de l’état d’urgence et les mesures liberticides qui y sont attachées : interdictions et restrictions des manifestations, perquisitions de nuit, assignations à résidence hors contrôle judiciaire, etc. Pour justifier la prorogation, Valls, Cazeneuve et Urvoas avaient prétexté une « menace terroriste persistante » et la sécurisation de l’Euro de football...

Mais dans la réalité, c’est le mouvement contre la loi travail qui était ciblé : nos manifestations furent interdites, nassées, et fortement réprimées. Jamais depuis la guerre coloniale d’Algérie, la répression n’avait atteint un tel degré d’intensité. Alors que le directeur de la direction générale de la sécurité intérieur (DGSI) s’exprimant le 21 juin devant les parlementaires évoquait un « risque de guerre civile » (sic), nous devons une nouvelle fois nous mobiliser pour dire stop à l’état d’urgence ! Ce gouvernement illégitime, suivi dans sa fuite en avant répressive par une assemblée de godillots, ne nous fera pas taire.

Le 14 juillet, loin de la célébration cocardière et de sa « musique qui marche au pas », les différents collectifs luttant contre les violences policières ont appelé à une journée de mobilisation et de débats place de la République à Paris. Des représentantEs du mouvement Black Lives Matter (« les vies noires comptent ») de passage en France y ont pris notamment la parole, avec aussi des ateliers autour de différents thèmes : histoire de la police ; traitement médiatique des violences policières ; police et racisme d’État ; impunité policière... Une belle initiative clôturée en musique (avec du rap).

Avec Fadela, notre détermination est intacte !

À l’heure où nous écrivons ces lignes, notre camarade du NPA 13 Fadela a été pour la deuxième fois convoquée et placée en garde à vue afin d’être déférée devant un tribunal pour « injures » envers Cazeneuve et rébellion contre les flics. Elle sera jugée le 31 août.Que lui reproche-t-on ? D’avoir tout simplement participé au comité d’accueil unitaire organisé contre la venue de Bernard Cazeneuve le 4 juillet dernier, au moment de la mobilisation contre la loi travail. Avec de nombreux autres militantEs du mouvement social, Fadela avait déjà été interpellée ce jour-là pour avoir scandé « P comme pourris, S comme Salauds, à bas le Parti socialo ! »

La mobilisation doit donc s’organiser et s’amplifier. Tolérerons-nous qu’à la rentrée nos manifestations soient à nouveau nassées ? Laisserons-nous encore longtemps des manifestantEs derrière les barreaux ? Des outils existent. Ainsi, Nuit debout a permis la mise en place d’une commission « défense collective » qui s’occupe de trouver des avocats pour les victimes des violences policières. « Street medic » s’est aussi lancé dans la collecte systématique de renseignement afin d’obtenir le nombre réel de manifestantEs blessés durant ces quatre derniers mois. Et des caisses de solidarité ont fleuri un peu partout.
Non, il n’y aura pas de trêve pendant l’été : plus que jamais, toutes et tous mobiliséEs contre la loi travail et son monde répressif !

Alain Pojolat

http://www.npa2009.org/actualite/societ ... repression
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Messagede bipbip » 16 Aoû 2016, 07:48

8e Université d'été du NPA

La prochaine Université d'été du NPA a lieu du mardi 23 au vendredi 26 août à Rives des Corbières (Port-Leucate).

Accueil des participantEs le lundi 22 août à partir de 14h, départ le samedi 27 août après le petit-déjeuner.

Résister, lutter, reconstruire

Depuis son arrivée au pouvoir, Hollande et ses hommes de main Valls, Macron ou Cazeneuve, nous imposent des mesures austéritaires, pour le plus grand bonheur de Gattaz et du Medef. Chasse aux migrantEs, COP21, état d'urgence, répression du mouvement social, violences policières... Des renoncements incessants aux nouvelles attaques contre les droits sociaux, la régression sociale a continué ces derniers mois...

Dernier exemple en date, et non des moindres, la loi travail, qui n'est pas restée sans réponse de notre camp... En retrouvant la rue, en faisant grève et en occupant les places, nous avons repris goût à la contestation sociale, non seulement pour défendre nos droits, pour la « convergence des luttes », mais aussi pour - enfi n - ouvrir le champ des possibles. Est-on condamné à vivre dans une société inégalitaire et antidémocratique dirigée par une élite illégitime ?

Les anticapitalistes doivent reprendre l'offensive et redonner des couleurs à la situation, dans la rue et aussi dans moins d'un an dans les urnes... Cette nouvelle édition de l'université d'été du NPA arrive donc à point nommé pour préparer la rentrée politique et sociale. Meeting de rentrée du NPA, rencontres internationales, invitéEs, éclairages historiques et anniversaires, formations et thèmes d'actualités... Rien ne sera oublié dans notre programme.

Notre université d'été est un lieu de rencontres et d'échanges entre sympathisantEs et militantEs, aussi bien pour la formation que pour les débats. Elle permet notamment de revenir et d'approfondir les questions qui se sont posées tout au long de l'année, ainsi que la réfl exion et l'élaboration autour de questions fondamentales.

C'est aussi un espace de rencontres avec des militantEs du mouvement social ou d'autres courants politiques de la gauche radicale, ainsi qu'un lieu d'échange avec des intellectuelLEs et spécialistes.

Enfin, sont au menu des débats et rencontres avec des militantEs anticapitalistes issuEs d'autres pays et continents.

Le tout évidemment dans une ambiance conviviale et ensoleillée, sous la tonnelle, au bord de la piscine ou à la plage...

Comment ça marche ?

Tous les jours, le matin de 9h à 12h et l'après-midi de 14h à 17h, plusieurs cycles et ateliers se déroulent simultanément, jusqu'à 6. Faites votre choix !

Le créneau 17h - 19h est libre pour permettre les balades, les derniers bains de mer de l'été ou discuter tranquillement sur la terrasse...

