Bibliothèquaires en luttes

Bibliothèquaires en luttes

Messagede Sid » 04 Déc 2011, 23:27

Grève spontanée à la BU du quartier latin.

Vu sur le chat noir émeutier:

Aujourd’hui, il y a eu grève, une vraie grève, pas une intersyndicale-interprofessionnelle à deux balles et à date fixe décidée au-dessus de nos têtes, non, une vraie grève spontanée.

Le motif est tellement minable que ça fout limite la honte.

On ne réclamait pas une augmentation de salaire, on ne réclamait pas des moyens supplémentaires, nan, rien de tout ça.

Contexte :

Je travaille depuis près d’un an dans une bibliothèque universitaire en tant que magasinière contractuelle. C’est une bibliothèque récente, qui a donc été créée avec une dotation en postes minimale, parce que c’est passé de mode, les fonctionnaires. Il y a donc très peu de titulaires, la majorité des salariés sont des contractuels à des postes permanents (grosso modo, il y a un tiers de fonctionnaires pour deux tiers de contractuels). On n’est pas recrutés pour faire face à un accroissement temporaire d’activité, on est là parce que la bibliothèque ne tournerait pas sans nous, tout simplement.

Comme toute BU, notre bibliothèque est rattachée à une université, qui est notre employeur officiel. Le problème, c’est que la dite université fait preuve d’une certaine mauvaise volonté, voire d’une incompétence crasse, dans la gestion de nos contrats et de nos salaires. Les incidents ne se comptent plus : Contrats égarés (alors qu’ils ont été remis en main propre, donc c’est pas « la faute de la Poste » comme on a essayé de nous le faire avaler), non-renouvelés arbitrairement, salaires amputés de plusieurs centaines d’euros sans explication, contrats renouvelés trop tardivement donc salaire non-versé car c’est trop tard pour la mise en paiement, communication désastreuse (on oscille entre silence pesant et ton menaçant, pour situer)… Il y a eu plusieurs tentatives de régler ces différents à l’amiable, sans résultat. Personnellement, j’ai jamais vu ça, et pourtant, j’ai déjà bossé avec pas mal d’enfoirés.

A l’issu d’une réunion de service, on apprend qu’une fois de plus, un collègue ne va pas être payé en temps et en heure à cause d’un problème administratif nébuleux, qu’il a demandé un chèque à l’agence comptable de l’université, qui lui a ri au nez, qui lui a proposé un paiement de 80% de son salaire mais pas avant quinze jours (« il est 17h »), en lui faisant comprendre qu’il avait du bol, et que c’était ça ou rien. L’appui de la direction de la bibliothèque ne change rien, il peut s’asseoir sur son salaire ce mois-ci, en gros.

Ok les mecs.

Il est bientôt 10h, un collègue propose de ne pas ouvrir la bibliothèque au public tant qu’il n’est pas payé. Accepté à l’unanimité. On est en période de partiels, ça va emmerder les étudiants, mais c’est peut-être le seul moyen de faire entendre raison à cette administration de merde.

Re-contexte : La BU en question est au cœur du quartier latin à Paris, et elle est sur-fréquentée (victime de son succès), il y a fréquemment une file d’attente pour pouvoir y entrer. Si on ferme, les autres BU des environs vont être saturées, sachant qu’elles le sont déjà pour la plupart. Je précise ça parce que moi-même, débarquant de ma province, je ne connaissais que les BU quasi-désertes et vieillottes de ma fac, et je n’imaginais pas que ce genre d’établissements pouvaient être si prisés avant de bosser à la capitale. L’explication est simple : Une concentration d’étudiants très importante, disposant souvent de logements exigus, ou vivant en collocation, viennent en BU pour travailler dans de bonnes conditions, c’est tout.

On rédige un tract collectivement, expliquant le pourquoi de la fermeture, et on se poste à l’entrée de la bibliothèque pour les distribuer et dire aux étudiants ce qu’il en est, partant du principe qu’une porte close n’explique rien, alors qu’un agent qui prend le temps d’exposer la situation, ça a du poids et ça désamorce le sentiment de « prise d’otages » qu’évoquent souvent certains usagers de tel ou tel service public quand il y a grève.

Pour le coup, succès total : très peu de râleurs, la plupart des étudiants sont effarés par notre situation, nous apportent leur soutien, nous encouragent, un futur juriste en droit du travail nous donne même des conseils, personnellement, je ne m’attendais pas à ça.

A midi, on apprend que la DRH arrivera à 14h pour nous « expliquer la situation ».

A 14h, on est en salle de réunion avec cette dame et un directeur des services de l’université, qui vont tenter de « faire de la pédagogie », mais qui vont très vite s’emmêler les pinceaux tant ils ne maîtrisent pas leur sujet. Les problèmes de salaire ? Un « incident marginal ». Quand ils réalisent que plus des trois quarts des salariés présents ont été victimes de ce type d’incident, ils ne se démontent pas. Quand on leur expose les conséquences dramatiques que ça peut avoir sur nos finances, ils haussent les épaules. On cause loyers impayés, un mec explique qu’il ne pouvait même plus payer sa carte de transport pour venir bosser, et eux s’embrouillent dans des discours vagues, ils n’ont même pas honte. J’apprendrai plus tard que le directeur des services est énarque, je ne suis pas étonnée. Ce qu’on nous déballe, c’est un concentré de mauvaise foi.

On a la rage, le ton monte. Mon chef se fait traiter d’ « autiste », parce qu’ « il ne veut pas comprendre ». Comprendre quoi ? Qu’on a rogné sa paye pendant des mois sans explication, et qu’on refusait de régulariser sa situation après ? Qu’il a bossé un mois sans contrat parce que l’université l’avait perdu ?

