Lutte Ouvrière (2013-2014)

Re: Lutte Ouvrière

Messagede Nico37 » 15 Déc 2013, 21:42

BANQUET – FETE des amis de Lutte Ouvrière A ARGENTEUIL DIMANCHE 26 JANVIER A partir de 12 heures Complexe Jean Vilar

Salle Jean Vilar : Son célèbre apéro & Son banquet

Intervention de Nathalie ARTHAUD
porte-parole nationale de Lutte Ouvrière
Quelques poèmes de Prévert par Fanny Cottençon
Après-midi dansante
Espace enfants maquillage
Librairie
Stand de fabrication de badges
Stand gâteaux-champagne (payant, à boire avec plaisir donc modération)

Salle Pierre Dux :

A 15h30, conférence scientifique Animée par Marc Peschanski, biologiste et neurophysiologiste, spécialiste des maladies neurodégénératives et des cellules-souches
« cellules-souches : la science soumise à la pression réactionnaire »

A 17 heures 30, débat avec militants de Lutte Ouvrière de PSA-Aulnay " Grève de PSA-Aulnay - récit de quatre mois de lutte "

Billets d’entrée en vente : 13 euros, demi-tarif pour les enfants de 5 à 14 ans ; auprès des militants ou en contactant par courrier ou internet D MARIETTE. Chèques à son ordre.
Nico37
 
Messages: 8488
Enregistré le: 15 Sep 2008, 10:49

Re: Lutte Ouvrière

Messagede Nico37 » 17 Déc 2013, 01:26

Conseil municipal d'Argenteuil du lundi 9 décembre 2013 : les interventions au nom des élus Lutte Ouvrière

Point 3. Sur des éléments du budget municipal qui ne sera voté qu’après les élections municipales :
Notre vote : abstention, comme nous l’avons fait sur tout ce qui concerne le vote du budget depuis juin 2012.

Point 4. Sur la « création d’une société coopérative d’HLM à vocation d’accession sociale à la société »
Notre vote : abstention
La création d’une société coopérative d’HLM pour construire directement du logement social pourrait avoir tout notre assentiment. Sauf que dans le cas présent, il s’agit d’une société ayant vocation à construire des logements en accession à la propriété, qualifiée accessoirement « d’accession sociale à la propriété ». Aujourd’hui, le manque criant de logements corrects pour les familles populaires est aggravé par les effets catastrophiques de la crise : le chômage, les emplois de plus en plus souvent en CDD, précaires, et toujours mal payés, les bas salaires, etc. Dans ces conditions, parler d’accession à la propriété, même en la qualifiant de sociale, n’est pas acceptable. Les gens qui ont le plus besoin de se loger n’ont pas l’argent pour payer un crédit à une banque, n’ont pas l’apport personnel leur permettant d’emprunter à un taux bas, n’ont pas une certitude quant à leur avenir leur permettant de s’engager dans une acquisition. Et les banques sont les premières à refuser des crédits ou alors à en accorder à des conditions rapidement insupportables pour les familles. L’accession sera pour ceux qui en ont les moyens, c’est-à-dire pas pour les familles qui en ont le plus besoin.
Le développement d’un organisme de construction de logements municipal à Argenteuil, l’ancêtre de l’actuel AB-Habitat, fut un devoir pour la municipalité de gauche d’alors. Il ne s’agissait pas de « renforcer l’attractivité résidentielle de la ville » c’est-à-dire en clair d’y attirer des familles aisées qui auraient plaisir à son centre animé et à ses berges du fleuve. Et le seul objectif qui vaille toujours la peine pour un tel organisme est de pouvoir mettre rapidement à disposition de tous les mal logés et des familles populaires un toit au dessus de leurs têtes qui soit digne de ce nom, qui réponde aux besoins et soit assorti d’un loyer accessible. Nous nous abstiendrons donc sur ce projet de la municipalité.


Point 7. « Convention de coordination de la police municipale et des forces de sécurité de l’Etat » :
Nous voterons contre cette convention de coordination, pour marquer une nouvelle fois notre opposition à l’armement de flashballs de la police municipale décidée en juin dernier.

Point 12. Sur une demande de « garantie d’emprunt au bénéfice de la la Croix Rouge » :
Je m’étonne de cette demande de garantie d’emprunt. La Croix Rouge n’est pas n’importe quelle association d’assistance. Elle est de nos jours, une gigantesque entreprise manipulant des centaines de milliards, qui dispose de sommes considérables à travers le monde, et, de fait, est intégrée dans les réseaux financiers et bancaires internationaux qui peuvent garantir ses emprunts, ou même ne pas lui demander de garantie du tout.
Ce n’est pas aux Argenteuillais de le faire à travers leur municipalité. Je m’abstiendrai donc sur ce rapport.

Point 14. « Cession de terrains à l’établissement Sainte Geneviève pour l’agrandissement du collège et la réalisation d’un lycée sous contrat d’association » :
La modification du montage de cette cession de terrains que l’on nous avait présentée au printemps dernier mériterait des éclaircissements, mais ce n’est pas sur ce point que je voudrais intervenir.
La construction de ce lycée privé à Argenteuil aura des conséquences néfastes pour les autres établissements. La situation sur ce plan est déjà profondément inégalitaire. Pour en témoigner, l’exemple du lycée Georges Braque suffit. Les élèves et les personnels subissent la dégradation de ce lycée, qui est laissé à l’abandon par les autorités. Il voit non seulement ses effectifs par classe augmenter considérablement, mais ses sections générales s’amenuiser d’année en année.
Il est certain que les autorités académiques ont des objectifs sur l’offre de formation dans les différents lycées d’Argenteuil, sur l’avenir de ceux-ci, avec en perspective la concurrence supplémentaire de ce lycée privé.
La municipalité qui a appuyé par ses votes l’installation de ce lycée a-t-elle des précisions à nous apporter sur le sujet ? Quant à nous, nous restons hostiles à tout encouragement au développement de l’enseignement religieux avec des aides ou des fonds publics. Nous voterons donc contre ce rapport.

Point 15. « Participation de la Ville au financement des écoles privées Sainte Geneviève et Notre Dame sous contrat d’association » :
Cette délibération entre dans le cadre d’obligations légales. Mais on nous demande de voter, c’est donc que l’on nous demande de cautionner ou pas cette obligation. Nous ne cautionnons pas. Nous voterons donc contre cette délibération.

Point 20.Reprise par la Ville du financement des « dépenses de fonctionnement du Centre d’Information et d’Orientation d’Argenteuil » :
Naguère, ce CIO relevait de l’Etat et de l’éducation nationale, un point c’est tout. Dans le cadre des lois de décentralisation, son fonctionnement a été remis au département. Aujourd’hui, celui-ci ne veut plus en assumer les frais. Prochainement, il devrait être repris par la région. En attendant, dans le cadre de cette valse d’autorités de tutelle, on nous demande que la charge financière soit reprise par la commune.
Il s’agit bien sûr d’un service nécessaire, en particulier pour les enfants des classes populaires. Nous voterons donc cette délibération. Mais c’est tout de même fort de café.
Au sujet de ce désengagement, les représentants du Conseil général ici présents doivent bien pouvoir enfin répondre à la question : quel était le montant de la subvention départementale pour l’opération « Zeppellin » de cet été ? Cela afin, simplement, que l’on puisse comparer avec les frais de fonctionnement des CIO qu’ils ont décidé d’économiser.

