Histoires de squats

Histoires de squats

Messagede Antidote » 22 Sep 2008, 20:55

Squats et partis de "gauche"

Bonsoir.

A Grenoble, l'an dernier... des paradoxes plutôt surprenants.

J'habite près d'une ville nommée Fontaine. En 2005, un squat s'est monté, la Mazure Ka... rue de la Gaieté. Scénario habituel : maison abandonnée, une bande de copains qui s'y installent... La maison a été expulsée et dévitalisée à l'été 2007. Un autre squat à 300m de là, la Dame de Pique, rue de la LIberté (authentique), dans un ancien immeuble HLM dont apparemment personne ne voulait... évacué, dévitalisé et rasé à l'automne 2007.

La "Mazure Ka" est toujours debout... mais a perdu toute son âme.

Il faut savoir pour la petite histoire que la mairie de Fontaine est "communiste"...

Près de chez moi, un squat nommé "Résistor", rue de ... la Résistance, a été évacué et muré en... 2004. La maison est toujours debout. Un magnifique lotissement à la c** se construit à 100m de là, bizarre pour une commune au pied du Vercors... haut lieu de la Résistance, contre une autre forme de tyrannie.

A Grenoble même, évacuation musclée des "400 Couverts" et de la "Kanaille"... sous les ordres du bailleur social ACTIS. Précisons pour la route, que la présidente d'ACTIS n'est autre que... Maryvonne BOILEAU, élue Vert de Grenoble.

Même exemple criant à Montreuil, je crois, où le "Chatô", occupé par des chômeureuses et chômeureux, a été vidé de ses occupants, sur les ordres de monsieur BRARD, maire... communiste. Tout ca pour plaire sans faille au propriétaire-spéculateur des lieux, une filiale de la... MAIF (l'assureur militant...)

Ca fout les boules.
Antidote
 

Re: Squats et partis de "gauche"

Messagede Alayn » 23 Sep 2008, 01:47

Bonsoir ! Ben ouais, les cocos quand ils sont au pouvoir valent pas mieux que les autres ! On ne peut que le constater ! Voire pires...(arf !)

Salutations Anarchistes !
Alayn
 

Re: Squats et partis de "gauche"

Messagede moolood » 23 Sep 2008, 02:34

Antidote a écrit: Tout ca pour plaire sans faille au propriétaire-spéculateur des lieux, une filiale de la... MAIF (l'assureur militant...)

"Avec la MAIF, c'est l'expulsion assurée". Cet acharnement contre les squats est symptomatique d'une fébrilité de l'Etat contre toute marginalité incontrôlée et aussi un entraînement in vivo en vue d'interventions plus massives en cas d'effondrement du système.
« Les révolutions qui commencent en troupeau, se finissent à l'abattoir » Reiser selon Pierre Carles
Ma dailythèque: http://www.dailymotion.com/mortimer111
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Nouveau squat à Lyon

Messagede Femto » 20 Jan 2010, 02:23

Un nouveau espace a été investi à Lyon 8eme, encore faut-il qu'on leur laisse le temps ? Plein d'activités se mettront en place : bouffe à prix libre, concerts, débats, un pôle de résistance face au système. Mais déjà les chiens de garde sont venus constater. C'est pour cela qu'il faut en permanence du monde dans ce lieu, car le dernier squat fut évacué a 3h du mat sans sommation et avec violence sur les gens dans le sommeil plusieurs personnes a l'hôpital fractures etc..
Prenons la rue !
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Histoires de squats

Messagede Pïérô » 28 Mai 2010, 01:51

Brest, la Buissonnière

Je trouve çà interessant cette expérience, sans en connaître d'avantage d'ailleurs, mais je trouve que çà va dans le sens du dépassement du squat "entre soi" habituel :

Brest- la Buissonnière

Programme des jours à venir

Cela fait maintenant une semaine que l'ancienne école du quartier
Saint Martin est squatée, située entre la salle de l'Avenir (place
Guérin) et la rue Proudhon. Des écolier-e-s l'ont rebaptisée la
Buissonière.
Cela fait maintenant une semaine que l'ancienne école du quartier
Saint Martin est squatée, située entre la salle de l'Avenir (place
Guérin) et la rue Proudhon. Des écolier-e-s l'ont rebaptisée la
Buissonière.

