Festival Raisons d’agir à Poitiers

Festival Raisons d’agir à Poitiers

Messagede Pïérô » 02 Avr 2014, 13:21

Festival Raisons d’agir, Poitiers 9-11 avril 2014

Festival Raisons d’agir 2014 : « L’amour de l’ordre — Conservateurs, réactionnaires, intégristes, etc. »

Pour eux, l’organisation de la société va de soi. Il y aurait des chefs « naturels », des valeurs intangibles, des différences inscrites dans la nature des choses. La démocratie serait au mieux une technique pour sélectionner les meilleurs d’entre eux. L’égalité ne serait qu’une chimère. Ceux des beaux quartiers font confiance à la vitalité de l’économie capitaliste là où les plus modestes aspirent à « renverser la table ».

Ceux qui défendent la boutique contre l’étranger et les grandes firmes retrouvent quant à eux les vieux accents des campagnes contre l’impôt et la ploutocratie. Mais tous se retrouvent dans une certaine détestation des luttes pour l’émancipation humaine. La complémentarité « naturelle » des sexes et la hiérarchie des cultures restent une sorte de vocabulaire commun à ces différents courants, sous une forme plus ou moins exaltée ou, au contraire, euphémisée.

La montée actuelle des discours réactionnaires invite à recontextualiser socialement et historiquement ces discours de l’ordre, dans leur diversité. Mais elle rappelle aussi que la progression des droits humains n’a rien d’inéluctable, que le progrès social repose sur l’action convergente de certaines fractions des classes populaires et des classes occupant une position plus élevée dans l’espace social. Elle met en évidence que nous sommes, en bien des situations, conduits à accepter le sort qui nous est fait, l’ordre social et politique qui nous est imposé. Et que l’aspiration à la transformation sociale est le produit d’un travail, d’une volonté, d’un apprentissage à la fois individuel et collectif.

Le festival Raisons d’agir 2014 mettra ces questions en débat en croisant, comme à son habitude, les savoirs des sciences sociales, le point de vue artistique et l’expérience citoyenne. Pour encourager la participation du plus grand nombre, les sessions seront organisées selon des formats différents : projections, lectures, conférences-débats, présentations de matériaux d’enquête, tables-rondes.

A partir de ces différents apports, il s’agira de formuler et de tenter de répondre ensemble à toute une série de questions. Qu’en est-il des transformations actuelles des discours de l’ordre ? En quoi le contexte économique et politique favorise-t-elle leur regain de popularité ? Quel est le rôle joué aujourd’hui par les courants religieux, en particulier intégristes ? Comment agir sur cette situation ?


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Programme


Mercredi 9 avril

À l’Espace Mendès France de 15h30 à 23h

16 h — 17h30
La transmission de l’ordre : éléments d’enquête
Par Samuel Bouron, doctorant en sociologie, Maïa Drouard, ATER en sociologie et Bertrand Geay, professeur de science politique à l’université de Picardie (CURAPP) ; et Hélène Stevens, maître de conférences à l’université de Poitiers (GRESCO). Présentation de travaux et débat animés par Pierig Humeau, postdoctorant en sociologie (CURAPP).
Comment, à partir d’entretiens, d’observations, de photos, de vidéos, comprendre ce qui se trame dans les rapports de classe et de genre en entreprise, en famille, dans le milieu associatif et les groupes militants.

18 h — 19 h 45
Projection Voyage dans les ghettos du gotha
Film de Jean-Christophe Rosé – 2008 – 105 min.
Présenté par Benoît Perraud, réalisateur et programmateur, et les étudiants de l’Associo.
Somptueux châteaux, demeures historiques, dîners dans des appartements parisiens très chics, cocktails littéraires, soirées au château de Versailles, chasses à courre ou réceptions dans des cercles très privés, Michel et Monique Pinçon-Charlot, sociologues et directeurs de recherche au CNRS, nous font découvrir un milieu qui cultive habituellement la plus haute discrétion.
Le réalisateur, Jean-Christophe Rosé, les a suivis pendant plus d’un an, alors qu’ils enquêtaient puis travaillaient à l’écriture de leur ouvrage Les ghettos du Gotha. Comment les aristocrates et les grands bourgeois éduquent-ils leurs enfants ? Quel est le rôle de la femme au sein de cette classe sociale ? Comment se rencontrent-ils et se marient-ils ? Quels sports et quels loisirs pratiquent-ils ? Le réalisateur s’est associé à ces auteurs de plusieurs livres sur le sujet, pour tenter de répondre à ces questions.
Des châteaux de l’Oise aux salons parisiens des clubs les plus chics, les grands bourgeois s’emploient assidûment à maîtriser leur environnement géographique et social. Ils se protègent des autres, quitte à former parfois des ghettos.

