Travail Social et Engagements

Travail Social et Engagements

Messagede Pïérô » 06 Juin 2010, 17:10

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Action Sociale: Gestiopathie du contrôle - Travail Social et Engagements 3

Samedi 19 et dimanche 20 juin 2010

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Le collectif NRV réunit des travailleurs sociaux, en formation, salarié(es) ou non. Ensemble, depuis quelques années, nous tentons de proposer des espaces « auto/in/organisés » de réflexion sur les pratiques, les orientations et les dispositifs du travail social.

Ces pratiques, bien souvent, s'inscrivent, et nous inscrivent- travailleurs sociaux, personnes accompagnées et socio-travaillés- dans des rapports de pouvoir et de domination émanant de logiques gestionnaires, sécuritaires et libérales, qui détruisent nos libertés.

Depuis deux ans, nous organisons au début de l'été un week-end intitulé « Travail Social et Engagements ». Cet espace de débat nous permet d'élargir nos réflexions relatives à nos pratiques éducatives, thérapeutiques et sociales, et de bousculer nos représentations.

Pour cette troisième mouture, intitulée « Action Sociale : Gestiopathie du contrôle », les 19 et 20 juin, nous avons souhaité ouvrir les discussions sur le thème du contrôle social.

Tandis que de plus en plus de personnes doivent se soumettre aux dispositifs et parcours standardisés mis en places par de nouvelles politiques sociales et économiques, les travailleurs sociaux se voient contraints de raisonner en terme de productivité, de rapport coût/gain et de contrôle des personnes , se plaçant ainsi au seul rang d'agent de normalisation. Qui peut avoir droit à quoi et sous quelles conditions : le pauvre doit être méritant, le chômeur obéissant, le salarié soumis, le fou invisible.

Nous vous proposerons également d'échanger autour des évolutions du secteur psychiatrique. Celui-ci se trouve confronté à un double mouvement menaçant sa structure et l'esprit du soin inspiré des mouvements désalienistes d'après guerre. D'un coté, les politiques managériale du moindre coût et du court terme accentue son délitement et fragilise la complexité de l'accompagnement des personnes. De l'autre, les initiatives créatives et singulières peinent à résister face à l'exclusivité et la toute puissance des neurosciences et thérapies cognitivo-comportementalistes.

Autour des tables rondes/discussions : des points infos-luttes (People and Baby, Grève des chômeurs…), des repas à prix libre, des spectacles, des concerts, des tables de presses, des projections, un espace enfant, une zone de gratuité…

Rendez vous donc le week end du 19 et 20 juin 2010 de 10h à 23h, à Anis GRAS, le lieu de l'autre (55, avenue Laplace - 94110 Arcueil. RER B station Laplace ).

Collectif NRV


SAMEDI

10h : Accueil, petit déj’ – Ouverture de la zone de gratuité

11h-13h : Projection : Solstices de B. Richard, film sur un lieu de vie en Lozère accueillant des enfants souffrant de troubles psychiques, (débat avec le réalisateur).

12h-14h : Repas

13h30-15h : Projection : St Anne, hôpital psychiatrique, documentaire d’Ilan Klipper

15h-18h : Table Ronde « Contrôle de la folie»
Constats sur les violences faites aux « fous »

Enfants : film, Les maîtres du temps, de René Laloux

19h-23h : Concerts / Repas.

Fred Alpi (chanson rock libertaire)
Malowad (jazz manouche)
Nunc est bibendum (disco punk paillettes)


DIMANCHE

11h : Accueil / petit dej’

11h30-13h15 : Projections : L’enfance sous contrôle documentaire de Marie-Pierre Jaury. Le dos au mur de Jean-Pierre Thorn

13h30-15h : Repas

14h30-16h00 : Théâtre-Forum Arc-en-ciel

16h-19h : Table ronde « Folie du contrôle »
Injonctions, insertion, délation : travailleurs sociaux, agents de normalisation ?!

Enfants : projections, petits films d’animation faits avec les enfants du Cafézoïde (café pour enfants)

19h-20h : Spectacle de Marionnettes : « A propos de ma voisine » par la troupe le « Théâtre des enchantés » (polar)

19h30-21h : Apéro clôture


L’espace enfant est ouvert pendant les débats et projections.

Ne venez pas les mains vides, vous repartirez les poches pleines !
Une zone de gratuité est ouverte sur durant toute la durée du Week End ! Vous amenez ce dont vous n'avez plus besoin et vous repartez avec ce qui vous fait envie !
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Travail Social et Engagements

Messagede Pïérô » 23 Juin 2012, 09:20

Aux Frontières du social, Brisons les barrières !

Travail Social et Engagements

Le Dimanche 1er Juillet 2012 à Partir de 11h, Café-librairie Michèle Firk
La Maison de l’Arbre / La Parole Errante, 9 rue François Debergue, Montreuil (93)


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Travail social et luttes précaires, des deux côtés du guichet.

Le collectif NRV (collectif de réflexion autour du travail social) propose une journée de débats, d'ateliers et de diverses festivités autour du travail social et de la précarité.

Depuis quelques années la logique économique et les lois du management réorganisent totalement le « travail social ». De « l'autre côté du guichet », les chômeurs et les précaires subissent aussi de plus en plus de contraintes managériales, et doivent sans cesse produire des preuves d'insertion. Alors que la précarité de l'emploi concerne toujours plus de salariés (les travailleurs sociaux n'en sont pas exclus), quelles seraient les possibilités de liens entre les deux cotés du guichet ? Y a-t-il une place pour des échanges, des complicités ?

Dans cette logique de décloisonnement, le collectif NRV préparera cette rencontre avec le collectif de chômeurs et précaires, les CAFards de Montreuil. Nous reviendrons sur des expériences récentes (à Toulouse et à Nantes notamment) d'occupation de lieux menés de façon conjointe par des « mal-logés » et des « travailleurs sociaux », et plus généralement sur des initiatives politiques qui remettent en cause ces clivages traditionnels.

La venue du collectif urgence précarité 44 de Nantes , le GPS Groupement pour la Défense du travail social de Toulouses et sous réserve le CREA Collectif pour la Réquisition, l'Entaide et l'Autogestion de Toulouses.


