Contre le fichage, Base élèves ...

Re: Contre le fichage, Base élèves ...

Messagede bipbip » 05 Mai 2016, 14:35

Appel du CNRBE contre la loi « travail »

Non au retour du livret ouvrier, non au fichage des compétences dès l’enfance et tout au long de la vie, non au projet de loi El Khomri !

Sous l’impulsion de l’ERT (table ronde européenne des industriels), la Commission Européenne et l’OCDE ont établi 8 compétences clés, censées assurer la capacité d’adaptation, la flexibilité et la mobilité des futurs travailleurs. La France en a déduit le « Socle commun de connaissances et de compétences » instauré depuis 2005 à l’école et au collège, rebaptisé « Socle commun de connaissances, de compétences et de culture » en 2013 (entrera en vigueur en 2016).

Reconnues liberticides et retirées du fichier Base élèves en 2008, les compétences des enfants (connaissances, aptitudes, savoir-faire, attitudes…) sont fichées aujourd’hui en toute discrétion tout au long de la scolarité obligatoire, de 6 à 16 ans, a minima en fin de 3ème, dans le « Livret personnel de compétences » (LPC) créé en 2010. En 2014, le « Compte personnel de formation » (CPF) a étendu ce fichage tout au long de la vie professionnelle. Créé au titre III du projet de loi El Khomri, le « Compte personnel d’activité » (CPA) complètera bientôt ce fichage en l’étendant à tous les compartiments de la vie : engagements associatifs, citoyens, bénévolat, périodes d’activité et d’inactivités avec les motifs, handicaps, données de santé, emplois successifs, formations, bilans de compétences, bulletins de salaire, validation des acquis de l’expérience, situation administrative…

Le Collectif National de Résistance à Base élèves (CNRBE) dévoile dans le document ci-dessous (téléchargeable en pdf en cliquant sur l’image ci-contre) ce que cache le CPA, véritable renaissance sous format informatique du « livret ouvrier » utilisé conjointement par la police, les maires et les patrons de 1803 à 1890. La similitude entre ces deux dispositifs est frappante. Comme le CPA, ce livret était présenté aux ouvriers comme un document administratif facilitant l’embauche. Il permettait d’identifier chaque ouvrier, de connaître sa situation et de retracer son parcours, embauche après embauche. Obligatoire, visé par les mairies et pouvant être contrôlé par la police, il était conservé et renseigné par les patrons successifs des ouvriers à chaque nouvelle embauche. Le livret ouvrier rappelait également l’interdiction des coalitions d’ouvriers. Puissant instrument de contrôle social tout au long du 19ème siècle, les ouvriers mirent près de 100 ans à s’en libérer.

Aujourd’hui ce livret renaît, exhumé des poubelles de l’histoire en toute discrétion, mais en pire : le compte personnel d’activité concerne tout le monde, il est dématérialisé et appartient à l’Etat.

https://retraitbaseeleves.wordpress.com ... more-12060


Dossier d’information

Que cache le « Compte personnel d’activité » (CPA) ?

Le Titre III du projet de loi n°3600 « visant à instituer de nouvelles libertés et de nouvelles protections pour les entreprises et les actifs », présenté au nom de M. Manuel VALLS, Premier ministre, par Myriam EL KHOMRI, ministre du Travail, de l’emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social, crée un « Compte personnel d’activité » (CPA), présenté comme un dispositif donnant de nouveaux droits aux travailleurs.

... https://retraitbaseeleves.wordpress.com ... more-12060
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Re: Contre le fichage, Base élèves ...

Messagede bipbip » 03 Nov 2016, 15:17

Contre le livret scolaire numérique

Un casier scolaire patronal, une standardisation des pratiques, une surcharge de travail

À la suite des changements de programmes pour l’école primaire et le collège et dans le cadre d’une pseudo réforme de « l’évaluation » pour les élèves, le ministère a décidé d’imposer, en remplacement du Livret Personnel de Compétences, un Livret Scolaire Universel Numérique (LSUN) pour les cycles 2, 3 et 4. Sa mise en œuvre doit se faire dès l’année scolaire 2016/2017.

Simplification des outils d’évaluation ?

Ce LSUN est censé répondre, d’après le ministère, à la nécessité de simplifier les outils de suivi des élèves en les uniformisant sur l’ensemble du territoire pour les rendre plus lisibles et accessibles aux familles, qui pourraient ainsi enfin comprendre ce que font leurs enfants à l’école et ce sur quoi ils sont évalués.

Il regroupe deux éléments distincts qui sont néanmoins indissociables : le Livret Personnel de Compétences (les bulletins de fin de cycle) et les bulletins scolaires périodiques (trimestriels ou bi trimestriels). Le LPC regroupe un peu plus d’une quarantaine d’items regroupés en 7 ou 8 domaines. Les bulletins scolaires périodiques regroupent les différentes compétences et « sous-compétences » travaillées correspondant aux différents domaines répertoriés dans les programmes officiels. Compte tenu de la complexité du LSUN et du nombre d’items à évaluer qu’il contient, pour la lisibilité et la simplification pour les familles, on repassera.

