Parti de Gauche - Front de gauche (2012)

Re: nouveau "Parti de Gauche"

Messagede Nico37 » 07 Juil 2012, 12:27

René Balme a quitté le Parti de gauche par René Balme CABINET DU MAIRE Aux instances départementales et nationales du Parti de Gauche.

Objet : Mise en congé du PG

Grigny, le 18 juin 2012
Camarades,

C’est une décision douloureuse que je suis amené à prendre aujourd’hui. Je la prends après une très longue réflexion et de multiples discussions que j’ai pu avoir avec mes camarades de Grigny et de nombreux amis du Front de Gauche.
Je n’ai rien voulu faire avant que le deuxième tour des élections législatives soit terminé pour ne pas ajouter de la confusion dans une campagne particulièrement détestable.
Je me mets en congé du Parti de Gauche.
Je le fais car j’estime que j’ai été trahi par les instances nationales du PG qui ont laissé planer le doute - et l’ont alimenté sur les antennes - sur ma droiture, ma probité, mon engagement au service de l’être humain et les valeurs que je porte depuis plus de 40 ans. Ces valeurs sont vérifiables, pour peu qu’on veuille se donner la peine de suivre mon parcours politique et syndical. Dans le contexte électoral, cela est d’autant plus inadmissible. Le PG a usé d’arguments et d’une stratégie qui reflètent une irresponsabilité politique que je n’autorise plus, convaincu que le temps de notre société doit passer à l’heure de la révolte réfléchie et constructive pour l’être humain.
Les accusations portées contre moi par Rue89 et reprises en boucle par la presse nationale n’ont eu pour écho à la direction nationale du PG que des : « on ne savait pas... », « on va étudier », « on ne connait pas plus que ça cet élu... », « on va mener une enquête... », etc.
A aucun moment, alors que tout le monde avait compris que l’attaque qui était portée contre moi était politique et destinée à me discréditer, ainsi que le PG et lancer un pavé dans la campagne des législatives, la direction nationale n’a fait preuve de courage politique en affichant son soutien à mon égard.
D’autres l’ont fait et je les remercie. D’autres ont eu ce courage là et ont affirmé haut et fort que les accusations portées contre moi ne me concernaient pas. Qu’elles s’inscrivaient dans le cadre d’une campagne politicienne destinée à me nuire. Parmi ceux-là, il y eut de nombreux militants de base du PG, des responsables des composantes politiques du PG, des responsables politiques du PCF, des intellectuels, etc. Enfin, des femmes et des hommes qui me connaissent depuis des décennies et qui savent qui je suis.
Ce ne sont pas les attaques de la presse obscurantiste et aux ordres des puissances de l’argent qui m’ont blessées, mais le doute qui a été entretenu par la direction nationale du PG pendant toute la durée de cette affaire.
Quand on se réclame de la révolution citoyenne et que l’on pointe du doigt le comportement des médias aux ordres de la pensée unique, il faut être révolutionnaire jusqu’au bout et avoir le courage de dire les choses et d’affirmer son soutien inconditionnel à un élu qui, pendant plus de 40 ans, a milité pour un véritable changement de société, qui a toujours affirmé son combat contre l’antisémitisme, pour l’amitié entre les peuples et pour le droit des peuples à décider de leur avenir.
Le concept révolutionnaire doit être porté dans tous les actes de la vie quotidienne et dans chaque engagement et prise de position, surtout lorsque l’on est un élu du peuple. Il faut passer de la théorie aux actes : c’est ce que je fais quotidiennement. Et c’est pour cela que l’on m’attaque avec une telle violence.
Mon soutien aux révolutions d’Amérique Latine, mon soutien au peuple palestinien, mon combat contre le sionisme ; mon travail quotidien pour placer l’homme au centre de toutes les décisions municipales depuis 20 ans que j’ai été élu maire de Grigny ; mes combats, avec de nombreux intellectuels pour la désobéissance civile, contre les OGM, pour la décroissance, contre les expulsions locatives sont des combats justes et qui démontrent, s’il le fallait, que les accusations portées contre moi n’étaient pas fondées.
Le Parti de gauche m’était apparu comme une formation inespérée dans la mélasse dans laquelle s’engluait la gauche. Je suis déçu, pour le moins, de constater qu’il la rejoint et l’alimente. Les vieilles recettes politiques dénoncées par Chomsky et autres professionnels ou militants juristes, écrivains, philosophes, historiens, documentaristes, sociologues, producteurs, sont encore au menu. Mon ami Paul Ariès vient d’éditer un ouvrage intitulé « Le socialisme gourmand » dont je vous recommande la lecture et sur lequel je vous recommande une haute réflexion. Je ne saurais que trop vous exhorter à ouvrir vos appétences en faveur de la noble politique dont l’être humain a urgemment besoin, au lieu de lorgner les parts de gâteau.
Je pars. Je vais poursuivre le combat aux côtés du Front de Gauche, auprès de celles et de ceux qui luttent au quotidien. Je vais poursuivre avec eux ce travail d’éducation populaire qui permettra au peuple de mieux se situer dans son environnement.
Nous allons préparer, avec l’ensemble des forces vives de la commune, la campagne électorale de 2014 et faire en sorte que Grigny, cette ville d’histoires, de résistances et de cultures, affirme son ancrage à gauche. Nous le ferons pour l’être humain, dans la poursuite de l’action que nous menons depuis 1977. Notre démarche de démocratie participative - unique en France et pas assez reconnue à sa juste valeur révolutionnaire - nous y aidera.
Nous allons, aussi, réfléchir, avec les forces de gauche au niveau local, à la mise en œuvre d’une stratégie qui, plaçant l’être humain au centre des décisions, nous permettra d’aller à la reconquête d’un électorat perdu et passablement perturbé par les stratégies d’appareil qui ont eu pour conséquence de nous faire perdre la 11ème circonscription, alors même qu’elle était gagnable. Ce cadeau fait à la droite et à l’extrême droite, même si le PG n’est pas tout à fait coupable - encore que, la stratégie nationale qui a fait le choix de tout miser sur Hénin-Beaumont peut surprendre - raisonnera longtemps dans les esprits libres, conquérants et révolutionnaires que nous prétendons être.

Fraternellement. René Balme Maire de Grigny


Mercredi 4 Juillet 2012 Secrétariat National du Parti de Gauche

« Le Parti de gauche (PG) prend acte de la démission de René Balme. Cette décision personnelle ne permet plus néanmoins qu’une discussion ouverte et mutuellement argumentée se mette en place avec lui dans le but d’œuvrer à une clarification nécessaire, suite aux faits avancés et commentés dans l’article publié le 30 mai 2012 par le site Rue89 « Législatives : une tache rouge-brune dans la campagne du Front de Gauche ». Et ce, dans le cadre statutaire de notre parti.

Nous le regrettons.

Toutefois, nous souhaitons à cette occasion réaffirmer un certain nombre de principes fondamentaux pour le PG:

La lutte contre le racisme et l’antisémitisme est évidemment au cœur de nos valeurs et de l’identité de notre parti.

A ce titre, il est nécessaire que tous les adhérents du PG, a fortiori ceux qui peuvent être amenés à parler en son nom ou le représenter, soient particulièrement attentifs aux documents et aux textes dont ils font la promotion. Et ce, dans le cadre de leurs activités dans le parti ou dans d’autres espaces militants. Nous tenons ainsi à réaffirmer qu’en aucun cas, il n’est concevable que des militants, de surcroît des responsables ou toute personne se prévalant de son appartenance à notre parti dans la vie publique, puissent participer, directement ou indirectement, à ouvrir des espaces publics aux promoteurs d’idées racistes, antisémites ou négationnistes.

En effet, pour ne pas banaliser ce type de parole, il importe de condamner avec la plus grande fermeté ceux qui la véhiculent. A ce titre, des individus comme Dieudonné, Alain Soral ou Paul-Eric Blanrue sont connus pour multiplier publiquement depuis longtemps les déclarations antisémites ou promouvoir des historiens négationnistes comme Robert Faurisson. Ils sont d’ailleurs chacun des adversaires déclarés du PG et du Front de Gauche qu’ils méprisent d’ailleurs régulièrement dans leurs publications ou leurs sites. De même, nous ne partageons en rien les théories « complotistes » d’individus comme Thierry Meyssan. Et même, nous les condamnons.

Cette vigilance collective est d’autant plus nécessaire que nombre de nos adversaires, dans l’arène politique, intellectuelle et médiatique, oeuvrent régulièrement pour tenter de décrédibiliser « l’autre gauche » en l’assimilant scandaleusement à l’antisémitisme et aux courants « rouges-bruns ».

