L'université en lutte

Re: L'université en lutte

Messagede bipbip » 21 Avr 2018, 19:51

À Nancy, le campus Lettres et Sciences Humaines est bloqué depuis le jeudi 22 mars par des étudiants mobilisés contre la loi "Orientation et réussite des étudiants" (ORE). À Metz, deux bâtiments sont également bloqués et le mouvement prend de l’ampleur dans toute la France.

Pourquoi nous nous opposons à la sélection à l’entrée de l’Université

Nous considérons que cette loi instaure la sélection à l’entrée de l’université et accentuera les inégalités d’accès à l’enseignement supérieur.

Rappelons que :
• 80 % des étudiants qui entrent à l’université sortent diplômés !
• L’université accueille tous les étudiants bacheliers. Jusqu’à maintenant, l’obtention du Bac permettait d’accéder à l’université.
• Les universités accueillent environ 50 000 étudiants supplémentaires chaque année depuis dix ans mais la dépense par étudiant a chuté de près de 10 % et aucun poste d’enseignant-chercheur, de chercheur, de personnel administratif et technique supplémentaire n’a été créé et la précarité se développe.
• Même dans les filières sélectives (Ecoles d’ingénieurs, IUT…) les premières années abandonnent, se réorientent, etc.

Ce qui change :
• Les lycéens n’ont plus la liberté de s’inscrire dans l’établissement et la formation de leur choix.
• Tous les lycéens doivent justifier leur choix dans un dossier (avec une lettre de motivation) dans les différentes filières auxquelles ils candidatent. Dans l’immense majorité des cas, ces dossiers ne seront pas lus et seront traités de manière automatique (à partir des notes des épreuves anticipées du Bac par exemple).
• Les lycéens doivent correspondre aux « attendus » de la licence de leur choix, alors que les disciplines universitaires sont méconnues voire inconnues.
• Chaque vœu formulé par un lycéen est accompagné d’une fiche Avenir remplie par le conseil de classe et le chef d’établissement (lycée). Ils donnent un avis sur l’avenir de chaque lycéen. Ils évaluent la « motivation », l’« autonomie », les « qualités personnelles » ou encore l’« implication » de l’élève. De nombreux enseignants du secondaire refusent de décider de l’avenir des lycéens de cette façon et de les enfermer dans une voie.
• La plateforme Parcoursup oblige les universités à classer les dossiers dans un nombre de places limitées => l’accès n’est plus un droit !

Cette réforme n’améliore pas l’orientation, mais instaure la sélection à l’entrée de l’enseignement supérieur. C’est bien un choix de société qui est fait : une société du classement et de la compétition de tous contre tous.

L’accès à l’université doit rester un droit ! La plateforme d’inscription mise en place par cette loi (Parcoursup) n’a rien d’un outil neutre. Une partie de l’enseignement supérieur est déjà sélective (grandes écoles, classes prépa, IUT, etc.) et limite l’accès aux études d’une partie de la population. Cette loi aggrave la situation en fermant encore davantage l’accès à l’enseignement supérieur. La plateforme elle-même semble conçue pour accentuer l’auto-censure et le découragement des lycéens les plus défavorisés.

La sélection n’est pas la solution ! Les difficultés de l’Université sont le résultat des réformes qui se succèdent depuis 15 ans consistant à diminuer les financements et à mettre en concurrence les établissements.
Le gouvernement, plutôt que de donner les moyens à la hauteur des enjeux de formation de la jeunesse, met en place une procédure qui va accentuer la mise en concurrence et les inégalités entre disciplines, entre établissements et entre territoires.

Nous défendons une université ouverte, capable d’offrir à toute la société un libre accès à l’enseignement supérieur. Contre la sélection et la mise en concurrence de tous contre tous, nous exigeons les moyens d’accueillir les bacheliers dans la filière de leur choix.

Quelques témoignages

D’une étudiante de Master (pendant une assemblée générale)

(…) au lycée je ne savais pas que je serais actuellement en Master de Sciences du langage, j’ai eu un parcours avec différentes filières, je suis allée en droit en histoire en sciences du langage et au lycée je ne savais pas qui j’étais et je suis désolée mais les professeurs qui nous voient quelques heures dans la semaine au lycée ne peuvent pas définir si on est curieux, si on est empathique ou si on a telles compétences (…) au lycée on sait pas qui on est (…) l’expérience nous façonne (…)

D’un enseignant du secondaire

Ce soir, j’ai un peu honte de mon métier de prof.

Mon premier conseil de classe nouvelle mouture après réforme macroniste du système d’orientation vient d’avoir lieu, et ce qu’on nous demande d’y faire est juste abject.
Il faut donc – puisque toutes les filières sont sélectives, désormais – que nous remplissions pour chaque élève à destination des écoles et des universités une "fiche avenir", qui consiste à établir :
• La « cohérence du projet avec les qualités personnelles » → il est donc désormais officiellement établi que l’évaluation n’est plus celle d’un travail mais de "qualités personnelles", soit d’individus.
• Le « degré de motivation » → qu’est-on censés en savoir ? Le métier de professeur implique-t-il de sonder les cœurs et les reins ?
• Les « chances de réussite » → qui risquent d’être hautes si on en préjuge comme ça dès le Lycée ! Notre société ne comporte sans doute pas déjà tant de sélection, de reproduction sociale et de classisme qu’il faille en surajouter. Puis cela est bien connu : jamais on n’a vu d’adolescents de dix-sept ans ne sachant trop encore où aller, qui après le Bac se soient découverts et réinventés de façons imprévues. (…)

D’un enseignant-chercheur à l’université

Si cette loi ORE avait existé à mon époque, je ne serais pas là aujourd’hui. Si j’avais vu les attendus de ma filière, j’aurais renoncé à aller à l’université. N’étant pas d’un milieu universitaire, personne ne m’aurait encouragé ou aurait pu me dire ce que c’était que l’université. Les attendus sont tellement éloignés de ce que j’enseigne aux étudiants qu’ils m’auraient fait fuir. Et puis, avant d’être maitre de conférences, j’ai fait d’autres choses qui m’ont construit. Et c’est une chance que l’université permette ça.

Des enseignants-chercheurs, chercheurs, enseignants, personnels administratif et technique, de l’Université de Lorraine, en lutte.

https://manif-est.info/Pourquoi-nous-no ... e-546.html


Menace de poursuite judiciaire contre les étudiant·e·s nancéien·ne·s en lutte


Après avoir annoncé la semaine dernière une fermeture administrative imminente qui n’est jamais venue, le président de l’Université de Lorraine, M. Mutzenhardt, menace depuis le vendredi 20 avril certains de ses étudiant·e·s nancéien·ne·s en lutte de poursuite judiciaire si celleux-ci ne quittent pas le campus de lettres. Nouveau coup de bluff ou étrange relation élève-professeur ?


C’est par téléphone que M. Mutzenhardt a posé son ultimatum : soit les étudiant·e·s débloquent, soit il dépose plainte nommément contre certain·e·s d’entre elleux et envoie la police les déloger.

Dans tous les cas les étudiant·e·s en lutte prennent note des nouvelles menaces du président de l’université. En effet, toujours par le biais de personnes syndiquées non représentantes du mouvement étudiant, M. Mutzenhardt a fait savoir que les plaintes nominatives seraient retirées si l’occupation des étudiant·e·s en lutte prenait fin.

Les étudiant·e·s condamnent fermement la conduite de M. Mutzenhardt qui, ne se contentant plus d’avancer des informations falsifiées, utilise le chantage et les menaces en guise de dialogue.