Au programme :

Atelier : Des petites histoires de l'ordinaire. Expériences du social et autres…

Table Ronde : De l'autre côté du guichet ? Entre "usagers" et travailleurs sociaux, des barrières à briser !

Concerts :
• Bad reputation (Disco Punk)
• Nunc Est Bibendum (Punk Déluré)
• Ballet des Potof prod : Le lac des slips

Plus des expos, un repas, une zone de gratuité, des tables de presse, un espace enfants,

Et d' autres festivités...


Zone de Gratuité !!

Ne venez pas les mains vides, vous repartirez les poches pleines!

Une zone de gratuité est ouverte sur durant toute la journée ! Vous amenez ce dont vous n'avez plus besoin et vous repartez avec ce qui vous fait envie!
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Re: Travail Social et Engagements

Messagede Pïérô » 14 Oct 2012, 01:44

à Toulouse le 17 octobre 2012

Ciné débat : travail social/ militantisme/alternatives/luttes/lois/résistances...

à 19h, à l'émergence, 29 avenue saint Exupéry, Toulouse

On commence par un repas partagé, puis on enchaine par la projection et un débat autour des thèmes : travail social, militantisme, résistance et alternatives.

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Re: Travail Social et Engagements

Messagede Pïérô » 03 Nov 2012, 17:43

Toulouse, Appel à une rencontre sur l’action sociale
le 6 novembre à la Maison Goudouli (4, bis rue Goudouli)

Appel à une rencontre sur l’action sociale

le 6 novembre à la Maison Goudouli (4, bis rue Goudouli)

Suite à un manque de moyen sur le terrain de l’urgence et de l’insertion, un collectif de travailleurs-euses sociaux (le GPS) décide de changer de mode d’action et réquisitionne, en avril 2011, un bâtiment vide de l’Etat destiné à la mise à l’abri de grands précaires. Au même moment et sur le même lieu, un centre social autogéré est ouvert par un collectif de militant-e-s (le CREA) afin d’accueillir des familles avec enfants en bas âges.

Saturé de demandes, une campagne de réquisition est engagée par le CREA et le GPS. Cette campagne fut très vite rejointe par des personnes de divers milieux. Grace à l’énergie et à la détermination de chacun-e, plusieurs bâtiments furent réquisitionnés afin de loger les personnes laissées à la rue.

En septembre 2012, une centaine de personnes se sont retrouvées dans la réquisition commune d’ancien locaux de l’URSSAF, rue Desmouilles, suite à l’expulsion du centre social autogéré initial et d’autres squats militants. Un mois plus tard, au moment de l’expulsion de ce nouveau centre social autogéré, les personnes vivants sur le lieu (familles et militant-e-s) ont engagées des actions auprés de services de droit commun (PAIO, SIAO, UTAMS) pour pointer le manque de solutions possibles. Les seules réponses des directions ont été l’appel à la force de l’ordre et la fermeture de plusieurs UTAMS pendant 48h. L’objectif étant d’empêcher tout échange entre les travailleurs-euses sociaux et les militant-e-s de la campagne de réquisition.

La question de l’action sociale au sein de la campagne s’est toujours posée. Nous souhaitons aujourd’hui l’ouvrir à toutes personnes se sentant concernées (travailleurs-euses du secteur social ou pas). Une première rencontre à déjà eu lieu entre militant-e-s, étudiant-e-s du social, membres du GPS et du CREA et salarié-e-s des UTAMS. Lors de cet échange, les questions sur l’isolement, le manque de réflexion collective sur les pratiques, la place de l’éthique face aux politiques sociales, l’investissement personnel face aux pressions des financeurs ont été abordées.

Il nous semble essentiel d’approfondir ces réflexions, de les partager avec le plus grand nombre ainsi que d’élargir nos questionnements.

C’est pourquoi nous vous invitons tous et toutes à une rencontre le 6 novembre 2012 à 18h à la Maison Goudouli (4 bis rue Goudouli). Ce sera l’occasion de se rencontrer, d’affiner nos positionnements sur ces problématiques et de réfléchir aux liens et/ou oppositions entre action sociale et militantisme.

Le GPS, des membres du CREA et des travailleurs sociaux ( étudiant-e-s et salarié-e-s)

Plus d’infos sur la campagne de réquisition sur :

gsp.midipy.over-blog.com

creatoulouse.squat.net
http://gps.midipy.over-blog.com/article ... 06613.html
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Re: Travail Social et Engagements

Messagede bipbip » 09 Déc 2013, 08:02

samedi 14 décembre à Grenoble

Le syndicat Santé-Social de la CNT38 vous invite à une rencontre causerie.

Quand des travailleurs-euses sociaux-ales rencontrent des collectifs militants.

En présence des membres du GPS de Toulouse, un collectif de travailleuses et travailleurs sociaux, qui face au désengagement des institutions et des collectivités mène des actions de réquisition de logements vides. Avec des extraits de reportages de TV-Bruits Toulouse (2008-2013) et de Miracle à Milan de Vitorio de Sicca (1951)
à 20h30 au 102 rue d’Alembert, Grenoble
Entrée libre Soupe à partir de 19h30
http://grenoble.indymedia.org/2013-11-2 ... rs-sociaux
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Re: Travail Social et Engagements

Messagede bipbip » 23 Mar 2014, 14:59

Samedi 29 mars à paris

Débat « La Marchandisation du social et du médico-social »

Entrepreneuriat social, concurrence, compétitivité, appel d'offre, marché, optimisation,... Bienvenu-e-s dans le monde merveilleux du travail social.

Le constat est aujourd'hui unanimement partagé par les travailleuses et travailleurs du social et du médico-social d'une dégradation générale des conditions de travail : plus de personnes à prendre en charge et moins de moyens à disposition. A cela s'ajoute quelque chose de moins immédiatement visible au quotidien mais qui petit à petit s'est immiscé dans nos pratiques professionnelles à travers différents dispositifs administrativo-normatifs d'évaluation, de remplissage de grilles, de questionnaires, etc. bref tout un tri social qui ne relèvent pas du coeur de notre métier et qui va même à l'encontre de celui-ci : accompagner, éduquer, assister et, le plus important, accueillir sans restriction.

