Etudiants mal-logés
Des conteneurs pour les étudiants
Des conteneurs pour les étudiants
Pour pallier le manque de logements, la ministre Valérie Pécresse ouvrira au Havre à la rentrée des chambres dans des conteneurs à cargo ! Près de 50 millions d’euros viennent d’être débloqués pour offrir un toit aux étudiants.
Vincent Mongaillard et Charles de Saint-Sauveur | 22.01.2009, 07h00
Face à la pénurie chronique de chambres universitaires, les étudiants pouvaient jusqu’à présent compter sur papa-maman, se ruiner pour un studio à Paris, s’aventurer dans une colocation, miser sur la générosité des personnes âgées qui partagent leur maison, voire se rabattre sur un squat. Selon nos informations, c’est dans des conteneurs d’ordinaire destinés au fret maritime qu’ils trouveront bientôt un toit !
Disposant, grâce au plan de relance, de 47 millions d’euros supplémentaires dans son budget consacré au logement, Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement supérieur, a décidé, avec une partie de ces crédits, d’expérimenter « les logements modulaires ».
Il s’agit de conteneurs d’une surface habitable de 27 m 2 et empilés sur trois à cinq étages. Confortables, ils disposent d’un parquet, d’une salle de bains, du chauffage, d’un système de ventilation, de fenêtres et même d’un balcon.
Une durée de vie de 60 ans
C’est dans les quartiers sud du Havre (Seine-Maritime) qu’une centaine de boîtes métalliques géantes équipées de panneaux solaires accueilleront, dès l’automne 2009, leurs premiers locataires. Ceux-ci débourseront chaque mois environ 300 €, un loyer incluant l’électricité, l’eau et le wi-fi. « Ils auront une vue sur le port et d’autres conteneurs… mais sur les cargos cette fois », décrit-on à la mairie du Havre, premier port hexagonal pour ce qui est du trafic de marchandises par conteneurs. Le concept qui séduit aussi actuellement les pouvoirs publics allemands, canadiens ou australiens, est né en 2006 à Amsterdam (Pays-Bas), où 1 250 étudiants sont hébergés dans ces maisons en forme de parallélépipède enrichies d’un supermarché et d’un atelier de réparation de… bicyclettes ! « C’est un vrai succès là-bas. Cela ressemble à des immeubles tout à fait normaux, on finit par oublier que ce sont des conteneurs. Leur durée de vie est de soixante ans », assure Chady Chatila, distributeur en France du fabricant hollandais Tempo Housing, inventeur de ces cités U inédites, qui répondra à l’appel d’offres lancé ces prochains jours dans notre pays. « L’avantage de ces modules, c’est qu’il y a deux fois plus de place que dans une chambre de résidence universitaire et que cela coûte beaucoup moins cher. C’est aussi nettement plus rapide à construire », s’enthousiasme Valérie Pécresse. Un appartement-conteneur prêt à être occupé revient à environ 30 000 €. Si le test s’avère concluant au Havre, d’autres villes en manque de logements étudiants pourraient avoir recours à cette formule étonnante, notamment à Villetaneuse (Seine-Saint-Denis).
Le Parisien