L’offensive de la droite contre Jean-Luc Mélenchon sur ce thème au lendemain de l’élection présidentielle en a constitué une nouvelle démonstration.
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Re: nouveau "Parti de Gauche"

Messagede Nico37 » 08 Juil 2012, 18:47

Construire, ouvrir, renforcer le Front de Gauche

« Il est urgent d’accueillir aux côtés des partis constitutifs du Front de gauche tous ceux qui souhaitent être partie prenante de la construction de ce grand mouvement populaire. » Par Janette Habel, Pierre Khalfa et Evelyne Sire-Marin, membres du Conseil national de campagne du Front de gauche.

Nous avons participé avec enthousiasme à la campagne du Front de gauche, sans être militants d’aucun des partis qui le composent et nous voulons prolonger ce combat, alors que la défaite de Nicolas Sarkozy ouvre une nouvelle période politique. Par son mode bonapartiste de gouvernement, sa course effrénée derrière le Front national, sa volonté de remettre en cause les fondements même des compromis sociaux issus de la seconde guerre mondiale, le Président sortant représentait un danger pour la démocratie. Mais la victoire de François Hollande, si elle ouvre bien des perspectives nouvelles, est loin de permettre de résoudre les problèmes que cette élection a mis en évidence, alors que le fort pourcentage de Marine Le Pen montre qu’une partie de l’électorat populaire croit trouver dans la xénophobie du Front national une solution à ses problèmes sociaux et à ses angoisses.

« L’austérité peut ne plus être une fatalité », a dit François Hollande le soir de son élection. Si l’on doit lui donner acte de cette affirmation, il faut cependant se rappeler que le programme du nouveau Président reste entaché par les dogmes du néolibéralisme qui ont partout mené à la catastrophe. Ainsi en est-il de sa volonté d’arriver à un équilibre budgétaire en 2017, qui l’obligera à couper massivement dans les dépenses publiques si la réforme de la fiscalité se révèle être a minima. Vouloir à tout prix réduire les déficits publics en période de stagnation économique n’aura pour effet paradoxal que de les accroître. Pourquoi d’ailleurs vouloir renégocier le Pacte budgétaire Merkel-Sarkozy si c’est pour en appliquer la principale disposition, l’exigence de l’équilibre budgétaire ? Et pourquoi ne pas soumettre ce traité à un référendum ?

Le programme défendu par le Front de gauche avait l’ambition de répondre à un enjeu majeur, celui de sortir la France de l’emprise des marchés financiers pour amorcer un nouveau mode de développement fondé sur la satisfaction des besoins sociaux, la réduction des inégalités et le respect des impératifs écologiques. La dynamique populaire qui s’est manifestée durant sa campagne a été le signe que ce programme de lutte contre les politiques néolibérales entrait en résonance avec des préoccupations profondes de nos concitoyens. Donné à moins de 5 % au début de la campagne électorale, Jean-Luc Mélenchon termine à plus de 11 % des suffrages malgré l’intense pression du vote utile. Pour celles et ceux qui veulent, à gauche, transformer la société, une nouvelle force politique a émergé qui peut avoir comme ambition de devenir majoritaire à gauche dans l’avenir. Il importe que les élections législatives à venir confirment et amplifient ce mouvement.

Deux questions doivent être cependant traitées pour que le processus prometteur de la campagne présidentielle ne s’enlise pas. La première concerne le rapport au gouvernement et l’orientation politique future du Front de gauche. Le Front de gauche doit clairement indiquer qu’il a vocation à gouverner et qu’il n’est pas simplement une force de protestation. Il doit cependant se poser la question de savoir si, eu égard au programme du Président et du rapport de forces qui est sorti des élections, la présence de ministres issus de son sein peut l’infléchir significativement. En l’état actuel, le Front de gauche ne peut participer au gouvernement. Il doit garder toute son indépendance.

Politique d’austérité ou politique de priorité à l’emploi et au partage des richesses ? Le budget 2013 sera décisif pour en juger. Mais la réponse dépendra aussi de notre propre capacité à faire prévaloir les solutions dont nous sommes porteurs. Le Front de gauche devra peser sur les orientations du gouvernement en s’appuyant sur les mobilisations sociales. Mais en tout état de cause il devra refuser un budget d’austérité. En revanche il devra soutenir toute mesure permettant de libérer le pays de l’emprise des marchés financiers, de contribuer à la transition écologique, de promouvoir les droits, l’égalité entre les hommes et les femmes, de renforcer les services publics et d’améliorer les rapports de forces des salariés vis-à-vis du patronat.

La seconde question concerne la structuration du Front de gauche, qui doit dépasser sa forme actuelle de cartel électoral car il a su créer une dynamique de rassemblement, au delà des partis qui l’ont fondé. Non seulement, il regroupe en son sein, fait historique à gauche, des organisations très diverses par leur histoire et leur culture politique, mais il a été capable d’attirer dans la campagne électorale des milliers de personnes qui n’appartiennent à aucune de ses composantes, comme c’est le cas des signataires de cette tribune. Il importe de conforter cette double dynamique. Il faut donc permettre l’adhésion individuelle directe au Front de gauche, pour faire vivre et grandir l’espérance citoyenne qu’il a fait naître.

Nous proposons donc dans un premier temps de transformer les « assemblées citoyennes » et les différents regroupements qui ont participé à la campagne en comités du Front de gauche, regroupant les adhérents des organisations et les non encartés. Il est urgent d’accueillir aux côtés des partis constitutifs du Front de gauche tous ceux qui souhaitent être partie prenante de la construction de ce grand mouvement populaire. Il faudra ensuite réfléchir sur leur représentation au niveau national. Au-delà, dès cet été, il faut organiser une initiative politique commune à toutes les composantes du Front de gauche pour tirer les leçons de son expérience unitaire et pour penser son avenir.
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Re: nouveau "Parti de Gauche"

Messagede Nico37 » 11 Juil 2012, 01:50

L’intervention d’Alexis Corbière (PG) au Conseil de Paris à propos du « Métronome » le livre de Lorant Deutsch...

