Lutte Ouvrière (2013-2014)

Re: Lutte Ouvrière

Messagede Nico37 » 31 Mai 2013, 21:36

LE PROLETARIAT UNIVERSEL: SCANDALE A UNE KERMESSE TROTSKIENNE

LA FETE ANTI-POLITIQUE DE LUTTE OUVRIERE (ou comment cibler sur le patronat pour ménager le gouvernement de la gauche bourgeoise)

Dans l’immédiat après 68, la fête de Lutte Ouvrière fût un réel espace de débats et de confrontation entre tous les groupes gauchistes, embryons de cercles révolutionnaires et individus en recherche d’une cohérence révolutionnaire pour préparer la révolution. C’était une réelle soupape d’expression des minorités politiques à vocation révolutionnaire hors parlement et interdites d’expression dans les canaux dominants. Pourtant en une dizaine d’années, la porte s’est refermée progressivement à la fois du fait du reflux de la lutte de classes et d’une fossilisation du groupe trotskien en secte institutionnelle. L’appât de la manne électorale bourgeoise et la lutte des places syndicales ont accéléré le processus d’embourgeoisement d’un groupe d’étudiants et de professeurs, pour partie formés à l’école du stalinisme, ou en tout cas en compétition avec ce mammouth en voie de liquéfaction historique. L’expulsion des petits groupes de la Gauche communiste (CCI puis PCI) a correspondu à la nécessité des bureaucrates anonymes de LO de gommer les aspérités confondantes de leur histoire et à effacer leurs compromissions électorales avec la gauche de la bourgeoisie.

La secte, génératrice d’un dévouement hors du commun par ses sectateurs, a ainsi pu prospérer avec des techniques de marketing dignes de la secte Moon, créant de toute pièce une passionaria populiste, Arlette Laguiller, longtemps sponsorisée par les médias comme une pure révolutionnaire « fidèle à ses idées », comme mon voisin est fidèle à l’entretien de sa haie. Ce groupe économiste bourgeois, de type lénino-stalinien a fini par être intronisé, malgré ses simplismes confondant, comme la figuration d’une extrême-gauche présentable, pas dangereuse et facile à tourner en ridicule avec le refrain « travailleurs, travailleuses », comme si le fait de travailler ou d’être un travailleur était une référence intégrable sans dommage et référentielle dans le paysage audiovisuel et consensuel.

Je n’avais plus mis mes pieds dans le parc du château de Presles depuis des décennies. C’est donc plus par curiosité que par volonté d’y faire entendre une voix discordante dans une version appauvrie et villageoise de la fête traditionnelle du parti stalinien, que j’avais acquis mon ticket d’entrée. Je découvre une mixture d'Eurodisney, de fête de l'Huma et de ducasse provinciale.
Le dévouement militant bénévole a fait des miracles. Fini les stands avec CRS en carton à dégommer avec des pavés de chiffon et les amusements bricolés de foire champêtre. Toiles de tente et baraquements semblent avoir été peaufinés par des professionnels. L’organisation est millimétrée. On peut se restaurer à peu près partout pour pas cher avec un service zélé, serviable à souhait. Les frites sont saines et les merguez bien cuites ; et les rentrées financières à point en conséquence, sans oublier l’importante rentrée d’argent, même en bons d’échange made in LO, à la librairie du trust « Les bons caractères ». Les WC sont régulièrement entretenus. L’endroit est à ravir pour les enfants avec des jeux ludiques intelligents, quoiqu’un vulgaire manège trône près de l’aire d’arrivée des bus, transport gratuit, qui permet aux habitants de la région parisienne de s’y rendre sans les inconvénients des embouteillages, et, par des navettes fréquentes, rend les lieux plus accessibles que le château de Versailles à une population qui s’ennuie à Paris lors des Pentecôtes généralement pluvieuses et aussi tristes que la religion.


L’expression politique est par contre soigneusement cadenassée. Vous pouvez déambuler de la place Karl Marx à l’espace Engels en vous sachant protégé par nombre de gardes rouges avec brassard. Aucun de ces jeunes du 9-3 venus bâfrer et picoler ne s’aviserait à faire le mariole ; Valls pourrait y trouver inspiration pour sa police de proximité. Outre la messe traditionnelle de la nouvelle cheftaine Nathalie Arthaud[1], qui fait cesser toutes les activités en milieu du dimanche après-midi, les forums sont majoritairement consacrés à des exposés de scientifiques et de romanciers, sommités et mandarins sensés apporter le savoir au bon peuple méprisé par des médias infantilisants[2].
LO renoue avec sa vocation de république des professeurs staliniens, tout comme ses militants de base sont sensés apporter la conscience syndicale de l’extérieur de TF1. Or ce savoir n’est pas plus intéressant ni formateur que les meilleures émissions de Arte ou de FR3. C’est du remplissage pour occulter le refus des véritables discussions politiques. Le symbole le plus patent de la fossilisation stalinienne de LO est sans conteste la « cité politique », réduite à un mouchoir où s’entassent une poignée de stands de groupuscules politiques sans intérêt (CNT, NPA, Tendance bolchevique, Mouvement communiste, etc.). Une tribune leur est réservée grande comme une aire de leurs chiottes. Cette cité politique sent tellement le renfermé qu’elle reste à l’écart de la plupart des visiteurs, et couverte par le bruit des orchestres de musette qui jouent de leurs flonflons sans égard pour les éventuels disputailleurs.
Une seule « attraction » pouvait solliciter quelque intérêt, sous le chapiteau « Karl Marx » : « Automobile : les travailleurs confrontés à l’offensive patronale. Débat animé par des militants de Lutte Ouvrière du secteur automobile ».
Nous nous y sommes rendus et assis. Debout et assis on pût décompter rapidement près de 600 personnes face à une tribune composée de représentants syndicalistes de Renault, de PSA, un syndicaliste américain du groupe frère Spark, etc. La vedette à qui devait échoir le discours final était bien entendu le chouchou actuel des médias Jean-Pierre Mercier, leader des 130 derniers grévistes, d’Aulnay qui focalisait les regards du public avec sa crinière blanche (vue à la TV).
Les discours se succédèrent avec pour contenu la description des vilenies patronales, les péripéties des cahiers de revendication de chaque entreprise, ponctuées du fameux « y a de l’argent » et il faut être persuadé qu’on peut faire plier ou reculer le patronat. Des conditions précises du déroulement des quelques conflits salariaux et des trahisons syndicales il ne fût point question. Une telle présentation du « savoir syndicaliste » (savoir-faire de clan et surtout savoir taire) était de nature à encourager non un véritable débat politique sur la lutte de classe réelle mais à « poser des questions ». Ce qui était insufflé au final par le président de tribune, vieux machin mis en vedette dans le film d’entreprise consacré à la famille Peugeot.
Le dernier discoureur, Jean-Pierre Mercier soi-même, joua d’abord la modestie et une volonté d’être synthétique pour ne pas allonger la sauce. Ce fût un hymne à la longue maturation des infiltrés de LO chez Peugeot, forgés au combat syndicaliste depuis 2003, 2007, etc. Car, les grèves ne tombant pas du ciel, elles nécessitent la formation continue d’élites militantes qui, se renforçant, se multipliant, finissent par donner corps à la volonté gréviste et à faire comprendre qu’on peut lutter « tous ensemble ». "Nous avons formés des générations de militants indispensables pour apprendre aux ouvriers à s’organiser, nos anciens ici présents peuvent en témoigner. Tout au long de la grève des rencontres ont été organisées avec les autres entreprises en lutte. Quant à la fin de la grève à Aulnay, elle constitue une victoire. Un comité de lutte a été constitué, d’ailleurs[3], ouvert à tous les grévistes, syndiqués ou non". "Nous avons fonctionné de façon à ce que ce ne soit plus les délégués qui dirigent et prennent les décisions. Les sanctionnés sont réintégrés. Les grévistes percevront 20.000 euros. Et en plus, il a été décidé que la fin n’était qu’une « suspension », pour bien faire comprendre au patronat et au gouvernement que la lutte continue. Cerise sur le gâteau de la victoire : « nous reprendrons le travail mardi en expliquant aux non-grévistes que nous avons fait grève pour eux ».
Ce discours, en plus d’être une apologie du rôle d’organisateurs patentés des militants de LO en bleu de chauffe, n’était qu’une litanie de mensonges. Par omission d’abord, en passant sous silence les tractations et reniements des divers clans syndicaux, en se passant d’expliquer les raisons de la persistance d’une grève par une minorité des ouvriers, et les enjeux de la période de la crise capitaliste. La dernière phrase de l’orateur vedette fût un modèle de déclaration lamentable et médiocre de tout syndicaliste de base avec brassard CGT ou SUD : « nous avons obtenu peu mais c’est déjà beaucoup ». Une telle vilenie fût accueillie par une salve d’applaudissement de têtes chenues, très certainement anciens encartés du PCF et retraités divers séduits lors des campagnes électorales de la secte.
Personne d’autre que moi ne se précipitant pour prendre le micro, je n’ai pas hésité. Et il paraît que je fus brutal :
« On se croirait à un congrès de la CGT il y a 40 ans ! Tous autant que vous êtes vous n’avez cessé de remplir votre temps de parole pour nous expliquer que les patrons sont des salauds et pour nous faire part des démarches pour protester contre les déficiences de la clim ! Rien sur le déroulement de la lutte et ses obstacles. Vous réduisez le combat à un spectacle dont l’ensemble des prolétaires restent les spectateurs…C’est comme le blog de LO, apolitique ! Il ne faut surtout pas parler de politique. La grève est un échec et une humiliation… et la dernière intervention de Mercier est particulièrement honteuse… »
La salle s’est évidemment mise à me siffler, et les « qu’est-ce que tu proposes ? » ou « quelle politique veux-tu ? ». Je demandai à ce qu’on me rendre le micro pour expliquer la politique que je soutiens. Le président de séance y coupa court : « tu as assez parlé, la démocratie c’est de laisser la parole aux autres ». Une fonctionnaire de Lo se dressa aussitôt pour me faire la leçon : « Nous sommes intéressés à savoir ce qui se passe dans les entreprises. Ces témoignages que tu méprises sont importants dans la lutte contre le patronat. Il faut saluer cette lutte qui est exemplaire pour toute la classe ouvrière ».


