Droit au logement, luttes...en Seine-Saint-Denis (93)

Re: Droit au logement, luttes...en Seine-Saint-Denis (93)

Messagede Denis » 24 Aoû 2018, 19:53

LA PREFECTURE NOUS EXPULSE
LE COLLECTIF BARAS CONTINUE À LUTTER !

RASSEMBLEMENT LE VENDREDI 31 AOÛT À 16H30
SOUS L’ÉCHANGEUR DE BAGNOLET (MÉTRO GALLIENI)
PRISE DE PAROLE ET CANTINE DE SOUTIEN À PARTIR DE 18H30

Nous avons été expulsés par ordre de la préfecture le 20 août 2018 au
petit matin, et sans aucun préavis, du lieu où nous habitions depuis un
an, au 42 rue des Bruyères aux Lilas.

Malgré une première date d’expulsion fixée au 13 août, nous avions fait
appel de cette décision du juge. Cette expulsion arrive alors que nous
attendions le rendu du procès le 13 septembre. Mais France Habitation,
la société anonyme de HLM propriétaire du bâtiment, en a décidé
autrement et a sollicité l’intervention des forces de l’ordre.

Les CRS sont arrivés vers 6h du matin. Ils ont cassé des portes de
chambres, volé de l’argent, et des documents personnels ont disparu.
Malgré le réveil matinal, plusieurs membres du collectif étaient déjà
partis travailler et ceux qui restaient ont été empêchés de récupérer
les affaires et d’alerter les soutiens. Les flics alternaient des
menaces d’utiliser le gaz et l’ironie sur la situation. Les membres du
collectif ont dû partir par groupes de cinq du bâtiment et ils se sont
fait escorter dans le quartier par la police.

Après l’expulsion, les CRS se sont précipités devant les deux mairies,
des Lilas et de Bagnolet, pour empêcher tout rassemblement, ce qui avait
déjà été fait lors des précédentes expulsions. Nous nous sommes
finalement retrouvés sous l’échangeur de Gallieni, mais là aussi nous
avons trouvé la police qui nous attendait.

Nous dormons sous le pont de l’échangeur de Bagnolet, dans des
conditions pénibles. La police nous empêche même de monter des tentes
pour nous protéger de la pluie et nous menace d’expulsion, alors que
nous sommes complètement invisibles. Est-ce que nous sommes des êtres
humains ? La préfecture, la mairie et la police nous traitent comme de
la merde, mais nous continuons la lutte.

RASSEMBLEMENT VENDREDI 31 AOÛT À 16H30
SOUS L’ÉCHANGEUR DE BAGNOLET (MÉTRO GALLIENI)
PRISE DE PAROLE ET CANTINE DE SOUTIEN À PARTIR DE 18H30

Nous exigeons une solution, les mairies des Lilas et de Bagnolet
doivent nous entendre !
Stop aux expulsions ! Un toit et des papiers pour tou.te.s !

Contacts : FB Collectif Baras / Je soutiens le collectif Baras
0769954672 – 0698781039 / lesbaras@squat.net
Qu'y'en a pas un sur cent et qu'pourtant ils existent, Et qu'ils se tiennent bien bras dessus bras dessous, Joyeux, et c'est pour ça qu'ils sont toujours debout !

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Re: Droit au logement, luttes...en Seine-Saint-Denis (93)

Messagede Denis » 10 Sep 2018, 10:32

Bonsoir
21ème jour depuis l'expulsion du Collectif Baras.
Aucune solution de mise à l'abri.
Sous le pont de Gallieni, à dormir a même le sol dans des conditions déplorables.
Un toit pour vivre décemment et avec dignité...

Liste de besoins
Riz..urgent
Pâtes..urgent
Sauce tomate..urgent
Tomates
Aubergines
Poivrons
Oignons..urgent
Fruits..
Lait
Eau
Gâteaux
Bidons alimentaire...urgent
Tapis de sol
Gobelets plastique..urgent
Sopalin
Viande..poulet, mouton.
Merci

Et bien sur, un toit!!!!!!!

https://www.facebook.com/groups/1639417306337239/
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Messagede bipbip » 23 Sep 2018, 13:34

Schaeffer-Colonel Fabien : Actions à venir

Les choses avancent à Aubervilliers pour les migrant·es mal logés, mais la mobilisation continue.

Alors qu’ielles sont à la rue depuis presque deux mois, les membres du collectif Schaeffer-Colonel Fabien sont toujours mobilisés pour obtenir des conditions de vie digne.