Points 23 et 24 : portant sur le règlement du différent entre la municipalité et l’association « Conjugue » :
Nous sommes intervenus à de nombreuses reprises, dans et hors du conseil municipal, sur ce que nous avons pu appeler « l’affaire Conjugue ». Nous affirmions alors qu’une conciliation était possible et nécessaire, et c’est avec satisfaction que nous constatons qu’elle est en voie de se réaliser, nous l’espérons.
A notre avis, toute association bénéficiant de subventions publiques doit être contrôlée par la population qui la subventionne. C’est une règle qui devrait d’ailleurs s’appliquer à tout ce qui bénéficie de fonds publics dans la société, et en premier lieu aux entreprises qui ramassent un vrai pactole en matière de subventions publiques. Dire cela, c’est indiquer le chemin qu’il faudrait parcourir pour réaliser un véritable contrôle de l’économie par les travailleurs et les usagers.
Revenons à l’Association qui nous occupe ce soir. La situation qui a été faite à Conjugue depuis des mois n’était pas juste. Il reste à régler la question des locaux pour ne pas laisser l’association dans des locaux inappropriés. L’ « affaire Conjugue » va, nous le souhaitons, vers un dénouement que nous approuvons. Conjugue vivra et c’est tant mieux pour tous.

Point 72 portant sur la rémunération des activités de « conseil » du receveur municipal :
Nous voterons cette délibération qui correspond donc à un supplément mensuel de 1000 euros. Quand les travailleurs, territoriaux en particulier, revendiquent 300 ou 400 euros d’augmentation mensuelle, c’est peu en comparaison.
Nico37
 
Messages: 8488
Enregistré le: 15 Sep 2008, 10:49

Re: Lutte Ouvrière

Messagede Nico37 » 21 Déc 2013, 15:45

Relever le drapeau de la lutte de classe du prolétariat (Lutte de classe, septembre 2013)

Il est vain de se perdre en conjectures sur la réalité d’un retournement de la situation économique ou d’un début de reprise. Des affirmations dans ce sens se multiplient depuis quelques semaines dans les déclarations des hommes politiques au pouvoir. Non seulement ces gens-là n’ont guère de prise sur le fonctionnement de l’économie, mais leurs discours obéissent à bien d’autres motifs que celui de décrire la réalité des choses. Et ce qui est vrai pour tous les gouvernants l’est encore plus pour un gouvernement socialiste. Le seul argument qui le crédibilise auprès de la bourgeoisie, qu’il sert aussi fidèlement que la droite, est d’être plus apte que celle-ci à faire passer des mesures antiouvrières, avec la complicité des dirigeants syndicaux.
Les éléments cités pour illustrer la réalité d’une reprise, le redémarrage des affaires aux États-Unis, en particulier dans l’immobilier, la fin du tassement de la croissance en Chine, etc., pèsent bien peu à côté de la montée inexorable du chômage, de la stagnation de la production industrielle, du recul du commerce international. Les commentateurs à l’enthousiasme le plus débridé sont obligés d’admettre que les chiffres avancés pour appuyer leur scénario d’amorce de reprise sont faibles et aléatoires. Et, par-dessus tout, pèsent de plus en plus sur l’économie la finance, les déplacements spéculatifs dont les mouvements erratiques menacent la vie économique mondiale de nouveaux effondrements.

La menace financière

Au cours des vingt dernières années, l’économie capitaliste a connu une succession de secousses financières plus ou moins généralisées, plus ou moins graves. La dernière en date, celle déclenchée par l’affaire des subprimes en 2007-2008, a failli se traduire par un krach bancaire généralisé, qui aurait eu des conséquences incalculables pour la vie économique. Mais cet effondrement ne s’est pas produit. Moyennant des interventions massives des États et des politiques monétaires, l’économie mondiale a évité un effondrement du type de celui de 1929 avec ses suites.
Les moyens mis en œuvre pour enrayer cette catastrophe ont encore amplifié la financiarisation de l’économie, avec comme conséquence l’aggravation des menaces pour l’avenir ; ils ont aggravé le parasitisme du grand capital et surtout la situation de la classe ouvrière.
La crise s’est traduite par une concentration croissante des capitaux, renforçant encore la mainmise des plus puissants sur le reste de l’économie. Elle a éliminé un certain nombre de canards boiteux du capitalisme. Mais le taux de profit est globalement élevé, les dividendes distribués également. Pour le moment, la grande bourgeoisie n’a pas trop à se plaindre de la crise. Si tant est que les grands bourgeois se préoccupent des intérêts de leur classe, et pas seulement chacun de son propre coffre-fort, la grande bourgeoisie peut se bercer d’un optimisme relatif et attendre les jours meilleurs de la reprise.
Le journal économique Les Échos des 13 et 14 septembre 2013 annonce d’ailleurs triomphalement en une : « Bourse : cinq ans pour effacer la crise du siècle » (la recherche du sensationnel l’emportant pour le rédacteur, qui néglige le fait que le siècle n’a que treize ans !). Cela dit, le constat fait par le quotidien demeure : « Le CAC 40 retrouve son niveau de septembre 2008, au moment de la faillite de Lehman » et, « en un peu plus d’un an, il a progressé de 40 % pour s’installer au-dessus des 4 000 points. »
Ce rebond considérable de la valeur des actions ne donne évidemment qu’une image très approximative de la situation économique réelle. Et, avec la quantité de liquidités déversées en permanence dans l’économie par les États, ce miroir est de plus en plus déformé par la spéculation.
Cette hausse de la Bourse reflète sans doute l’anticipation par le grand capital d’une reprise de l’économie. Mais cela n’en reste pas moins un pari spéculatif. En effet, un des problèmes majeurs de l’économie avec la financiarisation croissante est que les profits de la sphère financière viennent, en dernier ressort, de l’exploitation dans la sphère productive et que, pour reprendre la fameuse expression chère aux boursicoteurs, « l’arbre ne peut pas monter jusqu’au ciel ». Un décalage trop important entre l’économie productive et les anticipations boursières ne peut guère perdurer et l’économie productive finit toujours par se rappeler au bon souvenir des capitalistes.