21 h — 23 h
Conférence – débat avec Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, sociologues
Soirée d’ouverture animée par Maïa Drouard, sociologue, ATER à l’université de Picardie (CURAPP) et les étudiants de l’Associo.
Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, sociologues et directeurs de recherche au CNRS jusqu’en 2007, travaillent depuis bientôt 30 ans sur la grande bourgeoisie. Au début de leur carrière, leurs travaux respectifs portant sur la ségrégation spatiale entre milieux sociaux. Dès 1987 ils décident d’enquêter ensemble sur les classes dominantes, leurs styles de vie et leurs façons de défendre leurs intérêts. Auteurs de nombreux ouvrages sur la grande-bourgeoisie (Les ghettos du Gotha, Châteaux et châtelains, Le président des riches, La violence des riches, et bien d’autres) M. Pinçon et M. Pinçon- Charlot s’essaient depuis quelques temps à d’autres formes d’écriture comme le documentaire (Au bonheur des riches) ou encore à la bande-dessinée (Riche, pourquoi-pas toi ? avec Marion Montaigne).


Jeudi 10 avril

Parcours dans la ville de 10h à 12h
Promenade sociologique : Poitiers et « l’amour de l’ordre »

Animée par les étudiants de l’Associo et Hélène Stevens, maître de conférences en sociologie à l’université de Poitiers (GRESCO).
Départ 1 (dénivelé important) à 10h00, du belvédère des Dunes
Départ 2 (dénivelé réduit) à 10h45, de la Cathédrale Saint Pierre.
Arrivée à 12 h à la Préfecture !
L’histoire de Poitiers est en grande partie une histoire d’uniformes : habits religieux, costumes et casquettes des écoliers et collégiens, toges universitaires, robes des magistrats et tenues militaires, « l’amour de l’ordre » a ainsi longtemps été manifeste, incarné par les vêtements des habitants de la ville. Cette promenade dans les rues et places de Poitiers nous permettra d’éprouver cette sédimentation des différentes formes d’ordre – et de désordre – qui ont structuré et structurent toujours la ville, au gré des luttes entre champs religieux, militaire, économique, administratif et culturel.

À l’Espace Mendès France de 13 h 30 à 17 h 30

13 h 30 – 15 h
De nouveaux réactionnaires ?
Table-ronde avec Gérard Mauger, sociologue, directeur de recherche émérite au CNRS, membre de l’association Savoir/Agir, « Quelques aspects de la rhétorique réactionnaire », et Samuel Bouron, doctorant en sociologie (CURAPP), « Le mythe d’une extrême-droite antisystème. Comment les médias fabriquent Alain Soral ».

15 h 30 — 17 h 30
Un certain goût du passé
Table ronde avec Laurent Colantonio, maître de conférences en histoire contemporaine à l’université de Poitiers (GERHICO), membre du Comité de vigilance face aux usages publics de l’histoire, « Sur quelques usages récents de l’identité nationale », Francine Muel-Dreyfus, sociologue, directrice d’études à l’EHESS (CESSP), « Vichy et la pensée conservatrice : continuités et ruptures », et Maïa Drouard, sociologue, ATER à l’université de Picardie (CURAPP), « La famille traditionnelle et le sens de la propriété ».

