Droit au logement, luttes... à Bayonne et Pays Basque nord

Droit au logement, luttes... à Bayonne et Pays Basque nord

Messagede Pïérô » 13 Déc 2013, 12:20

Bayonne : Vers la création d’un nouveau collectif pour le droit au logement en Pays Basque nord
Appel à réunion le lundi 23 décembre

Suite aux initiatives de soutien à l’occupation d’une maison au hameau du Plantoun de Bayonne, plusieurs réunions et contacts ont permis d’entrevoir l’émergence d’une nouvelle dynamique. Il s’agit, de façon ouverte et dans un souci de regrouper des personnes et des groupes travaillant dans différents domaines, de réfléchir à l’émergence d’un collectif citoyen autour des questions de l’accès au logement, du mal logement et de l’hébergement d’urgence en Iparralde (Pays Basque nord).

Cette proposition s’insère dans un contexte particulier, avec une tension locale très forte sur l’immobilier et le foncier et en complément d’autres groupes déjà présents, qui se battent sur les terrains de la dénonciation et des alternatives.
Une première réunion s’est tenue le 3 décembre dernier. Des pistes de travail ont été mises en route :

1- Etablir un diagnostic sur les problématiques pour obtenir un logement digne (précarité, insalubrité, prix exorbitants, menaces d’expulsions…) afin de réaliser un panorama concret sur la situation générale et sur des cas précis (par le biais de témoignages).

2 – Faire un travail d’explication et de sensibilisation sur les squats, la réquisition, l’habitat collectif comme solutions d’urgence au manque de logements et comme “philosophies de vie” alternatives au système de marché.

3 – Se rapprocher d’autres expériences (Toulouse, Pays Basque sud) pour mieux connaître les initiatives entreprises par des groupes militants et des travailleurs-ses sociaux en matière de relogement et d’accompagnement de familles en difficulté, d’occupation de centres autogérés.

4 – Aller vers l’élaboration de campagnes et d’actions, en se basant notamment sur la proposition émanée de Plantoun (relogement d’une famille en échange de quitter les lieux) comme précédent, tout en commençant des repérages de maisons et d’immeubles abandonnés susceptibles d’héberger des gens dans le besoin.

Si vous êtes intéressé-e pour participer à la suite, nous vous invitons à la prochaine réunion :

Lundi 23 décembre à 19h, MVC du Polo Beyris (Baiona)

http://fr.squat.net/2013/12/10/bayonne- ... sque-nord/
Image------------ Demain Le Grand Soir --------- --------- C’est dans la rue qu'çà s'passe --------
Avatar de l’utilisateur-trice
Pïérô
 
Messages: 20677
Enregistré le: 12 Juil 2008, 21:43
Localisation: 37, Saint-Pierre-des-Corps

Re: Droit au logement, luttes... à Bayonne et Pays Basque no

Messagede Pïérô » 09 Fév 2014, 01:43

Bayonne : Maison occupée du Plantoun, une nouvelle phase
Après neuf mois d’occupation d’un logement laissé à l’abandon propriété d’Habitat Sud Atlantic, une nouvelle page va se tourner dans la dynamique portée par le squat de Plantoun.
Lorsque le juge d’exécution du tribunal de Bayonne rendait en novembre dernier un avis favorable à notre expulsion, nous avancions la proposition suivante : nous étions prêts à partir si la maison en question servait à l’avenir à reloger des familles en difficulté, de manière temporaire, par le biais d’une convention légale. Cette proposition était accompagnée d’un travail en amont sur les possibilités pratiques d’une telle transition, avec notamment la présentation d’une famille en recherche urgente de logement suivie par le CHRS Atherbea.

Fin novembre, nous apprenions qu’un projet d’accord entre l’Office public de l’Habitat et le PACT Pays Basque était en cours. Mi-janvier, nous nous en procurions une copie. Il s’agissait de mettre la maison à disposition du PACT par une convention d’occupation, afin que cet organisme puisse procéder au choix de la famille à reloger (répondant aux critères prioritaires du Plan départemental d’action pour le logement des personnes défavorisées), par le biais d’une sous-location.
Ce projet a été pour nous un premier pas important, dans une phase de résolution. Nous décidions donc rapidement, après consultation auprès des structures qui travaillent à nos côtés et sans que ce projet ne soit encore signé, de faciliter sa concrétisation par un geste fort : quitter les lieux le plus rapidement possible. Un contact téléphonique avec le PACT nous confirmait que cet organisme était preneur de la maison occupée pour l’insérer dans son parc de logements d’urgence.

