Luttes aménagement du territoire, urbanisme, gentrification

Re: Luttes aménagement du territoire, urbanisme, gentrificat

Messagede Pïérô » 19 Sep 2013, 00:38

Tours, du feu "Canard du Coin", article repris dans le N°d'été d'Article 11

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Re: Luttes aménagement du territoire, urbanisme, gentrificat

Messagede Pïérô » 26 Sep 2013, 09:55

Le 27 septembre 2013 à Besançon

« L’embourgeoisement des vieux quartiers populaires de centre-ville ou gentrification »

Conférence avec Jean-Pierre Garnier, organisée par le groupe Proudhon de la Fédération anarchiste.
à 20h30, Librairie L'Autodidacte Carte 5 rue Marulaz 25000 Besançon.
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Re: Luttes aménagement du territoire, urbanisme, gentrificat

Messagede Pïérô » 09 Oct 2013, 02:26

Bordeaux, samedi 12 Octobre 2013,
à 17h à l'Athenée Libertaire, 7 rue du Muguet, Bordeaux

La Librairie du muguet invite Anne Clerval auteure de "Paris sans le Peuple" pour un débat sur la gentrification.

"La gentrification : comment l'expliquer ? Comment y faire face ?" Débat avec Anne Clerval.

"La gentrification est un processus d'embourgeoisement des quartiers populaires qui transforme l'habitat, les commerces et l'espace public et conduit à l'éviction des classes populaires. Comment l'expliquer ? Quels sont les facteurs structurels, les stratégies d'acteurs et les politiques qui sont en jeu dans cette transformation de la ville ? On verra en particulier le cas de Paris, en le comparant à d'autres villes du monde où cela se passe parfois différemment. Comment ça se passe dans les quartiers qui se gentrifient ? Comment se reconfigurent localement les rapports sociaux de domination dans un tel contexte ? C'est ce que nous verrons et dont nous débattrons pour réfléchir ensemble aux moyens d'y faire face."

http://www.atheneelibertaire.net/index. ... ne-clerval
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Re: Luttes aménagement du territoire, urbanisme, gentrificat

Messagede Pïérô » 10 Oct 2013, 14:04

Caen-Métropole
A l’occasion de la troisième grande messe de l’habitat et de l’urbanisme à Caen (3ème biennale de l’architecture et de l’urbanisme), dans le cadre des rénovations urbaines de l’agglomération renforçant l’administration de nos vies, produisant l’embourgeoisement de la ville, favorisant le capitalisme et la marchandise, voici un texte et des documents sur la question. Les partenaires de cette 3ème biennale sont entre autres Eiffage, Bouygues, EDF, Zanello, Investir immobilier etc.


Métropolisation

Partout en France, les métropoles (mater – polis, ville-mère) fleurissent : Nantes – Saint-Nazaire, Lyon, Lille, Marseille, Rennes etc. et bien sûr Caen. Des villes dont une bonne partie des constructions commençaient à dater, ayant poussé pendant les grands travaux post-45. Et partout, ce sont les mêmes processus, les mêmes annonces, et les mêmes bâtisses intégrées à des réseaux énergétiques, commerciaux et de transport, de l’autoroute à la centrale nucléaire, en passant par les flux financiers.

Note :

Caen-Métropole est un syndicat mixte de 143 communes pour 330 000 habitants, autour de Caen, et avec pour président le maire de Caen. Elle se veut un pôle économique stratégique, avec le port de Ouistreham, l’aéroport de Carpiquet, peut-être bientôt le TGV depuis La Défense. Largement technophile, cette entité met en avant le GANIL (recherche nucléaire), mais aussi l’automobile, l’agroalimentaire, la microélectronique et les technologies de la communication. Elle veut développer Caen, notamment en réhabilitant un certain nombre de quartiers, en faisant de la planification urbaine et en restructurant l’économie autour de projets industriels de haute technologie (nanotechnologies, nucléaire) tout en marchandisant toujours plus la culture. Tout cela dans une volonté de « développement durable »…


Les travaux de rénovation urbaine ont commencé depuis un moment sur Caen. Le quartier de la presqu’île, ancienne zone industrielle et quartier populaire, a été largement détruit. Les premières constructions culturelles ont poussé (école des beaux-arts, salle de concert), avant que d’autres les rejoignent. Un éco-quartier devrait y voir le jour. Vernis environnemental pour classes moyennes et pôle culturel (et marchand) seront au centre de ce nouvel espace. A proximité, les rives de l’Orne vont être entièrement réaménagées. Le but est d’en faire un deuxième centre-ville, directement à côté de la gare ferroviaire. Déjà, un complexe gigantesque a poussé, avec ses appartements de standing (pour attirer les parisiens de La Défense, en lien avec le projet de ligne TGV Paris-La Défense – Caen, pour le moment suspendu), ses milliers de m² d’ « ambiances » de shopping (sic), son cinéma multiplex et ses parkings souterrains, tout cela Haute Qualité Environnementale. L’un des derniers quartiers populaires au cœur de la ville est destiné à être gentrifié. La rénovation urbaine s’est aussi concentrée sur les quartiers périphériques, et populaires, de la ville : Chemin vert, Grâce de Dieu, Guérinière etc. La gentrification bat son plein, avec son lot de logements « moyennement sociaux » destinés aux classes moyennes dans certaines zones de ces quartiers (souvent dans la périphérie de ceux-ci). En leur cœur ou par poche, ces quartiers restent les mêmes, sans rénovation, populaires, et encore plus enclavés. Par ailleurs, l’étalement urbain continue son œuvre tout autour de l’agglomération, et grignote la campagne. Des cités pavillonnaires poussent tout autour. Hérouville-Saint-Clair, ancienne « banlieue rouge », s’est quant à elle gentrifiée à vitesse grand V, avec son lot d’œuvres d’art postmodernes. La métropolisation est en marche…


AUCAME, le bras armé : l’agence d’urbanisme de Caen-Métropole

Association Loi de 1901regroupant collectivités territoriales et administrations publiques (Caen la Mer, ville de Caen, Conseil régional, Préfecture, plusieurs communautés de communes), institutions de recherche (Université de Caen), des syndicats mixtes (transport et Caen-Métropole), et les organismes liant public et privé (Chambre de Commerce et d’Industrie, Chambre de Métiers et de l’Artisanat, Chambre de l’Agriculture).

Cette association est présidée par la Maire de Colombelles et vice-président de l’agglomération Caen la mer. Son budget est de 950 000E, financés par les cotisations et subventions de ses adhérents. Elle salarie treize personnes dans « l’ingénierie territoriale », c’est-à-dire l’urbanisme et le développement économique


Polycentralisation et macrosystèmes techniques

La métropolisation, que l’on définit comme une dynamique spatiale tendant à organiser un territoire autour d’un centre, a souvent été décrite comme une conséquence de la décentralisation. A ceci près que c’est bien d’une polycentralisation qu’il s’agit, c’est-à-dire la construction de multiples centralités et un abandon des espaces entre-deux – qui peuvent parfois être aux abords des centres, comme c’est le cas des quartiers populaires par exemple. Les métropoles concentrent les activités économiques et culturelles, les lieux de pouvoir, et même les lieux de santé et d’administration.