Dans la soirée, on se détend : cinéma, musique, bar, théâtre, discothèque et même quelques débats supplémentaires autour de nos invitéEs.

Dans un nouveau village-vacances tout à fait confortable, nous sommes en pension complète, c'est-à-dire logéEs en bungalow, nourriEs en restauration collective, les enfants pris en charge, ce qui permet d'en faire un vrai moment de vacances pour soi et sa famille.



Infos, programme, inscription : https://npa2009.org/ue2016
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Messagede bipbip » 27 Aoû 2016, 13:53

En direct de l’université d’été du NPA

Loi Travail. Bilan et perspectives

Non, le glas de la mobilisation contre la loi travail n’a pas sonné. Encore faut-il savoir tirer les leçons de cet épisode éminemment politique de la lutte des classes.

4 mois de lutte. L’une des plus longues du mouvement ouvrier en France. Après le passage en force du gouvernement en juillet, les militants réunis à l’université d’été du NPA jettent un regard sur leur intervention dans le mouvement, échangent leurs expériences et, au-delà de l’échéance immédiate de la rentrée, s’interrogent sur les débouchés politiques à plus long terme.

... http://www.revolutionpermanente.fr/Loi- ... rspectives
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Re: NPA (2015...)

Messagede bipbip » 03 Sep 2016, 14:27

Université d’été 2016 Meeting 12 vidéos
http://www.anti-k.org/2016/09/03/univer ... 8rPdWfr21t
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Re: NPA (2015...)

Messagede bipbip » 18 Sep 2016, 15:17

Vidéos des débats de l’UE d’été 2016 du NPA
http://www.anti-k.org/2016/09/16/videos ... 96hyGea21s
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Re: NPA (2015...)

Messagede bipbip » 22 Sep 2016, 14:02

Résolution politique du CPN des 17 et 18 septembre 2016
https://npa2009.org/agir/vie-interne/re ... embre-2016
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Re: NPA (2015...)

Messagede bipbip » 08 Oct 2016, 20:26

Vers une explosion sociale et la construction d’une avant-garde lutte de classe

Une forte augmentation des grèves économiques en cette rentrée

Le mouvement important de grèves économiques qui avait perduré en parallèle tout au long du conflit contre la loi travail, a resurgi en ce mois de septembre 2016 après l’été.

Alors que la lutte contre la loi travail prenait ses congés d’été fin juin 2016, la prise en compte de ce mouvement de grèves émiettées et pas seulement de ce qui se passait contre la loi travail, permettait de pronostiquer déjà à ce moment que le mouvement social dans son ensemble était encore pour l’essentiel devant nous.

Malgré un certain succès, la manifestation contre la loi travail du 15 septembre n’aurait pu le confirmer par elle seule. Par contre, le fait que ce mouvement de grèves économiques émiettées du printemps dernier soit réapparu encore plus fort en ce début d’automne montre qu’un des éléments qui a participé au déclenchement de la lutte contre la loi travail elle-même est toujours là et de manière encore plus soutenu.

On constate en effet un doublement – au moins – du nombre de grèves et luttes ce mois de septembre ci par rapport au mois de septembre 2015 avec une moyenne qui doit s’établir à environ 100 luttes ou plus par jour contre 40 ou 50 l’an passé si l’on en croit des statistiques militantes publiées sur les réseaux sociaux mais reconnues plus crédibles par une association de DRH que celles du ministère du travail. Et ce début octobre confirme l’envergure du mouvement de grèves.

Or l’an passé, d’après ces études, ce mouvement de luttes économiques dispersées avait grandit progressivement pour aller vers les 70 conflits par jour en octobre, 90 conflits en novembre malgré les attentats, 100 en janvier-février 2016 pour atteindre 130 fin février début mars au moment du déclenchement de la lutte contre la loi travail.

Or, il y a un lien entre ce nombre de grèves et le déclenchement comme la durée de la lutte contre la loi travail.

Un mouvement contre la loi travail cristallisant la colère mais ne l’exprimant pas

Le nombre de grèves fut-il important et en croissance ne suffit évidemment pas à lui seul à déclencher directement et automatiquement leur unification et un mouvement général.

Cette unification ne s’est d’ailleurs pas faite au printemps.

Le mouvement contre la loi travail a été d’une autre nature et seulement parallèle aux luttes économiques sur les salaires, l’emploi et les conditions de travail. Cela lui a retiré rapidement sa capacité à l’extension, c’est-à-dire son côté explosif et du coup, s’il a été important, il est toutefois resté minoritaire.

Toutefois, ce mouvement contre la loi travail était lié quand même à ces luttes émiettées ; ce qui lui a permis de durer au delà de ce qui s’est passé pour bien d’autres mouvements dans le passé.

En fait, ce mouvement contre la loi travail a cristallisé une colère qui n’était pas seulement latente puisqu’elle s’incarnait dans de nombreuses grèves mais ne l’a pas exprimée.

Dit autrement, cela signifie que le problème est que ce lien entre les grèves économiques et la lutte contre la loi travail n’était ni révélé, conscient ni donc fouillé, développé et exprimé réellement, sérieusement, politiquement. C’est-à-dire que les militants qui animaient les grèves économiques ou la lutte contre la loi travail ne rendaient pas conscient l’existence de ces deux mouvements, les liens qui existaient entre les deux et cherchaient pas à construire une politique adaptée à la situation tout simplement parce que la plupart d’entre eux n’étaient pas conscients eux-mêmes de ces deux mouvements s’alimentant l’un l’autre. Parmi les combattants contre la loi travail, il y avait ceux – les plus nombreux – qui ignoraient l’existence de ces multiples conflits économiques et ceux, informés, qui n’y croyaient pas ou n’en mesuraient toutefois pas leur signification et leur portée.

Pourtant, on n’était pas loin de cette jonction lorsque par exemple le mouvement « onvautmieuxque ça » a exprimé en quelque sorte la précarité et la colère économique émiettée de bien des jeunes, et, en même temps, l’engagement des jeunes étudiants dans la lutte contre la loi travail qui vise à généraliser cette précarité à tous. Les étudiants-travailleurs concentraient donc dans leur personne ce double mouvement et auraient peut-être pu avec une politique adaptée – ou tenter tout du moins – se faire le vecteur d’une connexion.