L’optimisme inquiet de la bourgeoisie pour ses profits

Le fait est cependant que ce triomphalisme concernant l’avenir illustre l’optimisme présent de la bourgeoisie et son espoir que les profits des entreprises, que l’exploitation accrue de la classe ouvrière a permis de sauvegarder pendant la crise, continueront à prospérer. Et tant que les profits présents font espérer des profits plus élevés demain, au diable l’avenir à plus long terme, quand bien même le journal économique Les Échos, toujours dans son édition des 13 et 14 septembre, affirme dans les pages intérieures que « la grande finance a retrouvé de grands profits. Mais une saine et solide croissance économique n’est toujours pas là.» Ou encore : « La finance demeure intrinsèquement un facteur d’instabilité pour l’économie mondiale. »
Jean-Claude Trichet, ancien président de la Banque centrale européenne (BCE), qui se flatte du rôle des dirigeants des banques centrales, dont lui-même, dans le sauvetage de l’économie, à coups de centaines de milliards, en 2008 et après, ajoute cependant : « Nous sommes encore dans une situation dangereuse. » En en appelant aux États et aux banques pour mettre leurs affaires en ordre, il complète : « Sinon, la période présente n’aura servi qu’à préparer la prochaine crise. »
Depuis son sauvetage par les États en 2008, le système bancaire reste sous perfusion. Quatre-vingt-cinq milliards de dollars par mois déversés rien que par la banque centrale américaine pour racheter des bons du Trésor, des obligations d’État et des crédits hypothécaires, c’est-à-dire pour faire marcher la planche à billets. Mais cette perfusion ne sert même pas à soulager l’économie malade. Elle alimente pour ainsi dire directement la spéculation. Celle qui porte sur les taux de change s’est, à elle seule, accrue de 35 % dans l’année.
La grande crainte des dirigeants américains est néanmoins qu’arrêter la perfusion, si une reprise s’amorçait, provoquerait ce krach financier qu’ils se sont donné tant de mal à éviter en 2008.
Les porte-parole les plus lucides de la bourgeoisie, du genre de Trichet, se gardent bien de donner dans l’optimisme béat. Mais leur mise en garde est une façon aussi de suggérer que, pour les classes populaires, le temps des sacrifices n’est pas terminé.
« Tant que le capitalisme n’aura pas été brisé par une révolution prolétarienne, il vivra les mêmes périodes de hausse et de baisse, il connaîtra les mêmes cycles. (L’alternance entre) les crises et les améliorations (est propre) au capitalisme dès le jour de sa naissance ; elle l’accompagnera jusqu’à sa tombe », écrivait Trotsky, commentant la crise de 1920-1921.
En d’autres termes, les marxistes, en considérant les pulsations cycliques de l’économie capitaliste, n’en concluent nullement qu’une crise conduit à l’effondrement du capitalisme et que la perspective d’une révolution sociale peut résulter de cet effondrement.
La domination de la bourgeoisie sur la société d’aujourd’hui ne s’écroulera que sous l’action consciente de la classe révolutionnaire porteuse de l’avenir, le prolétariat.

Aussi, sur la question de la reprise ou pas, les marxistes n’ont pas plus que quiconque le don de prévoir l’évolution de l’économie. Mais ce sont les porte-voix mêmes de la bourgeoisie qui relèvent la fragilité de l’économie, les menaces qui découlent de la financiarisation, et qui donnent finalement tous les arguments pour douter de la moindre amorce de reprise ailleurs que dans l’optimisme professionnel des dirigeants politiques.
Une reprise hypothétique n’arrêterait pas l’offensive de la bourgeoisie contre les exploités
Au-delà de la discussion oiseuse sur la réalité d’une prochaine reprise, il est important de comprendre que, si la crise perdure et à plus forte raison si une nouvelle crise financière se traduit par un effondrement brutal de la production, cela aura des conséquences catastrophiques, pour la classe ouvrière comme pour toute la société.
Mais il est tout aussi important de garder à l’esprit que, même si la reprise s’amorçait, cela ne signifierait absolument pas la fin de l’offensive de la bourgeoisie contre la classe ouvrière.

Le grand capital a profité de la crise pour accroître le rapport des forces en sa faveur face à la classe ouvrière.
Sur le plan matériel, c’est une évidence. La condition ouvrière ne cesse de se dégrader au fil de la crise. L’aspect le plus catastrophique de cette dégradation est certainement le chômage qui a écarté de l’activité productive une part croissante de la classe ouvrière, la privant d’un salaire régulier. La généralisation de la précarité, la dégradation des protections sociales s’ajoutent au chômage pour pousser l’ensemble de la classe ouvrière sur la voie de la paupérisation.
Le poids de la fraction paupérisée du prolétariat pèse pour ainsi dire physiquement sur l’ensemble de la classe ouvrière. Le caractère même de la crise, qui a pris la forme d’une dégradation longue et continue, fait qu’un grand nombre de travailleurs sont transformés en chômeurs de longue durée, sans espoir de retrouver du travail.
Le changement du rapport des forces entre la bourgeoisie et le prolétariat se reflète dans le fait qu’en ces années de crise la bourgeoisie a augmenté de façon considérable sa part dans le revenu national au détriment de la classe ouvrière. Il se reflète autant et plus encore dans le moral et dans les consciences. Face à une bourgeoisie triomphante, alors même que son économie est en crise, la classe ouvrière est démoralisée et ne croit pas en l’avenir.
Cette situation est un élément essentiel du rapport de force. Face à la domination du capital sous sa forme la plus parasitaire et la plus abjecte, celle de l’argent-roi, la classe ouvrière se sent désarmée.
Le grand capital a réussi à faire de la crise de son économie une arme de guerre efficace contre la classe ouvrière. Il a repris tout ce qu’il avait dû céder dans les luttes de la classe ouvrière par le passé, ou, à titre préventif, dans la crainte de telles luttes dans un avenir proche.
Même en cas de reprise économique, la bourgeoisie n’a aucune raison de revenir en arrière sur ce que le rapport de force qu’elle a réussi à établir lui a permis d’imposer en défaveur du prolétariat. Elle n’y a pas intérêt politiquement. Elle a un sens aigu du rapport de force avec la classe ouvrière, car la permanence de l’exploitation et le montant de ses profits en dépendent. Et c’est particulièrement frappant en cette période de crise. Car, si la financiarisation de l’économie redistribue les cartes du point de vue de la profitabilité des différentes formes du grand capital, en premier lieu entre des placements financiers, bien plus et plus immédiatement rentables que les investissements productifs, la classe capitaliste s’est bien sortie de la crise jusqu’à maintenant, en parvenant à accroître la plus-value globale extraite de la classe ouvrière. Autrement dit, par l’exploitation accrue de cette dernière. Et cette exploitation accrue est liée au rapport de force.