Librairie La Belle Aventure de 18h à 19h30
Rencontre avec Pierre Christin
scénariste, écrivain, universitaire
Scénariste de bande dessinée, Pierre Christin est un personnage majeur de l’histoire de la bande dessinée. Il écrit sa première BD dans les années 1960 avec Jean-Claude Mézières, son ami de jeunesse, alors qu’il sillonne le grand ouest américain. De retour en France, il lance avec lui la saga de fiction Valérian en 1967 et collabore avec le magazine Pilote. Plus tard, Il travaille entre autres avec Jacques Tardi, François Boucq, Enki Bilal (Les phalanges de l’ordre noir, Partie de Chasse) et Annie Goetzinger (La Demoiselle de la Légion d’honneur, Paquebot).

Salle Timbaud, rue Saint-Paul à 21h – Tarif unique : 2€
Projection de Autrement la Molussie
Film de Nicolas Rey – 2012 – 81 min – 16 mm
Un film en neuf chapitres présentés dans un ordre aléatoire, basés sur des fragments de « La catacombe de Molussie », roman allemand écrit entre 1932 et 1936 par Günther « Autrement ». Des prisonniers d’une geôle d’un état fasciste imaginaire, la Molussie, se transmettent des histoires à propos du dehors, comme autant de fables à portée politique et philosophique.
Séance organisée en partenariat avec Nyktalop Melodie dans le cadre des séances Écran Parallèle, programmation consacrée au cinéma d’images plurielles (avec l’Université de Poitiers). L’association Nyktalop Mélodie intervient sur tout type de création visuelle et sonore, via des activités de diffusion, d’initiation et de production. http://ofni.biz


Vendredi 11 avril

À l’Espace Mendès France de 14 h à 19 h

14 h — 17 h
L’éternel retour ?
Table ronde avec Rémi Lenoir, professeur émérite à l’université Paris 1 (CESSP), « Néo-familialisme et libéralisme économique », Eric Marlière, maître de conférences à l’université de Lille 3 (CeRIES), « Parcours d’un musulman ‘salafis’ dans un quartier », Julien Beaugé, postdoctorant en science – politique (CURAPP), « Ordre national, ordre laïque ? La « question du voile » dans les « lieux neutres » », Juliette Rennes, maîtresse de conférences à l’EHESS (Cems), « Femmes, étrangers, couples de même sexe : les arguments contre l’égalité des droits, de la fin du 19e siècle au début du 21e siècle ».

17 h 30 — 19h
Comprendre pour agir
Conférence de Patrick Lehingue, professeur de science politique à l’université de Picardie (CURAPP), « Un conglomérat électoral ‘désordonné’ ? Les votes frontistes en France ».
Débat sur la montée actuelle des courants conservateurs.

TAP Castille à 21h – Tarif unique : 5 €
Projection de Spectres
Film de Sven Augustijnen – 2011 – 104 min.
En présence du réalisateur et de Claude Quémar, responsable du Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers-Monde.
Cinquante ans après son assassinat, Patrice Lumumba, Premier ministre du Congo indépendant, hante à nouveau la Belgique. A travers des rencontres, des conférences et un retour au Congo, un haut fonctionnaire belge qui fut présent à Elisabethville en ce jour sanglant du 17 janvier 1961, tente de conjurer les fantômes du passé. Rythmé par des extraits de la Passion selon Saint Jean de Jean-Sébastien Bach, Spectres nous plonge dans la page la plus sombre de la décolonisation du Congo belge. Interrogation sur le corps biopolitique, cet essai documentaire expose également l’ambivalence d’une historiographie troublée par la question traumatisante de la responsabilité et de la culpabilité.



Informations pratiques

Le festival est ouvert à tous.
L’accès à l’ensemble des manifestations est libre et gratuit, hormis aux projections de Autrement, la Molussie, à la salle Timbaud le jeudi à 21h au tarif unique de 2€, et de Spectres au cinéma TAP Castille, le vendredi à 21h au tarif unique de 5 euros. La librairie La Belle Aventure proposera une sélection d’ouvrages.

