Auto-réductions

et appels à aller soutenir en urgence...

Auto-réductions

Messagede Nico37 » 29 Déc 2008, 17:19

Les autoréductions, une pratique de lutte en pleine croissance ?

Une autoréduction, c’est quoi ?

Ce mot sert à qualifier, en France, des pratiques diverses, mais qui ont un point commun : satisfaire nos besoins de manière gratuite ou moins chère, dans une démarche collective. S’y rattachent donc les actions, parfois nommées réquisitions, que les collectifs de précaires mènent souvent avant les fêtes de fin d’année pour obtenir de quoi alimenter leur réveillon sans débourser l’argent qu’ils n’ont pas (voir ci-dessous le récit des actions à Rennes et Buenos Aires en décembre 2008), les grèves de loyer utilisées par les locataires de logements sociaux ou les résidents de foyers, les luttes pour obtenir des réductions ou la gratuité pour les transports en commun, l’électricité et le gaz, la culture et les loisirs...

Cette forme de lutte est aussi vieille que le mouvement ouvrier : les "déménagements à la cloche de bois" pratiqués à la fin du 19ème siècle (quitter son logement sans payer son loyer et avant que le propriétaire fasse saisir les meubles) en sont un exemple.

Les autoréductions ont connu un développement important dans l’Italie des années 1960-70, périodes d’intenses luttes sociales qui ont largement débordées le strict cadre du lieu de travail. Des quartiers entiers de Rome ou Milan étaient squattés, des dizaines de milliers de personnes recalculaient leurs factures de gaz et d’électricité en s’appliquant le tarif réservé aux grosses entreprises, et ceux qui ne payaient pas du tout ne risquaient guère la coupure, cette opération était devenue impossible en raison de la réactivité des voisins et de la solidarité collective. Les salariés italiens se sont mobilisés également sur le coût des transports, en partant du principe que s’ils prenaient le train tous les jours, c’était pour bosser, pour le bénéfice de leur patron et que donc ce coût-là ne devait plus leur incomber...

Ces formes de lutte ont l’intérêt de partir d’une autre base que la défense d’intérêts catégoriels (que les catégories se nomment "chômeurs", "salariés" ou autres), et de se pratiquer sur d’autres lieux que ceux de l’exploitation et du contrôle social quotidiens : le supermarché ou l’agence EDF, où tout un chacun est susceptible de passer, et non plus uniquement l’espace insertion réservé aux Rmistes, l’Assedic pour les chômeurs ou l’entreprise pour les salariés... D’autant plus que ces lieux-là ne suffisent pas pour se retrouver (ce qui ne veut pas dire qu’il est inutile de s’y organiser) : horaires décalés au boulot, contrats précaires trop courts pour tisser des liens, éparpillement des structures destinés à suivre qui ne sont pas ou pas assez dans l’emploi...

Mais aussi, tout simplement, les autoréductions sont une forme de lutte qui fait du bien, parce qu’il s’agit d’une pratique offensive et pas seulement défensive. Nous avons besoin, ne serait-ce que pour survivre (et en réalité, pour beaucoup plus : mettre un frein à la culpabilisation, à l’infantilisation et à ces micro-humiliations qui pourrissent la vie), de faire annuler une radiation ou un trop perçu, de résister à une modification des conditions de travail ou de gratter un peu plus de fric lors d’un licenciement économique.
Mais les autoréductions ouvrent des perspectives plus larges. Nous partons de nous, en tant que classe sociale, de nos besoins, de nos désirs. Nous nous réapproprions, ou nous cherchons à le faire, une bonne partie de ce que le capitalisme nous vole ou nous refuse : le fric qui part dans des tickets ou de l’essence pour nous rendre à un rendez-vous ANPE ou aller au boulot, la bouffe de qualité devenue inaccessible, le temps libre, quand il y en a, dont on ne peut pas faire grand chose, tellement le cinéma ou les voyages sont chers, et on ne parle même pas des activités pour les gamins...