Contre la sélection, les menaces et les pressions, il·le·s ont décidé de rester solidaires !

https://manif-est.info/Menace-de-poursu ... e-549.html

Malgré les interventions policières et les commandos d’extrême-droite, le mouvement étudiant s’amplifie
Il aura fallu un mois pour que les assemblées générales ne soient plus clairsemées et les tentatives d’occupations de campus encore balbutiantes. La contestation de la loi « orientation et réussite des étudiants » et du dispositif Parcoursup, qui instaure un tri des lycéens à l’entrée de l’université, prend une nouvelle dimension. Le basculement s’est opéré début avril, alors que commençait la grève perlée des cheminots, malgré l’intrusion de groupes d’extrême-droite à Montpellier ou Lille et les interventions policières à Strasbourg ou Nanterre. Récit des prémisses d’une « coagulation ».
... https://www.bastamag.net/Malgre-les-int ... -droite-le
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Re: L'université en lutte

Messagede bipbip » 22 Avr 2018, 12:30

Dijon
Expulsion de Tolbiac : « Rien à signaler » ? Récit de manif
Une cinquantaine de personnes ont manifesté dans les rues de Dijon contre les violences policières à la fac de Tolbiac
Ce samedi après-midi, vers 13h30, une cinquantaine de personnes ont manifesté dans le centre-ville de Dijon contre l’expulsion violente de la fac de Tolbiac. Le cortège a manifestement pris la police de court, puisqu’il a pu se diriger rue Verrerie, dans la cour du Musée des Beaux-Arts, celle du Palais des ducs, place de la Libération, rue de la Liberté, puis place Grangier et rue des Godrans, sans rencontrer le moindre agent sur son chemin.
... https://dijoncter.info/?expulsion-de-to ... -manif-178


Nancy
Menace de poursuite judiciaire contre les étudiant·e·s nancéien·ne·s en lutte


Après avoir annoncé la semaine dernière une fermeture administrative imminente qui n’est jamais venue, le président de l’Université de Lorraine, M. Mutzenhardt, menace depuis le vendredi 20 avril certains de ses étudiant·e·s nancéien·ne·s en lutte de poursuite judiciaire si celleux-ci ne quittent pas le campus de lettres. Nouveau coup de bluff ou étrange relation élève-professeur ?

C’est par téléphone que M. Mutzenhardt a posé son ultimatum : soit les étudiant·e·s débloquent, soit il dépose plainte nommément contre certain·e·s d’entre elleux et envoie la police les déloger.

Dans tous les cas les étudiant·e·s en lutte prennent note des nouvelles menaces du président de l’université. En effet, toujours par le biais de personnes syndiquées non représentantes du mouvement étudiant, M. Mutzenhardt a fait savoir que les plaintes nominatives seraient retirées si l’occupation des étudiant·e·s en lutte prenait fin.

Les étudiant·e·s condamnent fermement la conduite de M. Mutzenhardt qui, ne se contentant plus d’avancer des informations falsifiées, utilise le chantage et les menaces en guise de dialogue.

Contre la sélection, les menaces et les pressions, il·le·s ont décidé de rester solidaires !

https://manif-est.info/Menace-de-poursu ... e-549.html


Lyon
Grande AG universitaire de mobilisation de rentrée

Alors que les évacuations par la police se multiplient dans les facs occupées, nous refusons de nous soumettre à l’intimidation de la répression. Nous attendons chacun⋅e le lundi 23 avril à 10h afin de poursuivre l’organisation du mouvement et son extension.

Loi ORE de nos facs !

Dans le contexte de mobilisation nationale contre les réformes du gouvernement instaurant la sélection à l’entrée de l’université, l’arrêté licence (fin des compensations, etc), l’augmentation des frais d’inscriptions rendue possible par la fusion des universités, la mobilisation étudiante prend de l’ampleur et s’étend à la plupart des universités.

Dans ce contexte, et malgré la répression (évacuations d’universités par les forces de l’ordre, fermetures administratives), notamment à Lyon 2 par l’envoi des CRS à l’Université le vendredi 13 avril pour déloger les étudiant.es mobilisé.es, ne restons pas indifférent.es !

Pour décider et s’organiser pour la suite de la mobilisation, et après l’Assemblée Générale qui a réuni plus de 800 personnes à Lyon 2 le 12 avril, réunissons nous pour une Grande Assemblée Générale le lundi 23 avril à 10h sur le campus des quais.

Invitez vos ami⋅es ! Venez !
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Re: L'université en lutte

Messagede Pïérô » 23 Avr 2018, 12:21

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Re: L'université en lutte

Messagede bipbip » 24 Avr 2018, 07:56

Communiqué de la CNL suite à l’expulsion de Tolbiac

Nous ne nous laisserons pas faire, nous ne laisserons pas les forces de l’ordre agir impunément.

La fac de Tolbiac a été expulsée violemment hier, le 20 avril 2018, à partir de 5h00 du matin. Les journalistes, notamment BFM, se sont rués dans l’université afin de montrer les dégradations au sein de l’établissement et se gargariser du coût de ces dernières, relayant uniquement les informations de la préfecture. Les journalistes sur place ont passé sous silence les blessures graves commises par les policiers.Aujourd’hui un camarade est hospitalisé dans un état grave suite à cette évacuation et au moins trois autres ont été gravement blessés. La CNL réunit ce jour constate la dissimulation d’informations d’intérêt public. Y a-t-il dans ce pays un journaliste qui ne soit pas un attaché préfectoral ?

Il est clair que l’intensité de la répression policière face aux mouvements sociaux des derniers mois a franchi un cap. Nous pensons à toutes les personnes qui se battent à la ZAD, aux personnes en lutte dans les universités de Bordeaux, Montpellier, Lille, Strasbourg, Dijon, Nanterre et tant d’autres, les personnes exilées à Calais, Paris et dans tant d’autres villes, dans les banlieues comme à Toulouse, où les arrestations pleuvent chaque jour, s’ajoute la répression quotidienne et systématique. Face à cela notre réaction locale et nationale doit impérativement être immédiate et déterminée.

Dans cette situation d’urgence et depuis l’espace de coordination nationale qu’est la CNL, nous appelons à rejoindre tous les rassemblements et actions à Paris et partout en France. Nous ne nous laisserons pas faire, nous ne laisserons pas les forces de l’ordre agir impunément. Continuons à nous organiser.

https://paris-luttes.info/communique-de ... -a-l-10042

Après l’évacuation de Tolbiac, la mobilisation continue !
En Ile-de-France, au moins 4 universités restent occupées pendant les vacances !
Malgré l’évacuation vendredi des sites Tolbiac et Saint-Charles de Paris 1, les occupations se poursuivent à Censier (Paris 3), Clignancourt (Paris 4), Paris 8 et Nanterre !
... https://paris-luttes.info/expulsion-de- ... matin-9973
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Re: L'université en lutte

Messagede bipbip » 25 Avr 2018, 08:44

Lyon
L’AG de l’université Lyon 2 vote le blocus du campus des quais et de Bron
Après une assemblée Général de plus de 4h, 627 étudiants·es ont voté le blocus du campus des Quais et de Bron alors que 286 étudiante·s ont voté contre le blocage et 59 se sont abstenu·es.
... https://rebellyon.info/AG-de-l-universi ... e-le-19071
L’occupation du campus de l’université Lyon 2 sur les Quais et le blocus de Bron se poursuit
Alors que les évacuations par la police se multiplient dans les facs occupées, nous refusons de nous soumettre à l’intimidation de la répression. Nous attendons chacun⋅e le lundi 23 avril à 10h afin de poursuivre l’organisation du mouvement et son extension.
... https://rebellyon.info/blocus-des-campus-de-lyon2-19061
« Une ligne rouge a été franchie par l’équipe présidentielle », un membre du Conseil d’Administration de Lyon 2 démissionne
Une membre du Conseil d’Administration de l’Université Lyon 2 démissionne pour marquer son opposition à la politique répressive de la présidence de Lyon 2 ainsi qu’à la loi ORE et à Parcoursup. Voici sa lettre de démission.
... https://rebellyon.info/Demission-d-un-m ... il-d-19075