Les premiers travaux ont bien avancés, des ateliers se mettent en
place, une zone de gratuité permanente s'y est installée, un
infokiosque et un salon lecture et discussion ont été aménagés. Lors
de l'assemblée du 26 mai un programme a été décidé :

Vendredi 28 mai
# 10h atelier peinture urbaine
# 17h30 discussion pour la mise en place d'une cantine populaire, suivie d'un
repas collectif
# 21h30 projection du film « Boys A »

Lundi 31 mai
# 12h discussion pour la mise en place d'une friperie gratuite
# 17h atelier réparation de vélos

Mercredi 2 juin
# 14h Place Guérin : friperie, jeux pour enfants, infokiosque, goûter
# 18h Assemblée pour l'organisation de la semaine suivante

Jeudi 3 juin
# 9h Tribunal d'instance, procès

Vendredi 4 juin
# 19h repas collectif
# 21h30 projection

Samedi 5 juin
# 19h Fest Noz place Guérin
# 22h Soirée crêpe et spectacle de feu à la buissonnière

Si vous avez du matériel qui vous encombre, n'hésitez pas à venir le
déposer à l'école, nous avons besoin de vaisselle, de chaises, de vêtements,
tables et tout ce dont vous ne savez pas quoi faire.
Passez boire un jus et discuter suivez les pattes d'ours, le portail est ouvert!
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Ô Château dans le Ciel, Lyon

Messagede K.O.A.L.A » 16 Avr 2013, 14:52

13 avril, 2013
Une quinzaine de personnes qui squattaient depuis trois mois un bâtiment du CROUS sur le campus de la Doua, le transformant en « université populaire », ont été expulsées par la police jeudi matin [4 avril 2013]. La justice avait ordonné cette expulsion fin février. Cela s’est passé sans violence, mais un habitant du squat s’est réfugié en haut d’un arbre. Les pompiers ont été appelés en renfort pour l’évacuer. Ce bâtiment, une belle bâtisse bourgeoise entourée d’un jardin, doit être démoli dans le cadre d’un projet de reconstruction de 260 logements sociaux étudiants du CROUS. Les squatteurs revendiquaient une volonté de protéger le patrimoine.


Communiqué de l’équipe de l’université populaire autogérée « Ô château dans le Ciel ! » suite à l’expulsion du 4 avril
“Ô Château dans le Ciel” (Université populaire autogérée de la Doua) a su profiter de ces quelques jours de soleil afin de concilier simplicité et harmonie, cours de langue et ateliers philo sous tipi, constructions dans les arbres et détente-canapé autour du feu. Cette “expérience politique” a pris fin ce 4 avril, face à l’armada du GIPN, CRS, BAC et autres groupes d’intervention. Faisant fi de la bataille perdue, les occupants parlent déjà de continuer l’expérience.
Une université vivante ou le bonheur d’être et d’apprendre ensemble
Le 3 avril fut une journée d’effervescence au Château. Entre 30 et 50 personnes se relaient depuis quelques jours, tant pour la protection du lieu, toujours sous le couperet d’une expulsion très prochaine, que pour assurer la continuité des nombreuses activités proposées par l’université populaire.
En plus d’assurer les ateliers déjà prévues au programme, notamment conversations en langues étrangères, philosophie en tipi et autre projection de documentaire, les habitants y vont aussi de leurs propres initiatives : construction d’une nouvelle cabane en forme de yourte, initiation à l’escalade dans les arbres, confection de murs en terre/paille dans l’éco-maison d’accueil…
Tandis que quelques personnes profitent du soleil dans les nouveaux canapés du salon d’été en extérieur, le jardin lui-même prend peu à peu un nouveau visage, avec la délimitation de chemins entre les zones prôtégées, ébauche des futures ballades dans ce qui pourrait devenir un parc naturel en plein centre ville. Le compostier a été réhaussé, la serre a été bâchée, des semis ont été lancés, salades et radis pointent à la surface de la terre, et quelques zones destinées aux expériences de permaculture ont vu le jour, paillis à l’appui. Beaucoup de travail reste à faire, mais cela ne fait peur à personne, tant ce lieu vivant fourmille d’énergie et d’effervescence.
Mais qui sont les casseurs ?
24 heures plus tard, le 4 avril, tout ceci n’est plus qu’un beau souvenir. Les occupants sont séparés de la demeure par un cordon de CRS, le GIPN a mené l’assaut en détruisant les murs intérieurs du chateau, celui-ci aura duré moins d’une heure. Un ami aura su garder arbre et sang-froid durant plus de six heures en haut du marronier à cabane. Il réussira à s’enfuir et c’est alors que commencera l’activité vorace et destructrice de la pelleteuse. Des haies sont rasées afin de faire passer les engins, la cabane arrachée ainsi que les principales branches sur lesquelles elle était posée. Les chemins du jardin sont remplacés par les ornières des chenilles. Un mur sera construit autour des nombreuses fenêtres du château, des vigiles placés en surveillance continue, des projecteurs scrutent la zone durant la nuit…
Le rêve ne s’arrête pas là
On n’arrête pas une idée qui a su rassembler autant d’énergies et de personnes différentes, une idée qui a généré autant d’optimisme, d’enthousiasme et de bonheur, une idée ayant rendu tangible l’image d’un progrès collectif et humain fait de partage, d’écoute mutuelle et de bienveillance. ON arrête pas une telle idée. Surtout pas par la force destructrice aussi drapée soit-elle de l’honnêteté de la justice préfectorale. Indigne opération policière qui se chiffre probablement à plusieurs centaines de milliers d’euros.
Les occupants de “Ô Chateau dans le ciel” se sont promis de se retrouver. L’université populaire réapparaîtra, ici ou ailleurs, forte d’une riche expérience, de ses nombreux soutiens et de l’engouement qu’elle a suscité.
Et la suite ?
Une page se tourne. Mais un nouveau chapitre commence !
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Re: Ô Château dans le Ciel, Lyon