Uniformisation et formatage des pratiques

Ce nombre très important d’items renvoie à une vision morcelée des apprentissages qui ne permet pas d’aider les élèves à progresser et n’aide pas à donner du sens aux apprentissages. Ce LSUN n’est pas un outil de bilan qui ferait état des progrès et évolutions des élèves mais une « attestation » de mise en conformité des enseignant-e-s avec les programmes et injonctions institutionnelles. Des artifices pour faire accroire en cochant des cases que l’école remplit bien sa mission.

Inégalités d’accès

Son accessibilité via une application numérique n’est pas garante d’égalité entre les familles quant à son usage. En effet, si les outils numériques sont largement répandus, leurs usages restent très inégalitaires. Ce sont les familles les plus socialement fragiles et éloignées de l’école qui les maîtrisent le moins bien. Le LSUN, comme c’est déjà le cas pour l’accès aux ENT (environnements numériques de travail) dans le secondaire, va accentuer les inégalités et creuser encore un peu plus les écarts entre les familles qui ont une haute maîtrise des outils numériques et celles qui ne l’ont pas.

Constitution d’un casier scolaire

Le LSUN s’inscrit dans la même logique que le LPC (Livret Personnel de Compétences). Mais en bien pire, puisqu’il intègre dans une même application le livret de compétences du socle commun, les bulletins périodiques des élèves, les différents parcours et attestations, mais aussi des éléments de suivi des élèves en difficulté
(Plan d’Accompagnement Personnalisé, Programme Personnalisé de Réussite Educative, suivi RASED) ou à besoins particuliers (ULIS, UPE2A, …). Il participe de la constitution d’un véritable casier scolaire, au service de la normalisation et du profilage des élèves, chère à cette société néolibérale, pour qui seul ce qui est quantifiable et mesurable compte, afin de trier les élèves en leur attribuant une place dans la hiérarchie sociale, justifiant ainsi les inégalités.

C’est pour nous totalement inacceptable et parfaitement révélateur d’une volonté d’instrumentaliser l’école pour formater les élèves selon des critères d’employabilité et de traçabilité définis par le patronat. C’est d’ailleurs pour ces raisons que le MEDEF s’est réjoui de la mise en œuvre du LSUN.

Exploitations dangereuses des données

Le ministère affirme que les données regroupées dans cette application numérique ne pourront être accessibles qu’aux familles. Cela est faux car celle-ci sera regroupée avec l’ensemble des applications qu’utilise déjà l’éducation nationale au sein de la base élèves dans le 1er degré et via SCONET dans le 2nd degré. Ces données pourront donc être diffusées, partagées et utilisées car elles pourront être extraites, croisées, alimentées, lues et exploitées par différent-e-s utilisateurs/trices, en premier lieu grâce au RNIE (Répertoire national des identifiants élèves), dans lequel figurent des données personnelles sur l’enfant et sa famille.

C’est ce que prévoit par exemple l’article 48 de la loi sur les « Droits des étrangers en France » adoptée en mars 2016 qui instaure un dispositif de contrôle permettant aux préfectures, dans le cadre de l’examen des demandes de titre de séjour, d’accéder aux informations détenues par les établissements scolaires.

Fichage et traçabilité

De plus le stockage des données est centralisé et leur transit est insuffisamment sécurisé. Ce qui permet un détournement frauduleux de toutes les données qui transiteront via le LSUN.

Par ailleurs, si le ministère met en avant « un droit à l’oubli » avec l’effacement des données un an après la fin de la Troisième, aucun dispositif concret, aucun moyen n’ont été prévus pour le rendre effectif. L’absence de pérennisation des données au-delà de la Troisième n’est donc absolument pas garantie.

C’est pourquoi SUD éducation considère que ce livret scolaire n’est ni plus ni moins qu’un nouvel instrument de fichage et de flicage des élèves et que les mesures mises en œuvre pour sécuriser l’application par le ministère ne sont garantes de rien du tout.

Une surcharge de travail pour les enseignant-e-s

Dans le cadre des réorganisations permanentes auxquelles les personnels sont contraints dans l’exercice de leurs missions, ce LSUN va dégrader les conditions de travail des personnels. Sa mise en œuvre constitue une surcharge de travail car il impose entre autre aux personnels des opérations de saisie fastidieuses. Il restreint leur liberté pédagogique et oblige les enseignant-e-s à utiliser un outil sans pouvoir en questionner le sens et l’usage dans leurs pratiques professionnelles. Sous couvert de simplification des tâches, il s’agit d’uniformiser les pratiques pour mieux les contrôler, comme c’est déjà le cas avec l’utilisation des Espaces Numériques de Travail.

Les CHSCT sont compétents pour prononcer un avis négatif sur ce projet, comme ce fût le cas concernant M@gistère après quoi le ministère était revenu sur son caractère obligatoire. Il faut qu’ils s’en saisissent dés maintenant. SUD éducation a contacté les autres organisations syndicales dans cette optique. Utilisons tous les moyens pour refuser cette nouvelle dégradation de nos conditions de travail !