Conscience de classe et rapport de force

Le rapport de force global entre la bourgeoisie et le prolétariat est cependant indissociable d’éléments subjectifs, tels le degré de conscience du prolétariat et l’état du mouvement ouvrier organisé qui l’incarne. Et c’est là où les dégâts de la crise actuelle de l’économie capitaliste et de toutes ses conséquences sont les plus graves.
Oh, dans ce domaine, le recul de la conscience de classe du prolétariat est un mouvement qui ne date pas d’hier. La crise présente a surtout poussé très loin une régression de très longue durée ! Depuis des décennies, le réformisme social-démocrate, relayé et aggravé par le stalinisme, a dénaturé, transformé les idées révolutionnaires dont le prolétariat était porteur en édulcorant, en faisant oublier, progressivement ou brutalement, l’idée même de la lutte de classe prolétarienne et ses perspectives historiques.
Dans la présente crise, la bourgeoisie n’éprouve même plus le besoin de déguiser ses préoccupations derrière les discours aussi lénifiants que mensongers de dirigeants se revendiquant en paroles du socialisme ou du communisme. Elle impose, cette fois-ci ouvertement, ses valeurs en les présentant comme celles de toute la société. L’expression « classe ouvrière » elle-même disparaît du vocabulaire pour être remplacée par « classe moyenne ».
Un des signes tangibles de cette évolution est évidemment, en France, la montée du Front national. Elle est, pour le moment, essentiellement électorale. Si cette montée dans les milieux petits- bourgeois constitue une menace grave et pour la classe ouvrière et pour la société, en facilitant la mobilisation de la petite bourgeoisie sur une base réactionnaire et antiouvrière, pour le moment, cette menace est potentielle et subordonnée à l’évolution de la situation générale et de la crise. Son aspect le plus inquiétant est l’attraction exercée par le Front national sur la fraction la plus démoralisée et la plus désorientée de la classe ouvrière.

Contrairement à ce que croient les imbéciles et les gauchistes au sens propre du terme, cette influence électorale du FN parmi les travailleurs ne se combat pas avec des slogans du genre « le fascisme ne passera pas », ni en échangeant quelques coups de poing avec les militants d’extrême droite. Le problème fondamental est la nécessité que la classe ouvrière renoue avec ses perspectives de classe et avec les valeurs du mouvement ouvrier.
La montée des pratiques religieuses, de l’influence d’organisations politiques islamistes, le repliement communautaire expriment, par-delà leurs différences profondes, la même évolution réactionnaire que l’influence du Front national.
Car il ne faut pas perdre de vue qu’une partie importante de la classe ouvrière en France, en particulier dans son noyau le plus exploité de l’industrie et du bâtiment, est cependant composée de travailleurs d’origine maghrébine et plus généralement africaine.

La responsabilité des ex-partis ouvriers et des bureaucraties syndicales

Et c’est là où est grande la responsabilité historique des courants réformistes du mouvement ouvrier, devenus depuis longtemps des partis de gauche de la bourgeoisie. En bradant les valeurs du mouvement ouvrier, en les dénaturant, ils les ont dévalorisées. En cessant de combattre l’ordre bourgeois et, pire, en le servant ouvertement au niveau gouvernemental, ils ont assumé et, pour ce qui est du PS, assument aujourd’hui la responsabilité de toutes ses tares. Et ils les assument plus particulièrement et très directement dans le monde ouvrier.
La pénétration de l’influence du FN aussi bien que, dans un autre ordre d’idées, des courants islamistes réactionnaires repose sur l’affaiblissement de la conscience d’appartenir à une seule et même classe sociale par-delà l’origine, la corporation ou la nationalité. L’individualisme, le chacun pour soi ont largement pris la place du sens de l’intérêt collectif ; la débrouillardise individuelle, celle de l’action et de la solidarité de classe. Le lumpen-prolétariat et son influence corrosive sont aussi anciens que le prolétariat lui-même, et le mouvement ouvrier conscient a toujours eu à les combattre. Mais justement, l’adoration de l’argent facile et la loi de la jungle capitaliste pénètrent d’autant plus facilement dans les quartiers populaires aujourd’hui qu’il n’y a pas, en face, un mouvement ouvrier conscient solide, fier de ses valeurs et de ses combats et capable de les propager, en particulier dans la jeunesse.
Cette conscience-là, si elle a ses racines objectives dans l’identité des intérêts des prolétaires qui ont en commun d’être exploités, résultait de décennies d’activités du mouvement ouvrier conscient. C’est cette activité consciente, volontariste, qui a d’abord été dénaturée puis abandonnée.
Les directions des grands partis, qui avaient des liens historiques avec la classe ouvrière, comme les directions syndicales, ont repris à leur compte les idées, les justifications, jusqu’aux mots même de la bourgeoisie : compétitivité, nécessité de rembourser la dette, intérêt national… Ces partis comme ces syndicats n’éprouvent même plus le besoin d’utiliser un certain langage hérité du passé et de la lutte de classe pour tromper les travailleurs, pour dissimuler le fait qu’ils sont au service des intérêts de la bourgeoisie.
Pour ne citer que cet exemple, dès l’aube du mouvement ouvrier politique, Marx mettait en garde les prolétaires de son temps contre le fait de laisser pénétrer dans leurs rangs la concurrence, idée propre à la bourgeoisie.
Aujourd’hui, c’est sans honte que partis ex-ouvriers et chefs syndicaux reprennent à leur compte et comme allant de soi le mot et la notion de compétitivité.
Dans le Programme de transition, Trotsky affirmait : « La crise actuelle de la civilisation humaine est la crise de la direction du prolétariat », pour fixer comme tâche aux communistes révolutionnaires de son époque d’« affranchir le prolétariat de la vieille direction dont le conservatisme se trouve en contradiction complète avec la situation catastrophique du capitalisme à son déclin et constitue le principal obstacle au progrès historique ».
Ce programme a été rédigé en 1938, à une époque où la crise de 1929 et ses suites avaient engendré de grandes convulsions sociales, où se posait objectivement la question de savoir qui, de la bourgeoisie ou du prolétariat, allait diriger la société. À cette époque, la classe ouvrière était présente sur la scène politique avec un grand nombre de militants encadrés et organisés. L’incapacité des directions à mener le prolétariat jusqu’au bout de son combat, conduit dans l’impasse notamment en France et plus encore en Espagne par la politique des Fronts populaires, avait débouché sur la Deuxième Guerre impérialiste mondiale.
Les exhortations de Trotsky, dans le Programme de transition, étaient non seulement le constat de la trahison des directions staliniennes et social-démocrates, mais aussi une façon d’affirmer sa conviction que la classe ouvrière saurait se relever.
Dans la crise présente, la crise des directions ne se limite pas aux dirigeants et aux appareils, mais se traduit aussi par l’affaiblissement du milieu militant qui existait dans la classe ouvrière.
Mais l’histoire du mouvement ouvrier a connu bien des périodes plus ou moins longues où, notamment après une défaite, la classe ouvrière a su relever collectivement la tête. Un des aspects de ces reprises de confiance a toujours été la capacité qu’avait le prolétariat de faire émerger en son sein de nouvelles générations de militants.
En parlant du rôle démobilisateur et criminel du stalinisme en Allemagne dans les années qui ont précédé l’arrivée du fascisme au pouvoir, Trotsky affirmait : « La classe ouvrière allemande se relèvera, mais le stalinisme, jamais. »