Le syndicat CNT santé-social de la région parisienne et le collectif l'Ode aux Dindons vous invitent à venir partager, autour d'une projection suivie d'un débat, sans spécialistes auto-proclamé-e-s, nos expériences communes et collectives de confrontation mais aussi de résistance et d'inventivité face à l'inadmissible auquel on voudrait nous soumettre.

à 17h, CNT, Confédération Nationale du Travail, 33, rue des Vignoles, Paris 20e


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Re: Travail Social et Engagements

Messagede Pïérô » 05 Jan 2015, 02:42

Travailleur social ou gestionnaire de flux ?

Au milieu du 19e siècle, à la montée du paupérisme, de cette misère extrême frappant les classes populaires, la bourgeoisie opposait la charité chrétienne, cette empathie des bien lotis pour les malheureux méritants.

A la fin du 19e siècle, la bourgeoisie éclairé comprit enfin qu'elle devait faire prendre en charge par l’État ceux qui trouvaient difficilement leur place au banquet du monde. Certes, des libéraux très ultra fustigèrent aussitôt un Etat envahissant et trop compatissant, refusant de voir émerger une fiscalité inévitablement inquisitoriale et confiscatoire mais leurs voix furent de peu de poids face aux risques que leur cynisme et insensibilité faisaient courir au capitalisme. Car c'est bien la peur du « rouge », de la Révolution, de la subversion qui poussa nombre d’États à soulager les maux provoqués par le capitalisme lui-même.

Au cours du 20e siècle, et surtout après 1945, le travail social se professionnalisa tout en s'émancipant idéologiquement du paternalisme autoritaire et du christianisme sermonneur. On comprit par exemple que s'occuper de jeunes en délicatesse avec la justice ou en rupture familiale imposait autre chose que la maîtrise de la matraque. L'éducateur spécialisé cessa d'être un garde-chiourme, et l'assistante sociale une dame-patronesse laïque...

Bref, depuis des décennies maintenant, des jeunes hommes et des jeunes femmes se forment aux différents métiers de l'intervention sociale à travers des cursus mêlant cours théoriques, pratiques et longs stages en immersion. La formation dure trois ans. C'est long, trois ans. C'est long mais nécessaire disent les formateurs qui considèrent que l'étudiant a besoin de ce temps, de ces expériences en milieu professionnel pour apprendre le métier, assimiler les mille-et-un dispositifs étatiques disponibles pour gérer la misère, mais aussi comprendre le monde tel qu'il est.

C'est trop long pensent certains technocrates pour qui le temps c'est de l'argent, et le pauvre, un élément d'une colonne de chiffres, une statistique. Du coup, ils ont cogité et ont pondu un projet qui en dit long sur leur vision de l'intervention sociale dans l'Europe libérale du 21e siècle. En étant évidemment schématique, je pourrais résumer leur position comme suit : un cursus de deux ans est suffisant pour former des exécutants des politiques publiques ; un cursus de trois ans est nécessaire pour produire des cadres, aptes à coordonner des équipes d'exécutants et à monter des dossiers de demandes de subvention, car l'intervention sociale est devenu un business comme un autre.

Que nous dit cette réforme ? Elle nous dit en somme que les travailleurs sociaux sont globalement trop formés pour les missions qu'on entend leur donner ; d'autant plus que ces missions sont à revoir puisqu'il ne s'agit plus d'aider ou de mettre sur les voies de l'émancipation les personnes vulnérables mais de les responsabiliser, autrement dit, dans le langage néolibéral, de les surveiller de près et de les punir s'il le faut.

Que nous dit cette réforme ? Que la logique comptable et technicienne est comme la gangrène : elle envahit tout ; que les travailleurs sociaux doivent être avant tout des gestionnaires de flux : flux de pauvres, flux de personnes vulnérables, flux de jeunes en déshérence, flux de surnuméraires à caser, corseter, normaliser. Si certains travailleurs sociaux s'épanouissent pleinement dans leur rôle de « socio-flics », la grande majorité refuse de voir leur métier disparaître ou plutôt de voir le patronat le transformer en simples compétences ; car le patronat se méfie de la notion de métier, qui renvoie à une grille de classification qui renvoie elle-même à une fiche de poste et à une convention collective à partir de laquelle un salarié peut connaître le montant de son salaire éventuel. Le patronat lui préfère la notion de « compétence », beaucoup plus floue.

Les travailleurs sociaux en poste qui pensent que cette réforme ne les concernera pas sont dans l'erreur. Ils s'en apercevront quand, pour un même emploi, ils seront mis en concurrence avec un « exécutant » formé en deux ans et payable of course au salaire minimum.
Le milieu du travail social a déjà beaucoup subi depuis une décennie. On lui reproche de coûter cher, de ne pas être rentable, de ne pas avoir fait encore sa mue idéologique, de ne pas avoir troqué son humanisme pour le rationalisme froid de celui qui pense que tout peut s'acheter et se vendre. La refonte des formations en travail social est une nouvelle étape de ce combat entre l'être humain et la techno-bureaucratie libérale.

A noter
Pour se tenir au courant des réflexions et des actions en cours, une adresse : http://avenireducs.canalblog.com/

http://patsy.blog.free.fr/index.php?pos ... re-de-flux
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Re: Travail Social et Engagements

Messagede Pïérô » 18 Avr 2016, 00:32

Genève, jeudi 21 avril 2016

Le travail social à l’heure du tout-sécuritaire

Discussion thématique

en présence de Jacques Fasel, écrivain et ex-détenu [1].
et plusieurs professionnels du milieu social

Jeudi 21 avril 2016 - 18h30
Haute école de travail social (HETS) - salle "Cawa"
28, rue Prévost-Martin, Genève

https://renverse.ch/Le-travail-social-a ... itaire-603

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Re: Travail Social et Engagements

Messagede Pïérô » 29 Avr 2016, 03:04

Succès des EGATS 93

Etats généraux alternatifs du travail social de Saint Denis

Succès des EGATS 93 : prés de 150 participant-es, de la réflexion, des vidéos, des propositions d'actions, de la bonne humeur, un bon repas fraternel et un temps de convergence des luttes avec des représentant-es de l'APEIS 93, du Collectif des travailleurs du droit d'asile, d’enseignant-es du 1er degré, du comité d'action de Ville-Evrard et du comité de gréve des étudiant-es de Paris 8... Notre Seine-Saint-Denis est belle et rebelle !!!