Pédagogie ou injonctions institutionnelles normatives ?

Nous considérons que l’évaluation des élèves ne peut pas relever d’injonctions institutionnelles normatives. Les évaluations et leurs rendus doivent être des outils construits par les enseignant-e-s dans le cadre de leurs pratiques pédagogiques pour faire progresser les élèves à leurs rythmes en s’appuyant sur les acquis et les recherches des pédagogies alternatives et coopératives.

Contre le formatage pédagogique et pour des alternatives aux évaluations normatives imposées par l’institution SUD éducation revendique :
. une évaluation formative plutôt que sommative
. une évaluation dans un cadre pédagogique ne donnant pas lieu à un quelconque fichage de l’élève
. la réduction du temps d’enseignement pour permettre une réflexion collective sur l’évaluation
Contre le fichage des élèves et la constitution d’un casier scolaire,
Contre la soumission des pratiques pédagogiques à un formatage institutionnel,
Contre une nouvelle augmentation de la charge de travail des enseignant-e-s,

La fédération SUD éducation revendique l’abrogation du Livret Scolaire Universel Numérique.

http://www.sudeducation.org/Contre-le-l ... laire.html
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Re: Contre le fichage, Base élèves ...

Messagede bipbip » 03 Déc 2016, 12:44

La CNT-FTE au sujet du livret scolaire unique numérique

Livret scolaire unique numérique (LSUN) : le casier scolaire

Avec la mise en place du livret numérique scolaire unique du CP à la 3è, nous assistons à l’accélération du fichage généralisé. Big Brother va très bientôt watching you !

Il s’agit pour les enseignants de renseigner sur internet les compétences acquises par les élèves. Ces compétences seront accompagnées de toutes les attestations possibles, remarques des profs, éléments relatifs à la vie scolaire (absences, retards, comportement, attitudes) et des dossiers éventuels sur les difficultés scolaires ou de santé.

Un vrai régal pour les patrons et le ministère de l’intérieur. En effet, toutes les institutions, notamment policières, auront accès aux données recensées, conformément aux diverses lois votées ces dernières années : loi du 5 mars 2007 sur la « prévention de la délinquance » et le « secret professionnel partagé », loi du 7 mars 2016 sur le « droit de communication » réservé aux préfets.

D’un livret personnel papier propriété des enfants et des parents des élèves, l’État s’arroge le droit d’un livret informatique qu’il serait seul en mesure de valider, supprimer, amender.

En plein état d’urgence indéfiniment renouvelé, encore sous le coup de la répression judiciaire et des violences policières anti-syndicales, dans les ZAD, contre les migrant.e.s, les élèves sans-papiers ou les quartiers populaires, ce fichage est intolérable.

La CNT exige le retrait de ce livret numérique, encourage les enseignants à ne pas le renseigner et à s’organiser collectivement pour obtenir son abolition.


http://www.cnt-f.org/fte/2016/12/03/liv ... -scolaire/
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Re: Contre le fichage, Base élèves ...

Messagede Pïérô » 22 Déc 2016, 22:26

LSUN : un casier scolaire pour tous les écoliers et collégiens

Les Amis d’Orwell ont reçu vendredi 2 décembre trois invités pour débattre d’un nouveau fichier des élèves appelé "livret scolaire unique numérique", le LSUN.

A la rentrée 2016, le ministère de l’Éducation nationale (MEN) fait passer en force un nouveau fichier des élèves appelé "livret scolaire unique numérique", le LSUN. Ce n’est pas une "application comme" le dit le MEN, mais un mégafichier scolaire – un de plus – qui concerne cette fois plus de 10 millions d’élèves, de la classe de CP à la fin du collège en 3e. Vous souvenez-vous de Base élèves (BE), le premier fichier qui enferme les enfants au berceau, dès leur entrée en maternelle ? Cette base de données réservée à l’école (1er degré), expérimenté en 2005 et généralisé en 2008, a fait l’objet d’une longue lutte des enseignants et parents d’élèves. Eh bien la plupart des données litigieuses de BE avaient été retirées du fichier au dernier moment, en 2008, et comme par enchantement, voilà qu’elles refont surface dans ce LSUN. Ça commence à grogner dans les écoles, notamment parce que les hiérarques du ministère cherchent à tout prix à faire passer ce fichier en douce, sans informer les parents d’élèves de leurs droits et du contenu de ce nouveau fichier. C’est pourtant une infraction pénale de remplir un fichier sans en informer les intéressés ou, pour le coup, leurs responsables légaux. Avec trois invités : Fatima, parent d’élèves dans la 18e ; Flo, parent d’élèves et institutrice dans le 10e (syndiquée SUD Éducation et membre du CNRBE, le collectif de résistance à Base élèves), et Alain, instit à Montreuil et syndiqué CNT Éducation.

Ecouter l’émission : http://amaanda.free.fr/2016Orwell/Orwell031216.mp3
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Re: Contre le fichage, Base élèves ...

Messagede bipbip » 12 Fév 2017, 18:07

Livret Scolaire Unique Numérique : exigeons son retrait !