La classe ouvrière relèvera la tête

Que la crise continue ou, peut-être plus encore, si une reprise s’amorce, la classe ouvrière retrouvera sa combativité. Bien souvent dans le passé, c’est précisément au moment de la reprise que les luttes ouvrières ont redémarré avec vigueur. Et, dans cette reprise de combativité, un rôle essentiel reviendra aux nouvelles générations qui n’ont pas connu les déceptions du passé.
L’avenir dira autour de quels axes se produira le nouvel élan de la classe ouvrière et autour de quelles idées se retrouveront ses meilleurs éléments militants.
Les appareils réformistes hérités du passé, bien que fossilisés, partiront bien sûr avec un certain avantage, ne serait-ce qu’à cause de leur présence de longue date dans le monde ouvrier. Il serait dans l’ordre des choses que l’éveil de la classe ouvrière passe, dans un premier temps, par le renflouement des vieilles organisations réformistes, tout au plus badigeonnées en rouge, peut-être autour de nouveaux « sauveurs suprêmes » qui auront réussi à faire passer de vieilles idées pour des nouveautés.
Si ces organisations devaient rester les seules à proposer une politique pour la renaissance ouvrière, cela déboucherait inévitablement sur de nouvelles trahisons.
Voilà pourquoi il est vital, et, par certains côtés, plus encore dans cette période de recul, de défendre les perspectives communistes révolutionnaires.
Voilà pourquoi il ne s’agit pas d’ajouter un peu de rouge au langage réformiste ni de trouver de nouveaux terrains de recrutement autour des préoccupations qui concernent la petite bourgeoisie, mais de se revendiquer le plus clairement possible de la lutte de classe du prolétariat et de sa perspective ultime qui est d’arracher le pouvoir à la bourgeoisie afin de changer de fond en comble l’organisation économique et sociale.

Seule la renaissance des luttes ouvrières peut redonner à ces idées force et crédibilité. Les communistes révolutionnaires n’ont pas le pouvoir de susciter cette renaissance, qui résultera de la prise de conscience moléculaire de centaines de milliers, de millions de prolétaires. Mais il faut qu’ils saisissent toutes les occasions politiques, et, pour ce qui est de l’avenir immédiat et/ou prévisible, les prochaines échéances électorales sont une de ces occasions de lever le drapeau de l’émancipation sociale.

Affirmer des idées communistes révolutionnaires est, dans la période actuelle, aller à contre-courant. Dans le contexte de triomphe des valeurs de la bourgeoisie, de démoralisation et de recul de la conscience dans la classe ouvrière, défendre les idées communistes révolutionnaires implique de savoir affronter l’hostilité ou, peut-être pire, l’indifférence.
Mais, faut-il le rappeler ?, le courant qui a maintenu le drapeau du communisme révolutionnaire à l’époque où la barbarie nazie et la réaction stalinienne plongeaient le monde dans la plus noire des réactions, quand il était « minuit dans le siècle », l’a fait dans des conditions autrement plus difficiles. Et l’emprise stalinienne sur le mouvement ouvrier ici même, en France, et la chasse aux communistes révolutionnaires se sont prolongées bien au-delà de la mort de Staline.
La réalité objective pèse bien plus lourd que l’activité des communistes révolutionnaires, en tout cas jusqu’à ce qu’un retournement se produise dans l’état d’esprit de la classe ouvrière. Le recul des consciences favorisera les faiseurs de miracles, ceux qui prétendent découvrir de nouveaux chemins alors qu’ils n’ont fait qu’oublier les anciens.

Mais cette période a au moins un avantage qu’il faut saisir, c’est la visibilité qu’elle peut procurer même à de petites organisations. Sur le fond d’apathie et de recul du milieu militant dans la classe ouvrière, ceux qui ne sont pas démoralisés, ceux qui gardent leurs capacités militantes, surtout leurs idées et leur confiance en la capacité de la classe ouvrière à retrouver le chemin de la lutte mais aussi à renouer avec son rôle historique, sont plus perceptibles.
Ils ne seront pas suivis dans un premier temps ? Certes. Mais le jour où la classe ouvrière commencera à chercher des solutions, lorsque les premiers femmes et hommes, les jeunes, retrouveront l’envie d’agir, les militants aujourd’hui isolés seront en situation d’être les points de fixation autour desquels s’aggloméreront des dizaines ou des centaines d’autres.
Personne ne peut prédire quand et comment une telle situation se produira. En tant que marxistes, nous avons la profonde conviction que le communisme révolutionnaire est « l’expression consciente d’un processus inconscient ». Si le prolétariat est capable de reprendre à son compte les idées de lutte de classe et s’il est le seul à pouvoir les pousser jusqu’au bout, c’est-à-dire jusqu’au renversement du pouvoir de la bourgeoisie, c’est que ces idées résultent du mouvement même de la société, du mouvement même de l’histoire. Tôt ou tard, elles triompheront.
Nico37
 
Messages: 8488
Enregistré le: 15 Sep 2008, 10:49

Re: Lutte Ouvrière

Messagede Nico37 » 22 Déc 2013, 21:51

Les élections de 2014

Tous les systèmes électoraux de la démocratie bourgeoise transforment, déforment, voire faussent du tout au tout, non seulement la représentation de la population dans les assemblées législatives, conseils régionaux, généraux et municipaux, mais aussi l’expression de l’opinion publique. Cette opinion publique ne peut s’exprimer qu’à travers une série de filtres, pas nécessairement les mêmes d’une consultation à une autre.
La question des alliances électorales, l’attitude au second tour ou un éventuel appel à voter pour une organisation réformiste sont, pour une organisation révolutionnaire, des questions tactiques, qui tiennent compte du mode de scrutin mais aussi de la situation politique générale et de la taille de l’organisation, de sa capacité à se faire entendre.
Nous avons eu, au cours de notre histoire, des attitudes variées en matière de tactique électorale. L’histoire du mouvement ouvrier révolutionnaire est bien plus riche encore de façons de procéder pour tenter de faire entendre sa voix à l’occasion d’une élection par-delà les limites légales et malgré les obstacles du mode de scrutin.
Bien que les deux élections qui se succéderont en 2014, les municipales et les européennes, aient un caractère différent, nous les considérons comme deux phases successives d’un même moment électoral et qui nécessitent d’adopter une même démarche.
Les conditions actuelles sont marquées par la crise de l’économie capitaliste, avec toutes ses conséquences aussi bien sur la situation des classes exploitées que sur le fonctionnement général de l’économie, marquées en France par la politique antiouvrière menée par le Parti socialiste au pouvoir et par le fait que, même ceux qui prétendent critiquer le Parti socialiste sur sa gauche, continuent à se revendiquer de la gauche officielle, voire de leur appartenance à la majorité présidentielle. Dans ces conditions également marquées par la perte des repères de classe de la classe ouvrière, par sa désorientation politique et par sa désorganisation, nous proposons de nous présenter au nom d’un programme de lutte pour la classe ouvrière face à la crise et sur la base des idées communistes révolutionnaires, le plus clairement exprimées, sans que cette orientation qui est la nôtre dans toutes les élections puisse être obscurcie par des choix tactiques d’alliances ou d’attitudes au second tour.