Les histoires se succèdent, à défaut de leur foutre le nez dans la merde qu’ils ont semé, on vide notre sac. La DRH a un petit sourire ironique à hurler, un collègue m’avait prévenu, elle aime ce genre de situation. Ne pas s’énerver. Je lui fais remarquer que sa condescendance a quelque chose d’insultant, elle ne me regarde même pas, pour elle je vaux sans doute moins qu’une petite merde collée à ses pompes. Elle est quinquagénaire, on est des jeunes cons pour la plupart, je pense que c’est son sentiment.

On en revient au sujet initial. « Vous avez pris le carnet de chèque ? Parce que nous on retourne pas bosser, là. »

Là, on touche un nerf. On sent que ça, ça les emmerde, ces petits branleurs qui ne veulent pas retourner au turbin pour une futile histoire de thune. On insiste aussi sur le fait que, si ce type d’ « incident marginal de paiement » se reproduit à l’avenir, on se remettra en grève. Pour qu’ils réalisent. Puisqu’au fond, il n’y a que ça qui les fait réagir.

Négociations de marchands de tapis, ils proposent 90%, s’emmêlent dans leurs chiffres, finalement ils ne peuvent rien promettre car « l’agent comptable est souverain », ils repartent, ils vont nous tenir au courant.

Pas d’excuses, pas d’explications, rien, du vent.

Comme leur a dit mon chef , on croirait entendre Copé quand ils s’expriment.

Ce cinéma a duré deux heures.

A 17h, le collègue a eu son chèque, de 100% de son salaire.

A 17h15, on a rouvert la bibliothèque.

A 20h, quand j’ai fait la fermeture, j’avais un sale goût dans la bouche. On a fait grève pour qu’un mec qui a bossé touche son salaire. Bien sûr, on a aussi démontré qu’on était une équipe unie, soudée, solidaire, mais n’empêche, on a fait grève simplement pour que notre employeur respecte la loi.

On en est là, putain.

Courageuse Anonyme

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Re: Grève spontanée à la BU du quartier latin.

Messagede babouve » 05 Déc 2011, 23:41

Cool !
L'Etat est pire qu'un petit patron ! Qu'il crève !
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Les grèves de bibliothèques se généralisent

Messagede Banshee » 21 Juin 2015, 12:33

Les grèves de bibliothèques se généralisent en France

Archimag : le 19 juin 2015

Les bibliothécaires de Levallois-Perret et de Brest dénoncent la fermeture et le manque de moyens accordés aux médiathèques.

Deux semaines après une grève qui avait mobilisé plus de 300 agents dans les bibliothèques parisiennes, c'est au tour des bibliothécaires de Levallois-Perret et de Brest de lancer un appel à la cessation du travail. A Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), la CFDT a déposé un préavis de grève pour les samedis 20 et 27 juin. Le syndicat dénonce la fermeture de la médiathèque Gabriel-Péri, l'un des trois établissements du réseau de lecture municipal : « il s'agit d'un établissement très fréquenté, dont les collections comportent des spécificités comme les livres audio ou en gros caractères qui n'ont pas d'équivalent dans les deux autres bibliothèques » souligne la CFDT.

​ Pour la mairie, la fermeture de la médiathèque Gabriel-Péri est justifiée par le coût de la rénovation et de la mise aux normes du bâtiment de 800 m². La municipalité invoque également son projet d'extension des horaires d'ouverture des deux autres bibliothèques de la ville afin de répondre à une demande des usagers. Ces explications n'ont guère convaincu la CFDT qui déplore la méthode employée : « les élargissements d'horaires évoqués par la municipalité se font sans aucune concertation ».

A Brest, les bibliothécaires dénoncent le manque de moyens alloués à la future médiathèque des Capucins. « Les agents et même l’équipe de direction sont navrés de la gestion uniquement comptable de ce dossier » explique l’intersyndicale CGT, CFDT, UNSA et FO. En cause, les 33 équivalents temps plein jugés insuffisants pour animer un établissement de 6 500 m². « Il faudrait au minimum 44 équivalents temps plein, vu le dimensionnement de l'équipement et l'afflux de public que va générer son ouverture », souligne Erwan Rivoalen, bibliothécaire et délégué CGT.

Depuis le 28 avril dernier, les bibliothécaires brestois ont observé plusieurs jours de grève et déposé un nouveau préavis. A ce jour, les rencontres avec les responsables en charge du dossier ont été jugées « sans résultat » par l'intersyndicale.

Lire aussi
Les bibliothécaires Brestois, en grève depuis trois mois, perturbent la politique municipale
Clermont Communauté : Préavis de grève dans les médiathèques
Plus de 300 bibliothécaires parisiens ont fait grève le 6 juin
Les bibliothèques de Levallois-Perret en grève les 20 et 27 juin


La suite et les liens se lisent ici
"Si les abattoirs avaient des vitres, tout le monde deviendrait végétarien ! ", Paul McCartney
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Re: Les grèves de bibliothèques se généralisent

Messagede bipbip » 23 Juin 2015, 09:11

Brest

Les bibliothécaires toujours en lutte

Cela va bientôt faire deux mois que les bibliothécaires brestois sont mobilisé-e-s.
Deux mois d’usure imposée par les élu-e-s en charge du dossier.


Pourquoi ?

