Enseignants précaires en luttes

Re: Enseignants précaires en luttes

Messagede Pïérô » 03 Déc 2014, 14:12

Précaires : les très mauvaises « bonnes pratiques » de l’université de Tours

Communiqué de Sud Éducation 37 à propos de la « charte des bonnes pratiques » mise en place par l’Université de Tours pour encadrer le recours aux contractuels.

L’université de Tours, depuis cette année, fait signer aux contractuels qu’elle emploie une « charte des bonnes pratiques pour l’accompagnement des personnels contractuels » afin, prétend ce document, « d’améliorer l’accompagnement des personnels recrutés en contrat à durée déterminée » et de « promouvoir un processus d’accompagnement du parcours professionnel de l’agent » ou encore, pour le néo-recruté, de « préparer également son projet professionnel et de définir les orientations qu’il souhaite donner à sa carrière ».

On comprend bien qu’il y a déjà un certain paradoxe à faire signer par le contractuel recruté ce qui relève principalement de l’Université employeur. Dans les faits, il s’agit, en demandant leur signature, de soumettre les contractuels à des formes d’auto-soumission face à un texte pseudo-juridique qui n’a aucune valeur légale et que l’université n’arrive toujours pas à respecter elle même puisqu’elle emploie encore aujourd’hui des personnels sans contrats (pratique illégale d’ailleurs dénoncée dans la charte).

L’affaire pourrait n’avoir qu’une importance relative et tourner au ridicule, si dans le même temps, l’Université de Tours ne prenait pas prétexte de cette signature pour trier les « bons » et mauvais « candidats ». Certains contractuels en effet, refusant de signer ce document, se sont vus désignés par la Direction des Ressources Humaines, via des mails adressés à différents directeurs de laboratoire, comme de véritables « moutons noirs » de l’institution, pouvant craindre ainsi fortement pour leur éventuel réemploi.

Classer les contractuels selon leur degré de docilité et persévérer dans des pratiques douteuses sans être inquiété, serait-ce le véritable but de cette« charte des bonnes pratiques » ?

SUD éducation appelle les directeurs de laboratoire, les chefs de projets, et autres personnels chargés des recrutements de contractuels, à appuyer ces derniers dans leur refus de signer cette charte.

Illustration : précaires arborant la « charte des bonnes pratiques » en guise de couvre-chef, sous l’œil attendri de la présidence de l’Université.

http://larotative.info/precaires-les-tr ... s-710.html



Réunion nationale des collectifs de
précaires de l'enseignement supérieur et la recherche


Week-end des 6 et 7 décembre 2014 - Paris

Planning du week-end :

Samedi 6 décembre
•Accueil à partir de 13h30
• 13h45 - 14h00 : Introduction par les collectifs organisateurs
Présentation des motivations et perspectives de ce week-end de réunion.
• 14h00 - 16h00 : Présentation des collectifs et personnes présentes
• 16h30 - 19h30 : Discussion sur les objectifs et la forme d'un regroupement / d'une coordination nationale des collectifs de précaires
(avec petite pause vers 18h00 si nécessaire)

Dimanche 7 décembre
•Accueil à partir de 8h45
• 9h00 - 11h00 : Resserrement des discussions de la veille
• 11h30 - 13h00 : Conclusion, problèmes techniques, et futures échéances


Dans l'ensemble des structures de l'enseignement supérieur et de la recherche (universités, écoles,laboratoires, etc), la précarisation des étudiant·e·s, doctorant·e·s et personnel·le·s administratifs et de recherche ne cesse de croître.

Dans un contexte de réduction drastique des financements des services publics, et de l'enseignement supérieur et de la recherche (ESR) en particulier (amputation de 20% pour les dotations de 2014), on assiste à une destruction planifiée des services publics et donc de nos conditions d'études et de travail, à un accroissement du nombre de non-renouvellement des postes de titulaires, et à une banalisation du recours aux contrats courts non-renouvelés pour des postes pourtant essentiels aux missions d'enseignement et de recherche, transformant ainsi progressivement la précarité en norme d'emploi dans l'ESR.

Tout cela débouche sur une dégradation des services publics dans lesquels nous travaillons, au détriment des salarié·e·s techniques, administratifs et de recherche, dont les conditions de travail se détériorent à grand pas, mais aussi des étudiant·e·s et jeunes chercheurs/euses, qui font face à des structures de moins en moins capables de répondre à leurs besoins, ainsi qu'à un manque criant de perspectives d'emploi dans l'ESR.

Nos conditions d'étude et de travail se précarisent, avec tous les effets délétères qui l'accompagnent :accroissement des inégalités sociales et économiques entre étudiant·e·s, financement des études et de la recherche en recourant à des petits boulots précaires ou allocation chômage, injonctions au travail gratuit et"volontaire", augmentation de la charge de travail, renforcement du pouvoir des hiérarchies, absence de perspectives professionnelles, banalisation du stress dans nos vies, sentiment de perte de sens de notre travail,etc.

Cette situation est dramatique et ne peut continuer. Or elle ne peut être résolue durablement au seul niveau local, parce que ses racines sont plus profondes (baisse généralisée des budgets des services publics,politiques nationales de transformation progressive des universités en entreprises privées), mais aussi parce qu'à l'échelle locale nos forces sont plus limitées.

Notre dispersion actuelle est une entrave à nos réussites. Elle nous empêche de construire un véritable rapport de force face au gouvernement et de visibiliser nos luttes et nos revendications. Cela débouche parfois sur de la frustration, l'impression de ne pas avoir de prise sur nos conditions de travail. Il est grand temps d'y remédier !

Face à la précarité, la solidarité est notre seule arme !

Pour retrouver notre dignité et garantir un service public de l'ESR, nous appelons donc l'ensemble des regroupements de précaires (collectifs, associations, syndicats locaux, etc) existant dans les diverses structures d'enseignement supérieur et de recherche de France à participer à une réunion nationale le week-end des 6 et 7 décembre sur Paris, afin de :
• discuter des modalités d'échanges et de mise en commun de nos situations et revendications locales face à la précarité dans l'ESR,
• envisager les possibilités de coordination de nos activités à une échelle nationale, tout en respectant évidemment la diversité de nos situations locales.Le lieu exact de la réunion sera annoncé prochainement.

