Droit au logement, luttes... à Lille

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Messagede Pïérô » 01 Nov 2013, 17:57

Mobilisation pour les familles expulsées de lille 1
(Pour infos, car je poste l'appel à manifester un peu tard. :oops: )
Cela fait deux jours que les familles expulsées lundi 28 octobre du parking P4, ont trouvées refuge à la bourse du travail de Fives. Cependant, cette situation n’est pas tenables et les familles logent dans des conditions difficiles. Nous avons donc tentés de déplacer les familles à l’ancienne bourse du travail, actuellement innocupée. Nous avons aussi rencontré Mr le Préfet, le conseil Général et la Mairie de Lille. Après toutes ces rencontres, toujours aucune solutions ne nous ont été proposée. C’e’st en ce sens que nous vous appellons à vous mobiliser aujourd’hui à 14h à la place république Beaux Art.

Nous exigeons une table ronde réunisszant tous les acteurs concernés ainsi qu’une évaluation glibale de la situation sanitaire et ! sociale des 50 enfants et de leurs familles par l’ASE du Conseil Général du Nord.

La situation esr urgente et précaire. Ainsi, nous avons besoin de monde et de soutien !! Voçtre présence ainsi que la’activation de vos réseaux nous est donc plus que nécessaire.

https://lille.indymedia.org/spip.php?article28113
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Re: Droit au logement, luttes... à Lille

Messagede Pïérô » 05 Nov 2013, 12:52

Re trop tard, mais pour infos
Manifestation contre les expulsions et en soutien aux Rroms réfugiés à la Bourse du Travail

L’intersyndicale de la Bourse du travail de Lille, après avoir rencontré la préfecture du Nord, le Conseil général du Nord, la Ville de Lille pour tenter de résoudre la situation des familles ayant trouvé refuge à la Bourse du travail, réaffirme 2 exigences immédiates pour mettre fin à la crise humanitaire causée par l’évacuation du parking P4 de l’Université de Lille 1 de Villeneuve d’Ascq sur décision du Préfet du Nord :

1. La réunion immédiate d’une table ronde réunissant tous les acteurs concernés : intersyndicale, Conseil général du Nord, Procureur de la République, Ville de Lille sous l’égide de la Préfecture du Nord,

2. Une évaluation globale de la situation sanitaire et sociale des 50 enfants et de leur famille actuellement accueillis à la Bourse du travail, par les services de l’aide sociale à l’enfance du Conseil Général du Nord.

L’intersyndicale rappelle aux autorités que le conseil d’état a placé le droit à l’hébergement d’Urgence au rang d’une liberté fondamentale au terme d’une ordonnance du 12 février 2012.

Cette ordonnance a été le support d’une décision du juge des référés de Lyon du 4 avril 2013 sur le fondement de l’article L 345-2-2 du code de l’action sociale et des familles qui édicte que : « toute personne en situation de détresse médicale, psychique et sociale a accès, à tout moment à un dispositif d’hébergement d’urgence ».

L’intersyndicale estime en effet que l’expulsion, accompagnée de la confiscation des biens constitue une violation de la loi, des circulaires, des conventions européennes et qu’il convient de rétablir le cadre légal adapté et respectueux des droits fondamentaux comme résolution unique de l’actuel conflit avec la Préfecture et les autorités de l’état.

Les organisations syndicales réaffirment l’absolue nécessité de trouver une solution de relogement au plus vite.

L’intersyndicale exige une table ronde immédiate sous l’égide du Préfet du Nord et appelle à une manifestation ce mardi 5 novembre 2013 à 11h30 – Porte de Paris à Lille en même temps que la manifestation lycéenne et étudiante en soutien aux élèves et étudiants expulsés et des sans papiers.

https://lille.indymedia.org/spip.php?article28122
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Re: Droit au logement, luttes... à Lille

Messagede Pïérô » 09 Nov 2013, 13:12

Communiqué unitaire des organisations CGT Nord – FSU 59/62 – Solidaires 59/62 et du collectif solidarité-roms de Lille

Quand les intérêts politiques créent une crise humanitaire, sanitaire et sociale

Depuis le 28 octobre, les organisations syndicales FSU, Solidaires, CGT, le collectif solidarité Roms de Lille-Métropole et les réfugiés Roms hébergés dans les locaux de la Bourse du Travail cherchent à obtenir des réponses cohérentes et justes des pouvoirs publics quant à leur situation.

Au terme d'un rapport de forces, et après avoir décrypté de nombreuses versions contradictoires, ils ont obtenu de pouvoir récupérer les caravanes confisquées sur le parking P4 il y a dix jours.