Comme la municipalité aime à s’en vanter, le plateau des Capucins est en plein renouveau.
Les anciens ateliers de l’Arsenal vont faire place à de nouvelles ambitions culturelles.
Au départ une médiathèque, le Fourneau, un multiplexe, un centre d’interprétation de la mémoire ouvrière, des boutiques, des cafés... et un téléphérique pour y accéder.
Ces projets in situ, s’ils se réalisent, ne verront probablement pas le jour avant 2021.
Résultat : un immense bâtiment de 35 000 m² en friche.

Pour la médiathèque, les choses sont plus précises.
Plus de 6000 m² d’espaces pour les publics ouvriraient à l’été 2016.
Des travaux qui se chiffrent à 30 000 000 d’euros.
Et un budget multiplié par deux par rapport à l’actuel pour acquérir les collections et préparer les animations.

Oui mais.

Les bibliothécaires sont favorables à ce projet sur lequel ils-elles travaillent depuis le projet avorté de la médiathèque Foch couplé avec la BU, déjà ancien.
Depuis des années, le personnel des médiathèques configure ce projet dans ses multiples facettes (acquisitions des documents, réflexions sur les services, prise en compte de l’évolution du métier...).
Éprouvant leur profession au quotidien, s’impliquant dans ce projet jusqu’aux moindres détails, les équipes des bibliothèques savent qu’il leur faudra être un certain nombre pour assurer toutes ces évolutions.

Le 4 juillet, la médiathèque Neptune ferme définitivement ses portes pour endosser ce déménagement.
Celle de l’Étude voit ses horaires et ses services restreints pour les mêmes raisons jusqu’à sa fermeture au 31 décembre 2015.
Les 26 agents de la rue Traverse seront affectés à la médiathèque des Capucins.

Les Capucins ouvriront avec 4000 m² de surface supplémentaire par rapport aux bibliothèques du bas de Siam.
Il faudrait donc au moins 44 personnes pour assurer des services de qualité accessibles à tou-te-s et l’ouverture des dimanches.
Seulement, actuellement, 33 équivalent temps plein (ETP) sont prévus.
Les 7 postes "supplémentaires" par rapport aux équipes du centre-ville ne sont pas des créations de postes comme aiment à le répéter les élu-e-s, mais sont issus de suppressions de postes dans les 4 grandes bibliothèques du réseau (St Marc, 4 moulins, Lambé et Bellevue), de 2 relieurs (centre-ville, St Martin/Europe) et de la titularisation d’un agent précaire assumant déjà un travail à temps plein.
Pour le réseau en entier, 4 postes vont être ajoutés au tableau des emplois. Seulement, à y regarder de plus près, ces "créations" de postes résultent de savants calculs de réajustement des finances des collectivités impliquées.
Quant à ce qu’il y aurait pu avoir, comme un poste de coordinateur-trice handicap pour permettre un meilleur accès à des publics dits éloignés, c’est pour l’instant lettre morte...

Le 28 avril, première journée de mobilisation, a sonné le début d’un déploiement d’énergies qui se sont heurtées au silence.

Des énergies regroupées en intersyndicale CFDT-CGT-FO-UNSA avec la participation active de nombreux-ses non syndiqué-e-s indigné-e-s par la situation.
L’élu au personnel, l’élue à la culture, le maire-président, tou-te-s répètent à qui veut bien l’entendre le même discours sans bouger de leur ligne.
Un discours qui se cantonne à clamer haut et fort leurs efforts financiers pour le bâtiment mais ne semblent pas se soucier des moyens humains pour le faire vivre.
Ce choix s’inscrit dans la répercussion des politiques d’austérité à l’échelle locale, politiques qui amputent les moyens des collectivités locales de 11 milliards (ce fameux CICE qui donne 40 milliards au Medef et en enlève autant aux collectivités publiques).

Les bibliothécaires ont mis en place plusieurs actions et moyens de se tenir informé-e-s de leur lutte :
une page facebook https://www.facebook.com/soutien.bib.brest actualisée sur leur mouvement
une pétition en ligne https://www.change.org/p/brest-metropol ... s-capucins
des pétitions papier

Après un moment de rencontre avec les Brestois-e-s samedi 6 juin place de la Liberté et une intervention au Conseil Municipal du 11 juin, les équipes invitent les Brestois-e-s à les rejoindre lors de leur pique-nique militant de mardi prochain (23 juin, jour du comité technique qui statuera sur le projet proposé par les élu-e-s) de 12h15 à 13h15 place de la Liberté.

http://brest.mediaslibres.org/spip.php?article79
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Re: Les grèves de bibliothèques se généralisent

Messagede bipbip » 07 Juil 2015, 02:02

Brest, mardi 7 juillet

Pique-nique de soutien avec les bibliothécaires en lutte

Cela fait plusieurs mois qu’on les voit dans le journal, à la télé... cette fois venez les rencontrer en chair et en os !

Bien que la mobilisation des bibliothécaires date de plusieurs mois, aucune négociation n’a été engagée.
Ce mardi, l’organisation du réseau des bibliothèques est à nouveau discutée en Comité Technique après un premier rendez-vous où l’ensemble des représentant-e-s du personnel avait voté contre.
Bien qu’il ne s’agisse que d’une consultation pour avis - entendez que les dossiers passent de toute façon -, les bibliothécaires sont bien décidé.e.s à ne pas abandonner leurs revendications, capitales pour défendre un accès à la culture de qualité pour toutes et tous à Brest.