La Ville-Métropole a pour fonction d’être un centre névralgique des macrosystèmes techniques : nœuds de transports autoroutiers, ferroviaires, aériens et portuaires, nœuds d’approvisionnements énergétiques, circuits mondiaux d’alimentation, télécommunications, production de biens et services en masse, y compris sanitaires (grands hôpitaux qui soignent sur le modèle industriel) et technologiques (des labos de recherche à l’usage, souvent par pôles de spécialisation : aéronautique et aérospatial à Toulouse, nanotechnologies à Grenoble, nucléaire et demain nanotechnologies à Caen etc.).

Ces macrosystèmes techniques prennent la forme de réseaux complexes, avec pour infrastructures principales les métropoles. L’artificialisation pleine et entière de ces réseaux permet une régulation des flux et une administration de la vie quotidienne des objets comme des personnes. L’information et la communication, et la transformation de la vie en signes et interfaces, ne se contentent pas d’être un moyen de cette artificialisation. C’est aussi une forme du contrôle social et de l’organisation réticulaire des macrosystèmes : ficher tous les faits et gestes des populations, surveiller et contraindre tout le monde à suivre la voie idéologique du progrès. C’est bien pour cela que ce qui s’affiche comme démocratisation à travers une décentralisation et la démocratie participative, n’est en réalité qu’un affaiblissement des capacités autonomes d’action des personnes, resserrement des lieux de pouvoir et techniques participatives de domination associées à des modes de contrôle social plus classiques (militarisation de la police, vidéosurveillance, rationalisation de l’espace). En terme spatial et architectural, l’infrastructure de la métropole réponde alors en tout point à la vision panoptique. Ce qui fait de Bentham, l’un des plus détestables personnages du 19ème siècle, l’un des stratèges de cette « modernisation » qui révèle chaque jour la réalité inique de son projet suicidaire, avec pour avenir une « vie sous contrainte radiologique », dans des espaces ultra-rationalisés, conçus comme des citadelles, et entourés de bidonvilles. Ce Bentham nous rappelle une nouvelle fois que les libéraux sont les plus liberticides.


Gentrification et inégalités

La matérialisation du projet progressiste reflète très bien les structures sociales inégalitaires du système capitaliste qui doit le nourrir. Partout, des interstices se forment dans ces macrosystèmes, et à l’intérieur même de la mégamachine survit des populations délaissées et déliées de la Machine-Travail Planétaire. De la cage dorée des gated communities, espaces surprotégés dans lesquels le fascisme s’impose aussi aux bourgeois qui y habitent, devant obéir à un règlement drastique qui définit jusqu’à la hauteur de la pelouse, aux bidonvilles qui représentent jusqu’à 90% de la population urbaine dans certains pays, la démesure des inégalités se matérialise.

Au sein de la métropole, cela s’incarne par une gentrification (de l’anglais gentry, embourgeoisement) systématique. C’est un processus urbain par lequel le profil socio-économique des habitants d’un quartier se transforme au profit d’une couche sociale supérieure. C’est donc un processus de substitution des populations : remplacer les pauvres par les couches moyennes-supérieures.

C’est toujours le même thème de la ségrégation socio-spatiale, affiné depuis Haussman, cet autre stratège de la « modernisation » qui voulait mitrailler la plèbe. A bien des égards, l’éradication du bruit, des festivités, et plus largement de toute vie sociale au sein des métropoles – en dehors de moments rationalisés et sécurisés – est un prolongement des logiques hygiénistes qui accompagnaient les logiques sécuritaires des travaux de Haussman. Avec pour ambition que les riches vivent entre eux, en sécurité et dans la propreté, réelle comme symbolique (la pauvreté, c’est la saleté). A Caen, la rénovation du quartier de la Presqu’île et de la gare témoignent parfaitement de cette gentrification, pourtant si belle sur le papier avec l’offre culturelle-marchande, dans un emballage écolo – tout en créant des espaces de shopping énormes, la consommation débridée étant pourtant l’un des facteurs majeurs des dégradations écologiques. Toujours, ce sont les populations exclues qui sont invisibilisées. Réhabiliter un quartier veut d’abord dire vider ce quartier, et disséminer ses anciens habitants. La question qui convient alors de se poser, c’est où sont passés ces gens ? Pour le pouvoir de cet ordre social, la question est comment gérer cette population ? Et mitrailler la plèbe, en dernier recours (10 000 militaires sont censés être prêts, de façon permanente, à opérer dans les banlieues)…


Séparer et circuler

Vider un quartier passe d’abord par disséminer les habitants, briser des solidarités et des cultures locales, en divisant les populations visées. Bien sûr, c’est toujours un quartier populaire que l’on « réhabilite », tandis qu’un quartier bourgeois fait l’objet de quelques « aménagements ». D’ailleurs, c’est toujours dans un surplus de rationalisation et de découpage du territoire que s’opèrent ces rénovations urbaines, l’orthogonalité de la ville étant depuis toujours corrélée avec l’autoritarisme et l’impérialisme du pouvoir en place, tout comme avec le zonage. Ce zonage, c’est en fait la spécialisation fonctionnelle des espaces (zones commerciale, industrielle, pavillonnaire, de loisirs etc.) et la séparation territoriale des classes sociales (quartiers riches et quartiers pauvres). C’est bien pour cela que l’on peut parler de ville éclatée, où la vie quotidienne est toujours dispersée et contrainte par la mobilité, du fait d’une séparation du travail, de la consommation, de l’habitat, du divertissement, et où les populations sont divisées spatialement en fonction de leur position sociale.

Cette orthogonalité qui s’affiche dans les plans de la ville autoritaire, depuis la cité romaine jusqu’au château de Versailles, découpe le territoire et organise l’habitat des populations à administrer. Mais depuis le 19ème siècle et la mobilité généralisée, la rationalisation de l’espace a aussi pour but de favoriser la circulation – d’abord des marchandises, et ensuite des « bonnes » personnes. C’est Le Corbusier qui, au début du siècle dernier, a joué le rôle de stratège de la « modernisation ». Le centre de la ville doit pour lui être voué aux affaires économiques et administratives, tandis que les quartiers résidentiels se trouveront en périphérie. L’aéroport doit pour lui être placé au centre de la ville, tandis qu’à partir de celui-ci, des « artères » (la métaphore organique n’est pas neutre…) autoroutiers partent dans toutes les directions, suivant un plan rationnel. Radical, Le Corbusier veut en finir avec les lignes courbes et tous les interstices spatiaux, symboles « du bon plaisir, de la nonchalance, du relâchement, de l’animalité », pour des lignes droites « saines et nobles », symboles d’une « domination sur soi ». A croire que le style Le Corbusier sera le plus abouti dans les camps de concentration allemands… En tout cas, la vie urbaine, cette « forme mentale et sociale, celle de la simultanéité, du rassemblement, de la convergence, des rencontres » (Lefebvre), a largement disparu au profit de contraintes spatiales mises en place par des technocrates, et qui favorisent largement le circuler, c’est-à-dire l’automobile, les parkings, les hypermarchés périphériques etc.