Le jeune délégué Samir, un des sanctionnés, qui était à la réunion de Lille, se dressa à son tour :
« On le connait celui-là, il est venu nous voir à Lille, il dit n’importe quoi et on ne l’a jamais vu à Aulnay ».
Un autre me crie :
- T’es de quelle organisation ?
- Aucune.
- Alors dégage !
Un autre encore :
- On ne sait pas d’où il est !
Je crie : je suis un marseillais de Paris ( ce qui est vrai).
La tribune donne aussitôt ensuite la parole à un délégué espagnol qui commence à discourir longuement en espagnol, suivi d’une traduction qui n’en finit pas, alors que je reste l’objet des regards courroucés de la salle. Je hurle qu’ils cherchent à éviter les vraies leçons de la lutte. Un maigrichon avec brassard se penche vers moi menaçant, mais je l’écarte d’un geste de la main. Et la traduction dure, dure. Fin des bans. Je me lève et m’éloigne, jugeant inutile de cautionner cette assemblée de neuneus.
Un des spectateurs, Gaétan, s’approche de moi en souriant :
- A quoi bon ? La discussion est impossible dans l’enceinte de LO. Tu n’aurais pas dû intervenir seul. Il faut être au moins à deux face à une telle réunion de gens irréfléchis. Seul …ils ont tout loisir de te faire passer pour un fou. C’est le problème de tous les groupements, ils se contentent du peu des discours…Et on est tellement habitué au sabotage des syndicats, et puis LO fait pareil...
Christian qui s’est joint à nous abonde dans son sens. Ils n’ont tous deux, jeunes, aucune expérience militante et ne font pas la différence entre les groupes. Nous continuerons à discuter longuement, fraternellement autour d’un bac à frites. Je reconnais qu’en général je considère que, face à ce type d’assemblée, il faut « cogner » (verbalement, d’abord et discuter ensuite. Je déplore d’être une sorte de dernier des Mohicans car il n’y a plus aucun groupe révolutionnaire pour faire face aux mafias trotskystes, et que c’est bien dommage, mais que les idées proches de la vérité font et feront leur chemin. Gaétan et Christian ne croient pas une révolution possible et même que c’est dans la nature de l’homme d’être crédule et amnésique. Ce que je ne pense pas.
Deux heures plus tard, alors que nous continuions notre discussion près d’une baraque à café, une jeune femme s’approche de moi et demande à me causer « par rapport à tout à l’heure ».
Je me rends totalement disponible à ses questions et remarques.
- Vous avez été dur tout à l’heure. Ils ont quand même le mérite d’avoir fait grève par les temps qui courent où domine la passivité. Pourquoi avez-vous parlé de « spectacle » alors que les médias ont organisé le black-out sur la grève ?
- Oui je maintiens l’idée de spectacle. Il n’est pas vrai qu’il y a eu black-out, on a vu plusieurs interviews et articles consacrés à Mercier. Je ne crois pas qu’ils ont agi pour étendre la lutte. La visite à d’autres entreprises était purement formelle et soigneusement organisée par les appareils. Qu’est-ce qu’on a à foutre qu’ils se soient rendus au congrès du parti gouvernemental ! çà change quoi ? Qu’ils aient fait des quêtes ! Ont-ils seulement appelés les autres travailleurs à se mettre en lutte avec eux ? On était réduit nous derrière l’écran de notre télé au niveau de simples spectateurs.
- Mais ces délégués ce sont aussi des ouvriers ! Et les sanctions ont été levées…
- Séguy, Marchais étaient aussi des ouvriers ! La sanction de quelques uns fait partie du scénario patronat-syndicat au début des grèves ; moi-même j’ai été sanctionné plusieurs fois au cours de grèves dites sauvages, et la levée des sanctions contre moi était finalement présentée comme une victoire des syndicats… Ces syndicalistes sont autant d’arrivistes qui veulent monter dans l’appareil. Le délégué américain ne s’est-il pas vanté de s’être présenté pour être président du syndicat de l’automobile américain, et n’a recueilli qu’un piètre score. Mais le principal problème est que ces gens-là sont engoncés dans l’esprit syndicaliste corporatif. A Lille ils m’ont raconté que les bagnoles Peugeot étaient vendables, et que les patrons mentaient… comme s’il n’y avait pas une réelle crise de surproduction qui pose le problème plus large d’une réorganisation de la société pas d’une sauvegarde des emplois de plus en plus limités ou du maintien à tout prix de la « boite »!
- Qu’est-ce que vous auriez proposé à leur place ? Vous vous seriez opposé à la grève ?
- Je ne dis pas çà. Je suis bien conscient que l’extension n’est pas possible à tout moment, et qu’on doit en rabattre parfois. D’abord, lorsque la grève est devenue ultra-minoritaire, j’aurais proposé de l’arrêter. Il est ridicule de prétendre étendre si seulement une minorité de l’entreprise persiste à croire gagner dans ces conditions. Alors il existe d’autres formes, telle que les comités de lutte pour maintenir l’unité et solidarité du temps de la grève ; je les soupçonne d’avoir repris in extremis cette forme que j’avais évoquée à Lille. En lot de consolation pour masquer encore leurs embrouilles.
- Oui mais cette minorité était déterminée à continuer… Et on veut tous la même chose au fond...
- C’est classique, une partie des syndicats les laissent tomber, et puis un autre, CGT ou SUD, accompagne les jusqu’auboutistes pour les aider eux aussi à mordre la poussière… un peu plus tard. Et cette fois-ci de façon scandaleuse. Mercier a confirmé cette saloperie, que je prenais pour une manip de la presse, les grévistes recevront 20.000 euros de plus que les non-grévistes. Message : les prochaines fois vous gagnerez aussi 20.000 euros grâce à la CGT ! La lutte « qui paye » pour une minorité de grévistes devient ainsi dans l’échec un espoir de le renouveler perpétuellement sans poser les enjeux de société, et en faisant passer cet échec pour une victoire. Non on ne veut pas tous la même chose. L’esprit syndicaliste, qui voudrait se faire passer pour révolutionnaire et communiste est un verbe radical creux. Il sert à éloigner toujours plus la volonté révolutionnaire. Déjà en 68 après le sabotage de la grève massive, des ouvriers déchiraient leurs cartes syndicales en protestant : « avec les syndicats c’est jamais le moment ». Et on a vu clairement l’attitude de faux-cul du jeune syndicaliste de base vu à Lille – qui me serinait qu’il n’avait rien à foutre de la hiérarchie et de la direction de la CGT – qui consiste à se mettre finalement au service des pires menteurs de l’appareil face au public.
- Ils disent qu’ils ont tenu des assemblées délibératives où les délégués ne prenaient pas la décision. Ils ne pouvaient pas faire autrement en ce moment.
- Je n’en sais rien, je n’y étais pas, mais je les ai vu faire à Lille, à quatre ils ont dirigé l’assemblée comme ils le voulaient, dans leur cadre corporatif-commercial. Une assemblée peut-être manipulée par des sous-marins d’une organisation. Je suis bien d’accord avec vous qu’en l’état actuel de la situation sociale confuse l’esprit d’autonomie ouvrière n’existait pas pour éjecter tous ces menteurs, mais l’action glorifiée a été une supercherie, et c’est la politique incessante de disque rayé de LO depuis 40 ans. Moi je milite pour que les prolétaires de toutes les entreprises ne soient pas « tous ensemble » comme boites de conserve à la queue leu le comme en 1995, mais se mixtent , se mélangent dans un combat commun pour s’assembler à un niveau politique supérieur non de simple solidarité de classe mais pour une politique de rupture avec le système afin de constituer des Conseils de pouvoir pour gérer autrement la société. En tout cas, je vous remercie mademoiselle d’avoir fait l’effort de venir me demander des explications.
Nous nous sommes serrés la main, ainsi que celle de son compagnon qui se fichait de toute discussion politique et gérait l’intendance après avoir été chercher un bac à frites qu’il me proposa de partager.