Dans le souci de dénouer la crise liée à l'accueil des Roms à la Bourse du Travail, les syndicats, les associations et les Roms ont tenté, ce vendredi 8 novembre, d'aller chercher les caravanes dans les fourrières de Lys-lez-Lannoy et Marquette et de les installer sur le parking sécurisé de la Bourse du Travail.

Alors qu'elles avaient obtenu l'accord des services préfectoraux le matin, elles se sont heurtées vers 16 h à un cordon de CRS barrant l'accès au parking.

Les caravanes ne peuvent donc se poser nulle part ! Comment comprendre que les Roms puissent rester dans les bureaux de la Bourse et ne puissent pas s'installer sur le parking de cette même Bourse ?

C'est Ubu au pays de LMCU et dans la République !

Confrontés à une telle absurdité, à un tel irrespect humain, quelles solutions ont les Roms de la Bourse du Travail ? A part ne pas exister, que doivent-ils faire ?

Confrontés à une telle incurie et à une telle inhumanité, les organisations qui accompagnent et soutiennent les Roms ont-elles d'autre issue que la révolte ?

Elles restent déterminées à obtenir justice et porteront ce scandale humanitaire et politique à l'échelon national.


Pour tout contact :
Vincent Delbar UD CGT Nord
Didier Costenoble FSU Nord
Vladimir Nieddu Solidaires 5962
Bertrand Verfaillie Collectif Solidarité- rom de Lille
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Re: Droit au logement, luttes... à Lille

Messagede Pïérô » 14 Déc 2013, 11:48

Ce dimanche 14 décembre

Table ronde contre les expulsions

à 17h, L'Insoumise (Bouquinerie occupée), 10 rue d'Arras, Lille

L'hiver arrive à grand pas, précédé de son lot d'expulsions locatives avant la trève hivernale. Pour ceux et celles qui ne sont pas expulsables, la taxe d'habitation qui vient de tomber leur rappelle que la chasse aux pauvres continue et que leur présence dans la ville ne dépend que du bon vouloir de l'Etat et des spéculateurs.

Ce délai arbitraire qu'est la trève hivernale ne fait que permettre à la répression de se concentrer pendant cette période sur les "mauvais pauvres" qui eux, n'y ont pas droit.

Comme la mairie de Calais, qui attaque et expulse les migrants des lieux qu'ils occupent, la Mairie de Lille affiche une politique raciste vis-à-vis des Roms et des Sans-Papiers.

Pour que la trève hivernale ne soit pas, comme ils et elles l'espèrent, synonyme de paix sociale, l'Insoumise invite tous les collectifs et individu-e-s à une table ronde, où sera présenter les différentes oragnisations politiques et collectifs en lutte et leurs moyens d'action.

http://lille.demosphere.eu/rv/1426
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Re: Droit au logement, luttes... à Lille

Messagede Pïérô » 19 Déc 2013, 12:31

Bourse du travail suite
Pour Cécile Duflot,
Promesses d’hier ne sont pas celles d’aujourd’hui !


Alors que Cécile Duflot avait annoncé qu’elle nous recevrait à l’occasion de son
déplacement à Lille, elle a renié aujourd’hui sa promesse d’hier !
En lieu et place, proposition nous a été faite par la police, d’être reçu-es par un sous-fifre, qui n’a pas pris la peine de communiquer avec nous, ce qui de toute façon n’était pas la demande initiale de l’Union syndicale Solidaires.
Pourtant c’est bien Cécile Duflot, qui avec six autres ministres est signataire de la circulaire
du 26 août 2012, laquelle prévoit un diagnostic social préalable, collectif et individuel, dès
lors qu’une évacuation de camp est demandée par la justice. Le parcours scolaire des enfants, le relogement des familles, l’aide à la recherche d’emploi, l’accès aux soins médicaux étant les rubriques principales de ce diagnostic social.
C’est bien le gouvernement auquel elle participe qui a pris la décision de procéder à
l’expulsion et à la spoliation des Roms actuellement accueillis à la Bourse du travail..
C’est ce gouvernement, qui depuis 45 jours, soit le 28 octobre, laisse la charge aux
syndicats de la bourse du travail de son propre travail, l’assistance sanitaire et le
logement à 110 Roms dans un silence assourdissant !
Madame DUFLOT est responsable, au même titre que d’autres gouvernants de
l’inhumanité d’état qui s’installe dans le pays.
Elle pourra toujours détourner les yeux, elle n’empêchera pas la solidarité de se
construire et notre combat pour une solution digne et humaine de continuer !

https://solidariteromsfives.wordpress.c ... mbre-2013/


Nous, occupants* de la Bourse du travail de Lille,

condamnons l’odieux chantage du Préfet de Région 59/62


Dans un courrier adressé aux organisations syndicales de la bourse du travail le 16 décembre 2013, cinquante jours après avoir expulsé les 120 Rroms du parking P4 de Lille 1 sans avoir proposé de solutions de relogement, le Préfet de région procède à un inacceptable chantage.