Suite à la manif du 7 septembre dernier, il y a eu un premier contact avec la mairie pour demander l’arrêt du harcèlement policier et la mise en place de toilettes et d’un accès à l’eau, mais depuis plus de nouvelles. Bilan positif de ce rassemblement qui a permis d’arracher la fin du harcèlement policier que nous pouvons constater depuis, ainsi que des promesses sur les questions sanitaires.
Le collectif redoutant que ses demandes ne soient enterrées a choisi de faire une nouvelle manif le 21 septembre pour continuer à mettre la pression sur la mairie.

On attend bien sûr de voir si ces promesses seront tenues, mais ce n’est évidemment pas une fin en soit puisque l’objectif est de sortir de la rue et d’avoir de vrais logements et des papiers pour tou·tes.

Pour la suite donc deux rendez vous :
Vendredi 28 septembre de 10h à 12h, un rassemblement devant la préfecture de Bobigny, pour demander des logements dignes et des papiers pour tou·tes.
Dimanche 30 septembre à midi, repas de soutien organisé sur le square Schaeffer, au croisement de la rue Schaeffer et avenue du président Roosevelt à Aubervilliers. Repas évidemment gratuit pour les mal logés, et à prix libre pour les personnes extérieures pour alimenter la caisse du collectif.

DES PAPIERS, UN LOGEMENT, DES SOINS POUR TOUTES ET TOUS !
LIBERTE DE CIRCULATION ET D’INSTALLATION !

P.-S.
Pour contacter le collectif : collectif.schaeffer@lists.riseup.net
Et la cagnotte en ligne pour les soutenir : https://www.lepotcommun.fr/pot/hydb9p25

https://paris-luttes.info/schaeffer-col ... ns-a-10779
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Re: Droit au logement, luttes...en Seine-Saint-Denis (93)

Messagede Pïérô » 01 Oct 2018, 10:51

« Les Baras » occupent les bureaux vacants de la sécu de Bagnolet (93)

Les Baras » occupent les bureaux vacants de la sécu de Bagnolet (93)

Depuis plusieurs jours les 150 migrants du « collectif Baras », occupent les locaux vacants de la sécurité sociale, à Bagnolet 93, Place du 11 novembre 1918.

Expulsés du foyer Bara de Montreuil en 2013, car en sur-numéraires, après avoir passé de nombreuses semaines dans la rue en plein hiver, ils ont occupé des locaux vacants à 4 reprise et pour la 5e fois ont été expulsés, courant août.

Ils revendiquent d’être régularisés. Ils travaillent et sont durement exploités dans le bâtiment dans l’hôtellerie ou dans le nettoyage.

Bien organisés et soutenus depuis 5 ans par des militants déterminés, ils font preuve d’un courage et d’une persévérance exemplaire.

Le DAL soutient leur combat et demande à l’Etat, propriétaire des lieux, de les régulariser, les loger décemment, et de renoncer à les expulser.

Un toit c’est un droit !

Image

Contact du collectif des Baras :
lesbaras @ squat.net
0769954672


https://www.droitaulogement.org/2018/09 ... -bagnolet/
Image------------ Demain Le Grand Soir --------- --------- C’est dans la rue qu'çà s'passe --------
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Re: Droit au logement, luttes...en Seine-Saint-Denis (93)

Messagede bipbip » 27 Oct 2018, 13:55

Montreuil. L’État s’acharne sur les habitants du foyer Bara

Le préfet va nier devant la justice la dangerosité de ce vieux bâtiment. La mobilisation grandit autour des 220 travailleurs hébergés dans des locaux réquisitionnés par la mairie PCF.

Le préfet de Seine-Saint-Denis, Pierre-André Durand, s’acharne sur les anciens résidents du foyer Bara à Montreuil. Fin septembre, ces derniers ont été évacués de leurs locaux totalement délabrés et mis à l’abri dans un bâtiment vide de l’Afpa, réquisitionné par Patrice Bessac, le maire communiste de la ville. Mais, voilà, le représentant de l’État ne l’entend pas de cette oreille. Lundi prochain, il contestera devant le tribunal administratif (TA) de Paris l’arrêté d’extrême urgence pris par Patrice Bessac. Ce dernier estime qu’il existe un « risque grave de sécurité » dans le vieux foyer insalubre, aux murs fissurés, aux plafonds rongés d’humidité due à des infiltrations. Le préfet, lui, pense que les quelque 220 travailleurs immigrés peuvent retourner y vivre…