NB: La brochure deLO "la lutte des travailleurs de PSA" comporte des subtilités intenables en public mais qui servent d'article de foi aux sectateurs jusqu'à plus ample déformé: "La conscience des rapports de force a poussé les grévistes de PSA Aulnay à s'adresser le plus possible aux travailleurs (...) pour les informer, pour gagner leur solidarité dans la perspective, inaboutie (sic) de les entraîner à étendre le mouvement. Il faut dire que, depuis plusieurs décennies, les trahisons politiques de la gauche au pouvoir ont largement contribué à démoraliser la classe ouvrière" (pas le soutien électoral trotskyste à chaque fois à cette même gauche bourgeois?). (...) " Si cette lutte a pris cette forme, a su utiliser toutes les possibilités offertes c'est aussi parce que des communistes révolutionnaires militaient depuis suffisamment longtemps dans l'usine pour gagner du crédit (sic) auprès des travailleurs et être en situation de proposer une politique acceptée et adoptée par des centaines de travailleurs".(supp au n°2338 de LO)


[1] Vu ladite Arthaud, au milieu de la place Karl Marx, interviewée par une télévision et entourée de quelques spectateurs. Elle n’a pas le visage lisse et grimé des plateaux télé, mais avec un phrasé vindicatif, elle apparaît toute ridée et moche, avec un laid rictus au coin de la bouche, un jean sale et flottant, et sans féminité. Finalement Arlette était jolie à côté. Quand elle a fini d’éructer face à la caméra, elle se précipite comme un vulgaire député, pour serrer des paluches aux spectateurs environnants qui n’en demandaient pas tant. Minable.
[2] Un bon point, concédons-le, la librairie. La secte populiste et électoraliste ayant besoin d’un vernis « marxiste », fait publier par son trust « Les bons caractères » des ouvrages rares – L’histoire de la SD allemande par Mehring – et réimprime en fac-similé des ouvrages de Panaït Istrati, et des éditions Rieder, devenus introuvables, des années 1920. J’ai cassé ma tirelire pour les acquérir. Il me faut signaler aussi un spectacle touchant, ces jeunes très filles et jeunes hommes qui feuillettent avec émotion nos classiques du marxisme, Marx, Engels, Trotsky, Lénine, mais aussi Kronstadt, Istrati, des histoires de la révolution russe, etc. et se rendent à la caisse pour les acheter... si tant est qu'ils soient capables plus tard de développer un esprit critique face à la secte commerçante et à sa légende "Barta 1939" dont la pauvreté politique et le soutien à l'URSS impérialiste en guerre sert de vademecum aléatoire à ce groupe économiste bourgeois !
[3] Jusqu’à ce jour personne n’avait entendu parler de ce comité de lutte fantôme ! Or c’était la principale proposition que j’avais faite aux délégués de PSA à Lille quinze jours avant, ainsi que la création d’un site neutre répercutant toutes les infos… Il faut croire que les délégués « basistes » avaient fait remonter la proposition en quatrième vitesse !
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Re: Lutte Ouvrière

Messagede Nico37 » 01 Juin 2013, 13:57

Suite au drame du Saint-Liévin , les réactions politiques affluent MARJORIE DUPONCHEL 28/05

Après le drame du Saint-Liévin qui a coûté la vie à quatre jeunes Wattrelosiens, les réactions politiques commencent à affluer.