Il propose l’accueil en hébergement d’urgence des « personnes vulnérables » réfugiées à la Bourse du Travail de Lille le temps de la période hivernale à l’unique condition du départ des autres Rroms présents dans le bâtiment.

Alors, que la loi (Code de l’Action Sociale et des Familles) pose le principe de l’accueil immédiat et inconditionnel des personnes sans abri en situation de détresse médicale, psychique et sociale, la proposition du préfet est assortie d’une condition inhumaine et contraire à ce principe.

Le préfet, dès lors qu’il reconnaît la vulnérabilité des personnes, se doit de prendre les mesures indispensables pour les mettre en sécurité.

De plus, le Préfet fixe un ultimatum de 48h aux organisations syndicales pour répondre à ce chantage.

Cette alternative de mise à l’abri concerne 52 personnes. Elle avait été établie par la Direction Départementale de la Cohésion Sociale dès le 21 novembre dernier. Mais sa validation était sans cesse reportée par le Préfet.

Le courrier du lundi 16 décembre fait donc clairement suite à une rencontre avec Mesdames Aubry et Duflot le jeudi 12 décembre dernier à Lille et démontre ainsi, une fois encore, que les intérêts électoralistes locaux prédominent dans cette situation.

Les élus locaux de la métropole Lilloise et de la communauté urbaine de Lille sont responsables de cette situation car ils pourraient facilement se répartir l’accueil des populations Rroms, plutôt que de les rejeter systématiquement.

Le quota de 1500 Rroms admis à habiter dans la métropole Lilloise (non atteint à ce jour car seuls 1200 Rroms sont accueillis) empêche toute solution de logement ou d’hébergement et favorise les nombreuses évacuations.

Nous, occupants* de la Bourse du Travail, afin de trouver une issue à cette situation sanitaire et sociale inhumaine, acceptons la mise en sécurité pour la période hivernale des 52 personnes les plus fragiles dans le cadre des propositions arrêtées par la DDCS ; cependant nous refusons de mettre dehors les familles Rroms qui ne bénéficient d’aucune solution, et qui, elles aussi, ont des enfants en bas âge ou à naître. Il est inadmissible de les condamner une fois encore à l’errance.

Nous proposons au Préfet d’ouvrir de nouvelles négociations autour de l’opportunité de restituer les caravanes aux familles exclues du dispositif et de mettre à leur disposition un terrain viabilisé dans un cadre légal où elles pourront s’établir sans courir le risque d’être exposées à des évacuations.

* les organisations syndicales CGT, FSU, SOLIDAIRES
A Lille, le 17 décembre 2013.

https://solidariteromsfives.wordpress.c ... /#more-246
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Re: Droit au logement, luttes... à Lille

Messagede Pïérô » 21 Déc 2013, 12:18

Les Rom de la Bourse saisissent le tribunal administratif de Lille,
pour contraindre le préfet à respecter les libertés fondamentales !


Maitre Eve THIEFFRY, avocate au barreau de Lille, a été mandatée par les Rom avec notre total soutien, pour faire imposer par les voies légales à notre disposition une solution digne et humaine pour la totalité des Rom actuellement accueillis à la Bourse du travail de Lille.

C’est la réponse du collectif des Rom soutenus par les organisations syndicales à l’odieux chantage du Préfet du Nord qui accumule les fautes et les violations du droit français et international.

La dernière violation en date aura été d’écrire dans son communiqué su 20 octobre 2013 « il a été décidé de libérer les places réservées » arguant d’un prétendu « refus des organisations syndicales et des personnes de culture Rom ».

Or les organisations syndicales CGT- FSU- Solidaires ont répondu le 18 décembre au Préfet «Nous, occupants* de la Bourse du Travail, afin de trouver une issue à cette situation sanitaire et sociale inhumaine, acceptons la mise en sécurité pour la période hivernale des 52 personnes les plus fragiles dans le cadre des propositions arrêtées par la DDCS »

C’est bien de la construction d’un mensonge d’état dont le Préfet a besoin pour masquer l’objectif machiavélique au service d’un chantage odieux : tenter de diviser les Rom entre eux et tenter de faire expulser les Rom par les syndicalistes eux même. Ce dont il n’est absolument pas question.

C’est aussi le moyen de se dédouaner lui-même des responsabilités qui lui incombaient avant de procéder à l’expulsion le 28 octobre 2013 : trouver une solution alternative.