Développement durable et dégradations du vivant

La concentration de populations et des activités dans la métropole multiplie les voies rapides et l’engorgement des routes. A la pollution industrielle et des déchets consommés, s’ajoute donc la pollution liée aux transports. L’étalement urbain de la métropole, qui ne cesse de se développer et de grignoter sur le rural, favorise les déplacements motorisés dans un contexte de dégradations écologiques. Se développer toujours et encore, pour suivre la voie du progrès, dont il est pourtant bien clair aujourd’hui que là où il devait apporter le bien-être, il accroît surtout le mal-vivre.

L’étalement urbain se révèle très bien au Val d’Europe, aux abords d’Eurodisney, qui ne cesse de croître et de faire avancer Paris toujours plus loin dans la campagne. Voici un lieu où le spectacle est probablement le plus abouti, au sein de ces décors de carton pâte et ces galeries marchandes interminables où rien ne semble réellement vécu.

La distance entre l’habitat et le commerce a augmenté de 30% en 15 ans, et de 26% pour le travail (2010). Ce n’est pas pour rien que les déplacements de consommation, on les appelle « les courses » (déplacement). Cette augmentation des temps de trajet, qui sont des temps non vécus et contraints, renforcent la vulnérabilité, notamment accidentelle (et plus largement sanitaire, avec les dégradations de l’environnement induites), mais aussi psychique et morale. Le stress des grandes villes est souvent un euphémisme pour ne pas dire angoisse, dépression, troubles psychiques.

Cet étalement urbain, associé au zonage et à la mobilité généralisée, détruit par ailleurs toute vie de quartier, détruit les commerces de proximité, favorise les déplacements et l’éloignement des uns et des autres, mais aussi dissocie chaque activité. A la ville éclatée, correspond la vie éclatée. Avec pour conséquence un renforcement de la mobilité automobile et contrainte, c’est-à-dire une vie toujours plus motorisée et stressée, plus segmentée en différents espaces-temps dans lequel je passe de l’un à l’autre par une coupure nette, sans continuité ni vie sociale. Ce n’est pas seulement une dégradation de l’environnement, mais une dégradation générale de la vie.


Concentration des pouvoirs et contrôle social, ségrégation et contraintes spatio-temporelles, pollution et industrialisme. Voilà ce qu’est la métropolisation. Il existe une stratégie technocratique, en tout cas une orientation générale, qui consiste à brancher le plus de monde possible sur cette mégamachine. Celle-ci nous rend tous dépendants d’une civilisation capitaliste et industrielle, civilisation qui repose sur une volonté de puissance technophile et polluante, inégalitaire et liberticide. Ceux qui en sont exclus, de plus en plus nombreux, y sont intégrés par la force, ou plutôt contenus dans un espace vide, ni dedans ni dehors, obligés de se soumettre par divers procédés, de l’évacuation du camp illégal aux démarches administratives, en passant par le contrôle policier quotidien. C’est donc toujours la dépossession qui est à l’œuvre. Ce qui veut dire que le changement passe par retrouver des capacités autonomes d’action et de retrouver des espaces offensifs d’autonomie, pour en finir avec l’urbanisme.

REPRENONS LA VILLE

OCCUPONS TOUT

Jack Déjean

http://sous-la-cendre.info/1789/caen-metropole
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Re: Luttes aménagement du territoire, urbanisme, gentrificat

Messagede Pïérô » 17 Oct 2013, 12:12

samedi 19 octobre 2013 à 16h à Lille
à L'Insoumise (Bouquinerie occupée), 10 rue d'Arras

PROLO DÉGAGE, LA MAIRIE AMÉNAGE !
Discussion-débat avec Jean Pierre Garnier

L'évolution de Lille-Moulins est représentative des nombreuses transformations des grandes villes. A partir de cet exemple, nous discuterons du processus de gentrification qui exclut les habitants des quartiers populaires pour donner aux lieux des fonctions marchandes. Autour du livre de Jean-Pierre Garnier Une violence éminemment contemporaine, nous chercherons des moyens de lutter contre l'urbanisation capitaliste. http://lille.demosphere.eu/rv/1039
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Re: Luttes aménagement du territoire, urbanisme, gentrificat

Messagede Pïérô » 25 Oct 2013, 00:52

Contre la gentrification à Fontaine (38)
Contre la gentrification à Fontaine, récit et tract

Ces jours-ci ont lieu les « Rencontres-i », officiellement une « biennale arts-sciences », officieusement une des multiples opérations d’acceptation des necro-technologies sauce grenobloise. Dans le cadre de ces rencontres, deux « parcours » avaient lieu à Fontaine samedi 5 et dimanche 6 octobre 2013, sur le thème « Ralentir la ville ». Alors que Fontaine n’est plus qu’un immense chantier destiné à attirer les cadres et les ingénieurs de la presqu’île scientifique, ce genre d’opération de com’ est inadmissible. Nous avons donc décidé de distribuer le texte suivant aux organisateur-ices et aux participant-es des parcours.

- - -

Ralentir la ville ou accélérer l’embourgeoisement ?

Bonjour,

Nous sommes des habitant-e-s de Fontaine et nous voulons vous interpeler car votre présence ici aujourd’hui nous met en colère. Qu’êtes-vous venu-e-s faire ? Et qui vous y invite ? Quelques précisions nous semblent nécessaires pour répondre à ces questions.

La promenade que vous vous apprêtez à faire s’incrit dans le cadre des « Rencontres-i », une « biennale arts-sciences ». Nous qui habitons pas si loin du CEA, de Minatec, de Clinatec et de toutes les entreprises de la presqu’île scientifique, nous avons compris que ce genre d’évènement ne sert qu’à une chose : faire passer la pilule de recherches scientifiques qui, si elles étaient discutées démocratiquement, ne verraient probablement jamais le jour du fait de leur dangerosité et de leur inutilité sociale.

Mais ce n’est même pas ce qui nous amène jusqu’à vous. L’intitulé de votre « thème d’exploration » est « ralentir la ville ». Et bien parlons-en. Ici à Fontaine, depuis plusieurs années, la ville a plutôt tendance à s’accélérer : foisonnement de projets immobiliers, vidéosurveillance, occupation policière, construction de « résidences de standing » et de supermarchés, travaux incessants... Fontaine est devenue un immense chantier, pour les beaux yeux des riches ingénieurs de la presqu’île scientifique, qu’on tente d’attirer ici (pas si étonnant donc qu’un des financeurs de votre balade soit... un industriel du BTP). Remplacer une population pauvre, considérée comme indésirable, par de riches cadres, si possible de gauche, ce processus a un nom : la gentrification. Et les « performances » artistiques et culturelles en sont le fer de lance. C’est à cela que vous participez aujourd’hui.

D’ailleurs, la Compagnie KompleXKapharnaüm, qui vous conduit, semble s’être spécialisée dans ce rôle social. Elle l’a déjà fait dans le quartier de la Soie à Villeurbanne, où son « art de ville » ajoute un supplément d’âme à la destruction du quartier. Elle l’a déjà fait dans le cadre de Marseille-Provence 2013 « capitale européenne de la culture » où, pour que des privilégié-e-s goûtent aux multiples oeuvres sans être importuné-e-s, on expulse les pauvres du centre-ville. Elle le fera sûrement ailleurs, car les subventions n’ont visiblement pas d’odeur.