Cette action préfectorale est la seconde du genre en moins de dix jours. Le préfet Durand a déjà obtenu du TA, vendredi dernier, l’annulation de l’arrêté de réquisition des locaux de l’État dans lesquels la municipalité a fait installer cuisines et sanitaires pour permettre aux travailleurs de vivre dans des conditions plus humaines. Selon la justice, ces aménagements dans les anciens bureaux de l’Afpa « ne permettaient pas de considérer (ces derniers) comme dépourvus de risques et sans danger pour les occupants et leurs familles, notamment en raison de la présence d’amiante ». Le juge a ordonné leur évacuation sous huit jours. L’urgence étant, selon le tribunal, de « permettre les expertises préalables à l’engagement des travaux » prévus dans ces mêmes locaux de l’Afpa où doivent s’installer la Cour nationale du droit d’asile et le tribunal administratif de Montreuil d’ici à 2024.

... https://www.humanite.fr/montreuil-letat ... ara-662782
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Re: Droit au logement, luttes...en Seine-Saint-Denis (93)

Messagede bipbip » 27 Oct 2018, 18:32

Cantine de soutien aux nouveaux squats de Saint-Denis et alentours

dimanche 28 octobre à 19h à Saint-Denis

Début octobre, un squat d’anciens de l’Attiéké, rue Joncherolles à Saint-Denis, s’est fait expulser, laissant de nombreuses personnes sans logement. Et depuis une semaine, un squat de Stains se retrouve lui-aussi en danger juste avant l’hiver. Alors dimanche 28 octobre à 19h, au 166 rue du Landy, rendez-vous à la cantine organisée en soutien aux nouvelles maisons qui s’ouvrent dans les alentours.

À la jonction entre les villes de Saint-Denis et de Saint-Ouen, dans le quartier Pleyel, les immeubles de bureaux poussent comme des champignons, et les grues et les échafaudages préparent à marche forcée la nouvelle gare du Grand Paris et les infrastructures des Jeux Olympiques. Des grands projets d’avenir, paraît-il, mais pour qui ?

C’est ici que l’espace squatté et collectif du Landy a pris vie à l’été 2018. Plus d’une quarantaine de personnes s’y organisent au quotidien dans un esprit d’entraide et d’autogestion, et permettent aux portes de s’ouvrir le plus régulièrement possible pour toutes et tous, en particulier pour les habitant-e-s du quartier.

Tous les derniers dimanches de chaque mois de 19h à 22h, le Landy fait chauffer ses marmites et vous invite à partager un bon repas à prix libre. L’occasion de se retrouver, de s’asseoir au chaud quelques heures, de discuter, ou encore de piocher dans le freeshop et l’inkokiosque.

Ce mois-ci, la cantine permettra de soutenir les collectifs qui s’organisent en ce moment-même dans le coin suite aux expulsions ou menaces d’expulsion pour passer l’hiver avec un toit sur la tête. Car investir une maison, cela coûte toujours des sous, que ce soit pour faire des travaux ou pour couvrir les frais de justice.

* Si vous souhaitez organiser vous-même une cantine en soutien à vos luttes, c’est possible et même prévu ! Nous serons ravi-e-s de vous donner un coup de main et de mettre à disposition notre matos de cantine alors passez nous voir ou contactez-nous : cantinedulandy@riseup.net.

** Le Landy ouvre également ses portes tous les jeudis de 19h à 21h pour l’atelier d’autoréparation de vélo. En plus des évènements ponctuels, plusieurs autres activités régulières s’y déroulent déjà comme des cours de français, une pratique hebdomadaire de boxe sans mecs cis, ou encore des répétitions et des réunions.

Le Landy Sauvage, 166, rue du Landy à Saint-Denis
Métro Carrefour-Pleyel (ligne 13)
RER B ou D Stade de France Saint-Denis
Bus 173, 139 (arrêt Landy - Pleyel) et 255 (arrêt Landy - Ornano)

https://paris-luttes.info/cantine-de-so ... eaux-10913
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Re: Droit au logement, luttes...en Seine-Saint-Denis (93)

Messagede bipbip » 29 Oct 2018, 21:42

Solidarité. À Montreuil, l’habitat digne au cœur du bras de fer avec l’État

Les travailleurs migrants du foyer Bara, relogés par le maire communiste dans des locaux de l’État, sont menacés d’expulsion par le préfet, mais ne renoncent pas à leur dignité.