Le débat à propos de mon vœu sur le livre de Lorant Deutsch a eu lieu cet après-midi au Conseil de Paris. Que les Fédérations FN, le Bloc Identitaire, les sites catholiques intégristes qui avaient pris publiquement la défense de M. Deutsch (certains même en proposant une pétition à signer !) et les quelques dingues qui m’envoient des messages menaçants via mon blog, se rassurent, mon vœu a été rejeté à la fois par les élus UMP, Nouveau Centre et Modem, mais aussi par les élus socialistes et Europe Ecologie – Les Verts. Tous unis contre les élus Front de Gauche en défense de M. Deutsch ! Bravo.
Je dois l’avouer, ce débat d’une quinzaine de minutes n’a pas été un moment de grande dignité intellectuelle et politique. Je regrette par exemple qu’en guise de réponse argumentée à mes remarques, l’adjointe au Maire de Paris, Mme Danielle Pourtaud, ait fait une intervention pour l’essentiel hors sujet. Je regrette aussi que la droite m’ait insulté, ridiculisé, comparé à un censeur et un adorateur de régime totalitaire. Cette façon grotesque de caricaturer mes propos n’honore pas ses différents auteurs.
Une heure avant, sur l’antenne de RMC, dans l’émission d’Eric Brunet, M. Deutsch a eu aussi des propos moqueurs et mêmes blessants à mon attention ainsi que celle des historiens qui, comme moi, critiquent son ouvrage. Je vois bien la stratégie qu’utilise M. Deutsch. Il veut mettre en place le paysage médiatique suivant. Je suis un sectaire stalinien, une brute épaisse qui veut interdire, sans doute par folie ou jalousie, lui est un sympathique personnage passionné d’histoire, qui veut seulement faire partager sa passion à ses concitoyens. Et pour preuve ultime, les historiens qui partagent mes critiques ne sont que des simples « étudiants » en mal de reconnaissance.
Jusque-là, malgré les désaccords avec son ouvrage, je dois avouer que je trouvais M. Deutsch plutôt sympathique. Je dois dire à présent que dans sa façon de me répondre, je découvre un personnage curieusement méprisant, jouant au faux naïf, et qui a bien du mal à supporter la critique le concernant. Réagirait-il de la même façon si un critique de cinéma ou de théâtre venait à écrire un article négatif sur ses prestations professionnelles ? Le traiterait-il de « stalinien du cinéma » ou « d’étudiant en critique de théâtre » en mal de reconnaissance qui veut se faire de la publicité sur son succès ? Tout cela n’est donc pas très sérieux. D’autant que M. Deutsch a finalement le droit de considérer ma critique comme n’étant pas à sa hauteur, mais que pense-t-il de celle écrite il y a plus d’un mois par M. Pierre Assouline, (à lire ici) journaliste reconnu et membre du comité de rédaction de la revue Histoire, n’ayant rien à voir avec le Front de Gauche ? J’ai bien compris qu’il veut utiliser mon engagement politique assumé et public comme épouvantail, afin de dire en quelque sorte à ceux qui écoutent : « tout cela n’est qu’un règlement politique de gens intolérants. Concernant l'Histoire, vous avez le choix entre un héritier de Joseph Staline d'un côté et un truculent acteur bondissant de l'autre... ». Pas mal, bien joué Lorant. Mais, manque de bol pour lui, il existe des historiens qui sont choqués par sa méthode de travail, par ses sources approximatives et discutables, par ses postulats idéologiques et religieux omniprésents. Il en est aussi qui vont le défendre sans doute. J'entends parler de Stéphane Courtois qui semble prêt à monter au créneau, mais cet historien est connu pour son anticommunisme virulent. Avoir pour soutien Courtois, c'est une signature politique.
Malgré ces différentes railleries qui me ciblent, je continue de penser que « Le Métronome » ne doit pas être considéré, notamment dans les écoles publiques, comme un ouvrage de référence sur l’histoire de Paris. N’en déplaise à M. Deutsch, je le dis sans détours et presque avec tristesse : il ne le mérite pas. Il peut même être dangereux pour certains enfants s’ils le lisent sans recul. Car c’est surtout une histoire « deutschisée », pétrie d’erreurs et de légendes puisées dans les convictions religieuses de son auteur, et il n’a pas à être promue par la Ville et le service public.
Bien entendu, M. Lorant Deutsch doit pouvoir écrire et s’exprimer comme il l’entend. Il n’a jamais été question de le censurer ou de l’interdire. Pourquoi d'ailleurs me faire ce faux procès ? Par contre, lui et ses soutiens doivent aussi accepter que l’on fasse entendre une voix critique dissonante. Il a tellement été louangé pendant des mois et des mois que cela le surprend, mais ainsi est la vie. Je suis sidéré de constater que dans cette affaire c’est moi que l’on veut faire passer pour un censeur autocrate, alors que ceux qui me font ce reproche ont des moyens financiers de promotion sans commune mesure avec les miens. Triste époque.
Je diffuserai très vite sur ce blog la vidéo de ce débat. Chacun pourra apprécier la « qualité » des arguments qui m’ont été avancé. Je ne veux pour l’heure surtout pas les déformer. Ils parleront d’eux-mêmes. La droite a réclamé franchement cet après-midi en séance à que la Ville continue la promotion du « Métronome ». Les bras m’en tombent.
Pour l’heure, je retranscris en intégralité le texte de mon intervention, en rappelant que j’avais droit à une simple minute pour m’exprimer !

« Mes chers collègues,
Je ne ferai pas la liste de toutes les erreurs et affabulations que contient l’ouvrage, de M. Lorant Deutsch, « Le Métronome ».
Inventions pures et simples, mauvaises interprétations très discutables, légendes et mythes racontés sans aucune mise à distance… je pourrai y passer l’après-midi.
Je veux parler par contre de la façon dont se transmet l’Histoire et de la liberté d’expression.
Le succès du livre de M. Deutsch est le symptôme de deux choses contradictoires. D’abord, il traduit une soif de connaissance de l’Histoire de la Ville. C’est évidemment une bonne chose.
Mais, il est regrettable qu’ici, cela aille de pair avec une vision de l’Histoire approximative, fumeuse, ayant pour « parti pris » une nostalgie assumée de l’Ancien régime, totalement déformée par les convictions spirituelles de l’auteur qui rapporte, parfois durant des pages entières, sans aucune mise en garde ni recul, des légendes pures et simples, inventées et colportées depuis des siècles.
Nous voulons mettre en garde contre cette histoire écrite par les nouveaux camelots du Roi qui squattent les plateaux TV, qui n’est en réalité que « camelote des Rois ». Oui à l’Histoire, non au catéchisme d’Ancien régime.
Nous serions des censeurs ? Mais, il va de soi que M. Deutsch a le droit d’écrire ce qu’il veut et nos concitoyens ont le droit d’acheter les ouvrages de leur choix.
Nous refusons que soit valorisé, salué par la Ville, décoré par son Maire, invité dans les écoles publiques en présence d’élus et de représentants du Rectorat, financé par le service public de télévision, les tenants de cette histoire « peopolisée» « bling-bling » , tant à la mode désormais, qui méprisent la République et la Révolution française…
C’est là que réside la nouvelle censure : l’ultra médiatisation des uns, le silence pour les autres.
Souffrez donc d’entendre notre voix critique, elle est bien peu de chose par rapport à la puissance médiatique de M. Deutsch depuis deux ans. C’est la voix qui vous dit : valorisons la culture, la recherche et la connaissance et refusons l’obscurantisme. »
Nico37
 
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Re: nouveau "Parti de Gauche"

Messagede Nico37 » 14 Juil 2012, 00:47

BESANCENOT CRITIQUE LE DISCOURS "AMBIGU" DU FG

Olivier Besancenot (NPA) a critiqué samedi le discours "ambigu" du Front du Gauche (PG-PCF) le comparant à un "ni-ni", ni participation au gouvernement, ni opposition, et minimisé les nouveaux départs de cadres du NPA vers le FG qui doivent être actés ce week-end.
Une conférence nationale du Nouveau parti anticapitaliste se tient samedi et dimanche à huis clos à Nanterre, au cours de laquelle doit être officialisé le départ du parti du courant "Gauche anticapitaliste" (GA), mené notamment par Pierre-François Grond, ex-bras droit d'Olivier Besancenot.

Interrogé sur Europe 1, le médiatique facteur, ex-candidat NPA aux présidentielles de 2002 et 2007, a assuré que ces départs ne compromettaient pas l'avenir de sa formation, évoquant simplement "le dénouement d'une crise".

"C'est le dénouement d'une crise qui nous travaillait depuis des mois, avec le départ déjà annoncé d'une partie de notre organisation au Front de gauche", a déclaré M. Besancenot.

"On est dans des basses eaux, on l'assume. On est en difficulté, on l'assume aussi. Mais on est là, toujours et bien là, y compris du point de vue des mobilisations", a-t-il aussi dit, comme on lui demandait s'il y avait une place pour le NPA au côté du Front de Gauche de Jean-Luc Mélenchon.

A la différence du FG, "nous, on est dans l'opposition, à la gauche du gouvernement, et on l'assume", a-t-il asséné. "Aujourd'hui la direction du Front de gauche tient un discours un peu plus ambigu (...) On nous explique que c'est un peu le +ni-ni, on n'est ni au gouvernement, ni dans l'opposition+. Et pour nous, ça n'est pas le bon positionnement pour préparer les ripostes de demain".

Citant le FG mais aussi Lutte Ouvrière, Olivier Besancenot a renouvelé son appel aux formations de la gauche de la gauche à former un front unitaire "qui lutte concrètement contre l'austérité" et contre le Pacte européen de stabilité budgétaire.

A propos de la conférence sociale qui se tient lundi et mardi, réunissant les partenaires sociaux et le gouvernement, il a lancé : "Je crois que ce sommet social ne sera pas difficile à grimper pour le Medef, vu ce qui est annoncé. Le coup de pouce pour le Smic, personne n'y croit !"
Nico37
 
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Re: nouveau "Parti de Gauche"

Messagede Nico37 » 14 Juil 2012, 23:21

Gauche antilibérale : une recomposition sans fin ? 11 juillet

L’élection présidentielle a vu l’espace à la gauche du Parti socialiste largement occupé par le candidat du Front de gauche (FDG), Jean-Luc Mélenchon, qui a su conjuguer son talent oratoire avec une véritable dynamique militante à la base pour obtenir un bon score (11%), quoique moins élevé qu’espéré au vu des derniers sondages d’avant le 1er tour. Les scores des deux candidats d’extrême-gauche, Philippe Poutou pour le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) et Nathalie Arthaud pour Lutte ouvrière (LO), très faibles (respectivement 1,2 et 0,5%), n’ont fait que souligner cette “aspiration” de l’électorat de la gauche radicale vers la dynamique unitaire représentée par le Front de gauche. Il n’était pourtant pas évident, lors de la création du Parti de gauche (PG) fin 2008 puis du FDG début 2009, que le rapport de forces à l’intérieur de la gauche antilibérale allait tourner à ce point en faveur du Front, le NPA ayant opéré un départ en fanfare avec 9000 militants annoncés et se projetant comme la quatrième force politique du pays à terme ; le PCF, censé devoir mourir depuis plus de vingt ans, peinait à se remettre des très mauvais scores des élections présidentielles de 2002 et de 2007 (3,37 et 1,93%).
Si le FDG semble aujourd’hui réussir une relative intégration des différents courants de la gauche antilibérale (outre le PCF et le PG, le FDG compte en son sein, la Gauche unitaire – scission de la Ligue communiste révolutionnaire –, la Fédération pour une alternative sociale et écologique, République et Socialisme, le Parti communiste des ouvriers de France, Convergences et Alternative – scission du NPA, sans oublier le ralliement de la Gauche anticapitaliste, un autre courant du NPA, dimanche dernier), c’est au terme d’une longue période de recompositions, alliances et scissions, dans une mouvance si riche en sigles et en organisations que l’observateur, le militant ou le citoyen peuvent avoir l’impression d’un labyrinthe incompréhensible, et peuvent se poser une question simple et légitime : “Qu’est-ce qui différencie des courants qui, peu ou prou, défendent tous le partage des richesses et entendent lutter contre le capitalisme/libéralisme ?”. C’est seulement en revenant sur l’historique de ces recompositions que l’on peut comprendre la situation actuelle.