Livret scolaire unique numérique (LSUN)

Le casier scolaire


Avec la mise en place du livret numérique scolaire unique du CP à la 3è, nous assistons à l’accélération du fichage généralisé. Big Brother va très bientôt watching you !

Il s’agit pour les enseignants de renseigner sur internet les compétences acquises par les élèves. Ces compétences seront accompagnées de toutes les attestations possibles, remarques des profs, éléments relatifs à la vie scolaire (absences, retards, comportement, attitudes) et des dossiers éventuels sur les difficultés scolaires ou de santé.

Un vrai régal pour les patrons et le ministère de l’intérieur. En effet, toutes les institutions, notamment policières, auront accès aux données recensées, conformément aux diverses lois votées ces dernières années : loi du 5 mars 2007 sur la « prévention de la délinquance » et le « secret professionnel partagé », loi du 7 mars 2016 sur le « droit de communication » réservé aux préfets.

D’un livret personnel papier propriété des enfants et des parents des élèves, l’État s’arroge le droit d’un livret informatique qu’il serait seul en mesure de valider, supprimer, amender.

En plein état d’urgence indéfiniment renouvelé, encore sous le coup de la répression judiciaire et des violences policières anti-syndicales, dans les ZAD, contre les migrant.e.s, les élèves sans-papiers ou les quartiers populaires, ce fichage est intolérable.

La CNT exige le retrait de ce livret numérique, encourage les enseignants à ne pas le renseigner et à s’organiser collectivement pour obtenir son abolition.


http://www.cnt-f.org/fte/2017/02/11/pen ... -continue/
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Re: Contre le fichage, Base élèves ...

Messagede bipbip » 10 Mai 2017, 02:17

Paris jeudi 11 mai 2017

Meeting contre le « Livret scolaire unique numérique (LSUN) »

Sous couvert d'améliorer les outils de suivi des élèves des cycles 2 à 4 en les simplifiant et en les uniformisant, le ministère impose, dès cette année, la mise en place d'un Livret Scolaire Unique Numérique (LSUN) qui doit à la fois tenir lieu de Livret Personnel de Compétences et de bulletins scolaires (bi)trimestriels. Le LSUN constituera surtout un nouvel instrument de flicage des élèves et une restriction notable de la liberté pédagogique de leurs professeur‑e‑s. C'est pourquoi la fédération SUD éducation mène campage, appelle tous-tes les collègues à se mobiliser contre le LSUN et à informer les familles de ses dangers.

Meeting contre le LSUN jeudi 11 mai, 18h, Bourse du Travail de Paris
3 rue du château d’eau Paris 10e

à l’appel de l’AFJK, de la CNT, de l’Icem, du lycée expériemental de Saint-nazaire, du lycée autogéré de Paris (LAP), de l’UNESCO et de SUD éducation

Image

https://paris-luttes.info/meeting-contr ... di-11-8107
http://www.sudeducation.org/Campagne-co ... -LSUN.html
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Re: Contre le fichage, Base élèves ...

Messagede bipbip » 30 Mai 2017, 12:03

Paris mardi 30 mai 2017

Contre le fichage des élèves et pour une autre école

Projection « L'Arbre et le requin blanc »


un film de Rafaele Layani

Les évaluations et le fichage des élèves, le contrôle des personnels et la mise en concurrence des établissements sont au cœur des dernières réformes de l'Education Nationale.

Les 30 et 31 mai à Paris, le Collectif-Anti-hiérarchie (CAH), la CGT Educ'Action, la CNT FTE et Sud Education proposent deux journées de formations autogérées à la Bourse du Travail de Paris pour revenir sur les enjeux de ces réformes et organiser les résistances collectives et individuelles que nous pourrions y opposer.

Dans ce cadre, mardi 30 mai, nous organisons la projection de "L'arbre et le requin blanc". Ce sera pour nous l'occasion d'imaginer une école débarrassée des évaluations, et du fichage, de questionner nos pratiques et d'interroger les finalités de l'école au regard du projet éducatif mis en œuvre par La Freie Schule -L'école Libre- de Berlin.

Mardi 30 mai à partir de 18h30 Auberge espagnole et 20h30 projection du film au 30 bis rue des Boulets, Paris 11è, métro Rue des Boulets.

Le stage a lieu à la Bourse du Travail de Paris, annexe Turbigo, au 67 rue Turbigo de 9h30 à 16h30 le mardi 30 mai et de 9h30 à 12h le mercredi 31.

*L'Arbre et le requin blanc, film de Rafaele Layani, sorti en 2015. C'est le regard à hauteur d'enfants, d'une réalisatrice qui a passé plusieurs mois à les filmer dans une école alternative à Berlin.

Image

Présentation et bande annonce ici :
http://www.cnt-f.org/video/videos/50-ed ... quin-blanc

https://paris.demosphere.eu/rv/55514
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Re: Contre le fichage, Base élèves ...

Messagede Pïérô » 01 Sep 2017, 00:36

Vidéo : comment mobiliser contre le LSUN, quelles perspectives de luttes pour la rentrée...?