N'oubliez-pas de prévenir de votre présence en écrivant à l'adresse suivante : victorine.triolet@gmail.com

NB : les collectifs parisiens prendront en charge le logement des membres des collectifs de province assistant à la réunion. Nous appelons par ailleurs les collectifs parisiens à organiser des collectes d'argent afin de partager les coûts de transport avec ceux de province.

Signataires de l'appel :

Collectif contre la Précarité à l'EHESS et dans l'ESR, Collectif des vacataires et précaires de l'Université Lyon 2, Sud Éducation Paris 1.
Image------------ Demain Le Grand Soir --------- --------- C’est dans la rue qu'çà s'passe --------
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Re: Enseignants précaires en luttes

Messagede bipbip » 24 Jan 2015, 04:09

Grève des vacataire de Science Politique à Lyon 2
Nous, vacataires du département de science politique, travaillons depuis septembre 2014 sans aucun contrat de travail et sans rémunération.

Après les diverses promesses de la DRH et de la présidence de l’université (« des contrats au 31 octobre » ; « régularisation des situations en janvier 2015 »), force est de constater que la situation est inchangée.

Étant donné que le second semestre a débuté sans aucune amélioration de notre situation, la majeure partie d’entre-nous, avons décidé de se mettre en grève et appelons l’ensemble des vacataires de notre université à faire de même ; et l’ensemble des titulaires et des étudiants à se solidariser avec ce mouvement !

Nous exigeons immédiate la signature des contrats de travail pour tous les vacataires du premier et du second semestre. Et l’opération de « rétention des notes » se poursuit jusqu’à l’activation de la mise en paiement des vacataires.

Face à cette situation toujours plus catastrophique nous exigeons toujours :

- Un contrat signé avant de commencer les cours, non conditionné à l’inscription administrative
- Le paiement mensualisé dans le mois qui suit des heures effectuées.
- La précision dans le contrat de travail du délai de rémunérations ainsi que des « tâches annexes » à la charge d’enseignement qui doivent être rémunérées (paiement des surveillances de partiels, corrections de copies, réunions …)
- L’envoi immédiat de la feuille de paie en même temps que le versement du salaire
- Un engagement ferme sur la tenue des TD au moins un mois avant le début des cours, c’est à dire pas de fermeture de TD quelques jours avant le début du semestre
- Amélioration de la visibilité des procédures de recrutement.

Mais aussi :

- L’augmentation du nombre de contrats statutaires : CDU, ATER et MCF
- La limitation à 30 étudiant-e-s par TD
- Le remboursement des déplacements pour les vacataires n’étant pas de Lyon et le remboursement par l’université de 50% de l’abonnement de transport
- La simplification de la procédure d’inscription en doctorat
- La gratuité de l’inscription pour les doctorant.e.s, et étudiant.e.s employé.e.s par l’université, quel que soit leur statut
- Une harmonisation des contrats de travail entre les différentes composantes

http://rebellyon.info/Greve-des-vacatai ... tique.html
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Re: Enseignants précaires en luttes

Messagede bipbip » 12 Fév 2015, 07:56

Lyon, Rassemblement devant la DRH (86 rue Pasteur, 69007)
Jeudi 12 février à 10h

Rassemblement de soutien aux vacataires de Lyon 2

Depuis lundi 26 janvier, des vacataires-enseignant.e.s de plusieurs disciplines sont en grève à l’appel du collectif des vacataires et précaires de l’Université Lyon 2. Nous, étudiant.e.s de Lyon II, dénonçons leurs conditions de travail et d’emploi, à savoir l’absence de contrat de travail depuis la rentrée de septembre 2014 et donc l’absence de paie.

Tou.te.s concerné.e.s, tou.te.s mobilisé.e.s !

Suite à un rassemblement le 29 janvier devant la DRH (Direction des Ressources Humaines) sur le campus des Quais, l’équipe présidentielle s’est fendue d’un communiqué envoyé par mail au collectif des vacataires. Cette réponse ne satisfait en aucune manière aux revendications exprimées (pas de frais d’inscription pour les étudiant.e.s vacataires, des contrats en bonne et due forme, et paiement mensualisé immédiat). La présidence se justifie en invoquant le coût que représentent les 35% d’étudiant.e.s boursier.e.s à Lyon 2, à l’heure où l’on apprend que le président lui-même se serait octroyé une "prime" de 26000€. La présidence tente de jouer le jeu de la division entre doctorant.e.s vacataires et étudiant.e.s, en stigmatisant particulièrement les boursier.e.s. Or la précarité nous concerne tous !

Lyon 2 ne représente pas une situation isolée, dans d’autres universités en France les mêmes problèmes se posent et les étudiant.e.s et travailleur.se.s s’organisent ; à Rennes 2, Montpellier 3 ou Paris 8 par exemple. L’Assemblée Générale de Lyon 2 a voté le soutien à la mobilisation de Paris 8 notamment.

Le manque de moyens met en péril nos conditions de travail et d’étude

Nous exigeons :


- Des TD à moins de 30 personnes

- Des contrats et salaires pour chaque vacataire

- Abandon des poursuites contre les syndicalistes

- Augmentation du budget (récupération des 6 milliards supprimés par l’Etat) dans le cadre d’une université gratuite, publique, et ouverte à tous

- Arrêt du contrôle des cartes étudiantes et des fouilles des sacs à l’entrée du campus des Quais

Nous appelons l’ensemble des étudiant.e.s à se joindre à la mobilisation pour défendre nos intérêts communs. C’est tou.te.s ensemble, étudiant.e.s et enseignant.e.s qu’il faut se battre pour obtenir des moyens pour des conditions d’études et de travail de qualité.

Rassemblement devant la DRH (86 rue Pasteur, 69007)
Jeudi 12 février à 10h

http://rebellyon.info/Rassemblement-de- ... re-de.html
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Re: Enseignants précaires en luttes

Messagede bipbip » 17 Fév 2015, 07:47

Université Lyon 2 - Les vacataires veulent être payés pour les heures travaillées !