La nécessaire prise de conscience de l’existence de ces multiples luttes dans le contexte politique et social actuel

Toute la question aujourd’hui pour les militants est donc de rendre ce lien conscient pour que si un nouveau mouvement général apparaît, il puisse se faire l’expression de toute la réalité sociale, qu’il colle à la conscience la plus large des classes exploitées dont cette multitude de conflits émiettés est une des expressions.

Il s’agit donc aujourd’hui de porter le regard sur la réalité de ces conflits et de la dire, de la faire connaître : combien il y en a, de quelle nature, dans quels secteurs, de quelle durée, avec quelle participation, sur quelles revendications, s’ils gagnent ou pas et sur quoi. Bref, qu’est-ce qu’ils disent des besoins, des aspirations et de la conscience actuels du monde du travail.

C’est fondamental parce que cela dessine le programme économique, social, idéologique de la classe ouvrière en mouvement mais surtout parce que cela dit contre la propagande défaitiste du pouvoir et pessimiste de ses alliés que les classes populaires, se battent, résistent, ne sont pas dupes, n’acceptent pas… Se faire l’écho de ce programme politique optimiste de lutte devrait être la tâche de tout militant.

En effet, toute la politique du pouvoir et du patronat repose sur le fait de dire qu’il n’y a rien à faire, qu’on ne peut rien faire et que rien ne se fait. Toute l’argumentation du pouvoir et du patronat a été d’abord dans ce sens de faire passer la crise comme une fatalité contre laquelle on ne peut rien. Et maintenant que beaucoup de salariés ont vu et compris que les bénéfices des entreprises sont considérables et que la crise a bon dos, le pouvoir et le patronat essaient de leur faire croire qu’il n’y a pas de luttes, que tout le monde accepte, que personne ne relève la tête bref qu’il ne sert à rien de s’y essayer.

La politique de matraquage violent du mouvement du printemps par la police est le complément de ce matraquage moral et idéologique. Le matraquage physique est d’autant plus fort qu’il n’y a pas conscience du matraquage moral mais qu’il y a en même temps danger social pour le pouvoir, danger d’une prise de conscience de l’existence de ces multiples luttes, conscience qu’il est possible de se battre, de résister, de gagner parce que ça se fait déjà. La répression est d’autant plus forte qu’il n’y pas conscience de cette résistance collective, pour empêcher cette prise de conscience.

On lit tout particulièrement la démoralisation de certains milieux militants au fait qu’il n’y a pas non plus de riposte collective commune face aux centaines de procès et poursuites contre des militants et manifestants. Là, il ne s’agit plus de savoir s’il y a des luttes ou pas, il ne s’agit pas d’appréciation de la situation, il ne s’agit que de volonté.

Les procès et les poursuites sont très nombreux et existent, il n’y a aucun doute.

Pourtant si des militants sont nombreux à se battre dans ce cadre, ils le font comme ils peuvent parce qu’il n’y a pas de volonté politique sérieuse d’unifier ces combats de la part des organisations ; pas plus donc qu’il y a une volonté politique sérieuse de leur part de s’adresser aux travailleurs ne serait-ce qu’en s’intéressant à leurs luttes.

Et on voit bien le lien qu’il serait possible de faire entre l’unification de la lutte contre la répression et celle des luttes sociales puisque les premiers sont poursuivis ou condamnés justement parce qu’ils sont engagés dans le combat des luttes sociales, de celle contre la loi travail à celles des conflits économiques par la criminalisation de l’action syndicale.

Cette double situation, là aussi, se mesure au fait que devant les violences policières et judiciaires, les militants, les manifestants et les jeunes font face, disant par là que cette riposte collective est non seulement nécessaire mais possible. Mais en même temps cette dernière ne s’organise pas, en tous cas pour le moment.

Le pire est donc cette police dans les esprits qui fait croire que personne ne relève la tête, qu’il n’y a pas de luttes et que s’il y en a, elles sont peu nombreuses et ne gagnent pas, bref, qu’on ne peut pas gagner, que ça sert à rien de se battre… y compris donc contre les poursuites et procès.

Ce serait d’autant plus important de relever le gant du combat pour l’unification des luttes contre les poursuites et les procès que ce combat n’est pas loin de la continuation de la lutte contre la loi travail que justement les confédérations ont abandonné, alors que bien des militants n’y ont pas renoncé. Ce serait un outil, un levier pour continuer cette lutte.

C’est pourquoi le listage des poursuites et procès en cours qu’aucune organisation n’a réellement pris en charge et qui est pourtant tout à fait faisable, ne réclamant qu’un peu de volonté, a la même signification que l’incapacité à recenser ou s’intéresser aux luttes en cours et donc à leur poids sur la situation.

Ce défaitisme moral est le pire, d’autant que cet état d’esprit freine toute riposte mais surtout gêne ceux qui luttent pour comprendre ce qui se passe et comment pourrait se faire l’unification des luttes.

Le fossé construit par l’histoire et cristallisé par le temps entre ceux qui luttent, en bas, et les organisations qui voudraient unifier ces luttes mais qui en sont socialement coupées, pourrait être partiellement comblé aujourd’hui et dans la période mais opportunité en sera-t-elle saisie ?

Et bien sûr, ce ne sont pas les organisations politiques et syndicales traditionnelles du mouvement ouvrier qui vont combler ce fossé.

Comme le pouvoir, liées directement à lui comme la CFDT, ou plus indirectement comme la CGT ou FO, elles n’ont pas intérêt à ce que les travailleurs prennent conscience qu’ils sont nombreux actuellement à lutter, voire même assez souvent à gagner, en tous cas localement, même si évidemment les reculs législatifs et sociaux qu’imposent le gouvernement au niveau national sont considérables.