L’accueil d’urgence, le droit au logement, à la dignité, la non-discrimination, ont été inscrites au rang des libertés fondamentales, ce sont ces libertés fondamentales que nous entendons faire respecter, pour les Rom, pour tous les exclus, pour tous les pauvres.


Pour tout contact : Nieddu Vladimir 06 03 40 30 79

Union syndicale SOLIDAIRES, Bourse du Travail, 174 Bd de l’USINE 59000 Lille

http://solidariteromsfives.wordpress.co ... -decembre/

La scolarisation des enfants en âge de fréquenter le collège progresse grâce à SUD éducation 59/62, mais la mairie de Lille refuse encore d’inscrire les enfants dans les écoles...


http://sudeduc5962.lautre.net/spip.php?article1374



Ce Samedi 21 décembre

La Brique organise une journée de rencontres, de débats et de concerts autour de la thématique de son dernier numéro : le logement et la fabrique de l’embourgeoisement.

Image

http://labrique.net/numeros/en-ligne-un ... de-soutien
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Re: Droit au logement, luttes... à Lille

Messagede Pïérô » 27 Déc 2013, 15:29

Communiqué de presse de L’Union syndicale SOLIDAIRES 59/62

Victoire pour 17 familles Rom de Lille face au Préfet du Nord !

La décision du juge des référés du TA de Lille est sans appel : « La carence de l’état dans l’application de ses obligations envers les requérants, dont la situation de détresse n’est pas contestée, est caractérisée et constitutive d’une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale des requérants ; qu’en conséquence Il y a lieu d’enjoindre au préfet du nord de proposer à ………… un hébergement d’Urgence pouvant les accueillir avec les enfants, à charge pour l’administration de justifier auprès du tribunal les mesures prises à cet effet. »

Le tribunal ordonne : « Elle fait injonction au préfet du Nord d’indiquer à …… dans un délai de 7 jours à compter de la notification de la présente ordonnance, un lieu d’hébergement susceptible les accueillir ainsi que leurs enfants, à charge pour l’administration de justifier auprès du tribunal des mesures prises. »

L’Union syndicale SOLIDAIRES demande à la préfecture sur la base de ces jugements de trouver sans délai, une solution d’hébergement conforme au droit français.

l’article L.345-2-2 du code de l’action sociale et des famille précise les différentes prestations qui doivent être fournies par un centre d’hébergement d’urgence: « Cet hébergement d'urgence doit lui permettre, dans des conditions d'accueil conformes à la dignité de la personne humaine, de bénéficier de prestations assurant le gîte, le couvert et l'hygiène, une première évaluation médicale, psychique et sociale, réalisée au sein de la structure d'hébergement ou, par convention, par des professionnels ou des organismes extérieurs et d'être orientée vers tout professionnel ou toute structure susceptibles de lui apporter l'aide justifiée par son état, notamment un centre d'hébergement et de réinsertion sociale, un hébergement de stabilisation, une pension de famille, un logement-foyer, un établissement pour personnes âgées dépendantes, un lit halte soins santé ou un service hospitalier. »

Une nouvelle audience interviendra ce vendredi 27 décembre 2013 à 9 heures pour les 3 dernières Familles.

Pour tout contact : Nieddu Vladimir 06 03 40 30 79

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Re: Droit au logement, luttes... à Lille

Messagede Pïérô » 28 Déc 2013, 01:03

Dans la presse
Lille : la justice impose le relogement de familles roms sans domicile

Une centaine de personnes campant à la Bourse du travail doivent se voir proposer un logement, a déclaré le tribunal adminsitratif à l'intention de la préfecture du Nord.

Le tribunal administratif de Lille a ordonné jeudi au préfet du Nord de trouver un hébergement d’urgence pour 17 familles roms actuellement accueillies à la Bourse du travail de Lille, a-t-on appris de source judiciaire. «Il est fait injonction au préfet du Nord d’indiquer à M. et Mme (...) dans un délai de sept jours à compter de la notification de la présente ordonnance un lieu d’hébergement susceptible de les accueillir avec leurs enfants, à charge pour l’administration de justifier au tribunal des mesures prises», dit l’une de ces 17 ordonnances, selon Marc Paganel, vice-président du tribunal.