Nous sommes venu-e-s vous dire aujourd’hui que toute cette mascarade artistique, nous n’en voulons pas, car elle n’est que la poignée de confettis qu’on lance au départ d’un bien triste convoi, composé de bétonneuses, de cars de CRS et de berlines de luxe. Nous sommes venu-e-s vous dire aujourd’hui que l’endroit où nous vivons n’est ni un zoo, ni un parc d’attraction, ni un labo d’expérimentation et que nous invitons les « Acteurs de Curiosité Territoriale » à un minimum de décence. Nous sommes venu-e-s vous dire aujourd’hui que vos « graines de futur », vous pouvez arrêter de les chercher, parce que si elles vous amusent un instant, elles condamnent notre avenir.

- - -

Le samedi, c’est sous les yeux inquisiteurs des 8 caméras des Fontainades que nous avons distribué nos tracts et entamé la discussion. Malgré les tentatives agitées d’Edouard Schoene, adjoint à la Culture de la ville de Fontaine, pour nous décrédibiliser (notamment en disant qu’il s’agissait d’un texte anonyme alors que nous nous tenions en chair et en os devant nos interlocuteur-ices...), les échanges furent intéressants. Malheureusement, le guide, arrivé en dernier, coupa court à nos arguments en lançant un « Aller dépêchons-nous ! » pour démarrer la balade. Le but n’était-il pas de « ralentir la ville » ? Les participant-es furent par la suite emmené-es au Vog (centre d’art contemporain) et à Dyade (« art et développement / artisterie fine », une association qui – est-ce un hasard ? – enregistre les témoignages de citoyen-nes pour le compte de la Métro, notamment autour des projets d’urbanisme), situés à moins de 100m du départ de la balade... Une vision bien limitée de Fontaine.

Le dimanche nous étions encore présents au rendez-vous, cette fois-ci mail Marcel Cachin, où se tenait la Foire d’Automne. Encore de riches échanges, notammment avec des membres de la compagnie KompleXKapharnaüm, chargé-es d’enregistrer des bribes de balade, à qui nous avons réitéré notre refus d’être interviewés (et par là-même intégrés à l’opération de com’) et réaffirmé nos positions quant à leur rôle dans les processus d’acceptation.

Certes, ce n’est pas grand chose de distribuer une trentaine de tracts et prendre le temps de discuter avec les personnes présentes, mais c’est le minimum que l’on puisse faire pour enrayer le processus d’embourgeoisement à Fontaine. Ce genre d’évènement constitue en effet un grapin (artistique), lancé sur la rive gauche du Drac pour faire avancer le front de la gentrification, venu du centre-ville de Grenoble et de la Presqu’ïle scientifique. Nous pensons que notre action (politique) peut aider à ce que le grapin se décroche. Nous pensons qu’il est important de montrer que les riches ingénieurs, les promoteurs immobiliers et les divertisseurs subventionnés ne sont pas les bienvenus ici. Nous pensons que l’avenir de Fontaine appartient à ses habitant-es et pas aux technocrates de la Métro.

http://grenoble.indymedia.org/2013-10-1 ... fication-a
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Re: Luttes aménagement du territoire, urbanisme, gentrificat

Messagede Pïérô » 06 Nov 2013, 02:13

Samedi 16 novembre à Paris

De la lutte en milieu urbain

Qu elles stratégie pour la reconquête du « droit à la ville » ?

Après-midi de rencontre et de débat autour des questions urbaines
samedi 16 novembre 2013 à partir de 14 heures au 33, rue des Vignoles, Paris 20ème
Entrée : prix libre


Venez participer à cet après-midi d’échanges et de réflexions entre militant-es, étudiant-es, universitaires et habitant-es, sur les résistances et alternatives aux politiques urbaines fondées sur la marchandisation, la privatisation et la remise en cause des solidarités de classe. Quatre débats seront organisés autour des questions de gentrification, de contrôle sécuritaire, d’étalement urbain et de résistances. Chaque débat commencera par une courte intervention d’un-e militant-e ou d’un-e universitaire, suivie par un débat avec les personnes présentes.

14 heures - 15 heures : Le sens politique de la gentrification
Débat introduit par Anne Clerval, géographe
15 heures - 16 heures : La ville sous contrôle sécuritaire
Débat introduit par Jean-Pierre Garnier, sociologue
16 heures - 17 heures : L’étalement urbain
Débat introduit par Jean-Luc Debry
17 h 30 - 18 h 15 : Projection du film Marseille, capitale de la rupture
Réalisation et production La rabia del pueblo (20’13)
18 h 15 - 18 h 30 : Le 33, au cœur du droit à la ville…
19 heures - 20 heures : Les stratégies de lutte pour le droit à la ville
21 heures : Concert de soutien : La Fibre
(Cegi, Dayer, Gangrène, Sticky Snake) - Rap Rouge & Noir - Aveyron http://lafibre.bandcamp.com/album/s-t

Table de presse assurée par la librairie Quilombo http://www.librairie-quilombo.org

Cet après-midi d’échanges et de débats est proposé par la section syndicale cnt-ste75 de l’école spéciale d’architecture.

La journée se terminera par une soirée-concert avec petite restauration et bar autogéré.


L’affiche de la journée : http://www.cnt-f.org/IMG/pdf/affiche_lutte_final_bd.pdf
Le flyer de la journée : http://www.cnt-f.org/IMG/pdf/flyer_lutt ... d_coul.pdf

http://www.cnt-f.org/de-la-lutte-en-milieu-urbain.html
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Re: Luttes aménagement du territoire, urbanisme, gentrificat

Messagede Pïérô » 14 Nov 2013, 14:59

Lille
COMMENT LA MÉTROPOLE S’INCLINE DEVANT LA SÉGRÉGATION

Officiellement, la loi sur la solidarité et le renouvellement urbain (SRU) impose aux maires des communes de plus de 3500 habitants d’assurer un minimum de « mixité sociale ». Officiellement toujours, Lille Métropole est censée lutter contre les inégalités entre communes en matière de logement. Et pourtant : non seulement ces inégalités perdurent, mais elles tendent à s’accroitre.

Lorsqu’il accède à la tête de LMCU, en 1989, feu Pierre Mauroy n’a qu’une obsession : ne fâcher aucun des maires qui lui assurent sa nouvelle majorité. Autant dire qu’il veillera particulièrement à ne pas développer la compétence « logement » de la métropole, de peur de mécontenter des élus des communes résidentielles, souvent soucieux de ne pas augmenter la taille du parc social dans leurs communes.

La lutte contre les inégalités, une « priorité » ?

Vingt ans plus tard, au moment de sa prise de fonction en 2008, le nouvel exécutif communal fait pourtant du logement l’une de ses « priorités » : le nouveau Plan Local de l’Habitat (PLH) de 2009 prévoit notamment l’augmentation du seuil de logements sociaux de 20 à 30%. Depuis 2008, LMCU est également compétente en matière de programmation des logements neufs. Le budget consacré aux politiques de l’habitat augmente ainsi de 86 % entre 2006 et 2007, pour représenter 37 millions d’euros en 2010 1.

Les fonctionnaires de la métropole partent alors en croisade. L’idée : convaincre les maires qu’ils doivent accepter la construction de logements sociaux dans leurs communes. Pour emporter l’accord des élus, les fonctionnaires n’insistent toutefois pas tant sur la question de la réduction des inégalités entre communes que sur un objectif plus acceptable pour les maires : il existe une demande sociale émanant des habitants mêmes de la commune qu’il conviendrait de satisfaire.