... http://rezo-93.blogspot.fr/2016/04/succ ... ts-93.html
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Re: Travail Social et Engagements

Messagede Pïérô » 09 Mai 2016, 20:23

Festival Alternatif du Travail Social à Bobigny

samedi 14 mai 2016

Pour une société solidaire et l'émancipation des personnes !

Nous, membres de collectifs, associations, syndiqué(es), professionnel(le)s, étudiant(e)s, citoyen(ne)s …,

Aux actuelles logiques de management et de rentabilité et à la financiarisation du social, nous opposons une autre conception du social et du soin basée sur l'humain, le collectif, une parole politique (qui est actuellement confisquée au terrain), la rencontre... Les personnes accompagnées ne sont ni des marchandises ni des produits.

Rappelons-le : on ne gère pas l'autre, on l'accompagne.

Chaque citoyen est malmené au travers des attaques faites au social. Un désengagement financier des fonds publics s'opère envers les institutions.

Progressivement c'est le contrôle social qui se substitue au politique : en mettant en place des exigences normatives de plus en plus contraignantes sur les professionnels et sur les personnes accompagnées. Sous prétexte d'économies et de logique comptable : comptabilité des actes de soins, des rendez-vous, des coups de fil passés, un contrôle des personnes est en marche. Sous prétexte de partenariat et de secret partagé, le partage d'informations avec les mairies et la police est progressivement imposé aux acteurs du social détournant les objectifs d'émancipation et d'intégration vers des logiques de contrôle et de répression. Depuis la loi sur la prévention de la délinquance en 2007 les logiques sécuritaires et le contrôle social sont à l'œuvre et ont pris le pas sur des logiques éducatives. Par ailleurs se généralise un discours méprisant concernant les pratiques et références théoriques des travailleurs sociaux qui seraient rigides et fondées sur des références aux sciences humaines.

Nous continuerons à défendre la clinique et à miser sur l'importance d'élaborer et de penser dans les différents secteurs.

Nous souhaitons nous rassembler autour d'un festival du travail social où les professionnels, les personnes accompagnées, les familles et toutes personnes intéressées par le sujet, pourront témoigner et partager ce qui, au quotidien, peut tisser les solidarités et permettre à chacun de s'exprimer.

La forme de festival nous a paru essentielle car c'est aujourd'hui la créativité des professionnels du social qui est menacée, or c'est dans la créativité de leurs pratiques que les professionnels peuvent faire éclore la volonté d'émancipation de l'autre.

Cette journée sera l'occasion de créer des rencontres, d'échanger sur nos pratiques, nos valeurs, parler des luttes menées dans différents secteurs, de donner la parole à des personnes et équipes qui réfléchissent à des manières intéressantes de concevoir l'accompagnement, l'éducatif, le soin…

Rencontres-débats, expositions, concerts, théâtre forum, projections, tables de presse/médias alternatifs, salon du livre, zone de gratuité, espace enfant seront présents à cette occasion.

L'accès sera libre et ouvert à toutes et à tous.

Alors, bloquez la date du 14 mai 2016, si besoin d'hébergement, de co-voiturage, et pour toute demande d infos : festivalegats@outlook.fr

http://www.avenireducs.com/#!RDV-Festiv ... f93499d046

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Programme

9h30 : Ouverture des portes Accueil café/petit déj

10 h : Prises de parole dans l'auditorium

10h30 : « Le chœur populaire de la Seine St Denis », chansons sur le front populaire.

ATELIERS (Salles du rez-de-chaussée)

10h30 - 12 h Quelle place laissée à l'éducatif ? Nous interrogerons les mouvements qui s'opèrent à la fois en prévention spécialisée, dans l'accompagnement des mineurs isolés étrangers, des jeunes majeurs et plus généralement dans le champ de la protection de l'enfance. Que signifie la place laissée à l'éducatif dans notre société ? Que voulons nous porter ? Comment faire le lien avec ce qui se joue aujourd'hui au sein de l'Education Nationale.

10h30 - 12 h De l'Etat « social » à l'Etat policier Comment penser et se positionner dans le réel en cours quand celui-ci est sous-tendu par l'enfermement, la mise au pas, les violences policières, le contrôle au faciès... ? Le travail social peut-il échapper à faire régner l'ordre social ?

13h30 - 15 h Financiarisation du travail social 2016 est marqué par l'essor de l'entreprenariat social et le lancement des investissements à impact sociaux. Quels en sont les enjeux, et comment cette financiarisation se met-elle en place. Nous réfléchirons aux résistances possibles.

13h30 - 15 h Genre et travail social Le genre est une construction sociale. Certaines professions sont perçues comme typiquement, voire exclusivement, masculines ou féminines. Les métiers des secteurs médical et social n'échappent pas à ces représentations. De quelles manières cela influence-t-il les pratiques ? Quel en est l'impact sur les rapports entre les personnes ? Comment faire évoluer ces représentations ?

15h45 - 17h15 Quand le micro devient politique Une fois par semaine des patients d'un CATTP d'Asnières (centre d'accueil thérapeutique à temps partiel) et les soignants se retrouvent autour d'un dispositif radiophonique de groupe. C'est la « Radio sans nom ». Humapsy est une association créée en 2011 qui utilise la radio pour donner la parole à celles et ceux à qui elle est généralement confisquée. Nous parlerons des espaces à partir desquels une parole peut émerger. Cet atelier se fera sous forme d'un enregistrement radio.

