Soutien à Pinar Selek

et appels à aller soutenir en urgence...

Re: Soutien à Pinar Selek

Messagede Pïérô » 09 Oct 2017, 11:23

Pinar Selek a la nationalité française

Réfugiée politique turque depuis 2009, elle vit à Nice et elle a pu compter dans son combat sur de nombreux soutiens.

Elle a le sourire ! Pinar Selek, 44 ans, a obtenu la nationalité française, et c'est à Nice, sa ville d'adoption, que cette sociologue, enseignante à l'université peut fêter l'événement.

Les démêlés de Pinar Selek avec la justice turque remonte à 1998, avant l'arrivée au pouvoir de Recep Tayyip Erdogan. A l'époque jeune chercheuse de 27 ans, elle a été accusée d'être impliquée dans une explosion ayant fait sept mort sur la base des aveux d'un jeune témoin qui s'est ensuite rétracté. Pinar Selek a été emprisonnée, et acquittée à quatre reprises. Le 25 janvier 2017, le procureur de la Cour de Cassation de Turquie a relancé les poursuites et demandé sa condamnation à perpétuité sur appel du Parquet. Une pétition est en ligne pour réclamer son acquittement définitif.

... http://france3-regions.francetvinfo.fr/ ... 39335.html
Image------------ Demain Le Grand Soir --------- --------- C’est dans la rue qu'çà s'passe --------
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Re: Soutien à Pinar Selek

Messagede Lila » 26 Déc 2017, 23:38

Non à la répression en Turquie

Tribune

La sociologue Pinar Selek est menacée d’emprisonnement à vie. Elle doit être définitivement acquittée !

C’est un fait : le régime politique turc a pris des accents autoritaires antidémocratiques, sous la férule d’Erdogan. Ce n’est pas une raison pour se résigner, au contraire : plus les citoyens sont passifs, plus le risque de mépris pour les valeurs démocratiques est grand. La menace est réelle, comme on le voit dans bien des pays d’Europe ou du Moyen-Orient.

Le cas de Pinar Selek est emblématique de la chape de plomb qui s’est abattue en Turquie, des mesures de rétorsion massives autant qu’arbitraires prises contre des universitaires, des journalistes, des magistrats, des militants et contre tous ceux qui revendiquent leur liberté de mouvement, de pensée et d’expression. Pinar Selek, sociologue, écrivaine et militante turque, réfugiée politique en France à partir de 2012 et maintenant citoyenne française, fait l’objet d’un acharnement politique et judiciaire qui dure depuis près de vingt ans. Ses recherches sur le problème kurde sont à l’origine d’une persécution qui l’a conduite en prison, puis en exil, en Allemagne puis en France, où elle réside depuis six ans. La persécution qu’elle subit se traduit par une menace d’emprisonnement à vie après quatre acquittements, ce qui donne la mesure du péril démocratique qui règne en Turquie.

La répression est massive. L’acharnement se poursuit également contre les 1 128 universitaires qui ont signé en janvier 2016 la pétition Pour la Paix. Intitulée "We will not be a Party to this Crime", elle visait à attirer l’attention sur les actes de violence perpétrés par l’Etat dans les régions kurdes de Turquie. Après avoir condamné les signataires à une véritable mort civile en leur interdisant de travailler, voire de quitter le pays, le gouvernement turc vient d’accroître la pression sur eux. Le procureur d’Istanbul a publié un acte d’accusation pour propagande terroriste à leur encontre, avec des peines d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à sept ans et demi. Les premiers procès individuels ont commencé le 5 décembre.

Il est urgent que se manifeste un soutien actif et déterminé de la communauté internationale contre cette nouvelle étape de la mise au ban et de la criminalisation juridique de nos collègues. C’est pourquoi nous demandons à nos élus respectifs, parlementaires nationaux et européens, d’exiger le respect du droit et des libertés fondamentales en Turquie et de se mobiliser en faveur de toutes les victimes de la répression, dont les centaines d’universitaires signataires de la pétition pour la paix qui font l’objet de poursuites judiciaires, et en soutien à Pinar Selek qui doit être définitivement acquittée. Nous attendons de leur part non seulement des prises de position auprès des autorités turques, mais également des programmes d’accueil renouvelés et de réels engagements financiers.