« Ne pas prendre
n’importe quoi »


Dès lors, l’enjeu se déplace progressivement, de la construction des logements sociaux vers celui du contrôle de leur peuplement. Si la perspective de développer le parc social ne semble plus indisposer les communes périurbaines résidentielles, c’est parce que la possibilité pour les maires de trier entre populations « désirables et indésirables » a été confortée. Les élus acceptent la construction de logements sociaux, mais à la condition de contrôler la population qui les investit, et donc de pouvoir contenir les pauvres des autres communes hors de leurs murs.

Un maire d’une commune privilégiée, sous couvert d’anonymat, explique ainsi son mode de fonctionnement : « On me dit “Oui mais l’insécurité c’est de votre faute, Monsieur le maire, parce que vous avez pris du n’importe quoi”. Je n’ai pas pris n’importe quoi ! (sic) […] Je peux vous dire qu’à chaque fois que j’ai fait une nouvelle résidence, j’ai passé beaucoup de temps pour étudier toutes les candidatures des gens, et même je me suis rendu dans les autres communes voir comment ils tenaient leurs maisons, pour me rendre compte de visu, pour voir un peu comment ils vivaient ». Du logement social donc, mais à condition de contrôler les attributions et les profils des ménages…

La ségrégation en action

Le fait d’accepter du logement social sur sa commune ne doit ainsi pas être confondu avec l’idée d’accueillir les populations les plus en difficulté. Dans la pratique, cette acceptation s’accompagne plutôt d’une « catégorisation » des demandeurs qui oppose grosso modo deux figures. D’un côté, les jeunes ménages modestes salariés, entretenant des liens familiaux avec la commune et trouvant difficilement à s’y loger – les candidats les plus « éligibles ». De l’autre, les « cas-socs » ou les « familles à problèmes » (pour reprendre des termes entendus en entretiens) désignant des ménages venant de quartiers stigmatisés de l’agglomération, sans emploi et d’origine étrangère le plus souvent.

Une demande de ménages issus des grandes villes pour des logements situés dans les communes périurbaines existe pourtant bel et bien, même si les élus de ces communes tendent à la minorer. Au premier janvier 2010, sur 230 demandes de logements sociaux pour la commune de Leers (près de Roubaix), 115 seulement émanent de ménages qui y résident. À Mouvaux, commune résidentielle aisée limitrophe de Tourcoing, la proportion est de 134 demandes locales pour un total de 310. Dans la très résidentielle Bondues, enfin, le ratio n’est que de 88 pour 176 demandes en instance.

Ordre social, ordre spatial

Dans ces conditions, on comprend aisément que ces politiques intercommunales de l’habitat se trouvent bien en peine d’atteindre les objectifs annoncés en matière de « rééquilibrage » entre communes. Les études disponibles révèlent plutôt le renforcement des inégalités territoriales et des mécanismes de ségrégation entre quartiers ces dix dernières années 2. L’augmentation du nombre de logements sociaux s’accompagne d’une stagnation, voire d’une diminution de leur part relative : dans l’agglomération lilloise, le parc social représente 24,8 % des résidences en 1999 et 23,9 % en 2009 (soit autour de 115 000 logements).

Au sein de la métropole, les mobilités résidentielles continuent plutôt d’accentuer la spécialisation sociale des territoires. Les données récentes disponibles indiquent notamment que les locataires qui entrent dans le parc social des quartiers les plus démunis sont, en moyenne, plus pauvres que ceux qui y habitent déjà 3. Inversement, les quartiers les plus prospères tendent encore à s’enrichir avec l’accueil de foyers plus aisés.

La loi SRU, mais encore ?

Enfin, si l’article 55 de la loi SRU, qui « impose » 20% de logements sociaux sur les communes de plus de 3500 habitants 4, a mis les communes à l’ouvrage, il a également produit une « fétichisation » de ce seuil des 20 %. Au point que pour certains maires, il n’a pas encore été atteint qu’il est déjà considéré comme un plafond. Pour Jean-Claude Van Belle par exemple : « je dis toujours, et ça j’y tiens beaucoup, je n’irai pas au-delà des 20, 21 %, parce que je ne veux pas détruire Leers ».

Ces effets des politiques intercommunales de l’habitat trouvent en partie leur raison d’être dans le fonctionnement consensuel de LMCU et le rôle central des maires. La compétence acquise en matière de programmation de logements sociaux se paye d’une incapacité à intervenir sur les inégalités socio-spatiales entre communes 5. C’est ainsi qu’à rebours des discours entendus sur la mixité sociale, l’action de LMCU tend à maintenir la ségrégation résidentielle entre communes, avec l’assentiment des plus favorisées d’entre elles et le silence plus surprenant des autres, pourtant démographiquement majoritaires…

Fabien Desage

labrique.net : http://labrique.net/
Voir aussi ici : http://labrique.net/numeros/numero-33-o ... e-rendront

1 : Somme assez modeste si on la rapporte au budget total, qui s’élève à 1 589 millions d’euros pour l’année 2010 – soit… 2,3%.
2 : Agence d’urbanisme de Lille, Tableau de bord de l’habitat, cahier n° 1, 4 décembre 2008, p. 23.
3 : Agence d’urbanisme de Lille, Repères 2009. Les habitants de Lille métropole. Cahier habitat/peuplement, p. 20.
4 : Il ne faut pourtant pas exagérer le caractère contraignant de cette loi : une disposition réglementaire permet aux communes hors-la-loi de récupérer l’essentiel des pénalités dont elles ont été frappées.
5 : Voir sur ce sujet l’interview de F. Desage et D. Guéranger dans La Brique n°33.
6 : Pour plus de détails, Desage F., Schotté M., Politiques du logement, Savoir/Agir, n°24, juin 2013.

https://lille.indymedia.org/spip.php?article28137
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Re: Luttes aménagement du territoire, urbanisme, gentrificat

Messagede bipbip » 16 Nov 2013, 13:17

Samedi 23 novembre à 19h30
au café librairie Michèle Firk, au 9, rue François Debergue, à Montreuil, Métro Croix de Chavaux, ligne 9.

Discussion avec Anne Clerval autour de "Paris sans le peuple"

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"Paris sans le peuple"

Où est passé le peuple parisien ? Quelle place la ville de Paris accorde-t-elle aujourd’hui aux classes populaires ? Depuis plusieurs décennies, la capitale connaît un processus de gentrification, un embourgeoisement spécifique des quartiers populaires qui passe par la transformation matérielle de la ville (réhabilitation de l’habitat, renouvellement des commerces, embellissement de l’espace public).

Anne Clerval viendra nous présenter son dernier livre (publié aux éditions de la découverte). Cette rencontre permettra d’expliquer les mécanismes de transformations urbaines et sociales à l’œuvre dans la capitale. Un débat suivra la présentation et sera éventuellement l’occasion d’élargir le sujet à d’autres territoires ou bien d’aborder des questions plus spécifiques.