Montpellier
L’assemblée générale de la faculté des sciences vote contre la loi ORE et contre les blocages
Le comité de mobilisation de la faculté des sciences de Montpellier a bloqué ce matin les accès aux bâtiments principaux du campus, conformément à la décision prise lors de l’assemblée générale (AG) du 10 avril. Les antibloqueurs avaient prévu une contre-manifestation, mais ils n’étaient finalement qu’une vingtaine et ont donc opté pour un rassemblement statique. Autour de la banderole « Non au blocage ! » qu’ils ont déployé se trouvaient notamment des membres de la corporation des Z’élus, du syndicat de droite l’UNI, et des groupuscules fascistes de Génération identitaire et de la Ligue du Midi. Leur présence n’a pas perturbé le déroulement du blocage et ils sont rapidement partis.
... http://www.lepoing.net/lassemblee-gener ... -blocages/

Tolbiac
« Aucun blessé », « Une personne dans le coma », « Des dégradations très coûteuses »... Que s’est-il vraiment passé à Tolbiac ?
Retour sur les mensonges de la préfecture et de la présidence, mais aussi sur une communication parfois problématique de la part du mouvement (y compris sur Paris-luttes.info) suite à l’expulsion de Tolbiac.
Malgré l’évacuation de Tolbiac, le mouvement contre la sélection continue et même se renforce en d’autres endroits. Petit bilan critique de la grande confusion ayant cependant régnée les heures et les jours qui ont suivi la chute de ce bastion de la contestation.
... https://paris-luttes.info/aucun-blesse- ... s-le-10058
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Re: L'université en lutte

Messagede bipbip » 28 Avr 2018, 09:35

Retour sur l’intervention policière du 25 avril à la fac de lettres de Nancy
L’université populaire du sapin Nancy II :
• affirme son opposition à la fermeture administrative du Campus Lettres et Sciences Humaines et dénonce la violence utilisée par les CDI (équivalents départementaux des CRS) pour déloger les étudiant-e-s mobilisé-e-s.
• dénonce l’arrestation injustifiée et orchestrée de deux de nos camarades.
• affirme son soutien à notre camarade retenu 11h en garde à vue, contre qui une procédure a été engagée.
Avant l’intervention, le campus était occupé par des étudiant-e-s mobilisé-e-s depuis le 22 mars, accessible à tou-te-s, sans barricades. Des activités, conférences et ateliers, étaient organisées et ouvertes au grand public tous les jours.
... https://manif-est.info/Retour-sur-l-int ... y-563.html

Près de 250 personnes en assemblée générale à l’Université de Bourgogne
Ce jeudi, une assemblée générale a rassemblé près de 250 personnes à l’appel des syndicats du personnel et des étudiant·es mobilisé·es contre la loi Vidal
Près de 250 personnes se sont réunies sur l’esplanade Érasme ce jeudi midi. Étudiant·es et personnel de l’université de Bourgogne, ils répondaient à l’appel unitaire des syndicats du personnel à se réunir en Assemblée Générale contre la loi ORE, dite « loi Vidal ». Cette loi, qui mobilise depuis plusieurs mois dans la plupart des universités françaises est principalement décriée en tant que mise en place mal déguisée d’une forme de sélection à l’entrée en licence.
Après plusieurs allocutions et tours de paroles, les personnes présentes ont voté une série de revendications parmi lesquelles l’abrogation de la loi ORE, l’augmentation des moyens accordés à l’université, et la fin de la répression sur le campus.
... https://dijoncter.info/?pres-de-250-per ... rgogne-194
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Re: L'université en lutte

Messagede bipbip » 30 Avr 2018, 16:01

Des profs de fac bloquent les notes
Ils ont décidé de ne pas faire remonter les notes des étudiants, dans les secrétariats, jusqu’à l’abrogation de la loi ORE.
Le courrier du président de l’université, Olivier Laboux, à ses personnels concernant l’assouplissement de la loi ORE (Orientation et réussite des étudiants) n’a pas fait diminuer d’un iota la détermination des enseignants.
Dans ce courrier, il indiquait que le classement des dossiers des futurs bacheliers ne se ferait que pour les filières en tension. Pas suffisant pour éteindre la grogne. À l’appel des syndicats Sud, FSU et du comité de mobilisation des personnels de l’université, une assemblée générale a réuni, jeudi, 80 personnes.
Dans une motion, elles réaffirment leur opposition à la loi ORE, « car, insistent-ils, elle instaure une sélection à l’entrée à l’université qui met en question les missions de service public de celle-ci ».
... http://jactiv.ouest-france.fr/campus/pr ... otes-85166

Facs en lutte
« Facs en luttes », bulletin de grève de Solidaires Etudiant-e-s qui recense les assemblées générales, manifestations et actions diverses contre le projet de loi Vidal, est téléchargeable ci-dessous.
... http://www.sudeducation.org/Facs-en-lutte-7491.html
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Re: L'université en lutte

Messagede Pïérô » 01 Mai 2018, 09:13

Tours
Parcoursup : les enseignants-chercheurs refusent de constituer les commissions d’examen des vœux

La contestation des procédures d’orientation après le bac se propage parmi les enseignants de l’Université de Tours qui refusent de constituer les commissions d’examen des vœux. Face à l’afflux des dossiers et leur refus de trier les candidats, les enseignants-chercheurs renvoient globalement la balle à la présidence et au rectorat.

Après les départements de Géographie, Sociologie, Philosophie, Espagnol, Sciences du langage, le conseil de la faculté de Lettres et Langues de l’Université de Tours vient lui aussi de refuser la constitution des commissions d’examen des vœux (CEVS) qui doit classer, dans Parcoursup, les dossiers des futurs bacheliers. Ces départements ou filières ont réagi vivement à l’injonction qui leur était faite par la présidence de l’université de constituer obligatoirement ces commissions [1].

Auparavant, le lundi 16 avril, devant le conseil d’administration de l’université, plusieurs voix s’étaient levées contre ces commissions et les tentatives de détournement orchestrées par la présidence. Face à la fronde, la présidence se voit contrainte de changer sa position. Elle ne peut légalement obliger les enseignants à participer à de telles commission. Elle se serait engagée alors à transmettre au rectorat les relevés de décision des différents conseils et le souhait d’obtenir une demande globale de « rang unique » pour les départements qui refusent de classer.

Une façon pour les enseignants de renvoyer à la présidence (qui soutient la réforme) et à l’Éducation nationale les conséquences de ces nouvelles procédures d’orientation.