Rendez-vous mardi 7 juillet à 12h15 place de la Liberté pour un pique-nique solidaire.

http://brest.mediaslibres.org/spip.php?article89
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Re: Les grèves de bibliothèques se généralisent

Messagede bipbip » 05 Mai 2016, 14:42

VACATAIRES, TITULAIRES : Solidaires et en grève contre la précarité à la BnF samedi 07 mai !

Image

http://www.solidaires.org/VACATAIRES-TI ... e-a-la-BnF
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Re: Les grèves de bibliothèques se généralisent

Messagede bipbip » 14 Mai 2016, 17:37

Deuxième journée de grève contre la précarité et le sous-effectif à la BnF samedi 14 mai 2016 !

Après le succès de la journée de grève du 07 mai et face à l’absence de réponse de la direction à leurs revendications, les personnels de la BNF, en particulier les non titulaires à temps incomplet, les (abusivement appelé-e-s) "vacataires", ont décidé d’une nouvelle journée de grève contre la précarité et le sous-effectif.

... https://paris-luttes.info/deuxieme-jour ... ontre-5703
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Re: Les grèves de bibliothèques se généralisent

Messagede Pïérô » 21 Mai 2016, 12:42

A BnF, le 21 mai, 3ème samedi de grève

La lutte contre la précarité et pour l'emploi continue !

Le 14 mai, pour le deuxième samedi consécutif du mois de mai, les personnels de la BnF avaient appelé à la grève pour protester contre la précarité, le sous-effectif et les coupes budgétaires. Cette journée d'action, qui a été un véritable succès, s'est soldée par la fermeture anticipée du site à 17h30.

À ce jour, la direction de la BnF ainsi que le Ministère de la Culture se renvoient la balle des responsabilités et semblent jouer le pourrissement de la situation. En conséquent, les personnels de la BnF et notamment les précaires, ont décidé de reconduire la grève samedi 21 mai.

Les personnels et l'intersyndicale CGT-FSU-SUD Culture de la BnF en lutte réclament toujours :
• le passage en CDI et à 110h par mois (maximum légal pour ce type de contrat) de tous/tes les vacataires qui le souhaitent : pour un emploi stable et une augmentation significative du salaire d'agent-e-s gagnant moins de 700 euros par mois !
• l'appel rapide et intégral de la liste complémentaire du dernier recrutement direct de magasiniers/ères organisé par la BnF : pour titulariser les précaires en attente et lutter contre les sous-effectifs !
• la comptabilisation INTEGRALE du temps de travail des vacataires : car aujourd'hui une partie des vacataires de la BnF « pointe » sans que son temps de travail supplémentaire soit pris en compte !
• l'arrêt des suppressions de postes et la hausse du budget : parce que la BnF, 1er établissement du Ministère de la Culture, est aussi celui qui a le plus subit les coupes budgétaires des politiques d'austérité, avec la perte de 272 postes en 7 ans !

Venez rencontrer les agent-e-s de la BnF en grève samedi 21 mai, à 14h dans le Hall d'entrée de la BnF.

Afin de soutenir la mobilisation des agent-e-s les plus précaires de la BnF, une caisse de soutien a été mise en place :
https://www.lepotcommun.fr/pot/eeiwwzxy

https://sudculturebnf.wordpress.com/201 ... -de-greve/
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Re: Les grèves de bibliothèques se généralisent

Messagede Pïérô » 27 Mai 2016, 11:37

Samedi 28 mai 2016

4e samedi de grève à la BnF

Les agent-e-s de la BnF en grève appellent à venir samedi 28 mai, à 12h dans le Hall d’entrée de la BnF pour un rassemblement et un pique-nique solidaire !

4e samedi de grève à la BnF contre la précarité : plus que jamais déterminé-es !

Cela fait désormais trois samedis que les personnels de la BnF font grève pour protester contre la précarité, le sous-effectif et les coupes budgétaires. Ces trois journées d’action ont été massivement suivies et ont rencontré un fort élan de solidarité que ce soit de la part des lecteurs/trices ou d’autres secteurs en lutte. Pourtant, jusqu’à ce jour la direction de l’établissement a choisi de faire l’autruche ! Elle n’a toujours pas daigné prendre contact avec les personnels en lutte. Pire, elle tente de masquer la grève et de faire pression sur des agent-es grévistes en les empêchant de circuler librement sur le lieu de travail. C’est inadmissible !

En conséquence, les personnels de la BnF et notamment les précaires, ont décidé de reconduire la grève samedi 28 mai.

Les personnels et l’intersyndicale CGT-FSU-SUD Culture de la BnF en lutte réclament toujours :

► passage à 110h par mois (maximum légal pour ce type de contrat) de tous/tes les « vacataires » qui le souhaitent : pour une augmentation significative du salaire d’agent-e-s gagnant moins de 700 euros par mois !
* Passage et embauche en CDI de tous/tes les « vacataires » sur besoins permanents : comme le permet la loi, afin d’avoir des emplois réellement stables.
► l’appel rapide et intégral de la liste complémentaire du dernier recrutement direct de magasiniers/ères organisé par la BnF : pour titulariser les précaires en attente et lutter contre les sous-effectifs !
► la comptabilisation INTEGRALE du temps de travail des « vacataires » : car aujourd’hui une partie des « vacataires » de la BnF « pointe » sans que son temps de travail supplémentaire ne soit pris en compte !
► l’arrêt des suppressions de postes et la hausse du budget : parce que la BnF, 1er établissement du Ministère de la Culture, est aussi celui qui a le plus subit les coupes budgétaires des politiques d’austérité, avec la perte de 272 postes en 7 ans !

Venez soutenir les agent-e-s de la BnF en grève samedi 28 mai, à 12h dans le Hall d’entrée de la BnF pour un rassemblement et un pique-nique solidaire !