15h45 - 17h15 Mobilisations collectives, modes d'action, convergence des luttes Cet atelier se propose de donner la parole à des étudiants et des professionnels du social engagés dans des mobilisations collectives originales pour la défense des métiers. Quelles sont leurs revendications communes ? Quelles sont leurs modes d'action, Comment s'en emparer pour amplifier les luttes et les faire converger ?

films (Auditorium)

11h15 Les jours heureux de Gilles Perret, 97 minutes « Entre mai 1943 et mars 1944, sur le territoire français encore occupé, seize hommes appartenant à tous les partis politiques, tous les syndicats et tous les mouvements de résistance vont changer durablement le visage de la France. Ils vont rédiger le programme du Conseil National de la Résistance intitulé magnifiquement : « Les jours heureux ». Ce programme est encore au cœur du système social français. »

13h15 Un monde sans fous de Philippe Borrel, 67 minutes « La folie déborde dans les rues et en prison. Faute d'avoir trouvé, une prise en charge adéquate dans les services d une psychiatrie publique en crise, les malades psychotiques se retrouvent de plus en plus exclus. Et au même moment nous assistons au retour des chambres d'isolement, des camisoles et des médicaments administrés sous contrainte. »

14h45 Invente-moi un pays de Catalina Villar, 60 minutes La réalisatrice a proposé à des enfants entre 8 et 12 ans vivant dans un Cada (Centre d'accueil pour demandeurs d'asile) en France de faire un film : un court métrage de fiction, dont le processus de fabrication serait également la matière d'un film documentaire.

16 h Soley, de Yann Lévy et Thomas Noreille, 52 minutes « A Port-au-Prince, Haïti, une chronique du quotidien de deux jeunes boxeurs. Palliant l'absence de politique jeunesse, luttant contre la misère ou l'attrait des gangs, ils se rêvent un futur de champion international. En présence du réalisateur Yann Lévy

17h30 Comme des lions de Françoise Davisse, 115 minutes « Récit de deux ans d'engagement des salariés de PSA Aulnay (93) contre la fermeture de leur usine qui, en 2013, emploie encore plus de 3 000 personnes. Des immigrés, des enfants d'immigrés, des militants vivent l'expérience de la grève. Leur lutte met à jour les mensonges de la direction et l'impuissance de l'Etat à apporter une aide quelconque. »

19h30 /20 h Prises de paroles

20h15 Wesh, wesh, qu'est-ce qui se passe ? de Rabah Ameur-Zaïmeche, 83 minutes « Dans la cité des Bosquets, Kamel est de retour après avoir purgé une peine de prison. En attente d'expulsion vers l'Algérie, il tente, avec le soutien de sa famille de se réinsérer dans le monde du travail. Mais il devient le témoin impuissant de la fracture sociale de son quartier. »

Courts-métrage (Salle Oreste)

10h30 - 11h30 La France qui se lève tôt de Hugo Chesnard, 20 minutes Une opérette sociale sur le thème des sans-papiers. Ou comment l'histoire de l'expulsion d'un immigré se transforme en comédie musicale… L'hiver est proche de Hugo Chesnard , 13 minutes Louise, la trentaine, travaille comme agent en espaces verts dans une forêt proche d'un camp de Roms. Ses collègues et elle circulent à cheval, lequel facilite le contact. Aïssa de Clément TREHIN, 8 minutes Aïssa, une jeune Congolaise en situation irrégulière, est appréhendée par la police. Elle affirme avoir 17 ans, mais les autorités la croient majeure. Pour savoir si elle est expulsable, un médecin va l'examiner.

11h30 LT22 La Colifata, de Chloé Ouvrard et Pierre Barougier, 52 minutes « La Radio La Colifata existe maintenant depuis huit ans. Elle est animée tous les samedis par des patients du plus grand hôpital psychiatrique de Buenos Aires. Cette radio apparait aujourd'hui comme une fenêtre ouverte sur l'univers psychiatrique, une alternative aux préjugés et à la peur. Dans une réalité aussi dure, cette expérience rare, est l'occasion de porter un regard différent sur ces patients qui, l'espace d'un instant, échappent à leur quotidien pour nous livrer leur univers. »

théâtre

13 h 30

15 h Conférence gesticulée « Je tisse du lien social ou je prends mes précautions ? ». Jacqueline Etienne-Leclercq essaie de dénouer les nœuds de son histoire d'assistante sociale pour comprendre comment on peut renforcer le lien social au lieu de produire la « décohésion sociale ». « La conférence gesticulante mélange savoirs théoriques et expériences vécues. C'est un outil d'éducation populaire par excellence. »

15h45 - 17h30 Théâtre Forum avec Miss Griff Association Après la présentation de quelques situations du quotidien d'un travailleur social, les spectateurs vont devenir acteurs pour explorer les alternatives, s'entrainer à lutter et inventer sur scène pour mieux le faire dans la vie. La question est de savoir si dans certaines conditions, les personnes dites « accompagnées » et les travailleurs sociaux peuvent encore avoir une influence dans la lutte. Expositions • stands • installations (Toute la journée) Romeurope « Cette exposition s'inscrit dans un objectif de déconstruction des stéréotypes envers les Roms et vise de manière ludique et pédagogique - avec l'appui de dessins et de textes - à remettre un peu les idées à l'endroit et les préjugés à l'envers »

Expo BD

Planches graphiques de Quentin Dugay « Il y a un peu plus de 10 ans, une crise d'adolescence explosive m'a conduit à de courts séjours en hôpital psychiatrique. Je ressassais depuis longtemps cette période de ma vie, sans parvenir à comprendre. A l'occasion d'un stage de bande dessinée, j'ai trouvé la manière d'exprimer ces moments, qui se diluent progressivement dans le temps. »

La Folie Grigny,

Rencontre/installation d'Adel Tincelin. A partir de 18 h Durant 6 mois, de décembre 2013 à mai 2014, un appareil photo circule dans le bidonville de la Folie à Grigny, de baraque en baraque, entre les mains des femmes, afin de réaliser des images vidéos de leur quotidien. Cette rencontre suit la réalisation d'un livre l'année précédente avec les habitants d'un bidonville de Ris Orangis ».

Zone de gratuité

Diggers A San Francisco les Diggers avaient proclamé la gratuité révolutionnaire. Plus modestement, puisque le bazar des uns peut faire le bonheur des autres ! Amenez vos vêtements, livres, plantes… Ce n'est pas du troc, il est possible de donner sans prendre et inversement.