Espace Mendès France,
1 place de la Cathédrale, Poitiers. Tel : 05 49 50 33 08
http://emf.fr

Librairie La Belle Aventure
15 rue des Grandes Écoles, Poitiers. Tel : 05 49 01 32 21

Cinéma Tap-Castille
23 place du Maréchal Leclerc, Poitiers. Tel : 05 49 39 40 00


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Re: Festival Raisons d’agir à Poitiers

Messagede Pïérô » 08 Avr 2015, 14:29

Festival Raisons d’agir 2015

Jeunesses.
« No Future ? »

Du 8 au 10 avril 2015 à Poitiers

La 10e édition du festival Raisons d’agir mettra donc en discussion le rapport des jeunes d’hier et d’aujourd’hui à l’engagement. Plus encore qu’à l’occasion des précédentes éditions, il s’agira de croiser les expériences individuelles et collectives et les savoirs issus des sciences sociales, le regard des cinéastes, la sensibilité des artistes.


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Re: Festival Raisons d’agir à Poitiers

Messagede Pïérô » 22 Mar 2016, 10:00

Festival Raisons d'agir : l'Europe et ses pouvoirs (du 23 au 25 mars 2016)


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L’Europe et ses pouvoirs

Le traitement imposé à la Grèce, au printemps 2015, a comme valeur d’exemple : suffrage universel bafoué, sentiment national humilié, classes les plus pauvres ruinées, le tout au nom de l’Union européenne et de ses banques. Comment un tel scenario a-t-il été possible ? Comment les tenants du libéralisme économique sont-ils parvenus à imposer un ensemble d’institutions et de politiques publiques essentiellement centrées sur les modalités de la compétition économique et sur l’austérité budgétaire, y compris s’il le faut, sous une forme autoritaire ? L’idée européenne, les institutions européennes se réduisent-elles à cela ? Ne peuvent-elles produire que cela ?

Face au reste du monde, l’Europe présente aujourd’hui un singulier visage : celui de murs et de barbelés qui se dressent partout le long de ses frontières pour refouler des centaines de milliers de réfugiés politiques et économiques. Là encore, on semble loin de la promesse d’un continent pacifique, rayonnant dans le monde par son attachement aux droits et à la tolérance. Comment l’Union européenne peut-elle être aussi impuissante ? Quels recours ont les citoyens ?

Au fond, nous connaissons mal l’Europe. D’ailleurs, les élections européennes sont celles où le taux d’abstention atteint souvent des taux record. Selon que l’on parle de l’industrie, de l’agriculture, de l’environnement, de l’éducation ou des droits de l’homme, le fonctionnement des institutions européennes est en réalité assez varié. Et les prérogatives des différentes institutions européennes restent floues et mal connues. Quelques symboles tentent de donner corps à l’Europe : l’Eurovision, la ligue des champions ou encore les étudiants d’Erasmus. Mais le sentiment d’une communauté européenne et un espace de délibération à l’échelle du sous-continent peinent à se constituer.

De leur côté, ceux qui font l’Europe, euro-fonctionnaires, parlementaires, experts, représentants de groupes d’intérêt, journalistes, vivent repliés sur eux-mêmes. Le quartier européen de Bruxelles est le lieu rêvé des lobbies qui veulent défendre leurs intérêts financiers. Ce monde du pouvoir européen a même ses chercheurs en sciences sociales, qui développent eux aussi leurs propres outils d’analyse, selon des schémas qui justifient le discours des technocrates sur l’importance d’une certaine intégration européenne.

Se réapproprier la connaissance de ce qui fait l’Europe au quotidien, dans ses règles de fonctionnement comme dans ses réalités sociales, est donc un enjeu particulièrement important. Les chercheurs en sciences sociales et tous ceux qui veulent peser sur la situation actuelle doivent trouver les leviers pour repenser les enjeux européens, pour dévoiler les mécanismes à l’œuvre et penser les alternatives possibles.

Fidèle à sa formule, le festival Raisons d’Agir associera le regard des chercheurs à celui des artistes, des militants et des étudiants, afin de mener une réflexion collective sur les débats politiques contemporains et ainsi d’y prendre part. Il s’agira de croiser, sur ces questions difficiles, les expériences individuelles et collectives, les savoirs et l’approche sensible des faits.