A défaut de conscience politique, la nécessité de l’unification fait son chemin social

Faute de cette conscience générale exposée ci-dessus, l’étendue des conflits ne déclenche donc pas le mouvement.

Par contre, elle crée un climat général « naturel » qui le favorise.

En effet, même quand ces grèves sont invisibles à la plupart, cela fait naître un climat plus réceptif pour participer ou soutenir toute contestation générale de l’ordre qu’on sait être la cause de ces conflits économiques. Cette ambiance ne se répercute pas directement sur la situation sociale elle-même mais par contre sur certains relais.

La réussite du site « #onvautmieuxqueça » qui rendait public combien la jeunesse au travail, étudiante ou autre, était précarisée, exploitée, humiliée… et révoltée, appartenait à ce climat. La performance remarquable de la pétition contre la loi travail en était un autre élément. Le succès général de l’appel des organisations de jeunesse le 28 février à manifester le 9 mars après la lamentable capitulation de l’intersyndicale du 23 février alignée derrière la CFDT, également. Enfin et surtout peut-être, le succès de cet appel des jeunes auprès des militants CGT a été une des composantes les plus importantes de ce climat et de la situation. Avec pour cette dernière composante syndicale des évolutions importantes aujourd’hui.

Ce « terreau » particulier des jeunes et des militants CGT, était donc ce relais entre les luttes émiettées et le déclenchement du mouvement contre la loi travail, expliquant le fait que l’étincelle de la loi travail ait mis le feu à la plaine. Parce que pour que le feu prenne, il ne suffisait pas d’une colère « latente » et non exprimée, mais déjà de bien des colères exprimées dans les luttes et de bien des militants les exprimant, cherchant ce qui pourrait donner plus d’efficacité à leurs colères qu’ils criaient dans la rue – et que personne ne remarquait.

La jeunesse est comme toujours une espèce de sismographe extrêmement sensible à la situation du monde environnant lacéré par de nombreuses et profondes crises où seul compte le pouvoir, l’argent, la loi du plus fort, sans donc offrir de futur aux jeunes… ; elle s’exprimait dans « onvautmieuxque ça » et l’appel au 9 mars contre une loi qui légalisait pour l’avenir le monde de précarité et d’humiliations dans lequel elle survivait au quotidien.

La base du PS et son opposition interne profondément désemparées par la politique ultra-réactionnaire du gouvernement Hollande exprimait ce désarroi au travers de la pétition.

Et puis enfin, la base militante CGT au contact direct des luttes économiques, qui prend donc de plein fouet la violence de la politique gouvernementale que ce soit par ses mesures économiques ou par sa répression syndicale et militante, faisait entendre publiquement depuis un certain temps son opposition à la politique de dialogue social de la confédération ; cela a valu à cette dernière de perdre son secrétaire général Lepaon et un 51ème congrès ce printemps particulièrement contestataire. Ces turbulences dans la CGT, à l’interface entre la base sociale qui subit les attaques et sa direction qui y participe sinon les accepte, se traduisaient également par une certaine autonomisation des structures de bases du syndicat à l’égard de leur direction et sa politique. Cela s’est vu notamment à l’action et la parole plus libres de certains syndicats comme celui de Goodyear, les anciens de Continental, Info Com CGT, celui du commerce parisien, des Grands Hôtels ou des précaires, pour ne citer que ceux-là.

Même si bien sûr, il ne faut pas oublier le rôle de « Nuit debout », c’est cette base syndicale directement au contact des multiples luttes économiques qu’elle organise au quotidien, qui a permis le succès du 9 mars… et a donné l’ossature principale du mouvement qui s’est poursuivi.

Or, ce qui est très important, le mouvement contre la loi travail a eu lui-même une incidence sur ces structures, renforçant leur autonomisation et leur recherche d’une politique plus indépendante et plus efficace en même temps que des embryons de son affirmation publique. A partir de là , il y a eu un nouvel effet à son tour sur le mouvement social lui-même le poussant d’une part à perdure et d’autre par vers un niveau plus haut de lutte de classe. Nous y reviendrons.

Par contre, caractéristique aussi de la situation, si d’une certaine manière la jeunesse scolarisée a cristallisé, comme souvent, l’air « général » de lutte du temps, elle n’en avait donc pas non plus une claire conscience : les nombreuses grèves comme les remous dans la CGT lui étaient invisibles pour l’essentiel.

C’est là que joue le phénomène de la conscience, d’autres diraient de l’avant garde.

Or là, il y a aussi crise. Ces grèves et donc cette situation articulée entre celles-ci et les turbulences au sein de la CGT comme la contestation dans le PS, étaient également invisibles pour l’immense majorité des militants ouvriers politiques ou syndicaux.
Si le mouvement dans la CGT et le PS étaient relativement visibles, les grèves ne l’étaient pas, les confédérations syndicales organisant le silence sur celles-ci, plus encore d’ailleurs que les médias eux-mêmes.

Ce silence organisé, voulu, s’appuyant sur l’usure des démoralisations et des coups passés chez les militants, avait un tel effet d’inertie qu’y compris une bonne partie de ceux qui avaient accès aux informations sur ces luttes, en doutaient, n’y croyaient pas ou n’en mesuraient pas la signification et la portée.

Par contre, ceux qui n’ont peut-être pas tout l’enracinement politique des plus avancés mais qui ont par contre l’ancrage social qui leur permet de mesurer quasi physiquement l’importance des résistances populaires, se sont mis à changer. C’est important pour comprendre la dynamique de la construction de l’avant garde à venir, y compris pour l’articulation entre les différents milieux.