Depuis début janvier, des vacataires assurant des cours à l'université Lyon 2 sont en grève. La principale revendication de ces enseignants précaires : être payés pour les heures de cours données. Certains attendent un contrat et un salaire depuis septembre, début du premier semestre.

... http://france3-regions.francetvinfo.fr/ ... 54425.html
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Re: Enseignants précaires en luttes

Messagede bipbip » 03 Mar 2015, 07:42

Lyon
Université low-cost : va-t-on enfin se mobiliser ?

La précarité, c’est l’instabilité de ses revenus, le sentiment de ne pas avoir de sécurité, aucune possibilité de se projeter à plus long terme.

À Lyon 1 comme ailleurs, il y a énormément de précarité, chez les étudiant•e•s comme chez les personnels (contractuel•le•s renouvelé•e•s petit à petit, sans vision à long terme, enseignant•e•s vacataires sans droits, etc.).

Parmi les personnels de Lyon1 de toutes catégories (administratifs, chercheur•e•s, enseignant•e•s, ingénieur•euse•s, technicien•ne•s,collectif des vacataires précaires personnels sociaux, de santé, des bibliothèques) environ 1 personne sur 3 est contractuelle (CDI ou le plus souvent CDD) et sans réelle perspective d’accès à un poste statutaire.

En France, en 2014, il y avait environ 130 000 vacataires enseignant•e•s dans les universités. Il y a environ 3000 vacataires à Lyon1. Certain•e•s ont choisi cette modalité de travail car elles et ils ont une activité à temps plein par ailleurs. D’autres ne l’ont pas choisie et cumulent les vacations. La précarité est alors très forte.

À Lyon 2, un collectif de vacataires (principalement des enseignant•e•s) est actuellement très mobilisé. Ils et elles font grève, actions, assemblées depuis 6 semaines maintenant. Depuis le début de l’année universitaire elles et ils sont sans contrat de travail et reçoivent un salaire ridicule avec des mois de retard.

Leurs revendications sont évidemment de régulariser leur situation d’urgence (respect du droit du travail, contrats, salaires), mais elles vont au-delà : renforcement des emplois stables, conditions d’enseignement, paupérisation de l’université … Cela nous concerne aussi à Lyon 1, n’est-ce pas ?

Étudiant•e•s, enseignant•e•s, personnels :

venez rencontrer les vacataires en lutte à Lyon2

Le 3 mars 2015 de 12H30 à 14h30

Amphi 2 du déambulatoire (campus de la DOUA)


Une délégation du collectif des vacataires précaires viendra nous rencontrer et échanger sur les situations vécues ici et là. Si vous ne pouvez pas venir, écrivez à l’adresse du collectif précarité pour témoigner de votre situation :
collectif.precarite@douaalter.lautre.net

Important : les personnels ont le droit de s’absenter de leur service pour participer à cette rencontre. Le Président de l’Université a accepté la demande d’heures d’informations syndicales, qui vaut autorisation d’absence de 12h30 à 14h30 pour le personnel de Lyon 1.

http://rebellyon.info/Universite-low-co ... in-se.html
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Re: Enseignants précaires en luttes

Messagede bipbip » 11 Mar 2015, 18:47

Université : Pas de contrat, pas de paye, pas de paix !

Depuis octobre 2014, les enseignantes et enseignants vacataires de Lyon 2 s’organisent pour obtenir des contrats de travail, et les payes qui vont avec ! Leur lutte donne un aperçu de l’ampleur de la précarité dans l’enseignement supérieur.

Mercredi 15 octobre, une quarantaine de vacataires (enseignants chargé-e-s des travaux dirigés) investissent l’escalier de leur DRH, exigeant d’être reçu par Jean François Goux, un des vice-présidents de l’Université Lyon 2. Une exigence d’ouverture de postes ? Une procédure de licenciement ? Une demande de revalorisation des salaires ? Rien de tout cela. En réalité, ce matin là, les vacataires de Lyon 2 ont outrepassé les bornes du raisonnable. Faisant la sourde oreille quant aux difficultés budgétaires de l’établissement, ces enseignants et enseignantes qui assurent les cours depuis plus d’un mois osent effrontément demander à leur employeur la signature de contrats de travail afin d’être toutes et tous payé-e-s !

Se battre… pour un contrat de travail !

Comme de nombreuses autres universités, Lyon 2 emploie un important contingent de travailleur et travailleuses vacataires. Nous assurons des tâches d’enseignement mais sommes aussi présent-e-s dans les services administratifs. Si les titulaires assurent les cours magistraux (CM), les vacataires assurent quant à eux entre 20 et 80% des travaux dirigés (TD) dispensés dans les facultés. Nous avons des statuts différents (doctorant-e-s, étudiant-e-s en Master, auto-entrepreneur, professionnel dans le secteur de la matière enseignée), ce qui rend l’organisation et la transmission d’information plus compliquées. Toutefois, notre point commun est d’avoir travaillé durant tout un semestre sans contrat de travail et donc sans paye. Pour la plupart, notre statut d’étudiant-e-s nous contraint même à payer des frais d’inscription à l’Université, notre « employeur » !

Au mois d’octobre 2014, un petit groupe d’enseignant-e-s vacataires, décide d’organiser une première assemblée générale. Une quarantaine de personnes répondent présentes. Ils et elles enseignent en sciences politiques, en art du spectacle et en anthropologie. La très grande majorité n’a jamais fait partie d’aucune lutte, une minorité est syndiquée mais la colère est bien présente.