Table ronde sur le Livret Scolaire Universel Numérique au congrès de l'ICEM.
Échanges : comment mobiliser contre le LSUN, quelles perspectives de luttes pour la rentrée...?

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Re: Contre le fichage, Base élèves ...

Messagede bipbip » 28 Oct 2017, 21:52

Les évaluations nationales ne sont pas obligatoires

Refusons de les mettre en œuvre !


Le ministère a décidé d’imposer le retour d’évaluations nationales. L’ensemble de la communauté éducative n’a pourtant jamais cessé de les dénoncer. SUD éducation réaffirme son refus catégorique de ces évaluations.

Ces évaluations nationales ne constituent pas un outil professionnel pour la classe et ne sont pas au service du diagnostic ni de la réduction des difficultés scolaires. Ces tests seront exclusivement ciblés sur la mesure des acquis scolaires des élèves par rapport aux programmes. Autrement dit, ils ne viseront qu’à mesurer la performance du système éducatif, des élèves, des enseignant-e-s et des équipes pédagogiques. Elles mènent ainsi à la stigmatisation des élèves et elles servent à légitimer des dispositifs d’aide “personnalisée” qui ont pourtant prouvé leur inefficacité à l’inverse des RASED et de la réduction des effectifs.

Elles seront utilisées pour contrôler le travail des enseignant-e-s, sur la base d’objectifs purement quantitatifs. Elles contribuent à la standardisation de nos pratiques de classe. C’est une façon méprisante de s’asseoir sur le travail en équipe pour la passation, la correction et l’analyse des évaluations. Elles poussent à centrer le travail en classe sur une pratique de bachotage et la recherche de résultats quantitatifs à tout prix. D’ailleurs, l’expérience le montre : les pseudo-formations parfois imposées aux enseignant-e-s dont les élèves ont des résultats insuffisants à ces évaluations ne sont de fait que des reformatages.

Ces évaluations nationales ne sont en réalité aucunement nécessaires pour l’évaluation du système scolaire. Il est illusoire de penser que les résultats produits par ce genre de dispositif sont représentatifs. Le Haut Conseil de l’Éducation dans son bilan annuel de l’école de 2011 a pointé le peu de fiabilité de ces évaluations. En effet, les conditions de passation ne sont pas homogènes sur tout le territoire et les codes de correction ne permettent pas une analyse fine des erreurs des élèves et sont une vision simpliste des processus d’apprentissages. Des protocoles sur des cohortes d’élèves choisis, avec des analyses quantitatives et qualitatives, sont largement suffisants pour cela, et même plus efficients que ces évaluations nationales généralisées.

Progressivement, on prépare l’opinion publique à l’idée que la mission première de l’enseignement réside en la quête permanente de la performance et du classement. On développe dans l’école une culture du résultat et du mérite, dont on connaît pourtant bien les dégâts dans l’univers impitoyable de la grande entreprise. Cela n’aura pour effets que d’accentuer les pressions sur les enfants en difficulté scolaire et à disqualifier les enfants des classes populaires. Ce pilotage par l’évaluation fait peser une menace lourde sur le système éducatif, en instaurant des outils de mesure de résultats qui visent à mettre toujours plus en concurrence les écoles et établissements, les enseignant-e-s et les élèves, à travers la publication de leurs résultats, de “palmarès” des meilleures écoles et établissements. Ce “pilotage par les chiffres », dont l’objectif reste la réduction des moyens et du nombre de postes, s’inscrit, avec la disparition de la carte scolaire, dans un projet de transformation de l’éducation en un vaste marché.

Ces évaluations préparent la mise au pas réactionnaire de l’école que programment Macron et Blanquer, sur les méthodes et les programmes. Ces évaluations nationales sont à l’opposé de nos aspirations, de nos convictions éducatives et de nos missions professionnelles. Les enseignant-e-s évaluent leurs élèves tout au long de l’année et au cours des apprentissages. Les enseignant-e-s n’attendent pas ces évaluations pour différencier leur pédagogie et adapter leurs enseignements en fonction des difficultés des élèves. Nous considérons que l’évaluation des élèves ne peut pas relever d’injonctions institutionnelles normatives. Les évaluations et leurs rendus doivent être des outils construits par les enseignant-e-s dans le cadre de leurs pratiques pédagogiques pour faire progresser les élèves à leurs rythmes en s’appuyant sur les acquis et les recherches des pédagogies alternatives et coopératives. SUD éducation revendique ainsi une évaluation formative plutôt que sommative, une évaluation dans un cadre pédagogique ne donnant pas lieu à un quelconque fichage de l’élève, la réduction du temps d’enseignement pour permettre une réflexion collective sur l’évaluation.

Ces évaluations nationales ne sont pas obligatoires !

Le ministère a beaucoup communiqué sur ces évaluations mais il n’a publié au Journal officiel aucune circulaire leur donnant un cadre formel. Il n’y a donc pas cadre réglementaire pour ces évaluations qui puissent les rendre obligatoires. Et non, un simple courrier du DASEN ou du ministère ne suffit pas !