Les autoréductions ne sont pas une solution miracle. Comme toute forme de lutte, la manière de les organiser, la façon de poser les problèmes et de les relier aux autres, les rapports collectifs qui se mettent en place peuvent les orienter différemment. Mais quand même, à lire les textes ci-dessous, ça ne vous donne pas envie ?

Si vous voulez en discuter, si vous avez des expériences à partager, envoyez un mail à collectif.rto@gmail.com


Postez les actions dont vous avez connaissance

Aujourd'hui, une trentaine de personnes (chômeurs, précaires, autres…) a envahi le monoprix rue Lafayette à Grenoble, aux alentours de 18h30-19h.

Par petits groupes, diverses courses ont été faites, en vue de redistributions notamment, dont des denrées « de fête » ; puis arrivés aux caisses,
blocage, alors qu’une banderole était déployée et des slogans criés : « Face à la crise, nous réquisitionnons, nous partageons »
Le gérant (« directeur adjoint ») est bientôt descendu, et après négociation, s’est entretenu avec la police arrivée sur les lieux qui est repartie ; le
gérant nous a laissé sortir avec notre quinzaine de sacs, nous « donnant sa parole » qu’il ne porterait pas plainte et que tt ceci demeurerait ss suite
pour nous...
Les clients présents ont plutôt bien réagi, certains à la fin sont venus nous voir en nous disant « bravo ».

RV lundi à 12h pour fêter ça devant l’ANPE de la gare, rue Denfert-Rochereau … Ci-dessous le tract diffusé lors de l’action…

(Pour rappel : le chiffre d'affaires du groupe Monoprix (dont le capital est détenu 50/50 par les groupes Galeries Lafayette et Casino)
est de 3575 millions d'euros. Monoprix vante sa politique de recrutement des jeunes étudiants par des CDI à temps partiels, pour
s'adapter à "leurs impératifs universitaires..." C'est bien évidemment pour couvrir l'amplitude d'ouverture de ses magasins et pour augmenter
ses bénéfices que Monop recherche une main d'œuvre précaire et flexibilisée…)




Ensemble et pas sans rien ! Tout est à nous ! Nous réquisitionnons et nous redistribuons

Avec ou sans emploi, avec ou sans papiers, nous voulons vivre

On entend claironner ici et là que la crise, qui s'annonce grave voire gravissime, n'affectera heureusement pas les fêtes de fin d'année. Certes on se serrera un petit peu la ceinture, mais le budget qui est ordinairement consacré à ces fêtes (600 euros par foyer) ne variera guère. Et l'on voit fleurir sur les postes de télévision les sourires éclatants des gérants de la grande distribution, qui vont réaliser en cette période une grande partie de leur chiffre d'affaires annuel (de l'ordre des 15%). Ouf. On respire. Il en a fallu de peu que ces instants magiques de détente, de bonne humeur ne soient gâchés par la sombre réalité sociale et économique… Rassurez-vous, ces 600 euros iront bien enrichir gérants et actionnaires.

Pourtant, nombre d'entre nous continuent à être excluEs des festivités : allocatairEs des minima sociaux, bénéficiairEs de la maigre prime de noël grâce à laquelle certaines factures en souffrance pourront être réglées ; intérimairEs, en CDD de trois mois, en CDI payé au SMIC, voire à temps très partiel, dont les salaires ne permettent pas de vivre; chômeurs et chômeuses, intermittentEs du spectacle, saisonniers et saisonnières dont les droits ont été réduits; personnes sans papiers sans suivi social ni hébergement ; sans logis et mal logéEs qui font plus que jamais les frais de la spéculation à l'origine d'une crise du logement qui explose ; salariéEs de la grande distribution corvéables à merci car dans la nécessité de tout faire
pour garder leur emploi et compléter un salaire insuffisant par des heures supp, payées aux abords du SMIC horaire par des entreprises ultra bénéficiaires ; bref, précairEs, salariéEs et autres exploitéEs de tout poil qu'on plume.