Collectifs de luttes, médias alternatifs, librairies, éditeurs indépendants Avec la participation de la commission Action Travail Social Nuit Debout ; de l'éditeur « Libertalia » ; de la librairie de Bobigny « A la librairie » ; de collectifs militants ; d'équipes de prévention spécialisée, de fanzines, etc. RESTAURATION/BUVETTE Toute la journée : restauration légère Le soir : repas africain préparé par « Femmes Relais »

Soirée en musique

« Paul et Dafné », musique grecque Moïses peace and love, dub/reggae Trotski Nautique, antifolk avec boite à rythmes Espace enfants ! De 10 h à 19h30, Espace prévu pour les bambins avec du dessin, des jeux de société, un coin pour les tout-petits … 15 h : Atelier maquillage 16 h : Atelier peinture pour réaliser une fresque encadré par des animateurs

Entree libre
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Re: Travail Social et Engagements

Messagede bipbip » 07 Juil 2016, 16:00

Solidarité avec les travailleurs sociaux de Haute-Vienne

Solidarité avec les citoyens travailleurs sociaux !

Le 13 Avril 2016, une manifestation citoyenne a eu lieu devant le Conseil Départemental pour dénoncer la politique concernant les jeunes majeurs menée en Haute-Vienne depuis la délibération votée en octobre 2014.

Les personnes présentes à cette manifestation se sont revendiquées comme citoyens souhaitant défendre des valeurs humaines inhérentes à l’accompagnement éducatif mené par les travailleurs sociaux.

Quelques jours après, la direction du Vieux Collège a reçu des courriers émanant du Conseil Départemental.

Le 26 Avril 2016, le directeur a convoqué l’intégralité des salariés de l’établissement et les a informé que les personnels s’étant rendus à la manifestation seraient sanctionnés ; son interprétation étant que ce mouvement induirait des conséquences négatives sur l’avenir de l’établissement et son lien avec le Conseil Départemental, organe de tarification et de contrôle.

Depuis 19 salariés reçoivent un courrier les convoquant à un entretien préalable pouvant aller jusqu’au licenciement.

A ce jour, 5 personnes ont reçu une réponse leur notifiant une observation et une a été mise à pied.

François, militant CGT, particulièrement engagé dans cette mobilisation et depuis de longues années dans cet établissement, a été licencié pour fautes graves après 27 ans d’ancienneté sans aucune sanction.

Nous sommes abasourdis et révoltés par ces sanctions qui bâillonnent la liberté d’expression et le droit à défendre des valeurs fondamentales.

Nous exigeons la levée immédiate de toutes les sanctions subies par les salariés et la réintégration de François.

https://www.change.org/p/solidarit%C3%A ... ef=Default
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Re: Travail Social et Engagements

Messagede bipbip » 17 Juil 2016, 15:45

LES TRAVAILLEUSES / TRAVAILLEURS DU SECTEUR SOCIAL

Avec notre invité Batiste éducateur de rue dans les Hauts de Seine,nous parlons du métier de travailleuses/ travailleurs social,la diversité de ce métier.la difficulté de l’exercice du travail social.Dans le cadre de nuit debout,le secteur social a décidé de réagir et de d’organisé.Batiste nous parlent de son métier,de l’auto-organisation de la luttes et de la mobilisations du secteur social contre le projet de loi travail.

Emission à écouter sur Sons En Luttes : http://www.sonsenluttes.net/?LES-TRAVAI ... EUR-SOCIAL
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Re: Travail Social et Engagements

Messagede bipbip » 31 Juil 2016, 01:03

Illusions et désillusions de la participation des publics

L’objectif de la participation des usagers, des individus et des publics est durablement inscrit dans la culture institutionnelle et professionnelle des acteurs sociaux aujourd’hui. Pour autant, au fur et à mesure que cette institutionnalisation s’est « installée », nous avons remarqué une forme de désamour et une forme de désillusion par rapport à cet objectif vertueux.

Qui aujourd’hui semble croire encore que la participation des usagers pourra transformer réellement les réalités sociales vécues par les personnes et les groupes ? Et pour autant, comment pourrait on soutenir le contraire ?

Comprendre une désillusion suppose de s’intéresser à la genèse des choses et à ce qui dès le départ, pouvait clocher. En matière de « participation des publics », ce thème véhiculait dès le départ trois défauts originels, que l’on peut décliner ainsi :

Qui demande la participation ? En général ce sont curieusement les institutions et les commanditaires , voire les politiciens eux mêmes qui demandent une participation dont ils attendent un regain de légitimité et une plus value démocratique pour leurs propres actions. Cela pose évidemment problème et entache véritablement tout ce qui pourrait en découler. Quand la participation est « prescrite », peut-on en attendre autre chose que ce qui était déjà prévu ?
Dans le terme, « participation », il y a « partiel ». Le terme même de participation suppose l’inachèvement de ce que l’on se propose de mettre en œuvre. On ne participe jamais à la totalité d’une chose ; la participation concerne souvent des petites parties d’action, des volets préalables, des étapes antérieures ; en bref, … des restes.

Qui pilote la participation ? Enfin, le terme de participation suppose un guidage extérieur qu’on ne voit pas, qui n’est pas forcément dit ou clair.En bref, il y a toujours un pilote caché derrière tout processus dit de participation, un magicien d’Oz, un démiurge, en bref quelqu’un qui tire les ficelles. N’est ce pas contradictoire avec l’idéal démocratique que ce concept véhicule ?

En Pédagogie sociale, on pourrait facilement se faire accuser de n’être guère « participatifs » . En effet, comme chacun sait nos actions sont stables, régulières , organisées, assurées en quelque sorte que les gens y participent ou non. Nos ateliers de rue ne nécessitent aucune participation particulière ; ils sont au contraire la base sur laquelle toute participation devient possible.

En réalité, la Pédagogie Sociale envisage tout autrement la question de la participation ; celle ci ne peut en rester à l’état décrit plus haut. Ce qu’il s’agit de mettre en œuvre, ce n’est pas de la participation, mais de l’implication .

Et cette implication, qui n’est jamais assurée, devient possible par certaines caractéristiques de nos modes de travail et d’intervention.