Afin de soutenir la mobilisation des agent-e-s les plus précaires de la BnF, une caisse de soutien a été mise en place :
https://www.lepotcommun.fr/pot/eeiwwzxy


P.-S.
Toutes les informations sur le blog du syndicat SUD Culture BnF :
https://sudculturebnf.wordpress.com/

https://paris-luttes.info/4eme-samedi-d ... nf-28-5895
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Re: Les grèves de bibliothèques se généralisent

Messagede Pïérô » 11 Juin 2016, 11:36

BnF : grève reconduite samedi 11 juin !

Samedi 11 juin, la grève continue !
Rendez-vous à tous les personnels 09h30 Hall EST
Pique-nique solidaire à 12h

Après 4 samedis de grève réussis au mois de mai, collègues « vacataires » comme titulaires restent déterminé-e-s à obtenir satisfaction sur l’ensemble de leurs revendications. Qu’il s’agisse d’améliorer la situation sociale et professionnelle des plus précaires de l’établissement comme de lutter contre les sous-effectifs à la BnF, les baisses de budget ou la dégradation des conditions de travail….

Le 30 mai dernier, dans le cadre de négociations venues très tardivement avec la direction, plusieurs avancées ont pu être obtenues, notamment : accord de principe pour l’embauche et le passage en CDI des « vacataires » sur besoins permanents ; appel – mais avec un calendrier trop flou – de l’ensemble de la liste complémentaire du dernier recrutement direct de magasiniers/ères entre septembre 2016 et juin 2017 ; accord de principe pour une comptabilisation intégrale du temps de travail dans GTA pour les « vacataires » ; plan sur l’amélioration des conditions de travail, en particulier pour les catégories C ; suivi de l’avancement des agent-e-s de catégorie C en fin de carrière.

En revanche, la direction de la BnF continue d’être butée sur le passage à 110h des vacataires, en procédant à un tri arbitraire entre les agent-e-s pour au final ne faire passer à 110h que 14 collègues sur les 80 qui en ont fait la demande ! De même, la direction ne donne toujours pas de réponses sur l’arrêt des suppressions de postes en 2017 et 2018.

Face aux fausses solutions et aux mesures floues de la direction, vacataires et titulaires réuni-e-s en Assemblée Générale le 08 juin ont voté la reconduction de la grève samedi 11 juin !

Notre grève a commencé le 7 mai, elle dure depuis plus d’un mois et ce ne sont pas des demi-mesures qui restent loin du compte qui vont l’arrêter ! Nous attendons donc, dans des délais rapides, une vraie prise de responsabilité de la BnF et du Ministère de la Culture, avec des mesures à la hauteur de nos revendications :

> passage à 110h par mois de TOUT-ES les vacataires qui le souhaitent, pour une augmentation significative des salaires.

> appel rapide et intégral de la liste complémentaire du recrutement direct de magasiniers/ères, pour titulariser les précaires en attente et aussi renforcer les équipes
> arrêt des suppressions de postes pour 2017 et 2018
> organisation d’un plan de titularisation digne de ce nom au Ministère de la Culture
bnf_greve_2105Samedi 11 juin, la grève continue !

Rendez-vous à tous les personnels 09h30 Hall EST
Pique-nique solidaire à 12h

Les « vacataires » de la BnF tiennent une caisse destinée à soutenir leur mobilisation. Participez sur place ou en ligne au pot commun : https://www.lepotcommun.fr/pot/jqqioca7

[Intersyndicale CGT – FSU – SUD Culture de la BnF]

https://paris-luttes.info/bnf-greve-rec ... di-11-6107
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Re: Les grèves de bibliothèques se généralisent

Messagede Pïérô » 17 Juin 2016, 09:47

BnF : grève reconduite samedi 18 juin !

7è samedi de grève à la BnF : rdv 9h30 Hall Est pour participer aux actions sur place !

Intersyndicale CGT – FSU – Sudculture de la BnF

Les personnels de la BnF ne se contenteront pas de demi-mesures !

Après trois réunions de négociations et sur fond de grève reconductible de samedi en samedi depuis le 7 mai dernier, quelques avancées ont été obtenues grâce à la détermination des agent-es de la BnF en lutte pour leur emploi : passage et embauche en CDI pour les « vacataires » sur besoins permanents mis en place au 1er octobre ; accord de principe pour la comptabilisation intégrale du temps de travail dans GTA ; appel de toute la liste complémentaire de magasiniers/ères en 2 fois (8 personnes en septembre, le reste durant le 1er semestre 2017) ; groupe de travail pour améliorer les conditions de travail en particulier des cat. C. ; réunions régulières sur l’avancement et les promotions des agent-e-s titulaires, en particulier les catégories C.

En revanche, le Ministère de la Culture n’a toujours pas donné de réponse sur l’arrêt des suppressions de postes en 2017 et 2018, alors que la BnF a perdu 270 en 7 ans. Nous refusons de continuer à nous faire saigner ainsi et demanderons tant qu’il le faudra des réponses claires de la BnF et du Ministère, afin de stopper cette dégringolade aux impacts plus que négatifs sur le travail des agent-e-s de la BnF (souffrance au travail, sous-effectifs chroniques…).