Le problème ne date pas de cette année. Certains et certaines n’ont même pas été payé-e-s pour des heures effectuées l’année 2013-2014. Nos TD sont surchargés : plus de 40 étudiant-e-s par cours ! Une première plate forme de revendications est rédigée. Au cœur de nos exigences : le remboursement des frais d’inscription, la limitation du nombre d’étudiant-e-s par TD, la signature d’un contrat de travail et la mensualisation des payes. Rien de révolutionnaire et pourtant il faudra plus d’un semestre de lutte pour que la direction de Lyon 2 accepte d’ouvrir une discussion sur ces questions ! Ce fameux matin d’octobre, les vacataires posent leurs revendications à la DRH de Lyon 2. Mr Goux tente de minimiser le problème. Des promesses sont formulées : tous les contrats seront signés fin octobre. Il donne sa parole. L’avenir nous démontrera qu’elle est sans aucune valeur. Il écarte la possibilité de remboursement de nos frais d’inscriptions, tout comme celle de la limitation du nombre d’étudiant à 30 par TD. Pour la mensualisation, il nous demande de lui trouver nous-même des solutions ! Il ironise sur la menace de grève. Lui, nous dit-il, ne travaillerait pas sans contrat. Nous lui laissons deux semaines pour nous apporter une réponse et régulariser la situation. Il ne daigne pas nous faire l’honneur de sa présence lors du rendez-vous suivant.

Du coté des vacataires, on s’organise : assemblées générales, blog, liste mail, diffusion de tracts et affichage massif. La convergence avec les étudiant-e-s est une réussite : la très grande majorité nous soutiennent et viennent grossir nos rangs lors de nos actions.

Le mois de décembre est celui des examens. Nous sommes réquisitionné-e-s pour surveiller ces heures. Elles ne nous seront pas payées. Il paraît qu’il s’agit des « taches annexes » comprises dans le service et mentionnées dans le contrat de travail. Il a beau jeu Mr Goux de nous mentionner ce qui est dans le contrat. De toute façon, le contrat, on l’attend toujours. Pour la plupart, nous assurons aussi la correction de ces examens, action pour laquelle nous ne recevons aucune rémunération.

Nouvelle visite au DRH. Le ton monte, Mr Goux tente de nous faire avaler qu’il est « dans la même barque que nous ». Il refuse de reconnaître que cette situation est due aux politiques budgétaires de l’équipe présidentielle et que la précarité à l’Université est accentuée par la LRU (loi sur l’autonomie des université de 2008-2009). Il affirme qu’il s’agit simplement d’un problème lié aux facultés, « aux composantes ». En clair, Mr Goux rejette la faute sur les titulaires, les services administratifs et… sur les vacataires qui trainent à remplir leur dossiers ! Devant tant de mépris et l’absence de prise en compte de notre situation, notre réponse tombe : nous refusons de communiquer les notes du premier semestre tant que la direction n’a pas apporté une réponse satisfaisante à nos revendications.

Seule réponse possible : la grève

Le mois de janvier est là, et avec lui le second semestre arrive, le turn-over des vacataires s’opère. Nous enseignons depuis maintenant cinq mois sans contrats de travail, ni payes. La presse a vent de l’affaire. La presse locale, Rue89 et Libération nous contactent. A la suite de l’article de Rue89, la direction de Lyon 2 cherche à diviser le mouvement en s’en prenant aux services administratifs qu’elle accuse d’inefficacité. Jean-Luc Mayaud, président de Lyon 2, connu pour sa gouvernance autoritaire et son aptitude à réprimer les luttes, déclare que notre mouvement n’est que l’affaire « de trois gauchistes excités ».

Lors d’une grande réunion d’information des titulaires de sciences politiques sur la situation de l’université, nous annonçons le début de la grève des cours et la rétention des notes jusqu’à la signature du contrat et la mise en paiement. Le résultat est impressionnant : le département de sciences politiques compte plus de 95 % de vacataires grévistes, 80% en anthropologie ! Moins massive en sociologie ou en art du spectacle du fait du faible nombre de vacataires, elle est néanmoins présente. Dans d’autres facultés, la rétention des notes s’organise également.

Les rendez-vous devant la DRH prennent alors une autre forme. Accompagné-e-s des éudiant-e-s, nous sommes 200 à venir remettre à la direction une lettre par laquelle nous lui signifions la reconduction de la grève et de la rétention des notes tant que nous n’obtenons pas satisfaction. Nous leur donnons une semaine pour nous répondre. En parallèle, nous organisons des tournées de services. La colère est palpable : services informatiques, services techniques, personnels d’entretien, tous nous font part de leurs conditions de travail difficiles et de la précarité de leur situation : aucun vacataire n’a été payé pour les heures du premier semestre. Paniquée, la présidence presse les services administratifs pour régler la question des contrats des vacataires en trois jours. Pour pallier à sa propre incompétence, la présidence se décharge de ses responsabilités sur des services déjà surchargés. Lorsque les premiers contrats arrivent, elle s’empresse de crier sur tous les toits à l’ensemble de l’université que la situation est réglée. Si des contrats commencent effectivement à tomber, nous n’avons aucune réponse satisfaisante sur le reste de nos revendications. Par le mépris de classe qui la caractérise, l’équipe présidentielle tente d’expliquer l’impossibilité de nous exonérer de frais d’inscription : l’université compte 35 % d’étudiant-e-s boursiers et ce sacrifice économique l’empêche de nous dispenser des 600 euros d’inscription annuel ! Salauds de pauvres !

La lutte continue et se propage, en signe de solidarité, plusieurs facultés ont décidé de bloquer et de reporter les jurys : l’université Lyon 2 ne valide plus les semestres.

La dernière rencontre avec le DRH est éclaboussée par un scandale financier qui ne fait que nous renforcer. Alors que l’on chante les nécessités de la rigueur aux enseignants et enseignantes vacataires et qu’on externalise le personnel d’entretien à Lyon 2, comment comprendre le fait que le président de Lyon 2 s’attribue illégalement une prime d’excellence de 6 700 euros ? Le dialogue est impossible : nous exigeons d’être payé-e-s, la direction nous propose un acompte de 80 % pour des heures déjà effectuées !

A ce jour, une majorité d’entre nous dispose du fameux contrat de travail. La paye nous est promise prochainement… Un refus nous a été signifié quand à nos demandes de baisse d’effectif par TD, d’ouverture de postes statutaires et du remboursement de nos frais d’inscription.