Il s’agit , en particulier des principes suivants :

1/ La « clarté cognitive ». Toute participation qui serait véritable, qui permettrait une réelle implication, présuppose qu’on ait instauré une véritable clarté concernant non seulement l’action menée, mais aussi ses objectifs, ses raisons et ses moyens. On ne peut participer réellement qu’à quelque chose dont on comprend à la fois les buts et les processus ; cela suppose également que l’activité à laquelle on participe soit de même nature que le but poursuivi. C’est ce que l’on appelle « lsomorphisme » en pédagogie Freinet, c’est à dire la conformité des moyens vis à vis de fins poursuivies. C’est quelque chose de très simple, qui revient à reconnaître qu’on ne peut apprendre à être autonome qu’en étant déjà libre ici et maintenant ; il s’agit, en toute chose, de préférer une action directe, sans préalables, sans projets, sans plan, sans programme, sans pré-requis ( c’est ce que nous décrivons également comme un principe « d’inconditionnalité »).

2/ La pratique , le travail sont antérieurs à toute participation. On ne peut participer qu’à une pratique ; ce qui suppose que la participation portera toujours sur un travail effectif et concret ; il s’agit soit d’enrichir (produire) , soit de transformer (créer) son environnement. Or, que remarquons nous dans le domaine des pratiques sociales en usage, Les pratiques de participation sont le plus souvent limitées à des exercices verbaux , des réunions déliées de toute réalisation, des recueils d’avis ou de réflexions sur des abstractions.

3/ Le groupe, la communauté sont également antérieurs à toute forme de participation. Enfin la participation nécessite l’appartenance à une communauté, et d’abord il s’agit de le créer ; pour cela il faudra développer une identité collective (par le travail, la conscientisation, l’expression et la durée).Ce groupe en lui même nécessite de la stabilité (qui repose sur une asymétrie initiale des implications) et une discipline . La discipline doit pouvoir être construite et appréciée comme ce qui permet au groupe de se réaliser lui même.

L’erreur est que nous avons souvent l’image d’une forme de participation qui supposerait que tout travail collectif serait déjà réalisé avant même de le commencer. C’est une illusion positive. On conçoit le système pour des individus autonomes et fictifs, déliés entre eux et déjà déterminés , autonomes et convaincus.

Or le véritable travail social nécessite de partir de la réalité qui est en général aux antipodes pour justement , la transformer.

http://www.questionsdeclasses.org/?Illu ... es-publics
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Re: Travail Social et Engagements

Messagede bipbip » 25 Sep 2016, 01:55

Travail social engagé, travail social enragé

Le travail social est un reflet d’un bon nombre de contradictions de notre système. Il est sans cesse confronté aux marges de la société, et permet ainsi d’observer différemment le fonctionnement de cette dernière. Confrontés à cette conscience différente de la vie sociale, les travailleurs sociaux n’en développent pas pour autant massivement une conscience politique. Le secteur ne connaît donc pas de mobilisations aussi retentissantes que celles des transports en commun ou de l’Éducation Nationale par exemple. Néanmoins, à défaut d’être très visibles, les mobilisations de travailleurs sociaux sont anciennes : elles remontent au moins à mai 68, soit à peu près à l’époque de l’apparition même des multiples métiers modernes du travail social. À cette époque d’état social encore généreux, tout le secteur était porté par le développement des politiques sociales à destination des personnes vulnérables.

Depuis le dernier quart du XXe siècle cependant, comme beaucoup de secteurs dépendants des finances publiques, les paramètres de base du travail social ont été sérieusement remis en question par le développement des politiques néo-libérales. Les motifs de mobilisations pour les travailleurs sociaux n’ont alors pas manqué, confrontés à l’invasion de dogmes individualistes et libéraux. La récente actualité confirme à nouveau ce triste principe : le travail social permet, également du point de vue des politiques publiques, de mener des observations révélatrices.

La récente actualité, c’est ce qui ressemble en tout point de vue à un processus d’industrialisation du travail social – comme c’est le cas dans beaucoup de services publics. Par industrialisation, on peut entendre une transformation de ce secteur en une vaste usine à offre relationnelle et de conseils ; cela à travers trois processus massifs qui, en provenance des politiques publiques, tordent profondément le travail social.

Le premier processus, c’est un formatage des pratiques professionnelles, qui s’observe à travers la multiplication des grilles de codification des actes et des pratiques, telles que les « démarches qualité » ; telles que les évaluations en vogue, basées trop souvent sur les seuls arguments quantitatifs, et sur la correspondance des résultats reportés par les salariés avec des critères administratifs et technocratiques insensés. Cette lecture gestionnaire de l’activité est imposée de façon autoritaire par des agents bureaucratiques qui ne voient les réalités humaines de terrain qu’à travers les consultants de boîtes privées et les cadres reconvertis dans l’administration d’État.

Ce formatage des pratiques professionnelles se déploie également à travers les réformes des formations. Ce processus a des effets d’uniformisation et de standardisation des pratiques professionnelles : il se profile des formations réformées et appauvries, laissant moins de place aux sciences humaines et aux spécificités historiques des professions, des formations qui inculqueront à tous les mêmes savoirs, les mêmes méthodes, les mêmes façons de traiter les problèmes du quotidien, bref, des formations qui préparent au travail à la chaîne. Cela, surtout que les conventions collectives du secteur sont régulièrement mises en danger par les prises de position des syndicats patronaux, et que, par conséquent, avec des qualifications au rabais, beaucoup de futurs professionnels risquent d’être très bas dans les grilles salariales, ce qui dégradera leurs conditions matérielles de travail et d’existence : le travail social risque de devenir un travail mal fait, par des gens moins heureux de le faire.

Le second processus est clairement une marchandisation croissante du secteur, à la fois préparée et prolongée par les dynamiques de formatage des pratiques professionnelles. On peut aisément l’observer à travers le développement de la sous-traitance par le secteur marchand de diverses activités qui devraient relever des services publics ou de l’économie sociale et solidaire ; par l’apparition d’établissements privés et lucratifs, ayant les mêmes missions que les secteurs associatifs ou publics, et qui leur font donc une concurrence acharnée et mortifère ; par la diminution des budgets publics alloués aux secteurs associatifs ou publics ; par l’appel, en conséquent, à des financements privés, tels les Contrats à Impacts Sociaux (voir le dossier web du Collectif des Associations Citoyennes et le numéro du Progrès Social du 8 septembre, date de la dernière mobilisation de travailleurs sociaux). L’ensemble de ces mécanismes, corollaires les uns des autres, de marchandisation des secteurs sanitaires et sociaux, est renforcé notamment par les logiques portées par les traités internationaux de libre-échange, qui préparent la libéralisation des secteurs associatifs et publics (notamment l’Accord sur le Commerce des Services, voir à ce sujet l’article de Raoul Marc Jennar « Cinquante États négocient en secret la libéralisation des services » paru dans le Monde diplomatique de septembre 2014).