"La gentrification est une forme d’embourgeoisement qui passe par la transformation matérielle des quartiers populaires. Il y a d’autres formes d’embourgeoisement, même dans les beaux quartiers où résident les classes dominantes, dont l’exclusivité sociale se renforce régulièrement, par le départ des habitants les moins fortunés. L’embourgeoisement des quartiers populaires passe, lui, par la transformation de l’habitat, des commerces et de l’espace public, ce qui en fait un processus spécifique qu’on appelle gentrification. Cette transformation matérielle peut prendre différentes formes, comme la réhabilitation du bâti ancien ou sa démolition et son remplacement par des bâtiments neufs. Elle peut être progressive et diffuse, à l’initiative de ménages acquérant et transformant peu à peu les logements, ou de promoteurs immobiliers et de commerçants, ou au contraire planifiée par les pouvoirs publics et transformant d’un seul coup un quartier entier ou un ancien espace d’activité ouvrier (friche industrielle, portuaire, ferroviaire), le plus souvent en partenariat étroit avec des promoteurs privés. Dans ce dernier cas, l’action publique va directement dans le sens de la valorisation de la rente immobilière, comme les grands travaux décidés par Napoléon III et supervisés par Haussmann à Paris sous le Second Empire. C’est d’ailleurs dans cette première transformation d’ampleur de Paris que l’on peut saisir les prémices de la gentrification. Celle-ci a néanmoins été entravée à l’époque par la forte croissance industrielle de la ville et l’afflux de migrants (de France et d’ailleurs) venant renforcer la classe ouvrière parisienne. La gentrification commence réellement à Paris dans les années 1960-1970 au début de la désindustralisation de la ville, et en particulier sur la rive gauche. Un siècle après sa construction, l’habitat haussmannien sert souvent d’avant-poste du processus dans les quartiers populaires. Les facteurs de la gentrification à Paris sont les mêmes qu’ailleurs, à savoir le déclin des emplois ouvriers et la croissance des emplois de cadres et de professions intellectuelles, qui sont directement liés à la reconfiguration de la division régionale, nationale et internationale du travail. "

C’est au café librairie michèle firk dans la Parole Errante, 9 rue françois debergue à Montreuil (métro croix de chavaux)

Programme et infos pour s’y rendre ici : http://michelefirk.noblogs.org/

Elle présente rapidement ici https://www.youtube.com/watch?v=Yn_dSf8gnwM, le propos du livre, et plus longuement son travail dans cet entretien (dont sont extraits les citations mises ici) paru dans la Revue Des Livres..


La ville peut être un outil de mobilisation révolutionnaire si on l’aborde d’un point de vue anticapitaliste et montrant comment elle est produite par le capitalisme et les rapports de classe. Elle est d’ailleurs aussi le produit et le reflet des autres rapports de domination que sont les rapports sociaux de sexe ou les rapports racistes, et le résultat de la confiscation de la décision politique par les gouvernants et les experts. Remettre en cause les rapports de domination dans la société suppose de remettre en question la façon dont la ville est organisée et de se réapproprier collectivement sa production. La ville peut être un levier de contestation révolutionnaire et d’émancipation si et seulement si on fait le lien entre son organisation et, en particulier les inégalités d’accès au logement ou à l’espace public, et les rapports de domination qui la produisent et qui excèdent le seul champ du travail.
http://paris-luttes.info/discussion-avec-anne-clerval
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Re: Luttes aménagement du territoire, urbanisme, gentrificat

Messagede Pïérô » 19 Nov 2013, 01:13

Le 52 rue Montesquieu doit rester debout et habitable

Ce lundi, le Grand Lyon doit à nouveau se prononcer sur la démolition de l’immeuble situé 52 rue Montesquieu en plein cœur de la Guillotière, qui est parfaitement apte à être réhabilité pour accueillir des logements. Alors que la crise du logement fait rage, pourquoi le détruire ? Petit retour sur les approximations ou contrevérités assénées jusqu’ici.

- la néces­sité d’aérer un quar­tier urbain dense : per­sonne ne pré­tend que les quel­que 400 mètres carrés occu­pés par l’immeu­ble sont indis­pen­sa­bles à la réa­li­sa­tion du projet de place publi­que. Au contraire, les locaux situés en rez-de-chaus­sée pour­raient accueillir des lieux de vie et d’ani­ma­tion de la place. Qui plus est le Plan local d’urba­nisme (PLU) ne pré­voit en rien que l’empla­ce­ment de l’immeu­ble du 52 rue Montesquieu doit être « réservé » pour un espace vert : au contraire, le main­tien de l’immeu­ble est prévu au PLU.

- la pré­sence d’amiante, invo­quée à plu­sieurs repri­ses pen­dant la concer­ta­tion publi­que sur l’espace Mazagran : au final, le désa­mian­tage est « léger » d’après les ser­vi­ces du Grand Lyon. Il va coûter 100 000 € et durer deux à trois semai­nes. Il n’y a que deux confi­ne­ments à faire dans des pièces d’eau pour désa­mian­ter de la colle de plin­thes. Pour le reste le désa­mian­tage devra se porter sur des cana­li­sa­tions avec de la fibre d’amiante. Ces tra­vaux ne néces­si­tent pas de confi­ne­ment, seu­le­ment que les ouvriers aient des pro­tec­tion indi­vi­duel­les.

- les « coûts trop impor­tants » de réha­bi­li­ta­tion (comme l’a repris la presse locale : Le Progrès, 12 avr. 2013) qui la ren­draient impos­si­ble. Faux : la seule étude confiée à un bailleur social conclut effec­ti­ve­ment à un « coût de tra­vaux très élevé » mais consi­dère comme « pos­si­ble » la réa­li­sa­tion de 9 loge­ments sociaux, sous réserve notam­ment d’une mino­ra­tion du « coût fon­cier » par la col­lec­ti­vité.

- le risque finan­cier : « La préemp­tion de l’immeu­ble a été faite au motif des espa­ces verts. Le fait de ne pas détruire pour­rait per­met­tre aux pro­prié­tai­res de deman­der un retour de pro­priété et des péna­li­tés » décla­rait Gilles Buna, vice-pré­si­dent du Grand Lyon en charge de l’urba­nisme (Le Progrès, 12 avr. 2013). Faux : l’immeu­ble a été acheté pour « per­met­tre à terme la réa­li­sa­tion d’une opé­ra­tion glo­bale de loge­ments sociaux » ainsi que le men­tion­nent clai­re­ment les déli­bé­ra­tions du Grand Lyon.

Aujourd’hui, la crise du loge­ment est par­ti­cu­liè­re­ment aiguë et nombre de per­son­nes sont à la rue. Dans ce contexte, la col­lec­ti­vité a-t-elle des rai­sons légi­ti­mes de pro­cé­der à la démo­li­tion de cet immeu­ble, emblème d’un quar­tier popu­laire et qui entend le rester ? On attend encore la réponse. En atten­dant, un vigile est payé pour demeu­rer dans l’immeu­ble 24 heures sur 24 et empê­cher toute intru­sion d’éventuels occu­pants illé­gaux.

Les Guillotins. Contact : les­guillo­tins [at] riseup.net

Le quar­tier de la Guillotière s’embour­geoise, ce qui rime avec l’exclu­sion pro­gres­sive des cou­ches les plus popu­lai­res de ses habi­tants. Les Guillotins enten­dent donner de la voix pour lutter contre ce mou­ve­ment, qu’ils ne consi­dè­rent pas iné­luc­ta­ble.

http://rebellyon.info/?Le-52-rue-Montes ... oit-rester
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Re: Luttes aménagement du territoire, urbanisme, gentrificat

Messagede Pïérô » 22 Nov 2013, 02:41

Samedi 23 novembre à Lille

PROLO DÉGAGE, LA MAIRIE AMÉNAGE!