Messagede Pïérô » 13 Juil 2013, 00:21

Nouveau squat pour l’Université populaire autogérée « Ô château dans le Ciel ! » à Lyon
Inauguration de l’Université populaire autogérée « Ô château dans le Ciel ! »

Nous avons été expulsés en grande pompe le 4 avril 2013. Après plusieurs déconvenues, aventures de haut vol, et pérégrinations qui n’ont fait que mettre à l’épreuve notre détermination, notre ténacité, notre cœur à l’ouvrage et autre générosité à vouloir persévérer… Nous revenons plus enthousiastes que jamais ! le 13 juillet 2013 de 11h à 18 heures
Nous sommes au 71 quai Perrache 69002

N’atten­dons pas le 14 juillet pour célé­brer !

Le 13 juillet, l’uni­ver­sité popu­laire « Ô châ­teau dans le Ciel ! » se sera parée de ses plus beaux atours et s’offrira à vous lors de l’inau­gu­ra­tion de son nouvel écrin : un châ­teau situé au 71 quai Perrache.

Venez avec votre enthou­siasme, vos idées et l’envie de recons­truire ensem­ble ce qui a tenté d’être détruit.

La lutte conti­nue !

Animations, débats, ate­liers de per­ma­culture, repas par­tagé, spec­ta­cles, concerts, et pleins d’autres sur­pri­ses ponc­tue­ront cette jour­née riche en convi­via­lité, par­tage et conver­gence.

D’ici là, n’hési­tez pas à :
- Nous contac­ter par cour­riel : cha­teau-dans-le-ciel@riseup.net
- Passer pour nous ren­contrer, pren­dre le café et dis­cu­ter convi­via­le­ment
- Proposer votre aide dans les chan­tiers col­lec­tifs qui sont en cours
- Proposer des pro­jets d’acti­vi­tés pour la suite
- Proposer vos pro­jets d’ani­ma­tions pour le jour de l’inau­gu­ra­tion.

Soyons nom­breux et enthou­sias­tes !

A vous de vous rap­pro­prier les lieux pour en faire un espace de liberté, de créa­tion et d’échange qui vous res­sem­ble

Plus d’infos sur http://lyon-alternatif.fr/

Présentation de l’uni­ver­sité popu­laire auto­gé­rée : Dans un esprit d’échange et de par­tage, cette uni­ver­sité popu­laire a pour volonté de mettre en commun idées, connais­san­ces, savoir-faire, et cultu­res… Un salon de thé et café libre ainsi qu’une biblio­thè­que et une salle infor­ma­ti­que seront acces­si­bles à tous. Sur place, vous décou­vri­rez les dif­fé­rents ate­liers pro­po­sés : théâ­tre, ate­liers clown, café-débat, pro­jec­tions de docu­men­tai­res et de films. De gran­des dis­cus­sions seront orga­ni­sées, des confé­ren­ces, du jar­di­nage, des acti­vi­tés manuel­les et une cui­sine par­ta­gée . De nom­breux inter­ve­nants enri­chi­ront les échanges.


P.-S.
Pour y aller, rendez-vous à l’arrêt de Tram T1 « Hôtel de Région Montrochet », continuez dans le sens du Tram. Prenez la première à gauche que vous suivez jusqu’au quai. Prenez à droite jusqu’au 71.

http://rebellyon.info/Inauguration-de-l-Universite.html

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Re: Ô Château dans le Ciel, Lyon

Messagede Pïérô » 15 Oct 2013, 00:22

Communiqué de rentrée
On ne vous a jamais quittés.

Le vent d’automne souffle avec vigueur sur les braises de l’Université Populaire autogérée « Ô château dans le Ciel ! ». Cette idée que nous avons toutes et tous attisée de notre créativité et de notre détermination est encore plus puissante aujourd’hui. En dépit des violences institutionnelles, des embûches juridiques, des pressions politiques, et autres manifestations des forces réfractaires à toutes alternatives, on ne vous a jamais quittés.

Née à la date symbolique du 21 janvier 2013 suite à l’occupation légitime d’une bâtisse abandonnée sur le campus de La Doua, cette université populaire a suscité l’engouement immédiat de tous et chacun. Des centaines de personnes, petits et grands, étudiants ou retraités, enfants et familles, l’ont fait vivre par leur participation quotidienne aux nombreuses activités du lieu. Un lieu où l’on construit ensemble nos savoirs, nos cultures ; un lieu de partage, d’écoute mutuelle, créateur de liens ; une Forme-de-vie ouverte sur l’extérieur.

En témoigne la Fête de la Résistance du 7 au 9 mars, condensant ateliers artistiques et pratiques, conférences et débats, suivis de manifestations musicales, qui a su rassembler près de 1200 participants.