Face aux oppositions et aux résistances que ces évaluations ont provoquées, Jean-Marc Huart, directeur de l’enseignement scolaire (Dgesco), a lui-même levé les consignes contraignant-e-s d’application de l’évaluation de CP via un courrier adressé aux enseignant-e-s : « Il est important que cette évaluation se déroule dans un climat de bienveillance... sans aucun esprit de compétition », « Vous avez la possibilité de ne faire passer qu’une partie des exercices », « Les durées de passation doivent être considérées comme indicatives. »

Bref, vous faites comme vous voulez… Puisqu’on ne peut rien vous imposer.

Pour SUD éducation, ces évaluations nationales sont incompatibles avec les valeurs et les pratiques d’une école égalitaire, émancipatrice et autogestionnaire que nous promouvons.

C’est pourquoi SUD éducation réaffirme son refus complet de ces évaluations nationales et invite les équipes pédagogiques à débattre des moyens de leur résister.

SUD éducation appelle à refuser de faire passer ces évaluations ou à ne pas faire remonter les résultats.


http://www.sudeducation.org/Les-evaluat ... -sont.html
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Re: Contre le fichage, Base élèves ...

Messagede bipbip » 05 Nov 2017, 21:32

Livret Scolaire Unique Numérique : Non au fichage des enfants !

Image

https://www.solidaires.org/Livret-Scola ... es-enfants
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Re: Contre le fichage, Base élèves ...

Messagede bipbip » 09 Juil 2018, 16:18

Livret scolaire numérique, le flicage de vos enfants

Pendant que le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, pontifie sur le retour de la dictée à l’École, le flicage des enfants s’intensifie. Le livret scolaire sera dématérialisé et les données centralisées au niveau national. Ce fichier pourra être mis à la disposition des maires, de la justice, du Préfet.

Des évaluations nationales dès les premières semaines de CP

Le 17 mai, le ministère de l’Éducation nationale a présenté un nouveau dispositif d’évaluation pour les classes de CP et CE1. Ce projet sera finalisé au mois d’août, il est donc dans sa phase de mise au point. Dans les grandes lignes, une évaluation sera réalisée fin septembre ou début octobre pour les CP et CE1, les enseignant(e)s seront chargé(e)s de transmettre les résultats sur un portail dédié. L’interprétation des résultats sera faite au niveau académique et national, par un logiciel. La collecte de ces éléments sera consignée dans ONDE (Outil Numérique pour la Direction d’École), outil qui centralise les données personnelles des élèves.

Le but annoncé de cette évaluation est de faciliter les apprentissages des élèves, donner des repères aux enseignant(e)s pour aider les élèves à progresser, ajuster les plans nationaux et académiques de formation des enseignant(e)s dévolus dorénavant à la langue française et aux mathématiques uniquement, et proposer des ressources pertinentes.

Jusqu’aujourd’hui, la relation parent d’élève/enseignant(e) permettait de situer le travail de son enfants, ses progrès ou ses carences. Les professeur(e)s des écoles informaient les parents, au gré des évaluations faites en classe, évaluations qui étaient en majeure partie construites par eux-mêmes et présentées aux élèves quand ces derniers étaient prêts.

Les enseignant(e)s et leurs organisations syndicales s’inquiètent légitimement de la qualité d’une telle évaluation, et de leur posture et rôle en tant qu’enseignant(e)s. L’ajustement de l’enseignement, les propositions de ressources pertinentes faisaient partie de la relation interne à l’enseignement. Les suppressions de postes pénalisent le travail de terrain, les rencontres. Penser qu’un logiciel centralisé palliera l’absence humaine est un doux rêve, dangereux quand même.

Un projet discret, pour ne pas dire secret

Les parents d’élèves n’ont pas eu la moindre communication de ce projet. Après le retentissant fiasco de Parcoursup, qui laisse sur le carreau des milliers de lycéen(ne)s, est-il urgent de mettre sur pied d’autres outils numériques dédiés aux 6 ou 8 ans ? Quel algorithme mystérieux sera mis en place pour profiler nos enfants ? Mystère et boule de gomme.

Dés le plus jeune âge, les élèves vont être porteurs de données, qui seront la conséquence d’interprétations codifiées et centralisées. Cela constituera le socle, la base, d’un dossier scolaire, qui suivra et conditionnera le cursus de chaque enfant, l’aiguillant ainsi vers la vie active. Quelle place prendront les critères sociaux ? L’adresse, le quartier où l’on vit ? La situation des parents ? L’origine ?
Jusqu’aujourd’hui, les enseignant(e)s ont toujours eu à cœur d’accueillir les enfants de l’immigration quelle que soit leur situation administrative, c’est bien par la volonté de ces professionnel(le)s que l’École intègre des enfants aux parcours multiples.

Il va être difficile de nous faire croire que la bande à Macron veuille « faciliter les apprentissages des élèves, donner des repères aux enseignant(e)s pour aider les élèves à progresser... » lorsqu’il s’agira d’enfants sans papiers ou d’enfants du voyage. Que décidera le logiciel dédié pour celles et ceux dont la vie est un chaos ?