En conséquence, pour les élections municipales, nous présenterons partout des listes Lutte Ouvrière sans participer à aucune liste dite d’union. Nous n’accepterons d’être présents nulle part sur la liste d’un parti qui participe au gouvernement ou qui se considère, fût-ce avec des critiques, comme faisant partie de la majorité présidentielle.
Il en ira de même, à plus forte raison, aux élections européennes.
Nous n’avons pas plus l’intention de présenter des listes communes avec le NPA, contrairement à ce que nous avons fait parfois dans le passé avec la LCR.
Même si une partie de ce que nous avons l’intention de dire sera ou pourrait être dit par le NPA, dans le contexte politique d’aujourd’hui nous tenons à mettre l’accent sur ce qui nous différencie, et pas sur ce qui nous est commun. Nous n’avons pas l’intention de noyer l’expression de ce que nous appelons sur nos affiches «faire entendre le camp des travailleurs» dans d’autres préoccupations, aussi dignes d’intérêt soient-elles, telles que l’écologie, la défense de minorités opprimées, le féminisme, etc.
Par ailleurs, en nous adressant à la classe ouvrière, nous voulons nous adresser à elle, non pas comme à une classe à plaindre, mais comme à la seule classe capable de transformer la société; non pas comme à une classe ouvrière désorientée, rejetant toute politique, mais comme à la classe ouvrière qui relève la tête et qui veut exprimer clairement une politique correspondant à ses intérêts de classe et ses perspectives historiques.

En décidant ce choix global concernant les deux élections, nous aurons à subir des pressions à différents niveaux, venant aussi bien des grands partis de gauche que de ceux qui se considèrent comme l’extrême gauche critique, de Mélenchon au NPA en passant par le PCF.
Nous avons l’habitude des pressions de cet ordre, mais il faut être conscient qu’elles seront de plus en plus fortes.
Ce vote implique donc de résister aux pressions sur l’unité, qu’elle prenne la forme de l’unité de toute la gauche contre le Front national ou l’unité de ceux qui rejettent la politique du Parti socialiste au gouvernement et se posent en alternative pour la gauche. Cette unité-là est toujours un moyen de faire taire ceux qui veulent s’exprimer au nom de la lutte de classe du prolétariat et de la perspective communiste.

Motion
Lutte Ouvrière se présentera aux élections municipales partout où elle est en situation de constituer une liste indépendante et uniquement là.
Elle présentera aux élections européennes des listes Lutte Ouvrière dans les 7 circonscriptions électorales de la métropole.

Texte adopté au Congrès de Lutte Ouvrière des 8/9 décembre 2013
Nico37
 
Messages: 8488
Enregistré le: 15 Sep 2008, 10:49

Re: Lutte Ouvrière

Messagede Nico37 » 25 Déc 2013, 17:00

Nico37
 
Messages: 8488
Enregistré le: 15 Sep 2008, 10:49

Re: Lutte Ouvrière

Messagede Nico37 » 27 Déc 2013, 00:50

Depuis quelques jours, un homme vit avec un cœur artificiel. S’il est encore tôt pour crier victoire, cette nouvelle a de quoi enthousiasmer. Ce cœur devrait permettre à un homme de 75 ans, insuffisant cardiaque en phase terminale, de vivre. Il bat au rythme d’un cœur normal. Accélère sous le coup de l’émotion puis ralentit son cours, comme n’importe quel cœur humain.
Sous réserve que cette première soit un succès, les 100 000 malades en Europe et aux États-Unis en attente d’une transplantation pourraient en bénéficier alors que, faute de greffons, seuls 5 à 7 % peuvent actuellement être greffés. Des années seront nécessaires pour évaluer les bénéfices et les risques d’une telle technologie, mais elle offre l’espoir de prolonger la vie de millions de personnes.
Cette implantation témoigne du génie des hommes. Non pas du génie d’un individu, mais du génie de la société qui, lorsqu’elle met en commun ses idées, ses savoirs et ses compétences, est capable de surmonter les problèmes les plus complexes.
Elle est le fruit de 25 années de travail collectif pour des centaines de chercheurs, d’ingénieurs, de techniciens, de médecins mais elle s’appuie aussi sur l’expérience plus longue encore des greffes cardiaques. Elle a mis à contribution les secteurs industriels de pointe comme la micro-électronique et la simulation numérique.
Il en va de même pour tous les progrès médicaux, des découvertes sur le cerveau jusqu’aux avancées sur les cellules souches. Sans compter tous les petits pas qui permettent de gagner du terrain sur de nombreuses maladies.
Oui, l’humanité est capable de grandes choses. Mais tant que la société sera fondée sur le capitalisme, sur l’exploitation et la course au profit, le progrès ne bénéficiera qu’à une minorité avec, d’un côté, le déploiement de trésors d’intelligence et, de l’autre, les inégalités et un gâchis inouï.
En France, on peut tout à la fois bénéficier des technologies et des équipes les plus performantes pour certaines maladies graves et devoir se passer de soins dentaires, de lunettes ou de médicaments faute d’argent. À l’échelle de la planète, des enfants, des femmes, des hommes meurent encore du paludisme, de la variole, du choléra, de la rougeole que l’on sait traiter. À Madagascar, une épidémie de peste vient même de se déclarer !
Les limites fixées à l’humanité ne sont pas techniques ou scientifiques, elles sont sociales. Pendant que la science et le progrès avancent, la course aux profits et l’exploitation créent le sous-développement dans les pays les plus pauvres, le chômage et la misère dans les pays riches. Que la société permette de vivre avec un cœur artificiel tout en étant incapable de nourrir correctement un milliard d’êtres humains en est la preuve accablante.
L’emprise des profits pèsera sur le devenir de cette innovation, car comme toujours avec le capitalisme, elle n’est pas qu’une affaire de cœur, c’est aussi une affaire de gros sous.
La société qui a conçu cette prothèse cardiaque est en effet cotée en Bourse. Elle appartient en partie à Lagardère qui vient de toucher le jackpot puisque, depuis l’annonce de la transplantation, la spéculation s’est jetée sur la société faisant flamber le cours des actions.
Dans l’avenir, quelle marge demanderont les actionnaires ? À quel prix se montera le cœur artificiel, estimé autour de 120 000 € ? Quelle sera la prise en charge de la Sécurité sociale ? Y aura-t-il les malades qui pourront se payer un cœur artificiel et ceux qui ne le pourront pas ?
Pour que le progrès ne soit pas confisqué par une minorité et pour qu’il couvre tous les aspects de la vie humaine, il faut une transformation profonde de la société.
Aujourd’hui, des masses colossales d’argent sont dans les mains d’une minorité qui décide seule de leur utilisation et elles finissent aspirées dans la spéculation.
Pour que l’argent aille dans la fabrication de ce qui est nécessaire et utile à tous, pour qu’il ne manque plus dans la recherche médicale, dans le fonctionnement des hôpitaux et des services publics, il faut exproprier la bourgeoisie, réorganiser l’économie sans le profit et la concurrence.
« Utopie ! » diront certains. Mais toutes les utopies le restent jusqu’à ce que l’on se donne les moyens de les réaliser. Voler dans les airs puis dans l’espace, marcher sur la Lune ont été des utopies jusqu’à ce que l’homme les réalise.
Comme le montre ce cœur artificiel, resté un projet fou pendant 25 ans, c’est avec des utopies de la sorte que l’humanité avance.
Nico37
 