... https://www.humanite.fr/solidarite-mont ... tat-662841
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Re: Droit au logement, luttes...en Seine-Saint-Denis (93)

Messagede bipbip » 02 Nov 2018, 21:28

Logement. Les Bara gagnent une première bataille

Le tribunal administratif de Paris a confirmé la vétusté du foyer de travailleurs immigrés et la légalité de l’arrêté pris par la mairie de Montreuil pour en interdire l’accès et l’habitation.

... https://www.humanite.fr/logement-les-ba ... lle-663065
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Re: Droit au logement, luttes...en Seine-Saint-Denis (93)

Messagede bipbip » 04 Nov 2018, 21:21

Collectif Baras : Stop aux expulsions ! un toit et des papiers pour tou.te.s !

Le collectif baras suite à l’occupation de l’ancienne sécu de Bagnolet est assigné ce lundi à 12h au Ti de Pantin. Le Collectif appelle à être présent à leur côté.

Le collectif Baras est convoqué devant le Tribunal d’instance de Pantin : la CPAM 93 essaye de récuperer l’immeuble de l’ancienne sécu de Bagnolet, occupé fin septembre par le collectif, par une assignation en référé d’heure à heure. La CPAM 93 demande l’expulsion sans delai et sans prise en compte de la trève d’hiver.

Soyons nombreu.ses.x en soutien le lundi 5 novembre 2018, à 12h00, au TI de Pantin, 41 rue Delizy, salle des referés

Stop aux expulsions ! un toit et des papiers pour tou.te.s !
Contacts : FB Collectif Baras / 0769954672 – 0698781039 /

lesbaras@squat.net

https://paris-luttes.info/stop-aux-expu ... -des-10976
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Re: Droit au logement, luttes...en Seine-Saint-Denis (93)

Messagede bipbip » 20 Nov 2018, 21:00

Menaces d’expulsion imminente des habitant.e.s du 18 rue de l’ermitage à Montreuil ! Besoin de soutien immédiat, pour faire valoir nos droits ! Pas d’expulsion sans relogement !

Communiqué du collectif « Les zumains d’abord ! »

La mairie de Montreuil tente d’expulser pendant la trêve hivernale !

En effet, le collectif « les humains d’abord », installé au 18 rue de l’ermitage, à Montreuil-sous-bois depuis le 14 novembre 2018, a été menacé par une représentante de la mairie d’être expulsé « manu militari » s’il ne quittait pas les lieux expressément.

Pourtant, un contrôle de la police nationale a permis de constater notre présence sur place depuis plus de 48h. Nous rappelons que nous détenons des preuves certifiées par un huissier de justice et par des témoignages de voisins indiquant que nous occupons officiellement ce logement depuis le 14 novembre 2018 et que cette maison est inoccupée depuis trop longtemps.

La mairie préfère encaisser l’argent de la vente plutôt que de loger ses habitant.e.s. Au vu de ses dernières interventions en faveur des mal-logé.e.s nous demandons que cette politique soit appliquée à tou.te.s.

Nous, habitant.e.s de Montreuil, remarquons que la soif des plus-values immobilières du Grand Paris est sans limite. Et n’acceptons pas que la ville soit ainsi livrée aux promoteurs immobiliers sans aucune considération pour tou.te.s les mal logé.e.s.

Nous demandons le plus rapidement possible une rencontre avec Mr Patrice Bessac, maire de Montreuil. Nous exigeons un bail précaire le temps que tou.te.s les occupant.e.s puissent trouver des solutions de logement.

Le collectif« les zumains d’abord ! »

#leszumainsdabord
#help18ruedelermitage
Contact : leszumainsdabord@protonmail.com
Téléphone : 06.23.27.42.26


https://paris-luttes.info/communique-du ... -les-11061
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Re: Droit au logement, luttes...en Seine-Saint-Denis (93)

Messagede bipbip » 30 Nov 2018, 22:07

Montreuil : Expulsion du foyer Bara et relogements à la louche

Des nouvelles de l’expulsion « solidaire » du foyer Bara par la Mairie, 2e épisode : la fermeture définitive du foyer historique des Baras après 50 ans d’abandon progressif par les politiques publiques, en oubliant de reloger un bon tiers des occupants

Ca y est : ce matin du 29 novembre 2018, à 5h du matin, le foyer Bara a été expulsé.
Cette ancienne usine de pianos « gérée » par le bailleur « social » Coallia [1], est un foyer de migrants depuis 1968.
Vétuste, super crade, blindé de monde, le foyer Bara c’est l’incoutournable lieu de rencontres du bas Montreuil.
Pas des bobos, non ! Principalement des maliens, des sénégalais et autres travailleurs migrants dont beaucoup sans-papiers.
Depuis des années, c’est pas folichon comme conditions de vie : les 240 occupants légaux du foyer sont en fait plutôt dans les 600, entre ceux qui dorment là-bas de temps à autre, ceux qui sous-louent pour s’entasser dans une chambre, ceux qui s’entassent dans l’escalier, dans la cuisine...