Notre sort, bien entendu, ne va pas aller en s'améliorant…

La convention UNEDIC, qui fixe les règles d'indemnisation du chômage, sera renouvelée début 2009. Elle prévoit de réduire les durées d'indemnisation. L'ANPE et les Assedic fusionneront dans le Pôle emploi avec pour seul objectif celui de la rentabilité : plus de radiations, chantage à l'emploi précaire… L'ANPE appliquera en effet la réglementation sur l'Offre Raisonnable d'Emploi (nouveau système de contrôle et de sanctions). Au total, une diminution des dépenses du régime d'assurance chômage de 2,5% en moyenne par an sur la période 2010-2012. ORE et RSA vont développer en outre encore plus d'emplois précaires, dont les patrons dans cette période de crise, se régaleront.

Un autre partage des richesses produites par toutes et tous devient vital.

Voilà pourquoi, ensemble et solidaires, nous réquisitionnons et nous partageons !

Cette action n'est pas isolée… elle s'inscrit dans une lutte globale contre ce monde qui nous étouffe…

A Rennes le 20 décembre. A Grenoble aujourd'hui.

Étendons ces pratiques, organisons nous !



Une cinquantaine de chômeurs, précaires, intermittents de l'emploi, intermittents du spectacle, étudiants... bloquent actuellement les
caisses du Monoprix de la rue Saint Antoine. Des négociations sont en cours avec la direction.

Partage de l'autoréduc ce soir à la cip-idf...

Nous ne paierons pas

C’est la crise. Médias et professionnels de l’économie ne cessent de nous répéter qu’elle va s’amplifier. Et nous devrions la subir chacun
de notre côté, regarder silencieusement les loyers et le prix de la bouffe continuer d’augmenter.

Pourtant, en cette période de Noël et de passage à un nouvel an, la richesse matérielle de l’Occident s’expose partout face à la misère du
monde ; elle déborde dans les rues à côté des sans-logis, elle scintille dans les publicités pour nous enjoindre à consommer. S’auréolant d’un espoir de croissance et de regain du CAC 40, elle se veut la seule promesse d’avenir radieux par ces temps frigorifiés.

Et cette richesse est bien gardée, vigilée, il faut être respectable pour y accéder, travailler plus pour gagner plus ou moins, être raisonnable et accepter n’importe quel emploi gracieusement offert, se mobiliser pour un quart de SMIC ou pour un RMI mini mini sous contrôle condamné à devenir RSA LE FERA PAS.

Vive la crise

Cette crise montre (si c’était encore nécessaire) la débilité d’un système où certains misent la vie des autres au casino. Et quand ils perdent c’est encore à nous de renflouer leurs bourses. D ‘assister les entreprises.
Pour fêter le nouvel an, nous serions censés dépenser des miettes de salaires ou une maigre prime de Noël dans les supermarchés. Qu’est ce qu’ils croient ? Ce soir nous ne jouerons pas cette fable. Nous ne paierons pas.

Pour la première fois depuis longtemps, cette crise rend palpable que le capitalisme comme période de l’histoire humaine peut arriver à sa
fin. Ici et maintenant, dans ce supermarché, nous arrêtons le flux de marchandises un temps, afin que nous soient concédées les victuailles
nécessaires pour fêter cette bonne nouvelle.

D’autres ont d’ailleurs eu la même idée et se sont organisés pour se réapproprier des richesses, à Rennes la semaine dernière, à Grenoble
il y a quatre jours, ou encore presque chaque jour en Grèce, où des assemblées en révolte organisent des autoréductions dans les supermarchés pour nourrir le mouvement.