Messages: 8488
Enregistré le: 15 Sep 2008, 10:49

Re: Lutte Ouvrière

Messagede Nico37 » 28 Déc 2013, 15:20

LE PROCHAIN CERCLE LÉON TROTSKY aura pour sujet : L’Europe en crise et l’immigration
VENDREDI 24 JANVIER 2014 - 20H30 Théâtre de la Mutualité 24, rue Saint-Victor Paris 5e Métro : Maubert-Mutualité - ligne 10
Participation aux frais : 3 euros
Nico37
 
Messages: 8488
Enregistré le: 15 Sep 2008, 10:49

Re: Lutte Ouvrière

Messagede Nico37 » 29 Déc 2013, 18:18

Municipales 2014 : Lutte Ouvrière en ville ce samedi. Présence aux municipales ? DERIOT Daniel 28/12
 
Organisation politique dont la porte parole Arlette Laguillier a été la première candidate à la Présidence de la République en mai 1974, Lutte Ouvrière organise ce jour des rencontres avec les chalonnais.
Les militants de LO seront ce jour de 10h à 12h et de 16h à 18h Place de Gaulle.

UNE PRESENCE AUX PROCHAINES MUNICIPALES ? UN CRENEAU A GAUCHE !

A deux reprises déjà, en juin 2001 et en mars 2008, Lutte Ouvrière a été présente aux municipales à Chalon mais aussi la dernière fois à Autun. Pascal Dufraigne, qui a été un militant syndicaliste ouvrier à Kodak a conduit une liste qui a recueilli près de 2 %. L'hypothèse d'une liste n'est pas à exclure, elle pourrait même bénèficier d'un certain " vide " à gauche de la gauche susceptible de regrouper des mécontents de la politique nationale du gouvernement. Reste que la constitution d'une telle liste n'est pas facile, mais Lutte Ouvrière qui était présent hier au Creusot envisage une liste dans cette ville également !
Nico37
 
Messages: 8488
Enregistré le: 15 Sep 2008, 10:49

Re: Lutte Ouvrière

Messagede Nico37 » 01 Jan 2014, 22:31

2014, Hollande gardera comme cap de servir le patronat Nathalie Arthaud

Dans ses vœux, Hollande s’est livré à un exercice convenu d’autosatisfaction. Le seul bilan qu’il revendique, ce sont les interventions guerrières au Mali et en Centrafrique, où l’armée française vise à perpétuer la Françafrique !
Pour lanterner les travailleurs, il a, depuis un an, agité la promesse « d’inverser la courbe du chômage ». Il parle désormais de « pacte de responsabilité » pour les entreprises : leurs cotisations seront encore réduites, sans que cela ne les engage à rien. Hollande continuera de tout faire pour contenter le patronat en priant qu’il finisse par embaucher. Et les classes populaires paieront ces cadeaux au prix fort, à commencer par la hausse de la TVA, à partir du 1er janvier.
Sauf à se mettre en travers des intérêts du grand patronat et à lui interdire de licencier, on n’arrêtera pas l’hémorragie du chômage. Mais Hollande et Ayrault ne le feront pas : les vingt derniers mois ont montré qu’ils ne s’en prendront pas aux intérêts des capitalistes.
Patienter, espérer une hypothétique reprise, voilà tout ce qu’offre Hollande aux travailleurs, aux chômeurs, aux jeunes, alors qu’il y a urgence, alors qu’à cause du chômage des millions de travailleurs sont menacés dans leur existence même. Cette situation ne peut pas durer. L’urgence pour les travailleurs est d’imposer l’interdiction des licenciements et la répartition du travail entre tous sans perte de salaire. Et cela ne dépend que d’eux.
Nico37
 
Messages: 8488
Enregistré le: 15 Sep 2008, 10:49

Re: Lutte Ouvrière

Messagede Nico37 » 02 Jan 2014, 13:55

Ville d'Argenteuil, CAAB : extraits du bulletin Lutte Ouvrière

DE QUOI DÉBOUCHER LES OREILLES
Le syndicat CGT de l’Agglomération vient de déposer un préavis de grève reconductible à partir de début janvier prochain. En cause, le fait que la direction de l’Agglo doit répondre à un certain nombre de questions, que cela traîne, et que cela doit cesser.
C’est fou comment le dépôt d’un préavis de grève a le don de stimuler la réaction quand rien d’autre n’y fait.

CHANGER SON FUSIL D’ÉPAULE, MAIS PAS AU DÉTRIMENT DES INTÉRESSÉS
Dorénavant, pour tout ce qui concerne leur situation et leurs congés, les personnels des Écoles doivent s’adresser, non plus à leur service, mais au service du personnel.
Pourquoi pas. A condition toutefois que l’on puisse répondre à leurs problèmes, et que le service du personnel dispose de tous les postes nécessaires pour répondre à leurs demandes.

NOTION… MAÎTRISE… EXPERTISE… LOIN DU MOT QUI NOUS INTÉRESSE VRAIMENT
Comme chaque année, pour les “évaluations”, on nous passe sur le grill : sait-on faire notre travail... A-t-on respecté les objectifs..., etc, etc.
Quant au mot qui nous intéresse en tout premier lieu : le mot « salaire », ce doit être un gros mot puisqu’il n’en est jamais question lors de ces évaluations.
D’évaluation annuelle en évaluation annuelle, notre salaire réel ne bouge toujours pas. À combien l’évaluation de perte de pouvoir d’achat ?

LA VOIE À SUIVRE
Lors de la grève initiée par les syndicats enseignants du primaire le 5 décembre, des agents des Écoles ont tenu à être également en grève ce jour-là.
Ce n’est pas si courant qu’enseignants et personnels aient l’occasion de se retrouver ainsi au coude à coude face à une inquiétude commune.
En tout cas, l’unité des différentes catégories de personnels est la seule voie à suivre.

TABLEAU DE L’EMPLOI : À NOUS DE LE REMPLIR
À chaque conseil municipal, un tableau des effectifs est présenté à la fin de l’ordre du jour. A ce moment, les conseillers pensent plutôt à leur lit qu’à ce tableau, à part quelques exceptions.
Mais vraiment pas facile de s’y retrouver dans ce tableau des effectifs entre les postes théoriques et les postes occupés.
Pourtant, cette question des postes est au cœur de ce que nous vivons dans les différents services. Elle touche le problème des postes non pourvus dans la réalité, et ceux qu’il faudrait créer pour assurer correctement le travail.
Recenser tous les postes manquants au niveau de la Ville et de l’Agglo, voilà une tâche à accomplir pour imposer, demain, toutes les embauches nécessaires.