En ce qui concerne la situation des plus précaires de notre établissement, la direction continue de trainer les pieds pour accorder un passage à 110h de tous/tes les « vacataires » sur besoin permanent qui le souhaitent, comme le préconise une instruction ministérielle datée de juillet 2015. A ce jour, la seule solution trouvée par la direction est de diviser selon des critères arbitraires les 80 agent-e-s qui ont fait une demande de passage à 110h, en choisissant de laisser sur le carreau 50 collègues. Pas d’accord de principe non plus pour une majoration à 100% du travail en soirée et le dimanche pour les « vacataires » de service public, comme c’est le cas pour les titulaires.
Suppressions de postes, précarité, service public au rabais, dégradation des conditions de travail…titulaires, vacataires, tous.tes concerné-es !

«
Samedi 18 juin : on fait grève ! Rdv 9h30 Hall Est pour participer aux actions sur place !

Afin de soutenir la mobilisation des agent-e-s les plus précaires de la BnF, une caisse de soutien a été mise en place : https://www.lepotcommun.fr/pot/jqqioca7

https://paris-luttes.info/bnf-greve-rec ... di-18-6200
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Re: Les grèves de bibliothèques se généralisent

Messagede Pïérô » 30 Juin 2016, 17:46

Communiqué de presse de l’intersyndicale CGT – FSU – SUD Culture de la Bibliothèque nationale de France
Paris, le 28/06/2016

Face au mépris du Ministère de la Culture : Bibliothèque nationale de France bloquée par ses personnels !

Alors que la BnF traverse un mouvement social d’ampleur depuis plusieurs mois, avec 3 préavis de grève en avril, mai et juin, et 6 samedis de grève consécutifs depuis le 07 mai dernier, des avancées notables sont en voie d’être obtenues grâce à la détermination des personnels en lutte pour leur emploi, de meilleures conditions de travail,contre la précarité et la casse de leurs missions.

Toutefois,à ce jour les personnels de la BnF se heurtent à un grave point de blocage concernant l’arrêt des suppressions de postes en 2017. En effet, le ministère de la Culture et le ministère des Finances, qui sont les tutelles décisionnelles sur ce point, n’ont fait aucune annonce lors du Conseil d’Administration de la BnF du 23 juin dernier.

Le 1er établissement du Ministère de la Culture sacrifié par ses tutelles :

Notre établissement a été saigné par le ministère de la Culture pendant de trop nombreuses années, avec 270 suppressions de postes en 7 ans et une dizaine de millions d’euros de baisse de budget. En 2015 nous comptons autour de 70.000 heures de travail écrêtées, c’est-à-dire travaillées en plus par le personnel sans rémunération, et représentant l’équivalent de 50 postes non occupés.

Tout aussi grave, il manque à la BnF près de 800.000 euros pour payer, entre autre, le récent dégel du point d’indice. A ce jour, aucune rallonge budgétaire du ministère n’a été annoncée pour permettre à la BnF, de financer sans perdre de nouveaux emplois, cette nouvelle dépense plus une série de mesures pourtant préconisées par le ministère lui-même.

Cette attitude irresponsable des tutelles de la BnF est une provocation de trop.

En conséquence, face au mépris du ministère de la Culture, les personnels grévistes ont décidé ce matin en Assemblée Générale de bloquer toute entrée du site François Mitterrand de la BnF au public. En l’absence de réponse des tutelles, les personnels et l’intersyndicale CGT-FSU-SUD Culture de la BnF en lutte sont prêts à maintenir la mobilisation pour imposer la satisfaction de l’ensemble de leurs revendications.

Un nouveau préavis de grève pour le mois de juillet a été déposé.

https://www.solidaires.org/Face-au-mepr ... -de-France
Image------------ Demain Le Grand Soir --------- --------- C’est dans la rue qu'çà s'passe --------
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Re: Les grèves de bibliothèques se généralisent

Messagede bipbip » 13 Juil 2016, 01:17

Grève à la BNF + Rap au logis (l’1consolable) (émission du 8 juillet 2016)

Pour cette émission nous recevons Rismo qui nous dresse un bilan des grèves de la BNF : « 270 suppressions de postes en 7 ans. Dizaine de millions de baisses de crédits imposée par le Ministère de la Culture. Tensions dans les services, souffrance au travail, stress et surmenage devenus le quotidien de la BnF. Précarité structurelle et service public à moindre coût sur le dos des « vacataires ». Equivalent de 60 postes couverts par an par les heures écrêtées, donc sans embauche. Jusqu’où accepterons-nous d’aller? » Extrait du site de SUD-Culture-BNF https://sudculturebnf.wordpress.com/.

à écouter : http://www.b-a-m.org/2016/07/o-s-greve-a-la-bnf/
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Re: Les grèves de bibliothèques se généralisent

Messagede bipbip » 20 Juil 2016, 01:30

Lutte victorieuse pour les agent.es de la BnF !

Après des mois de lutte, les employés de la BNF ont enfin eu gain de cause. Seule la lutte paie !

Lundi 18 juillet a été signé un protocole de fin de grève entre la direction et les organisations syndicales CGT – FSU – SUD Culture de la BnF, après plusieurs mois de lutte intense et déterminée. Débutée au mois d’avril avec un 1er préavis de grève reconduit jusqu’en juillet, la mobilisation a montré qu’il n’appartient qu’aux agent.e.s de la BnF de faire bouger les lignes pour imposer leurs revendications contre la précarité, les sous-effectifs et les mauvaises conditions de travail.

Si les agent.e.s de la BnF ont pu gagner ce rapport de force avec la direction de la BnF et ses tutelles, ce n’est que grâce à l’organisation collective en assemblée générale, la grève et le passage à l’action sur notre lieu de travail. La présence durant 6 samedis consécutifs d’un piquet de grève Hall EST (délocalisé au Ministère de la Culture le 04 juillet !), les nombreuses manifestations locales jusqu’en rez-de-jardin, le blocage des caisses et de l’entrée de la BnF le 28 juin ont été déterminants.