Guy Duel, adjoint et chef de file du groupe communiste et citoyen du conseil municipal, appelle à la réflexion collective : « Je m’incline devant la douleur des familles qui viennent de perdre leur enfant. Certes, l’heure n’est pas à la polémique mais au recueillement. L’émotion nous prend tous à la gorge, la colère aussi. Demain, dominons notre peine et agissons pour que de tels drames ne se reproduisent pas. C’est notre devoir d’élu. Tirons les leçons de cette plaie qui restera ouverte et agissons rapidement. »
Pierre Langlet et Françoise Delbarre, les représentants de Lutte Ouvrière sur Wattrelos, apportent aussi leur réflexion sur la présence de nombreuses friches sur la zone : « Les patrons ont fermé les usines, mettant les parents au chômage. Ils ont laissé leurs anciennes usines à l’abandon, sans réelle surveillance. Que pour la jeunesse des villes ouvrières, ces friches soient devenues des terrains pour s’occuper est symptomatique de cette société : méprisante pour les travailleurs et les pauvres. Que des jeunes en meurent est révoltant. Où vivent et s’amusent les enfants de la famille Toulemonde, ancienne propriétaire des filatures Saint-Liévin ? Où vivent et s'amusent les enfants des anciens propriétaires de toutes ces usines textiles, ces familles enrichies par des générations d'ouvriers ? Sûrement pas dans ces friches, très nombreuses dans nos quartiers de Wattrelos, Roubaix et Tourcoing. Ces usines abandonnées par leurs propriétaires polluent, s’effondrent, brûlent et parfois tuent. »
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Re: Lutte Ouvrière

Messagede Nico37 » 02 Juin 2013, 21:35

La panne à l'aéroport de Pointe-à-Pitre : un droit de réponse de la chambre de commerce Lutte Ouvrière n°2339 du 31 mai 2013

Sous le titre « Aéroport Pôle-Caraïbes Guadeloupe » vous avez fait paraître un article mettant en cause, injustement, gravement et de façon péremptoire la responsabilité de la CCIIG dans la survenance de la panne électrique qui a affecté l'exploitation de cet aéroport du 25 au 27 mars 2013. Le présent droit de réponse vise à rétablir des faits qui ont manifestement échappé à l'auteur dudit article.
La centrale électrique de même que toute la distribution HTA de l'aéroport, qui ont été mises en service en 1996, ont été conçues et réalisées sous la maitrise d'œuvre d'EDF CIG (Centre d'Ingénierie Générale) dont la compétence en pareille matière n'est pas à établir.
(...)
Ce système est basé sur des redondances destinées à assurer la continuité de l'alimentation électrique en cas de survenance successive ou simultanée de plusieurs pannes ou incidents techniques, comme le prévoit d'ailleurs la réglementation internationale.
(...)
Compte tenu des redondances et des sécurités en place, chacune de ces quatre pannes, prise individuellement, n'aurait affecté le fonctionnement des installations aéroportuaires. Même jusqu'à trois de ces incidents survenus en même temps, pouvait être pris en compte dans les scénarios de redondance prévus par nos installations HTA. C'est la survenance soudaine et simultanée de ces quatre pannes dans un laps de temps aussi court qui a eu les conséquences très graves, que la CCIIG, en sa qualité de concessionnaire de l'aéroport, est la première à déplorer.
À cet instant, les investigations en cours ont permis d'établir que les disjoncteurs, dont la fonction première est de protéger les installations électriques, n'ont pas correctement fonctionné et se sont retrouvés hors d'usage, d'où le black out. La société en charge du suivi et de la maintenance ainsi que le fabricant desdits disjoncteurs, à qui la CCIIG a demandé des explications, ont entrepris des investigations qui sont en cours. Le moment venu, nous saurons tirer toutes les conséquences des constats qui auront été effectués.
La gestion de la crise a été à la mesure du caractère exceptionnel de celle-ci. (...)
Lorsque la décision d'annuler et de reporter tous les vols a été prise, 2 500 passagers étaient bloqués à Pointe-à-Pitre et 900 autres à Fort-de-France.
Au final, seuls 640 d'entre eux se sont retrouvés sans solution d'hébergement (famille, amis...). Ils ont donc tous été hébergés dans des conditions décentes et en rapport avec la situation de chacun. (...)
À aucun moment, la pagaille ou la panique ne s'est invitée à ce triste évènement qui, une fois l'origine clairement déterminée, ne pourra que permettre à la CCIIG et à ses prestataires d'améliorer la sécurité des installations électriques de l'aéroport pour le confort de tous et, en premier lieu, des voyageurs.
Colette KOURY Présidente de la CCIIG

La présidente de la chambre de commerce et de l'industrie des îles de Guadeloupe (CCIIG), Colette Koury, nous a demandé d'insérer ce droit de réponse à l'article publié dans Lutte Ouvrière le 12 avril, sous le titre « Aéroport Pôle Caraïbes Guadeloupe : une panne éclairante ». Nous publions ce droit de réponse, comme c'est la règle, en lui donnant la même longueur et le même espace que notre article du mois d'avril.
Cet article se fondait sur des témoignages de travailleurs du site évoqués par L'Écho de l'aéroport, publié par nos camarades de Combat Ouvrier. L'absence d'éclairage de secours, le recours au téléphone portable pour s'éclairer, le manque de directives envers le personnel, ce sont eux qui l'ont vécu. De même les diverses pannes d'équipements (ascenseurs, portes) qui sont récurrentes, et pour lesquelles la présidente de la CCIIG n'apporte aucune réponse.
La gestion de la prise en charge des passagers, longuement évoquée, est présentée presque comme une opération humanitaire. Il n'empêche, que s'il n'y a pas eu de panique, il y a incontestablement eu de la pagaille, au point que les passagers à l'arrivée ont effectivement dû aller chercher leurs bagages sur la piste.
Rien, dans la réponse de Mme Koury, ne dément donc réellement ce qui a été dit dans l'article.
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Re: Lutte Ouvrière

Messagede Nico37 » 06 Juin 2013, 01:16

Lutte ouvrière en fête avec « des camarades » d’Aulnay 03/06

La section locale de Lutte ouvrière a organisé hier, au Lerchenberg à Mulhouse, sa fête annuelle. Pour l’occasion, deux porte-parole des grévistes de PSA Aulnay étaient venus partager leur expérience.

Un cadre agréable, enfin le soleil : hier, c’était une bonne occasion « pour se retrouver tous ensemble » et parler de la lutte des classes et du problème des travailleurs. En tous les cas, ce 2 juin, c’est la date qu’avait fixée sur son calendrier la section locale du Lutte ouvrière, pour organiser au Lerchenberg à Mulhouse sa traditionnelle fête annuelle. Une fête ouverte aux militants, mais pas uniquement. « C’est une journée pour tout le monde, que l’on soit sympathisant avec nos idées ou que l’on ai simplement envie de discuter pour que les travailleurs aient leur propre programme, leurs propres revendications, remarque Nathalie Mulot, représentante locale aux côtés de Julien Wostyn. Ce ne sont pas les politiciens qui nous gouvernent, ce sont les grands groupes qui imposent leur volonté. »
Exposition sur le thème du « Marxisme et athéisme », vente de livres, discussions en tout genre, jeux pour enfants mais surtout la possibilité d’échanger avec Jean-Pierre Mercier et Salah Keltoumi, deux représentants syndicaux ouvriers de PSA Aulnay qui ont été très impliqués dans la grève qui s’est achevée il y a une quinzaine de jours.
« Jean-Pierre Mercier est un porte-parole national de cette grève, explique Nathalie Mulot. Et comme Peugeot est une entreprise qui a une aura dans notre secteur, cela s’est fait naturellement. »
Et ils étaient au final plus de 150 personnes à venir écouter l’histoire de cette grève, « décidée et gérée par les grévistes et tous les camarades, où l’étiquette syndicale importait peu. Il n’y a pas qu’à Aulnay où il y a de gros problèmes. Aujourd’hui, personne n’est à l’abri d’un licenciement » conclut Jean-Pierre Mercier. Tout le monde s’est finalement quitté en se disant qu’il fallait « poursuivre le combat. Vive la classe ouvrière ».
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Re: Lutte Ouvrière

Messagede Nico37 » 10 Juin 2013, 00:57

Certaines des bandes d’extrême droite qui s’agitent dans l’ombre du Front national prennent même leurs références chez Mussolini et Hitler. Nathalie ARTHAUD

Les régimes fascistes de Mussolini ou de Hitler, avant d’être des dictatures brutales qui détruisaient les organisations ouvrières et assassinaient les militants ouvriers, se disaient « national socialistes », ils dénonçaient « le capitalisme financier », ils prétendaient combattre le chômage et donner un travail à tout le monde. Sauf que leur monde à eux excluait les juifs, les tsiganes, les homosexuels, les noirs, et bien entendu, les communistes !