La solidarité des citoyen-n-e-s européen-n-e-s avec le combat démocratique en Turquie doit se faire entendre d’une seule voix !

--> (1) Avec le soutien de : Allemagne : Catherine Gousseff (directrice du Centre Marc Bloch), Luca Giuliani (Rektor des Wissenschfatskollegs zu Berlin). Belgique : Mateo Alaluf (Université libre de Bruxelles ULB), Jean-Michel Chaumont (Université catholique de Louvain UCL), Jean-Michel De Waele (Université libre de Bruxelles ULB), Pierre Gillis (Université de Mons), Anne Morelli (Université libre de Bruxelles ULB), Geofrey Pleyers (Université catholique de Louvain UCL), Pascale Vielle (Université catholique de Louvain UCL), Jean Vogel (Université libre de Bruxelles ULB), Marc Zune (Université catholique de Louvain UCL). France : Ariane Ascaride (comédienne), Paul Bouffartigue (CNRS, Aix-Marseille Université), Laurence De Cock (université de Paris-Diderot), Christine Delphy (directrice de recherche CNRS), Selim Eskiizmirliler (université Paris Descartes), Eric Fassin (professeur université de Paris 8), Robert Guédiguian (cinéaste), Ahmet Insel (université Galatasaray), Pascale Laborier (université de Paris Nanterre), Bernard Mezzadri (université d’Avignon). Espagne : Manuel Cervera-Marzal, Carlos Prieto Rodríguez (Universidad Complutense de Madrid), Alberto Riesco-Sanz (Universidad Complutense de Madrid). Italie : Mirella Giannini (Università di Napoli), Nicola de Luigi (Università di Bologna). Suisse : Claude Calame (Uni Genève), Marylene Lieber (Uni Genève), Ada Marra (Uni Fribourg), Muriel Surdez (Uni Fribourg), Ivan Sainsaulieu (Uni Lille 1, associé IEPHI-UNIL), Carlo Sommaruga, Erica Deuber Ziegler, Jean Ziegler.


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Re: Soutien à Pinar Selek

Messagede Lila » 01 Avr 2018, 22:22

Lettre de Pinar Selek

Chères amies, chers amis,

Il m’est difficile d’écrire cette lettre car je viens d’apprendre une mauvaise nouvelle au sujet du Cauchemar qui me menace depuis 20 ans. Oui, début juillet 1998, c’est-à-dire il y a vingt ans, je me suis trouvée dans les mains des bourreaux qui ont ensuite jeté mon corps comme un cadavre en prison. J’y suis restée deux ans et demi, sans pouvoir utiliser mes mains, mes bras, en voyant mes longs cheveux tomber, tomber… La résistance, la mort, les cris et tant d’autres choses.

J’ai vécu tout cela bien avant le gouvernement actuel. Aujourd’hui, la Turquie est prise dans une spirale d’horreur. Plusieurs amis et même mes avocats sont en prison, la plupart sont en exil, une partie résiste avec beaucoup de difficultés. C’est un contexte de guerre qui nourrit le nationalisme et les violences de toutes sortes. Il n’y a pas de liberté. Il y a la peur. Mais la peur existe depuis longtemps. Mon procès est un exemple de la continuité historique du système répressif. Je suis aussi devenue l’objet d’une lutte symbolique et historique. L’Etat profond, qui est plus stable que les gouvernements, m’a choisie depuis 20 ans pour m’accuser d’un massacre.

Il y a trois jours, c’est ma sœur qui m’a donnée la nouvelle. Elle faisait des efforts pour ne pas pleurer. J’ai ensuite parlé avec mon père. Sa voix était plus triste que jamais. Il est assez compliqué de vous résumer ici ce qu’ils m’ont expliqué au téléphone. Vous recevrez bientôt un communiqué du mon Comité de Soutien qui expliquera la situation en lançant un appel à la mobilisation. Je vous invite à suivre dans les temps qui viennent les initiatives qui seront menées par les collectifs de solidarité.