Cet ensemble de luttes économiques, de lutte contre la loi travail, aujourd’hui de lutte contre la répression et encore contre la loi travail, et à nouveau de luttes économiques, crée ce que Rosa Luxembourg appelait un climat de « grève générale » au sens d’une période qui pour elle en son temps peut durer plusieurs années, où on passe de multiples gréves économiques émiettées, à une cristallisation de ce climat dans des colères sur un scandale politique ou de société, puis à un déplacement et une concentration des luttes sur une seule ville ou deux, un secteur professionnel particulier ou deux, puis encore un retour aux grèves économiques dispersées mais à un plus haut niveau de lutte de classe, du fait d’une certaine prise de conscience politique et de la construction de pôles syndicaux ou politiques plus radicaux, d’une avant garde au sens large du terme touchant des dizaines de milliers ou plus de personnes, etc, etc…

C’est ce qui se passe aujourd’hui. Mais il y a plus.

Avec le maintien du climat social revendicatif, cette avant-garde large pousse nécessairement à un regroupement plus organisé, plus efficace, plus conscient.

On voit peu à peu autour de quelles lignes de force cette tendance s’affirme au fil des semaines, en particulier le plus important, autour du fait que les turbulences au sein de la CGT sortent imperceptiblement mais sûrement des luttes d’appareil s’adressant de plus en plus de fait – car la conscience comme toujours suit avec un peu de retard – au mouvement social lui-même. Cela passe par différentes critiques, celle de l’absence de suite au 15 septembre donnée par l’intersyndicale alors qu’il y avait encore du monde le 15 septembre, celle ensuite de l’absence de riposte aux multiples plans de suppressions d’emplois en cours alors qu’ils sont légion et au même moment, et aussi par celle de l’absence unifiée de riposte contre la répression syndicale mais aussi contre la répression des manifestants, la répression en général.

Or l’application de la loi travail, la multiplication des plans de suppression d’emplois et la vaste répression à l’encontre des militants et manifestants change quelque peu la donne par rapport au printemps.

Un climat qui redevient explosif

Ces trois événements sociaux, pour le moins, viennent donc s’ajouter en cette rentrée automnale à la situation qui présidait avant la lutte contre la loi travail.

D’une part, se rajoutent de très nombreux plans de suppressions d’emplois, des fermetures, des liquidations, des licenciements. On compte au moins 140 entreprises concernées avec plus de 40 000 suppressions d’emplois. En même temps, la plupart de ces entreprises qui licencient se portent bien et déclarent des bénéfices comme elles distribuent des dividendes. Cela rend la perte de son emploi encore plus insupportable pour les salariés, renforçant l’idée qu’il n’y a pas là une fatalité économique contre laquelle on ne peut rien, mais une politique délibérée pour enrichir encore un peu plus les plus riches au détriment des plus pauvres, renforçant donc les sentiments de classe chez les exploités.

Par ailleurs, perdre son travail c’est être placé à un niveau légal en dessous de la loi travail, de toutes les lois sauf celle de la misère. Ainsi si ces salariés se sont battus hier contre la loi travail, on peut très bien comprendre qu’ils changent de priorité et que par là, soient à même de mieux comprendre ceux qui soutenaient le combat contre la loi travail mais sans y participer car ne se sentaient pas concernés vivant déjà pire ; les chômeurs, les précaires, les licenciés, une foule de jeunes qui ne commencent leur vie professionnelle que par l’intérim, les CDD, les stages… et enfin surtout les salariés qui travaillent dans de toutes petites entreprises – l’immense majorité – où les lois du travail ne s’appliquent que très approximativement souvent déjà dans une situation de droit et de fait en dessous de celle de la loi travail.

C’est à dire que ces salariés confrontés aux plans sociaux – on compte à l’heure ou j’écris une trentaine de conflits ouverts contre ces licenciements, l’Alstom ou SFR étant les plus connus – peuvent d’autant être sensibles au lien entre leurs combats économiques particuliers et les combats généraux contre la loi travail et « son monde ».

D’autre part, la loi travail qui devrait commencer à s’appliquer dans les entreprises à partir d’octobre, si on en croit le gouvernement, va considérablement aggraver la situation des travailleurs et multiplier les conflits.

Ceux-ci auront probablement un caractère économique et émietté avec des luttes qui porteront donc sur tel ou tel point de la loi, pas sa totalité, c’est-à-dire sur des conditions de travail, des horaires, des salaires, l’emploi. Cependant, il serait plus juste de qualifier ces luttes de politico-économiques. En effet, tout le monde saura au delà de leur caractère économique et local, qu’il s’agit là de l’application d’une loi nationale et que bien des salariés qui ne voyaient pas bien concrètement ce que pouvait donner concrètement cette loi générale pour eux, mesureront là très pratiquement toute sa dangerosité. De ce fait, là aussi, ces conflits économiques divers auront une tonalité générale et politique et pourraient bien tout d’une coup passer d’un caractère local économique à un caractère plus général politique et établir un lien entre tous les conflits économiques émiettés et un conflit généralisé.

Enfin, la violence policière comme la violence judiciaire à l’égard des manifestants du printemps, jeunes ou syndicalistes – 750 poursuites recensées au 1er juillet – est au centre de l’actualité et a donné une nouvelle vie au combat contre la répression qui frappe les militants syndicalistes dans leur activité quotidienne, à la criminalisation du syndicalisme.

De fait, la violence policière du printemps accompagné de la violence judiciaire qui perdure en cet automne a lié la lutte contre la répression syndicale à la lutte contre toutes les répressions, contre la criminalisation des manifestations, de celles de la loi travail à celles des écologistes et des zadistes, la criminalisation de la liberté d’expression, l’état d’urgence, l’oppression qui touche aux migrants …. Les luttes d’Air France, celle des militants d’Info Com CGT pour leur affiche contre les violences policières qui a fait scandale dans les hautes sphères comme la chemise déchirée mais surtout celle des Goodyear avec leur condamnation à la prison ferme pour avoir défendu leur emploi, prennent ainsi un caractère de drapeau autour duquel peuvent s’unifier tous les combats de ceux qui cherchent à relever la tête.

Ainsi aussi, toutes ces luttes et ces militants qui n’avaient pas tous une conscience de classe peuvent s’unifier derrière des combats et des militants lutte de classe.