«Le magistrat, au cas par cas, est venu déterminer s’il y avait une situation d’extrême détresse pour dire qu’il était obligatoire pour le préfet de tout mettre en œuvre pour trouver un hébergement d’urgence», a souligné l’avocate des familles, Me Eve Thieffry, qui n’avait eu en fin de matinée que les délibérés pour deux familles. Parmi les 21 décisions rendues selon Marc Paganel, le tribunal a rejeté les demandes de quatre personnes qui ne remplissaient pas les critères pour prétendre à un hébergement d’urgence. «Pour un référé-liberté, il faut que l’irrégularité soit manifeste», a rappelé Marc Paganel, selon qui les quatre personnes en question sont des personnes seules, en bonne santé.

Par ailleurs, le tribunal a également demandé un droit de suite, enjoignant à l’administration de rendre des comptes. En revanche, dans un premier temps, le tribunal n’inflige pas d’astreinte au préfet.

Une centaine de tziganes des Balkans sont hébergés à la Bourse du travail de Lille depuis leur expulsion d’un campement fin octobre. Parmi eux, une vingtaine de familles avaient saisi le tribunal administratif pour «atteinte gravissime et manifeste à une liberté fondamentale commise par le préfet du Nord», celle du droit à l’hébergement d’urgence. La préfecture du Nord n’était pas joignable dans l’immédiat.

La préfecture du Nord, qui avait mobilisé des places d’hébergement pour une partie de ces Roms sous réserve de l’évacuation des lieux par tous le 18 décembre au plus tard, avait annoncé vendredi qu’elle retirait son offre, après le refus des familles. «Rien ne permet de conditionner le droit des uns aux droits des autres (...) Le droit à l’hébergement d’urgence est une liberté fondamentale», avait plaidé lundi Me Thieffry, demandant au juge des référés d’enjoindre le préfet du Nord de proposer une solution d’hébergement aux familles sous deux jours, sous astreinte de 100 euros pour chaque famille par jour de retard.
AFP
http://www.liberation.fr/societe/2013/1 ... ile_969021
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Re: Droit au logement, luttes... à Lille

Messagede Pïérô » 01 Mar 2014, 02:00

Locataires cherchent bailleur social
http://labrique.net/numeros/numero-37-n ... t-bailleur
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Re: Droit au logement, luttes... à Lille

Messagede Pïérô » 07 Mar 2014, 13:00

Samedi 15 mars 2014
Manifestation contre les expulsions locatives et le droit au logement
à 14h30, Grand Place de Lille, Place du Général-de-Gaulle, Lille

L'expulsion est une pratique barbare qu'il faut abolir

Le marché immobilier n'a qu'un seul objectif : permettre à ceux qui ont déjà de l'argent d'en gagner encore plus. Le logement est un droit fondamental qui doit sortir de cette logique.

Le gouvernement actuel poursuit une politique dans la droite ligne du précédent, et l'argent qui a été donné aux banques, continue à l'être aux patrons. L'ANI et la loi de Compétitivité Emploi votées en 2013 en sont les tristes exemples. Nous exigeons que cet argent soit repris pour permettre à tous l'accès à un logement pérenne.

Nous continuons de subir la chasse aux pauvres et leur stigmatisation (travailleurs précaires, chômeurs, étudiants, Roms, Sans Papiers...) et cela dans le mépris total des valeurs d'égalité, de fraternité, de liberté et de solidarité.

Le dispositif DUFLOT continue d'être un cadeau fiscal aux propriétaires bailleurs tandis que la loi du même nom a été vidée de son sens, échec de la loi DALO, déficit de construction et logements sociaux nouvellement construits toujours trop chers pour les ménages les plus modestes. Dans cette dynamique, les expulsions se poursuivront, la loi du marché continuera de faire augmenter les loyers.

Les loyers et les charges liés au logement (eau, gaz, électricité, chauffage..) continuent d'augmenter. Par contre, les ressources des familles déjà durement touchées par la crise, ne cessent de baisser et le chômage explose. Les expulsions de locataires sont de plus en plus nombreuses et le droit au logement n'existe plus.

Cette situation doit contraindre le gouvernement à abolir les expulsions. Nous exigeons qu'une véritable politique ambitieuse et volontariste en faveur de l'habitat pour tous soit porté et garanti par l'état.

Quelque soit son statut et ses ressources, chacun doit avoir le droit de s'épanouir dans un logement correspondant à ses besoins et à ses souhaits. Nous n'avons pas besoin qu'on nous impose un contrôle social, nous voulons des logements et les moyens de vivre dignement!

C'est l'indignation, la colère qui doivent nous guider.

C'est la justice sociale et non la charité que nous réclamons !

Nous exigeons :

• L'arrêt des expulsions, de toutes les expulsions.
• L'application de la loi de réquisition
• Le droit à un logement décent pour tous
• La construction de logements sociaux accessibles à tous (PLAI)
• L'arrêt des démolitions de HLM sans construction préalable
• Le libre choix de son quartier de résidence.
• L'encadrement des loyers et des charges locatives des secteurs privé et public

STOP à la résignation !