Le troisième processus qui traverse le travail social est la forte prolétarisation des professionnels qui se développe à divers niveaux. Les étudiants en travail social, souvent issus de familles populaires ou moyennes, accèdent de plus en plus difficilement à des stages de qualité et doivent trouver d’autres sources de revenus ; une fois devenus jeunes professionnels, ils gagnent généralement moins que le salaire net médian en France, qui en 2013 était de 1772 euros d’après l’INSEE. Si par malheur le travailleur social s’avère être une travailleuse sociale, ce qui est le cas pour une écrasante majorité d’entre eux, s’ensuivent d’autres situations d’inégalités socioprofessionnelles entre hommes et femmes au travail. Enfin, une des principales dimensions de ce processus de prolétarisation est une forme d’aliénation, une souffrance au travail , résidant dans la perte de sens du travail effectué, sous le coup notamment du formatage et de la marchandisation du secteur.

Ainsi, la combinaison spécifique de ces trois dynamiques peut nous amener à considérer que les travailleurs sociaux sont face à une vaste logique d’industrialisation du cadre et de la signification de leurs activités : ils deviennent des ouvriers de la relation. Cette logique d’industrialisation est bien entendu en contradiction totale avec les fondements de ces « métiers de l’humain », comme disent les professionnels, artisans de la relation sociale, du soin et de l’accueil, métiers qui imposent au professionnel de s’adapter à chaque personne accueillie, différemment, de l’écouter, de prendre le temps de la rencontre, de la compréhension et de la confiance mutuelle. Refonder ces métiers sous une logique industrielle ordonnant un travail standardisé, marchandisé et dénué de sens, risque de mener à des catastrophes humaines et sociales.
Face à ces logiques cependant, un grand nombre de travailleurs sociaux se mobilisent à travers des organisations ou réseaux militants. Ces derniers sont nombreux à fleurir ces temps-ci, comme preuve que l’adversité peut pousser à l’organisation : l’intersyndicale des États Généraux Alternatifs du Travail Social, les collectifs tels qu’ Avenir Educs, ou la Commission Action Travail Social - Nuit Debout Paris, le Collectif Dessalariesdusocial à Rouen, etc., ainsi qu’une multitude de collectifs locaux. En effet, selon certains points de vue, le développement des conditions ouvrières de vie et de travail peut mener à des prises de conscience collectives de la situation, et susciter un changement social. Pour des politiques sociales de qualité, pour les cultures professionnelles, pour les métiers qualifiés, et pour une certaine forme de service public, c’est une question de vie ou de mort…

Jonathan Louli, sociologue, anthropologue, travailleur social en banlieue parisienne.

https://www.facebook.com/leprogressocia ... 05454815:0
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Re: Travail Social et Engagements

Messagede Pïérô » 28 Sep 2016, 02:17

Lyon, jeudi 29 septembre 2016

Rencontre et discussion sur l’absurdité du travail social

Rencontre et discussion avec des membres du collectif PUS (professionnels de l’urgence sociale), à 19h, au 44 rue Burdeau (Lyon 1er).

Rencontre et discussion sur l’absurdité du travail social

Le rôle du syndicat est de défendre les conditions de travail, nous sommes bien d’accord. Mais à la CNT la défense des conditions de travail est inséparable de la question du sens et de l’intérêt du travail et donc de la remise en cause du travail. Pourquoi et pour qui travaillons-nous ? Les travailleurs sont les mieux à même de savoir à quoi correspond le travail qu’ils effectuent, à qui et à quoi il sert.

Si le fondement du travail est l’exploitation, ne peut-il pas avoir un intérêt social, collectif au-delà du profit de la classe dominante ?

Si il y a longtemps que les travailleurs-euses ont compris que le travail ne rendaient pas libre, ne sommes nous pas tous et toutes à la recherche d’épanouissement et de sentiment d’être utile ?

Pourquoi avons nous de plus en plus un sentiment d’absurdité face aux exigences de nos employeurs ?

Peut-on travailler à tout prix, juste pour gagner du fric, sans se poser de questions ? Est-ce que la seule autre alternative est de refuser de travailler ?

Les salariés des domaines sanitaire et social, secteur sensé être sans profit, sont parmi les premiers concernés par la question du sens et de l’intérêt du travail. Bien souvent, nous ne sommes qu’une courroie de transmission et docilement admettons que notre travail consiste à faire rentrer dans le rang tout ce qui en sort, malades, jeunes en difficulté et qui en créent et, bien sûr, sans logis et sans papiers...

Devons-nous accepter cela ?

De quel côté devons-nous nous situer ? Du côté de ceux qui, au prétexte qu’ils nous paient (assez mal d’ailleurs) veulent nous faire faire du contrôle social, de la répression, de la sélection au rythme de la performance, de la restructuration, du management, de la libéralisation ? Ou du côté de ceux et celles que nous côtoyons tous les jours, les victimes de l’injustice, des inégalités et de l’exclusion ?

A la CNT, nous pensons que ce sont sont les salariés et les personnes accompagnées qui doivent ensemble, tenter de poser les bases d’un autre ordre, fondé sur l’autogestion et sur la recherche de la justice de l’égalité sociale et de la liberté.

Les travailleurs et travailleuses de l’urgence sociale sont au premier rang et ils ont souhaité via le collectif des professionnels de l’urgence sociale (PUS), partager les situations difficiles qu’ils et elles rencontrent, la révolte qui les saisit souvent au rôle qu’ils sont contraints de jouer, pris dans des paradoxes insurmontables, et aussi partager les solutions, outils, alternatives élaborés collectivement lors de leur lutte.

Contact : 04 78 27 05 80 cnt.sanso69@free.fr

http://www.cnt-f.org/rencontre-et-discu ... ocial.html
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