Notes

[1] Les départements d’Anglais, LEA et Droit-langues avaient précédemment décidé de constituer ces commissions d’examen en se promettant de classer tout le monde 1er ex-æquo.


https://larotative.info/parcoursup-les- ... -2763.html
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Re: L'université en lutte

Messagede bipbip » 02 Mai 2018, 16:23

Dans les facultés, la mobilisation pourrait repartir cette semaine
Fin des vacances scolaires parisiennes, assemblée générale, 1er Mai… Après une période d’accalmie, le mouvement étudiant pourrait reprendre.
Lorsqu’on mène une guerre psychologique, rien de mieux que de prendre ses désirs pour des réalités ? Alors que les évacuations musclées de campus bloqués ont émaillé ces dix derniers jours, Emmanuel Macron croit savoir que la situation dans les universités va désormais « vers l’apaisement ». C’est en tout cas les mots que le chef de l’État a employés, vendredi dernier, lors du Conseil des ministres avec la volonté évidente de clôturer en douceur une séquence à hauts risques pour l’exécutif, alors que se profile l’organisation des partiels durant ce mois. Mais les intentions, fussent-elles celles du président jupitérien, ne font pas tout. Et la semaine qui vient, loin d’entériner la fin du mouvement, pourrait bien être une nouvelle étape de la fronde étudiante.
Profitant des vacances, mercredi dernier, le campus de la faculté de lettres et sciences humaines de Nancy et des bâtiments à Metz ont été évacués, quelques jours après les universités de Montpellier, Grenoble, Strasbourg et Paris-I. À l’heure actuelle, seulement une quinzaine d’établissements mènent encore des actions (blocage, AG, occupation de locaux…), dont l’université emblématique de Rennes-II. Mais voilà, les vacances scolaires des régions parisienne et montpelliéraine (zone C) ont pris fin hier soir, en attendant la zone B la semaine prochaine…
Ce lundi, deux rendez-vous clés se tiennent d’ailleurs pour les universités de Toulouse Jean-Jaurès et de Montpellier-III Paul-Valéry. Dans la première, occupée depuis le 6 mars, une assemblée générale doit se prononcer sur la poursuite du mouvement. Au même moment, le tribunal administratif de Toulouse rendra sa décision sur la demande de déblocage faite par l’Union nationale interuniversitaire (UNI). Jeudi dernier, lors d’une audience en référé, l’avocat de ce syndicat de droite a demandé au juge d’enjoindre l’administrateur provisoire de l’université « de faire usage de ses pouvoirs de police » afin que les locaux soient libérés « au besoin avec le concours de la force publique ». Mais peu de chance que cette demande aboutisse. La représentante de l’université, Aïcha Kaddouri, s’est dite elle-même hostile à ce déblocage manu militari, estimant que « les conditions du référé n’étaient pas recevables, en l’absence d’urgence et d’utilité ».
... https://www.humanite.fr/dans-les-facult ... ine-654581

Occupation de l’Université de Grenoble
#RÉUNIRLESCONDITIONSOBJECTIVES
Depuis plusieurs semaines, l’Université de Grenoble est bloquée et occupée. Les étudiants en lutte nous ont communiqué ces réflexions stratégiques quant à l’état du mouvement.
... https://lundi.am/Occupation-de-l-Universite-de-Grenoble

Blocages reconduits à Rennes II et au Mirail
L'Assemblée générale de Rennes 2 de 2000 étudiants a reconduit le blocage à la quasi unanimité jusqu'à l'AG du lundi 7 mai.
A Toulouse le Mirail, une AG de 800 étudiants a reconduit le blocage à une large majorité : 12 NPPV. 38 abstention. 282 contre. 465 pour.
... https://tendanceclaire.org/breve.php?id=28054

Communiqué des occupant.e.s de l’EHESS
Depuis ce matin (lundi 30 avril), le batiment de l’EHESS situé au 96 boulevard Raspail est occupé jusqu’à nouvel ordre en réponse aux expulsions des universités de Tolbiac et de Paris ainsi que celle de la ZAD.
... https://paris-luttes.info/communique-de ... de-l-10116
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Re: L'université en lutte

Messagede bipbip » 03 Mai 2018, 16:40

Grève des enseignants et boycott des partiels : la contestation de Parcoursup survit aux déblocages !
Avec le déblocage des universités de Strasbourg, Montpellier, Bordeaux et surtout du site, hautement symbolique de Tolbiac à Paris 1, le gouvernement pensait que la matraque et la flicaille suffiraient à faire s'essouffler la mobilisation contre Parcoursup, qu'il réduisait aux faits d'une poignée « d'agitateurs professionnels ». Pourtant, certains blocages ont repris, d'autres se maintiennent, les cortèges étudiants des manifestations se regonflent. Surtout, les fanfaronnades de Macron sur les « examens en chocolat » commencent à se frotter à la grève de certains enseignants-chercheurs échaudés par l'arsenal répressif qui encadre les universités, et au boycott pur et simple des partiels par certaines promotions d'étudiants.
... http://www.revolutionpermanente.fr/Grev ... rvit-aux-déblocages

Toulouse
Face aux menaces policières de déblocage
Comment défendre le Mirail ?

Alors que l'administrateur provisoire Laganier appelle la préfecture à débloquer le Mirail, comment défendre le Mirail dans le contexte actuel du mouvement étudiant ?
http://www.revolutionpermanente.fr/Comm ... -le-Mirail

Nanterre contre la sélection : 1 500 étudiants en assemblée générale et reconduction du blocage !
Alors que les vacances se terminent, la réouverture des facultés est marquée comme à Nanterre par la reprise de la mobilisation contre la loi ORE. Ce matin les étudiants de Nanterre mobilisés depuis plusieurs semaines contre la sélection avaient organisés une assemblée générale qui a réuni environ 1 500 personnes.
... http://www.revolutionpermanente.fr/Nant ... e-generale



Appel à la tenue d’une première Coordination nationale des universités (CNU) le samedi 5 mai 2018

Le samedi 5 mai 2018, 9h-13h, salle Ambroise Croizat, Bourse du travail, rue du Château d’eau, Paris.

À l’initiative des organisations et associations suivantes : CGT FERC-SUP, SNASUB-FSU, SNEP-FSU, SNESUP-FSU,SUD Éducation, ASES, ANCMSP, Collectif des Travailleur·e·s précaires de l’ESR, SLU.
Avec le soutien de : SUD Recherche EPST, SNTRS-CGT, UNEF

Après plusieurs semaines de mobilisation dans les universités qui ont conduit les étudiant·e·s et les personnels à s’organiser et à débattre lors d’assemblées générales, à rédiger motions et tribunes, à signer des pétitions, à bloquer plusieurs sites, à occuper des bâtiments et à manifester lors de multiples journées d’action nationale, les collègues sont désormais confrontés à l’injonction ministérielle de procéder au tri des dossiers, c’est-à-dire à la sélection des lycéen·ne·s candidat·e·s dans les formations de l’enseignement supérieur.

Nos organisations qui animent collectivement la résistance font le constat que la mobilisation s’amplifie et que les personnels des universités et les étudiant·e·s sont de plus en plus nombreux à rejeter la loi Vidal-ORE. Face à ces mobilisations, le gouvernement a fait le choix de minimiser les résistances et de réprimer violemment le mouvement de contestation. Durant ces congés de printemps, il commande aux forces de police d’évacuer les uns après les autres les sites occupés, espérant ainsi empêcher la contestation et mettre fin aux mobilisations dès la reprise des cours avec le prétexte de garantir la tenue des examens. Mais cette politique du passage en force renforce la détermination des étudiant·e·s et des personnels des universités qui sont toujours plus nombreux dans les assemblées générales.

Aussi, il nous apparaît opportun d’organiser une première Coordination nationale des universités (CNU) qui regrouperait les délégué·e·s de chacun des sites mobilisés afin d’organiser nationalement les universités résistantes et de construire ensemble le mouvement d’ampleur qui permettra de faire reculer le gouvernement afin que nos établissements d’enseignement supérieur et de recherche puissent offrir l’accueil et les conditions de la réussite à toutes les bachelières et tous les bacheliers qui le souhaitent.

Nos organisations appellent donc à la tenue d’une CNU le samedi 5 mai 2018 à la Bourse du travail de Paris de 9h à 13h (salle Ambroise Croizat, rue du Château d’eau, Paris 10ème). Elles proposent que chaque établissement mandate un maximum de quatre représentant·e·s (deux enseignant·e·s, chercheur·e·s ou enseignant·e·s-chercheur·e·s, et deux personnels administratifs, techniques ou des bibliothèques), titulaires et précaires. Les étudiants sont invités à participer sous statut d’observateur.