Organisons notre combat !


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Re: Droit au logement, luttes... à Lille

Messagede Pïérô » 13 Juin 2014, 00:57

Samedi 14 juin 2014

Assemblée de création - apu fives-hellemmes‏
à 14h, Bourse de travail à Fives

Bonjour à tous et à toutes,

Quatre mois !

Et oui, ça fait maintenant quatre mois que le collectif de l’APU se mobilise sur les "quartiers" de Fives, Hellemmes et Saint-Maurice. Et on a pas perdu notre temps : entre la lutte sur l’îlot pépinière, les permanences collectives, la balade urbaine, le journal de quartier et la grosse vingtaine de familles qu’on accompagne.

Aujourd’hui, c’est le moment de passer à l’étape supérieure, de transformer ce collectif en association. On organise donc une première assemblée générale :

Samedi 14 juin à la bourse du travail

à partir de 14h.

Votre présence à cette assemblée est vraiment importante. On se doit d’être nombreux ! Après un moment de discussion de 14h à 17h, on enchaînera sur un barbecue et des concerts !

Faites tourner l’information dans vos réseaux et surtout venez nombreux !

l’APU Fives-Hellemmes



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Re: Droit au logement, luttes... à Lille

Messagede Pïérô » 23 Nov 2014, 14:44

Expulsion d’un lieu occupé et arrestation d’une vingtaine de personnes

Hier à 21h (le 21 novembre), la police expulse un lieu occupé et arrête une vingtaine de personnes. Des gens viennent voir l’hallucinant, mais de plus en plus banal, déploiement de keufs. IlLEs ont à peine le temps de s’approcher qu’ilLEs se font gazer, poursuivre, matraquer et embarquer pour certainEs d’entre eux.
S’ensuit un quadrillage policier de tout wazemmes pendant quelques heures.

à suivre... https://lille.indymedia.org/spip.php?article28882
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Re: Droit au logement, luttes... à Lille

Messagede Pïérô » 25 Nov 2014, 01:54

30 personnes en garde à vue ce week-end à Lille

Le 21 novembre à 21h, la police expulse un lieu occupé et arrête une vingtaine de personnes. Des gens viennent voir l’hallucinant, mais de plus en plus banal, déploiement de keufs. IlLEs ont à peine le temps de s’approcher qu’ilLEs se font gazer, poursuivre, matraquer et embarquer pour certainEs d’entre eux.
S’ensuit un quadrillage policier de tout wazemmes pendant quelques heures.

... https://luttennord.wordpress.com/2014/1 ... d-a-lille/
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Re: Droit au logement, luttes... à Lille

Messagede Pïérô » 11 Déc 2014, 11:01

Dimanche 14 décembre 2014

Repas de quartier à propos de l'avenir de la « zac pépinière »

à 12h, Face à la Pépinière, Lille, Place du Triangle Désirée Boucher

Une de plus. Le numéro 76 de la rue du Faubourg de Roubaix vient d'être muré. Voilà comment Euralille et LMCU opèrent depuis 20 ans : après un rachat à bas coût et l'expulsion des habitants, le temps et les intempéries pourrissent les maisons. Après démolition, les bétonneuses bétonnent : les deux derniers hectares de bois restant dans cette ville seront remplacés par 250 logements et des centaines de voitures.

En dépit de la prose fleurie des urbanistes et des architectes - remplacez « Béton, expulsion, pollution » par un « trait d'union entre la modernité d'Euralille et le quartier traditionnel de Saint Maurice » - ce projet n'est rien d'autre qu'une basse opération de promotion immobilière dans l'une des villes les plus chères de France. À cinq minutes de la gare TGV, les cadres mettront le prix pour aller à Paris à pied. Les autres devront faire place nette.

Nous connaissons déjà le projet d'Euralille. C'est le même type d'urbanisme standardisé et moche que du côté impair de la rue, que sur le Boulevard Hoover ou Porte de Valenciennes. Aux anciennes rues modestes mais vivantes, une ville anesthésiée par leurs « mètres carrés de bureau », leurs « espaces résidentialisés » et leurs « aménagements paysagers ». Au regard de ce qui se fait déjà, souhaitons-nous vraiment que « La ville continue », pour reprendre le slogan municipal ?

Les enjeux financiers d'une telle opération sont colossaux. Face à cela, les derniers habitants et tritons qui habitent l'îlot Pépinière ne suffiront pas. Mais nous pouvons nous réunir, discuter de la ville que nous voulons et, qui sait, stopper l'avancée d'Euralille.