Pour assurer la convergence des luttes, deux AG interprofessionnelles seront organisées mercredi 25 et jeudi 26 février. Les liens avec d’autres universités en lutte se tissent. Une lettre a été adressée aux titulaires pour qu’ils s’impliquent à nos côtés dans la lutte. La grève a été reconduite jusqu’au 28 février. Nous maintenons nos revendications et attendons également des engagements pour la rentrée. Nous restons vigilant-e-s sur les payes et sur l’éventuelle répression de ceux et celles que l’université Lyon 2 identifie comme leaders et leadeuses des luttes sociales.

Vacataires de Lyon 2, nous sommes en grève depuis plus d’un mois pour ce que tout travailleur et travailleuse est en droit d’exiger a minima. La lutte continue et la construction d’un réseau soudé de précaires est une petite victoire en soi. Au mépris de classe et à la précarité nous répondons par l’offensive. Pas de contrat, pas de paye, pas de paix.

Collectif AL Grenoble et B. (Sud Éducation Grenoble)

http://alternativelibertaire.org/?Unive ... rat-pas-de
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Re: Enseignants précaires en luttes

Messagede bipbip » 13 Mar 2015, 10:19

Victoire des enseigant-e-s vacataires de Lyon2 et de leur soutiens

Hourra ! Après plus de six mois de mobilisation, six semaines de grèves et deux heures et demi de camping sur le campus des Quais, la mobilisation des enseignant-e-s vacataires précaires sort victorieuse du bras de fer avec la présidence de l’université.

Devant l’occupation de la cour ERRATO du 4 bis rue de l’Université à l’aide d’une quinzaine de tentes en signe de protestation contre l’absence de rémunération pour les heures effectuées et le racket aux frais d’inscription (l’équivalent de 12 heures de TD), la présidence a enfin plié et concédé :
– le remboursement des frais d’inscription (hors sécurité sociale) pour tou-te-s les étudiant-e-s enseignant-e-s vacataires de l’année 2014-2015 ;
– la création d’une commission tripartite composée pour un tiers de vacataires enseignant-e-s chargée de plancher sur les conditions de recrutement.

Nous nous félicitons de cette première victoire, annonçons que nous resterons vigilant-e-s sur l’application de ces engagements ainsi que sur la poursuite du règlement de la situation du point de vue des contrats et de la mise en paiement des heures, ainsi que sur la prise en compte de la revendication de pérennisation de la procédure d’exonération sur la base du service prévisionnel dès le premier TD pour les années qui suivront. Nous resterons par ailleurs vigilant-e-s sur le fait que les personnes identifiées comme grévistes et mobilisées dans le cadre de ce mouvement ne fassent pas l’objet de répression de la part de l’université.

Nos revendications portent également sur d’autres aspects :
– limitation des effectifs en TD à 30 étudiant-e-s ;
– ouvertures de poste ;
– engagement ferme sur la tenue des TD un mois à l’avance ;
– revalorisation du taux horaire des TD au titre de la prise en compte de la charge correspondant aux tâches annexes ainsi qu’au titre de compensation pour la précarité induite par les conditions d’emploi.
Nous annonçons d’ors-et-déjà que nous porteront ces revendications devant les instances compétentes, à l’échelon local et national.

Nous profitons de ce communiqué pour remercier tous nos soutiens dans la lutte, étudiant-e-s, personnels de l’université (administratifs, techniques, sociaux, enseignants), syndicats, organisations de précaires, les soutiens venus d’autres universités ainsi que de diverses personnalités publiques et souhaitons réaffirmer à cette occasion que l’exaspération et la colère sont bien des vecteurs de mobilisation, et que les mobilisations payent.

Restons toutes et tous mobilisé-e-s pour défendre nos conditions d’étude et de travail contre les politiques rapaces qui minent l’enseignement supérieur et la recherche !

http://rebellyon.info/Mercredi-11-mars- ... e-des.html
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Re: Enseignants précaires en luttes

Messagede bipbip » 13 Aoû 2015, 13:41

Université Montpellier-III : L’unité victorieuse contre la précarité

La précarité touche le privé mais aussi largement le public. Ainsi, à l’université Montpellier-III, des travailleurs précaires ont dû lutter pour contrer la volonté de la direction Snesup de ne pas les titulariser, avec le soutien des syndicats et de personnels titulaires.

La précarisation des conditions de travail, la multiplication des CDD, le turn over des salariés, la division entre précaires et titulaires sont depuis de nombreuses années une arme redoutable aux mains du patronat contre les travailleurs. Si cette précarité est associée dans les esprits au secteur privé, elle n’est pas moins réelle dans le secteur public. À Montpellier, à l’université Paul-Valéry, c’est aussi le cas. L’université est dirigée par une liste soutenue par le Snesup. Pourtant celle-ci n’hésite pas à avoir recours massivement à des contrats précaires : vacations d’enseignement, vacataires étudiants, contractuels, services externalisés, la liste est longue… Seule la CGT joue son rôle de contre-pouvoir.

Cette précarisation des travailleurs de l’université, menée par une présidence de « gauche », est déplorable. Elle l’est tout d’abord pour les personnes qui sont précaires : elles sont moins bien payées, ne savent pas de quoi les lendemains seront faits, et de plus, si elles ouvrent la bouche, risquent de perdre très rapidement leur emploi. Elle l’est aussi pour les titulaires car ce recours massif au précariat empêche la création de postes pérennes. C’est aussi une façon sournoise d’opposer les différents statuts entre eux.

Cette situation déplorable a mené à une lutte des personnels contre la précarité à l’université Paul-Valéry. En effet, plusieurs travailleurs (Iatoss, personnels ouvriers) qui étaient sur des postes depuis plusieurs années (quatre ou cinq ans) risquaient de se faire passer tout simplement à la trappe par l’administration pour éviter de les titulariser, comme elle est tenue de le faire après un certain nombre de CDD. Pour certains, ils ne manquaient que trois mois de contrats ! Face à cela, des personnels titulaires et précaires ont décidé de lancer une lutte afin de défendre l’emploi de ces contractuels précaires et de montrer que la solidarité de classe paie.

Tout a commencé par une réunion entre les travailleurs et la direction au cours de laquelle les titulaires ont rappelé leur revendication, à savoir une titularisation de leurs collègues contractuels et ce, quelle que soit la durée de leur contrat. Les travailleurs mobilisés ont rappelé à la direction l’illégalité des contrats sur postes pérennes, ainsi que l’illégalité du turn over de contractuels.