De même, la ténacité exemplaire des « vacataires », la solidarité entre grévistes (contractuel.le.s comme titulaires), avec le soutien de personnes extérieures à la BnF et la convergence des luttes (précaires de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, BULAC etc.), ont été le moteur de ce succès. Aussi, nous souhaitons que cette victoire inspire les agent.e.s de nombreuses institutions du Ministère de Culture et d’ailleurs.

En parallèle, nous n’oublions pas la lutte contre la Loi dite « Travail », menée de pair avec celle propre à la BnF durant des mois par les agent.e.s. Nous continuerons dès la rentrée la mobilisation contre ce projet de casse et de régression sociale. A la BnF ou ailleurs, on lâche rien !

De grandes avancées gagnées pour tous les personnels de la BnF !

►Arrêt des suppressions de postes en 2017.

►Création d’un groupe de travail sur les conditions de travail, associant des agent.e.s en particulier de cat. C.

►Amélioration de l’information et du suivi collectif du déroulement de carrière.

► Appel intégral de la liste complémentaire du dernier recrutement direct de magasiniers/ères entre le 1er septembre 2016 et juin 2017.

►Saisie du ministère pour permettre l’organisation de volets internes lors des recrutements directs de la BnF.

►Passage à 110h / mois de près de 80 « vacataires » entre juillet 2016 et début 2017. Accès sous 3 mois aux 110h pour les « vacataires » sur besoin permanent qui en feront la demande à partir de 2017.

►Passage et embauche en CDI de tous/tes les « vacataires » sur besoin permanent à partir du 1er octobre 2016.

►Comptabilisation intégrale du temps de travail et révision de la majoration des heures travaillées en soirée et le dimanche pour les « vacataires ».

SEULE LA LUTTE PAIE !

https://paris-luttes.info/lutte-victori ... agent-6459
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Re: Les grèves de bibliothèques se généralisent

Messagede bipbip » 13 Oct 2016, 18:38

Bibliothèques de Grenoble en lutte

Chaque année, au mois d’octobre, a lieu dans les bibliothèques de Grenoble, Le Mois des P’tits Lecteurs, un ensemble d’animations à destination du jeune public. Vient se greffer à cette manifestation, tous les deux ans, l’opération « un bébé un livre » durant laquelle les nouveaux nés se voient remettre un livre réalisé par un·e auteur·e jeunesse. Ce samedi 8 octobre, le lancement de l’opération, a été marqué par une grève suivie par la moitié des bibliothèques du réseau (6 sur 12). Les bibliothécaires en lutte se sont invité·e·s à l’inauguration du Mois des P’tits lecteurs, qui avait lieu au théâtre Sainte-Marie-d’en-Bas (rue Très-Cloitres), pour informer les habitants, venus assister au spectacle, de la politique du livre de la municipalité verte-rouge : la suppression de 13 postes, les fermetures des bibliothèques Hauquelin et Prémol (depuis cet été), et prochainement l’Alliance.

Pendant que des bibliothécaires grévistes tractaient devant leurs établissements fermés, une soixantaine de personnes (professionnel·le·s, intersyndicale mairie SUD-FO-CGT, habitant·e·s et représentant·e·s des unions de quartier Village Olympique Vigny-Musset et Alliés-Alpins) accueillaient les familles avec banderole (« territoriaux en lutte »), panneaux contre le plan d’austérité de la Ville et la fermeture des bibliothèques, et des tracts. Entre deux spectacles, les bibliothécaires en ont profité pour aller tracter et discuter avec les habitants sur les marchés du Centre Ville.

Vers 11h arrivent les élu-es pour l’inauguration. On en compte presque une dizaine, ainsi qu’une directrice générale adjointe et une membre du cabinet du maire… Quel engouement pour la littérature jeunesse, c’est à se demander pourquoi ils ferment des bibliothèques ?

Ils ne sont pas très à l’aise, ils prennent nos tracts (cf. « Bibliothèques de Grenoble en lutte » ci-dessous et « Coucou les P’tits lecteurs » https://grenoble.indymedia.org/2016-10- ... s-lecteurs) et plusieurs vont se détendre à la terrasse du café de l’autre côté de la route. Alors que les bibliothécaires entonnent « Le chant des partisans » remanié contre le plan d’austérité, voilà que passe le maire à vélo ! Visiblement il a dû oublier que nous serions rue Très-Cloitre parce qu’il garde les yeux rivés sur la route essayant de circuler ni vu ni connu, comme si de rien n’était, alors que d’un côté se trouve un attroupement d’agents grévistes et de l’autre côté des élu·e·s. Un agent de la ville, qui l’a reconnu, l’interpelle « Eh monsieur le maire ! ». Celui-ci lève rapidement la main et mets un bon coup de pédale pour s’éclipser rapidement. La fuite plutôt que la discussion... Ce maire qui affirme fièrement assumer sa politique d’austérité, aurait-il peur des bibliothécaires en lutte ?

Puis déboule un groupe de pompiers place Edmond Arnaud à qui l’on crie « les pompiers avec nous ! », ils sourient, prennent nos tracts et nous témoignent leur soutien. Ils recommenceront quelques minutes plus tard en faisant klaxonner leurs camions. Arrive le moment du discours d’inauguration où quatre bibliothécaires prennent le micro pour lire le tract distribué aux habitant-es. S’en suit Elisa Martin, la première adjointe, et Corinne Bernard, l’ajointe aux (in)cultures, qui viennent faire leur discours. En réponse à notre mobilisation Elisa Martin récite sans conviction son discours ressassé sur la baisse des dotations de l’État et des choix difficiles que doit faire la Ville pour faire des économies. Nous nous retirons afin de ne pas réécouter ce blabla langue de bois. Il y a finalement plus d’élu-e-s que de grenoblois-es pour les écouter.