Même s’il reste pour le moment sur le terrain électoral, la perspective politique du Front national est un régime de ce genre.

Il n’y a pas encore en France de milices armées qui font leur loi sur la population, mais il y en a en Hongrie et en Grèce. Même en France, on peut déjà voir agir le matériau humain qui pourra les constituer. On les a vus, en marge des manifestations contre le mariage pour tous, s’en prendre aux homosexuels. Demain, ils pourraient s’en prendre aux Roms et aux travailleurs immigrés, comme en Grèce.

Quand le Pen s’attaque verbalement aux travailleurs immigrés, ce ne sont pour l’instant que des mots, mais demain son parti, ou d’autres de la même espèce, passeront aux actes. Ils commenceront peut-être par s’en prendre aux travailleurs sans papiers, mais ceux avec papiers suivront, et ensuite ce sera le tour de ceux, français, qui auront le défaut d’être syndiqués ou de gauche.

La perspective politique de l’extrême droite est de s’attaquer au mouvement ouvrier, de limiter ou d’interdire les grèves, d’éliminer toute conscience de classe et, à plus forte raison, toutes les idées communistes. Le Pen fait des appels du pied à l’électorat populaire et même aux chômeurs, aux salariés, mais elle creuse la tombe des classes exploitées.

Oui, une course de vitesse est engagée de fait entre les travailleurs conscients et l’extrême droite anti-ouvrière. Et il se peut que les travailleurs soient amenés à se battre sur le terrain politique en même temps qu’ils se battent pour défendre leurs conditions d’existence, leur emploi, leur salaire.

C’est en menant leurs luttes sur le terrain de classe que les travailleurs prendront conscience à quel point leurs intérêts matériels et leurs intérêts politiques sont intimement liés, et qu’ils apprendront à faire le tri entre leurs ennemis, leurs faux amis et leurs amis.

Les travailleurs deviendront une force politique capable de peser quand ils opposeront à « l’union nationale » et au poison de la « préférence nationale », la préférence de classe. Quand ils diront : les exploités d’abord ! Quand ils se battront pour les travailleurs d’abord ! Quand ils se battront pour leur emploi, pour leur salaire, et surtout pour le contrôle des exploités sur les entreprises, sur les banques, afin que les décisions économiques cessent d’être le monopole d’une minorité de riches parasites !
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Re: Lutte Ouvrière

Messagede Nico37 » 12 Juin 2013, 00:14

Non au racket gouvernemental et patronal sur les retraites Nathalie Arthaud 05/06

C’est reparti pour un nou­veau racket sur les retrai­tes. Les « solu­tions » pré­co­ni­sées par les experts du gou­ver­ne­ment sont déjà sur la table : baisse des pen­sions avec leur désin­dexa­tion, durée de coti­sa­tion rele­vée jusqu’à 44 ans, hausse de la CSG des retrai­tés, dimi­nu­tion des retrai­tes des fonc­tion­nai­res avec le calcul de leur pen­sion sur les 10 der­niè­res années…

On nous assène à nou­veau les mêmes men­son­ges et les mêmes pon­cifs sur « l’iné­ga­lité entre le public et le privé » et sur le fait que « nous vivons plus long­temps, il faut tra­vailler plus long­temps ». Mais l’égalité entre le privé et le public pour­rait tout aussi bien se faire par le haut ! Quant à l’allon­ge­ment de la durée de vie, il va de pair avec le pro­grès, qui aug­mente la pro­duc­ti­vité et les riches­ses dis­po­ni­bles. Si celles-ci n’allaient pas dans la poche d’une mino­rité pri­vi­lé­giée, elles pour­raient ali­men­ter la caisse de retraite.

Le gou­ver­ne­ment pré­tend étudier toutes les pistes sauf une : faire payer le grand patro­nat. Le Parti socia­liste reprend les mêmes argu­ments que la droite : il y aurait un gouf­fre des retrai­tes, un défi­cit insur­mon­ta­ble à com­bler d’urgence. Mais ce défi­cit sera de 20 mil­liards en 2020. 20 mil­liards, c’est le mon­tant du cadeau que le gou­ver­ne­ment a octroyé au grand patro­nat, chaque année.

Quand il s’agit d’arro­ser le patro­nat, ce n’est pas l’argent qui manque. Eh bien, cet argent doit servir aux retrai­tes !
Nico37
 
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Re: Lutte Ouvrière

Messagede Nico37 » 13 Juin 2013, 01:54

Fête de Lutte Ouvrière dans le Berry, Samedi 15 juin


et ce sera, comme les années précédentes, dans un cadre champêtre à 10 km au nord de Bourges, dans une ambiance fraternelle qu’il est bon de retrouver.


SAMEDI 15 JUIN de 14 h 30 à minuit
Salle des Fêtes (Foyer Rural)
Bois de Faitin, Route du Stade
18110 VIGNOUX SOUS LES AIX

C’est une occasion à saisir pour passer un après-midi en plein air et une soirée en salle avec musique, chansons, dégustations (hmmm, les gaufres de Liège...), jeux pour petits et grands (un accueil sera réservé pour les enfants).

Vous y trouverez des expositions :
- situation sociale et politique en France
- conditions de travail dans les entreprises et les services publics
- contre l’intervention impérialiste au Mali
- et des dessins humoristiques parus dans la presse
- et une vidéo retraçant les luttes contre la politique d’austérité en Espagne sera projetée.

La librairie vous proposera des romans sur la vie et les luttes des peuples. Il y aura aussi une présentation de livres sur les apports de la civilisation arabe du 8ème au 13ème siècle – et des romans relatant les conditions de vie et de travail en Afrique.

A 17 h, un débat : Opposer la force des travailleurs à la dictature du grand capital.

Un spectacle avec du jazz manouche : Gadjo Duo Plus.


A 19 h 30, l’allocution politique suivie d’un apéritif fraternel avant le repas qui réunira toute la fête autour d’un "Poulet à la sauce diable et sa garniture" (tout un programme !).

La carte d’entrée à la fête, au prix de 6 €, est en vente auprès des militants de Lutte Ouvrière (ou tout simplement à l’entrée de la fête).
Tous renseignements en appelant le 02 48 65 60 77.
Mail : cher@lutte-ouvriere-centre.org
Site internet de Lutte Ouvrière en région Centre : http://www.lutte-ouvriere-centre.org
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Re: Lutte Ouvrière

Messagede Nico37 » 13 Juin 2013, 23:25

Michelin : menteur, profiteur et licencieur Nathalie Arthaud 11/06

La mul­ti­na­tio­nale du pneu Michelin va sup­pri­mer 730 emplois dans son usine de Joué-lès-Tours, soit les trois quarts de l’effec­tif. Cette usine avait déjà connu un plan social en 2009, 340 des 1 300 emplois y avaient été sup­pri­més.

Michelin pré­texte la néces­sité de rester « com­pé­ti­tif », mais mieux vau­drait parler de rapa­cité. L’an der­nier, Michelin a fait 1,57 mil­liard d’euros de béné­fi­ces nets ! En 2011, c’était pareil. Quant au gou­ver­ne­ment – qui a, par la bouche du ridi­cule minis­tre Montebourg, jugé le « global posi­tif » –, sa soli­da­rité va, sans ambigüité, au patron de Michelin contre ses sala­riés.