Les choses se sont accélérées en ce début de semaine. Diverses sources de la mairie de Bayonne et d’HSA nous ont indiqué que la signature de la convention était imminente, et qu’elle aurait finalement lieu ce jeudi 6 février. Considérant que toutes les parties sont finalement arrivées à un aboutissement constructif, nous allons, cet après-midi à 14h30, laisser le n°26 du hameau du Plantoun libre de tout occupant et rendre les clés à HSA après le passage d’un huissier. Nous laissons cette maison comme nous l’avons trouvée, propre et immédiatement habitable.

La détermination, le demande incessante de dialogue et les nombreux soutiens dont nous avons bénéficié ont porté leurs fruits. C’est un précédent important qui peut et doit, à l’avenir, servir de levier pour résoudre, du moins en partie, le problème du mal-logement au Pays Basque. Tout propriétaire possédant un ou plusieurs biens inoccupés pourra désormais se tourner vers les organismes sociaux et établir des conventions d’usage, d’occupation et des baux précaires pour loger temporairement des personnes dans le besoin. C’est tout l’enjeu de cette bataille, et avec de la bonne volonté et une conception moins absolutiste de la propriété, le mal-logement peut être réduit de façon significative. Pour cela, tous les acteurs politiques et sociaux ont leur rôle à jouer, au vu du nombre important de logements vides et inutilisés. La demande est forte, les besoins criants.

Nous sortons, mais ne partons pas très loin. Différents rendez-vous seront pris les semaines qui viennent avec les porteurs du projet ainsi que les candidats aux élections municipales de Bayonne, pour évoquer les modalités de finalisation de cet accord, et nous allons de notre côté réfléchir à de futures réquisitions, sur le même modèle de revendication que le squat de Plantoun. Nous tenons aussi à faire savoir que si, passé un délai raisonnable, cette première convention reste dans les cartons, nous prendrons des mesures pour que les signataires tiennent leurs engagements.

Ces neuf mois d’occupation ont été pour nous intenses et enrichissants. De nombreux débats, initiatives et pistes de solution ont jalonné cette expérience. Nous franchissons donc cette nouvelle porte, avec le sentiment bien ancré que la lutte paie. Nous tenons à remercier les habitants du quartier, les associations et personnes de tous bords qui se sont battues à nos côtés pour arriver à ce dénouement. Nous quittons le n°26 renforcés, conscients que c’est ensemble, par des initiatives citoyennes, que l’on fait bouger les lignes. Cette première réussite est une réussite collective, elle sera vraiment satisfaisante le jour où cette maison sera à nouveau habitée.

Pour finir, nous voulons réitérer notre solidarité auprès des habitants du hameau du Plantoun qui continuent de se démener afin d’être relogés dignement.

Les occupant-e-s du Plantoun, le 7 février 2014

http://fr.squat.net/2014/02/07/bayonne- ... more-26259
Image------------ Demain Le Grand Soir --------- --------- C’est dans la rue qu'çà s'passe --------
Avatar de l’utilisateur-trice
Pïérô
 
Messages: 20677
Enregistré le: 12 Juil 2008, 21:43
Localisation: 37, Saint-Pierre-des-Corps

Re: Droit au logement, luttes... à Bayonne et Pays Basque no

Messagede Pïérô » 09 Mar 2014, 15:06

Victoire et convention d’occupation
Bayonne: une famille s’installe légalement au squat du Plantoun

Depuis le jeudi 6 mars, une famille dans la précarité avec trois enfants a pris possession du squat en question, par le biais d’un contrat d’un an et en échange d’un loyer modique. Ce relogement intervient un mois après que les squatteurs aient délibérément quitté les lieux afin de faciliter cette transition.

Le 7 février dernier, les trois occupants de la maison, accompagnés de leur comité de soutien et de divers collectifs, faisaient savoir qu’ils allaient immédiatement laisser la place libre. La veille, les HLM (propriétaire) et le PACT signaient une convention d’occupation, afin de transformer la maison en logement temporaire pour des familles en difficulté.

Cette convention est le résultat d’un bras de fer engagé entre les occupants et les HLM. Si, dans un premier temps, tout tendait à croire que l’issue de cette initiative s’achèverait en une expulsion de la part des forces de l’ordre, le soutien des habitants du quartier, la politisation de la démarche dans un territoire où l’immobilier est très tendu et la détermination des squatteurs ont finalement réussi à poser une solution autre que la confrontation. L’apport des travailleuses sociales venues en aide a été primordial. En effet, la proposition de relogement vient de leur diagnostic sans appel : rien que sur la côte basque, les structures d’hébergement d’urgence ont une capacité de 300 places annuelles pour plus de 2000 demandes.

