A Cognac, le Front de gauche radicalise son opposition 12/06L’« assemblée citoyenne » de lundi soir réunissait membres du Parti de gauche et du Parti communiste autour du bilan du maire, qui a été sévèrement attaqué.
Que font encore Jean-Marie Masson (Parti communiste), Sylvie Mamet (Parti de gauche) et Serge Lebreton (Parti de gauche) dans l’actuelle majorité municipale ? Il n’est pas nouveau que ces trois militants, élus sur la liste d’union de Michel Gourinchas en 2008, désapprouvent une grande partie des choix du maire, auquel ils reprochent globalement de « ne pas avoir de colonne vertébrale » et d’être devenu un simple gestionnaire.
À quelques exceptions près, lundi soir, lors de l’« assemblée citoyenne », la longue liste de critiques formulées par Serge Lebreton, adjoint au maire, n’avait rien à envier à ce que pourrait par exemple reprocher un Noël Belliot, candidat déclaré de la droite pour les prochaines municipales.
« Ça nous fatigue ! »L’attribution du marché des transports en commun à Transdev, le recul quant à la mise en place d’une régie directe pour l’eau, l’exposition sur l’Azerbaïdjan, les voyages à Miami, Cognac plage, le festival Rire et Rock de Gérald Dahan, l’extension de la zone commerciale du Mas de la Cour, le projet (avorté) de résidence aux Chais Monnet… Serge Lebreton a tapé sur tous ces sujets estimant qu’à chaque fois, Michel Gourinchas avait été coupable de « passivité », de « marche-arrière » ou de « manque de vision ». Et de prendre l’exemple encore du city-stade de la Passerelle qui va être déplacé vers l’ancien site de l’hôpital. « Si à chaque fois que deux riverains râlent, on change d’avis alors que ça a été voté en conseil de quartier, ça ne peut pas marcher. » L’extinction (abandonnée) des lumières la nuit ? « Il y a eu une levée de bouclier de deux ou trois mamies puis soi-disant des problèmes techniques… Et on a tout arrêté… Ça nous fatigue ! »
La culture ? « On s’est opposé à la politique culturelle proposée. Aujourd’hui, il y a deux gros festivals (Coup de chauffe et Blues Passions) qui prennent une grosse partie du budget. En dehors, on a un musée et un vieux musée (des Arts du cognac, NDLR) qui ne sert à rien. »
La labellisation Ville d’art et d’histoire a été vivement critiquée pour son coût. La politique sociale ? « Il n’y a aucune politique de solidarité. Ce qui est fait revient à peu près à ce que faisait l’ancienne majorité (de droite). »
Serge Lebreton a été plus tendre avec la commission qu’il préside, celle du personnel. Il s’est satisfait d’avoir mis en place des fiches de poste et une mutuelle tout en regrettant que les rémunérations ne soient pas plus élevées.
Seuls la cantine à 1 € et le Cep’âge (ateliers pour les seniors) ont trouvé grâce aux yeux des intervenants… Et encore, quelques bémols ont été émis. Dans la foulée de Serge Lebreton, Jean-Marie Masson a attaqué la logique purement comptable de la majorité socialiste.
L’élu communiste, responsable de la section PC de Cognac, est allé jusqu’à regretter le temps où il siégeait dans l’opposition. « J’ai vécu mon premier mandat avec plus de bonheur. Au moins, j’avais l’impression de servir à quelque chose. » Tout du moins avait-il l’impression de pouvoir donner la parole à des causes comme la défense de l’hôpital public, le refus des licenciements chez Martell, etc.
« On m’a mis dans une commission (appel d’offres) où, par définition, je ne peux pas parler », a -t-il déploré, pensant sans doute que le Conseil municipal n’était qu’une tribune. Et de terminer : « Ce n’est pas facile de vivre dans une majorité plurielle ! »
Plurielle aussi est la position des communistes, qui est loin d’être tranchée vis-à-vis de l’équipe en place. Jean-Marie Masson sait que personnellement, il ne pourra pas être sur la liste de Michel Gourinchas pour la simple raison que ce dernier ne veut que des gens qui résident à Cognac. Jean-Marie Masson vit à Saint-Yrieix.