Pour un service public national d’enseignement supérieur, ouvert et démocratique, laïque et gratuit, émancipateur et formateur, rassemblons-nous, résistons ensemble et construisons une plateforme revendicative porteuse d’avenir et d’espoir pour la jeunesse.


http://www.sudeducation.org/Appel-a-la- ... miere.html
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Re: L'université en lutte

Messagede Pïérô » 04 Mai 2018, 12:24

Comment les facs occupées réinventent les cours

De Paris à Marseille en passant par Clermont-Ferrand, les étudiants mobilisés, loin d’être inactifs, organisent des cours, ateliers et débats, pour conserver à l’université sa vocation de diffusion des savoirs.

Assemblées générales, manifestations, organisation de la vie collective… à cet agenda chargé, les étudiants mobilisés des universités occupées ont décidé d’ajouter un volet supplémentaire. Des cours alternatifs, débats, conférences, tables rondes, et autres ateliers, sont organisés, même pendant les vacances scolaires. Ouverts à tous, ils permettent de conserver la vocation de diffusion des savoirs de l’université. Des professeurs y participent, ainsi que des étudiants, des associatifs, des syndicalistes. De quelques évènements par semaine à plusieurs par jour, les programmes de ces « universités autogérées » ont de nombreux points communs.

Au-delà des réflexions autour de la loi ORE « relative à l’orientation et la réussite des étudiants » et des problèmes propres au milieu universitaire, les objets de questionnement sont résolument tournés vers la société actuelle : les services publics, la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, les médias, la politique, l’univers carcéral, le racisme, le féminisme, les produits pharmaceutiques, l’environnement, les réfugiés… Des rencontres avec les travailleurs de secteurs en lutte, tels les cheminots, les postiers, les personnels hospitaliers ont lieu régulièrement. Les cours d’histoire ou de sociologie ont souvent trait à la révolution, Mai 68, la Commune de Paris… Des projections de films, suivies de débats, sont organisées. Ici, pas de blockbusters, mais des documentaires comme La Sociale, de Gilles Perret, sur l’histoire de la Sécurité sociale ; Vincennes l’université perdue, de Virgnie Linhart, sur « l’université révolutionnaire » de Vincennes, créée en 1968 et détruite en 1980 ; des films comme Pride, de Matthew Warchus, qui relate l’histoire d’un groupe d’activistes gay et lesbien ayant décidé de venir en aide aux familles de mineurs en grève sous le gouvernement Thatcher… De quoi alimenter la réflexion, en somme.

... https://www.politis.fr/articles/2018/05 ... urs-38761/
Image------------ Demain Le Grand Soir --------- --------- C’est dans la rue qu'çà s'passe --------
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Re: L'université en lutte

Messagede bipbip » 06 Mai 2018, 16:24

Charge de police au CLSH Nancy

Bonjour à tous,

Jusqu’à présent je ne m’étais ni engagée, ni positionnée mais le "spectacle" auquel j’ai assisté hier me force à constater que l’université de Lorraine ne représente plus mes valeurs humanistes. À quelques semaines de ma soutenance de thèse et après 8 années à étudier sur le campus lettres et sciences humaines je peux vous assurer que je ne reconnais plus l’endroit dans lequel je me sentais en sécurité et en liberté de penser sans que ma pensée soit sidérée. J’ai assisté à la parade des forces de l’ordre hier après-midi à mon grand désarroi et alors que je n’avais pas assisté à l’AG car je souhaite laisser la parole à nos étudiants je me suis vue contrainte et forcée d’aller tenter de les protéger lorsque la police a investi les lieux. Je me suis sentie obligée (car sinon j’aurais eu l’impression de perdre toute humanité en moi), avec un genou immobilisé et une canne, d’aller me placer entre les forces de l’ordre et mes étudiants et d’utiliser mon corps comme bouclier humain pour protéger nos jeunes. D’autres enseignants l’ont fait mais trop peu. Alors ma question est la suivante : où êtes-vous chers collègues de la fac de lettre et même des autres fac ? Qu’allez-vous faire dans ces moments d’autoritarisme accru de la part de notre présidence et de l’état ? Comment allez-vous réagir aux violences policières qui ont eu lieu hier ?

Durant l’évacuation par pertes et fracas, mais surtout par fracas des matraques sur les corps désormais endoloris de nos étudiants, j’ai entendu ces derniers hurler à l’injustice, à la violence gratuite et sidérante. Je les ai entendus hurler sous les coups des matraques et lorsque les policiers attrapaient nos étudiantes assises au sol par les cheveux pour les évacuer. Je n’ai pas entendu les souffles des étudiants les plus forts physiquement se couper lorsqu’ils étaient plaqués au sol agrémenté de clés de cou ou de bras, mais j’ai senti mon coeur se briser.

À la fin de l’évacuation j’ai hésité entre pleurer et rire en voyant des policiers CRS et BAC expulser des enseignants titulaires et des étudiants de licence et master que je vois/cotoie depuis des années et dont je connais les parcours universitaires, souvent brillants.

Je suis écoeurée de la politique mise en place, et alors que je pensais me destiner à une carrière d’EC, maintenant j’hésite car l’université ne me semble plus incarner les valeurs qui me tiennent tant à coeur et pour lesquelles je souhaitais l’épouser. Je ne me sens plus en sécurité dans ma fac.

À chacun de gérer avec sa conscience et à vous de regarder nos étudiants dans les yeux à la prochaine rentrée quand vous tenterez de leur enseigner Goffman, Bourdieu, Einstein, Sartre, Lacan et tous les autres !

Cordialement,
Une doctorante épuisée.

https://manif-est.info/Charge-de-police ... y-577.html


Nous n’accepterons pas de continuer à travailler dans ce climat de répression démesurée

Violente intervention policière sur le CLSH de Nancy : nous n’accepterons pas de continuer à travailler dans ce climat de répression démesurée.

Un tournant a eu lieu ce jeudi 3 mai sur le CLSH à Nancy : une charge soudaine et violente des forces de l’ordre sur une cinquantaine d’étudiants qui voulaient empêcher la tenue d’un examen à l’amphi K. Le président de l’université nous en a livré sa version. Nous regardons différemment les événements de ce jeudi en insistant sur le fait que la mobilisation étudiante contre la loi ORE qui organise la sélection en licence n’est pas un épiphénomène nancéien ou messin, mais qu’elle est largement en place dans les universités. Nulle part, les répressions des présidents n’arrêtent cette mobilisation. Nous avons récemment écrit que le président avait eu des réactions disproportionnées. Nous n’avons pas suffisamment insisté sur la fermeture du local libertaire du CLSH mercredi dernier, pourtant très significative et aberrante.

Ce local abrite trois associations depuis plusieurs années (Non Serviam, Genepi, et l’Associo). Contrairement à ce qu’écrit le président, qui semble bien mal connaître le CLSH, ces associations n’étaient pas parties prenantes dans la mobilisation contre la loi ORE. Pourtant, le local a été fermé à la hâte par quelques plaques après le « déblocage » du mercredi 25 avril. Pire, il a été vidé, ce qui a entraîné la perte de nombreuses archives et de nouveaux numéros prévus à la vente par l’association Genepi. Au moment d’expulser 19 jeunes mobilisés, jeudi dernier, tout a été bon pour vouloir effacer tout ce qui gêne au CLSH et reprendre autoritairement la main sur la vie du campus, y compris associative. Hier, des étudiants ont brisé les plaques pour réouvrir ce local, ainsi que la salle A028 qu’ils occupaient. Ils n’y sont pas allés de main morte, certes. Mais quel besoin le président avait-il de barricader ces locaux ? Nous l’avons déjà dit, par son attitude et son refus de considérer l’ensemble des parties impliquées dans le mouvement, le président participe pleinement de la tension actuelle.