Des expériences cumulatives

Le phénomène de recomposition de la gauche antilibérale débute à la faveur de la crise du PCF, qui s’accélère considérablement dans les années 80 : l’impossibilité d’une rénovation interne pousse le courant dissident des “reconstructeurs” communistes (dont Claude Poperen et Félix Damette) à quitter le parti et à tenter de s’allier à différents courants de la gauche de la gauche qui œuvrent à un rassemblement, dont les militants engagés dans le projet “Refondation”. En effet, des communistes dissidents, des socialistes, des écologistes, des républicains de gauche veulent créer “un vaste réseau de solidarité et de réflexion” . La crise des deux grandes formations traditionnelles de la gauche permet de libérer cet espace de dialogue et de convergence, le projet “Refondation” donnant lieu à des rencontres nationales en avril 1992 et à la présentation de candidats lors des élections législatives de 1993, qui obtiennent des scores assez décevants, pâtissant de l’hétérogénéité des profils des candidats (certains sont étiquetés Mouvement des citoyens, d’autres LCR, d’autres Alternative rouge et verte – organisation héritière du PSU). La dynamique du mouvement s’essouffle, les divergences sur l’Union européenne soulignant les contradictions du rassemblement, spécialement entre chevènementistes et écologistes, et aboutissant à l’échec de la constitution d’une liste commune en 1994.
Une nouvelle structure de rassemblement voit le jour la même année avec la Convention pour une alternative progressiste (CAP), animée elle aussi par des militants socialistes, communistes, écologistes et trotskistes, qui organise des débats autour d’ ”un contrat de législature au contenu réellement transformateur” , ses animateurs précisant que la CAP se reconnaît “aussi peu dans la gauche strictement gestionnaire que dans la gauche de protestation” ; elle soutient finalement Dominique Voynet à l’élection présidentielle de 1995, alors que le PCF et Lutte ouvrière présentent chacun leur candidat. Le bon score d’Arlette Laguiller fait d’ailleurs envisager à Lutte ouvrière la création d’un “grand parti ouvrier” plus ouvert – ce qui préfigure le lancement du projet du NPA par la LCR treize ans plus tard – mais le projet est rapidement abandonné.
Le leitmotiv de la CAP est de constituer un “pôle de radicalité” à la gauche du PS mais la victoire de la gauche plurielle en 1997 la met en difficulté, puisqu’elle hésite entre une stratégie protestataire et une optique de soutien, fût-il critique, aux réformes lancées par le gouvernement Jospin. Gilbert Wasserman, l’un des principaux animateurs de la CAP, s’interroge : “Doit-elle choisir l’extériorité inévitablement accompagnée d’une sorte de “radicalisation” à gauche ou tenter d’aider la gauche à réussir effectivement, ce qui implique une démarche plus complexe, moins esthétique mais ô combien plus productive ?” . La question du soutien au gouvernement divise profondément la CAP, qui décline rapidement, faute également d’un projet alternatif commun à ses adhérents : s’opposent en effet plusieurs cultures politiques au sein de la gauche de la gauche, les matrices communiste et trotskiste coexistant avec une sensibilité plus libertaire, plus soucieuse d’ “ouverture” et de démocratie interne, sensibilité héritière du courant autogestionnaire représenté dans les années 70 et 80 par le PSU ; ajoutons que la question écologiste – et notamment la question du nucléaire – ainsi que le rapport à la construction européenne fracturent la mouvance antilibérale. La CAP se transformera finalement en Forum de la gauche citoyenne en 2003, davantage un espace de débats qu’un véritable mouvement structuré : ce dernier lance un appel à voter “Y” en 2007, ne se prononçant pas pour Olivier Besancenot, Arlette Laguiller, José Bové ou Marie-George Buffet.
L’analyse de cette première période souligne les facteurs structurels qui semblent obérer la réussite d’un regroupement de la gauche de la gauche : absence de projet alternatif commun, divergences sur la forme de l’organisation à construire, polémiques sur la stratégie face au pouvoir. Malgré les très bons scores de la gauche antilibérale en 2002 (plus de 13% si l’on additionne les scores de LO, de la LCR et du PCF ; ces scores étant relativisés par l’échec flagrant des listes LO-LCR lors des élections européennes de 2004, qui voit le PS regagner son hégémonie), l’expérience des collectifs antilibéraux ne fera que confirmer les handicaps de la mouvance.

L’échec des collectifs unitaires

La campagne référendaire portant sur la ratification du Traité constitutionnel européen semble constituer une fenêtre d’opportunité inédite pour un rapprochement des différentes familles de la gauche antilibérale : une dynamique militante se forme autour de “l’appel des 200” lancé par la fondation Copernic, des collectifs unitaires pour le “non” se forment sur tout le territoire, des adhérents du PCF, de la LCR, d’ATTAC, des syndicalistes, associatifs, etc, se retrouvant au coude à coude pour combattre un projet jugé ultralibéral. La victoire du “non” le 29 mai 2005 semble prouver l’efficacité d’une telle collaboration et un certain nombre de militants estiment que ce rassemblement pourrait aller plus loin : en novembre 2005, un nouvel appel, intitulé “Pour des candidatures unitaires en 2007 et 2008” est lancé ; il est suivi d’un second appel en mai 2006 qui débouche sur la création d’un “Collectif national d’initiative pour un rassemblement antilibéral de gauche et des candidatures communes” (abrégé CIUN, pour “collectif d’initiative unitaire national”), chargé de coordonner les comités locaux déjà existants et d’encourager la création de nouveaux.
Entendant éviter une dispersion des candidatures en vue de l’élection présidentielle de 2007, les collectifs unitaires effectuent un travail programmatique qui débouche sur l’adoption d’une “charte antilibérale” fin août 2006, précisant les contours d’une alternative au libéralisme. Le 10 septembre 2006, une étape supplémentaire est franchie avec le texte “Ambition-stratégies-candidatures”, qui fixe un calendrier pour la désignation d’un candidat commun mais qui laisse en suspens des questions qui risqueraient de faire éclater le mouvement, notamment celle de la participation à un futur gouvernement en cas de victoire de la gauche en 2007. Si José Bové, l’une des personnalités pressenties pour représenter la gauche antilibérale, propose l’organisation de primaires ouvertes, il se heurte à une fin de non-recevoir de la part du PCF, qui, fort de son poids militant au sein des collectifs, entend proposer la candidature de sa secrétaire nationale, Marie-George Buffet ; la LCR, de son côté, argue des ambiguïtés des textes unitaires quant à la question de l’alliance avec le Parti socialiste pour se retirer du processus. Reportée, la désignation du candidat montre que les collectifs unitaires se dirigent vers une impasse : José Bové et Patrick Braouezec retirent leur candidature en novembre, la direction du PCF mobilise ses troupes en vue de la réunion des 9 et 10 décembre qui doit valider définitivement un candidat. Celle-ci, houleuse, voit Marie-George Buffet recueillir une majorité de suffrages mais les autres personnalités déplorent ce choix et indiquent publiquement que la secrétaire nationale du PCF ne représentera que son parti.
La gauche antilibérale se présente de manière éclatée en 2007 et recueille des scores assez faibles, Olivier Besancenot se plaçant en tête avec 4% des suffrages, le PCF et José Bové, se revendiquant chacun du soutien des collectifs unitaires, recueillant moins de 2% des voix : l’échec est patent. Si les problèmes de “programme commun” ont été surmontés temporairement avec l’adoption de la charte antilibérale, les affrontements entre appareils partisans, soucieux de défendre leurs positions et leurs stratégies, ont obéré toute chance d’une candidature unique : la question, particulièrement, de la participation à une nouvelle expérience de “gauche plurielle” aux côtés du PS ne pouvait que désunir un front où cohabitaient PCF et LCR.