Les sala­riés de Joué-lès-Tours se sont mis en grève hier lundi, pour défen­dre leur seul gagne-pain. Je suis entiè­re­ment soli­daire de leur combat. Les pro­fits actuels et passés de Michelin per­met­tent de main­te­nir le salaire de tous. Il faut impo­ser au patro­nat et au gou­ver­ne­ment com­plice l’inter­dic­tion des licen­cie­ments.
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Re: Lutte Ouvrière

Messagede mimosa rouge » 14 Juin 2013, 00:15

Je suis entiè­re­ment soli­daire de leur combat.


sm 25

elle est pas porte parole par hasard ? :gratte:
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Re: Lutte Ouvrière

Messagede Nico37 » 14 Juin 2013, 20:23

LE PROCHAIN CERCLE LÉON TROTSKY aura pour sujet : La Grèce dans la crise
VENDREDI 14 JUIN 2013 - 20H30 Théâtre de la Mutualité 24, rue Saint-Victor Paris 5e
Métro : Maubert-Mutualité - ligne 10 Participation aux frais : 3 euros
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Re: Lutte Ouvrière

Messagede Nico37 » 16 Juin 2013, 00:24

Les mobilisations contre Hollande et la nécessité d’une politique de classe Lutte de Classe N°152 mai-juin 2013

Le projet de loi sur le mariage pour tous et l’affaire Cahuzac ont joué, chacun à sa façon, le rôle de catalyseur pour les forces politiques qui veulent profiter du discrédit du gouvernement Hollande-Ayrault.
Le projet de loi sur le mariage pour tous a permis une mobilisation croissante de la droite et de l’extrême droite pendant toute la période de discussion au Parlement et même au-delà.
La mobilisation de la droite a été en quelque sorte dans la nature des choses. L’UMP, écartée du pouvoir, était désormais libre de rejeter sur le nouveau gouvernement socialiste les conséquences de la crise et de la politique gouvernementale, y compris de la sienne. Dans le petit jeu parlementaire, les rôles étaient inversés, et le balancier de l’alternance qui tient lieu de démocratie pouvait repartir dans l’autre sens et viser le retour de la droite au pouvoir.
La droite parlementaire, une fois dans l’opposition, avait cependant mis un certain temps avant de retrouver son allant. Elle était talonnée sur sa droite par le Front national qui a été le premier à profiter de la déconsidération croissante du gouvernement socialiste. Elle était également freinée par la zizanie aux sommets de l’UMP, en particulier par le duel entre Fillon et Copé pour la succession de Sarkozy.

La mobilisation de la droite et de l’extrême droite…

Le projet de loi sur le mariage pour tous, une des rares promesses que Hollande a choisi d’honorer – il n’affectait en rien les intérêts du grand capital et offrait en outre une diversion –, a fourni à la droite un terrain de mobilisation. Il avait l’avantage de raviver tout ce que la société compte de conservatismes, de préjugés et de sentiments réac­tion­naires. Le mouvement se prétend apolitique. Mais il ne l’est qu’à l’égard des différents partis ou chapelles de la droite et de l’extrême droite entre lesquels il entend ne pas choisir. Mais en même temps, la défense des « valeurs de la famille » et, accessoirement, la préservation de la filiation, si importante pour tous les possédants, grands et petits, ont constitué un terreau unificateur de l’ensemble de l’électorat de droite. La sauce a mis du temps à prendre, mais finalement, l’affaire a permis de mobiliser dans la rue, par vagues successives, des dizaines de milliers de vieux conservateurs et de jeunes réactionnaires.
Certains des leaders du mouvement ont parlé d’un « mai 1968 à droite ». Ce qui n’était pas tout à fait faux, dans le sens où les manifestations ont fait apparaître une nouvelle génération de petits bourgeois engagés à droite.
Mais si les participants du vrai Mai 68 s’étaient mobilisés à l’époque pour s’en prendre, ne serait-ce que verbalement, à l’ordre social, ceux qui ont manifesté en ce début 2013 l’ont fait au nom du conservatisme.
Le fait est qu’il y a eu une mobilisation et que les idées de droite ne se sont pas seulement exprimées dans les urnes, mais aussi dans la rue. Cette situation a redonné de la vigueur aux ténors de la droite parlementaire. Elle a permis plus encore aux différentes chapelles de l’extrême droite de rivaliser pour recruter, créer des fidélités et s’entraîner.
Il est bien difficile de mesurer le poids réel dans la mobilisation de toutes les chapelles, entre les bigots des réseaux catholiques traditionnels, les piliers de Saint-Nicolas du Chardonnet, des pétainistes surgis du fond des âges, des revenants du GUD ou de francs admirateurs du fascisme. Il est tout aussi difficile de faire le tri entre ceux qui sont au Front national et ceux, genre Bloc identitaire ou Printemps français, qui ne se revendiquent pas nécessairement de l’organisation lepéniste, voire la critiquent pour sa mollesse et son électoralisme. Sans parler de quelques généraux ou autres officiers supérieurs à la retraite…
Au milieu de petits bourgeois de droite venus manifester en famille, noyés parmi eux, de jeunes fils à papa découvraient l’engagement politique. Quelques-uns ont fait l’expérience d’une nuit dans une cellule de commissariat, voire ont reçu des coups de matraque auxquels ils n’étaient pas habitués. Certains d’entre eux ont pu être entraînés par les groupes d’extrême droite dans des actions du genre de la tentative de marche sur l’Élysée avec, à la clé, quelques bagarres avec les CRS. D’autres ont pu prendre part à des agressions contre des personnalités engagées du côté des homosexuels, comme l’essayiste Caroline Fourest.
La télévision a montré quelques jeunes spécimens de cette engeance, en extase après ces épisodes héroïques, bardés de l’assurance de leur bon droit et indignés que le gouvernement ne respecte pas leur avis, eux qui se prennent pour la voix de la volonté populaire !
C’est l’avenir et, plus précisément, l’évolution de la crise et sa gravité qui décideront si tous ces jeunes petits-bourgeois, mobilisés pour la première fois, auront pris goût à ce type de mobilisation et s’ils sont enclins à exercer leur science fraîchement acquise sur d’autres terrains, en s’en prenant physiquement à des homosexuels pour commencer, puis à des travailleurs immigrés ou à des Roms et, enfin, à tous ceux qui mettent en cause les « valeurs » qu’ils incarnent.
Marine Le Pen a observé une attitude prudente par rapport à ces manifestations et, à plus forte raison, par rapport aux groupes d’extrême droite qui se sont servis de celles-ci comme terrain d’entraînement. Cette prudence ne s’explique pas seulement par la volonté de « dédiaboliser » sa personne et son parti, c’est-à-dire en clair d’être assez présentable pour de futures alliances avec la droite parlementaire. Mais, pour élargir son électorat, Marine Le Pen fait aussi risette à l’électorat populaire. Elle reprend même à son compte des expressions susceptibles de plaire dans l’électorat populaire, d’autant plus que le PS au pouvoir les a reniées. Mais le noyau agissant de sa base électorale se prépare dans le chaudron du mouvement anti-mariage pour tous, jusques et y compris et surtout ses éléments les plus violents.
Voilà pourquoi d’ailleurs il faut que les militants révolutionnaires expliquent autour d’eux, à ceux qui parmi les exploités auraient tendance à prêter l’oreille au Front national et à son argument de n’avoir jamais été mouillé dans l’exercice du pouvoir, que derrière les sourires de Marine Le Pen et ses envolées en faveur des pauvres il y a tous ces gens-là. Le régime que prépare le Front national sera autoritaire, violemment antiouvrier, Sarkozy en pire. Même l’argument des lepénistes de n’avoir jamais été au pouvoir est un gros mensonge. Ni Marine Le Pen ni son père n’y ont été, mais des gens comme eux ont été au pouvoir entre les deux guerres un peu partout en Europe. Leurs références vont de Horthy et Pilsudski ou, plus récemment, de Salazar aux colonels grecs en passant par Franco. Et, pour certaines composantes des bandes d’extrême droite, les références vont jusqu’à Mussolini et Hitler.
Ces gens-là n’attaquent aujourd’hui, et seulement verbalement, que les travailleurs immigrés, surtout ceux qui sont dans la situation la plus fragile, les sans-papiers. C’est déjà s’en prendre à la classe ouvrière. Mais les autres suivront. La perspective politique de l’extrême droite est de s’attaquer au mouvement ouvrier, de limiter ou d’interdire les grèves, d’éliminer toute conscience de classe et, à plus forte raison, toutes les idées communistes. Tenter de domestiquer la classe ouvrière à coups de matraque afin de la livrer, plus encore qu’aujourd’hui, au grand capital et à l’exploitation.
L’extrême droite est la pire ennemie de la classe ouvrière, non seulement en raison des idées réactionnaires et du racisme qu’elle véhicule aujourd’hui, mais aussi et plus encore en raison des perspectives politiques qu’elle représente.