Le « diviser pour mieux régner » a échoué

Face au mépris exprimé au cours de cette réunion, les travailleurs ont décidé d’informer la communauté universitaire via des e-mails. Des tracts ont été diffusés plusieurs matinées de suite aux entrées de l’université, que ce soit par des titulaires, des contractuels, des étudiants ou des syndiqués.

Les travailleurs ont également demandé à la rectrice une audience. C’est le secrétaire général du rectorat qui a reçu une délégation, et non la rectrice. Aucune prise de position, ce qui n’a fait que confirmer le statut de représentant de l’État.

Ce mouvement a mené jusqu’à l’appel à une journée de grève, à une date symbolique, celle du premier jour des examens à gros effectifs et du comité technique. C’est de cette façon que les travailleurs voulaient dénoncer les difficultés à mener à bien les missions d’une université sans travailleurs.

La tactique habituelle du « diviser pour mieux régner » a échoué. Aujourd’hui, la situation de ces contractuels est en bonne voie. Plusieurs d’entre eux sont depuis lauréats d’un concours. Les travailleurs ont été clairs avec la direction : ils seront vigilants et veilleront à ce que chaque situation aboutisse à une solution pérenne.

Matthijs (AL Montpellier) et Myriam Rivoire (CGT, ancienne contractuelle)

http://alternativelibertaire.org/?Unive ... II-L-unite
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Re: Enseignants précaires en luttes

Messagede bipbip » 12 Nov 2015, 13:50

Appel à réunion des précaires et des vacataires de Lyon 2

L’année universitaire 2014-2015 à Lyon 2 avait été marquée par une grève et une mobilisation de vacataires en réaction à la généralisation de situations précaires (absence de contrat de travail, non versement des salaires, etc). A la suite de cette mobilisation, la présidence de l’université s’était engagée à remédier à ces problèmes. Force est de constater que depuis rien n’a été fait et que la précarité reste le mot d’ordre en terme de gestion des personnels.

Vacataires sans contrat de travail, réductions de budget et des effectifs, précarisation des non-titulaires, non versement des salaires, extériorisation de certains services, cours surchargés, etc, et la liste est encore longue. Rien n’a changé depuis l’an dernier pour beaucoup d’entre nous.

Pour ces raisons, Sud Éducation Lyon 2 appelle l’ensemble des vacataires et des précaires à une réunion ce jeudi 12 novembre à 18h30 sur le campus des quais de l’université Lyon 2 afin de discuter de l’ensemble des problèmes des différent-e-s précaires et vacataires et des moyens qui pourraient mis en œuvre pour y remédier.

Rendez-vous le jeudi 12 novembre à 18h30 devant l’amphi Laprade sur le campus des quais de Lyon 2

http://rebellyon.info/Reunion-des-preca ... vacataires

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Re: Enseignants précaires en luttes

Messagede Pïérô » 12 Avr 2016, 00:54

Appel des Précaires

Appel à une journée d’action nationale des précaires de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (ESR) le 13 avril 2016

Ce 31 mars, le mouvement contre la loi travail a une nouvelle fois pris de l’ampleur en réunissant plus d’1,2 millions de manifestant·e·s. Après plusieurs semaines de mobilisation des lycéen·ne·s, étudiant·e·s et salarié·e·s dans toute la France, la colère s’organise et ouvre de nouvelles perspectives. Autour de ce projet de loi s’est cristallisé un ras-le-bol général contre la précarité et contre le fait que nos conditions de travail ne cessent de se dégrader.

Nous, enseignant·e·s-chercheur·e·s et/ou chercheur·e·s non-titulaires de l’ESR, (docteur·e·s sans postes, doctorant·e·s sans financement, vacataires, contractuel·le·s, ATER…), comme d’autres, connaissons bien cette précarité. Caractère dérogatoire des vacations qui privent d’un certain nombre de droits sociaux, vacations payées des mois plus tard, aberration de devoir payer notre propre employeur pour pouvoir travailler à travers les frais d’inscription, délais d’attente ubuesques des allocations chômage, décalage de l’entrée en vigueur des contrats doctoraux et d’ATER par rapport au début des enseignements entraînant un décalage d’un à plusieurs mois du versement du premier salaire, conditions matérielles et psychologiques de travail dégradées, suppression d’un mois de salaire pour les contractuel·le·s enchaînant sur un poste d’ATER, contrats antidatés, situations de travail gratuit, annulation à la dernière minute de vacations attribué·e·s à des doctorant·e·s qui n’ont pas d’autres moyens de financement, dépassement des heures de service sans rémunération complémentaire, pressions et pratiques de censure, etc. Bref, autant de situations qui feraient l’objet de condamnations pénales et/ou prud’homales en-dehors du secteur public.

Réuni·e·s en AGs ou en collectifs, nous nous mobilisons depuis plusieurs semaines, voire plusieurs mois, pour l’amélioration de nos conditions de travail, immédiatement et à long terme, dans de nombreuses institutions (Aix-Marseille, Bordeaux, Lyon 2, Nord, Paris 1, Paris 8, Poitiers, Science Po Paris, Strasbourg, Toulouse…). Ces dernières semaines, nous nous sommes impliqué·e·s de diverses manières dans le mouvement contre la loi travail. Nous sommes déjà le futur que nous prépare la loi El Khomri. Ces situations de précarité, que la loi travail en tant qu’offensive idéologique majeure va renforcer pour l’ensemble des travailleur·e·s, du public comme du privé, ne sont pas acceptables.

Nous, précaires de l’ESR, nous nous engageons dès ces prochains jours à :
• amplifier les mobilisations locales, sectorielles des précaires de l’ESR, en les articulant avec la mobilisation contre la loi travail,
• affirmer notre solidarité avec les étudiant·e·s grévistes et parfois réprimé·e·s,
• nous mobiliser contre le projet de loi travail et pour conquérir de nouveaux droits pour les enseignant·e·s/chercheur·e·s précaires de l’ESR et d’ailleurs, et faire respecter ceux existants.