Les expériences concurrentes du NPA et du FDG

Faible dans les urnes, la gauche antilibérale reste active sur le terrain militant, sachant faire preuve d’une relative unité dans la contestation de réformes telles que le CPE ou l’augmentation de la durée des cotisations en matière de retraites. La LCR, forte de sa première place en 2007, décide d’entamer un processus de transformation en parti plus large, qui rassemblerait les différents courants de la gauche de la gauche, qu’ils soient libertaires, trotskistes, communistes ou écologistes : le Nouveau parti anticapitaliste voit le jour début 2009 et entend remodeler le paysage politique. Mais il n’est pas le seul à vouloir “recomposer” la gauche de la gauche, le départ de Jean-Luc Mélenchon du PS et la création du PG puis du FDG amenant à une claire concurrence entre les deux organisations pour l’hégémonie sur la gauche antilibérale. D’assez rapides discussions en vue des élections européennes de 2009 échouent, ces dernières étant l’occasion de "se compter" pour l’un et l’autre : le NPA obtient moins de 5% des voix, derrière le Front de gauche, qui en recueille 6%. C’est désormais la question d’une orientation unitaire qui va déchirer progressivement le NPA, notamment à l’occasion des élections régionales de 2010 : la consultation des militants fin 2009 révèle une fracture en trois tendances, une favorable à l’unité, une pour une stratégie autonome et une direction sans majorité, hésitant entre ces deux positions. Il en résulte une absence de ligne claire, des accords étant parfois conclus avec le FDG (avec le succès remarqué de la liste dans le Limousin, qui peut se maintenir et obtient 19 % au deuxième tour), l’ "indépendance" étant préservée dans la plupart des endroits. La question de la participation aux exécutifs régionaux a été la pierre d’achoppement des négociations, le NPA suspectant le FDG de vouloir se rallier aux majorités de gauche locales, ce qui n’a pas été le cas dans un certain nombre de régions.
Il apparaît que la politique d’isolement du NPA le vide peu à peu de sa substance militante, le congrès de 2011 se déroulant dans une ambiance tendue et les départs se multipliant. C’est le FDG qui semble symboliser l’espoir d’un regroupement de la gauche antilibérale, l’alliance du PCF et du PG permettant au premier de faire une “cure de jouvence” militante et au second de bénéficier des ressources institutionnelles des communistes. Les autres composantes (FASE, C&A, PCOF…), peu visibles publiquement, expriment malgré tout la diversité de la gauche antilibérale au sein du Front. Si la candidature de Jean-Luc Mélenchon a éclipsé les voix d’extrême-gauche en 2012 , sa défaite personnelle aux législatives et le rétrécissement du groupe parlementaire du FDG n’en posent pas moins des questions sur la réalité de la dynamique du regroupement, qui reste tiraillé par la question de son rapport au PS, malgré la décision du PCF de ne pas participer au gouvernement.
La gauche antilibérale voit-elle enfin dans ce regroupement la fin de la malédiction de la désunion ? Le diagnostic ne saurait qu’être prudent, une partie de la gauche antilibérale, plus “mouvementiste” ou radicale idéologiquement, ne se retrouvant pas dans ce qui reste pour l’instant un cartel électoral qui ne reconnaît pas l’adhésion directe . De plus, la bataille pour la reconquête des voix de l’électorat populaire semble pour l’instant gagnée par un Front national en plein essor, FN dont le langage emprunte parfois à celui du Front de gauche dans la dénonciation des méfaits du libéralisme, l’appel à un Etat-protecteur et la défense des services publics, tournant idéologique considérable si l’on pense aux positions économiques du FN dans les années 1980.

Quelle alternative politique ?

La gauche antilibérale ne peut espérer qu’un regroupement partiel de ses forces, des organisations telles que Lutte Ouvrière ou le Parti ouvrier indépendant récusant par avance toute stratégie d’alliance avec un Front de Gauche jugé “réformiste” ; le NPA, enlisé dans une crise interne qui dure, adoptera sans doute le même type de stratégie ; il ne faut pas oublier par ailleurs la mouvance des “décroissants”, eux-mêmes divisés entre Parti pour la décroissance, Mouvement des objecteurs de croissance et Parti des objecteurs de croissance, qui contestent le productivisme et la société de consommation que soutiendraient par certains aspects selon eux les formations traditionnelles de la gauche antilibérale quand elle développe un discours néo-keynésien de relance par l’augmentation des salaires.
L’aspect idéologique ne doit également pas être sous-estimé : la gauche antilibérale apparaît souvent dans une posture “défensive”, se mobilisant aux côtés des salariés, chômeurs, sans-papiers, davantage pour éviter des reculs sociaux que pour proposer une réelle alternative politique et sociale. Il ne s’agit pas de dire qu’elle n’avance pas de propositions en rupture avec l’ordre existant, mais l’ombre des expériences totalitaires du XXème siècle continue à peser sur la perspective d’une autre société, y compris chez les forces se proclamant “révolutionnaires”, qui mettent souvent plus en avant des mots d’ordre pour l’augmentation des salaires et le refus des licenciements qu’une claire vision d’une société alternative. Comme le note Philippe Raynaud, qui a étudié la littérature de la gauche radicale : “Chez aucun des auteurs, brillants ou laborieux, que nous avons étudiés, nous n’avons rencontré ce qui faisait la force de l’illusion communiste : la certitude d’être au service d’une cause à la fois juste et scientifiquement fondée, qui devait inéluctablement conduire à l’émergence d’une société radicalement différente” . De la même manière, pour Daniel-Louis Seiler, “les partis étudiés ici se caractérisent plus par l’hostilité au système ou à ses abus que par la proposition d’une alternative claire” . La gauche antilibérale, si elle veut gagner en densité politique, devra réussir la synthèse entre plusieurs projets de transformation sociale : entre la rupture révolutionnaire prônée par l’extrême-gauche, la “révolution par les urnes” du Front de gauche et la “simplicité volontaire” des objecteurs de croissance, le travail de synthèse s’annonce ardu
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Messagede Nico37 » 15 Juil 2012, 18:15

Déclaration des participants à la réunion d’Aubagne du 4 juillet

Nous, citoyen-ne-s engagé-e-s, militant-e-s de l’ACU, de C&A, de la GA, de la GU, de la FASE et écologistes de l’alternative, partageons une même volonté de changer le monde. Nous luttons pour un monde débarrassé de l’exploitation capitaliste et de toute forme de domination entre les êtres humains. Un monde de paix, de liberté, d’égalité, de démocratie et de justice dans tous les domaines de la vie sociale, à commencer par celui de la production et la répartition des richesses. Un monde qui permette le libre développement de chacun-e et l’amélioration des conditions d’existence de tou-te-s, dans le respect des équilibres et des impératifs écologiques dont ils ne peuvent être dissociés.

Dans la crise violente que connaît aujourd’hui le système capitaliste, cette lutte pour changer le monde passe à la fois par une résistance acharnée aux politiques libérales sur tous les terrains où elles se déploient, par l’expérimentation de pratiques sociales et citoyenne en rupture avec l’ordre établi et par la construction d’une alternative politique aux gouvernements qui le défendent.

Une telle alternative ne peut qu’être totalement indépendante d’un PS dont l’orientation social-libérale est confirmée sans l’ombre d’un doute par les premiers pas du gouvernement Hollande-Ayrault. Qui font suite aux désastreuses expériences gouvernementales social-libérales que nombre de pays européens ont connu dans la dernière décennie et dont la Grèce a été le point d’orgue avec le gouvernement Papandréou.

Dans cette perspective, nous pensons qu’il est aujourd’hui indispensable :

- de développer et construire le Front de Gauche comme un rassemblement fédérant toutes les forces de gauche opposées aux politiques libérales et aux gouvernements qui les mettent en œuvre, autour d’un programme de changement fondé sur les besoins de l’immense majorité de la population. Un développement qui, pour nous, passe nécessairement par un élargissement numérique, social et politique, permettant notamment aux citoyen-ne-s qui se sont mobilisé-e-s dans la campagne électorale ou qui souhaiteront s’engager demain dans le Front de Gauche d’y trouver toute leur place et de participer à ses décisions.

- mais aussi et en même temps, de regrouper dans un mouvement politique unifié toutes celles et tous ceux qui partagent l’objectif d’une transformation sociale, écologique et démocratique radicale et la conviction qu’une rupture révolutionnaire avec le capitalisme est nécessaire pour y parvenir.