Le 4 avril 2013, un arsenal conquérant, fort d’environ 150 CRS, officiers, membres de la Brigade Anti-Criminalité, de la Brigade d’intervention en milieu périlleux, d’agents des Renseignements Généraux, de la Police scientifique, et autres policiers nationaux et municipaux, précédés par le GIPN et suivis de vigiles avec leurs chiens fracassent les murs et détruisent cabanes et jardin. Armés de leurs grande échelle, pelleteuse et hélicoptère, ils crurent alors stopper net cette initiative militante et humaniste.

Après quelques épreuves épiques et une meilleure connaissance des agents dépositaires de l’ordre public et de leurs locaux, Ô Château atterrira dans un majestueux immeuble du quartier Confluence. C’est le 13 juillet que l’Université Populaire est à nouveau inaugurée en fanfare, suivie de cinq jours d’animations intenses et prometteuses. Le 17 juillet, un arrêté municipal, émanant directement de la Mairie centrale, interdit l’accueil au public. Le 18 juillet, l’Université est assignée en justice pour le 23. Durant ce délai, elle restera cernée par la Police nuit et jour. Une semaine après, elle est expulsable.

Cependant, plus qu’un lieu, l’Université Populaire est un réseau humain, un réseau de solidarité construisant une logistique d’entraide et de partage ; une dynamique enthousiaste, une dynamique imaginative se renforçant dans la persévérance et la ténacité ; une idée, enfin, une idée en germe dans les têtes hautes et les cœurs ardents.

C’est pourquoi, l’Université Populaire autogérée « Ô château dans le Ciel ! » a su encore évoluer, s’agrandir et s’améliorer. Riches de ses expériences, elle se présente à nouveau sous ses plus beaux atours. Non plus dans un lieu centralisé, identifié, et donc cernable mais, de manière plus ambitieuse, sur le point de reprendre ses activités dans l’agglomération lyonnaise toute entière !

Concrètement, le château est maintenant doté de nombreux outils permettant la mise en œuvre effective des projets, initiatives et ateliers de tous et chacun. Le site internet, tout d’abord, lyon-alternatif.fr informera interactivement des propositions d’activités à venir et de la programmation des activités en cours. Des salles sur tout Lyon sont à disposition pour les accueillir. De plus, de nombreux intervenants sont actuellement prêts à partager leurs savoirs et leur plaisir de transmettre. Enfin, l’université populaire c’est aussi un réseau de partenariats militants, associatifs et institutionnels à même de générer des projets de grande ampleur.

Mais, avant tout, cet outil collectif disposant d’une grande capacité d’action est à votre disposition. Il est en perpétuelle évolution créatrice et s’inscrit dans un idéal de liberté visant la démocratie directe et l’accroissement de la conscience collective.

C’est pourquoi, vous êtes toutes et tous conviés de nouveau à vous approprier et à faire vivre cette université populaire. Proposez-nous vos idées, vos projets et embarquez avec détermination et joie dans cette aventure !


Quand on essaye d’étouffer une idée, son feu se propage …..

http://lyon-alternatif.fr/communique-de-rentree/
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Grenoble, squat de La poudrière

Messagede Pïérô » 29 Nov 2013, 16:53

Grenoble : Ouverture d’un nouveau squat sur le campus universitaire

À tous les galériens, galériennes, bienvenue sur le nouveau navire

Viens embarquer dans ce nouvel espace des possibles au 73 rue des universités, en face de l’Agora, ancienne fac de droit inutilisée depuis la rentrée universitaire et destinée à être remplacée par une pelouse. Comme ça a été fait à Moulissimo, on veut faire de ce lieu, avec qui le voudra, un endroit peinard où tu pourras, nuit et jour, boire un truc chaud, te reposer, discuter, étudier, manger, danser, projeter des films, dormir, bricoler, jardiner, jouer au cerceau, et tout ce que tu voudras y rajouter, bref vivre.

En gros, un lieu qui n’existe pas encore sur la fac, un lieu géré par et pour nous-mêmes. Face à la marchandisation du monde et de nos vies, nous créons cet espace dans une optique de lutte et de convergence, et nous sommes solidaires de tous les mouvements et alternatives actives actuellement présentes sur le campus notamment avec les luttes étudiantes contre la privatisation des universités. Hardis moussaillons, jetons l’ancre, et FAC YOU !

Le collectif La poudrière, pour la réquisition des espace vide étudiants.


squat ?

un lieu de vie et des fois un lieu d'activités. une maison, une ancienne cuisine, une terre agricole, un garage, un immeuble...

la capacité à prendre par soi-même la décision de se réapproprier l'espace pour en faire quelque chose d'autre que la morosité de l'urbanisme moderne, pour se loger sans la tyrannie du loyer, pour lutter contre le capitalisme, pour expérimenter des pratiques d'entraide et des fonctionnements collectifs qui visent l'autonomie et l'abolition des dominations.


comment ?

Pour cela, nous accordons de l’importance à un fonctionnement clair et horizontal et ou chaque personne peut se sentir libre d’investir le lieu. Ce lieu se veut autogéré, sans chefs, sans hiérarchies, ni experts.