Mercredi 23 mars 2016 : L'expérience des peuples européens (A l'Espace Mendès France)

Toute transformation des politiques européennes semble vouée à se heurter à l'intransigeance des institutions de l'Union, aux intérêts du patronat allemand et à la montée des idéologies réactionnaires. Pourtant, des idées nouvelles et de nouveaux modèles de pratiques solidaires nous viennent d'Italie, de Grèce, d'Espagne, du Portugal. Quels enseignements en tirer pour nous-mêmes et pour l'avenir des sociétés européennes ?

16h00-17h30 : Table-ronde : Expériences militantes en Espagne et en Grèce, animée par Clémence Michoux
• Pascal Boissel, psychiatre, collectif France-Grèce solidarité santé.
• Pascal Canaud, professeur d'espagnol, syndicaliste.
• Odile Méndez-Bonito Magniez, réalisatrice documentaire.

17h30-19h00 : Projection de film : Voyage en Grèce en temps de crise, de Georgios Zois et Nikoleta Leousi, 2015 (1h20), présenté par Benoit Perraud.

De nombreux médias, journalistes et documentaristes ont donné leur point de vue sur la crise qui touche la Grèce depuis quelques années. Ce programme de courts-métrages est une déclaration d'amour-soutien aux créateurs grecs qui, par le biais de la fiction, s'expriment sur les conséquences de cette crise avec une liberté de ton et des choix de réalisation qui forment un programme de films essentiel et complet. Chacun de ces courts-métrages est une œuvre de qualité mais l'ensemble du programme fait sens. Ces sept courts-métrages ont été sélectionnés dans de nombreux festivals européens et internationaux.

20h30-23h00 : Conférence-débat : La solidarité contre l'austérité, animée par Pierig Humeau
• Alexis Cukier, philosophe (Sophiapol, Université Paris Ouest), auteur avec Stathis Kouvélakis de La Grèce, Syriza et l'Europe néolibérale. La Dispute, 2015.
• Robert Salais, économiste (Ecole Normale Supérieure de Cachan), auteur de Le viol d'Europe, Enquête sur la disparition d'une idée, PUF, 2013.


Jeudi 24 mars : La fabrique de l'Europe (A l'Hôtel Fumé)

Qu'ils s'agissent des milieux d'affaires, des bureaucrates à Bruxelles, des syndicalistes ou des militants associatifs, l'Europe leur tient à cœur mais, bien souvent, en un sens fort différent : lobbying pour les uns et Europe des droits sociaux, de l'écologie et des droits de l'homme pour les autres. Qui sont ces juges ? Comment pèsent-ils dans les réglementations générales ? Quelle Europe (se) fabriquent-ils ?

10h30-12h00 : Table-ronde : Ce que l'Europe fait à l'agriculture, animée par Benoit Leroux
• Jacques Pasquier, syndicaliste, membre du Conseil Economique, Social et Environnemental
• Des militants de la Confédération Paysanne

12h00-14h00 : Buffet, préparé avec la Confédération paysanne, prix libre.

14h00-15h45 : Table-ronde : Ceux qui font l'Europe, animée par Samuel Bouron
• Sylvain Laurens, sociologue (EHESS, Centre Simmel), auteur de Les courtiers du capitalisme. Milieux d'affaires et bureaucrates à Bruxelles, Agone, 2015.
• Hélène Michel, politiste (Université de Strasbourg, SAGE), auteure avec Elisabeth Lambert du Dictionnaire des acteurs de l'Europe, Larcier, 2014.

16h15h-18h00 : Table-ronde : Ce que font les institutions européennes, animée par Maïa Drouard
• Antonin Cohen, politiste (Université Paris Ouest, ISP), auteur de De Vichy à la Communauté européenne, PUF, 2012.
• Céline Husson, juriste (Université de Picardie, CURAPP-ESS), auteure de Droit international des droits de l'homme et valeurs, Bruylant, 2012.

Au TAP Castille :
20h30 : Projection de film : Magna Graecia / Europa Impari, d'Anita Lamanna et Erwan Kerzanet, 2015 (1h17). Débat avec les réalisateurs.
Bande annonce


Vendredi 25 mars : Le repli nationaliste (A l'Espace Mendès France)

11h00-12h30 : Conférence-débat : Médias et extrême-droite en Europe, animée par Hélène Stevens
• Samuel Bouron, sociologue (Université Paris Dauphine, IRISSO), co-directeur avec Maïa Drouard de « Les beaux quartiers de l'extrême droite », Agone, n° 54, 2014.