Par ailleurs le combat des Goodyear étant aussi celui d’ouvriers et militants en lutte contre un plan de licenciements, leur lutte fusionne ces deux combats : répression et licenciements. Ses militants s’étant investis dans la lutte contre la loi travail en faisant le lien, il symbolise et fusionne les trois.

Le mouvement contre la loi travail avait perdu de son caractère explosif au fur et à mesure qu’il durait du fait que tout le monde prenait peu à peu conscience qu’il n’arrivait pas à représenter toutes les colères existantes ou latentes.

Or ce nouvel ensemble d’éléments sociaux pose différemment les problèmes qu’au printemps du fait que la lutte contre la loi travail en cette rentrée a persisté le 15 septembre mais n’a pas eu de suite, pas seulement parce que l’intersyndicale ne l’a pas voulu, mais parce que le mouvement lui-même ne voulait pas répéter la même chose qu’au printemps, en en voyant les limites, bref qu’il cherchait autre chose.

En quelque sorte, le 15 septembre pour eux n’a certes pas été un baroud d’honneur mais seulement une étape mais vers quoi : que faire maintenant ?

Certains ont pu se dire que le mouvement unifié étant fini, on allait n’assister qu’à une multiplication de conflits émiettés dans chaque entreprise comme le souhaite la CGT ou juridiques comme y appelle FO ou de conflits judiciaires dispersés autour de al répression.

En fait, le mouvement unifié du printemps continue mais il cherche sa forme future. Celle-ci sera conditionné par le fait qu’il cherche à en changer le contenu, cherchant à intégrer les luttes contre la répression, celles contre les plans de licenciements, celles encore contre l’application de la loi travail et enfin celles, économiques, sur les salaires, l’emploi et les conditions de travail.

Ce qui signifie que dans cette période de recherche, il se concentre dans son avant-garde en même temps qu’elle même se forme à travers cette recherche. Disons qu’en attendant d’avoir trouvé une maturité, elle réfléchit en marchant.

Son premier grand rendez-vous public sera à Amiens les 19 et 20 octobre lors de la manifestation pour la relaxe des Goodyear.

Regardons donc comment et autour de qui va se construire cet événement dans la « capitale de la lutte de classes » tel qu’y appellent les militants Goodyear.

Un écart grandissant entre l’agenda politique et celui fixé par le mouvement social

Le silence organisé sur les luttes sociales pourtant nombreuses est doublement masqué de l’ampleur du vacarme politique et médiatique sur les attentats terroristes, le racisme, les lois régressives, l’état d’urgence, complété de la multiplication des plans de suppressions d’emplois, des lois de régression sociale, des violences policières et judiciaires, de la répression des manifestations, des manifestants et des syndicalistes et maintenant une campagne électorale 2017 sans perspective, qui reflète cet univers déconnecté des préoccupations populaires.

Le petit monde politique emporté par les besoins de ses maîtres, déjà très éloigné des électeurs populaires, ne semble même plus mesurer le fossé qui s’agrandit à vitesse grand V entre lui et eux, pris dans une espèce de logique autiste, où le PS passe à droite, la droite à l’extrême droite et l’extrême droite au fascisme.

Mais cet ensemble emporte aussi la conscience de ses opposants qui n’ont pas l’ancrage social permettant de résister à ce raz de marée politico-médiatique réactionnaire.

L’ancrage idéologique anticapitaliste, antilibéral ou démocratique permet certes souvent à des militants de critiquer ces mesures et cette atmosphère nauséabonde avec courage. Cependant hélas, sans enracinement populaire dans les luttes en cours, sans le choix de tout faire pour s’y lier, la critique de cet univers d’en haut, fut-elle virulente, devient aussi l’univers peu à peu, par glissement, de ceux du dessus, même s’il est inversé. On ne parle plus dans cet univers que des reculs. Ses critiques ne se limitant qu’aux mesures réactionnaires, ses tenants, suspendus en l’air, finissent par croire qu’il est le seul existant et sont entraînés dans une spirale où tout recule, où il ne se passe rien, où on ne peut rien faire, où on ne peut pas gagner, bref où tout va mal…

Le déclenchement du mouvement du printemps fut donc pour tous ces militants une totale surprise. Ne remettant pas en cause l’univers de reculs dans lequel ils vivent, sans donc réelle explication devant ce mouvement qui semblait venu de nulle part, il était logique pour eux qu’il ne pouvait pas durer, ni renaître en cet automne ou hiver, ce qui, s’ils n’osaient pas le crier sur les toits, transparaissait souvent dans nombre de leurs écrits et surtout leurs pratiques.

Durant le mouvement lui-même, bien des militants ou organisations bousculées par cet inattendu, n’en cherchaient à chaque instant malgré eux que la fin, seule confirmation possible de leurs conceptions.

Plutôt qu’à aider le mouvement à aller jusqu’au bout de ses possibilités, ils tendaient alors à utiliser le mouvement pour eux, soit dans des calculs électoraux type «Podemos », soit à renforcer leur activité propagandiste autour de formations politiques élargies ou semi-propagandistes autour par exemple du combat contre le racisme ou de la répression, soit enfin à un recrutement individuel en son sein.

En ce sens là, l’agenda politique d’en haut était malheureusement aussi devenu le leur, quelles que soient leurs bonnes intentions affichées, « à l’insu de leur plein gré ».

Ce qui fait qu’incapables d’aider le mouvement et ses militants à aller jusqu’au bout, ils le croyaient fini cet été, alors que le mouvement ne faisait que chercher une forme et un contenu plus efficaces et ne s’apercevaient pas que les militants du mouvement voulaient le continuer sous toutes les formes possibles, et que de ce fait, ils avaient changé eux-mêmes. Ils cherchaient par exemple des alliés et des idées là où il était impensable qu’ils le fassent quelques mois plus tôt.

Bref, l’avant garde large de centaines de milliers de personnes qui s’était dessinée au décours des mois de lutte, se cherchait une direction et une orientation et construisait avec elle son propre agenda avec par exemple le rendez-vous d’Amiens, voire peut-être ensuite celui des dockers du Havre.