… et celle des déçus de Hollande

Quant à l’affaire Cahuzac, si l’extrême droite et notamment le Front national s’en sont évidemment emparés pour répéter le refrain du « tous pourris » et pour dénoncer l’État « UMPS », Mélenchon, de son côté, a pris l’initiative d’annoncer une manifestation pour le 5 mai. Ce faisant, il a tout l’air d’avoir pris de court ses partenaires du PCF, qui ont repris à leur compte le projet et ont probablement plus contribué à son succès que les maigres troupes du Parti de gauche de Mélenchon.
Associés au sein du Front de gauche, Mélenchon et la direction du PCF ont fondamentalement la même politique et la même préoccupation d’attirer les « déçus du socialisme ». Mais ils n’ont pas la même stratégie électorale.
La stratégie de Mélenchon est guidée par sa carrière. Il se pose en rival de Hollande et a intérêt à creuser, du haut de son verbe « cru et dru », l’opposition avec la direction du PS.
Le PCF, lui, tient à préserver les positions dans les niveaux intermédiaires de l’État (municipalités, conseils généraux, etc.) qu’il occupe, en général, en alliance avec le PS.
La direction du PCF n’a pas envie de tirer les marrons du feu pour le seul Mélenchon. D’autant moins que ce sont ses militants qui font le gros du travail. Derrière leur unité affichée pendant la préparation de la manifestation du 5 mai, apparaissait en filigrane leur différence d’intérêts. Tout en se ralliant à l’appel de Mélenchon pour le 5 mai, le Conseil national du PCF du 13 avril en a fait aussitôt une simple étape « d’un vaste débat populaire qui convergera le 16 juin vers des assises nationales pour une refondation sociale et démocratique de la République. Le PCF entend contribuer, en lien avec les mobilisations en cours, au succès des manifestations du 1er mai et à la marche du 5 mai contre l’austérité et pour la 6e République » (L’Humanité du 13 avril 2013). Et, pour mettre les points sur les « i », Marie-Pierre Vieu, membre de l’exécutif du PCF, a expliqué au même moment dans les colonnes de L’Humanité que, « pour changer aujourd’hui, on ne peut pas faire l’impasse sur la création d’une majorité, et cette majorité, elle est d’abord issue de ceux qui, l’année dernière, ont décidé de battre Sarkozy » (L’Humanité du 13 avril). Le PS y compris, donc !
Dans le curieux « je t’aime moi non plus » entre les dirigeants du PCF et Mélenchon, qui a dominé les quelque trois semaines qui ont séparé l’appel de la manifestation, le discours du secrétaire du PCF, Pierre Laurent, a marqué le ton : « Ne venez pas les bras ballants, ni pour acclamer les leaders du Front de gauche, venez-y avec vos idées, vos pancartes, vos mots d’ordre. (…) Le 5 mai n’est pas une manifestation pour tout balayer, c’est une manifestation pour franchir un pas décisif dans la construction d’une nouvelle politique de gauche. »
La jonglerie verbale de la direction du PCF vise tout à la fois à tirer profit du discrédit du PS mais sans rompre la possibilité d’une alliance avec lui. Une préoccupation que ne partage pas Mélenchon. Encore que… En bon démagogue, ce dernier est capable de dire tout et son contraire : dire pis que pendre de la majorité socialiste et se mettre en avant pour postuler au rôle de Premier ministre à la tête de cette même majorité !
Le PCF reproduit, en plus dérisoire, la politique qui était la sienne naguère à l’égard de Mitterrand, lorsqu’il a fait de cet homme politique de la bourgeoisie, blanchi sous le harnais, le chef de la gauche et un espoir pour les exploités. Cette politique, qui a été catastrophique pour les travailleurs et pour lui-même, se répète aujourd’hui – pour paraphraser une expression célèbre – sous forme de farce.
La manifestation du 5 mai a été un succès relatif. L’Humanité du lendemain pouvait titrer à la une : « La gauche en marche ». Les chaînes de télévision ont passé en boucle le spectacle de Mélenchon juché sur une tribune, écharpe rouge et œillet de même couleur à la boutonnière, flanqué de Pierre Laurent et d’Eva Joly. Mais la manifestation a mobilisé surtout le milieu militant de la gauche réformiste, les déçus du socialisme en tout genre, sans avoir vraiment touché le monde ouvrier.
Dans la forme comme dans le fond, la manifestation a reproduit la « prise de la Bastille » par Mélenchon, le 18 mars 2012, avant l’élection présidentielle. À ceci près que, dans les motivations des manifestants, la déception montant contre Hollande a pris la place du rejet de Sarkozy. En 2012, les envolées démagogiques sur la « révolution citoyenne » et la « prise de pouvoir par le peuple » se sont conclues par l’élection de Hollande. Même si les chances de Mélenchon d’accéder au pouvoir sont aujourd’hui bien plus faibles que celles de Hollande à la veille de la présidentielle de 2012, l’escroquerie est la même. Aux illusions vite perdues à l’égard de Hollande, l’opération contribue à substituer les illusions à l’égard de Mélenchon.
Le PCF n’est pas le seul à apporter son soutien, hypocritement critique, à Mélenchon. Obéissant à une sorte de réflexe congénital, le NPA en a fait autant. Oh, bien sûr, en exprimant ses réserves un peu plus fortement que le PCF, mais en joignant quand même sa petite voix au chœur mélenchoniste !
Les réserves elles-mêmes exprimées par le NPA éclairent ses conceptions politiques. Son communiqué du 16 avril s’en prend au fait que « Jean-Luc Mélenchon et le Front de gauche ont pris unilatéralement l’initiative d’appeler à manifester le 5 mai pour une 6e République. Nous ne partageons ni cette façon de faire ni son objectif, mais nous voulons contribuer au plus large rassemblement possible pour mettre en échec la politique du gouvernement et défendre la perspective d’une démocratie réelle, par en bas, qui mette les financiers et leurs amis politiciens hors d’état de nuire. »
Dans la bouche des dirigeants du PCF, le reproche fait à Mélenchon de prendre « unilatéralement » l’initiative de la manifestation était déjà assez dérisoire, tant c’est la direction du PCF qui a fait le choix de mettre ses militants au service de l’ambition personnelle de Mélenchon. Mais, venant du NPA, c’est tout simplement ridicule.
Et, surtout, prétendre qu’il était possible, dans le cadre d’une manifestation pour la 6e République et derrière l’écharpe rouge de Mélenchon, de contribuer à« défendre la perspective d’une démocratie réelle, par en bas, qui mette les financiers et leurs amis politiciens hors d’état de nuire » est d’un réformisme affirmé et une façon, même pas honteuse, de coller aux basques de Mélenchon.
Mais en quoi cette politique est-elle différente de celle du PCF ?
À en juger par certains articles parus dans la publication du NPA, Tout est à nous, cette position provoque un certain malaise, même au sein du noyau dirigeant du NPA.
Mais ceux-là mêmes qui s’en prennent plus clairement à Mélenchon le font en se posant cette grave question : « Mélenchon a-t-il pété les plombs ? » (Tout est à nous du 2 mai 2013). Et de s’étonner que Mélenchon pose sa candidature au poste de Premier ministre, sous l’autorité du même Hollande qu’il passe son temps à critiquer et à la tête de la même majorité du PS qui soutient aujourd’hui Ayrault. Et de s’étonner, à propos de Mélenchon, de la contradiction : « Comment expliquer que l’on veut une 6e République tout en voulant être le Premier ministre d’une 5e République dominée par la toute-puissance du président ? »