Parce que nous vivons dans une société inégalitaire, nous voulons pouvoir réfléchir sur les comportements que l’on reproduit et qui peuvent être oppressants. L’autogestion permet de créer un espace collectif ou nous n’avons pas besoin de structure autoritaire pour nous faire agir ; il s’agit de respecter les choix et les envies individuelles, tout en respectant un cadre collectif qui à été discuté avec toutes et tous. Par l’expérimentation de pratiques émancipatrices, Nous voulons laisser l’espace à des pratiques en rupture avec les valeurs capitaliste (consumérisme, culte de la performance…).

Nous voulons être indépendants de toutes structures et d’instances politiques ou syndicales et nous pratiquons le prix libre.


http://la-poudriere.infos.st/


week end d’aménagement du nouveau lieu

Le collectif d’agitation La Poudrière inaugurait récemment un nouveau squat sur les terres du domaine universitaire.

Samedi 30 et Dimanche 1er, vous êtes conviés à partir de 10h du matin, à un week end de nettoyage et d’aménagement pour transformer ce lieu au gré des envies collectives. Ca peut être sympa, tonique et convivial.

Ramenez de quoi dormir (duvets), il y a des matelas. Ramenez aussi des outils selon votre imagination/savoir-faire/pertinence.

L’entrée n’est pas sur concours, pas de dress code.

adresse : Ex bâtiment de droit, 73 rue des Universités, domaine universitaire.
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Re: Grenoble, squat de La poudrière

Messagede Blackwater » 29 Nov 2013, 19:57

En plus, je peux vous dire que c'est vraiment très grand comme bâtiment. Le squat "Moulissimo" qui avait ouvert il y a quelques mois sur ce même campus paraît tout petit à côté.
C'est un lieu très prometteur! sm 26
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Le Bois Dormoy - Paris

Messagede Banshee » 15 Mar 2015, 19:38

Un petit coin de paradis dans un des derniers quartiers populaires de Paris, le Bois Dormoy, menacé, bien entendu par les spéculateurs :
https://fr-fr.facebook.com/pages/Le-Boi ... 8346132411

Samedi 21 mars, de 15h à 19h, le Bois Dormoy s'éveille avec le printemps !

Dans le cadre de l'événement "l'Eveil du printemps", nous ouvrons nos portes avec des ateliers pour enfants, une conférence autour des jardins en résistance, une buvette biologique par le Poponut club. Le tout en musique, s'il-vous-plait !

À la tombée de la nuit, le bois se transformera en lieu enchanteur et poétique avec une illumination à la bougie.

Bref, soyez heureux, soyez joyeux et rejoignez-nous pour une après-midi de gentille résistance !


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"Si les abattoirs avaient des vitres, tout le monde deviendrait végétarien ! ", Paul McCartney
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Histoires de squats

Messagede bipbip » 27 Juil 2017, 21:26

Documentaire sur le squat "Le Boulon"

"A écouter ailleurs" : documentaire sonore sur l’aventure du boulon, squat autogéré des années 2000 à Villeurbanne, réalisé par le Mégacombi de Radio Canut.

Ce soir, la mégacombi est réalisée en léger différé spatio-temporel depuis Villeurbanne en 2008. C’était la fin de l’aventure du Boulon : 4 ans de squat autogéré, de vie collective et de base pour toute la vie militante et sociale de l’agglomération lyonnaise. C’était aussi le 1er gros "doc" de la mégacombi (archive 2008, saison 1)

Le boulon
Villeurbanne 2008, c’était la fin de l’aventure du Boulon : 4 ans de squat autogéré, de vie collective et de base pour toute la vie militante et sociale de l’agglomération lyonnaise. C’était aussi le 1er gros "doc" de la mégacombi

Emission à écouter : https://rebellyon.info/Documentaire-sur ... -le-boulon
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Re: Histoires de squats

Messagede bipbip » 27 Oct 2017, 00:29

21 octobre 1982 : Expulsion mouvementée du squat de la rue de l’Est

FIN MARS 1982, UN SQUAT S’OUVRE rue de l’Est dans le 20e arrondissement de Paris. Par cette action, les nouveaux squatteurs proches des Fossoyeurs du vieux monde entendent rompre et critiquer le discours politique autour des occupations de locaux vides. En effet, ils décident d’ouvrir un bâtiment neuf, encore partiellement habité. Pour eux, le squat doit être une expropriation. Ils se barricadent et décrètent la rue interdite aux flics. Les accès à la rue sont bloqués et les flics chassés. Ils seront expulsés en octobre de la même année après une forte résistance. Résumé tiré de Basse Intensité

... https://paris-luttes.info/21-octobre-19 ... squat-3909
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Re: Histoires de squats

Messagede bipbip » 30 Nov 2017, 18:11

Histoires de squat à la Croix-Rousse

« D’aussi loin que je me souvienne... j’ai toujours aimé faire chier le monde »
Une émission sur les luttes de squatteur.euses dans les années 90 à la Croix-Rousse, avant et au moment de la gentrification de ce quartier.