La décision du tribunal n’est pas encore tombée, mais les documents que mes avocats ont reçus sont inquiétants pour la suite. La décision peut tomber à tout moment. Il y a deux possibilités : si la Cour suprême ne valide pas le cinquième acquittement, ce sera alors la condamnation à perpétuité. La condamnation pour un crime qui n’a pas eu lieu plus une condamnation à payer tous les dommages liés à l’explosion du Marché aux épices. Mes neufs livres qui continuent à être réédités régulièrement en Turquie et tout ce à quoi j’ai œuvré jusqu’à mes 38 ans, âge du début de mon exil, seront confisqués. Plus important : ma famille sera en danger.

Nous nous sommes dits au téléphone : « Nous resterons fort ». Pourtant ce n’est pas facile. Je sens une fatigue, comme une maladie. Mon père m’a dit : « Il faut faire du bruit. Les réactions depuis l’Europe peuvent être utiles… » Je lui ai assuré que je m’y emploierai, mais je ne veux pas, je ne peux pas le faire. Il m’est plus difficile que vous ne l’imaginez de devoir faire appel à votre solidarité active, dans ce contexte où les priorités sont déjà nombreuses. En plus, quand je parle de ce procès, je ressens une douleur physique qui m’empêche de respirer. C’est également le cas maintenant, alors que je vous écris cette lettre.

En 2010, à la suite de longs examens, un rapport psychologique mené par des experts attestait toutes les tortures que j’avais subies. J’avais alors lu, avec inquiétude, la liste des problèmes post-traumatiques qu’ils avaient diagnostiqués. Oui, c’était vrai. Et avec la persécution juridique et politique, la torture continue. Même si j’ai beaucoup de ressources et une forte volonté de ne pas les laisser me détruire, je ne vais pas bien.

Cette année ma nouvelle vie a commencé à prendre forme. Je suis arrivée à me situer dans les luttes pour la justice et les libertés, dans ce pays dont je fais partie. Je suis française maintenant. De surcroît, j’ai trouvé mon nouveau chez moi à Nice qui m’a offert l’amour et l’inspiration. J’ai fini l’écriture de mon nouveau roman qui m’a fait l’effet d’une renaissance. Le soutien du programme PAUSE m’a donné plus d’opportunités pour me stabiliser. Grâce à la complicité de mes collègues avec qui je partage les mêmes curiosités et à la participation de mes étudiant.e.s, j’avance dans mes recherches et mes enseignements.

S’il n’y avait pas cette énorme solidarité qui m’accompagne depuis que je suis arrivée en France, je n’aurais pas pu reconstruire ma vie. Grâce à vous, mes ami.e.s, j’ai continué à écrire, à enquêter, à enseigner et à militer. Les menaces de tous les jours m’ont perturbé mais à chaque fois je suis arrivée à me sortir de ce film d’horreur. Je vais m’en sortir. Mais plus difficilement. J’ai une flamme dans chacune de mes cellules.

Vous avez peut-être vu « Le rêve des Montagnes », un spectacle de Yeraz, groupe des danses arméniennes ? Il est extraordinaire. Vers la fin on entend un cri : « Vous avez volé notre montagne. Mais nous sommes les montagnes ». Avec des larmes d’émotion, j’ai murmuré plusieurs fois : « Vous avez volé ma vie. Mais je suis la Vie ».

Les jours qui viennent sont susceptibles d’être plus durs pour moi. Mais je vous le promets : je serai la Vie… qui coule et qui crée.

Avec vous.

Je vous embrasse.

Pinar


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Re: Soutien à Pinar Selek

Messagede bipbip » 01 Juin 2018, 00:01

Solidarité avec Pinar Selek

Nice samedi 2 juin 2018
à 15h, Promenade du Paillon, Plassa Carlou Aubert,

Image

https://nice.demosphere.eu/rv/1570
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