A la suite de l’AG tenue sur le campus, les étudiants mobilisés ont lancé une action pour empêcher la tenue d’examens à l’amphi K. Cette modalité d’action n’est pas nécessairement la plus pertinente pour combattre la loi ORE, mais quiconque s’intéresse un peu à l’actualité dans les universités françaises en ce moment sait que la tension est vive sur de nombreux sites. Nancy n’est pas un cas isolé et il serait temps que le président en prenne la pleine mesure. En opposition à cette tentative d’empêchement des examens, les forces de l’ordre ont été appelées et ont mis en place un cordon isolant les étudiants mobilisés des étudiants allant passer leurs examens. Puis, sans semonce, ils ont chargé les étudiants mobilisés alors que ces derniers agissaient pacifiquement. Six étudiants ont été interpellés par la police dont cinq ont passé la nuit en garde à vue, d’autres ont été légèrement blessés, alors même qu’aucun d’entre eux n’avaient eu de comportement agressif envers le cordon policier.

Pouvons-nous accepter de tels agissements policiers dans une enceinte universitaire ? Pouvons-nous sérieusement penser que cette manière d’assurer la tenue des examens est légitime ? Pouvons-nous faire passer des examens à des étudiants tandis que d’autres se font charger dans le même temps et dans l’enceinte même de l’université ? Qui bloque l’université de Lorraine ?

Nous appelons de nouveau le président à renoncer à ces méthodes autoritaires en cessant de faire intervenir les forces de l’ordre au sein d’un site universitaire. Ainsi que nous l’avons dit lors de notre dernier communiqué, des préavis de grève sont déposés et nous appelons tous les collègues à arrêter leurs activités pédagogiques et administratives car il n’est pas tolérable de faire travailler des personnels et des étudiants dans un climat de répression totalement disproportionné.

CGT FERC SUP, SNTRS-CGT (section Lorraine), SNESUP-FSU, SNASUB-FSU, SNPREES-FO, SUD-ÉDUCATION LORRAINE

https://manif-est.info/Nous-n-acceptero ... n-578.html


Université libre du sapin : le département de sociologie annule les examens

En protestation contre les événements survenus ces derniers jours sur le campus CLSH, les enseignant·e·s du département de sociologie se sont déclaré·e·s en grève et ne feront pas soutenir les examens.

En réaction à l’intervention policière du 3/05, au mail du président de l’Université de Lorraine assumant la tenue des examens du campus CLSH en présence des forces de l’ordre, et à l’arrestation cet après-midi d’un membre de notre équipe enseignante engagé dans le mouvement contre la loi ORE, les enseignant·e·s du département de sociologie refusent d’assurer la surveillance des examens et exerceront leur droit de grève. Le département avait déjà annoncé en conseil d’UFR le 19/04 son refus de surveiller les examens en présence des forces de l’ordre. Nous estimons que la situation actuelle ne permet pas aux étudiant·e·s de composer dans des conditions acceptables, sécurisantes et sereines, et aux enseignant·e·s d’assurer leurs fonctions. Conformément au point 6 de la charte des examens du Collegium SHS, les examens ne pourront pas avoir lieu. Nous nous engageons à proposer des dispositifs d’évaluation alternatifs ne pénalisant ni les étudiant·e·s ni les personnel·le·s BIATSS.
Nous invitons les autres départements à faire de même.

Les enseignant·e·s du département de sociologie
Le 04/05/2018

https://manif-est.info/Universite-libre ... n-582.html
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Re: L'université en lutte

Messagede bipbip » 06 Mai 2018, 23:50

Refus des examens, fin de la présence policière et de la répression, abrogation ORE/Parcoursup : motion P1 du 3 mai

Motion de l’AG des personnels et étudiants de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, jeudi 3 mai 2018

Non les examens ne se tiennent pas normalement !

L’assemblée générale des personnels BIATSS et enseignant.e.s-chercheur.e.s, et des étudiant.e.s de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne réunie le 3 mai 2018 réaffirme son opposition à la réforme ORE et au dispositif Parcoursup.

L’AG soutient les étudiant.e.s, personnels et départements en lutte contre la marchandisation de l’université et la mise en concurrence des formations et des étudiant.e.s. Nous demandons l’abrogation de la loi ORE et du dispositif Parcoursup, qui constituent une remise en cause radicale de nos missions universitaires de transmission des savoirs et d’accueil de tous les titulaires du baccalauréat.

Nous rappelons que le gouvernement et la présidence de l’université sont les seuls responsables de la situation de blocage actuel. La présidence de Paris 1 n’a toujours pas pris en compte nos revendications et celles des étudiant.e.s.

Nous décidons en conséquence de ne pas tenir les examens et partiels.

Nous nous opposons fermement à la délocalisation des examens comme à leur tenue sous surveillance policière. Nous nous opposons également au report des examens du semestre 2. Pour cela, nous userons de tous les moyens à notre disposition : rétention des notes, notation politique, démission des charges administratives, boycott des commissions d’examen des vœux, désobéissance civile, grève, débrayage et recours juridiques.

Nous appelons les UFR à tenir des AG pour définir des modalités de validation favorables à l’ensemble des étudiants.

Nous réactivons ce jour une caisse de grève historique (CPE 2006, LRU 2009, ORE 2018) marquant la solidarité entre tous les personnels de l’université accessible ici : www.lepotcommun.fr/pot/uni3xgxo

Nous exigeons le rétablissement du libre accès à l’université, la réouverture de tous les sites de Paris 1 et le départ des forces de police.

Nous exigeons la libération des étudiant.e.s en GAV et l’abandon des poursuites à leur encontre. Nous exigeons l’abandon de toute représaille contre les étudiant.e.s mobilisé.e.s et la récupération de leurs effets personnels par les étudiants qui se trouvaient à Tolbiac lors de l’évacuation du 20 avril 2018. Nous exigeons que l’université soutienne les étudiant.e.s étranger.e.s dans le contexte actuel.

Nous exigeons le paiement des vacataires Biatss et Enseignants qui auraient été empêché.e.s de travailler à cause des fermetures administratives.

Nous exigeons que l’université neutralise les effets sélectifs de Parcoursup en alignant les données d’appel sur le nombre de candidat.e.s.

Nous appelons à une prochaine assemblée générale mercredi 9 mai au Panthéon à 10h.

La mobilisation sur l’avenir de l’université et les débats sur la loi ORE ne font que commencer. Une partie de plus en plus importante de l’ensemble de la communauté universitaire rejette la mise en œuvre de ParcourSup au niveau national comme à Paris 1. C’est bien l’avenir du service public d’enseignement et de recherche qui est en jeu.

Motion votée à l’unanimité des 104 présents ayant pu rentrer dans le centre Panthéon


Non les examens ne se tiennent pas normalement !

L’assemblée générale des personnels BIATSS et enseignant.e.s-chercheur.e.s, et des étudiant.e.s de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne réunie le 3 mai 2018 réaffirme son opposition à la réforme ORE et au dispositif Parcoursup.

Nous rappelons que le gouvernement et la présidence de l’université sont les seuls responsables de la situation de blocage actuel.

Nous décidons en conséquence de ne pas tenir les examens et partiels.