Une émission sur les luttes de squatteur.euses dans les années 90 à la Croix-Rousse, avant et au moment de la gentrification de ce quartier.
Cette histoire est racontée par Jeanjean, un pédé libertaire.
Ce récit singulier mêle des luttes contre l’État et la propriété, et contre le sexisme et l’homophobie dans la scène.

Une interview diffusée dans le cycle « En quête de notre histoire », dans l’émission féministe et transpédégouine On est pas des Cadeaux ! sur Radio Canut.

Une émission à écouter : https://rebellyon.info/Histoires-de-squat-a-la-Croix
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Re: Histoires de squats

Messagede Pïérô » 11 Déc 2017, 12:57

Quelle mémoire des squats lillois ?

Partout chez nous ! Quelle mémoire des squats lillois ?

Souvenirs marquants pour plusieurs d'entre nous, l'histoire des squats s’écrit très peu. La Brique propose ici un récit subjectif à travers quelques lieux mythiques, mais surtout des pratiques collectives. Ou quand féminisme, antispécisme, anticapitalisme, autogestion, action directe, anarchisme sont transmis par une poignée de punk.es et de teufeur.ses en train de caler un bastaing contre une porte de hangar.

Mikette a seize ans. Elle commence à traîner dans les manifs, à sortir la nuit à Lille. Un jour, son grand frère l’emmène voir un concert dans un endroit immense, génial, bricolé en récup' de partout. Elle y rencontre une communauté diverse, qui l’impressionne par ses discours mais aussi par sa bienveillance. Au moment de partir, pas de bol, visite de keufs. Les habitant.es des lieux barricadent la porte, enfermant le public à l’intérieur du squat en expliquant pourquoi. Elle y retourne régulièrement, les lieux changent au gré des expulsions. Elle raconte y avoir fait, à l’écart des circuits militants étudiants, le début de son éducation politique.

Besoin d'espaces !

Dans les années 1990 se multiplient à Lille des expériences d’occupation illégale de maisons vides. Il ne s’agit plus seulement d’habiter mais de créer des lieux d’activités militantes et festives. Du point de vue de cette génération de squatteur.ses, on se distingue des occupations des années 1970 en lien avec les mobilisations sur le droit au logement (1). Les modèles sont plutôt des expériences récentes (à Paris, Rennes, Genève…) qui mettent en avant la réappropriation, le collectif et l’autogestion.

Certain.es se souviennent que l’été 1995, lors d’un rassemblement militant anti-patriarcal, ils et elles discutent de l’envie de créer un tel lieu à Lille pour organiser des concerts. Un vendredi soir au CCL (qui n’est pas encore rue de Colmar mais à Fives), elles et ils décident d’ouvrir la maison d’en face… Ce sera le « Clos Ferrer », un squat d’activités occupé par une vingtaine de personnes, lillois.es ou non. Il ne tiendra que trois mois, mais représente le début d’une expérience inédite. Il est est pour certain.es considéré comme le premier squat à Lille.

D’autres suivront comme le Teepee, Louis Boon, les Imposteurs, le Brancard, Le Labo, Fives Cail, le Maquis, puis dans les années 2000 le Chat crevé, le Donjon, l'Insoumise, le Vacarme ou aujourd'hui les 18 ponts… Ils ne tiennent parfois que quelques semaines, quelques mois. Certains, au contraire, durent, plusieurs années. Plusieurs lieux seront ouverts à Moulins. Le Teepee y ouvre en 1996-1997 rue de Douai avec une cave, des hangars, une partie habitable. Le lieu paraît idéal pour organiser des concerts – on peut y accueillir 500 personnes ! – et plein d’ateliers et de réunions. Ces squats vont alors constituer pour beaucoup le lieu d’un apprentissage militant à part.

De la pratique au mouvement

Dans ces nouveaux lieux autogérés, les conditions sont souvent spartiates et tout est à construire, y compris et surtout la vie collective et les modes de fonctionnement. On n’a pas l’eau courante, mais on a de l’énergie et des envies de créer d’autres espaces, d’autres liens. Pour beaucoup c’est une première : on n’applique pas de modèle, on le définit ensemble par les pratiques quotidiennes. Définir la place du personnel et du collectif, partager l’espace, les tâches, la parole, s’organiser horizontalement. Ça coince, ça discute et c’est tant mieux.

Ce sont aussi des lieux ouverts au public, avec des concerts, des projections, des cantines. On se veut en dehors du divertissement marchand, d’où par exemple la récup’ de bouffe et la pratique de la gratuité ou du prix libre. Alcool et drogues sont très présents, aussi parce que la fête fait partie intégrante de la dynamique collective : s’y retrouve une communauté politisée, en recherche d’autres rapports de sociabilité, mais surtout une scène musicale alternative, loin des circuits commerciaux. Une scène plutôt punk, un peu hip-hop, mais aussi, et ce sera particulier aux squats lillois, techno hardcore qui organise des free-parties dans la région. L’occupation d’espaces extérieurs, de friches, lors de street parties ou block parties (fêtes sauvages urbaines), rejoint l’occupation de bâtiments pour un mélange assez éclectique.