14h00-16h00 : Table-ronde : Aux frontières de l'Europe, animée par Véronique Rauline
- Mathilde Pette, postdoctorante en sociologie (CLERSE/CERAPS - Université de Lille)
- Guillaume Marsallon, délégué de la Cimade en région Centre-Ouest
- Yves Judde de Larivière, bénévole de la Cimade, groupe Poitiers

Moving Beyond Borders", une exposition cartographique et photographique de Migreurop en coproduction avec la Cimade. Avec les regards croisés des photographes Sara Prestianni, Giovanni Cocco et Claire Belvert et des cartographes Olivier Clochard, Nicolas Lambert et Thomas Honoré.
L'exposition « Beyond Frontiers » sera installée pendant toute la durée du festival.

16h30-18h00 : Projection de film : La Nuit Remue de Bijan Anquetil, 2012 (45min).

Au bar Le plan B
21h00-24h00 : Soirée-concert: La Parisienne Libérée
"Chroniqueuse-chanteuse d'actualité depuis mars 2008, La Parisienne Libérée a d'abord publié ses chansons de manière indépendante sous forme de clips vidéos sur internet et sur scène. Elle les a ensuite interprétées en direct sur la plateau d'Arrêt sur Images, avant de rejoindre Mediapart en octobre 2011 »

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Re: Festival Raisons d’agir à Poitiers

Messagede Pïérô » 26 Mar 2018, 01:22

Festival Raisons d'agir 2018 « Révolution(s) »

Ce festival multiforme, accessible à toutes et tous, s'attache à croiser les expériences individuelles et collectives, ainsi que les savoirs issus des sciences sociales, le regard des cinéastes et la sensibilité des artistes.

Co-organisé avec l'association Raisons d'agir avec le soutien de nombreux partenaires.

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RÉVOLUTION(S)

Il y a dans l’air comme un parfum de rejet des institutions, des clivages et des manières de faire du passé. Le pouvoir en place semble pourtant s’être consolidé. Alors que les élections présidentielles avaient donné l’impression d’ouvrir la voie à une expression plus directe des aspirations populaires, il n’est plus question que d’assumer la « verticalité » du pouvoir, de restaurer « l’autorité » ou de satisfaire notre supposé goût pour les « ors de la République ».

En France, les mobilisations sociales n’ont pour autant jamais véritablement cessé, des coordinations de la fin des années 1980 aux luttes pour la défense de la Protection Sociale, des mouvements de chômeurs et précaires aux grands rassemblements altermondialistes et aux manifestations contre la loi El Khomri. Depuis une dizaine d’années, de nouvelles formes d’action voient le jour, mobilisant tout particulièrement les jeunes, aussi bien sur les enjeux écologiques que sur la question du travail ou de l’accueil des réfugiés.

Mais qu’en est-il des aspirations à une transformation d’ensemble de l’organisation économique, sociale et politique ? Les forces politiques sont-elles seules en mesure d’offrir cette alternative ? Ou l’action à l’échelle locale, sur son lieu de travail ou dans son quartier est-elle la meilleure façon de prendre le pouvoir ? À l’heure de l’explosion des « réseaux sociaux », qu’en est-il de nos capacités à démocratiser nos sociétés ? Alors que le dégoût du vieux monde semble avoir refait surface, qu’en est-il de la possibilité de construire un monde nouveau ?

50 ans après mai 1968 et un peu plus de 100 ans après la révolution d’octobre 1917, ces questions doivent être reprises à frais nouveau. En revenant à l’histoire, mais sans rabâchage et sans culte du passé. Ainsi, nous ne ferons pas de commémoration de la révolte sociale et libertaire de « mai ». Mais nous discuterons de l’actualité des luttes pour l’émancipation sociale. Nous ne déposerons nulle couronne en souvenir des soulèvements populaires qui suivirent la grande guerre de 1914-18. Mais, en prenant appui sur les films documentaires et sur les travaux d’historiens et de sociologues, nous remettrons en lumière les passions de l’époque. Et nous débattrons dans le même mouvement l’héritage de la Révolution française, de la Commune et du Front Populaire, pour interroger les dynamiques, remettre en scène les croyances, relancer les débats qui ont traversé ces moments révolutionnaires.