Nous appelons ça une autoréduc de Noël, tradition de lutte des mouvements de chômeurs et de précaires que nous entendons bien
développer cette année qui s’annonce riche en révoltes joyeuses.
étendons ces pratiques, organisons nous !

À plus.

Soldes de 100% avant fermeture définitive du capitalisme

Les empêcheurs d’encaisser en rond – collectif À bientôt
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Re: Auto-réductions

Messagede georges » 31 Déc 2008, 22:14

Une cinquantaine de chômeurs, précaires, intermittents de l'emploi, intermittents du spectacle, étudiants... ont bloqué cet après-midi les caisses du Monoprix de la rue du faubourg Saint Antoine.

13 chariots pleins sont sortis du magasin après des négociations tendues avec la direction.

Nous ne paierons pas


C’est la crise. Médias et professionnels de l’économie ne cessent de
nous répéter qu’elle va s’amplifier. Et nous devrions la subir chacun
de notre côté, regarder silencieusement les loyers et le prix de la
bouffe continuer d’augmenter.

Pourtant, en cette période de Noël et de passage à un nouvel an, la
richesse matérielle de l’Occident s’expose partout face à la misère du
monde ; elle déborde dans les rues à côté des sans-logis, elle
scintille dans les publicités pour nous enjoindre à consommer.
S’auréolant d’un espoir de croissance et de regain du CAC 40, elle se
veut la seule promesse d’avenir radieux par ces temps frigorifiés.

Et cette richesse est bien gardée, vigilée, il faut être respectable
pour y accéder, travailler plus pour gagner plus ou moins, être
raisonnable et accepter n’importe quel emploi gracieusement offert, se
mobiliser pour un quart de SMIC ou pour un RMI mini mini sous contrôle
condamné à devenir RSA LE FERA PAS.

Vive la crise


Cette crise montre (si c’était encore nécessaire) la débilité d’un
système où certains misent la vie des autres au casino. Et quand ils
perdent c’est encore à nous de renflouer leurs bourses. D ‘assister
les entreprises.
Pour fêter le nouvel an, nous serions censés dépenser des miettes de
salaires ou une maigre prime de Noël dans les supermarchés. Qu’est ce
qu’ils croient ? Ce soir nous ne jouerons pas cette fable. Nous ne
paierons pas.

Pour la première fois depuis longtemps, cette crise rend palpable que
le capitalisme comme période de l’histoire humaine peut arriver à sa
fin.
Ici et maintenant, dans ce supermarché, nous arrêtons le flux de
marchandises un temps, afin que nous soient concédées les victuailles
nécessaires pour fêter cette bonne nouvelle.

D’autres ont d’ailleurs eu la même idée et se sont organisés pour se
réapproprier des richesses, à Rennes la semaine dernière, à Grenoble
il y a quatre jours, ou encore presque chaque jour en Grèce, où des
assemblées en révolte organisent des autoréductions dans les
supermarchés pour nourrir le mouvement.

Nous appelons ça une autoréduc de Noël, tradition de lutte des
mouvements de chômeurs et de précaires que nous entendons bien
développer cette année qui s’annonce riche en révoltes joyeuses.
étendons ces pratiques, organisons nous !

À plus.

Soldes de 100%
avant fermeture définitive du capitalisme

Les empêcheurs d’encaisser en rond – collectif À bientôt

Liste d'info de la Coordination des Intermittents et Précaires d'Ile de France
Site internet: http://www.cip-idf.org
georges
 

Re: Auto-réductions

Messagede Nico37 » 21 Fév 2009, 21:05

Ce 18 février à 13h, une quarantaine de personne ont envahi le supermarché Casino, 28 rue de Ménilmontant (Paris 20e) et y ont organisé un pique-nique pour exiger le retrait des plaintes portées par le groupe Casino à l'encontre des manifestants qui ont mené en décembre 2008 des action d'autoréduction à Rennes, Grenoble et Paris.