Construire du collectif politique

Disposer de lieux fixes, même s’ils changent au gré des expulsions, contribue à rassembler celles et ceux qui ne se considèrent pas comme une communauté, mais vont devenir de fait une force militante à part entière. Des lignes politiques se dessinent, avec l’importance des pratiques autogérées ou de l’action directe, et des liens avec des mouvements plus organisés en cours : le mouvement des chômeur.es, des sans papier.es ou les luttes LGBT par exemple. Les luttes féministes et anti-patriarcales sont présentes dès le début, un squat non mixte (femmes et pédés) est d’ailleurs ouvert rue Meurein, même si sa légitimité n’est pas évidente pour tout le monde. Plus tard viendront aussi les réflexions antispécistes, et même si politiquement le sujet fera débat, la bouffe vegan (2) finit par s’imposer, autant par ses vertus politiques qu’économiques. Les squats sont aussi un épicentre de la lutte antifasciste, et les skins fachos et identitaires attaqueront d’ailleurs régulièrement et très violemment ces lieux et les personnes qu’ils repèrent comme les plus actif.ves.

Les occupant.es ne sont pas tous.tes devenue.es squatteur.ses par nécessité : parmi elle.ux, peu travaillent mais leurs origines sociales sont parfois confortables et certain.es viennent de familles cultivées. Les fêtes sont l’occasion de prendre de la distance non seulement vis-à-vis des normes de la vie nocturne établie mais aussi de ces milieux, comme lors de « soirées de l’ambassadeur » chic et décalées. Mais une autre partie d’entre elle.ux est aussi chômeur.se ou précaire, et d’origine plus modeste. Ils et elles ont souvent en commun des parent.es au passé militant et beaucoup étudient en sociologie, en histoire ou à Sciences Po. Le milieu est aussi très blanc. Une ressemblance qui facilite peut-être le rapprochement des positionnements politiques.

Les mouvements militants plus organisés ne se risquent pas à l’entrisme au sein de ces collectifs, le militantisme dans les squats donne de lui-même une image bien trop désordonnée, radicale voire agressive, pour tenter d’éventuelles récupérations. Ça contribue à forger, par défaut peut-être, une identité politique collective, mais où on privilégie des formes d’action de l’ordre du créatif et du spectaculaire voire de l’absurde. À une parfaite lisibilité politique, on préfère la spontanéité, dans un état d’esprit situationniste. L’art du détournement, de l’humour et de la provoc’ sert ici tout autant l’efficacité que l’assurance de ne pas se prendre trop au sérieux.

Transiger pour durer ?

Avec des squats plus grands et plus durables, notamment le Teepee où le foisonnement d’activités attire un public large, vient la question des moyens de pérenniser l’endroit. Les premiers mois s’y croisent en effet les sympathisant.es de divers mouvements sociaux, et de nombreux projets notamment artistiques émergent. Un moment d’ouverture et d’effervescence resté exceptionnel, au risque de sacrifier la radicalité politique. Légaliser le lieu pour durer impliquerait de passer des accords avec les propriétaires ou la ville, sous forme de baux précaires.

La question de la négociation avec les autorités et de lieux semi-officiels fera l’objet de houleux débats les années suivantes, notamment dans des lieux emblématiques, comme les Tanneries à Dijon, dans les squats à Bruxelles, les « centres sociaux » à Barcelone ou en Italie. Pour sa part, le mouvement squat lillois restera finalement sur cette ligne de non-négociation avec les autorités, et la fracture sera toujours importante entre les squats et les autres lieux semi autogérés mais officialisés, comme les friches occupées par des collectifs d’artistes (voir article dans ce numéro à propos du 49ter).

Pourtant, même s’il faut accepter de vivre un peu à la dure et que la ligne de l’occupation non négociée reste relativement stricte, ce ne sont pas seulement des puristes vivant en réseau fermé. Opposer les squatteur.es à ceux et celles qui acceptent de payer un loyer n’a pas de sens. Les potes qui ont un logement, hébergent périodiquement les copain.es expulsé.es, ou mettent à disposition leurs douches et machines à laver font indéniablement partie de celle-eux qui soutiennent et font vivre le mouvement.

Les expulsions restent des moments éprouvants. Le Clos Ferrer, le Teepee expulsés un jour où pas grand monde n’est présent.e, ça use et ça refroidit un temps la motivation. De plus petits groupes affinitaires ouvrent d’autres maisons provisoirement. Il.les pratiquent le même mode de vie, à la fois plus politisés mais moins visibles.

On finit aussi, à la longue, par avoir l’expérience des expulsions. Du côté des flics elles ressemblent de plus en plus à une formalité voire à un exercice, comme au Brancard où le GIPN profitera que quelques un.es soient monté.es sur le toit pour s’entraîner, de même que le RAID rue de Maubeuge en novembre 2015… Parfois les flics repartent bredouille comme au Ch'ti D’Arras ou à la Mangouste (avant de revenir bien sûr).