En mobilisant les savoirs et les œuvres sensibles, nous voulons comprendre ce qui fait l’actualité des aspirations à renverser l’ordre des choses, à se réapproprier le monde, la planète, nos vies.

Le festival Raisons d’agir est organisé par l’association Raisons d’agir-Poitiers, en partenariat avec l’Espace Mendès France et le cinéma Le Dietrich, avec le soutien financier de la ville de Poitiers, de l’U.F.R Lettres et Langues et de l’U.F.R. S.H.A de l’université de Poitiers, et de la région Nouvelle-Aquitaine dans le cadre de l’appel à projet de culture scientifique, technique et industrielle « À prendre et à débattre ».



Programme

Mercredi 28 mars


17 h - 23h
Revivre la révolution

Espace Mendès France

« La révolution n'est pas un dîner de gala » a écrit un célèbre révolutionnaire ! Mais elle est un surgissement populaire passé dans la mémoire collective, avec ses récits, ses chants, ses drames. Raconter et représenter la révolution, par le film ou la bande dessinée, c'est travailler à en montrer tout l'ancrage historique en même temps que les résonances les plus actuelles.

17h - 19h
Projections au Planétarium

L'émeute sur la barricade, Alice Guy, 1906, 4min
La Commune, Armand Guerra, 1914, 18min
La Révolution de 1848, Coopérative Générale, 1949, 20min
La Révolution Française, Gaumitz, 1989, 10min

Projections suivies d'un échange avec Benoît Perraud, auteur-réalisateur, et Thomas Dupuis, éditeur, co-auteur avec Grégory Jarry de Petite histoire de la Révolution française, édition Flblb, 2015.
Session animée par Hélène Stevens, sociologue.

20h30
Les révolutions entre colères et constructions politique

Conférence - débat avec Anne Jollet, maîtresse de conférences en histoire, université de Poitiers, coordonnatrice de la rédaction des Cahiers d'histoire. Revue d'histoire critique.
Soirée animée par Bertrand Geay, politiste.

Toute Révolution se déploie dans un Temps qui a une durée, indéterminée bien sûr pour les acteurs et actrices, faite du surgissement en son cours de nouveaux faits et de nouveaux projets à même de révolutionner l'état existant de la société. Le cas de la Révolution française est de ce point de vue remarquable, en particulier lorsqu'on s'arrête sur le moment qui précède et qui suit le 17 juillet 1791. Comment se transforment les représentations du pouvoir en place ? Quel rôle joué par la colère du peuple et par les actions politiques organisées ? Comment d'une protestation de rue passe-t-on à des mobilisations structurées sur des mots d'ordre communs, à la mise en cause du régime monarchique et à de nouveaux mouvements populaires révolutionnaires ? On mettra en débat les enseignements que l'on peut tirer d'une telle analyse.


Jeudi 29 mars

16h - 18h30
Croire en la révolution

Hôtel Fumé - Amphi Pierre Bourdieu

La révolution d'octobre 1917 et la révolte de 1968 sont passées à l'état de véritables mythes. Après avoir inspiré des générations de militants, l'une est désormais réduite à une sorte de matrice de la terreur d'État, l'autre est rendue responsable de la ruine de toutes les formes d'autorité. Mais, d'une époque à l'autre, qu'en est-il de ce qui a porté les passions révolutionnaires ? Quelles ont été les manières d'adhérer à la cause révolutionnaire ? Quelles furent les désillusions, les inventions collectives ?

Table ronde avec Bernard Pudal, politologue, professeur de science politique à l'université Paris X Nanterre et chercheur associé au laboratoire Cultures et sociétés urbaines, Boris Gobille, maître de conférence en science politique à l'École normale supérieure lettres et sciences humaines de Lyon, chercheur au Laboratoire Triangle-CNRS, et Éric Brun, sociologue, CURAPP-ESS, Amiens, et CESSP, Paris. Session animée par Pascal Boissel, psychiatre et militant, et Pierig Humeau, sociologue.