CONTRE LA VIE CHÈRE, NOUS NE PAYONS PAS
NI CASINO, NI UNEDIC,TOUT POUR TOUS

Jeunes, travailleurs précaires et sans boulot, avec ou sans RMI, chômeurs et intermittents, mal logés, nous organisons aujourd’hui ce pique-nique parce que ceux qui dirigent veulent nous faire payer leur crise, tout comme à l’immense majorité des salariés.
MAIS NOUS NE PAYERONS PAS.

Il nous faudrait subir l’arrogance des nantis de ce monde qui s’acharnent à dénoncer les assistés, encaisser l’insulte de ces 200 euros versés en avril aux millions de personnes qui dépendront du RSA; se soumettre à un chantage à l’emploi qui n’a jamais été aussi violent : la personne au RSA qui refusera deux fois un emploi, on lui coupe tout ! (Sarkozy le 27 janvier à Chateauroux) ? Alors que les banques et les entreprises se font assister à coups de milliards, ce serait à nous de serrer la ceinture ? IMPOSSIBLE.

Vivre dans des taudis et errer sans domicile, accepter des boulots de merde et mendier des miettes de droits, ça suffit !
De nombreux conflits prolongent les grandes manifestations du 29 janvier dernier. La détermination des grévistes guadeloupéens nous met en joie. Des grèves, boite par boite, la mobilisation en cours dans les universités, le montrent elles-aussi : SEULE L’ACTION COLLECTIVE PERMET DE SE DÉFENDRE, DE S’EXPRIMER, D’ARRACHER CE MINIMUM DE LIBERTÉ SANS QUOI LA VIE N’EN EST PAS UNE.

Ils ont imposé la flexibilité, qu’ils en paient le prix. Ce n’est pas la richesse qui manque, c’est la politique. Et c’est à nous de la faire.
Contre la destruction des droits collectifs par l’individualisation de prétendus mérites, nous avons besoin d’arracher un revenu, pour tou-te-s, avec ou sans emploi, qui permette de vivre et de résister à la précarisation. Sans aucun scrupule, ils ont prétendu que le besoin de logement se réglerait par l’accès au crédit, que la solution était dans l’endettement pour devenir « tous propriétaires ». La crise des subprimes aux États-Unis le prouve, leur modèle débile et injuste s’effondre. Imposons maintenant le libre choix de son emploi et le droit au logement de son choix.

NOUS SOMMES ÉVIDEMMENT SOLIDAIRES des travailleurs exploités dans les grandes surfaces pour des salaires de misère.
Parce que pour survivre, nous devons nous aussi fréquemment accepter des heures « complémentaires » quand le chiffre d’affaires des entreprises
l’exige. Nous savons que les frontières entre salariés dessinées par nos maîtres sont fausses. Ils nous opposent les uns aux autres, mais parmi la minorité de chômeurs indemnisés, 700 000 personnes sont employées à temps partiel ou par intermittence : intérimaires, CDD ou CDI, les
administrations appellent ça des « chômeurs en activité à temps réduit ». Là aussi, ce qui est exploité par les entreprises c’est la disponibilité et le besoin de survivre.
POUR NOUS, COMME POUR BEAUCOUP DE CEUX QUI TRAVAILLENT ICI, LA FIN DU MOIS C’EST PRESQUE TOUS LES JOURS.

Si nous avons choisi d’agir ici, c’est aussi parce que le groupe Casino a porté plainte pour « vol en réunion » à l’encontre de collectifs de précaires qui, en décembrdernier, à Rennes, Grenoble et Paris, ont collectivement récupéré des produits dans ses supermarchés. Les responsables avaient donné leur accord aux manifestants et la police, présente en nombre, n’était pas intervenue. C’est plus tard, pour intimider ceux qui refusent le sort qui leur est fait et prennent en main leurs affaires, que le groupe Casino a décidé de considérer que ce serait du vol.
NOUS EXIGEONS QUE CASINO RETIRE SES PLAINTES ET APPELONS TOUS LES CONCERNÉS À AGIR EN CE SENS.