Nous avons passé du temps à partager nos expériences de travail précaire, à échanger sur nos conditions de travail dégradées. Il s’est vite imposé qu’il nous fallait à tout prix éviter l’isolement et la gestion individuelle de ces conditions de travail inacceptables ! Nous avons pour certain.e.s construit collectivement des revendications, et il reste difficile de les porter localement, pris·e·s dans les logiques d’individualisation, d’atomisation, de domination et de concurrence propres à notre situation de travail. Nous décidons alors de tout mettre en œuvre pour nous organiser collectivement et à l’échelle nationale, affirmant ainsi, malgré des réalités locales diverses, notre unité et notre solidarité.

C’est pourquoi nous appelons l’ensemble des non-titulaires de l’ESR :
• à se constituer en collectifs locaux et/ou en assemblée générale pour discuter de la mobilisation en cours et de nos conditions de travail,
• à construire des solidarités locales et nationales avec nos collègues BIATSS et enseignant·e·s-chercheur·e·s/chercheur·e·s titulaires ainsi qu’avec les étudiant·e·s, participant ainsi à visibiliser nos situations de travail,
• à discuter de l’organisation d’une première rencontre nationale des non-titulaires de l’ESR mobilisé·e·s,
• à rejoindre et diffuser cet appel, à prendre contact avec nous.

La précarité affecte nos vies. Elle est aussi au-delà des réalités individuelles un mode de gestion dramatique des institutions : la précarité est aujourd’hui une base forte de l’organisation du travail dans l’ESR qui attaque et transforme les conditions de recherche, d’étude, de travail et d’emploi.

Dès aujourd’hui, nous appelons à une première journée d’action nationale des précaires de l’ESR le mercredi 13 avril selon des formes d’actions à décider localement : semaine sans précaires, rassemblements, actions, assemblées générales, débats… il nous faut sortir des routines et des clivages habituels, investir d’autres espaces pour parler et nous écouter. Cette journée sera le point de départ de ce qui devra être une nouvelle étape dans la mobilisation des non-titulaires de l’ESR, s’appuyant sur les expériences passées de mobilisations et des organisations syndicales et professionnelles.


Premiers signataires :
• Assemblée Générale des Précaires de l’ESR de Paris 8 et institutions rattachées,
• Collectif des enseignant·e·s/chercheur·e·s précaires d’Aix-Marseille
• Assemblée Générale des doctorant·e·s de Paris 1
• Collectif des précaires de Toulouse Le Mirail
• Collectif PAPERA (Pour l’Abolition de la Précarité dans l’Enseignement Supérieur, la Recherche et Ailleurs)
• Assemblée Générale des doctorant.e.s et enseignant.e.s précaires de Sciences Po Paris
• Collectif de précaires de l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines
• Les étudiants en lutte de l’université de Strasbourg
• Le collectif des doctorants de Paris-Sorbonne
• L’Association Dicensus – Défense et Information des Chercheurs et Enseignants Non Statutaires de l’Université de Strasbourg
• Le collectif des précaires de l’INED
• Le collectif des doctorant-e-s et précaires de l’université d’Amiens en lutte
• Le Collectif contre la précarité de l’EHESS
• Les doctorants du Centre Européen de Sociologie et de Science Politique
• Le collectif des précaires de l’ESR de Poitiers
• Association des sociologues de l’enseignement supérieur

http://precairesesr.fr/
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Re: Enseignants précaires en luttes

Messagede Pïérô » 02 Mai 2016, 11:05

Entretien croisé avec des précaires de l’Université : flexibilité, Loi Travail, la même logique à l’œuvre partout

Christian et Emmanuelle sont enseignants à l’Université, mais précaires. Nous les avons rencontrés à la fac des Tanneurs, où ils assistaient à des conférences données par les étudiants mobilisés contre la loi El Khomri.

... http://larotative.info/entretien-croise-avec-des-1527
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Re: Enseignants précaires en luttes

Messagede Pïérô » 08 Mai 2016, 22:22

Paris, lundi 9 mai 2016

AG des doctorant.e.s mobilisé.e.s de Paris 1

La prochaine AG des doctorant.e.s mobilisé.e.s de Paris 1 aura lieu le lundi 9 mai à l'INHA (salle Jullian) à 12h30.

L'ensemble des doctorant.e.s de Paris 1 est chaleureusement convié à venir y assister et à prendre la parole, de même que les docteur.e.s, les maîtres de conférences, les personnels administratifs, etc.

Puisque les décisions sont prises à la majorité, nous espérons vous y voir nombreux.ses afin que la représentativité de tous les statuts (non fincancé.e.s, vacataires, contractuel.le.s, ATER, docteur.e.s sans poste, enseignant.e.s-chercheur.e.s non titulaires, etc.) soit garantie.

L'enjeu est important. Au programme des discussions :
• Vote de l'éventuelle revendication de l'exonération des frais d'inscription pour TOU.TE.S les doctorant.e.s !
• Vote sur les modalités du mandat de ceux et celles d'entre nous qui ont été élu.e.s aux conseils centraux de l'université (fait inédit). À savoir : votes sur le concept d'AG permanente, sur la création de commissions d'aide aux élu.e.s, discussion sur la feuille de route, etc.
• Bilan des rendez-vous avec les candidats à la présidence prise de décision sur le vote de notre élue lors de l'élection du président en CA
• Point de soutien aux situations anormales dans les différentes UFR
• Discussion concrète sur les modalités de rétention des notes
• Point sur la coordination nationale (mouvement Précaires de l'ESR, Nuit Debout, etc.)

Bien entendu, la discussion est ouverte et l'ordre du jour pourra être modifié en début de séance.

Pour rappel, le mouvement des doctorant.e.s mobilisé.e.s pour l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne regroupe des doctorant.e.s de 8 ED différentes, qu'ils soient non-syndiqué.e.s ou syndiqué.e.s. Le mouvement en est à sa 6ème AG.