20h30
La Commune,

Cinéma Le Dietrich

Projection exceptionnelle du film de Peter Watkins (2000, 3h30)
Séance présentée par Benoit Perraud, auteur-réalisateur.

Les 17 et 18 mars 1871, le peuple parisien, qui refuse la capitulation, se révolte. La Commune de Paris est née. Alors que la télévision versaillaise rapporte l'événement de façon partielle et orientée, une commission communarde se crée et s'organise pour relayer ce moment qui, bien que majeur dans l'histoire du mouvement ouvrier, reste néanmoins l'une des périodes les plus méconnues de l'histoire de France. Les journalistes se rendent sur les lieux où naît la Commune : mairie, barricades, clubs féministes, etc. et procède à des interviews pour rendre compte à la population de la réalité. Les gens disent leurs rêves, leurs révoltes, leurs combats et opposent leurs opinions…


Dernier film à ce jour de l'immense cinéaste Peter Watkins, que nous avions reçu en 2010 pour présenter son film Punishment Park, La Commune est une expérience exceptionnelle : reconstituer l'évènement de la Commune de Paris dans un hangar aujourd'hui. Tourné avec beaucoup d'acteurs non-professionnels, certains des Versaillais ont été recrutés par une petite annonce passée dans Le Figaro alors que les communards ont été recrutés parmi les habitants du XIe arrondissement de Paris. Ils mettent leur énergie et leurs réflexions sur ce passé et le monde d'aujourd'hui, tandis que Peter Watkins introduit la représentation télévisuelle anachronique pour évoquer la construction de la mémoire collective. Une œuvre essentielle, qui s'apprécie ensemble dans une salle de cinéma. Nous vous proposons ici sa version courte (!) de 3h30.


Vendredi 30 mars

14h - 15h30
Les femmes de la révolution

Hôtel Fumé- Amphi Pierre Bourdieu

D'Olympe de Gouges à Leslie Kaplan en passant par Rosa Luxembourg, les étudiantes de 3ème année de Licence de Lettres évoqueront, à travers des dispositifs variés, le rôle parfois central des femmes dans les mouvements révolutionnaires et le lien entre révolution et émancipation féminine (droits de vote, révolution sexuelle…).
Session animée par Stéphane Bikialo et Julien Rault, maîtres de conférences en lettres, à l'université de Poitiers.

16h - 18h30
Nouvelles luttes, nouvelles pratiques

L'époque serait à la désillusion, au repli sur soi ou à l'avènement des solutions pragmatiques. Enfin, on en aurait fini avec, comme on dit, « les idéologies ». Pourtant, dans les luttes urbaines comme dans celles du travail, au cœur des enclaves zadistes comme à proximité des postes-frontières, l'aspiration à un autre monde résiste et entend s'organiser selon des voies nouvelles.
Avec les interventions :

Quartiers populaires, quartiers politiques par Denis Merklen, maître de conférences à l'université Paris Diderot - Paris 7 et membre de l'Institut de recherches interdisciplinaires sur les enjeux sociaux - IRIS, École des hautes études en sciences sociales de Paris.
Lutte urbaine. Participation et démocratie d'interpellation à l'Alma-Gare par Paula Cossart, maîtresse de conférences en sociologie à l'université de Lille III, centre de recherche « Individus, Épreuves, Sociétés » (CeRIES).
Alternatiba Poitiers par Christiane Queyreix, militante, membre Alternatiba Poitiers
Session animée par Étienne Douat, sociologue, et Pascal Canaud, syndicaliste enseignant

20h30
Chanter la révolution - Concert et bœuf musical

Plan B

Venez écouter et chanter en chœur les révolutions, le féminisme et les luttes avec Les Griottes du Baobab. Seront à l'honneur les chansons engagées qui traversent le temps et les continents. Et pour clore cette soirée festive, tous les musiciens présents seront invités à rajouter leur « griotte » lors d'un bœuf musical !

https://festivalraisonsagir.org/program ... volutions/
Image------------ Demain Le Grand Soir --------- --------- C’est dans la rue qu'çà s'passe --------
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Pïérô
 
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