Pour y contribuer le plus utilement possible, nous décidons de mettre en place dans le 13 une coordination permanente représentative de nos différentes sensibilités.

Signataires : ACU 13, Anne Marie Alary (FASE), Jean Luc Alberti (FASE), Rosaire Amore (FASE), Manu Arvois (GA), Roland Bellan (FASE), Lobna Ben Hassine (FASE), Jean Charles Bénoliel, Philippe Blache (GU), Andrée Brégliano (FASE/ACU), Jean Claude Brégliano FASE/ACU), Sylvain Brémond (FASE), Renaud Cornand (GA/FDG), Bérengère Costa, Hendrik Davi (C&A), Clarisse Delpech (FASE), Jocelyne Ducrocq, Carole Eldin (GA/FDG), Patrick Floridor (FASE), Jean François Rodriguez (FASE), Jean Marc Fontaine (GA/FDG), Gérard Guieu (FASE), Jean Philippe Izquerdio (FASE/ACU), Benoît Hubert (FASE), Claudie Hubert (FASE), Rémy Jean (FASE), Samy Johsua (GA), Marc Le Tirilly (FASE), Thierry Louchon (FASE), Renaud Méla (GA), Norig Neveu (GA/FDG), Arlette Parola (FASE), Jean René Pendariès (FASE), Sylvie Pille (FASE), Vincent Porelli (FASE), Armelle Rioualen Chevassu (FASE), José Stérenzy (FASE), Sarah Tiano (GA/FdG), Juan Zuniga, Liliane Zuniga (FASE).
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Messagede Nico37 » 17 Juil 2012, 00:18

Le Front de Gauche exige un référendum sur le Pacte Budgétaire européen

Alors que François Hollande a mis à l’ordre du jour la ratification par la France du Pacte Budgétaire européen, le Front de Gauche s’élève ce jeudi contre la volonté du président de la République de faire passer un texte aux conséquences économiques négatives.

Ses dirigeants demandent l’organisation d’un grand débat public débouchant sur un référendum, afin d’informer le peuple et de lui laisser le dernier mot.

Pour le secrétaire national du Parti communiste Pierre Laurent, ainsi que Martine Billard (Parti de Gauche) et Christian Picquet (Gauche Unitaire), le débat public, l’information du peuple et sa décision finale sur un sujet qui touche à la souveraineté nationale sont indispensables. Les dirigeants du Front de Gauche souhaitent que cela permette d’éviter la ratification en l’état d’un traité qui aurait des conséquences néfastes sur l’économie française, tuant notamment l’investissement public en imposant une austérité drastique.

Pour Pierre Laurent, le Pacte Budgétaire est en effet porteur de mesures très dures, qui risquent de plonger la France dans l’austérité à l’instar d’autres pays l’ayant ratifié, comme la Grèce qui multiplie actuellement les privatisations pour entrer dans les clous européens, ou l’Espagne qui poursuit ses coupes dans les dépenses publiques en échange de l’aide européenne à son secteur bancaire.

« Une austérité généralisée »

Christian Picquet, de Gauche Unitaire, explique que le gouvernement français serait lié par des contraintes budgétaires encore plus strictes, et ne se donnerait donc aucun moyen de mettre en œuvre les changements politiques pour lesquels il a été élu : « Signer le Pacte de Stabilité donnerait une trajectoire à la politique gouvernementale pour le quinquennat, qui serait totalement contraire à ce pourquoi les Français ont voté au printemps. Cela orienterait vers une austérité généralisée avec une baisse des dépenses publiques, une diminution du coût du travail pour alléger les cotisations patronales, au moment où les grands groupes affichent des dividendes insolents. Cette trajectoire là, rien ne la justifie ».

Pas de ratification sans référendum

« Il est donc fondamental d’alerter les citoyens sur la situation et les conséquences concrètes de la ratification d’un tel traité », estime Martine Billard, du Parti de Gauche. « Il y a urgence, et on va mener cette bataille dès maintenant », poursuit-elle. Le Front de Gauche lance donc la mobilisation en faveur de l’organisation d’un référendum, estimant qu’il ne peut pas y avoir de ratification parlementaire sans que les dispositions du traité aient été portées à connaissance des citoyens. Cette thématique sera placée au cœur des Estivales du parti les 25 et 26 août prochain, et le Front de Gauche promet une mobilisation en masse à la rentrée si le gouvernement refuse le référendum.

Dans tous les cas, Pierre Laurent a annoncé que ses députés voteraient contre la ratification du traité au Parlement. Christian Picquet espère que les députés socialistes et écologistes suivront : « C’est un cri d’alarme en direction de l’ensemble de la gauche : on doit redresser quelque chose qui peut être une trajectoire mortifère plongeant des pays dans une catastrophe sociale ».

En conclusion, il lance sur un air de défi à François Hollande : « Allez-vous faire passer ça alors que le peuple ne vous en a pas donné mandat, comme Nicolas Sarkozy avait fait passer le traité de Lisbonne "en fraude" après l’échec du référendum de 2005 ? Ce serait un suicide politique ».
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Messagede Nico37 » 18 Juil 2012, 02:26

Pour une loi d’urgence contre les plans de licenciements Eric Coquerel et Laurence Sauvage

PSA a annoncé ce matin sa volonté de fermer son site d’Aulnay. Dans le même temps, les salariés de "Sanofi" manifestent à Chilly-Mazarin où la direction doit annoncer au Comité d’entreprise dans la journée un vaste plan de licenciements alors même que le groupe fait des profits.

Comme nous l’avions craint, les licenciements et fermetures d’entreprises annoncés pour cet été par les syndicats deviennent réalités.

Ne soyons pas dupes, il s’agit d’une déclaration de guerre aux salariés de notre pays au nom de la rentabilité et du profit. Il est urgent que le gouvernement agisse afin de mettre fin à la casse et à la disparition de l’industrie dans notre pays.

Le parti de Gauche demande qu’une loi d’urgence proclamant un droit de véto des représentants syndicaux dans les Comités d’entreprise et l’interdiction immédiate des licenciements boursiers soit votée le plus vite possible. Le Parti de Gauche apporte toute sa solidarité aux salariés en lutte et sera à leur côté tout l’été.
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Re: nouveau "Parti de Gauche"

Messagede Nico37 » 21 Juil 2012, 22:39

Le Parti de gauche annonce sa structuration à l’échelle du Pays Basque P.M.

Au Parti de gauche, on aime les places. Le candidat Jean-Luc Mélenchon n’avait-il pas enflammé celles de la Bastille puis du Capitole ? Son slogan de campagne n’était-il pas “Place au peuple” ? Dans cette logique, les représentants locaux de l’organisation avaient convié la presse jeudi, place de la République, à Bayonne. Objectif : témoigner de la structuration du Parti de gauche à l’échelle du Pays Basque.
“Cela fait quatre ans que nous existons localement. Jusqu’à présent, nous avions toujours été pris dans les élections et nous n’avions pas pu nous structurer”, a d’abord “contextualisé” Jean-Claude Soudre, élu d’opposition bayonnais. La chose est réparée et une coordination vient d’être mise sur pied, regroupant les 5e et 6e circonscriptions, dont les deux cosecrétaires sont respectivement Patricia Leuenberger et Sébastien Arcaya d’un côté, Christian Da Rocha et Agnès Guillet de l’autre.

Une soixantaine de militants actifs

“Comme nous n’avons pas beaucoup de militants, on a trouvé logique de regrouper nos forces pour pouvoir se mobiliser ensemble lors des suppressions d’emploi ou des actions sociales”, a indiqué S. Arcaya. Au total, le Parti de gauche disposerait d’environ 60 militants actifs.
Derrière ce nouveau mode d’organisation, se joue aussi l’existence symbolique du mouvement. “Nous sommes le Parti de gauche. Dans l’esprit des gens, c’est un peu confus. Nous faisons partie du Front de gauche, qui est une coordination regroupant sept organisations”, a d’ailleurs tenu à préciser M. Da Rocha. Au Pays Basque, le Front de gauche est dominé par le Parti communiste. Cette structuration a donc aussi pour ambition de rééquilibrer les forces à l’intérieur de la coalition.
Porte ouverte aux membres du NPA
Le Parti de gauche a profité de ce point presse pour demander à Mme Alaux, désormais députée de la 6e, de “s’imposer le non-cumul des mandats” promis lors de sa campagne et de “démissionner du Conseil régional”, laissant la place à une élue de Parti de gauche, Isabelle Larrouy.
Par ailleurs, les représentants du mouvement ont ouvert la porte aux membres locaux du NPA souhaitant rejoindre le Front de gauche (voir le JPB du 05/07). “Martine Mailfert et Serge Nogues sont des gens que nous connaissons bien. Il n’y a aucune raison qu’ils ne soient pas avec nous”, a assuré M. Soudre
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Re: nouveau "Parti de Gauche"

Messagede Nico37 » 22 Juil 2012, 23:27

Front de Gauche : Front du Peuple !