Parcoursup ferme et bloque la porte des universités aux publics socialement défavorisés. Il fallait un logiciel à l’autre bout de la chaîne, qui propulse les jeunes vers les entonnoirs « professionnels », dans les formations adaptées aux vœux du MEDEF. Très tôt, le social risque de déterminer le parcours.

Livret scolaire ou fichier ?

Un livret scolaire unique numérique (LSUN) est constitué, dès le CP, et ce jusqu’à la troisième. Au lycée, c’est le livret scolaire du lycée (LSL). Selon la FCPE 75, ce livret est constitué de données très sensibles. Toutes les étapes de la scolarité sont parties intégrantes du système ONDE, outil de gestion des données de l’ensemble des élèves d’un établissement. On retrouve ainsi, entre LSUN et ONDE, les éléments suivants :

le niveau de maîtrise du socle commun,
les bulletins périodiques des élèves pour chacune des classes,
les bilans de fin de cycles,
les attestations obtenues (sécurité routière, savoir-nager, formation aux premiers secours…),
des éléments relatifs à la vie scolaire (absences, retards, comportement),
des éléments de suivi des élèves en difficulté ou à besoins particuliers : le Programme personnalisé de réussite scolaire (PPRE) pour les difficultés scolaires ponctuelles, le recours au Réseau d’aides spécialisées aux élèves en difficultés (RASED), les Unités pédagogiques pour élèves allophones arrivants (UPE2A), les Unités d’inclusion scolaire (ULIS), le Projet personnalisé de scolarisation (PPS), le Projet d’accompagnement personnalisé (PAP) coordonné par le médecin scolaire, le Projet d’accueil individualisé (PAI).

Vous avez dit confidentiel ?

À terme, le dossier scolaire sera complètement dématérialisé, il ne voyagera plus dans le cartable de l’enfant, à la place les parents recevront un identifiant. Le ministère assure que l’accès à ce dossier ne sera consultable que 8 à 10 mois après la fin des études. Que devient-il après ?

La DEPP, Direction de l’Évaluation, des Prospectives et des Performances, qui est en fait le service statistique du ministère de l’Éducation, garantit l’anonymat du dossier scolaire. Un numéro est connecté au nom de l’élève, qui est le seul élément visible lorsque les données circulent. La DEPP assure avoir l’expérience de ce type d’anonymisation et en garantit la fiabilité. On est prié d’y croire.

C’est un secret de polichinelle, les données personnelles une fois dématérialisées sont techniquement transférables, quelle que soit la déclaration d’intention des concepteurs. Les compétences de nos enfants, leurs comportements, leurs lieux de naissance, leurs parcours sociaux sont des données qui intéressent les assureurs, les écoles privées et autres camelots.

Le ministère de l’Éducation nationale constitue une banque de données centralisée et transférable. Ces données sont collectées sur la vie privée d’une population en devenir.

Petite nuance ! Le livret scolaire n’est plus une pièce à disposition de la famille, c’est la propriété de l’État. Du CP à Parcoursup, vous êtes informé de ce que peut faire votre enfant. Ce qu’il veut, ce que vous voulez pour lui, n’entre plus en ligne de compte. Évaluations, affectations seront décidées par un logiciel.

Un casier scolaire

Le CNRBE, Collectif National de Résistance à Base Élèves (nouvellement ONDE), alerte sur les utilisations possibles du LSUN, ce véritable fichier attaché à la personne :

« Couplé aux bases élèves du 1er et du 2d degré, le LSUN constituera un puissant outil de contrôle social. Les données enregistrées dans les fichiers scolaires sont en effet accessibles sur simple demande aux maires, à la police et à la justice sous couvert du « secret professionnel partagé » (...), aux préfets (...) et potentiellement à toutes les administrations par interconnexion de fichiers. »

Vous et vos enfants pensez n’avoir rien à vous reprocher ?

C’est aussi ce que croyait Arnaud, lycéen en terminale S, arrivé seul du Rwanda à 14 ans. Alors qu’il suivait une scolarité sans histoire et que sa famille d’accueil s’apprêtait à l’adopter, ce mineur isolé s’est vu refuser en mai dernier, à sa majorité, un titre de séjour, et a reçu à la place une obligation de quitter le territoire, en raison d’une simple « absence de motivation » notée quelques mois plus tôt au bas de son bulletin scolaire (prouvant, selon la préfecture, qu’il n’était pas motivé pour s’intégrer en France) ! On se souviendra également qu’il avait fallu en 2009 une intervention de la HALDE à Paris, pour corriger une différence de traitement entre enfants scolarisés dans le secteur public et le secteur privé via Affelnet post 3ème…

Refuser ce flicage et remettre de l’Humain dans l’enseignement

Livret ouvrier, livret des gens du voyages, carte de circulationS, statut d’indigène ou de colon, refus du droit de vote des femmes, couvre-feu pour les indigènes d’Afrique du nord, refus de l’autonomie financière des femmes (jusqu’en 1963), notion de chef de famille, fichier STIC (système de traitement des infractions constatées)... L’État a toujours su exacerber les différences, pour empêcher l’unité. Fabriquer administrativement des gens différents dans leurs droits, étouffer leurs aspirations, classer tout un chacun(e) dans une méritocratie fabriquée de toutes pièces.