Voynet avait déjà tenté d’expulser le foyer Bara en 2013 : comme à son habitude, le président du Mali avait fait une petite visite pour bien montrer qu’il n’en était pas question.

C’est alors que Coallia, l’État et la mairie de Montreuil se mettent d’accord sur la destruction et la transformation du foyer en résidence sociale, en application du plan de traitement des foyers de travailleurs migrants en Seine-Saint-Denis, lancé en... 1997.
Mais à quelle échéance ? Mystère ! D’ici 2018, 5 bâtiments doivent sortir de terre pour loger les personnes du foyer. Reste un mois, à l’aise...

Le foyer de la rue Bara a été confirmé en arrêté de péril mercredi. D’où l’expulsion jeudi matin.
Des ouvriers étaient déjà présents ce jeudi soir dans l’ancien foyer rue Bara pour commencer à péter toutes les canalisations et installations sanitaires, au cas où certains aient l’idée saugrenue de revenir. Les quelques fenêtres pas encore murées l’ont été, et le portail fermé définitivement...
Mais qui dit expulsion dit : relogement ! Et c’est là que ça devient un peu le festival...

Coallia a semble-t-il refusé de trouver une solution pour les occupants illégaux (200 personnes)... mais aussi pour les occupants légaux (à peu près 250 personnes) dans l’immédiat ! Pas mal, pour un bailleur social !

Les twittos se gargarisent du « déménagement du foyer Bara », des
« habitants du foyer Bara ENFIN relogés », avec « immense soulagement et fierté » : en vérité, ils sont expulsés par arrếté de péril (c’est quand ta maison va se casser la gueule ou qu’un promoteur va la casser sur ta gueule, comme à Marseille ou ça danse pas trop le MIA pour le moment).

Sur son Twitter, Patrice Bessac se félicite : "[Montreuil Ville Solidaire] Bienvenue à tous les résidents du foyer #Bara ! Une victoire pour la dignité !" On peut y voir de bien belle photos des plus âgés accueillis à bras ouverts par les élus.

En effet, une belle page de l’histoire de Montreuil se tourne : après avoir fait imploser le foyer Bara en septembre dernier, pour ne pas avoir à expulser les résidents, Bessac avait fait réquisitionner l’AFPA, ancien centre de formation pour adultes fermé depuis presque deux ans, dans le quartier de la Noue. Une partie des occupants (à peu près 200) était alors partis s’installer là-haut, bien loin du Montreuil gentrifié que Bessac et ses équipes appellent de leurs voeux.

Un déménagement, vraiment ? C’est dans une avenue tristoune, loin des transports et de l’activité trépidante de la rue de Paris, à 50 m de l’autoroute A3. Au-delà du changement drastique que cela va apporter au quartier Robespierre, tout le monde a gagné un gros quart d’heure de temps de trajet en plus tous les matins. Sachant qu’avec un taf de merde à l’autre bout de Paris (dans une autre banlieue le plus souvent) ça peut faire toute la différence...

Un relogement, vraiment ? Le local de l’AFPA a fait l’objet d’une procédure de la part de la préfecture, pour occupation illégale (par le maire qui joue à réquisitionner), et la décision d’expulsion a été suspendue par le Tribunal administratif de Paris. Ce qui veut dire que le local sera expulsable, en théorie, à la fin de la trève hivernale (mois de mars).

Ce jeudi matin, les occupants « légaux » ont été emmenés en bus municipaux dans le bâtiment de l’AFPA, tandis que les occupants sans titre sont restés à la rue (très nombreux, au moins 200 personnes).
Toute la journée, ils sont restés devant le bâtiment de l’AFPA pour être également « relogés » ; en fait, être sûrs de dormir au chaud ce soir, puisque Monsieur le Maire a dit qu’il relogeait tout le monde, « officiels ou non ».