DISCUSSION-DÉBAT AVEC JEAN-PIERRE GARNIER :

L'évolution de Lille-Moulins est représentative des nombreuses transformations des grandes villes. A partir de cet exemple, nous discuterons du processus de gentrification qui exclut les habitants des quartiers populaires pour donner aux lieux des fonctions marchandes. Autour du livre de Jean-Pierre Garnier Une violence éminemment contemporaine, nous chercherons des moyens de lutter contre l'urbanisation capitaliste.

à 16h, L'Insoumise (Bouquinerie occupée), 10 rue d'Arras, Lille

http://lille.demosphere.eu/rv/1039
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Re: Luttes aménagement du territoire, urbanisme, gentrificat

Messagede Pïérô » 26 Nov 2013, 13:27

6, 7 et 8 décembre : 3 jours contre le Grand Paris

Les 6, 7 et 8 décembre, refusons les grands projets inutiles et imposés et la logique de métropolisation !

La Coordination pour la solidarité des territoires d’Île-de-France et contre le Grand Paris (COSTIF) et les collectifs de soutien à Notre-Dame-des-Landes défendent une autre vision de l’aménagement du territoire.



Les grands projets européens
En juillet 2013, le 3e Forum européen contre les grands projets inutiles et imposés (GPII) s’est tenu en Allemagne à Stuttgart, où les habitant-e-s dénoncent la construction d’une nouvelle gare gigantesque. Tout comme l’aéroport rêvé à Notre-Dame-des-Landes, mais aussi, les projets démesurés de centres commerciaux, d’autoroutes ou de lignes de TGV comme le Lyon-Turin, les énormes stades…

L’ Île-de-France n’est pas en reste
• des centres commerciaux et de loisirs comme le gigantesque projet du groupe Auchan, Europa City, sur les terres agricoles du Triangle de Gonesse (Val d’Oise)
• 7 millions de m² de bureaux inoccupés en Île-de-France alors que plusieurs millions sont en projet, notamment à La Défense
• des concentrations d’activités dont l’emblématique pôle de compétitivité du Plateau de Saclay construit sur des terres agricoles et qui signerait une déstructuration durable des équipes de recherche
• des quartiers recrées de toutes pièces comme le projet Ivry-Confluences à Ivry-sur-Seine, fait de bureaux et de zones commerciales qui entraînent l’expulsion des classes populaires
• des incinérateurs de déchets surdimensionnés (Romainville, Ivry) et bien d’autres encore ..

Non à la concurrence entre les territoires

Nous nous opposons à tous ces projets d’aménagement d’arrière-garde, surdimensionnés, coûteux et complètement décalés par rapport aux besoins des populations locales, destructeurs de terres agricoles. Ils se réclament d’une prétendue utilité publique et misent sur plus d’attractivité internationale de l’Île-de-France avec un renforcement des grands groupes financiers et immobiliers, plus d’hyper-compétitivité, encore plus de concurrence entre les territoires... politiques défendues à l’identique d’un gouvernement à l’autre. Cette vision de l’aménagement est porteuse d’inégalités sociales, de spéculation foncière, d’augmentation des loyers qui relèguent les moins riches toujours plus loin, de gaspillage économique et énergétique et de disparition de terres nourricières.

À ce modèle nous préférons un monde inventé par toutes et tous. Nous sommes capables de produire nos propres quartiers, nos propres territoires, écologiques et populaires, sur la base d’activités relocalisées, de transports en commun de proximité, de circuits courts....

Grand week-end de mobilisation en Île-de-France les 6, 7 et 8 décembre 2013

vendredi 6 : rassemblement-happening en tenue de ski devant le siège francilien d’Auchan, contre le projet Europa City de Gonesse. Rendez-vous à 12h30, métro et RER La Défense Grande Arche, sortie du « CNIT » ou sortie D.
samedi 7 : happening contre le projet de « cluster » et d’urbanisation sur le Plateau de Saclay. À 14h à la station Lozère du RER B ou à 15h au rond-point de Vauve (Palaiseau).
dimanche 8 : déambulation instructive, projections et concert contre le futur quartier Ivry-Confluences. Rendez-vous à 15h métro Mairie d’Ivry.

Costif : http://costif.parla.fr/
Collectif IdF de soutien à la lutte de Notre-Dame-des-Landes : http://www.nddl-idf.org

http://paris-luttes.info/6-7-et-8-decem ... contre-227
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Re: Luttes aménagement du territoire, urbanisme, gentrificat

Messagede Pïérô » 03 Déc 2013, 04:05

Samedi 7 décembre 2013 à Pol’N, 11 rue des Olivettes 44000 Nantes.

Cycle Les Rencontres de l’A.C.E. – autour de l’urbain, la ville, la métropole

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Re: Luttes aménagement du territoire, urbanisme, gentrificat

Messagede bipbip » 04 Déc 2013, 03:20

Entretient avec Anne Clerval

Anne Clerval : « Face à la gentrification, revendiquons le droit à la ville »

Dans son ouvrage Paris sans le peuple, Anne Clerval analyse la gentrification des anciens quartiers populaires de Paris comme un processus lié à la production capitaliste de la ville. Retraçant l’histoire et la cartographie de cette dépossession des classes populaires à partir d’analyses statistiques et d’enquêtes de terrain, l’ouvrage donne des clés pour la combattre et, plus largement, pour se réapproprier collectivement la ville.

AL : Tout d’abord, peux-tu nous dire ce qu’est la gentrification, et en quoi ce processus est lié aux transformations du capitalisme ?

Anne Clerval  : La gentrification correspond à l’appropriation matérielle et symbolique des anciens quartiers populaires centraux ou péricentraux par une classe sociale mieux placée dans les rapports de classe que les classes populaires, qui sont progressivement évincées en périphérie. Elle est directement liée à deux traits contemporains du capitalisme  : d’un côté, les transformations du système vers un régime d’accumulation flexible fondée sur une internationalisation de la production, qui entraîne une nouvelle division internationale du travail marquée par la désindustrialisation et la métropolisation (concentration des activités tertiaires stratégiques dans certaines grandes villes) dans les pays capitalistes avancés ; de l’autre, la production capitaliste de la ville. Celle-ci est marquée par le rôle croissant de l’investissement (ou du prêt) immobilier dans l’accumulation du capital. La gentrification est typique du développement géographique inégal, à l’échelle mondiale, régionale ou locale, que produit le capitalisme. À une phase de désinvestissement succède un cycle de réinvestissement pour une autre finalité économique et sociale, et ce cycle correspond à la gentrification à l’échelle de la ville. Ce processus peut être appuyé ou freiné par les politiques publiques (notamment par le contrôle des loyers en vigueur jusqu’aux années 1980 en France), mais il dépasse ces politiques, qui ne font qu’encadrer la production capitaliste de la ville.

La gentrification s’inscrit dans un rapport de classes  : qui sont donc les gentrifieurs  ?