Ce projet imminent ne suscite pas d’opposition de masse, et pour cause, trop peu d’informations circulent à ce sujet. Le ministre Blanquer communique sur le retour de la dictée, sur le fait qu’un bon plombier gagne mieux qu’un prof de philo, qu’il faut recentrer sur lire-écrire-compter, rien n’est dit sur la constitution d’un fichier monstrueux, véritable outil de police sociale.

Si aucun débat, aucune initiative ne sont de mise à la rentrée, la notion d’École publique pour le bien-être de toutes et tous va nous échapper... L’École est un levier d’émancipation. On doit pouvoir étudier la philosophie, les langues, les maths parce que l’envie nous pousse. Nous devons refuser qu’un logiciel limite les ambitions, les rêves des générations à venir. Ce sinistre projet ne peut être le problème des seul(e)s enseignant(e)s, les parents d’élèves doivent signifier leur opposition au flicage de leurs enfants, et intervenir auprès et avec les personnels de l’Éducation nationale.

L’Éducation nationale, à tous niveaux, souffre de manque de moyens, de classes surchargées, d’un manque de personnel criant. Au lieu de pontifier sur la dictée, et sous-traiter la pénurie à des logiciels, il faut remettre de l’Humain dans l’enseignement. Hugo disait déjà en 1840 : « Les maîtres d’école sont des jardiniers en intelligences humaines. »

Michel ANCE
Parent d’élève


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Re: Contre le fichage, Base élèves ...

Messagede bipbip » 09 Sep 2018, 17:20

Les évaluations nationales ne sont pas obligatoires, refusons de les mettre en œuvre !

On savait le ministre obsédé par l’évaluation : en CP, CE1, et 6e, depuis l’an dernier le ministère essaie d’imposer ses « évaluations nationales ». Au menu : des tests de compétence exclusivement ciblés sur la mesure des acquis scolaires des élèves par rapport aux programmes. Il poursuit cette année avec le lycée.

Chaque élève de seconde passera cette année « deux tests de positionnements » de 50 minutes qui sont censés déterminer le niveau de compétence acquis qui sonnera d’ores et déjà pour certain-e-s comme un constat d’échec : maîtrise “fragile”, voire “insuffisante”. Peu importe le désir d’apprendre, ce qui compte c’est d’évaluer les compétences pour trier.

Le ministre bafoue la liberté pédagogique des enseignant-e-s.

Il prétend que des évaluations nationales corrigées automatiquement permettraient de cerner au plus près les besoins de chaque élève afin de leur apporter une aide personnalisée. De qui se moque-t-on ? Comment prétendre personnaliser l’aide en classe, à partir de tests imposés d’en haut sans le consentement des équipes pédagogiques, des effectifs surchargés et un nombre de postes aux concours en chute libre (20% en moins dans l’ensemble des disciplines l’an dernier) ?

Pour SUD éducation, la seule façon de personnaliser l’aide aux élèves, c’est la diminution des effectifs par classe et donc l’augmentation du nombre de postes aux concours !

Les annonces gouvernementales récentes, par voie de presse, laissent par ailleurs présager le pire quant à l’utilisation qui sera faite de ces évaluations. Dans un contexte d’autonomisation accrue des établissements, on voit très bien quelle pourrait être l’utilité de telles évaluations : classer les établissements, les écoles et les équipes pédagogiques en fonction des résultats ! Loin d’être réservées à un usage interne, ces mesures participent au renforcement des inégalités territoriales en imposant progressivement une « culture du résultat » qui permettrait de distribuer les bons et les mauvais points aux équipes enseignantes :
– la mise en place de la prime REP+ au mérite ;
– la mise en place au 1er trimestre 2019 d’une évaluation des établissements.

De leur côté, les élèves, devenu-es auto-entrepreneur-euses de leur scolarité dans le cadre de la future réforme du lycée, n’auront plus qu’à choisir les meilleurs lycées… s’ils et elles en ont les moyens.

Pour SUD éducation, ces évaluations nationales sont incompatibles avec les valeurs et les pratiques d’une école égalitaire, émancipatrice et autogestionnaire que nous promouvons. C’est pourquoi la fédération Sud éducation revendique la suppression de ces évaluations et appelle les personnels à ne pas les faire passer.

Ces évaluations nationales ne sont pas obligatoires !

Le ministère a beaucoup communiqué sur ces évaluations mais il n’a publié au Journal officiel aucune circulaire leur donnant un cadre formel. Il n’y a donc pas cadre réglementaire pour ces évaluations qui puissent les rendre obligatoires. Et non, un simple courrier du DASEN ou du ministère ne suffit pas ! Bref, vous faites comme vous voulez… on ne peut pas vous imposer ces évaluations !


https://www.sudeducation.org/Les-evalua ... re-en.html
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