La mairie, une brochette de flics en anti-émeute et de vigiles empêchant quiconque de rentrer dans le bâtiment, à défaut d’être sur une des mystérieuses « listes » faites à la va-vite mercredi soir, il y a eu de gros moments de tension toute la journée. On a entendu dire que les « légaux » proposaient aux « illégaux » de payer cent ou deux cent balles pour partager une piaule...

Vers 18h Djénéba Keita, une adjointe à la mairie a prétendu que personne ne dormirait à la rue ce soir et emmené une délégation à la Mairie. Ils y étaient encore à 20h.

Le nouveau bâtiment semble pourtant largement assez grand pour accueillir toutes les personnes qui s’entassaient dans beaucoup plus petit rue Bara, sachant qu’un des deux bâtiments de l’AFPA est encore inoccupé.

On peut se demander quelle image de la solidarité a Patrice Bessac (c’est pas avec tout le monde semble-t-il) et de la dignité, puisqu’il troque éhontément un vieux foyer miteux et surpeuplé contre un bloc de salles de cours absolument pas adaptées pour de l’habitation (au moins ils auront de grands dortoirs !) et surtout expulsable dès la fin de l’hiver (mais il dira que c’est la faute de la préfecture).

On ne peut que souhaiter à tous les occupants de l’ex-foyer Bara de rester fermes :
Le foyer est à ceux qui l’habitent !
Un toit et des papiers pour tous et toutes !
Notes

[1] Ex AFTAM, l’Association pour la Formation technique de base des Travailleurs Africains et Malgaches, présidée par Stéphane Hessel, l’Indigné. Qui est un des bailleurs sociaux des foyers et qui les laisse depuis de nombreuses années dans des états hallucinants.


https://paris-luttes.info/montreuil-exp ... bara-11157
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Re: Droit au logement, luttes...en Seine-Saint-Denis (93)

Messagede Denis » 03 Déc 2018, 18:07

SOIRÉE 6 ANS DE LUTTE
FESTIVE & SOLIDAIRE
CHEZ LE COLLECTIF BARAS
Ancienne sécu de Bagnolet
8 place du 11 novembre 1918 à Bagnolet
M° Gallieni ou bus 318 arrêt Gallieni
bus 76/bus 122 arrêt Église de Bagnolet

SAMEDI 8 DÉCEMBRE À PARTIR DE 19 H

Musique live : Deser blues... et alentour

Mafé & tiep, boissons

Prix libre

6 ANS DE LUTTE ET DE SOLIDARITÉ, ÇA SE FÊTE !

Nous avons passé plusieurs mois à la rue entre 2012 et 2013, puis de
nouveau en 2014, en 2017 et en 2018. Nous avons occupé des bâtiments
vides à Montreuil, à Bagnolet et aux Lilas. À chaque fois, nous en avons
été expulsés.

Pendant 6 ans, le squat a été le seul moyen d’exercer notre droit à un
toit. Le 20 août
2018, nous avons encore une fois été expulsés, par ordre de la
préfecture, du 42 rue des Bruyères, aux Lilas.
Cette expulsion est arrivée alors que nous attendions le rendu du
procès le 13 septembre. Mais France Habitation, la société anonyme d’HLM
propriétaire du bâtiment, en a décidé autrement et a sollicité
l’intervention des forces de l’ordre.

Nous nous avons été encore une fois contraints de dormir sous le pont
de l’échangeur de Bagnolet, pendant 6 semaines, dans des conditions très
pénibles. La police nous a même empêché de monter des tentes pour nous
protéger de la pluie. Le froid allait arriver...

L’ancienne agence de la sécu de Bagnolet, mise en 2015 en “période de
transition”, avait fermé. Elle aurait dû rouvrir le 7 septembre, puis le
14, puis “fermeture exceptionnelle” la semaine d’après...

Nous avons trouvé refuge dans ces espaces qui avaient été délaissés. Le
5 novembre 2018,alors que le Collectif était convoqué par le tribunal
d’Instance de Pantin car la CPAM 93 demandait notre expulsion, le maire
de Bagnolet a procédé à la réquisition du
bâtiment. La Ville soutient, par cet arrêté, notre droit à un toit.

Mais le 27 novembre, un référé suspension a été introduit contre
l’arrêté de réquisition. Et les services du Préfet soutiennent la
demande d’annulation de la réquisition aux côtés de la CPAM.

LA LUTTE CONTINUE
UN TOIT ET DES PAPIERS POUR TOU.TE.S

https://www.facebook.com/events/321508885111932/
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