Ce ne sont ni les succursales de ce groupe qui manquent, ni les moyens d’agir.

Nous en avons assez de survivre avec des minima à 400 euros quand les entreprises du CAC 40 ont versé aux actionnaires 99 milliards de
bénéfices en 2008.
Nous en avons assez des promesses non tenues de relogement des familles qui ont occupé en 2007 la rue de la Banque et sont contraintes de dormir à nouveau sur le trottoir.
Nous en avons assez du mépris et de la morgue du pouvoir et du patronat (dont Casino, représenté à l’Unedic), qui cherchent à imposer, avec le concours de la CFDT, une convention d’assurance-chômage qui va exclure plus rapidement des dizaines de milliers de chômeurs.

CES RICHESSES QUE NOUS AVONS PRODUITES, NOUS NOUS EN RÉAPPROPRIONS
AUJOURD’HUI AVEC VOUS UNE INFIME PARTIE.
LA SUITE DÉPEND DE CHACUN ET DE TOUS. LA GRÈVE EN GUADELOUPE LE DIT, C’EST UNE LONGUE MANCHE.

Chômeurs, précaires, intermittents, mal logés en lutte !
18 février 2009
Avec AC!, Cip-idf, DAL, L’appel et la pioche

Coordination des Intermittents et Précaires d'Ile de France Site internet: http://www.cip-idf.org
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Re: Auto-réductions

Messagede Spartakus » 22 Fév 2009, 14:18

Et n'oubliez pas l'international :

Argentine : mobilisation piquetera à Carrefour et Auchan

La Fédération d’Organisations de Base est une organisation nouvelle, de tendance libertaire et autonome. Elle regroupe des Mouvements de chômeurs et des collectifs politico-culturels et de contre-information, la majorité d’entre eux en rupture d’autres coordinations. Pour plus d’infos en francais sur la FOB et Desalambrando : Fab, santelmo@no-log.org

Communiqué de la FOB

La Fédération d’Organisations de Base (FOB) s’est mobilisée le 19 décembre dernier aux supermarchés Auchan et Carrefour de la zone d’Avellaneda et de Sarandi pour réclamer des produits alimetaires traditionnels des fêtes de fin d’année ("bolsones navideños"). Plus de 600 compagnes et compagnons ont partagé la nécessité et l’idée d’être de nouveau ensemble organisés et dans les rues, spécialement quand se rapprochaient des dates si senties comme les prochaines.

Le résultat de l’effort des familles qui ont résisté au soleil de l’après-midi et à l’asphalte surchauffé a été la conquête de plus de 1000 bolsones obtenus et une victoire qui nous motive pour continuer ce chemin de lutte et d’organisation de vivre mieux, dans nos ventres, mais aussi dans nos têtes et nos coeurs.

Malgré la tant vantée croissance économique, nos familles continuent d’être victimes de la négligence étatique.

Tandis que le gouvernement octroie des millions de subventions aux groupes patronaux, nos familles subissent la faim la plus urgente. Les supermarchés multinationaux influent concrétement et quotidiennement dans la qualité de la vie, manoeuvrant les prix et les produits à consommer.

La situation que traverse le pays n’est en rien facile, et l’est encore moins pour le secteur de la population qui se trouve au-dessous du seuil d’indigence, en essayant de survivre avec deux peso par jour. Dans ce cadre, il faut souligner l’influence négative que génèrent les messages subliminaux dans les multimédias de desinformation, qui créent et soutiennent une société de consommation et individualiste.

Les multinationales ont une grande part de responsabilité du chômage structurel qui existe dans le pays, en installant des géants corporatifs elles impossibilitaient la croissance et la survie des commerces de quartier. Combien d’épiceries, de boucheries, de quincaillerie, etc.. ont été incités à fermer à cause de l’avancée capitaliste de la vie "easy" ?