Pour les personnes et collectifs ayant impulsé et soutenu le squat du Plantoun, c’est un précédent important qui pourra dorénavant servir à loger des gens à la rue ou des familles en attente d’attribution de logement, au vu du nombre important de maisons vides (43880 au Pays Basque). Un appel a été lancé dans ce sens, incitant les propriétaires à se tourner vers les structures sociales pour établir des conventions du même type.

Cette réquisition citoyenne est une première victoire et s’inscrit dans une dynamique plus globale, où diverses associations et collectifs dénoncent la spéculation immobilière, le nombre important de résidences secondaires, l’urbanisation des terres agricoles et naturelles et les prix exhorbitants pour se loger. Une manifestation aura lieu samedi 15 mars à Saint Jean de Luz, appelée par le groupe Lurra eta Etxebizitza (Terre et Logement), pour exiger, à la veille des élections municipales, une politique plus adaptée et plus égalitaire en matière de logement et l’arrêt du tout-béton.

http://fr.squat.net/2014/03/07/bayonne- ... more-26776
Image------------ Demain Le Grand Soir --------- --------- C’est dans la rue qu'çà s'passe --------
Avatar de l’utilisateur-trice
Pïérô
 
Messages: 20677
Enregistré le: 12 Juil 2008, 21:43
Localisation: 37, Saint-Pierre-des-Corps

Re: Droit au logement, luttes... à Bayonne et Pays Basque no

Messagede bipbip » 09 Mai 2015, 00:32

Bayonne : des nouvelles de l’ancien squat de Plantoun

Une longue lutte avait permis que le 26, Hameau de Plantoun, situé dans l’éco-quartier bayonnais et propriété d’Habitat Sud Atlantiques (HSA, gérant du parc HLM local) soit dévolu à l’hébergement d’urgence. Il a accueilli une famille pendant un an. Lundi 27 avril, quelques jours après le départ de celle-ci, la porte a été scellée par une plaque métallique.

L’affaire remonte à l’été 2013 et illustre les difficultés de logement sur la côte basque : la maison, propriété du bailleur social et vide depuis plus d’une année, était investie par les occupants de Plantoun. Six habitations sont inoccupées, pour cause de malfaçons, sur les trente que compte le lotissement.

Une situation dénoncée par les squatteurs, sur un territoire où la demande et l’attente de logements font partie des principales problématiques. Après une longue lutte, une convention est signée pour une durée d’un an, renouvelable, entre HSA et le Pact-hd (dont l’un des objectifs est d’assurer un « logement pour tous ») : le logement social devient un hébergement d’urgence.

Une femme et ses trois enfants sont alors accueillis. Ils ont récemment quitté les lieux pour s’installer dans un nouveau logement à Saint-Jean-de-Luz : une « sortie positive » mais qui, d’après une source proche, ne serait pas due à l’accompagnement de l’organisme au service de l’habitat, le Pact. Dans la foulée, l’accès au numéro 26 est condamné. Par qui ? La question reste en suspens.

Empêcher de nouveaux squats

La rédaction [hartzea@@@hotmail.com] a tenté de contacter le Pact-hd et HSA, mais personne n’a encore pu s’exprimer sur cette question. Joint ce mardi 28 avril, le maire de Bayonne (en déplacement) a affirmé ne pas être encore informé de cet acte. « Architecte » de cette convention, il était à l’époque adjoint de Jean Grenet et en période pré-electorale : pour lui, le scellé pourrait empêcher de nouveaux squats, dans l’attente de l’installation d’une autre famille dans le cadre d’un hébergement d’urgence. Mais ce n’est là qu’une supposition.

Le Hameau de Plantoun a été pensé comme l’écoquartier de Bayonne, érigé autour de la mixité sociale (espace où se côtoieraient propriétaires et locataires de logements sociaux). Les habitations devaient permettre l’accession sociale à la propriété pour les revenus modestes. Un projet qui a tourné « au fiasco » : des malfaçons thermiques et sonores ont contraint les co-propriétaires à engager des procédures judiciaires il y a plusieurs années de cela (pour la démolition ou la réhabilitation de leurs biens). Et les logements dévolus à l’habitat social (dont le numéro 26) ont été vidés.

https://fr.squat.net/2015/05/07/bayonne ... -plantoun/
Avatar de l’utilisateur-trice
bipbip
 
Messages: 24201
Enregistré le: 10 Fév 2011, 09:05

Re: Droit au logement, luttes... à Bayonne et Pays Basque no

Messagede bipbip » 01 Jan 2018, 18:24

Habitat. La tour Isabe veut rester debout

Face à la menace de destruction de leurs logements, les habitants d’un immeuble du quartier populaire de Saragosse, à Pau, sont entrés en résistance.