Au sens large, les gentrifieurs sont les acteurs de la gentrification, à savoir les propriétaires immobiliers, les promoteurs, les agences, les banques, ou encore certains commerçants et les pouvoirs publics. Dans un sens restreint, il désigne les nouveaux habitants et habitantes des quartiers populaires qui se transforment  : ces habitants jouent un rôle direct (en acquérant et réhabilitant un logement par exemple) ou indirect (en étant seulement locataire) dans la gentrification. Ils appartiennent généralement à une classe sociale intermédiaire que Pierre Bourdieu appelait la nouvelle petite bourgeoisie  [1], que Jean-Pierre Garnier appelle la petite bourgeoisie intellectuelle  [2] et qu’Alain Bihr appelle l’encadrement capitaliste  [3]. En pleine ascension numérique depuis plusieurs décennies, cette classe a une fonction d’intermédiaire entre la bourgeoisie et le prolétariat (formé aujourd’hui des ouvriers et des employés peu qualifiés des services), en assurant l’encadrement direct des classes populaires (cas des cadres) ou, le plus souvent, un encadrement indirect, idéologique, en assurant la reproduction de l’ordre social (cas notamment des professions culturelles ou éducatives). Il existe donc un rapport de domination entre cette classe intermédiaire et les classes populaires et la gentrification en est l’une des matérialisations.

Le livre ouvre plusieurs perspectives politiques : est-ce qu’un retour au gel des loyers serait suffisant  ?

Le contrôle ou le gel des loyers est une mesure qui permet d’entamer les prérogatives de la propriété privée (lucrative), c’est donc une revendication qui peut être mobilisatrice, dans une lutte contre la production capitaliste de la ville. La production publique de logements sociaux, qui est souvent le seul horizon des luttes dans ce domaine, n’est pourtant pas suffisante pour contrer les mécanismes ségrégatifs et excluant liés à ce mode de production de la ville. En outre, elle suppose une gestion étatique et bureaucratique du logement et de la ville, qui reste souvent paternaliste à l’égard des classes populaires. Face à la gentrification, c’est le droit à la ville qu’il faut revendiquer et se réapproprier ici et maintenant. Cette idée portée par Henri Lefebvre en 1968 désigne l’organisation collective de la production et de la gestion de la ville, c’est-à-dire des logements, de l’espace public et des lieux de travail. Elle fait pendant à l’autogestion de la production et écho au communisme libertaire.

Y a-t-il des formes de résistance qui voient le jour pour contrer la gentrification des grandes villes  ?

Il existe une fédération de collectifs locaux pour le droit à la ville aux États-Unis, Right to the City  [4], des luttes ouvertes à Berlin ou en Espagne, dans des contextes sociaux et politiques où l’auto-organisation est une pratique plus ancrée qu’en France et où on s’en remet moins volontiers à l’État. En France, des collectifs luttent contre des projets publics et privés de gentrification (le Collectif des quartiers populaires de Marseille, Ivry sans toi(t) à Ivry-sur-Seine) ou pour la réappropriation populaire de la ville (Prenons la ville à Montreuil et Bagnolet), parfois en lien avec les luttes contre les grands projets inutiles (de Notre-Dame-des-Landes au projet de centre commercial Europa City à Gonesse). Mais ces luttes ont besoin d’être développées. La ville peut être une voie de prise de conscience anticapitaliste et de mobilisation autogestionnaire et émancipatrice.

Propos recueillis par Violaine Bertho (AL 93)

Anne Clerval, Paris sans le peuple. La gentrification de la capitale, Paris, La Découverte, septembre 2013.

[1] Pierre Bourdieu, La Distinction. Critique sociale du jugement, Paris, Minuit, 1979.
[2] Jean-Pierre Garnier, Une violence éminemment contemporaine. Essais sur la ville, la petite bourgeoisie intellectuelle et l’effacement des classes populaires, Marseille, Agone, 2010.
[3] Alain Bihr, Entre bourgeoisie et prolétariat. L’encadrement capitaliste, Paris, L’Harmattan, 1989, et aussi Alain Bihr, Les rapports sociaux de classe, Lausanne, Éditions Page 2, 2013.
[4] http://www.righttothecity.org

http://www.alternativelibertaire.org/sp ... rticle5586
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Re: Luttes aménagement du territoire, urbanisme, gentrificat

Messagede Pïérô » 07 Déc 2013, 15:16

Lyon, 8 décembre
8 décembre 2013 : pleine lumière sur Mazagran !

Toute la ville de Lyon est passée au rouleau compresseur de la stérilisation des espaces publics... Toute ? Non ! Au cœur de la Guillotière, une petite place essaie de résister encore et toujours à l’envahisseur. Pour la fête des Lumières, dimanche 8 décembre, les Guillotins vous invitent à venir écouter cette petite histoire éclairante.

Le ter­rain de foot au coin de la rue a vécu ses der­niè­res heures, même sans filet. Les gamins roms qui voguaient joyeu­se­ment sur la place sous le regard de leurs parents ont dis­paru, en vagues suc­ces­si­ves. Mais ils réé­mer­gent de plus en plus cachés. Des pelles méca­ni­ques sont venues, des murs sont tombés et d’autres ne vont pas tarder à les suivre.

Mais que se passe-t-il donc sur la place Mazagran ? La ques­tion est à la fois tri­viale et éminemment sym­bo­li­que : demain, sera-t-il encore pos­si­ble de s’y ren­contrer ?

Il s’y passe beau­coup de choses et il y a beau­coup d’his­toi­res à raconter :

- L’his­toire d’une « concer­ta­tion » publi­que par­ti­cu­liè­re­ment déconcer­tante ;

- L’his­toire de la « reprise en main » d’un quar­tier assu­mée par la col­lec­ti­vité publi­que. C’est à dire l’his­toire d’usages de la place, usages anciens et for­te­ment ancrés, remis en ques­tion : du jar­di­nage bien-sûr c’est ce qui saute aux yeux ; mais aussi : de l’habi­ta­tion, du squat et du refuge ; des jeux d’enfants et d’ados, jeux de ballon et autres ; du sta­tion­ne­ment debout ou assis, avec ou sans bière, à regar­der les pas­sants, le temps qui passe et à dis­cu­ter ; des ren­contres variées et pro­met­teu­ses ; des bar­be­cues spon­ta­nés ; de l’auto-orga­ni­sa­tion (du net­toyage à l’auto-cons­truc­tion de toi­let­tes publi­ques en pas­sant par la déco­ra­tion murale) ; et on en oublie ;

- L’his­toire d’un immeu­ble en bon état acheté par la col­lec­ti­vité pour le détruire en pleine crise du loge­ment ;

Bref : une his­toire exem­plaire, cari­ca­tu­rale même de ce qu’on appelle la « gen­tri­fi­ca­tion » à l’œuvre à la Guillotière comme ailleurs.

C’est pour raconter cette his­toire que les Guillotins vous invi­tent à une brève mise en lumière du projet d’amé­na­ge­ment de la place et des enjeux qui s’y atta­chent. Elle sera illus­trée toute la soirée par des pro­jec­tions sur les murs du quar­tier.

Dimanche 8 décem­bre 2013 à partir de 19h
Sur la place Mazagran, coin des rues Montesquieu et Gryphe


info : les­guillo­tins (at) riseup.net

http://rebellyon.info/?8-decembre-2013- ... umiere-sur
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