Un autre trait fondamental de ces multinationales est le caractère d’exploitation du travail qu’elles ont en limitant le droit de tout travailleur à se syndiquer librement à l’intérieur de ces géants des affaires, ou la technique de jeter les travailleurs après quelques mois pour ensuite recommencer à les prendre pour ainsi ne jamais les avoir dans leurs effectifs permanents.

C’était pour cela que nous ne sommes pas allés demander charité. Nous sommes allés demander ce qui nous correspond et exiger une partie de leurs profits faits avec la négation et la souffrance du peuple.

Nous demandons sincèrement aux génies des affaires, à ceux-ci qui ont tant de santé et tant de joie dans leur vie : "Vous pouvez vivre avec 150 pesos (40 euros) par mois ?" ou "Vous pouvez passer les fêtes de fin d’année digniment avec 2 pesos par jour pour survivre ?"

Nous continuerons à lutter et à gagner en organisation, en construisant des barricades pour ouvrir les chemins, parce que nous sommes conscients que de la peur nait le courage ; et des doutes, les certitudes.
Spartakus
 

Messagede georges » 03 Sep 2009, 00:54

[Toulouse] Procès des inculpés de l'autoréduction de mars

CONTRE L'INCULPATION PERMANENTE

Sept personnes ont été interpellées mercredi 11 mars, suite à une action collective d'autoréduction dans un supermarché, appelée par l'AG interluttes. Elles ont été libérées jeudi 12 mars après 22h de garde à vue. La forte mobilisation, étudiante notamment, qui a suivi les interpellations, a contribué à des libérations sans passages en comparution immédiate. Mais..

Les inculpéEs passent en procés mardi 8 septembre à 13 h30

Qui vole qui ?

Alors que pour chacunE d’entre nous il devient de plus en plus dur de finir les fins de mois, surtout les trente derniers jours, pour Casino c’est le jackpot quotidien. Modeste cinquième dans le classement de la grande distribution en France, le groupe dégageait plus de 28 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2008. En moyenne, un supermarché de la taille de celui qui fut réquisitionné le 11 mars à Toulouse brasse près de 30 000 euros par jour.

La grande distribution, comme son nom l’indique, ne produit rien, mais accumule des marges astronomiques, jusqu’à 60%, sur le dos des producteurs via le racket exercé par les grandes centrales d’achat. Ces marges engraissent les actionnaires sans être véritablement répercutées sur les salaires des employéEs, pas plus que sur les prix en magasin.

Qu'est-ce qu'une autoréduction ?

L'autoréduction, aussi vieille que la propriété privée, consiste à se réapproprier collectivement et immédiatement les biens communs. C'est une forme de lutte et de revendication employée partout dans le monde. En France, les autoréductions se sont multipliées depuis les années 1990, à Paris, Lille, Rennes, Caen, Nantes ou Grenoble, visant essentiellement la grande distribution. L'autoréduction du 11 mars à Toulouse se voulait une dénonciation du système de production capitaliste, de son gâchis, de la misère qu'il engendre et dont il se nourrit, et que la « crise » actuelle ne fait que conforter. Il ne s’agit pas pour nous d’amender ni de réformer ce système, mais d’en changer. Produire pour l'usage, pas pour les profits.

Manifestation Lundi 7 septembre 18h Métro Marcel Langer (Prison Saint Michel)

Rassemblement Mardi 8 septembre 13 h30 devant le palais de palais de Justice

Samedi 5 septembre :

15h rencontre / débat "Nos luttes, nos résistances" Place des Tiercerettes (Arnaud B)

21h CONCERT DE SOUTIEN au Comité d’Autodéfense Juridique Aux PAVILLONS SAUVAGES (35 rue Dagnaux)

- LES ASPERGES SAUVAGES
- LA CANAILLE DU MIDI
- MODEST LOVERS
- SINGE DES RUES
- BRASSENS NOT DEAD

(prix libre)
georges
 

Caen : autoréduction à Intermarché.