N’attendons pas les consignes : face à la crise, il faut des adhésions directes !

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Signer la pétition - Voir les signataires

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Dérive de la mondialisation, crise du capitalisme… Les urgences écologiques, sociales et démocratiques se multiplient… Partout, les acquis sociaux sont menacés : éducation, santé, justice… Et les peuples doivent payer…
Pourquoi accepter les politiques de rigueur qu’imposent les gouvernements de droite dure ou de gauche molle au prétexte de l’endettement des Etats? Ce qui arrive aujourd’hui en Grèce, en Italie, en Espagne… arrivera en France demain. C’est la logique libérale extrême, menaçant l’équilibre de la planète, que plus personne ne semble pouvoir contrôler… Sociaux-démocrates et libéraux imposeront partout l’austérité: nous continuerons à payer pour les banques, à subir les diktats de la Finance…
Dans notre pays, il est temps, maintenant, de transformer la force la mieux placée pour remettre en question le bipartisme et disputer, à gauche, l’hégémonie du Parti Socialiste !

Lors des dernières élections, en France, le Front de Gauche a mobilisé des millions d’électeurs autour du programme « l’humain d’abord »… imposer un audit citoyen de la dette publique, une planification écologique, revenir sur le partage des richesses, stopper le grignotage de nos acquis sociaux… il a prouvé qu’il pouvait tenir une place au cœur de l’avenir de notre pays, dans les luttes et dans les urnes…
Mais le Front de Gauche doit encore franchir une étape cruciale pour devenir le creuset unitaire incontournable de la gauche radicale et écologiste.
S’il a déjà regroupé beaucoup d’organisations politiques, il passe encore trop souvent pour un cartel de partis liés par une logique électorale. Or notre démocratie représentative est elle aussi dans une grave crise institutionnelle…
Afin d’achever son déploiement et son implantation irréversible dans les couches populaires, le Front de Gauche doit maintenant accepter que celles et ceux qui le rejoignent ne soient pas systématiquement membres des organisations qui le composent.
Le Front de Gauche doit proposer rapidement le principe des adhésions individuelles et directes à sa démarche pour que la voix de chacun soit prise en compte : un humain, une voix !
Dans ce but, un processus de discussion peut s’entamer rapidement entre les Assemblées Citoyennes locales du Front de Gauche et les organisations qui y participent.
Pour chacun: militants de la première heure, compagnons depuis sa création; femmes et hommes de bonne volonté, syndicalistes, membres d’associations, de mouvements divers… celles et ceux qui ont depuis toujours le cœur à gauche, le moment est venu de porter cette volonté, de favoriser cette irruption citoyenne dans le Front de Gauche…
Pourquoi devoir choisir une organisation lorsque il s’agit d’œuvrer pour un but commun ?
L’union fait la force. Opinions, origines, organisations et familles seront toutes respectées.
Continuons et accélérons le travail déjà accompli, dans un respect mutuel. Renforçons ou inventons partout les Assemblées Citoyennes. Montrons que nous sommes capables de bâtir une nouvelle force rouge et verte, un front permanent, où chacun pourra participer à la création d'un monde à visage humain et résister au capitalisme financier!!!
Ce Front de Gauche, transformé en Front du Peuple saura saisir toutes les mains. Il représentera, enfin, les vraies idées, les vraies valeurs de gauche. Il pourra devenir un modèle de gouvernement.
Aujourd’hui plus qu’hier, cela dépend de nous toutes et tous.
Si vous souscrivez à cet appel, signez-le, diffusez-le, rejoignez les Assemblée Citoyennes de Front de Gauche, inventez-les là où elles n’ont pas encore vu le jour. Et prenons ensemble le pouvoir !
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Re: nouveau "Parti de Gauche"

Messagede Nico37 » 24 Juil 2012, 01:02

M. Mélenchon, transporté au pays de Hugo Chavez

Si Jean-Luc Mélenchon se fait plus discret ces dernières semaines dans les médias français, il continue en revanche d'alimenter son blog avec de longues notes sur son voyage au Venezuela. Présent début juillet à Caracas pour le Forum de Sao Paulo - une rencontre internationale qui a réunit les 5 et 6 juillet plusieurs centaines d'organisations de gauche -, l'ancien candidat à la présidentielle du Front de gauche a également été invité par le président vénézuélien Hugo Chavez, au pouvoir depuis 1999 et candidat à un nouveau mandat, à assister aux cérémonies d'indépendance du pays et à un défilé militaire.

M. Mélenchon a ensuite poursuivi son séjour par un voyage, qui n'est cependant pas inscrit dans son agenda officiel : dans sa dernière note, datée du 16 juillet et intitulée "No volveràn" ("Ils ne reviendront pas"), le co-président du Parti de gauche évoque PSA ou Sodimédical, mais il revient surtout sur un déplacement qu'il a effectué à Barquisimeto, une ville située au nord-ouest du pays, où il est venu assister à un "rassemblement bolivarien". "Ici, au Venezuela, je participe un peu à la campagne électorale qui a commencé en vue des élections présidentielles d’octobre prochain", écrit-il.

"L'ouragan bolivarien"

A ses côtés pour ce voyage, Maximilien Arvelaiz, un proche conseiller de Chavez décrit par M. Mélenchon dans une précédente note comme un homme "hors du commun", et Ignacio Ramonet, l'ancien directeur du Monde diplomatique. M. Mélenchon explique avoir effectué le trajet dans le même avion que le président vénézuélien, même si celui-ci n'était pas disponible. "J’avais l’honneur d’être assis sur le siège en face de celui au nom de Chavez, raconte-t-il. Mais il resta vide car 'le commandant', comme il disent, travaillait ses fiches dans son carré privé."

Et de dresser un parallèle entre sa propre campagne et celle de M. Chavez. "J’ai trop pratiqué l’exercice pour ne pas en comprendre l’importance, note-t-il. Ce temps où l’on entre dans ce que l’on va dire et où il faut en quelque sorte commencer à l’incarner doit être fait avec sérieux et méthode." Il poursuit en décrivant la foule, "l'ouragan bolivarien", qui attend le dirigeant vénézuélien à l'aéroport et le rôle des militants qui leur ouvrent un chemin. "Je voyais sur leurs jeunes visages la lumière que j’ai vue sur celui de mes camarades, filles et garçons qui ont fait cet exercice à Strasbourg, à Paris, et à combien d’autres endroits encore !", écrit-il. "Ce fut comme un ailleurs de tout ce que j’ai connu. Jamais je n’ai vu telle ferveur politique se concentrer de telle façon dans les corps et les visages. A mi-chemin je m’aperçus que j’avais le visage en larmes", poursuit-il.

Interrogé début avril sur BFM-TV sur son rapport à M. Chavez, M. Mélenchon avait répondu que M. Chavez, "n'était pas un modèle" mais "son volontarisme" constituait une "source d'inspiration". "On a focalisé sur Chavez mon intérêt pour les révolutions qui ont eu lieu en Amérique latine (...) Je suis plus proche de Rafael Correa, de l'Equateur", avait-il affirmé. "S'il s'agissait d'attirance et de sympathie personnelle, elles n'iraient pas à Chavez, que je connais moins", avait-il ajouté, expliquant avoir rencontré M. Chavez "une fois après sa réélection". Visiblement, cette dernière rencontre a renforcé son enthousiasme.
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Re: nouveau "Parti de Gauche"

Messagede Nico37 » 29 Juil 2012, 02:15

François Hollande n’avait certes pas pris beaucoup d’engagements lors de sa campagne électorale mais s’était vanté d’avoir préparé la première année de mandat.

Or, à part quelques décrets ou circulaires à juste titre abrogées, fleurissent surtout des groupes de travail, des commissions et autres formules diverses visant à remettre à demain toute décision. Nous assistons à une session parlementaire avec très peu de textes mis à l’ordre du jour (et celui contre le harcèlement sexuel ne doit son existence qu’à la décision du conseil constitutionnel d’abroger la loi en vigueur).

La gestion de la suppression du peu qui restait de la loi TEPA (exonérations sur les heures supplémentaires) laisse un goût d’improvisation et d’irrésolution assez surprenant pour un président qui s’était soi-disant préparé.

Début juin, Michel Sapin, ministre du travail, avait annoncé vouloir agir vite contre les licenciements boursiers. C’était il y a 6 semaines. Depuis silence gouvernemental et socialiste. Il y a pourtant urgence.