Rendons-nous le dimanche 14 décembre à midi
pour une auberge espagnole et une ballade
sur le Place du Triangle Désirée Boucher


Des habitants de Saint-Maurice, l'A.P.U. Fives, et leurs soutiens
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Re: Droit au logement, luttes... à Lille

Messagede Pïérô » 10 Fév 2015, 14:47

[La Mangouste] Récit d’une petite victoire face à la police à Lille

Nous avons voulu vous conter cette petite histoire pour qu’elle ne reste pas sans mots. Mais elle n’a rien d’extraordinaire, rien d’exceptionnelle. Des débordements qui surgissent quand des personnes s’organisent pour prendre leur existence en main, il y en a partout et tout le temps dans les moindres interstices du pouvoir.

Ça fait presque deux mois que nous occupons un bâtiment appartenant à l’Institut Pasteur à Lille, vide depuis plus de 6 ans. Pendant plusieurs semaines, nous avons fait quelques travaux pour nous sentir chez nous en rénovant les chambres : certaines tapisseries d’une autre époque ont été enlevées ou remplacées, certains murs ont été assainis, une cloison a été montée et d’autres petites choses ont été installées. Nous avons aussi aménagé un grand salon avec une cuisine nous permettant de vivre sereinement à plein ! En plus de ça, nous avons maintenant des espaces collectifs permettant d’accueillir plusieurs activités, notamment une salle de cinéma, un bar, une salle de concert et d’autres choses si nous en avons envie.

Nous pouvons donc dire que nous sommes plutôt bien installés et comptons bien y rester le plus longtemps possible. Et pour cela, ce n’est pas la fameuse insalubrité inventée par l’Institut Pasteur qui nous fera partir, mais bien la bleusaille. C’est pourquoi quelques précautions ont été prises pour qu’elle ne puisse rentrer facilement, en témoignent leur deux essais infructueux.

La première fois qu’ils sont venus, c’est de façon illégale le 17 décembre. Cela se déroule en deux temps : un, officieux, où une première équipe de flics est chargée de faire ça rapidement, autant dire qu’elle n’est pas là pour réfléchir. Coup de pied dans une barricade alors que le flic est en équilibre sur une barre métallique au dessus d’une verrière. Il échoue évidemment. On se demande si on va pas retrouver un bleu mort dans nos chiottes 4 mètres plus bas, mais les flics partent rapidement. Alors vient le deuxième temps : les proprios reviennent en grandes pompes dans l’après-midi accompagnés de 40 flics, BACeux, RG, huissiers et compagnies en espérant nous expulser illégalement. Les flics posent le bélier devant la porte pour nous signifier qu’ils en ont des grosses. Malheureusement pour eux, ils ne savent pas par où commencer — il faut dire que le bâtiment est plutôt bien protégé — et après deux heures d’intenses réflexions de leur part, ils repartent bredouilles, n’ayant pas eu l’autorisation d’opérer illégalement sur un carrefour hyper visible, juste à l’entrée de la ville.

Nous sommes plutôt contents de leur échec, mais sommes assez impressionnés du déploiement et de leur réactivité. Il faut dire que le bâtiment est situé à un endroit stratégique pour eux, le Centre de recrutement de la Gendarmerie se trouve à quelques mètres, d’ailleurs les schmidtts sont des vieux habitués du quartier : ce qui est aujourd’hui la Maison de l’emploi était autrefois le commissariat central et les bars du coin sont toujours très mal fréquentés. Nous décidons alors d’utiliser cet atout pour placer une banderole signifiant notre occupation et notre volonté de prendre de la place dans le quartier.

Forcés cette fois de suivre la procédure, les proprios font appel aux huissiers, qui viennent nous rendre visite plusieurs fois. Dès le lendemain du déploiement de keuf infructueux, deux huissiers se pointent pour constater l’occupation et nous demandent nos noms. Costards sur mesure, cheveux gominés, le teint frais, on vient pas du même monde c’est clair. Ils tentent quand même de faire une petite blague quand on leur dit que c’est Bruce Willis qui habite là. Nous on rit pas. Quelques semaines plus tard, le plus puant des deux revient tout seul (même pas peur) prendre en photo la serrure. Toujours le même sourire arrogant. On a à peine le temps de réagir qu’il est déjà parti.