Messagede Anti-K » 17 Mar 2010, 18:08

Chômeur-euses et Précaires souvent !
EnragéEs tout le temps !

L'autoréduction est une pratique qui consiste pour un groupe de personne à
imposer la baisse du prix d'un produit ou d'un service voire sa gratuité.

En 2008 plusieurs autoréductions ont été organisées à Grenoble, Rennes,
Paris,... Les cibles sont les supermarchés qui se font des marges
faramineuses sur notre dos et celui des producteurs.

Nous sommes des précaires, des chômeur-euses, des RSAistes et/ou des
glandeur-euses. Nous avons décidé de nous organiser collectivement pour
pouvoir nous défendre face aux gouvernements et à l'économie qui
cherchent à nous utiliser et à nous broyer.

Le jeudi 11 mars, nous nous sommes rendu-es à une quarantaine de
personnes à l'Intermarché, rue Guynemer à Caen. Nous avons rempli des
sacs de bouffe, de produits d'entretien, de produits pour bébé. À
l'heure dite, nous nous sommes retrouvéEs au niveau des caisses où nous
avons sereinement expliqué notre refus de payer et notre souhait de
rencontrer le directeur pour qu'il nous autorise à sortir (condition
pour ne pas être poursuivi pour vol.) Toutes les caisses se sont
trouvées bloquées pendant environ 30 minutes, et des discussions se sont
engagées avec les caissières et les clients, très compréhensifs et
favorables dans l'ensemble à cette action. Le gérant du magasin a fini
par donner son accord et à nous laisser librement sortir.

Nous avons quitté les lieux sous les applaudissements de plusieurs
clients du magasin. Nous avons redistribué les sacs dans les quartiers
alentours à des gens ravis. Cette joyeuse balade était suivie de près
par une voiture de la BAC. Cela ne nous a pas empêché-es de continuer la
distribution. Une fois, les sacs vides, nous avons pris le tram afin de
nous disperser plus loin en centre ville. Mais à l'arrêt Guynemer, une
trentaine de flics en grande tenue a stoppé le tram et l'a encadré. Tous
les voyageurs ont eu droit à un contrôle d'identité et pour certainEs une
palpation puis ils nous ont fait descendre. Sans aucunes raisons
apparentes, mise à part le délit de faciès, 3 personnes ont été emmenées
au commissariat pendant quelques heures pour un contrôle d'identité plus
poussé et un petit interrogatoire.

À travers ce genre d'action que nous appelons à se répéter et à se
multiplier, nous ne défendons pas le pouvoir d'achat car il n'est qu'un
des aspects de l'esclavage moderne que sont le salariat et le chômage.
Esclavage par obligation d'accepter des contrats précaires où le/la
salarié-e doit être flexible et corvéable. Esclavage par l'obligation
d'accepter les offres « raisonnables » d'emploi proposées par la Pôl(ic)e
Emploi.

Nous ne faisons pas acte de charité en redistribuant sans contrepartie.
Nous voulons juste montrer qu'il est possible, en s'organisant, de
réquisitionner ce qu'on nous vole les autres jours.
Notre action était politique et anticapitaliste (n’en déplaise à «
Ouest-France » qui a publié un article plein d’erreurs dans la rubrique… «
faits divers » !).
Nous refusons que l’argent soit une condition pour accéder aux produits et
services fondamentaux… comme au reste d’ailleurs.

NOUS N’AURONS QUE CE QUE NOUS PRENDRONS !

Des participantEs à l’autoréduction du 11 mars.
cpe(a)ablogm.org

*****************************
Leur presse (ouest-france du 13 mars)
Image

Source : pas dupes.
Anti-K
 
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Re: Auto-réductions

Messagede bipbip » 17 Jan 2014, 13:07

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