Hollande_changement_maintenantEt les patrons, eux, forts du fait qu’une loi ne peut avoir d’effets rétroactifs, se dépêchent d’enclencher les procédures de plans sociaux comme à PSA avant qu’une loi ne vienne leur rendre cela plus difficile. Nombre de modifications du code du travail introduites par l’UMP auraient pu être abrogées en mettant à profit cette session parlementaire extraordinaire. Rien de tel.

Par contre, pas de retard dans la préparation du congrès du parti socialiste. Mais les français n’ont pas élu François Hollande pour gérer les intérêts des différents clans socialistes ou pour faite taire ceux qui auraient du mal à avaler toutes les couleuvres de l’austérité. Ils attendent d’un gouvernement qui se dit de gauche qu’il agisse pour tenir tête à la finance, car la crise est toujours là.

La présidence normale consisterait-elle à laisser faire les marchés ? Car au lieu d’annoncer une politique de rupture, François Hollande n’a qu’un seul souci : comment céder sur le traité européen en donnant l’impression inverse. Il a déjà essayé en se vantant d’avoir fait reculer Angela Merkel. Mais cette poudre aux yeux a peu duré et la réalité est bien là : le traité n’a pas été modifié et la bataille a commencé pour empêcher un nouveau déni de démocratie comme en 2008 avec la ratification du traité de Lisbonne par le parlement.

Pour ne pas paraître se déjuger, dans son discours du 14 juillet le président a affirmé : "Quoi que dise le Conseil constitutionnel, j’ai dit aux Français que la ’règle d’or’ ne figurerait pas dans la Constitution. (...) ». Pendant ce temps, le président socialiste de la commission des lois de l’assemblée nationale Jean-Jacques Urvoas indique sur son blog : [en droit pur, il paraît difficile de constater que le « Traité sur la stabilité, la croissance et la gouvernance au sein de l’Union économique et monétaire » (TSCG) ne porte pas atteinte aux « conditions essentielles d’exercice de la souveraineté nationale.] En effet, ce traité n’étant pas un traité de l’Union européenne puisque ni l’Angleterre ni la République Tchèque ne l’ont accepté, il s’agit d’un abandon de souveraineté nationale automatique par un transfert de compétences au Conseil européen et à la Cour de Justice européenne. Cela ne correspond donc pas à l’autorisation donnée par la constitution française pour les transferts de compétences au nom de la participation à l’UE.

Il serait donc invraisemblable qu’une telle modification, ayant pour objet de renforcer les politiques libérales avec un objectif central et obsessionnel de réduction au maximum des dépenses publiques quel que soit le contexte, puisse être mise en œuvre par une loi votée à la simple majorité du parlement. La bataille contre le traité de l’austérité et pour le référendum est donc la tâche de la rentrée.
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Re: nouveau "Parti de Gauche"

Messagede Nico37 » 30 Juil 2012, 00:33

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Re: nouveau "Parti de Gauche"

Messagede mimosa rouge » 30 Juil 2012, 08:21

Nico, t'es a l'affut de tout ! :clap:
mimosa rouge
 
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Re: nouveau "Parti de Gauche"

Messagede Nico37 » 31 Juil 2012, 01:26

mimosa rouge a écrit:Nico, t'es a l'affut de tout ! :clap:

Oh j'ai presque 6 mois de retard puisque ledit forum a l'air de dater du 01/02/12... ça a l'air tellement calme que je suis presque tenté de proposer de donner l'url à tous les exclus du FAR...

Raoul Marc Jennar rejoint le Parti de Gauche

"On ne naît pas citoyen. On le devient. On fait le choix d’être acteur dans la Cité. Ou d’être simplement témoin du temps qui passe. On agit ou on subit.

A l’origine de la démarche citoyenne, une cristallisation a eu lieu sans bien souvent qu’on s’en rende compte. L’école, les lectures, le milieu familial et social, la confrontation au réel y contribuent. On se cherche des références et on se crée un Panthéon. Le mien est peuplé par Socrate, Antigone, Démosthène qu’ont rejoint Cincinnatus et Cicéron suivis par les philosophes des Lumières, puis par les femmes et les hommes qui ont animé le souffle formidable de 1789 à 1793 pour briser les chaînes de la tyrannie et de l’obscurantisme. L’immense Jaurès s’y est ajouté ainsi que Gandhi et les anonymes de cette armée des ombres qui a lutté contre le fascisme dont la geste me fut mille fois racontée tout au long de mon enfance et de ma jeunesse.

L’Histoire offre des repères pour une morale de vie où la dignité qui est en chaque être humain est le bien le plus précieux, où le combat pour la liberté est inséparable de l’exigence d’égalité. Elle nous forge pour que, le moment venu, nous fassions ce qu’il faut faire.

J’appartiens à une génération qui n’avait pas besoin qu’on lui demande de s’indigner tant l’indignation devant l’injustice était spontanée. Dans les années soixante, il n’était guère concevable de ne pas s’engager, Oh oui, nous voulions «retrouver l’homme partout où nous avons trouvé ce qui l’écrase » (Malraux). Oh oui, nous voulions « changer la vie » !

L’espérance née le 10 mai 1981 s’est fracassée deux ans plus tard sur le reniement, poursuivi par l’interminable – et semble-t-il inachevée – dérive sociale-libérale d’un socialisme français qu’on avait cru renaître à Epinay. Avec quelle fougue et quelle arrogance, ceux dont la mission historique était de protéger les plus faibles sont devenus les complices des puissants ! Avec quelle duplicité ceux qui prétendaient incarner la gauche ont répondu aux attentes des commanditaires de la droite ! L’Histoire a dès à présent enregistré que les avancées les plus décisives en France et en Europe de la dérégulation, (en particularité financière) de la privatisation, du primat de la concurrence de tous contre tous, de la remise en cause par l’Union européenne des acquis démocratiques et sociaux furent et sont le fait de gens se réclamant de la social démocratie. Ces gens et le parti dans lequel ils agissent ne méritent en aucune façon ma confiance.

Que de désenchantements, que de déceptions tout au long des trente, quarante années écoulées ! Mais comme le rappelle le grand Jaurès, « L’Histoire enseigne aux hommes la difficulté des grandes tâches et la lenteur des accomplissements, mais elle justifie l’indicible espoir. »

Le socialisme démocratique, c’est-dire le projet d’une société de liberté et de justice, d’une République démocratique et sociale demeure pertinent. Aujourd’hui, l’exigence vitale d’une nouvelle relation entre l’humain et la nature complète ce projet. Ce projet requiert l’engagement. Mais la question se pose inévitablement des modes et des formes de celui-ci.

Parce que je suis convaincu que la fin se trouve déjà dans les moyens employés, rien strictement rien – et surtout pas les circonstances du moment – ne peut être invoqué pour justifier des moyens contraires à la fin promise et recherchée.

Parce que je suis fondamentalement adogmatique, j’éprouve une détestation profonde pour les groupes humains dès lors qu’ils sont organisés en églises. Qu’elles soient religieuses ou politiques. Avec leurs textes sacrés, leurs dogmes, leurs prophètes, leurs prêtres et leurs fidèles. Où perpétuer la structure tient lieu de raison d’être. Au point même d’enfreindre la foi proclamée.

J’entends le rassemblement de femmes et d’hommes dans une structure comme la réponse momentanée à une nécessité. Une association, un mouvement, un parti ne sont pas des fins en soi. Ce sont des outils qu’il faut, à un moment donné, abandonner ou transformer.

Mon engagement, je veux le mettre au service d’une action politique qui tend vers la satisfaction, dans la liberté républicaine, des exigences du socialisme démocratique et de l’écologie.

Je veux servir cette cause au sein d’un parti ouvert et démocratique, qui donne toute sa place – une des premières à mon estime – à la formation permanente, qui allie réflexion et action et entend se dépasser en permanence dans l’ouverture aux défis nouveaux et à celles et ceux qui en sont les pionniers, qui donne la priorité au rassemblement de ce que Pierre Bourdieu appelait la « gauche de gauche », qui, dans un esprit internationaliste, porte l’espérance d’une union des peuples d’Europe.

J’ai tiré, dans mes écrits, les leçons de l’échec de la recherche d’une candidature unitaire en 2006 comme de l’échec du NPA. J’ai analysé aussi les raisons du succès de Jean-Luc Mélenchon au premier tour de l’élection présidentielle et de l’échec du Front de Gauche aux législatives qui ont suivi.

Voilà pourquoi, au sein du Front de Gauche dont j’ai soutenu les campagnes cette année-ci, j’ai adhéré il y a peu au Parti de Gauche."

Raoul Marc Jennar
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