Le tractage et la discussion continuent dans l’après-midi avec les Grenoblois-es qui, comme le matin, nous témoigne leur solidarité et leur indignation face aux choix politiques de la municipalité.

En lutte depuis juin contre ce plan d’austérité, nous continuerons à nous battre pour la défense des services publics et de nos conditions de travail. Mais c’est ensemble, agents de la ville et habitant-e-s, qu’il faut lutter si nous voulons gagner. Rejoignez nous, des actions sont en cours et d’autres à construire ensemble.

Prochains rendez-vous :

- samedi 15 octobre à 10h à la Maison des initiatives : 5 avenue Léon Blum (à l’appel des habitants du quartier Alliés-Alpins)
- lundi 07 novembre à 17h30 au Conseil municipal à l’Hôtel de ville

Pour celles et ceux qui auraient loupé les épisodes précédents lire « Plan d’austérité à la ville de Grenoble » sur le site Haro ! https://haro-grenoble.info/spip.php?rubrique2 et les articles qui lui sont associés



Voici le tract diffusé au habitants par les bibliothécaires en lutte soutenu·e·s par l’intersyndicale mairie SUD-CGT-FO :

Bibliothèques de Grenoble en lutte !

Samedi 8 octobre 2016 : lancement de l’opération « Un bébé, un livre »


Tous les deux ans, la Ville de Grenoble, en partenariat avec le réseau des bibliothèques municipales, organise l’opération Un bébé, un livre, l’occasion pour tous les nouveaux-nés de recevoir un livre réalisé par un-e auteur-e jeunesse. Grenoble, à la pointe de la lecture publique ? Sachez que cette année, la municipalité a décidé la fermeture de 3 bibliothèques, la suppression de 13 postes et le non-renouvellement des emplois des non-titulaires dans ce service.

La bibliothèque Hauquelin, qui a activement participé à ce projet, ne sera pas de la fête : cet été, elle a été brutalement fermée, ainsi que la bibliothèque Prémol. Une troisième, l’Alliance, est en attente de fermeture (en cessation d’activité pour reprendre les termes employés par la Ville de Grenoble, une formule pas vraiment « service public »).

Rappelons à la municipalité ses promesses électorales de 2014 (Programme Une ville pour tous) :

« Faire de la Ville un employeur exemplaire. » (Mesure 65)

« Maintenir et soutenir le réseau des 14 bibliothèques municipales : nous conforterons leur rôle d’espace de proximité, en lien direct avec les habitants des quartiers, afin d’en faire la pierre angulaire de notre politique du livre. » (Mesure 110)

Nous souhaitons rappeler :

Que les 14 bibliothèques du réseau, pensées géographiquement pour desservir tous les Grenoblois, dans la proximité, ont toutes leur rôle à jouer. A la croisée du culturel, du social et de l’éducation, nos missions servent l’ensemble des citoyens. Dans une société où l’espace est de plus en plus privatisé, les bibliothèques demeurent des lieux d’accueil, ouverts à tous, gratuits, qui contribuent à lutter contre l’isolement et la fragmentation sociale.

Savoir lire entre les lignes

« Est-ce qu’on regarde les horaires des sites Hauquelin et Prémol, qui sont ouvertes seulement dix heures par semaine ? » (Éric Piolle, Le Dauphiné libéré, 14/06/2016) Nous dénonçons ces effets de communication pour légitimer une politique antisociale et impopulaire auprès des Grenoblois-es. Quel mépris de la part d’un maire quant au travail de ses agents : en dehors des ouvertures au public, les bibliothèques accueillent des groupes scolaires, des structures « petite-enfance », des clubs lectures, des groupes en apprentissage du français, des associations, des personnes âgées, des personnes en situation de handicap, etc. Par ailleurs, les livres n’arrivent pas par miracle sur les étagères de la bibliothèque et les animations ne se réalisent pas en un claquement de doigt. Il est inadmissible de fermer 3 bibliothèques lorsque l’on prétend que l’éducation est LA priorité de la ville !

Piolle emploi bonjour ! Un conseiller va vous répondre…

Pour mener ses projets politiques, la Ville de Grenoble lance son plan de suppression d’emplois et de services publics. Le social, la santé, l’éducation et la culture sont les premiers touchés. Ce plan d’austérité va frapper tous les services de la Ville et du CCAS (Centre communal d’action sociale) durant les deux prochaines années. Combien de services publics vont encore fermer ?

Lutter, se battre et gagner ! Ensemble, défendons les services publics pour l’ensemble des Grenoblois-es

Nous exigeons l’abandon de ce plan d’austérité, le maintien d’un service public de qualité et de proximité, que cesse la dégradation de nos conditions de travail et la précarité de l’emploi.

Rejoignez-nous, des actions sont en cours et d’autres sont à construire ensemble.

Prochains rendez-vous :
- Le 15 octobre à 10h à la Maison des initiatives, 5 av. Léon Blum à l’appel des habitants du quartier Alliés-Alpins
- Le 7 novembre à 17h30 au Conseil municipal à l’Hôtel de Ville de Grenoble

https://grenoble.indymedia.org/2016-10- ... e-en-lutte
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