Comment, en effet ?

Mais c’est critiquer Mélenchon en se plaçant sur le même terrain que lui, celui d’un politicien engagé dans une opération politique dans le cadre, non seulement du système économique tel qu’il est, c’est-à-dire dominé par la bourgeoisie et le grand capital, mais en même temps dans le cadre du système politique de la 5e République.
Le NPA n’est pas le seul à évoquer la nécessité d’une « alternative politique » pour justifier l’alignement derrière Mélenchon.
Mais tous ceux qui brandissent cette nécessité, pour justifier leur alignement derrière Mélenchon, affirment implicitement que la seule alternative aux deux camps de la droite et de la gauche qui se relaient au pouvoir est à trouver dans le sérail du monde politique bourgeois. C’est-à-dire parmi les forces politiques qui, quels que soient leur langage ou leur démagogie, se situent sur le terrain de l’organisation capitaliste de la société.
Ce n’est pas notre cas. Oh, il est incontestable que la classe ouvrière de ce pays n’est pas aujourd’hui en situation de constituer une alternative aux différentes forces politiques en compétition pour servir le pouvoir de la bourgeoisie ! Mais le rôle des communistes révolutionnaires n’est pas de substituer à l’intervention politique de la classe ouvrière des illusions en faveur du dernier en date des démagogues qui passe.
Leur rôle est de militer pour que la classe ouvrière prenne conscience de sa capacité à se constituer en force politique pour contester le pouvoir de la bourgeoisie, dans la perspective de la renverser au profit de son propre pouvoir.
Leur rôle est d’expliquer que « la perspective d’une démocratie réelle par en bas » est impossible dans le cadre de la société où une classe privilégiée monopolise les richesses et les moyens de les produire. Aucune combinaison politique, fût-ce au nom de la gauche de la gauche et même de l’« anticapitalisme », ne remplace la lutte de la classe ouvrière contre la bourgeoisie.
Affirmer cela amène un des rédacteurs de Tout est à nous à nous asséner que « la dénonciation et l’abstention ne font pas une politique ». Oh, que si ! C’est une prise de position politique à l’égard des marchands d’illusions, et ce n’est pas une abstention.
Nous nous ferons une raison de l’accusation d’apolitisme, plutôt que de participer à une énième opération politique qui ne fait que retarder la prise de conscience du prolétariat, de ses tâches politiques et de ses capacités à les accomplir. L’alternative politique aux différentes variantes du pouvoir de la bourgeoisie sera ce que les travailleurs en feront.
Quant à espérer que l’on puisse transformer le mouvement qui se dessine derrière Mélenchon en un mouvement anticapitaliste, c’est doublement stupide. Ça l’est d’abord du fait même de la faiblesse des forces politiques qui, à l’instar du NPA, se bercent de l’illusion de pouvoir pousser Mélenchon vers des positions révolutionnaires. Mais ça l’est bien plus fondamentalement parce que ce mouvement, celui des déçus du socialisme, même s’il attire dans ses rangs des militants du PCF, y compris quelques-uns issus du mouvement ouvrier, ne touche pas la classe ouvrière elle-même.
L’électorat que vise Mélenchon – et le mot « électorat » est le seul approprié car il s’agit d’une opération purement électorale –, c’est la base électorale traditionnelle du PS. C’est un électorat largement petit-bourgeois. Si Mélenchon a du crédit auprès de cet électorat, c’est parce qu’il lui ressemble, aussi bien par ses invectives purement verbales que par le même profond désintérêt à l’égard du monde du travail, de ses véritables problèmes, de ses préoccupations, de sa vie et, surtout, de la perspective qu’il est le seul à pouvoir incarner. Il lui ressemble par le refus de la lutte des classes, par l’effroi, social, devant celle que le prolétariat devra mener pour s’émanciper.

Alors, il y a en effet une différence fondamentale entre le NPA et Lutte Ouvrière.
La seule perspective que nous entendons incarner, c’est celle du renversement de l’organisation capitaliste de la société, l’expropriation de la bourgeoisie, par la lutte poussée jusqu’au bout de la seule classe capable de les réaliser : la classe ouvrière. Elle a changé de composition au fil des décennies passées, elle s’est diversifiée, mais elle reste soumise, comme au temps de Marx ou de Lénine, à l’esclavage salarial. Elle reste la seule qui a la possibilité de renverser l’ordre social.
Être communiste révolutionnaire implique une position dans une multitude de domaines de la vie politique et sociale. Mais c’est, avant tout, avoir la volonté de lier son destin politique à celui de la classe ouvrière ; même et surtout lorsque celle-ci est dépolitisée, asphyxiée par le climat délétère de la crise économique et découragée par les trahisons des partis qui se revendiquaient d’elle ; même lorsque parler de lutte de classe, c’est aller à contre-courant.
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Re: Lutte Ouvrière

Messagede Nico37 » 16 Juin 2013, 22:45

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Re: Lutte Ouvrière

Messagede Nico37 » 18 Juin 2013, 16:53

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Re: Lutte Ouvrière

Messagede luco » 19 Juin 2013, 21:50

Jolie affiche qui n'est ni l'expression de mots d'ordres révolutionnaires, ni de revendications transitoires, mais simplement d'un programme d'urgence... qui dure depuis environ 80 ans.

Programme de défense du salariat et des salaires. Donc de ceux qui emploient et qui payent les salaires.

Un réformisme social-démocrate à poils courts.

Pour le public : du réformisme à deux balles.

En interne : un marxisme académique qui explique la nécessité du renversement violent de la bourgeoisie et du capitalisme.

Entre les deux : un petit appareil de scientifiques de la révolution qui distribue des feuilles de boîte et colle des affiches électorales.

Une église en devenir, avec ses secrets, ses rites initiatiques, et sa hiérarchie ecclésiale.

Ou plus prosaïquement, une bureaucratie en herbe.

2013 et on en est encore là, en deçà des écrits séminaux de Socialisme ou Barbarie.

Misère du léninisme sénile.

Mais comme ils le disent eux-mêmes :

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Re: Lutte Ouvrière

Messagede Blackwater » 19 Juin 2013, 23:03

Pour avoir passé quasi 1 an dans les rangs de LO, je te rejoins sur toute la ligne...
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