Construction d’une avant-garde politique et lutte de classe à l’influence de masse

De nombreux collectifs se sont créés durant le mouvement de ce printemps, ou, déjà existants auparavant, y ont pris une toute autre dimension.

Animant le mouvement jusqu’au bout, ils ont continué à se mobiliser et exister pendant et après l’été et le 15 septembre.

Les plus importants sont « Nuit debout », le collectif « Interpro-Interluttes » de la région parisienne, le collectif de syndicalistes « On bloque tout » et surtout pour leur notoriété, le syndicat Info Com CGT et enfin les comités Goodyear et plus spécialement la CGT Goodyear.

Tous à des degrés divers ont joué un rôle important dans le mouvement de ce printemps, en marge de l’intersyndicale, ou plus exactement, au delà, plus loin et pour les trois derniers, sur des bases clairement lutte de classe.

Ces collectifs par leur seule existence ont donné une coloration combative et lutte de classe durant le mouvement et ont poussé l’intersyndicale à avancer une date de mobilisation après l’été, le 15 septembre, sinon ils l’auraient fait eux-mêmes.

Ces collectifs ont été l’œuvre pour leur construction du rapprochement de différentes expériences et traditions. Et ce rapprochement de différences et diversités, leur capacité à échanger, ont été le gage de leur efficacité et de leur durée, condensant en quelque sorte deux mouvements de maturation politique, celui de syndicalistes à l’influence de masse en particulier dans la CGT, cherchant à sortir d’une politique de Dialogue social pour retrouver le terrain de la lutte de classes et celui de secteurs jeunes qui ont acquis une certaine lucidité par la violence de la répression policière, la lourdeur des condamnations, le prolongement de l’état d’urgence, l’encadrement des manifestations en même temps qu’ils comprenaient l’importance pour le combat de la présence des travailleurs et des syndicalistes, bref que la classe ouvrière existe et que l’État n’est pas si démocratique que ça.

Or ce qu’il y a de significatif en cette rentrée, c’est qu’outre leur persistance, ces collectifs cherchent à franchir une nouvelle étape en tentant d’établir des passerelles entre eux.

Ce qui s’était additionné ce printemps sans grands contacts, cherche aujourd’hui en cet automne à se rapprocher en travaillant à répondre à la question : qu’est-ce qui a fait que le mouvement contre la loi travail a échoué puisque cette loi a été maintenue jusqu’au bout par un gouvernement pourtant très faible, ultra minoritaire et votée par son parlement et donc, avec la question : comment gagner demain ?

Ainsi voit-on le collectif Interluttes inviter Mickael Wamen à un meeting le 13 octobre à Paris ; le syndicat Info Com CGT inviter Mickael Wamen à un débat dans leur stand à la fête de l’Huma ; les comités Goodyear de la région parisienne inviter des militants d’Info Com CGT, de la CGT. EDF Paris et, surtout, un militant Sud Poste Hauts de Seine à participer à l’animation de leur AG de rentrée, sortant ainsi de l’entre soi CGT, du combat interne pour la réforme de la CGT à celui de s’adresser et représenter le mouvement des salariés ;l a CGT Goodyear inviter avec des « Nuit debout », à organiser une nuit « Relaxe debout », à Amiens le 19 octobre…

Et tous se retrouvent à pousser au succès de la manifestation des 19 et 20 octobre à Amiens, en quelque sorte la manifestation et l’expression publique commune de ces courants, certainement le point de départ d’une nouvelle étape dans la construction d’une avant-garde.

Là aussi, si la confédération CGT appelle à Amiens en mettant un mot d’ordre de grève c’est parce qu’elle sent qu’il y a là quelque chose de massif qui peut lui échapper du fait de la notoriété de ses acteurs, de l’influence de certains des militants qui animent ce combat, et parce que de ce fait ce rendez-vous prend plus largement le sens de la continuation de la lutte contre la loi travail qu’abandonne l’intersyndicale.

C’est-à-dire que cette initiative prend le sens de l’ébauche d’une direction alternative au mouvement ouvrier, d’un nouvel outil pour les luttes à venir, une marche vers une conscience politique et luttes de classe de militants ouvriers à l’influence de masse.

Bien sûr, cette prise de conscience ne se fait pas sans problèmes ni reculs momentanés, mais ce dont on peut être sûrs c’est qu’elle a commencé et qu’elle ne peut que continuer appuyée sur un mouvement social qui ne faiblit pas et dont la lutte contre la loi travail avait illustré la ténacité et le courage et l’aspiration à un autre monde.

Alain Riveto


http://www.anti-k.org/2016/10/08/vers-u ... de-classe/
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Re: NPA (2016...)

Messagede Fred1 » 22 Déc 2016, 08:49

Le PCF est aujourd’hui traversé par une crise profonde et des débats de grande ampleur. Nous voulons y participer, et c’est dans ce but que nous avons écrit une lettre à ses militantEs, lettre dont nous publions ici de larges extraits.
https://npa2009.org/arguments/politique ... tes-du-pcf


Ils sont marrant les gars du NPA, ils envoie une lettre au militant PCF qu'ils publie, bon jusque ici tout vas bien.
Mais dans une sous rubrique titré: "Pour allez plus loin", ou on y trouve des titre d'article du style.

"Mélenchon : « l’avenir en commun »… avec les millionnaires ?"

"37e congrès : quel avenir pour le PCF ?"

"Front de Gauche et mirages électoralistes"

'UE16 - Quel bilan, quelles perspectives politiques suite au mouvement contre la loi travail ?"

(Bon jusque ici, tout va bien mais ça se dégrade un peut tu va voir..)

"PCF et CGT : rapports non protégés..."

"PCF : D’un élan révolutionnaire à un parti national stalinisé"

(Si ça c'est pas de la diplomatie, qu'es? :gratte: )
Nous n’avons pas peur des ruines. Nous sommes capables de bâtir aussi.

Buenaventura Durruti
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Re: NPA (2015...)