SALAIRES : VOILÀ UN EXEMPLE À SUIVRE
Lors du dernier conseil municipal, les élus ont voté avec une belle unanimité le versement au receveur municipal d’une substantielle enveloppe au titre des « conseils » qu’il est censé donner en matière de finances et d’économies à la Ville. Cette rémunération supplémentaire représente grosso modo un bon millier d’euros… mensuels.

Quand les travailleurs, territoriaux entre autres, revendiqueront 300 ou 400 euros d’augmentation mensuelle, ce sera peu en comparaison !
Nico37
 
Messages: 8488
Enregistré le: 15 Sep 2008, 10:49

Re: Lutte Ouvrière

Messagede Nico37 » 03 Jan 2014, 20:54

Bruno Montmory, élu de Lutte ouvrière, a dû batailler pour rester en liste électorale à Ferrière-la-Grande 31/12

Le conseiller municipal de Lutte ouvrière se dit persuadé qu’on a voulu l’empêcher de se présenter à Ferrière-la-Grande aux prochaines municipales.

Dans Lutte ouvrière, il y a lutte. C’est donc fort logiquement que Bruno Montmory, conseiller municipal LO, a ferraillé dur, ces derniers temps, pour rester inscrit sur les listes électorales alors qu’il était visé par une demande de radiation suite à un déménagement.
Quatre fois. Bruno Montmory a dû s’y reprendre quatre fois pour enfin se faire entendre du service municipal en charge de la mise à jour des listes électorales. Et l’élu LO n’y va pas par quatre chemins et se dit persuadé qu’« on » - pronom indéfini que ce « on » - a voulu ainsi l’empêcher de pouvoir continuer à voter dans la commune et d’y présenter une liste aux prochaines municipales, comme il a bien l’intention de le faire.
Bruno Montmory a déménagé à Rousies et perdrait ainsi à première vue le droit de vote dans la commune où il résidait jusqu’à présent. Sauf qu’une disposition prévoit qu’en produisant notamment un certificat d’hébergement d’un habitant de la commune, accompagné d’une facture de fournisseur d’énergie ou de téléphone à son nom, l’intéressé peut continuer à effectuer son devoir électoral dans son ancienne commune de résidence, à la condition bien sûr d’effectuer un changement d’adresse, correspondant à celle de l’hébergeur. Ces conditions et toutes les autres, l’élu Lutte ouvrière les réunit, mais a dû essuyer plusieurs refus, au point de venir vendredi flanqué d’un huissier pour faire constater les faits. Ce lundi, c’est cette fois en compagnie de Jean-Charles Cornut, représentant LO en Sambre-Avesnois et conseiller municipal de Fourmies et de son hébergeuse que le militant est revenu à la charge. Sa demande a dans un premier temps été une nouvelle fois rejetée par l’employée de mairie. Les échanges sont restés courtois, même si les deux élus ont parfois haussé le ton. Notamment sur cet article qui stipule que « les services de la mairie chargés de recevoir les demandes n’ont pas qualité pour refuser le dépôt d’une demande et en apprécier le bien-fondé. Cet examen relève exclusivement de la commission administrative compétente ». « C’est exactement ce que vous êtes en train de faire ; vous vous érigez en juge », a tonné J.-Ch. Cornut, qui s’est aussi emporté quand l’employée a qualifié l’attestation d’hébergement de « faux ». Finalement, après un échange téléphonique avec la secrétaire générale de la sous-préfecture, Bruno Montmory a été maintenu sur la liste dans l’attente d’un examen de son dossier en commission, le vendredi 3. Mais il reste persuadé qu’« on » a tenté de jouer la montre pour passer le cap fatidique du 31 décembre, au-delà duquel il ne pouvait plus rien tenter.
Nico37
 
Messages: 8488
Enregistré le: 15 Sep 2008, 10:49

Re: Lutte Ouvrière

Messagede Nico37 » 04 Jan 2014, 16:36

Image
Nico37
 
Messages: 8488
Enregistré le: 15 Sep 2008, 10:49

Re: Lutte Ouvrière

Messagede Nico37 » 05 Jan 2014, 14:28

Planétarium : Lutte Ouvrière dénonce les conditions du ménage 01/01

En donnant des marchés à des entreprises extérieures, nous sommes complices de l'exploitation de ces travailleurs », a affirmé Marie-Andrée Marsteau.

(...)
Nico37
 
Messages: 8488
Enregistré le: 15 Sep 2008, 10:49

Re: Lutte Ouvrière

Messagede Nico37 » 08 Jan 2014, 01:17

Nathalie Arthaud ne sera pas tête de liste à Vaulx-en-Velin 07/01

C'est Marie-Andrée Marsteau qui sera chargée d'emmener la liste Lutte Ouvrière dans la commune de l'Est lyonnais.
La porte-parole nationale du parti se présentera, elle, aux élections européennes sur la liste de l'île de France. Lutte Ouvrière "présentera une liste à Vaulx-en-Velin" pour "faire entendre le camp des travailleurs et dire tout le mal que nous pensons du gouvernement et de la politique socialiste" précise-t-elle dans Le Progrès. Le parti mène actuellement une campagne au niveau local pour constituer sa liste.
Nico37
 
Messages: 8488
Enregistré le: 15 Sep 2008, 10:49

Re: Lutte Ouvrière

Messagede Nico37 » 12 Jan 2014, 13:55

Le bouffon antisémite et les hypocrites qui lui servent la soupe

S’appuyant sur la circulaire envoyée hier à tous les préfets par Manuel Valls, plusieurs municipalités, dont Bordeaux et Nantes, ont décidé d’interdire les spectacles de Dieudonné.
Derrière l’image anti-système qu’il veut se donner, Dieudonné prospère, au propre et au figuré, sur l’antisémitisme. Il cherche ses amitiés et ses références du côté des pires ennemis des travailleurs, Jean-Marie Le Pen, parrain de sa fille ou Alain Soral, un des idéologues connus de l’extrême droite.
Mais en interdisant ses spectacles, Valls, qui n’a pas hésité à tenir lui-même des propos xénophobes sur les Roms et qui a expulsé plus de 35 000 étrangers en 2013, sert la même soupe, et en plus lui fournit l’occasion de jouer les victimes.
Le combat contre l’antisémitisme, et plus généralement contre le racisme, ce n’est pas sur un terrain juridique qu’on peut le gagner, mais c’est un combat de chaque jour, sur le terrain.
Nico37
 
Messages: 8488
Enregistré le: 15 Sep 2008, 10:49

PrécédenteSuivante

Retourner vers Organisations, partis, mouvements politiques

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun-e utilisateur-trice enregistré-e et 2 invités