Page Facebook : doctorant.e.s mobilisé.e.s pour l'Université

http://precairesesr.fr/2016/05/04/proch ... 0-a-linha/
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Re: Enseignants précaires en luttes

Messagede Pïérô » 09 Mai 2016, 19:53

Emission Demain Le Grand Soir sur radio béton Tours
L’émission du 4 mai 2016 sur la précarité à la fac avec Alexandre
à écouter : http://demainlegrandsoir.org/spip.php?article1561
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Re: Enseignants précaires en luttes

Messagede Pïérô » 16 Mai 2016, 02:57

Poitiers, mercredi 18 mai 2016

Le collectif des précaires ESR de Poitiers propose un débat le 18 mai à 17h pour échanger sur l'état actuel de l'Université et pour préparer la suite de l'action collective.

Revendication des précaires ESR

Comme vous avez pu le constater la mobilisation des précaires de l'enseignement supérieur et de la recherche (précaires ESR) est en marche partout en France. Déterminé-e-s à faire reculer le gouvernement sur la loi Travail et exigeant des mesures immédiates contre la précarité dans l'enseignement supérieur et la recherche, 21 AG et collectifs soutenus par des organisations professionnelles et syndicales se sont constitués et ont monté des actions de visibilisation des précaires de l'ESR percutantes.

A l'Université de Poitiers la lutte est engagée depuis plusieurs mois par des doctorants "vacataires" unis en collectif pour obtenir ne serait-ce que le minimum syndical qui protège, rémunère et fait sa dignité au travailleur-se:

-Un contrat de travail signé avant le début du service,

-Une paye bi-mensualisée,

-Une reconnaissance de son travail en tant que personnel enseignant de l'université par l'exonération de frais d'inscription et le remboursement des frais de déplacement pour les cours donnés.

A ce jour ces droits du travail minimum ne sont pas encore garantis à l'Université de Poitiers comme dans d'autres Universités.

A ce jour les enseignants non permanents représentent 24% des personnels enseignants à l'Université en France.

A ce jour les recrutements d'enseignants-chercheurs sont en chute libre.

Allons-nous laisser faire la dynamique de la précarisation sans bouger le petit doigt ? Allons-nous laisser passer l'occasion de débattre, de se rendre visibles et de lutter aux côtés de nos collègues en marche partout ailleurs ?

Vacataires, doctorant-e-s financés et non financés, ATER, docteur-e-s sans poste, post-doctorant-e-s, contractuel-le-s, titulaires, étudiants, vous êtes tous concernés.

Le collectif des précaires ESR de Poitiers s'est réuni le 25 avril dernier. Nous avons décidé à l'issue de la réunion de poursuivre la mobilisation et d'élargir nos revendications afin d'inclure d'autres précaires de l'ESR.

Le collectif des précaires ESR de Poitiers vous propose donc un débat le 18 mai à 17h pour échanger sur l'état actuel de l'Université et pour préparer la suite de l'action collective.

Au programme :

Intervention d'un des membres du Collectif National précaires ESR.

Intervention d'un enseignant-chercheur statutaire sur sa vision du système universitaire d'aujourd'hui.

Des témoignages…

Et surtout vous et votre point de vue.

N'hésitez pas à signaler votre présence par retour de mail à cette adresse : precaires.esr.poitiers@gmail.com

En attendant de vous rencontrer et de débattre,

Les vacataires et contractuel-le-s précaires de Poitiers

http://poitiers.demosphere.eu/rv/857
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Re: Enseignants précaires en luttes

Messagede bipbip » 31 Mai 2016, 11:57

Université Paris 1 : rassemblement anti précarité mardi 31

La précarité et la précarisation massive des personnels de l’enseignement supérieur a conduit à la création voici quelques années déjà de collectifs de lutte réunis dernièrement en coordination nationale. A Paris I, la lutte a commencé par la rétention des notes et se poursuit par un rassemblement de soutien à l’occasion d’un Conseil d’Administration ce mardi 31 et conduira à d’autres actions probablement plus rudes.

Les personnels mobilisés appellent à un rassemblement de soutien à la lutte des précaires ce mardi 31 mai 14h, devant la salle du CA de Paris 1, Centre Panthéon, aile soufflot, salle 1, 1e étage (parquet).

Voici un an que les doctorant-es mobilisé-es de Paris 1 se battent pour faire reconnaître leurs droits, et notamment ceux des plus précaires d’entre-elles et eux. Nous avons essuyé de nombreux refus de dialogue de l’ancienne équipe présidentielle, nos sièges gagnés aux conseils centraux nous ont permis d’établir un premier dialogue avec les directions d’UFR, des Ecoles Doctorales et avec la nouvelle équipe présidentielle. Dernièrement, le président Haddad nouvellement élu s’était engagé à soumette au vote du Conseil d’Administration trois motions reprenant une partie, allégée, de nos revendications (lire ci-dessous).

Or, hier, le 26 mai, le président décide contre toute attente de présenter uniquement sa propre motion sur le retour des exonérations pour les doctorant-es contractuel-les et ATER de l’université, excluant l’exonération et la mensualisation des collègues vacataires. La mise au vote n’a même pas porté sur les modalités et la mise en place de l’élargissement de l’exonération sur des critères sociaux à tout-es les autres doctorant-es.

Les doctorant-es mobilisé-es ont toujours revendiqué la prise en compte de tout-es les doctorant-es, indépendamment de leurs statuts. Face au traitement sélectif de nos demandes nous, doctorant-es enseignant-es, réuni-es en AG le 26 mai, décidons la poursuite de la rétention des notes dans plusieurs UFR jusqu’au 31 mai, date d’un nouveau CA de l’université, où nous présenterons à nouveau la motion sur la mensualisation et l’exonération pour les vacataires. Nous y demanderons également des engagements plus précis sur l’évaluation des demandes d’exonération pour tout-es les autres doctorant-es.

Nous invitons tout-es les doctorant-es et précaires de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche à se rassembler à l’ouverture du CA, à 14h le mardi 31 mai au centre Panthéon (salle 1, galerie soufflot, 1er étage), pour réaffirmer que nous sommes des travailleurs à part entière de l’université tant par nos enseignements que nos vacations et surtout par notre recherche !

Les doctorant-es mobilisé-es de Paris 1

https://paris-luttes.info/universite-pa ... ement-5934
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