Lieux éphémères, pratiques durables

De lieu en lieu, les occupant.es se renouvellent un peu mais une continuité existe : s’appuyer sur des espaces, plus ou moins visibles et ouverts au public, permet d’y construire du collectif. Plusieurs grandes bâtisses, à Moulins, Fives ou dans le Vieux Lille, jusqu’à aujourd’hui, abritent des lieux d’activités, ponctuelles comme des projections, des débats, des assemblées et des concerts, ou plus durables, dans un but autant récréatif que politique : boxe, autodéfense, cantines végan régulières à prix libre.

Il s’agit d’investir des espaces vides, au sens matériel, mais aussi de créer de l’espace pour essayer d’inventer d’autres rapports sociaux: non pas éliminer toutes les règles mais forger d’autres fonctionnements de vie collective. Ces squats ont pour point commun d’être des lieux éphémères, où on admet que toute l’énergie qu’on y investit (pour construire un super joli bar en récup' de trucs divers, pour installer des activités hebdomadaires) sera balayée à la première expulsion. Mais tant pis, on recommencera, ailleurs, mieux. Être nulle part pour être partout, insaisissables, et durer grâce à ça.

Un espace de réflexions

A partir de années 2000 vont aussi se constituer des info-kiosques et bibliothèques, lieux de circulation de fanzines, de textes proches du manifeste ou du tract mais aussi d’écrits théoriques sur le capitalisme, le sexisme ou l’autogestion par exemple. L’ouverture de l’Insoumise en septembre 2012 est en continuité avec cette activité éditoriale : cette fois-ci, il ne s’agit pas d’un lieu d’habitation mais de ressources : bouquinerie, projections, débats, participations aux mouvements sociaux, qui se veut ouvert à un plus large public.

Parmi les brochures qui circulent de squats en squats, plusieurs alimentent la réflexivité du mouvement sur lui-même, en diffusant des débats sur les fonctionnements collectifs, ou en publicisant des violences notamment sexistes (viols, violences entre partenaires affectifs…). La diffusion écrite anonyme est privilégiée, car parler de violences au sein de collectifs affinitaires et autogérés est souvent problématique : l’informalité des groupes fait reposer la cohésion sur des relations interpersonnelles fortes. Il faut reconnaître que ce travail de « lavage du linge sale » interne revient alors souvent aux féministes...

Une histoire, quand même ?

La nébuleuse des squats lillois des années 1990-2000 laisse peu de traces durables. Même si une communication circule localement sur les activités, elle est assez rudimentaire: tracts, infolines, bouche à oreille, voire juste une feuille collée sur la porte pour annoncer un concert. Quelques fanzines circulent, tentent de documenter le mouvement et de lui donner une relative unité politique. À Lille on voit passer le fanzine La Monseigneur par exemple. La pratique des médias n’est pas une priorité : dans les années 1990 Indymedia n’existe pas encore, il y a juste quelques apparitions à l’antenne de radio Campus. On annonce parfois les concerts dans la version papier du Sortir, mais dans l’ensemble le milieu cultive une relative confidentialité (3).

Les traces de la scène musicale sont plus nombreuses : pas mal de photos et de vidéos sont pris lors des concerts, ce qui permettra à quelques un.es de constituer un film documentaire, qui tourne dans les squats lillois en cassette VHS (4). Il n’est pas réellement diffusé, et ne revendique pas le statut de document historique du mouvement. Ici encore, plutôt que des beaux discours et des images héroïques, c’est l’expérience et le partage de façons de faire qui assure la transmission : ce qu’on se passe, c’est du savoir-faire porteur d’une identité du squat, parfois par quelques brochures non signées mais surtout par le collectif, la transmission pratique entre militant.es, que ce soit pour savoir barricader une porte, pirater l’électricité ou partager la parole en réunion.

Le mouvement squat lillois est riche d’une histoire qui ne peut et ne veut pas vraiment s’écrire, parce qu’elle appartient à celles et ceux qui s’en emparent et agissent. Et qui recommence dès qu’on ouvre une porte au pied de biche.

Mikette

1.Voir n°47, "Ateliers populaires d’urbanisme, un toit c’est un droit".
2.Aujourd'hui, « végan » fait penser à des hippies ultra riches californien.nes qui font du yoga. A l'époque en France seul.es les activistes de la cause animale utilisent le terme, et les milieux anars ne sont pas unanimes sur la question (motion de la Fédération Anarchiste contre l'antispécisme en 1995 par exemple).
3.Là, il faut quand même s’imaginer le truc sans téléphone portable, sans ordi personnel et sans réseaux sociaux ! (C’était la minute « on est vieux-eilles ».)
4.« Hors la loi » réalisé en 2000. Ici encore, on n’est pas dans la facilité du smartphone : tu filmes en Hi8 (c’est juste après le format VHS) et tu dois louer un banc de montage.


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