Nous nous opposons fermement à la délocalisation des examens comme à leur tenue sous surveillance policière. Nous nous opposons également au report des examens du second semestre. Pour cela, nous userons de tous les moyens à notre disposition : rétention des notes, notation politique, démission des charges administratives, boycott des commissions d’examen des vœux, désobéissance civile, grève, débrayage et recours juridiques.

https://paris-luttes.info/refus-des-exa ... e-la-10147


Coordination nationale des universités: appel a la grève illimitée …

La Coordination nationale des universités, réunie à Paris le samedi 5 mai 2018, a rassemblé des représentant.e.s de 38 établissements de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

La CNU appelle à la grève illimitée jusqu’au retrait de la loi ORE, à l’arrêt de la répression policière dans les universités et à la mise en œuvre d’un plan d’urgence pour la rentrée 2018.

La CNU s’élève solennellement contre l’attitude du gouvernement et de trop nombreux.ses président.e.s d’université qui, au bout de plus de trois mois de conflit ouvert, ignorent la résistance légitime et n’ont d’autre réponse que la répression : au moins une trentaine d’interventions de la police, souvent violentes et disproportionnées, sur les campus en quelques semaines et dans toute la France, ce qui ne s’était jamais vu ! On a là le signe à la fois de la surdité, de la précipitation et d’un mépris à l’égard de la jeunesse et de la communauté universitaire.

Cette généralisation des interventions policières sur les campus constitue une grave remise en cause des franchises universitaires qui manifeste la volonté de l’État d’imposer par la force sa politique d’exclusion et de ségrégation sociale à la jeunesse.

Outre l’impossibilité technique et humaine de l’appliquer, la loi « Orientation et Réussite des Étudiants » (loi dite ORE), imposée autoritairement à la communauté universitaire, est la seule réponse du gouvernement face à un déficit structurel d’investissement. En effet, le nombre de postes de titulaires est en baisse, tandis que celui de contractuel.le.s a tripléces dix dernières années. Sur la même période, la dépense moyenne par étudiant.e à l’Université n’a cessé de diminuer et si l’on ne change rien, elle ne cessera de diminuer compte tenu de l’augmentation démographique (100 000 étudiants en plus d’ici 2020).

La loi ORE constitue une nouvelle attaque contre le service public de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (ESR). Elle a légitimement suscité chez les lycéen.ne.s, les étudiant.e.s et les personnels, un rejet des principes sélectifs qui la guident, des inégalités accrues entre les établissements et les territoires auxquelles elle conduira et des modalités de sa mise en œuvre.

Nous ne protestons pas simplement contre un dispositif de candidatures à l’inscription à l’Université, mais contre une série de réformes qui font système et vont transformer profondément l’Université comme service public et bien commun : réformes du lycée, du baccalauréat et de la licence, remise en cause des statuts des personnels, privatisation de la formation professionnelle et de l’orientation, menaces sur le cadrage national des diplômes et sur le montant des frais d’inscription à l’Université.

La CNU demande :
◾l’arrêt immédiat des interventions des forces de police sur les campus ; le respect par les présidents d’université des franchises universitaires et la fin du recours à des sociétés privées de sécurité ; la démission des président.e.s d’université qui ont participé à la répression policière du mouvement ;
◾le retrait de la loi ORE, l’abandon des dispositifs du type “Parcoursup” et l’abandon du projet de refonte de l’arrêté licence ;
◾après le retrait de la loi, l’ouverture de négociations ainsi que la prise en compte des revendications des personnels et étudiant·e·s pour que le service public d’ESR réponde aux besoins de la jeunesse ;
◾le maintien du baccalauréat comme diplôme national et premier grade universitaire garantissant à tout.e bachelier.e le droit de s’inscrire dans la formation et l’établissement de son choix ;
◾l’élaboration d’un plan d’urgence pour l’Université avec une augmentation des dotations budgétaires et du nombre de postes de titulaires d’enseignant.e.s-chercheur.e.s et de Biatss, condition nécessaire pour l’ouverture de places supplémentaires en 1er cycle ; ce plan d’urgence sera financé par la réaffectation aux universités des sommes dédiées au CIR et des crédits annoncés pour le service national universel ; il permettra, en outre, l’alignement des dépenses par étudiant.e sur celles dont bénéficient les élèves en classe préparatoire aux grandes écoles;
◾la titularisation de tous les contractuel.le.s et vacataires sur mission permanente;
◾la défense et l’amélioration du statut des personnels de la fonction publique d’Etat.

Considérant que le rôle de l’Université est aujourd’hui gravement atteint par sa paupérisation croissante, par la remise en cause du libre accès à l’enseignement supérieur, par le tri social et les inégalités territoriales ainsi que par l’attaque systématique contre la Fonction publique et ses missions, la CNU appelle à :
◾la grève illimitée et reconductible, avec cessation réelle d’activité;
◾la non tenue des examens et la rétention des notes;
◾accroître les mobilisations contre les réformes en cours en participant massivement aux AG, aux manifestations et autres initiatives locales ou nationales;
◾soutenir les personnels qui refusent de mettre en oeuvre Parcoursup sous toutes ses formes (commissions, classement, algorithme…) ;
◾débattre collectivement et prendre toute mesure utile pour que la question des examens ne soit pas instrumentalisée et ne pénalise aucune étudiant.e : report, rétention des notes, validation universelle, opposition à toute forme de délocalisation des examens ; la CNU rappelle que les jurys d’examen sont souverains ;
◾déposer des recours juridiques contre l’ensemble des irrégularités commises au sein des universités ;
◾organiser dans chaque université une cérémonie de création d’une nouvelle université (pose de la première pierre) qui aura pour vocation d’accueillir les 100 000 bachelier.e.s qui seront refusé.e.s dans le supérieur à la prochaine rentrée ;
◾construire la convergence des luttes en prenant contact avec les autres secteurs professionnels mobilisés, en participant aux mouvements des 14 et 15 mai notamment.

La CNU soutient :

– la journée nationale de mobilisations dans l’éducation et l’enseignement supérieur le 16 mai;

– la journée nationale de mobilisations et de grève dans la Fonction publique le 22 mai.

La CNU se réunira à nouveau le 19 mai à Pari

La CNU est organisée à l’initiative des syndicats et associations suivantes :

CGT FERC-SUP, SNASUB-FSU, SNEP-FSU, SNESUP-FSU, SUD Éducation, SNPREES-FO, ASES, ANCMSP, Collectif des Travailleur·e·s précaires de l’ESR, SLU.

Elle est soutenue par : SUD Recherche EPST, SNTRS-CGT, UNEF, FNEC FP-FO, FERC-CGT

Contact : organisation-cnu-2018@snesup.fr

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Re: L'université en lutte

Messagede bipbip » 07 Mai 2018, 00:45

Parcoursup : le gouvernement n’en a pas fini avec la contestation

Le gouvernement mise sur la tenue des partiels pour vider les campus et éteindre la mobilisation étudiante entamée au mois de février. De retour des vacances de Pâques les assemblées générales étudiantes réfléchissent à la façon de poursuivre la mobilisation. Les ratés attendus de Parcoursup pourraient faire rebondir le mouvement à partir du 22 mai ou à la rentrée de septembre.

Dès le jour de la rentrée des vacances de Pâques à Paris, plus de 1800 étudiants se réunissent à Nanterre en assemblée générale. À une très large majorité, ils votent le blocage de leur université jusqu’au lundi suivant. Des partiels prévus cette semaine sont reportés. À Rennes, près de 2000 étudiants reconduisent le blocage jusqu’au 7 mai, rendant la tenue des examens, prévus dans la deuxième quinzaine de mai, incertaine. Toulouse Le Mirail est occupé depuis le 6 mars malgré une menace d’expulsion rendue possible par une décision du tribunal administratif du 2 mai.