Mardi 27 janvier, les deux mêmes huissiers se repointent. Toujours au top. Par contre cette fois ils ne sont pas tous seuls. Quelques flics les accompagnent, ainsi que deux serruriers, tous se font plutôt discrets. Ils pensent qu’il n’y a personne dans la maison, et ne prennent pas la peine de sonner. Par chance les deux habitants présents à ce moment là les voient et descendent mettre les barricades. Ils remontent et se pointent à une fenêtre pour demander aux huissiers ce qu’ils viennent faire là. Très évasifs, la seule réponse obtenue est « on veut discuter, mais on discute à l’intérieur », comprenez : « on vient prendre vos identités, et si vous nous laissez pas entrer, on entrera tous seuls ». Sur ce, les serruriers commencent à attaquer la porte. Heureusement pour nous, il s’avère assez rapidement que ce sont deux gros branquignoles. Pendant qu’ils essayent l’arrache-serrure, puis le pied-de-biche, le tournevis, la perceuse, etc., les habitants ont le temps d’appeler quelques copains en renfort. Du monde commence à se rassembler sur le carrefour, pendant que la bleusaille arrive plus nombreuse également. Dehors, on décide de s’approcher et de se mettre bien en face de la maison, histoire de mettre la pression aux flics et aux serruriers, qui font de plus en plus d’efforts inutiles. On les traite à mort, les gens du quartier sortent et nous rejoignent. Entre les gosses qui attendaient leur bus, les gens qui sortaient de la Mission locale et les jeunes du quartier, ça fait du monde qui se croise et qui décide de rester juste par solidarité et haine des keufs. Ça crie, ça se moque, pendant ce temps les habitants menacent les serruriers avec une bouteille de pisse. Ils n’y croient pas trop, ils auraient dû. Ils se prennent d’abord quelques gouttes, puis une bouteille entière sur la face, puis une autre. En tout, ça fait quelques litres bien odorants qui atterrissent sur les serruriers et les huissiers, pendant que les flics se reculent bien sagement de la porte. Eux sont pas trop solidaires de leurs potes pour le coup.

Vu le succès qu’a rencontré l’urine auprès des gens dehors, ça enchaîne direct sur la compote, puis le pain sec, qui atterrissent sur les boucliers de CRS venus protéger les serruriers. Sauf que travailler entourés de flics-parapluies, imbibés de pisse et de bouffe alors qu’il caille à mort et que tu te fais traiter par 50 personnes, ça aide pas à la réflexion. Bref, plus de deux heures plus tard, les serruriers lâchent l’affaire en ayant bien entamé la porte, mais pas assez pour la faire céder. Les coups de masse et de bélier des flics désespérés ne l’ont pas fait bouger. Les serruriers et la BAC se tirent les premiers, les bleus commencent à partir, nous on sent la victoire, on est de plus en plus déchaînés. Ça crie à mort, ça traite les keufs, les habitants craquent un fumigène à la fenêtre, c’est vraiment beau à voir. Des pétards font sursauter les flics, qui font plus trop les malins. On s’apprête à se disperser quand une nouvelle patrouille de BAC débarque pour contrôler des jeunes du quartier. Illico les gens encore présents avancent sur eux, les entourent, leur disent de dégager. Ils appellent du renfort, le contrôle se termine tranquille et ils finissent par tous se barrer rapidement. Nous on rejoint notre case, on tente d’ouvrir notre porte qui est bien abîmée. On ouvre, on visse, on soude, des gens du quartier sont encore là, nous filent un coup de main, viennent tchatcher de la maison, ou juste nous regardent reprendre possession des lieux.

Nous disons petite victoire, cela ne veut pas dire que les flics ont perdu, on a juste gagné du temps. Mais nous n’avons pas gagné que ça. Nous parlons de victoire, parce qu’au moment où les flics sont partis, nous avons tous compris qu’ils partaient en partie grâce à cet aller-retour entre les habitants et les gens dehors. Nous avons aussi gagné une énergie folle, une énergie qui est assez rare, mais qui a duré jusqu’au soir, où même l’ambiance du quartier n’était pas comme d’habitude. Cette énergie a traversé toutes les personnes présentes qui étaient contre la police. Pendant cette émulation, les gens dehors parlaient contre les flics, mais parlaient aussi entre eux, c’était une discussion libérée, libérée dans le sens où l’hétérogénéité des personnes aurait fait que dans une situation normale personne ne se serait parlé. C’est cette situation anormale qu’il faut savoir prolonger, cette énergie qui doit nous aider à multiplier ces situations.

C’était nouveau pour nous de ressentir un vrai soutien du quartier, de voir les gens dans la rue se les peler tout l’aprem pour rester discuter, voir comment ça va se passer. Du coup on a voulu essayer de s’emparer de ça, de rencontrer les gens dans un contexte plus serein, et on a décidé d’organiser une grosse bouffe chez nous une semaine après ces événements.

La Mangouste, Lille, le 8 février 2015

https://juralib.noblogs.org/2015/02/09/ ... e-a-lille/
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