Messagede digger » 22 Déc 2016, 16:52

(Si ça c'est pas de la diplomatie, qu'es? :gratte: )

De la tambouille politique
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Re: NPA (2015...)

Messagede Ian » 22 Déc 2016, 19:44

digger a écrit:
(Si ça c'est pas de la diplomatie, qu'es? :gratte: )

De la tambouille politique
C'est-à-dire?? :gratte:
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Re: NPA (2015...)

Messagede digger » 23 Déc 2016, 14:59

Ooops! Je peux commencer par un point sur lequel nous serons d'accord; : j'aurais dû m'abstenir.
Ensuite, "tambouille" est un mot qui peut être blessant, et ce n'était pas mon intention. Appelons cela "stratégie de parti politique".
Pour la suite, ma vision des partis est celle généralement adoptée par les anarchistes. Le NPA ne fait pas exception même si je suis conscient du cousinage des origines avec ce qu'on appelle aujourd'hui "extrême gauche", mais tu connais l'histoire aussi bien que moi. Cette histoire doit être rappelée, non pas pour trouver des "coupables" ou chercher qui a eu tort ou raison, mais pour le lien avec les luttes ouvrières souvent oubliées par les jeunes générations plus tournées vers l'histoire récente.
Disons que c'est mon lien avec l'anarchisme "historique" et au-delà avec l'histoire du mouvement ouvrier ou la lutte de classe.
Sur le communiqué en lui-même, une lettre disant grosso modo à des militant-es d'un parti politique "vous avez tort" venant d'un autre parti politique me laisse perplexe, quoi que je pense du PCF (que, entre parenthèses, j'ai connu plus stalinien qu'aujourd'hui). Ce qui me fait penser aussi un peu au livre s'adressant aux libertaires.
Maintenant, tu es mieux placé que moi pour expliquer l'intérêt de tout cela et le but visé par le NPA et encore une fois, mon intérêt pour les rapports entre NPA et PCF font que mon intervention ne s'imposait pas.
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Re: NPA (2015...)

Messagede Ian » 23 Déc 2016, 16:22

Je n'ai toujours pas lu le bouquin auquel tu fais référence (honte à moi! :oops: ), mais je ne crois pas qu'il soit spécifiquement adressé aux libertaires, en tout cas pas plus qu'aux militants se revendiquant du marxisme révolutionnaire, je crois que leur idée était surtout de montrer les ponts entre les deux. Après sur ce coup là ça n'était de toute façon pas au nom du parti (et pas le fruit d'une décision collective), donc je ne peux pas trop m'avancer sur l'objectif.

Concernant la lettre aux militants du PCF, je crois qu'il s'agit d'une volonté assumée de s'adresser aux militants PCF déboussolés par la lente dégringolade de leur parti, en mettant en avant la nécessité de rompre avec les illusions institutionnelles ("Dans les deux projets proposés [au vote des militantEs du PCF fin novembre], il y a un point commun : l’illusion que les élections et le bulletin de vote pourraient changer les choses (...)Dans ces deux cas de figure, la direction du parti reste prisonnière du cadre institutionnel, de la politique qui, depuis 1981, a constamment affaibli le PCF au point qu’il est aujourd’hui menacé dans son existence même"), pas dans l'objectif de gagner des militants du PCF (il faudrait de toute façon être rudement naïf pour penser qu'une simple lettre puisse avoir cet effet) mais dans l'objectif d'intervenir dans les débats politiques qui traversent le mouvement ouvrier, et d'apporter le point de vue du NPA, d'expliquer la nécessité d'une orientation révolutionnaire en rupture avec les institutions bourgeoises. Et bien sûr, avec la perspective d'un "rassemblement de tous les anticapitalistes, pour une transformation révolutionnaire de la société, mais sur un discours clair par rapport au racisme, à l’impérialisme, à l’indépendance vis-à-vis des institutions".
Je ne crois pas que cette lettre dise aux militants du PCF "vous avez tort" mais plutôt "votre direction a tort" et vous enferme dans une fausse alternative... (ce qui est d'ailleurs déjà l'opinion de nombreux militants)
Il me semble que c'est le rôle d'une orga politique d'intervenir dans les divers débats politiques qui se posent, soit à la société en général, soit au mouvement ouvrier, soit même aux orgas du mouvement ouvrier quand elles traversent une crise comme celle ci.

En tout cas si je te demandais ce que tu entendais par là, c'est que pour moi "tambouille politique" sous-entendait plutôt des tractations d'appareil ou autre, ce qui n'est clairement pas le cas ici.
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Re: NPA (2015...)

Messagede Pïérô » 29 Déc 2016, 19:57

Il faudrait bien pourtant expliquer le pourquoi et les tenants et aboutissants d'une telle démarche...
Parce que si tu la présentes comme bien banale, alors il y a bien matière à interroger, et bien interrogeons la. Il s'agit surtout de ramener un électorat PC dérouté par l'absence d'une représentation du PCF aux prochaines élections vers la candidature du NPA en P Poutou, pour faire un peu de chiffre. Parce qu'en quoi cela participe de construire réellement un mouvement anticapitaliste ? et quel réel projet anticapitaliste ? Le mot "tambouille" peut être approprié là. Après évidemment, c'est encore matière à voir en quoi le NPA n'est pas dans le champ de la social-démocratie radicale, un champ qui évidemment peut rassembler aussi des déçus du PC, plutôt que dans le champ d'un réel anticapitalisme révolutionnaire, et communiste, enfin le vrai. Cela renforce le fait que se présenter aux élections et faire le jeu de la bourgeoisie sur son terrain idéologique est une mauvaise voie pour une organisation "révolutionnaire", qui à nouveau montre bien qu'il n'y a pas là que matière à porter une parole, parce que cette parole est bien contenue dans un cadre que le NPA accepte, et dans lequel il joue le jeu. Mélanchon ou Poutou, dans ce cadre, la différence n'est pas fondamentalement grande. :hehe:
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