Par contre, à Bordeaux, la fin de l’occupation a été votée. À Nancy, c’est la police qui évacue des étudiants tentant d’empêcher l’accès aux partiels le 3 mai. Le même jour, les forces de l’ordre délogent une tentative d’occupation à Strasbourg et interviennent sur le campus de la faculté de Grenoble. Certaines académies sont encore en vacances, mais les assemblées générales étudiantes réfléchissent à la meilleure façon de poursuivre la contestation. Le 3 mai, journée de mobilisation cheminote, le mouvement contre la loi orientation et réussite des étudiants (ORE) cherche à s’étendre aux lycées. Sans grande réussite, malgré quelques établissements bloqués comme à Tours où une manifestation réunit environ 2000 jeunes.

... https://rapportsdeforce.fr/societe/parc ... n-05051846
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Re: L'université en lutte

Messagede bipbip » 08 Mai 2018, 15:44

Se coordonner, oui mais comment ?

Jeunesse : Se coordonner, oui mais comment ?

Face à la sélection et les autres mesures élitistes fermant encore plus les études supérieures aux classes populaires, la fin de l’année universitaire est marquée par une accélération de la mobilisation dans plusieurs facs.

Malgré la période d’examens, les lycéennes et lycéens continuent de se coordonner entre établissements comme à Paris ou à Rennes, en distribuant des tracts, en organisant des AG lycéennes, des barrages filtrants, des blocages. L’aide de la part des étudiantes et étudiants est toujours utile face aux difficultés rencontrées pour s’organiser, tant qu’elle ne s’y substitue pas. Beaucoup de lycéen.nes n’auront aucune affectation quand Parcoursup commencera à donner les résultats, le 22 mai, date de mobilisation de la fonction publique.

Une mobilisation étudiante qui s’amplifie !

Presque toutes les universités à Paris sont maintenant mobilisées et se coordonnent entre elles. En réaction, des facs ont été fermées administrativement, et la police a expulsé, blessé et arrêté des étudiant.es, comme à Nanterre et Tolbiac, le directeur l’ayant laissée rentrer. La «  commune libre de Tolbiac  » (Paris-I) qui avait voté l’occupation jusqu’au retrait de la loi ORE a permis de réunir en AG près de 800 étudiant.es, organisant des ateliers pour faire vivre cette fac ouverte. A Saint-Denis (Paris-VIII), en plus de l’occupation d’un amphi permettant de loger des exilé.es depuis trois mois, 1 000 personnes ont voté le blocage de la fac jusqu’au 20 avril. Et la Sorbonne a été occupée par 400 personnes suite à l’AG interfac, pour la première fois depuis 2006 !

C’est à Toulouse que le mouvement s’est massifié le plus tôt, car il est dans la continuité d’une lutte contre la fusion de l’Université Jean-Jaurès (Mirail) avec d’autres facs toulousaines. Ce projet allait se traduire par des conditions de travail dégradées, des suppressions de postes pour les personnels, une hausse des frais d’inscription pour les étudiantes et étudiants, des conseils d’administration toujours plus opaques, une puissance accrue des intérêts privés et une valorisation des filières et laboratoires «  d’excellence  » au détriment de ce qui ne répondrait pas aux besoins de l’économie de marché. La grève a été initiée à partir de décembre par les personnels, soutenue par les syndicats comme la CGT Ferc-Sup, Sud Educ et FSU, et a été rejointe par les étudiant.es. Plusieurs conseils d’administration ont été envahis et le mouvement a commencé à affirmer son opposition à la fois à la fusion et à la sélection. Les AG ont alors commencé à grossir et la mobilisation s’est durcie début 2018. Début mars, l’AG étudiant.es-personnels a voté le blocage du campus du Mirail, et les AG suivantes ont été massives, culminant parfois à 2 000 personnes, et reconduisant le blocage à chaque AG. La poursuite ou non du blocage doit être votée à la prochaine AG, au retour des vacances. La menace d’une intervention policière est dans toutes les têtes. Les médias bourgeois locaux ont tout fait pour décrédibiliser le blocage et l’occupation du Mirail. C’est pourquoi les mobilisé.es ont mené une action coup de poing en envahissant les locaux de La Dépêche du Midi pour imposer la publication d’un communiqué non modifiable.

Pour une coordination étudiante démocratique

A Lyon comme à Grenoble, alors que les étudiant.es contre la sélection et les syndicats étudiants de lutte avaient du mal à faire partir la mobilisation, le travail de terrain a commencé à porter ses fruits, avec 1 400 étudiant.es à Grenoble votant le blocage de bâtiments. Ce sursaut plus tardif provient également de l’envie de lutter face à la répression et du dégoût suite à la médiatisation de l’attaque fasciste à la fac de Montpellier. L’extrême-droite dévoile son véritable rôle en s’attaquant au mouvement social, comme à Strasbourg, à Paris ou à Lille. La meilleure réponse aux fafs, au-delà de l’autodéfense de nos mobilisations, c’est de continuer d’élargir notre mouvement, pour être toujours plus nombreux et déterminés.

Face à la répression, d’autres secteurs en lutte nous soutiennent, comme à Marseille, où le syndicat CGT portuaire affirme qu’il répondra par une grève à toute agression policière ou fasciste contre l’occupation de l’université Saint Charles !

La mobilisation a du mal à se coordonner nationalement. Bien que la Coordination nationale de lutte (CNL ) ou la Coordination nationale étudiante (CNE) aient posé des dates de mobilisation nationale, elles ne sont pas exemptes de reproches. La CNL fonctionne sans mandats, donc sans contrôle démocratique sur les décisions qui s’y élaborent. La CNE, elle, a été au début contrôlée par les militantes et militants de l’Unef qui, au lieu de respecter les mandats de leurs AG, ont agi suivant les consignes de leur syndicat, notamment en se faisant mandater par des AG fantômes, ne réunissant qu’une poignée d’étudiant.es dont le but est de donner davantage de voix à l’Unef lors de la coordination. En augmentant la différence de voix entre les petites et les grosses AG, ces manœuvres ont moins de poids. Pour nous, communistes libertaires, l’autogestion de la lutte passe par des étudiantes et étudiants mandatés par leurs AG pour que la coordination soit véritablement auto-organisée par les étudiant.es, et non pas contrôlées par des groupes politiques ou des organisations syndicales.

Alors que les partiels et les vacances approchaient, à la mi-avril, près de la moitié des facs étaient bloquées, avec des AG massives comme à Rennes-II le 16 avril avec 4 000 étudiantes et étudiants dont plus de 3 000 ont voté la reconduction du blocage jusqu’au 30 avril. Dans les facs où se tiennent des AG très fournies, empêcher la tenue des examens est envisageable. La convergence avec le personnel et les enseignant.es est alors importante pour que les étudiant.es obtiennent leur année. L’enjeu est aussi d’inclure les étudiant.es venant d’entrer dans la mobilisation pour que les occupations soient vivantes, et que les actions à l’extérieur des facs soient largement suivies, dans le but de soutenir les cheminot.es, les enseignant.es, les personnels hospitaliers, les salarié.es en grève à Carrefour, dans le secteur aérien, ou encore à la Poste. La seule façon de gagner, c’est de faire converger les mobilisations. C’est un mouvement d’ampleur qu’il nous faut, une grève générale et reconductible qu’il s’agit non d’invoquer mais bien de construire méthodiquement. La jeunesse doit être au rendez-vous, continuons de nous organiser de façon autogestionnaire, de convaincre toujours plus de monde de se mobiliser et allons à la rencontre des travailleurs et travailleuses en lutte  !

Commission jeunesse


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