Tout a commencé par une lettre. Ou plutôt un tract glissé le 15 septembre 2016 dans les boîtes aux lettres de la tour Isabe, dans le quartier populaire de Saragosse, à Pau. Signée du maire, François Bayrou, la missive informe les habitants qu’un projet de rénovation urbaine va être mis en œuvre dans leur quartier et qu’il implique la destruction de leurs appartements. Pour beaucoup, c’est le choc. Personne, jusque-là, n’avait entendu parler du projet. « Une feuille libre, même pas dans une enveloppe, avec les publicités quoi ! J’ai reçu un gros coup de poing », se souvient Zora, aujourd’hui trésorière du collectif Isabe debout. Très vite, Zora prend contact avec d’autres locataires. Elle rencontre Évelyne. Les deux femmes se lient d’amitié. Et deviennent la colonne vertébrale du collectif qui se met en place pour résister à la démolition.

Démarre alors un parcours du combattant pour comprendre le projet et, au-delà, la rénovation urbaine. « On apprend au fur et à mesure mais c’est loin d’être facile », soupire Évelyne. Dans ce travail compliqué, elles sont épaulées par Nelly Somdecostes. Cette militante PCF, dont les parents ont dû quitter leur cité à la suite d’une opération similaire, est une des premières à être venue manifester son soutien. Ensemble, elles épluchent les dossiers et bataillent pour avoir l’information. « On a lu des pages et des pages, dit Nelly. On n’était pas des spécialistes, mais on a fini par le devenir. » D’abord reçu avec méfiance parce qu’il est « un politique », Olivier Dartigolles, élu local PCF, devient de fait le porte-parole des Isabe, lors des conseils municipaux où il est le seul à s’opposer au projet mais aussi dans un ouvrage consacré à cette lutte (1). Pétitions, rassemblements devant l’office HLM de Pau, création d’une page Facebook, prise de parole dans la presse locale, peu à peu, le collectif se déploie pour faire entendre sa voix.

« Je ne retrouverai jamais un logement aussi bien que celui-là »

La rénovation du quartier, les Isabe ne sont pas contre. Au contraire. Mais ils ne comprennent pas pourquoi leur tour doit être détruite pour être remplacée par un espace vert dans un quartier déjà verdoyant. Leur cité, ils l’aiment. « Je suis là depuis trente-sept ans, explique Zora. Les appartements ici sont très bien conçus, spacieux, insonorisés. Je ne retrouverai jamais un logement aussi bien que celui-là. » Sans parler du prix imbattable : 445 euros tout compris pour un 88 m2, contre au moins 600 euros dans le privé. Et puis, l’entretien a été bien fait. Selon le décompte du collectif, 22 travaux de réhabilitation ont été réalisés en dix-neuf ans. Alors, entendre une élue locale de droite parler de « taudis », ça les met en colère, les Isabe. D’autant que beaucoup ont investi en temps et en argent pour décorer leurs appartements. Face au mépris, ils organisent en mars 2017 une journée portes ouvertes. Des élus PS et PCF s’y rendent. Pas le maire. Après plus d’un an de lutte, François Bayrou n’a toujours pas voulu les recevoir. Tout au plus a-t-il fini par organiser une réunion publique.

Le combat des Isabe, c’est aussi un combat contre l’opacité. Celle-ci est déjà patente dans l’absence de concertation, alors que la loi oblige à une large information des habitants et à une coconstruction du projet. « La mairie a commencé par nous dire que c’était l’Anru qui demandait la destruction d’Isabe, se souvient Nelly. Finalement, l’Anru nous a détrompés en nous confirmant que c’était bien une décision municipale. » Puis est apparu l’argument de l’amiante, qui justifierait la démolition de la tour. Mais les habitants n’y croient pas. Ils exigent une contre-expertise, toujours refusée par la mairie. Pour savoir ce qui se trame, le collectif envoie des dizaines de lettres, demande des documents. Sans succès. « Tout le monde nous prend de haut. On est informé de rien. On ne se sent pas respecté », s’insurge Évelyne.

... https://humanite.fr/habitat-la-tour-isa ... out-647911
Avatar de l’utilisateur-trice
bipbip
 
Messages: 24201
Enregistré le: 10 Fév 2011, 09:05


Retourner vers Logement, squats, luttes de quartiers

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun-e utilisateur-trice enregistré-e et 1 invité